[0001] La présente invention se rapporte au domaine des documents de sécurité, et plus particulièrement
à celui des feuilles de sécurité. Elle concerne une feuille de sécurité, par exemple
majoritairement en papier, comportant un ruban de sécurité présentant une zone d'opacité
réduite permettant la création d'effets particuliers de sécurité observables en transvision.
[0002] Dans la description, « papier » signifie toute feuille obtenue par voie humide à
l'aide d'une suspension de fibres de cellulose naturelle et/ou de fibres végétales,
minérales ou organiques autres que la cellulose, éventuellement synthétiques, pouvant
contenir diverses charges et divers additifs couramment utilisés en papeterie.
Arrière-plan
[0003] Dans le domaine des feuilles de sécurité, l'obtention d'une zone d'opacité réduite
localisée sur une feuille est parfois souhaitable afin de permettre la création d'effets
particuliers sur la feuille, ces effets étant par exemple visibles par observation
en transvision. Les effets particuliers produits peuvent notamment résulter d'impressions
complémentaires au recto et au verso de la feuille, l'observation de la complémentarité
des impressions étant favorisée au niveau de la zone d'opacité réduite.
[0004] La demande de brevet européen
EP 1 122 360 décrit un procédé de fabrication d'une feuille de sécurité qui présente une zone
d'opacité réduite obtenue grâce à la présence d'un filigrane tramé. Cette zone d'opacité
réduite permet la création de différents motifs d'authentification sur la feuille
à partir d'impressions au recto et au verso de la feuille.
[0005] Les solutions proposées par l'art antérieur présentent toutefois plusieurs inconvénients.
Par exemple, elles nécessitent généralement une réduction importante de la teneur
en fibres de la feuille au niveau de la zone d'opacité réduite, ce qui engendre des
faiblesses mécaniques importantes au niveau de cette zone. De ce fait, les sécurités
éventuelles, comme les impressions par exemple, peuvent difficilement être placées
dans la zone d'opacité réduite et doivent souvent figurer sur des zones à moindre
sollicitation mécanique. En outre, la création d'une zone d'opacité réduite selon
l'art antérieur entraîne fréquemment une réduction d'épaisseur de la feuille de sécurité
au niveau de la zone qui est difficilement contrôlable, souvent trop importante, et
de ce fait, la feuille peut être facilement transpercée, par exemple par des encres
lors d'une étape d'impression.
Résumé
[0006] Il existe par conséquent un besoin pour remédier au moins à certains des inconvénients
mentionnés ci-dessus.
[0007] Il existe notamment un besoin pour améliorer la fabrication des documents de sécurité,
notamment des feuilles de sécurité, en particulier pour réaliser des zones d'opacité
réduite sur les documents, permettant l'obtention d'effets particuliers au niveau
de ces zones.
[0008] L'invention vise à répondre à tout ou partie de ces besoins, notamment par l'incorporation
d'un ruban présentant une zone d'opacité réduite dans la feuille de sécurité.
[0009] L'invention a ainsi pour objet, selon l'un de ses aspects, une feuille comportant
un substrat fibreux et un au moins ruban définissant au moins une zone d'opacité réduite,
la feuille comportant au moins deux éléments de sécurité complémentaires situés respectivement
de part et d'autre du ruban et dont la complémentarité est observable en transvision
grâce à la zone d'opacité réduite.
[0010] Les éléments de sécurité sont par exemple respectivement situés au recto et au verso
du substrat. En variante, l'un des éléments de sécurité est situé sur le ruban et
l'autre sur le substrat. L'un des éléments de sécurité peut être par exemple sur le
recto du substrat et l'autre élément sur le verso du ruban et vice-versa, ce qui peut
réduire la pollution visuelle en réflexion.
[0011] Les éléments de sécurité peuvent encore être respectivement situés au recto et au
verso du ruban.
[0012] On peut aussi avoir au moins deux éléments de sécurité complémentaires situés respectivement
au recto et au verso du substrat, et dont la complémentarité est observable en transvision
au niveau de la zone d'opacité réduite du ruban, et le ruban peut comporter sur au
moins une de ses faces au moins un élément de sécurité supplémentaire, qui est complémentaire
d'au moins l'un des éléments de sécurité complémentaires de la feuille.
[0013] Tous les éléments de sécurité complémentaires peuvent se superposer totalement ou
partiellement au ruban lorsque la feuille est observée de face. En variante, au moins
l'un des éléments de sécurité complémentaires ne se superpose pas au ruban, étant
par exemple présent au verso ou au recto du substrat fibreux. Par exemple, le substrat
peut recevoir sur les faces recto et/ou verso un élément de sécurité sous la forme
d'une impression, qui forme, lorsque la feuille est observée en transvision, avec
un autre élément de sécurité visible grâce à la zone d'opacité réduite, un motif particulier,
par exemple un mot, un nombre, un dessin ou un logo.
[0014] Ainsi, par transvision, les éléments de sécurité du substrat et le ou les éléments
de sécurité du ruban permettent d'observer, grâce à leur complémentarité, un motif,
un dessin particulier, etc.... Cette complémentarité peut s'observer au niveau de
la zone d'opacité réduite du ruban. Le terme « complémentarité » englobe tout type
d'interaction optique entre les éléments de sécurité.
[0015] Par « opacité réduite », on entend que l'opacité de la zone d'opacité réduite est
plus faible que l'opacité du substrat, voire plus faible que l'opacité du reste du
ruban, lorsque la zone d'opacité réduite ne s'étend qu'à une fraction du ruban.
[0016] La zone d'opacité réduite s'étend de préférence à l'intégralité du ruban. De la sorte,
l'intégralité du ruban a une opacité plus faible que le substrat. Aussi, le terme
« zone d'opacité réduite » peut désigner aussi bien une zone restreinte sur le ruban,
de dimensions inférieures à celles du ruban, que le ruban lui-même lorsqu'elle s'étend
à l'intégralité du ruban.
[0017] Par « éléments de sécurité complémentaires », on entend des éléments de sécurité
dont l'observation en transvision engendre l'observation d'un effet particulier, par
exemple un motif produit par la superposition des éléments de sécurité, résultant
de la complémentarité entre les éléments de sécurité. Ce motif peut être un caractère
alphanumérique ou un dessin ou logo, par exemple présent par ailleurs sur le document.
[0018] Par « observable en transvision », on entend une observation de la lumière qui traverse
le ruban dans le sens de son épaisseur, par exemple en lumière visible, ultraviolette
ou infrarouge.
[0019] Grâce à l'invention, il est possible d'obtenir une feuille de sécurité présentant
une zone d'opacité réduite tout en remédiant au moins à certains inconvénients de
l'art antérieur. En effet, la zone d'opacité réduite étant portée par un ruban incorporé
au substrat de la feuille de sécurité, l'invention permet d'éviter les problèmes de
faiblesse mécanique résultant de la réalisation de zones d'opacité réduite directement
sur le substrat de la feuille de sécurité. De plus, la présence d'un ruban définissant
une zone d'opacité réduite dans la feuille de sécurité peut avantageusement permettre
d'éviter la présence d'une sous-épaisseur au niveau de la zone d'opacité réduite et
de ce fait, peut permettre de diminuer le risque de transpercement de la feuille.
Ruban
[0020] Le terme « ruban » désigne un ruban fait d'une seule pièce ou fait d'un assemblage,
d'un empilement ou d'une juxtaposition de bandes ou pièces élémentaires.
[0021] Le ruban peut définir une ou plusieurs zones d'opacité réduite. En variante, la zone
d'opacité réduite peut s'étendre à l'intégralité du ruban, le ruban ayant dans ce
cas une opacité plus faible que le substrat. Dans ce cas encore, on peut ainsi obtenir
une feuille de sécurité comportant une zone d'opacité réduite correspondant exactement
aux dimensions du ruban.
[0022] Lorsque le ruban comporte une zone d'opacité réduite non étendue à l'intégralité
du ruban, cette zone peut être réalisée au cours d'une étape préalable de traitement
du ruban avant son incorporation au substrat fibreux.
