[0001] La présente invention a pour objet dans le domaine de la chaussure, une chaussure
tout terrain.
[0002] De manière habituelle sur une chaussure c'est la semelle qui assure la liaison avec
le sol, et le niveau d'adhérence au sol dépend étroitement du matériau dont est faite
ladite semelle, et de la nature du sol, qui peut être par exemple du bois, de la pierre,
des matériaux plastiques, des résines, du ciment peint etc.
[0003] D'autre part, les conditions d'adhérence dépendent souvent des conditions climatiques.
Ainsi, par exemple, des semelles en matières plastiques peuvent être parfaitement
adhérentes sur certains sols lorsque ces derniers sont secs, mais générer des glissades
lorsque lesdits sols sont mouillés.
[0004] Par ailleurs dans le cas d'un sol gelé, si certaines semelles en caoutchouc permettent
de moins glisser que d'autres, elles ne sont pas entièrement fiables, pas aussi fiables
que des crampons métalliques par exemple.
[0005] Il existe ainsi pour chaque type de sol, une ou plusieurs matières susceptibles d'assurer
un bon niveau d'adhérence. Cependant, il n'est pas possible de changer de chaussure
à chaque fois que la nature du sol change, et ou que les conditions climatiques changent.
[0006] Pour pallier ces inconvénients on a déjà proposer divers dispositifs notamment celui
des documents
FR 2 076 475 et
US 2 920 403, et qui comprend une plaque de métal disposée dans l'espace vide en avant du talon
de la chaussure, et montée mobile en pivotement en sorte de pour prendre deux positions,
l'une rétractée dans ledit espace vide, l'autre déployée en sorte qu'une partie de
celle-ci déborde le plan de contact de la semelle avec le sol en sorte de constituer
une zone d'accrochage.
[0007] Dans le document
FR 2 495 448, un dispositif similaire est agencé dans des cavités créées dans la semelle et dans
le talon d'une chaussure.
[0008] On connaît également par le document
EP 0 078 913 un dispositif de coque destiné à être enfilé par-dessus la chaussure et comprenant
inférieurement des crampons permettant d'assurer une fonction d'antidérapage.
[0009] On connaît également par le document
FR 2 788 414 une chaussure renfermant un mécanisme permettant de faire saillir du talon, au travers
de moyens moteurs, des dents permettant de transformer la chaussure en chaussure à
crampons.
[0010] Ces dispositifs, outre leur conception complexe, sont chacun limités dans leur utilisation
à un type de sol, et essentiellement à un sol verglacé.
[0011] On connaît également par le document
CA 2 573 740 une chaussure dont la semelle comporte des reliefs présentant des cavités rétentrices,
aptes à accueillir des éléments amovibles munis d'éléments aptes à faire saillie du
plan de la semelle. Une telle chaussure présente l'inconvénient qu'au gré de l'usure
de la semelle, les cavités rétentrices deviennent inopérantes.
[0012] On connaît également par les documents
FR 2 831 030 et
CA 2 573 740 des chaussures sur la semelle desquelles est rapporté un élément comportant des reliefs
susceptibles de constituer un moyen d'accrochage. Cet élément rapporté prend place
dans une cavité ménagée dans la semelle, et est fixé, au travers d'une extension qui
est rabattue sur au moins un bord latéral de la chaussure ou de la tige, ou bien engagé
dans une cavité que créent les reliefs de la semelle. Outre le défaut esthétique dû
aux fixations latérales, ces chaussures présentent l'inconvénient, là encore, que
l'usure des semelles peut rendre inopérants les moyens de fixation des éléments rapportés.
[0013] On notera d'ailleurs, qu'on a pu constater que l'utilisation de certaines de ces
chaussures ou de ces dispositifs est susceptible, du fait de la surépaisseur que cela
crée sous la semelle, de modifier le centre de gravité de l'utilisateur, ce qui peut
générer des troubles physiques, au niveau du dos et/ou des pieds.
[0014] On connaît également par le document
FR 2 278 508, une chaussure dont la semelle et/ou dans le talon comporte un logement destiné à
recevoir un élément réversible, lequel comprend une face inactive pourvue d'un revêtement
correspondant à celui de la semelle ou du talon de la chaussure, et une face active
opposée, pourvue de moyens antidérapants tels que des picots par exemple. Dans ce
documents, l'élément réversible est assujetti à la chaussure selon deux versions,
dans la première il est vissé dans une cavité, dans la seconde il est inséré par coulissement,
dans le deux cas la chaussure comporte de plus des moyens d'immobilisation et de verrouillage
de l'élément réversible dans la cavité, qui peuvent consister en une vis enfoncée
transversalement dans le talon depuis l'extérieur et engagée dans l'insert.
