Domaine technique
[0001] L'invention a trait à un panneau isolant et résistant au feu de forme polygonale,
plus particulièrement de forme rectangulaire et destiné à être disposé avec d'autres
panneaux identiques ou similaires de sorte à former une paroi isolante et résistante
au feu. Plus particulièrement encore, les panneaux sont du type sandwich comportant
une âme en matériau isolant recouverte d'une tôle de finition. Ce type de construction
est particulièrement indiqué pour la vêture de chambre froide qui requiert une bonne
isolation.
Technique antérieure
[0002] La mousse de polyuréthane est un isolant alvéolaire, composé de fines cellules emmagasinant
un gaz à faible conductivité thermique. Elle est très utilisée dans le bâtiment. Le
polyuréthane est cependant un matériau inflammable. Au Royaume-Uni, en Irlande, et
dans certains États des USA, la réglementation oblige les fabricants de meubles rembourrés
(canapés, matelas) à traiter les produits à l'aide d'additifs chimiques ignifugeants
afin de réduire ce risque. De nombreux domaines d'utilisation des mousses de polyuréthane
exigent des propriétés "non-feu". Dans le domaine du bâtiment, pour les lieux publics,
les mousses doivent être traitées non feu. L'utilisation de cet isolant fait l'objet
d'une aggravation du risque incendie pour les assureurs. Utilisé dans un bardage métallique,
il dégage un acide en cas d'incendie qui détruit le bardage métallique et nuit à la
solidité de la structure du bâtiment
[0003] Pour ces raisons, les vêtures de chambres construites avec des panneaux sandwich
polyuréthane doivent être à même de maintenir leur stabilité pendant une durée déterminée
lors d'un incendie. Elles doivent être construites de sorte à ce que la propagation
du feu et des fumées soit limitée à l'intérieur de la chambre en question, de manière
à limiter l'extension du feu.
[0004] Une solution consiste à prévoir un « sprinklage » mais cette solution reste d'application
limitée car elle ne convient pas aux chambres froides à température négative. De plus,
cette solution est assez lourde à mettre en oeuvre et, partant, assez coûteuse.
[0005] Le document de brevet
DE 295 18 473 U divulgue un panneau sandwich isolant et résistant au feu. Il comprend une tôle métallique
de finition sur chaque face, des traverses de renfort en matériau à base de silicate
de calcium ou de fibres minérales ou céramiques renforcées. Le coeur du panneau est
rempli de matériau isolant du type laine de roche, fibres céramiques ou à base de
silicate de calcium. Ce type de matériau pose cependant des problèmes de prolifération
microbienne. De plus il ne présente pas de stabilité dimensionnelle et de rigidité
mécanique comparable à un matériau rigide comme la mousse de polyuréthane ou le verre
cellulaire. C'est probablement pour cette raison que la face arrière du panneau est
également recouverte d'une tôle métallique et que le panneau comprend plusieurs traverses
de renforcement. La terminaison des bords du panneau est assurée par des longerons
en matériau similaire aux traverses. Ces longerons présentent sur leurs faces extérieures
formant les tranches du panneau des rainures destinées à coopérer avec un bord replié
des tôles métalliques. L'assemblage des panneaux se fait par rapprochement et superposition
des bords présentant éventuellement des profils correspondants. Le document ne précise
pas d'avantage de quelle manière les panneaux sont fixés à la structure destinée à
recevoir la vêture. La construction du panneau décrite dans ce document n'est pas
destinée à une âme en matériau rigide compte tenu des nombreux renforts et de la nature
souple du matériau isolant destiné à l'équiper. La liaison entre les tôles métalliques
et les longerons est intéressante mais requiert la présence d'une retenue des longerons
des deux faces du panneau compte tenu de l'absence de collage entre les longerons
et le matériau isolant.
Résumé de l'invention
[0006] L'invention a pour objectif de proposer un panneau sandwich palliant au moins un
des problèmes sus mentionnés.
[0007] L'invention consiste en un panneau isolant et résistant au feu de forme polygonale
comprenant : une âme en un premier matériau isolant ; une tôle métallique recouvrant
l'âme sur une face ; au moins deux languettes en un second matériau isolant et rigide
formant au moins deux bords opposés du panneau ; où lesdites languettes comportent
au moins un trou à proximité de chaque coin du panneau, perpendiculaire à la face
de la languette formant la tranche du panneau et préférentiellement à proximité de
la face de l'âme opposée à la face pourvue de la tôle métallique, ledit trou étant
destiné à coopérer par engagement avec une cheville disposée dans le trou correspondant
d'un panneau voisin identique. Cette solution permet un montage aisé, fiable et rapide
d'une paroi constituée d'une série de pareils panneaux. Idéalement, le second matériau
est de densité supérieure, préférentiellement par un facteur supérieur ou égal à 5,
à celle du premier matériau, de manière à assurer une tenue correcte des chevilles
dans les trous des languettes.