[0023] Le ruban peut être incorporé totalement au substrat fibreux, par exemple par une
introduction « en masse » ou entre deux jets. Dans ce cas, le substrat peut avantageusement
avoir une opacité suffisante pour permettre l'observation du ruban, et notamment de
la zone d'opacité réduite du ruban, par transvision.
[0024] Le ruban peut par exemple avoir ses faces principales entièrement recouvertes par
le substrat, notamment par les fibres du substrat. En variante, le ruban peut avoir
au moins l'une de ses faces principales recouverte par au moins un élément rapporté
sur le substrat.
[0025] Le ruban peut être recouvert par des épaisseurs de fibres du substrat fibreux sensiblement
égales de part et d'autre des faces du ruban. En variante, le ruban peut être recouvert
par des fibres du substrat fibreux sur une épaisseur moindre sur l'une des faces du
ruban et sur une épaisseur plus importante sur l'autre des faces du ruban.
[0026] Le ruban peut encore être entièrement situé à la surface de la feuille de sécurité,
apparaissant sur les deux faces de la feuille de sécurité. En variante, le ruban peut
n'être proche de la surface de la feuille de sécurité que par l'une de ses faces,
recto ou verso, l'autre face étant entièrement recouverte par le substrat.
[0027] Le ruban peut encore venir à affleurement de la surface de la feuille de sécurité
soit sur une de ses faces soit sur les deux faces de la feuille, ou bien encore venir
en creux ou en saillie à la surface de la feuille de sécurité.
[0028] L'introduction du ruban en masse peut notamment être réalisée dans un seul jet, sur
une machine à papier à table plate ou à forme ronde. Dans le cas d'une forme ronde,
le ruban est par exemple introduit dans la cuve de forme avant ou peu après le début
de l'égouttage de la suspension fibreuse sur la toile. La position du ruban dans l'épaisseur
de la feuille de sécurité finale est notamment déterminée par le lieu et l'inclinaison
d'introduction du ruban. Le jet ainsi obtenu peut alors être marié à l'état humide,
c'est-à-dire avant séchage, avec d'autres jets dont les compositions fibreuses peuvent
être identiques ou différentes et qui peuvent être formés sur des machines à papier
à table plate ou à forme ronde.
[0029] La feuille peut présenter, au niveau de la zone d'opacité réduite, sensiblement la
même épaisseur que dans la zone véline de la feuille. Le ruban peut être recouvert
entièrement par le substrat sur ses deux faces principales dans la zone d'opacité
réduite.
[0030] La zone d'opacité réduite peut avoir des dimensions et une forme variables. La zone
d'opacité réduite peut par exemple avoir une forme ronde, carrée, rectangulaire, ovale,
polygonale, en étoile, ou plus généralement avec des contours rectilignes et/ou curvilignes,
entre autres.
[0031] La zone d'opacité réduite peut présenter des bords de forme irrégulière, par exemple
ayant la forme de lignes brisées ou ondulées, de créneaux, de zigzag, entre autres.
Les bords de la zone d'opacité réduite peuvent avoir les mêmes formes ou des formes
différentes, régulières ou irrégulières.
[0032] L'observation de la zone d'opacité réduite peut se faire par exemple à l'oeil nu,
par réflexion ou par transmission et en lumière visible, ultraviolette ou infrarouge.
[0033] La zone d'opacité réduite peut présenter un indice d'opacité inférieur ou égale à
80 %, de préférence inférieur à 50 %, selon la norme ISO 2469.
[0034] La zone d'opacité réduite, et donc éventuellement l'intégralité du ruban, peut être
réalisé à partir d'un matériau quelconque, ou une combinaison de plusieurs matériaux
différents. En particulier, le ruban peut être un ruban fibreux et/ou plastique.
[0035] La zone d'opacité réduite peut être réalisée à partir d'une masse fibreuse, notamment
en papier. La zone d'opacité réduite peut être réalisée à partir d'une composition
fibreuse fortement raffinée et non chargée et qui présente une faible opacité. La
zone d'opacité réduite peut être réalisée à partir de fibres raffinées à un degré
Schöpper élevé, au moins supérieur à 65.
[0036] La zone d'opacité réduite peut être réalisée à partir d'un papier calque. En particulier,
la zone d'opacité peut figurer sur un ruban fait d'un papier calque ou bien encore
être faite d'un papier calque placé, par exemple par collage, sur le ruban.
[0037] On désigne par « papier calque », au sens de la présente invention, et traditionnellement
dans l'industrie papetière, un papier calque dit « naturel » obtenu à partir d'une
suspension aqueuse de pâte papetière ayant subi un raffinage poussé des fibres de
cellulose qu'elle contient.
[0038] En effet les pâtes papetières doivent subir une étape de raffinage afin d'hydrater
et de fibriler les fibres. Cette étape densifie le matelas fibreux se formant sur
la toile de la machine à papier et permet de maîtriser les caractéristiques physiques
et optiques de la feuille de papier. Lors de la fabrication de papier calque, cette
étape de raffinage est poussée de manière à obtenir une feuille très dense presque
exempte d'air (de vides), ce qui donne la transparence au papier.
[0039] En variante, la zone d'opacité réduite peut être faite à partir d'une composition
de fibres synthétiques, par exemple de type polyamide ou polyester, de préférence
non chargée et présentant ainsi une faible opacité. La zone d'opacité réduite peut
également être faite à partir d'une composition de fibres de polyoléfine, par exemple
de polyéthylène, ces fibres ayant subies une fusion grâce à un traitement à chaud
de la feuille, notamment, un embossage à chaud réalisé sur la feuille de sécurité
formée.
[0040] En variante encore, la zone d'opacité réduite peut être faite à partir d'un matériau
polymère, notamment un polymère thermoplastique, par exemple un ruban plastique transparent
ou opalescent, ou légèrement opalescent, par exemple en polyoléfine, notamment polyéthylène,
ou en polyester.
[0041] Lorsque ledit matériau polymère est opaque ou translucide, par exemple pour un matériau
plastique poreux, son opacité peut être réduite, notamment par embossage à chaud.
[0042] La zone d'opacité réduite peut être fabriquée à partir d'un matériau, notamment un
papier calque, ayant subi au préalable un traitement de résistance à l'état humide
(REH).
[0043] Le ruban peut présenter une résistance à l'état humide (REH) par rapport à la traction
supérieure à 30%, notamment afin de ne pas occasionner de problèmes lors de l'introduction
du ruban dans la feuille. La résistance à l'état humide en traction est mesurée en
divisant la valeur de la résistance humide à la traction mesurée selon la norme NF
Q 03.056 par la résistance sèche à la traction mesurée selon la norme NF EN ISO 1924.
Cette résistance à l'état humide peut notamment être apportée de manière conventionnelle
par l'ajout d'un agent de résistance à l'état humide, par exemple tel qu'une résine
polyamine-amide-épichlorhydrine (PAAE), une résine mélamine formol, etc...
[0044] En variante, un complément de résistance à l'état humide (REH) peut être obtenu en
ajoutant une partie du ou des agent(s) REH dans des bains de surfaçage d'une feuille
fibreuse, servant par exemple à la fabrication du ruban.
[0045] Le ruban peut être réalisé à partir d'une feuille fibreuse résistante aux plis, transparente
ou translucide d'indice d'opacité inférieure à 50 % comprenant des fibres, un polymère
anionique présentant une température de transition vitreuse supérieure à - 45 °C et
en une proportion comprise entre 5 et 40 % en poids sec par rapport au poids sec total
de la feuille, un agent de floculation cationique principal en une proportion comprise
entre 0,1 et 10 % en poids sec par rapport au poids sec total de la feuille.
[0046] Le substrat peut comporter un ou plusieurs éléments de sécurité sur sa face recto
et un ou plusieurs éléments de sécurité sur sa face verso, les éléments de sécurité
de la face recto étant complémentaires avec les éléments de sécurité de la face verso.
[0047] Dans le cas où le substrat fibreux comporte au moins un élément de sécurité situé
au recto ou au verso de la feuille, le ruban peut comporter au moins une zone d'opacité
réduite et au moins un élément de sécurité complémentaire situé au recto ou au verso
du ruban, sensiblement en regard de l'élément de sécurité situé au recto ou au verso
de la feuille, de façon à avoir la complémentarité entre l'élément de sécurité située
au recto ou au verso de la feuille et l'élément de sécurité située au recto ou au
verso du ruban, la complémentarité étant observable en transvision au niveau de la
zone d'opacité réduite.