[0015] La chaussure objet de ce document présente des inconvénients qui la rendent inefficace.
En effet, la cavité étant d'une profondeur supérieure à celle de l'épaisseur de l'élément
réversible, et puisqu'il n'y pas de réglage de la profondeur d'insertion par vissage
de l'élément réversible, en position active les picots sont forcément affleurants
à la semelle ou au talon, et sont donc inefficaces.
[0016] Cet inconvénient n'apparaît pas dans le cas d'une insertion par coulissement, par
contre une telle architecture nécessite une grande rigidité de la partie réceptrice,
qui nuit au confort du porteur.
[0017] La présente invention a pour but de proposer une chaussure tout terrain permettant
de remédier aux divers inconvénients précités.
[0018] La chaussure tout terrain selon l'invention comporte au moins une cavité ouverte
sur la face inférieure de la semelle, destinée à accueillir un module amovible qui
comporte au moins une partie dont une surface est munie de moyens présentant des caractéristiques
d'adhérence adaptées à la nature du sol, et il se caractérise essentiellement en ce
que ladite semelle comporte intérieurement au moins un insert comprenant ladite cavité
ouverte sur la face inférieure de ladite semelle, et qui est destiné à loger étroitement
ledit module amovible qui y est maintenu par coincement; en ce que ledit insert comprend
deux éléments latéraux s'étendant de part et d'autre de ladite cavité, dans chacun
desquels est pratiquée une échancrure formant berceau; et en ce que ledit module comporte
deux ergots latéraux conçus aptes à chacun venir en appui dans l'une desdites échancrures
qui constituent des butées de profondeur d'enfoncement, en sorte que la surface dudit
module amovible demeure affleurante au plan de ladite semelle.
[0019] Le module est prévu pour être remplacé à volonté en fonction de la nature et/ou de
la qualité du sol sur lequel l'utilisateur doit se déplacer.
[0020] La partie visible du module est disposée dans le même plan que le reste de la semelle,
mais la nature du matériau dont elle est faite permet d'assurer une certaine adhérence.
Le fait que cette partie visible du module soit dans le même plan que le reste de
la semelle, permet qu'il n'y ait aucune incidence sur le centre de gravité de l'utilisateur.
[0021] Selon une caractéristique additionnelle de la chaussure tout terrain selon l'invention,
l'insert comprend une platine s'étendant longitudinalement et parallèlement au plan
général de la chaussure.
[0022] Selon une autre caractéristique additionnelle de la chaussure tout terrain selon
l'invention, les échancrures que comportent les éléments latéraux présentent une forme
rétentrice pour les ergots, en sorte de permettre d'y encliqueter ces derniers.
[0023] Selon une autre caractéristique additionnelle de la chaussure tout terrain selon
l'invention, le module amovible est conçu en deux pièces, une première pièce conformée
aux dimensions de la cavité et destinée à y être insérée et maintenue par coincement,
et une seconde pièce recouvrant une face de ladite première pièce et destinée à constituer
la partie visible affleurant le plan de la semelle.
[0024] Selon une autre caractéristique additionnelle de la chaussure tout terrain selon
l'invention, la seconde pièce est plus large de la première, en sorte de présenter
des extensions latérales qui recouvrent la jonction entre le module et l'insert.
[0025] Selon une autre caractéristique additionnelle de la chaussure tout terrain selon
l'invention, la seconde pièce présente sur sa face visible des éléments qui en font
saillie.
[0026] Selon un mode de réalisation particulier de la chaussure tout terrain selon l'invention,
les éléments qui font saillie de la face visible consistent en des crampons en caoutchouc
ou en élastomère.
[0027] Les crampons en caoutchouc ou en élastomère débordent le plan de la partie visible
et donc de la semelle, mais cette configuration est destinée aux terrains souples,
dans lesquels les crampons peuvent pénétrer aisément, sans incidence sur le centre
de gravité de l'utilisateur.
[0028] Selon un autre mode de réalisation particulier de la chaussure tout terrain selon
l'invention, les éléments qui font saillie de la face visible consistent en des crampons
en métal.
[0029] Ces crampons en métal sont très courts, de l'ordre du millimètre, et ils sont suffisants
à permettre de pénétrer dans de la glace.