[0008] La référence à la face de l'âme pourvue de la tôle métallique dans la définition
de l'invention ci-dessus et dans les caractéristiques optionnelles qui suivent correspond
préférentiellement à la face visible ou extérieure du panneau une fois monté. Elle
n'exclut pas la présente d'une deuxième tôle sur la face opposée, préférentiellement
cachée ou intérieure. L'invention peut en effet être réalisée avec une deuxième tôle
métallique disposée sur la face opposée du panneau, plus particulièrement de l'âme
isolante, comme dans l'exemple de réalisation.
[0009] Selon un mode avantageux de l'invention, le premier matériau isolant de l'âme est
rigide et, préférentiellement, les languettes sont collées à ladite âme. Cette mesure
assure une stabilité mécanique intéressante, en particulier par rapport à la protection
contre le feu.
[0010] Selon un autre mode avantageux de l'invention, la tôle métallique est collée à l'âme.
Cette mesure assure également une stabilité mécanique intéressante, en particulier
par rapport à la protection contre le feu.
[0011] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le panneau comprend une couche
du second matériau disposée entre l'âme et la tôle métallique ; la tôle métallique,
la couche du second matériau et/ou l'âme étant préférentiellement assemblés par collage.
Tout comme les mesures précédentes, cette mesure assure une stabilité mécanique intéressante,
en particulier par rapport à la protection contre le feu. La couche du second matériau
disposée entre l'âme et la tôle métallique représente typiquement entre 5% et 20%
de l'épaisseur totale du panneau. Il s'agit donc d'une couche mince par rapport à
l'épaisseur de l'âme constituant la majeure partie de l'épaisseur du panneau.
[0012] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la tôle métallique comprend
au moins deux bords pliés sur les languettes, formant chacun une arête et fixés auxdites
languettes par vissage, préférentiellement à proximité de l'arête sur la moitié de
la tranche du panneau du côté de l'arête.
[0013] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, les languettes ont une épaisseur
mesurée dans le plan du panneau d'au moins 10 mm et ledit second matériau est tel
qu'il permet d'y visser une vis auto taraudeuse. Pour ce faire, le second matériau
est de densité supérieure, préférentiellement par un facteur supérieur ou égal à 5,
à celle du premier matériau.
[0014] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le panneau comprend au moins
une cornière de renfort en tôle métallique épousant l'arête d'une des languettes et
couvrant la face de la languette formant la tranche du panneau depuis ladite arête
suffisamment que pour couvrir les trous destinés à coopérer par engagement avec des
chevilles, ladite cornière étant préférentiellement fixée par vissage dans la languette.
[0015] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la face d'au moins une des
languettes est pourvue de peinture intumescente, préférentiellement sur sa zone centrale,
plus préférentiellement encore entre la cornière de renfort et le bord plié de la
tôle métallique.
[0016] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le premier matériau est à base
de verre cellulaire et/ou le second matériau est à base de silicate de magnésium renforcé.
[0017] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le panneau comprend quatre
languettes opposées deux à deux faites dans le second matériau isolant et rigide.
[0018] L'invention consiste également en une paroi isolante et résistante au feu comprenant
au moins quatre panneaux tels que celui décrit ci-avant, lesdits panneaux étant disposés
de manière jointive essentiellement dans le même plan et avec, pour chaque panneau,
au moins deux bords disposés chacun en face d'un bord correspondant d'un autre desdits
panneaux avec, pour au moins une paire de bords en face à face, au moins une, préférentiellement
deux chevilles coopérant par engagement avec les trous correspondants de ladite paire
de bords, la paroi comprenant également au moins une platine comprenant au moins deux
trous et disposée à cheval le long de deux bords alignés de deux desdits panneaux,
de part et d'autre de ladite paire de bords en face à face, les trous de la platine
étant positionnés de manière à être traversés, chacun, par une des chevilles coopérant
avec un trou d'un des deux bords alignés, à proximité de la jonction de ladite paire
de bords en face à face.
[0019] Selon un mode avantageux de l'invention, la platine comprend une partie en équerre
destinée à être fixée préférentiellement par vissage à un mur ou une paroi en vis-à-vis
des faces des panneaux opposées à celles recouvertes de la tôle métallique.
[0020] Selon un autre mode avantageux de l'invention, la platine est généralement plane
et comprend un trou à distance des faces des panneaux opposées à celles recouvertes
de la tôle métallique, et destiné à coopérer avec des moyens de fixation suspendus
à un plafond.