[0048] On peut encore avoir un élément de sécurité sur le recto du substrat et l'autre élément
de sécurité sur le verso du ruban et vice-versa.
[0049] Lorsque le substrat comporte au moins deux éléments de sécurité complémentaires situés
respectivement au recto et au verso du substrat, et dont la complémentarité est observable
en transvision au niveau de la zone d'opacité réduite du ruban, le ruban peut comporter
sur une de ses faces au moins un élément de sécurité supplémentaire, qui par complémentarité
(totale ou partielle) avec les éléments de sécurité complémentaires du substrat, permet
de créer par observation en transvision, au niveau de la zone d'opacité réduite du
ruban, un motif particulier.
[0050] Le ruban peut comporter un ou plusieurs éléments de sécurité, ces éléments correspondant
ou non aux éléments de sécurité complémentaires mentionnés précédemment où étant des
éléments de sécurité supplémentaires.
[0051] Le ruban peut comporter au moins un élément de sécurité supplémentaire sur l'une
de ses faces, voire sur chacune de ses faces. Le ruban peut comporter des éléments
de sécurité supplémentaires différents sur chaque face.
[0052] Les éléments de sécurité peuvent de préférence être appliqués, par exemple par impression,
au repère sur la zone d'opacité réduite et/ou le substrat. Par « impression au repère
», il faut comprendre que la position des éléments de sécurité relativement à la zone
d'opacité réduite est déterminée.
Complémentarité
[0053] Les éléments de sécurité peuvent représenter seuls différents motifs de façon complète
ou partielle, par exemple un ou plusieurs caractères alphanumériques ou dessins ou
logos, par exemple présents par ailleurs sur le document.
[0054] La complémentarité des éléments de sécurité observée en transvision peut faire apparaître
différents motifs, par exemple un ou plusieurs caractères alphanumériques ou dessins
ou logos, par exemple présents par ailleurs sur le document.
[0055] Les éléments de sécurité complémentaires peuvent permettre d'observer en transvision
au moins un motif ayant une signification particulière pour un utilisateur.
[0056] Les éléments de sécurité peuvent former des motifs qui se juxtaposent lorsqu'on les
observe en transvision, ou en variante des motifs qui se superposent totalement ou
partiellement.
[0057] Les éléments de sécurité complémentaires peuvent présenter une légère opacité, notamment
une opacité différente de la zone d'opacité réduite et/ou du reste du ruban, notamment
une opacité supérieure. L'opacité peut être suffisante pour faire apparaître un contraste
entre les éléments de sécurité et la zone d'opacité réduite et/ou le ruban lors de
l'observation en transvision.
[0058] Les éléments de sécurité peuvent être des impressions. Les encres utilisées peuvent
comporter d'autres éléments de sécurité supplémentaires, comme des pigments spécifiques
par exemple.
[0059] Les éléments de sécurité peuvent comporter un dispositif électronique, par exemple
une puce. Par exemple, un élément de sécurité peut être une puce constituant le point
d'une lettre « i » formée par ailleurs par d'autres éléments de sécurité tels que
des impressions par exemple.
[0060] Les éléments de sécurité peuvent permettre d'obtenir différents effets optiques variables
ou non, grâce à leur complémentarité observée en transvision.
[0061] Les éléments de sécurité peuvent par exemple permettre d'obtenir en transvision un
« effet de moiré ».
[0062] Un effet de moiré peut par exemple faire apparaître un motif produit par la superposition
des deux éléments de sécurité, par exemple par le rapprochement de lignes des deux
éléments de sécurité. Par exemple, une première impression peut être réalisée sur
la face recto du substrat et une deuxième impression peut être réalisée sur la face
verso du substrat. Lors de l'observation en transvision au travers de la zone d'opacité
réduite, un motif complémentaire peut apparaître par effet de moirage entre les première
et deuxième impressions.
[0063] Les éléments de sécurité peuvent encore permettre par exemple d'obtenir en transvision
des « effets combinatoires ».
[0064] Un « effet combinatoire » résulte de l'observation en transvision d'un motif particulier
qui est le résultat de la combinaison de deux motifs figurant chacun de part et d'autre
du ruban, par exemple sur le recto et le verso du substrat. Par exemple, un premier
motif peut être imprimé au recto du substrat et un deuxième motif peut être imprimé
au verso du substrat. Lors de l'observation en transvision, un troisième motif peut
être alors observé, résultant de la combinaison des premier et deuxième motifs.
[0065] Avantageusement, la zone d'opacité réduite peut présenter une transparence suffisante
pour permettre l'observation d'un effet combinatoire.
[0066] Les effets de moiré et les effets combinatoires peuvent être réalisés autrement que
par des impressions sur les faces recto et verso du ruban.
[0067] Par exemple, un foil, à savoir un film mince, partiellement métallisé ou imprimé,
transféré à chaud et/ou un patch peut être appliqué sur la face recto et/ou la face
verso du substrat fibreux. Les éléments de sécurité peuvent dans ce cas figurer sur
un tel foil ou patch. Le foil ou patch peut par exemple être imprimé, métallisé ou
démétallisé.
[0068] La complémentarité entre les foils et/ou les patchs figurant de part et d'autre du
ruban, par exemple sur les faces recto et verso du substrat fibreux, peut permettre
d'obtenir les mêmes effets de moiré et/ou combinatoires que décrits précédemment.
La complémentarité peut par exemple se faire entre des impressions portées par les
foils et/ou les patchs. La complémentarité peut encore se faire entre des motifs métallisés
portés par les foils et/ou les patchs.
[0069] Le ruban peut comporter au moins un élément de sécurité placé directement sur le
ruban, par exemple par impression, cet élément étant complémentaire avec au moins
un motif d'un foil et/ou d'un patch figurant sur la face recto et/ou verso du substrat.
[0070] Le ruban peut encore être imprimé avec une ou plusieurs encres transparentisantes,
notamment dans la zone d'opacité réduite. La ou les encres transparentisantes peuvent
être associées à au moins un élément de sécurité situé d'un côté du ruban, par exemple
à plusieurs éléments de sécurité situés au recto et/ou au verso du ruban.
[0071] Avantageusement, l'utilisation d'encres transparentisantes peut permettre de conserver
la nuance du ruban. Ainsi, la zone sur laquelle a été appliquée une encre transparentisante,
notamment la zone d'opacité réduite, peut avoir la même nuance que les zones du ruban
où aucune encre transparentisante n'a été appliquée. De la sorte, la ou les encres
transparentisantes peuvent ne pas engendrer de différence de couleur entre la ou les
zones où elles figurent et la ou les zones du ruban dépourvue d'encre transparentisante.
[0072] Un ruban sans nuance et sans charge peut être introduit dans le substrat fibreux
coloré. De la sorte, il est possible d'obtenir une différence de nuance entre le ruban
et le substrat. Eventuellement, une ou plusieurs encres transparentisantes peuvent
être appliquées sur le ruban.
[0073] Une ou plusieurs encres transparentisantes peuvent être appliquées au niveau d'une
zone du ruban dont l'opacité réduite a été obtenue par d'autres moyens, créant ainsi
une ou plusieurs zones de transparence accrue sur le ruban.
[0074] Lorsque le ruban comporte des zones où une ou plusieurs encres transparentisantes
ont été appliquées, mais non seulement dans ce cas, il est possible d'appliquer d'autres
éléments de sécurité, de préférence visibles, sur le ruban au niveau de ces zones
ou en dehors de ces zones.
[0075] Il est possible d'imprimer un ou plusieurs motifs sur le ruban avec une ou plusieurs
encres transparentisantes, notamment dans la zone d'opacité réduite, ce ou ces motifs
définissant une ou plusieurs fenêtres d'observation en transvision de la feuille de
sécurité. De tels motifs peuvent par exemple permettre à un utilisateur de mieux repérer
sur la feuille de sécurité l'endroit où figure la zone d'opacité réduite et donc l'endroit
pouvant être observé en transvision. L'impression de ces motifs peut permettre à un
imprimeur de créer toute sorte de dessins par exemple un logo ou un symbole particulier.