[0030] Selon un autre mode de réalisation particulier de la chaussure tout terrain selon
l'invention, l'insert est disposé intérieurement au talon de la semelle.
[0031] Les avantages et les caractéristiques de la chaussure tout terrain selon l'invention,
ressortiront plus clairement de la description qui suit et qui se rapporte au dessin
annexé, lequel en représente plusieurs modes de réalisation non limitatifs.
[0032] Dans le dessin annexé :
- la figure 1 représente une vue schématique en élévation avec arraché partiel d'une
chaussure tout terrain selon l'invention.
- la figure 2 représente une vue schématique en perspective d'une partie de la même
chaussure.
- la figure 3 représente une vue schématique en perspective d'une autre partie de la
même chaussure.
- la figure 4 représente une vue schématique en perspective des parties de la chaussure
selon l'invention, représentées sur les figure 2 et 3, assemblées l'une à l'autre.
- les figures 5a, 5b et 5c représentent des vues schématiques en perspective de différents
modes de réalisation d'un élément de la chaussure selon l'invention.
[0033] En référence à la figure 1, on peut voir une chaussure tout terrain 1 selon l'invention
dont la semelle 10, et plus particulièrement le talon 11, renferme un insert 2.
[0034] On notera que la description qui suit est limitée à une chaussure comprenant un insert
dans le talon, mais il est parfaitement possible que l'insert soit placé dans la partie
avant de la semelle, ou bien que cette partie avant de la semelle et le talon comportent
chacun un insert.
[0035] En référence aux figures 2, 3 et 4, on peut voir que l'insert 2 comprend deux éléments,
à savoir un support 3 et un module amovible 4.
[0036] Le support 3, qui est noyé dans la matière dont sont faits le talon 11 et la semelle
10, comprend essentiellement une platine 30 sensiblement plate, disposée parallèlement
au plan général de la semelle 10. Le support 3 délimite avec le talon 11 une cavité
31 destinée à recevoir le module amovible 4.
[0037] Le support 3 est réalisé dans un matériau rigide ou semi-rigide, plus dur que celui
dont sont faits le talon 11 et la semelle 10. Il est destiné à garantir les dimensions
de la cavité 31, et notamment dans le sens de la profondeur.
[0038] On notera que la cavité 31 pourrait être délimitée uniquement par le support 3, avec
cependant l'inconvénient de perdre une partie de la souplesse conférée par le matériau
dont est fait le talon 11.
[0039] Dans le mode de réalisation représenté, le support 3 comporte deux pattes latérales
32 qui font saillie de la platine 30 pour constituer une partie de la paroi délimitant
la cavité 31, et sur lesquelles vient s'adapter le module 4.
[0040] Le module 4 comprend un corps 40 adaptable au support 3 et destiné à prendre place
dans la cavité 31, et dont une face est recouverte fixement d'une pièce 41
[0041] Le corps 40 se présente sous la forme d'un parallélépipède rectangle aux dimensions
transversales correspondant à celles de la cavité 31, en sorte de pouvoir y être introduit
axialement.
[0042] Le corps 40 comporte sur chacune de ses deux faces opposées 42, dont une seul est
visible sur la figure 3, un ergot 43 destiné à prendre place dans une échancrure 33
que comporte chacune des pattes latérales 32, en sorte d'assurer le bon assujettissement
du module 4 au support 3.
[0043] Les échancrures 33 forment des berceaux pour les ergots 43, et constituent des butées
de profondeur permettant de définir la limite d'enfoncement du module 4.
[0044] De manière avantageuse, les échancrures 33 peuvent être rétentrices, en sorte qu'elles
peuvent retenir les ergots 43, et permettre une fixation réversible du module 4 par
encliquetage.
[0045] De manière avantageuse, la pièce 41 comporte des extensions latérales 45 qui s'étendent
au-dessus des ergots 43, et qui permettent de recouvrir la zone de jonction entre
le corps 42 et le support 3, en venant notamment recouvrir les extrémité libres des
pattes latérales 32
[0046] L'épaisseur du module 4 est telle que la pièce 41 affleure le plan du talon 11, en
sorte qu'en utilisation la pièce 41 vienne en contact avec le sol.
[0047] On notera que le module 4 comporte, sur une face autre que les faces 42, et prolongée
dans la pièce 41, une encoche 44 apte à autoriser le passage d'un outil permettant
l'enlèvement du module 4.