[0021] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, un joint est disposé entre
les deux bords repliés et en face à face des tôles métalliques de deux panneaux jointifs,
à proximité de la surface extérieure desdites tôles, les vis de fixation desdits bords
repliés étant à distance des arêtes correspondantes de manière à ménager la place
nécessaire pour ledit joint.
[0022] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le joint est en matériau résistant
au feu et est de section circulaire mis en place par insertion ou est appliqué par
extrusion.
Brève description des dessins
[0023] La figure 1 est une vue en perspective d'un panneau selon l'invention. Elle comprend
une vue agrandie d'un coin du panneau illustrant différents détails de construction.
[0024] La figure 2 est une vue en coupe de deux panneaux selon l'invention, superposés verticalement
et habillant un mur ou une paroi.
[0025] La figure 3 est une vue en perspective d'un assemblage de trois panneaux selon l'invention
destinés à habiller un mur ou une paroi.
[0026] La figure 4 est une vue en coupe d'un panneau selon l'invention habillant le bas
d'un mur ou une paroi et en contact avec le sol.
[0027] La figure 5 est une vue en plan de l'habillage de la partie haute d'un mur ou une
paroi et du plafond au moyen de panneaux selon l'invention.
[0028] La figure 6 est une vue en perspective de détail de la jonction de trois panneaux
selon l'invention, illustrant également les moyens de suspension des panneaux au plafond.
Description des modes de réalisation
[0029] Le panneau isolant et résistant au feu 2 illustré à la figure 1 est constitué d'une
âme en verre cellulaire (non visible à la figure 1) dont la forme correspond essentiellement
à celle du panneau, cette âme étant recouverte sur sa face arrière d'une tôle métallique
8 et sur sa face avant d'un panneau mince en fibro-silicate, lui-même recouvert d'une
tôle métallique 10 sur sa face extérieure. Des languettes 4 et 12 en fibro-silicate
sont prévues sur le pourtour de l'âme isolante de manière à former les bords du panneau
isolant. Ces languettes sont préférentiellement disposées par collage sur les bords
du panneau mince en fibro-silicate formant ainsi un volume parallélépipédique apte
à recevoir l'âme isolante.
[0030] La tôle métallique 8 formant la face arrière du panneau 2 présente deux bords pliés
à environ 90° à deux extrémités opposées de sorte à recouvrir partiellement les languettes
ou bords opposés 12 du panneau 2. Des cornières métalliques 6 faites à partir de morceaux
de tôle qui sont ensuite pliés sont disposés sur les arêtes de la face arrière du
panneau 2 qui ne sont pas couvertes par la tôle 8. Ces cornières sont préférentiellement
inégales de sorte à présenter un bord plus long sur la languette 4 que sur la face
arrière du panneau 2. Le panneau comprend deux cornières, une de chaque côté opposé
du panneau 2 où la tôle arrière 8 ne recouvre pas la tranche. Chaque cornière 6 s'étend
sur essentiellement toute la longueur du bord du panneau 2. Elles sont fixées au moyen
de vis 16, préférentiellement au moins une à proximité de chaque extrémité du bord
à couvrir. Chaque cornière 6 comprend au moins un trou ou orifice 18 à proximité de
chaque extrémité. Cet orifice est en correspondance avec un trou ou orifice 18 pratiqué
dans la languette 4, servant ainsi de renfort de dudit orifice. L'orifice 18 va servir
de moyen de liaison de deux panneaux adjacents.
[0031] La face avant du panneau 2 est recouverte d'une tôle métallique 10 dont préférentiellement
les quatre bords sont pliés à environ 90° de manière à recouvrir les quatre arêtes
de ladite face et également une partie des languettes 4 et 12 formant les bords ou
tranches du panneau 2. Ces bords pliés sont fixés aux languettes opposées 4 au moyen
de vis 14.