L'impression d'un ou plusieurs motifs correspondant à une ou plusieurs fenêtres d'observation
peut être associée à un ou plusieurs éléments de sécurité de part et d'autre du ruban.
[0076] La ou les fenêtres d'observation peuvent avoir des dimensions et des formes variables.
La ou les fenêtres d'observation peuvent par exemple avoir une forme ronde, carrée,
rectangulaire, ovale, polygonale, en étoile, ou plus généralement avec des contours
rectilignes et/ou curvilignes, entre autres. Elles peuvent également présenter par
exemple des bords de forme irrégulière, par exemple ayant la forme de lignes brisées
ou ondulées, de créneaux, de zigzag, entre autres. Les bords peuvent avoir les mêmes
formes ou des formes différentes, régulières ou irrégulières.
[0077] La ou les encres transparentisantes peuvent être appliquées sur les deux faces recto
et verso du ruban, ou bien sur une seule face du ruban. Lorsqu'une seule face des
deux faces recto et verso du ruban comporte une ou plusieurs encres transparentisantes,
ces dernières peuvent avantageusement être observables sur l'autre face du ruban,
notamment du fait de l'opacité du ruban au niveau de la zone d'opacité réduite.
[0078] Dans un exemple de mise en oeuvre de l'invention où la feuille de sécurité comprenant
le ruban comporte au moins une zone d'opacité réduite, la feuille peut comporter une
impression, par exemple une impression iridescente, appliquée sur le substrat et en
superposition sur le ruban, à l'exception d'une zone de réserve non imprimée, formant
ainsi une fenêtre d'observation sur ladite zone d'opacité réduite.
[0079] Lorsque le ruban comporte des zones où une ou plusieurs encres transparentisantes
ont été appliquées au niveau de La zone d'opacité réduite, et qu'une impression, par
exemple iridescente, est appliquée sur ladite zone d'opacité réduite du ruban à l'exception
desdites zones où une ou plusieurs encres transparentisantes ont été appliquées, le
ruban présente alors des zones de réserve non imprimées formant des fenêtres d'observation
de transparence accrue sur la zone d'opacité réduite du ruban.
[0080] Le ruban peut être fibreux, étant par exemple à base de fibres cellulosiques (en
particulier de fibres de coton) et/ou de fibres organiques naturelles autres que cellulosiques
et/ou de fibres synthétiques, par exemple telles que des fibres de polyester ou de
polyamide, et/ou éventuellement de fibres minérales, par exemple telles que des fibres
de verre. Le ruban peut ne pas comporter de fibres d'alcool polyvinylique (PVA).
[0081] Les fibres peuvent être hydrophiles, notamment de manière à développer des liaisons
chimiques, principalement hydrogène, avec le substrat fibreux.
[0082] Le ruban peut comprendre en poids au moins 50 % de fibres cellulosiques.
[0083] Le ruban peut présenter un grammage compris entre 5 et 100 g/m
2, de préférence compris entre 15 et 55 g/m
2 et plus préférentiellement entre 20 et 30 g/m
2.
[0084] Le ruban peut avoir une largeur comprise entre 2 et 60 mm, de préférence entre 4
et 30 mm et plus préférentiellement entre 10 et 20 mm.
[0085] Le ruban peut avoir une épaisseur comprise entre 20 et 120 µm, de préférence entre
30 et 80 µm, et plus préférentiellement entre 45 et 55 µm.
[0086] Le ruban peut éventuellement être combiné à une bande de matière thermoplastique
et/ou métallique, par exemple de PET, contrecollée ou laminée à chaud au ruban avant
son introduction dans le substrat fibreux.
[0087] L'incorporation du ruban au substrat peut ne pas engendrer de surépaisseur de la
feuille de sécurité. Par exemple, le ruban peut être introduit dans le substrat fibreux
selon le procédé décrit dans la demande
EP 0 773 320.
[0088] Le ruban peut être dépourvu de filigrane.
[0089] Le substrat peut comporter ou non un filigrane. Lorsque le substrat comporte un filigrane,
celui-ci peut être superposé au moins partiellement à la zone d'opacité réduite.
[0090] Le ruban peut présenter des propriétés optiques différentes de celles du substrat
fibreux, notamment des propriétés de coloration, de fluorescence, de phosphorescence,
magnéto-optiques, de photochromie, de thermochromie, de piézochromie, entre autres.
[0091] Par exemple, le substrat et le ruban peuvent avoir des couleurs différentes. Toutes
les couleurs sont possibles. Le ruban et le substrat peuvent présenter une différence
de couleur ou écart colorimétrique ΔE (selon l'espace colorimétrique CIE Lab 1976)
supérieure à 0,2 et de préférence supérieure à 1. Cependant, l'oeil humain est plus
sensible à une différence de couleur sur des teintes non saturées, et l'homme de l'art
pourra adapter la différence de couleur de façon à obtenir le « contraste » désiré.
[0092] Le substrat et/ou le ruban peut encore comporter, par exemple en plus d'une éventuelle
encre transparentisante, une encre classique ou de sécurité, notamment fluorescente,
phosphorescente, magnétique, photochrome, thermochrome, piézochrome, entre autres.
Cette encre peut constituer un élément de sécurité des faces recto et/ou verso du
ruban. L'encre peut être appliquée partiellement ou totalement sur le ruban, c'est-à-dire
seulement sur certaines zones de la surface du ruban, notamment sur la zone d'opacité
réduite, ou sur l'intégralité de la surface du ruban. L'encre peut être appliquée
sur le ruban et/ou le substrat par un moyen d'impression comme par exemple l'offset,
l'héliogravure, la sérigraphie ou l'impression au jet d'encre.
[0093] Les éléments de sécurité complémentaires peuvent être l'une des encres citées ci-dessus.
[0094] Le ruban et/ou le substrat peut encore être revêtu d'un vernis transparent ou coloré.
[0095] Le ruban et/ou le substrat peut comporter un agent fluorescent. L'agent fluorescent
peut être coloré ou non, visible ou invisible en lumière visible. L'agent fluorescent
peut par exemple être incorporé dans la masse du ruban. L'agent fluorescent peut être
visible par exemple sous lumière ultraviolette (UV) et/ou infrarouge (IR).
[0096] De préférence, le ruban s'étend entre deux bords opposés de la feuille.
[0097] Le ruban peut présenter des bords de forme irrégulière, par exemple ayant la forme
de lignes brisées ou ondulées, de créneaux, de zigzag, entre autres. Les bords du
ruban peuvent avoir les mêmes formes ou des formes différentes, régulières ou irrégulières.
[0098] Le ruban peut encore présenter différentes caractéristiques perceptibles par exemple
à la vue ou au toucher.
[0099] Le ruban peut par exemple être embossé, permettant ainsi de créer un effet particulier,
par exemple un effet tactile ou de relief en surface, le ruban pouvant apparaître
partiellement sur la surface du substrat fibreux.
[0100] Le ruban peut être enduit d'un polymère thermoplastique puis éventuellement embossé
à la suite de cette enduction.
[0101] Le ruban peut être imprimé avec des gouttes de vernis, de résine ou d'encre thermogonflante,
entre autres.
[0102] Le ruban peut comporter partiellement sur certaines de ces zones une encre thermogonflante
permettant de créer au moins un relief, cette encre étant activée avant introduction
du ruban dans le substrat fibreux. L'activation avant incorporation permet de réduire
le risque de déstructuration de la feuille lors du gonflement de l'encre.
[0103] Le ruban peut comporter des particules, par exemple détectables à l'oeil nu ou au
toucher, introduites en masse dans le ruban, par exemple sous forme de billes, par
exemple des billes d'une matière synthétique, par exemple le polyuréthane, ou minérale,
par exemple le verre, de dimension par exemple inférieure à 300 µm, ou par dépôt par
sérigraphie ou héliogravure, par exemple sous forme de billes, par exemple de dimension
inférieure à 100 µm.