[0048] La possibilité d'enlèvement du module 4 est destinée à permettre le remplacement
de ce dernier par un autre qui diffère par la nature de la pièce 41 qu'il comporte.
En effet, selon la nature du sol et/ou des conditions climatiques, l'utilisateur peut
choisir le module 4 le mieux adapté.
[0049] En référence aux figures 5a, 5b et 5c, on peut voir différents modes de réalisation
du module 4, et plus exactement de la pièce 41.
[0050] Sur la figure 5a, la pièce 41 est plane, et sa spécificité relève essentiellement
de la matière dont elle est faite, telle que par exemple, non limitativement, du caoutchouc,
une mousse, une gomme etc. On notera que le module 4 peut de plus avoir une fonction
amortisseur dans ce cas la pièce 41 est réalisé dans un matériau adéquate et son épaisseur
adaptée à cette fonction.
[0051] Sur la figure 5b, la pièce 41 est particulièrement destinée à un usage sur les sols
verglacés, à cet effet elle est réalisée dans un matériau de type mousse ou caoutchouc,
et comporte des petits crampons métalliques 46, qui débordent à peine le plan général
de la pièce 41 et donc du talon 11.
[0052] Sur la figure 5c, la pièce 41 est réalisée en caoutchouc ou en élastomère, et comporte
de grands crampons 47, en vue de permettre une progression en terrain humide.
[0053] La chaussure 1 selon l'invention permet ainsi une adaptation rapide aux conditions
d'adhérence rencontrées, par le remplacement du module 4 en place par un autre mieux
adapté.
[0054] D'autre part, le positionnement et la configuration de l'insert 2 ne modifient pas
le centre de gravité de l'utilisateur, puisqu'il ne déborde pas le plan de contact
du talon ou de la semelle, si ce n'est lorsque la pièce 41 comporte des crampons 42
ou 43, mais dans ces deux cas les crampons 42 et 43 sont destinés à s'enfoncer dans
le sol, en sorte que de ne pas modifier l'équilibre de la pose de pied.
1. Chaussure tout terrain (1) comportant au moins une cavité (31) ouverte sur la face
inférieure de la semelle (10), destinée à accueillir un module amovible (4) qui comporte
au moins une partie (41) dont une surface est munie de moyens présentant des caractéristiques
d'adhérence adaptées à la nature du sol, caractérisée en ce que ladite semelle (10) comporte intérieurement au moins un insert (2) comprenant ladite
cavité (31) ouverte sur la face inférieure de ladite semelle (10), et qui est destiné
à loger étroitement ledit module amovible (4) qui y est maintenu par coincement; en ce que ledit insert (2) comprend deux éléments latéraux (32) s'étendant de part et d'autre
de ladite cavité (31), dans chacun desquels est pratiquée une échancrure (33) formant
berceau; et en ce que ledit module (4) comporte deux ergots latéraux (43) conçus aptes à chacun venir en
appui dans l'une desdites échancrures (33) qui constituent des butées de profondeur
d'enfoncement, en sorte que la surface dudit module amovible (2) demeure affleurante
au plan de ladite semelle (10).
2. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'insert (2) comprend une platine (30) s'étendant longitudinalement et parallèlement
au plan général de la chaussure (1).
3. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisée en ce que les échancrures (33) que comportent les éléments latéraux (32) présentent une forme
rétentrice pour les ergots (43), en sorte de permettre d'y encliqueter ces derniers.
4. Chaussure tout terrain (1) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisée en ce que le module amovible (4) est conçu en deux pièces, une première pièce (40) conformée
aux dimensions de la cavité (31) et destinée à y être insérée et maintenue par coincement,
et une seconde pièce (41) recouvrant une face de ladite première pièce (40) et destinée
à constituer la partie visible affleurant le plan de la semelle (10).
5. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 4, caractérisée en ce que la seconde pièce (41) est plus large de la première, en sorte de présenter des extensions
latérales (45) qui recouvrent la jonction entre le module (4) et l'insert (2).
6. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 4 ou la revendication 5, caractérisée en ce que la seconde pièce (41) présente sur sa face visible des éléments (46; 47) qui en font
saillie.
7. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 6, caractérisée en ce que les éléments qui font saillie de la face visible consistent en des crampons (47)
en caoutchouc ou en élastomère.
8. Chaussure tout terrain (1) selon la revendication 6, caractérisée en ce que les éléments qui font saillie de la face visible consistent en des crampons en métal
(46).
9. Chaussure tout terrain (1) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisée en ce que l'insert (2) est disposé intérieurement au talon (11).