[0104] Le ruban peut comporter une bande textile, par exemple tricotée, intégrée au ruban
ou contrecollée au ruban.
[0105] Le ruban peut comporter partiellement, de manière localisée, une impression en relief,
par exemple sérigraphiée.
[0106] Le ruban peut présenter au toucher un aspect rugueux, lisse, soyeux, doux, entre
autres.
[0107] Le ruban conserve avantageusement sa propre cohésion après introduction dans le substrat
fibreux. Aussi, la structure du ruban peut être observable après son introduction
dans le substrat fibreux dans certaines conditions, par exemple en coupe ou par vision
en réflexion ou en transmission. Ainsi, il peut être possible d'observer le ruban
grâce à des écarts de propriétés optiques, par exemple des différences de contraste,
de teinte, de saturation, de clarté, d'opacité, qui rendent visible une frontière
entre le ruban et le substrat ou caractérisent la présence du ruban.
[0108] Le ruban peut encore être observable par topographie dans la feuille.
[0109] Le ruban peut aussi être observable par transparence dans la feuille, notamment à
l'oeil nu.
[0110] Le ruban peut comprendre des perforations, notamment afin de favoriser l'égouttage
lors de la fabrication de la feuille ou encore d'ajouter un effet optique supplémentaire.
Par exemple, ces perforations sont disposées en bordure du ruban ou de manière à former
un motif ou un code.
[0111] Parmi les éléments de sécurité, certains sont détectables à l'oeil nu, en lumière
visible, sans utilisation d'un appareil particulier. Avantageusement, la zone d'opacité
réduite du ruban de la feuille de sécurité selon l'invention permet d'augmenter la
visibilité de certains éléments de sécurité. Ces éléments de sécurité comportent par
exemple des fibres ou planchettes colorées, des fils imprimés ou métallisés totalement
ou partiellement.
[0112] Ces éléments de sécurité sont dits de premier niveau.
[0113] D'autres types d'éléments de sécurité sont détectables seulement à l'aide d'un appareil
relativement simple tel qu'une lampe émettant dans l'ultraviolet ou l'infrarouge.
Ces éléments de sécurité comportent par exemple des fibres, des planchettes, des bandes,
des fils ou des particules. Ces éléments de sécurité peuvent être visibles à l'oeil
nu ou non, étant par exemple luminescents sous un éclairage d'une lampe de Wood émettant
dans une longueur d'onde de 365 nm.
[0114] Ces éléments de sécurité sont dits de deuxième niveau.
[0115] D'autres types d'éléments de sécurité encore nécessitent pour leur détection un appareil
de détection plus sophistiqué. Ces éléments de sécurité sont par exemple capables
de générer un signal spécifique lorsqu'ils sont soumis, de manière simultanée ou non,
à une ou plusieurs sources d'excitation extérieures. La détection automatique du signal
permet d'authentifier, le cas échéant, le document.
[0116] Ces éléments de sécurité comportent par exemple des traceurs se présentant sous la
forme de matière active, de particules ou de fibres, capables de générer un signal
spécifique lorsque ces traceurs sont soumis à une excitation optronique, électrique,
magnétique ou électromagnétique.
[0117] Ces éléments de sécurité sont dits de troisième niveau.
[0118] Les éléments de sécurité présents sur le ruban et/ou le substrat, notamment dans
la zone d'opacité réduite, peuvent présenter des caractéristiques de sécurité de premier,
de deuxième ou de troisième niveau.
[0119] Les éléments de sécurité peuvent notamment être choisi parmi les traceurs, notamment
nanométriques, les fibres de sécurité notamment métalliques, magnétiques (à magnétisme
doux et/ou dur), ou absorbantes ou excitables dans l'ultraviolet (UV), le visible
ou l'infrarouge (IR) et en particulier le proche infrarouge (NIR), les éléments de
sécurité plats et de format relativement petit tels que les planchettes, les pigments
ou agglomérats de pigments notamment absorbants ou excitables sous illumination laser
ou dans l'ultraviolet (UV), le visible ou l'infrarouge (IR), en particulier le proche
infrarouge (NIR), et les fils de sécurité (à base plastiques, notamment de polyester)
comprenant notamment un revêtement au moins partiel, métallique, métallisé, ou magnétique
(à magnétisme doux et/ou dur), le revêtement pouvant notamment comporter des motifs
en positif ou en négatif et lesdits motifs pouvant notamment être obtenus par démétallisation,
et leurs combinaisons.
[0120] L'incorporation de traceurs dans une feuille de sécurité par le biais du ruban est
localisée, ce qui permet notamment de créer une zone, éventuellement invisible à l'oeil
nu, de reconnaissance et/ou d'authentification dudit document de sécurité. La reconnaissance
et/ou l'authentification dudit document peut notamment être basée sur l'intensité
et/ou le type du signal généré par les traceurs, considérés individuellement ou non,
sur la densité des traceurs, ou encore sur leur distribution spatiale dans une zone
prédéfnie ou non du document. En particulier, des traceurs répartis de manière aléatoire
peuvent former une signature unique et ainsi être utilisés à des fins d'identification.
[0121] En particulier, l'introduction dans une feuille de sécurité des pigments ou agglomérats
de pigments absorbants dans l'infrarouge ou dans le proche infrarouge tels que précédemment
cités, peut être utilisée afin de rendre ladite feuille authentifiable, comme décrit
dans la demande de brevet
WO 2005/034049.
[0122] Dans le cas particulier d'un ruban comportant des fibres magnétiques, l'authentification
peut s'opérer par analyse du signal de la réponse magnétique. En particulier, l'introduction
en semis, c'est-à-dire en mélange dans la suspension fibreuse avant son égouttage,
de fibres à magnétisme doux dites fibres « soft magnétiques » permet d'obtenir, de
façon reproductible, une répartition homogène des fibres soft magnétiques. En revanche,
l'introduction des fibres soft magnétiques en bande selon l'art antérieur, c'est-à-dire
dans une forme ronde par des conduits d'alimentation localisés ou par flux laminaire
au-dessus d'une table plate, induit une certaine variabilité de la concentration des
fibres soft magnétiques, mais aussi de la largeur de la bande de fibres soft magnétiques.
En utilisant un ruban de sécurité fabriqué par découpe d'une feuille comprenant des
fibres soft magnétiques introduites en semis, l'invention permet d'obtenir de façon
reproductible une répartition homogène des fibres soft magnétiques. Ainsi, en faisant
varier la concentration en fibres soft magnétiques et la largeur du ruban de sécurité
introduit, on multiplie le nombre de « signatures » ou signaux magnétiques possibles.
[0123] Selon un cas particulier de l'invention, le ruban comprend entre 0,1 et 1 % en poids
sec de fibres magnétiques, en particulier à magnétisme doux, par rapport à la quantité
totale de fibres, et de préférence entre 0,2 et 0,6 %.
[0124] Le ruban peut comprendre une pluralité de planchettes réparties selon une densité
surfacique comprise entre 4000 et 25000 planchettes/m
2, de préférence entre 5000 et 20000 planchettes/m
2 et plus préférentiellement entre 11000 et 18000 planchettes/m
2. De par la zone d'opacité réduite du ruban, les planchettes peuvent être rendues
plus visibles en transvision.
[0125] Le ruban peut comprendre une série de fils de sécurité parallèles, et plus particulièrement
la succession des espaces inter-fils et/ou la série des différentes largeurs des fils
de sécurité constituent un code, en particulier de type code-barre.
[0126] Le ruban peut comprendre un fil antivol à magnétisme doux. Ce type de fil de sécurité
antivol peut être très coupant et donc difficilement incorporable à une feuille de
sécurité. Il arrive en particulier que le fil antivol, lorsqu'il est introduit selon
l'art antérieur, c'est-à-dire directement dans un substrat fibreux, ne soit pas totalement
recouvert de fibres. L'incorporation d'un tel fil de sécurité antivol selon la présente
invention consiste en la fabrication d'une feuille fibreuse dans laquelle on introduit
plusieurs fils de sécurité antivol, la feuille de sécurité ainsi obtenue étant ensuite
découpée en rubans comprenant au moins un fil antivol. Ces rubans sont ensuite introduits
dans le substrat fibreux. Ainsi, les zones du ruban pouvant présenter des défauts
de recouvrement fibreux sont recouvertes par la matière fibreuse du substrat fibreux,
et on obtient ainsi une feuille de sécurité comprenant au moins un fil de sécurité
antivol et exempte de défauts de recouvrement.
[0127] Selon un cas particulier de l'invention, le ruban comprend au moins un dispositif
électronique. De préférence, le dispositif électronique est un dispositif d'identification
par fréquences radio, plus couramment appelé dispositif RFID, et en particulier une
puce électronique et/ou une antenne qui peut notamment être imprimée sur le ruban.
La zone d'opacité réduite du ruban peut permettre au dispositif électronique d'être
plus visible au sein de la feuille de sécurité.
[0128] Le ruban peut comprendre des perforations selon un motif ou un code. En fonction
des différences d'opacité et de couleur entre le substrat et le ruban, le motif ou
code est observable, ou observable seulement en lumière transmise ou observable à
la fois en lumière transmise et en lumière réfléchie. Si le ruban possède une impression
invisible fluorescente, le motif peut aussi être visible seulement sous illumination
UV.
[0129] En particulier, le motif réalisé par perforation comprend au moins un caractère alphanumérique
ou un idéogramme.
[0130] Le ruban peut être calandré. On réalise ce calandrage notamment afin de minimiser
la surépaisseur créée par l'introduction du ruban.
[0131] Le ruban peut comporter un adhésif, par exemple un agent thermoscellant, afin d'améliorer
sa cohésion au sein du substrat fibreux.
[0132] Lorsque le ruban comporte un adhésif, ce dernier permet d'optimiser l'adhésion du
ruban dans la feuille.
[0133] L'adhésif peut par exemple être un enduit thermoscellant, par exemple un vernis thermoscellant,
un agent réticulable aux ultraviolets (UV), un adhésif à irradier, un adhésif sensible
à la pression (PSA), un vernis avec une base solvant, du type polyester par exemple,
un adhésif en phase aqueuse, etc...
[0134] Comme adhésif en phase aqueuse, on peut notamment citer les marques suivantes : le
Mowilith DC (dispersion aqueuse d'acétate de vinyle homopolymère avec des particules
de taille allant de 0,3 µm à 2 µm et de température de transition vitreuse T
g de 38°C environ, et de teneur à sec en matières solides entre 55 et 57 %) et le Vinamul
3265 de la société CELANESE ; le DH9004, le DH9017, le DH9044 et le DL5001 de la société
COLLANO ; le Primal NW 1845, le Primal LC40, le Primal P308M et le Primal EP6000 de
la société ROHM & HAAS ; le 006SDW078-2 de la société BASF.
[0135] L'adhésif peut avantageusement être un adhésif à base d'acétate de polyvinyle comme
le Mowilith DC.
[0136] La Demanderesse a pu constater que parmi les adhésifs cités précédemment, le Vinamul
3265, le Mowilith DC, le Collano DL5001, le Primal NW1845 et le Primal P308M présentent
de très bons résultats au test de froissage à sec, c'est-à-dire que l'adhésion du
ruban dans le papier n'est pas excessivement affectée par le froissage.
[0137] De plus, le Vinamul 3265 et le Mowilith DC présentent également de très bons résultats
au test de froissage humide. Le Mowilith DC présente de très bons résultats au test
de lavage.
[0138] Aussi, le Mowilith DC procure de très bons résultats en terme de pouvoir d'adhésion,
mais l'invention n'est pas limitée à un adhésif particulier.
[0139] Selon un exemple de mise en oeuvre de l'invention, l'adhésif n'est pas présent sous
forme de fibres, ni sous forme particulaire.
[0140] L'ajout de l'adhésif au ruban de sécurité peut notamment se faire par un procédé
d'enduction, par exemple un couchage, ou par des procédés issus des techniques d'impression
d'une base papier après sa fabrication, par exemple le couchage à lame d'air, l'héliogravure,
la sérigraphie, le couchage à rideau, la flexographie, entre autres.
[0141] L'enduction de l'adhésif, par exemple sur une feuille fibreuse servant à la fabrication
du ruban, peut se faire par exemple à raison de 2 à 15 g/m
2 par face, de préférence entre 3 et 8 g/m
2 par face.
[0142] La température de scellage peut varier entre 70 et 135 °C, par exemple, selon l'adhésif
employé, et le scellage peut avoir lieu lors du séchage de la feuille de sécurité.
[0143] L'enduction peut être réalisée au moins partiellement à coeur, c'est-à-dire atteindre
en profondeur, voire en totalité le ruban ou en surface.
[0144] De préférence, l'enduction est réalisée sur le support servant à la fabrication du
ruban avant découpage de ce support. En variante, l'enduction peut être réalisée pendant
la fabrication du support servant à la fabrication du ruban.
[0145] L'enduction peut être réalisée sur une seule face du support ou sur les deux faces
du support. L'adhésif peut couvrir entièrement la face sur laquelle il est déposé.
[0146] L'incorporation de l'adhésif au ruban peut également se faire par imprégnation, en
plongeant le ruban ou le support servant à le fabriquer dans un bain.
[0147] Dans un exemple de mise en oeuvre de l'invention, on enduit une feuille fibreuse
de 20 g/m
2 ayant subi un traitement de résistance à l'état humide (REH), avec un adhésif en
phase aqueuse à raison de 5 g/m
2 par face, à l'aide d'un procédé par héliogravure par exemple. On obtient ainsi un
compromis satisfaisant entre pouvoir d'adhésion et quantité de matière enduite.
[0148] Afin de détecter la présence de l'adhésif dans une feuille de sécurité selon l'invention,
il est possible d'observer l'adhésif, par exemple le vernis thermoscellant, sous la
forme de bulles, par exemple à l'aide d'un microscope électronique à balayage (MEB).
Substrat
[0149] Le terme « substrat » désigne une feuille fibreuse pouvant notamment comprendre une
ou plusieurs couches fibreuses. En particulier, on utilisera le terme «jets » pour
désigner des couches produites en continu sur une même machine à papier puis associées
à l'état humide.
[0150] Le substrat peut comprendre au moins un élément de sécurité, en particulier choisi
parmi les traceurs, notamment nanométriques, les fibres de sécurité notamment métalliques,
magnétiques (à magnétisme doux et/ou dur), ou absorbantes ou excitables dans l'ultraviolet
(UV), le visible ou l'infrarouge (IR) et en particulier le proche infrarouge (NIR),
les éléments de sécurité plats et de format relativement petit tels que les planchettes,
les pigments ou agglomérats de pigments notamment absorbants ou excitables sous illumination
Laser ou dans l'ultraviolet (UV), le visible ou l'infrarouge (IR), en particulier
le proche infrarouge (NIR), et les fils de sécurité (en général à base plastiques,
notamment de polyester) comprenant notamment un revêtement au moins partiel, métallique,
métallisé, iridescent ou magnétique (à magnétisme doux et/ou dur), le revêtement pouvant
notamment comporter des motifs en positif ou en négatif et les motifs pouvant notamment
être obtenus par démétallisation, les réactifs chimiques ou biochimiques d'infalsification
et/ou d'authentification et/ou d'identification pouvant notamment réagir avec au moins
un agent respectivement de falsification et/ou d'authentification et/ou d'identification,
et les éléments optiquement variables notamment des hologrammes, des cristaux liquides,
des pigments iridescents ou des structures à effet miroir, en particulier des couches
diélectriques, et leurs combinaisons.
[0151] Le substrat fibreux peut en particulier comporter des éléments de sécurité visibles
à l'oeil nu mais il peut aussi comprendre des traceurs qui se présentent sous forme
de matière active, de particules ou de fibres, capables de générer un signal spécifique
lorsque ces traceurs sont soumis à une excitation optronique, électrique, magnétique
ou électromagnétique. Ces « traceurs » constituent une substance identifiable grâce
à une propriété distinctive et utilisée pour marquer un élément (un document de sécurité
dans le cas présent) et assurer son suivi, le suivi de son évolution ou permettre
sa reconnaissance, son authentification ou son identification.
[0152] Les structures diélectriques à effet miroir sont constituées d'une alternance de
couches de haut et de bas indice, par exemple respectivement du dioxyde d'Hafnium
et du dioxyde de Silice, et peuvent notamment être obtenues par gravure ionique.
[0153] Selon un cas particulier de l'invention, le substrat fibreux comprend au moins un
réactif chimique ou biochimique d'infalsification et/ou d'authentification et/ou d'identification
réagissant de manière colorée, à au moins un agent respectivement de falsification
et/ou d'authentification et/ou d'identification.
[0154] Le substrat fibreux peut être à base de fibres telles que décrites ci-dessus pour
le ruban. Le substrat comprend en outre des additifs usuels, notamment des charges
minérales lui conférant une opacité supérieure à celle du ruban.
[0155] Selon un cas particulier de l'invention, le substrat fibreux et le ruban sont à base
des mêmes fibres, c'est à dire que leur composition en fibres est la même en nature
et de préférence en mêmes proportions, ceci permet une bonne affinité entre les deux
composants et peut, de plus, être un moyen d'authentification supplémentaire.
Feuille
[0156] De préférence, la feuille comporte au moins deux jets et est formée par voie papetière
sur forme ronde, le ruban étant introduit lors de la formation d'un des jets, par
exemple en partie humide de la machine.
[0157] L'incorporation peut encore s'effectuer selon une technique monojet. Afin de faciliter
l'égouttage, on peut introduire un ou plusieurs rubans relativement étroits, et dans
le cas de plusieurs rubans, avec un espacement suffisant entre eux.
[0158] On peut aussi utiliser un ruban au moins partiellement microperforé pour faciliter
l'égouttage et sa tenue dans la feuille.
[0159] La feuille peut être aussi formée sur une machine à papier combinant une table plate
et une forme ronde.
[0160] L'introduction du ruban au sein du substrat fibreux peut également se faire selon
les modes d'introduction des fils de sécurité en plastique de l'art antérieur ou par
contrecollage du ruban entre deux feuilles ou couches fibreuses qui constituent alors
la base du substrat fibreux.
Document de sécurité
[0161] L'invention concerne aussi un document de sécurité comportant une feuille telle que
définie précédemment.
[0162] Ce document peut être fabriqué par découpe, association, reliure, laminage, collage
et/ou contrecollage de cette feuille.
[0163] Plus particulièrement, le document de sécurité peut être un moyen de paiement, tel
qu'un billet de banque, un chèque ou un ticket restaurant, un document d'identité
tel qu'une carte d'identité ou un visa ou un passeport ou un permis de conduire, un
ticket de loterie, un titre de transport ou encore un ticket d'entrée à des manifestations
culturelles ou sportives.
Article à authentifier
[0164] L'invention concerne aussi un article à authentifier comprenant la feuille telle
que définie ou obtenue précédemment, l'article étant choisi parmi une étiquette de
sécurité, un emballage, notamment un emballage pour les médicaments ou pour des aliments
ou pour des cosmétiques ou parfums ou pour des pièces électroniques ou pour des pièces
détachées, une feuille utilisée dans le domaine médical ou hospitalier, notamment
un papier utilisé pour faire des emballages de stérilisation, et encore un papier
d'art.
Procédé de fabrication
[0165] L'invention concerne aussi un procédé de fabrication par voie papetière d'une feuille
telle que définie précédemment, selon lequel le ruban est introduit en partie humide
dans le substrat fibreux. L'ensemble substrat et ruban ainsi obtenu est ensuite pressé
puis séché.
[0166] Selon un exemple de mise en oeuvre de l'invention, le ruban est introduit en partie
humide, en masse dans le substrat fibreux. A cet effet, on peut utiliser des procédés
connus pour introduire des fils de sécurité en plastiques de l'art antérieur. Le ruban
peut présenter l'une quelconque des caractéristiques détaillées ci-dessus, ou toute
combinaison de celles-ci.
[0167] Selon un autre exemple de mise en oeuvre de l'invention, le procédé utilise une machine
à papier qui est équipée d'au moins une forme ronde, et le ruban est introduit dans
la cuve de forme de la forme ronde, avant ou peu après le début de l'égouttage de
la composition formant le substrat fibreux de la feuille.
[0168] Le procédé peut encore utiliser une machine à papier qui est équipée d'au moins une
table plate, et le ruban est introduit au-dessus de la table plate, pendant l'égouttage
de la composition formant le substrat de la feuille.
[0169] L'invention pourra être mieux comprise à la lecture qui va suivre, de la description
d'exemples non limitatifs de mise en oeuvre de l'invention et à l'examen des figures
du dessin, schématiques et partielles, sur lequel :
- la figure 1 représente, en vue de face, la face recto d'un exemple de feuille selon
l'invention,
- la figure 2 représente, en vue de face, la face verso de la feuille de la figure 1,
- les figures 3 à 7 représentent, en coupe, des exemples de disposition des éléments
de sécurité d'une feuille selon l'invention, et
- la figure 8 représente, en vue de face, la face recto d'un autre exemple de feuille
selon l'invention, et
- la figure 9 représente, en vue de face, la face verso de la feuille de la figure 8.
[0170] On a représenté sur la figure 1, une feuille 1 conforme à un exemple de mise en oeuvre
de l'invention, comportant un substrat fibreux 2 et un ruban 3.
[0171] Dans cet exemple, bien qu'il soit apparent sur le dessin pour faciliter la compréhension
de la figure, le ruban 3 est incorporé totalement dans le substrat fibreux 2. De préférence,
l'opacité du substrat 2 est suffisante pour permettre l'observation du ruban 3. Le
ruban 3 peut éventuellement être incorporé au substrat fibreux 2 de telle sorte qu'il
soit à affleurement de la surface de la feuille 1 sur l'une ou sur ses deux faces
recto et verso.
[0172] Le ruban fibreux 3 définit une zone d'opacité réduite 4. La zone d'opacité réduite
4 peut être obtenue par une des méthodes décrites précédemment et présenter une ou
plusieurs des caractéristiques précédemment mentionnées.
[0173] La face recto du substrat 2, correspondant dans cet exemple à la face recto de la
feuille 1, présente au niveau de la zone d'opacité réduite 4, un élément de sécurité
5 visible en réflexion, par exemple comme illustré sous forme de deux chiffres zéros,
figurant dans cet exemple sur un patch transparent 7. Toutes les variantes décrites
précédemment pour les éléments de sécurité sont possibles alternativement à la solution
proposée dans cet exemple.
[0174] La figure 2 représente la face verso de la feuille 1 de la figure 1. Sur cette figure,
on peut voir que la face verso du substrat 2, correspondant dans cet exemple à la
face verso de la feuille 1, présente au niveau de la zone d'opacité réduite 4 du ruban
3, un deuxième élément de sécurité 6, sous forme des chiffres deux et huit.
[0175] Les éléments de sécurité 5 et 6 respectivement de la face recto et verso du substrat
2 sont complémentaires. Ils représentent deux motifs distincts.
[0176] Lors d'une observation en transvision de la zone d'opacité réduite 4 du ruban 3,
il est possible d'observer, par exemple par effet de moiré ou combinatoire, un troisième
motif résultant de la superposition des motifs formés par les éléments de sécurité
5 et 6, ce motif correspondant dans cet exemple à 2008. A titre illustratif, on a
représenté les deux chiffres 2 et 8 qui apparaissent en transvision en pointillés
sur la figure 2.
[0177] Dans l'exemple des figures 1 et 2, les éléments de sécurité 5 et 6 sont situés respectivement
sur le recto et le verso du substrat 2. En variante, les éléments de sécurité peuvent
se situer sur au moins l'une des faces du ruban 3 et/ou au moins l'une des faces du
substrat 2. Toutes les combinaisons précédemment décrites sont possibles.
[0178] Les figures 3 à 7 représentent, en coupe, une feuille 1 conforme à l'invention avec
différentes possibilités de localisation des éléments de sécurité 5 et 6.
[0179] La figure 3 représente une feuille 1 comportant des éléments de sécurité 5 et 6 situés
respectivement sur le recto et le verso du substrat 2.
[0180] Dans l'exemple de la figure 4, l'élément de sécurité 5 se situe sur le recto du substrat
2 et l'élément de sécurité 6 se situe sur le verso du ruban 3.
[0181] La figure 5 représente une feuille 1 comportant un élément de sécurité 5 situé sur
le recto du ruban 3 et un élément de sécurité 6 situé sur le verso du substrat 2.
[0182] La figure 6 représente une feuille 1 comportant deux éléments de sécurité 5 et 6
situés respectivement sur le recto et le verso du ruban 3.
[0183] Dans l'exemple de la figure 7, les éléments de sécurité 5 et 6 sont situés respectivement
au recto et au verso du substrat 2. La feuille 1 comporte encore un autre élément
de sécurité 9 situé au recto du ruban 3. Cet élément de sécurité 9 peut être un élément
de sécurité supplémentaire tel que ceux décrits précédemment. L'élément de sécurité
9 peut être complémentaire ou non de l'un au moins des éléments de sécurité 5 et 6.
[0184] Dans les exemples des figures 1 à 7, les éléments de sécurité 5 et 6, et éventuellement
l'élément de sécurité 9, sont complémentaires, leur complémentarité étant observable
en transvision au niveau de la zone d'opacité réduite, celle-ci pouvant être localisée
à une fraction du ruban 3 ou pouvant s'étendre à l'intégralité du ruban 3.
[0185] Les dimensions des éléments de sécurité 5, 6 et 9 peuvent être variables, ces derniers
pouvant par exemple se superposer l'un à l'autre totalement ou partiellement. Les
éléments de sécurité 5, 6 et 9 peuvent ou non se superposer totalement à la zone d'opacité
réduite 4.
[0186] La figure 8 représente le recto d'un autre exemple de feuille 1 selon l'invention.
[0187] La feuille 1 comporte un ruban 3 et un substrat fibreux 2. La zone d'opacité réduite
4 correspond ici à l'intégralité du ruban 3, et elle est confondue avec celui-ci.
[0188] Le substrat 2 comporte au recto une impression iridescente 10 superposée à la zone
d'opacité réduite 4 du ruban 3 sauf sur une zone de réserve, non imprimée, formant
une fenêtre d'observation 8.
[0189] Un élément de sécurité 5, sous la forme du chiffre un dans cet exemple, est imprimé,
par exemple, sur le substrat 2 dans la fenêtre d'observation 8.
[0190] La figure 9 représente le verso de la feuille 1 de la figure 8.
[0191] Sur cette figure, on peut voir que l'opacité du substrat 2 est suffisante pour apercevoir
en transvision la fenêtre d'observation 8 et la zone d'impression iridescente 10.
[0192] Un élément de sécurité 6, sous la forme du chiffre zéro, est imprimé, par exemple,
sur le verso du substrat 2 au niveau de la fenêtre d'observation 8. Les éléments de
sécurité 5 et 6 sont complémentaires, l'observation du substrat 2 du côté recto ou
verso de la feuille 1 au niveau du ruban 3 permettant par exemple d'observer les deux
chiffres un et zéro. Les éléments de sécurité 5 et 6 apparaissant en transvision sont
représentés en pointillés sur les figures 9 et 8.
[0193] La zone d'observation 8 peut ainsi permettre à un observateur de repérer sur la feuille
1 la zone où peut être observée la complémentarité des éléments de sécurité 5 et 6.
[0194] D'autres éléments de sécurité pourraient être imprimés dans la fenêtre d'observation
8 ou être imprimés dans la zone d'impression iridescente 10. En variante, la fenêtre
d'observation 8 pourrait elle-même constituer un élément de sécurité.
Exemple 1 de ruban
[0195] On fabrique un ruban en papier à partir de fibres de coton non pigmentées (c'est-à-dire
non chargées), ce ruban ayant par ailleurs subi un traitement de résistance à l'état
humide (REH) par l'emploi de résine polyamide amine épichhlorhydrine. Le ruban présente
alors un grammage de 37 g/m
2, une épaisseur de 51 µm et un indice d'opacité de 69,4 mesuré selon la norme ISO
2469.
[0196] Le ruban présente une couleur définie par les coordonnées colorimétriques L*a*b*
: 94,8 / 0,53 / 1,60. (selon l'espace colorimétrique CIE Lab 1976, illuminant D65,
angle d'observation 10°).
[0197] On introduit ce ruban dans une cuve de forme dans une suspension fibreuse pigmentée
comportant des fibres de coton, du dioxide de titane et des colorants de nuançage,
ce ruban ayant de plus été traité de manière à être résistant à l'état humide (REH)
et présentant un surfaçage d'alcool polyvinylique.
[0198] On obtient alors une feuille de sécurité ayant les caractéristiques suivantes.
[0199] Au niveau du ruban intégré à la feuille, l'épaisseur totale de la feuille est de
112 µm et l'indice d'opacité est de 84,7. La couleur mesurée est définie par les coordonnées
colorimétriques L*a*b* : 94,8 / 0,14 / 4,83 sous illuminant D65, observateur 10°.
[0200] Au niveau de la zone vélin de la feuille de sécurité, le grammage est de 87,3 g/m
2, l'épaisseur est de 114 µm et l'indice d'opacité est de 90,1, soit une différence
d'opacité de 5,4 avec la zone où figure le ruban. La couleur mesurée est alors définie
par les coordonnées colorimétriques L*a*b* : 94,9 / -0,28 / 5,24 sous illuminant D65,
angle d'observation 10°.
Exemple 2 de ruban
[0201] On fabrique un ruban en papier calque par voie humide à partir d'une suspension fibreuse
comprenant des fibres cellulosiques de résineux très raffinées, un copolymère styrène-butadiène
carboxylé, un agent de floculation sous la forme d'une résine PAAE. Le ruban présente
alors un grammage de 55,2 g/m
2, une épaisseur de 86 µm et un indice d'opacité de 40,3.
[0202] Le ruban présente une couleur définie par les coordonnées colorimétriques L*a*b*
: 84,1 / -1,63 / 0,92 sous illuminant D65, angle d'observation 10°.
[0203] On introduit ce ruban dans une cuve de forme dans une suspension fibreuse pigmentée
comportant des fibres de coton, du dioxide de titane et des colorants de nuançage,
ayant de plus été traitée résistante à l'état humide (REH) et présentant un surfaçage
d'alcool polyvinylique.
[0204] On obtient alors une feuille de sécurité ayant les caractéristiques suivantes.
[0205] Au niveau du ruban intégré à la feuille, l'épaisseur obtenue est de 131 µm et l'indice
d'opacité est de 87,9. La couleur mesurée est définie par les coordonnées colorimétriques
L*a*b* : 90,1 / 2,21 / 5,91 sous illuminant D65, observateur 10°.
[0206] Au niveau de la zone vélin de la feuille de sécurité, le grammage est de 92,5 g/m
2, l'épaisseur est de 108 µm et l'indice d'opacité est de 91,9, soit une différence
d'opacité de 4 avec la zone où figure le ruban. La couleur mesurée est alors définie
par les coordonnées colorimétriques L*a*b* : 90,9 / 3,21 / 8,20 sous illuminant D65,
observateur 10°.
[0207] Les deux exemples 1 et 2 précédents décrivent deux rubans pouvant être utilisés dans
le cadre de la présente invention, les zones d'opacité réduite respectives de ces
deux rubans s'étendant à l'intégralité de chacun des rubans.
[0208] Les éléments de sécurité complémentaires figurant sur les substrats peuvent être
tels que décrits précédemment.
[0209] En particulier, les substrats peuvent comporter des éléments de sécurité complémentaires
sous la forme d'impressions, les substrats étant alors imprimés sur chacune de leurs
faces. Dans les exemples 1 et 2, le substrat peut en particulier comporter à titre
d'éléments de sécurité des motifs sous forme de deux chiffres complémentaires respectivement
imprimés sur chacune des faces du substrat, motifs dont la complémentarité est observable
en transvision au niveau de la zone d'opacité réduite du ruban.
[0210] L'expression « comportant un » est synonyme de « comportant au moins un », sauf si
le contraire est spécifié.