[0032] La construction du panneau 2 pourra être mieux comprise au vu de la figure 2 qui
est une vue en coupe de deux morceaux de panneaux superposés verticalement et habillant
un mur ou une paroi 26. Aussi bien sur la représentation du panneau supérieur que
sur celle du panneau inférieur, on observe la couche de matériau isolant 22 tel du
verre cellulaire constituant l'âme du panneau destiné être isolant et résistant au
feu. Cette âme en matériau isolant est recouverte d'une couche mince 20 en matériau
également isolant mais sensiblement plus résistant d'un point de vue mécanique, comme
du fibro-silicate. L'âme isolante 22 et la couche mince 20 constituent la majeure
partie de l'épaisseur du panneau. Ils sont entourés de languettes 4 en matériau similaire
ou identique à celui de la couche mince, c'est-à-dire en matériau ininflammable, isolant
et présentant une certaine résistance mécanique de manière à servir de renfort du
panneau et de moyen de liaison des panneaux entre eux. Comme expliqué précédemment
en relation avec la figure 1, le panneau 2 comprend quatre languettes, à savoir deux
languettes 4 d'une première épaisseur sur les deux bords opposés comprenant les orifices
18 et deux languettes d'une deuxième épaisseur sur les deux autres bords opposés restants
qui, eux, ne sont pas nécessairement pourvus de moyens de liaison des panneaux entre
eux. Les languettes 4 d'une première épaisseur ont typiquement une épaisseur de l'ordre
de 12 mm et les languettes 12 d'une deuxième épaisseur ont typiquement une épaisseur
de l'ordre de 6 mm. Il est à noter que ces valeurs sont purement exemplatives. Pour
des raisons de simplification de construction et d'assemblage, il est bien sûr envisageable
de prévoir la même épaisseur pour les languettes 4 et 12, sachant que les languettes
12 sont soumises à des contraintes mécaniques moindres que les languettes 4. Une telle
construction aurait d'ailleurs particulièrement de sens dans le cas où le panneau
serait de forme carrée. Dans ce cas, on pourrait prévoir les trous ou orifices 18
sur les quatre bords de manière à pouvoir orienter librement le panneau.
[0033] Le choix du matériau de l'âme isolante dépendra de différents paramètres, comme le
prix de revient, la qualité d'isolation, les contraintes sanitaires comme le risque
de prolifération microbienne et/ou encore la résistance aux hautes températures. L'âme
isolante 22 sera typiquement en Foamglass® T4, à savoir du verre cellulaire alumino-silicaté.
Ce matériau présente une très bonne stabilité dimensionnelle, une densité de l'ordre
de 0.12, une plage de température d'emploi allant de -260°C à +430°C et une incombustibilité
classée M0 selon la norme française NF P 92-507. L'épaisseur sera comprise entre 40
et 160 mm, plus particulièrement entre 40 et 100 mm, typiquement de l'ordre de 60
mm.
[0034] La couche mince 20 et les languettes 4 et 12 seront en matériau isolant incombustible
et présentant une certaine résistance mécanique, comme par exemple en FIBRODICE MS
à base de silicate de magnésium renforcé. Les qualités mécaniques de ce matériau lui
permettent d'être poncé, scié, percé, cloués, vissés et/ou collés. Il présente une
densité de l'ordre de 1 (1.050 ± 0.1), un module d'élasticité compris entre 5210 et
7845 N/mm
2 et une résistance à la flexion comprise entre 12.1 et 17.1 N/mm
2. Les silicates sont des minéraux dont le squelette est essentiellement formé par
des tétraèdres de Silicium et d'Oxygène additionnés d'aluminium, magnésium, fer, calcium,
potassium, sodium et autres éléments. Les fibres de verre à usage spécial sont des
microfibres de silicates vitreuses artificielles à orientation aléatoire et dont le
pourcentage pondéral d'oxydes alcalins et d'oxydes alcalino-terreux est supérieur
à 18 %. Le diamètre de ces fibres est compris entre 0,01 et 3 microns. Il existe plusieurs
types de fibres à usage spécial, classées en fonction de la composition chimique du
verre : E, 475, 753, 481... Les plus étudiées sont les microfibres de verre E et 475.
A la différence des fibres d'amiante, elles ne peuvent pas se scinder en fibrilles
de diamètres inférieurs mais se coupent transversalement. A l'exception des microfibres
de verre 481, elles sont très peu solubles dans les milieux biologiques et présentent
une biopersistance élevée.
[0035] Il est à noter que la présence de la couche mince 20 entre l'âme isolante et la tôle
métallique avant 10 n'est pas obligatoire. En effet, bien que cette couche aie un
rôle de renforcement mécanique et de protection de l'âme isolante, sa présence reste
optionnelle en fonction, notamment, des contraintes thermiques et mécaniques du panneau
ainsi que du choix du matériau pour l'âme isolante. Il en va de même pour les languettes
12 (figure 1) formant les bords du panneau qui ne sont pas destinés à coopérer avec
les moyens de liaison des panneaux entre eux.
[0036] La face avant de la couche mince 20 est recouverte d'une tôle métallique 10. Comme
déjà expliqué en relation avec la figure 1, la tôle métallique 10 comprend au moins
deux bords opposés, idéalement les quatre bords, qui sont pliés à environ 90° à leurs
extrémités de manière à épouser la forme extérieure de la face avant du panneau. Ces
bords pliés épousent les arêtes de la face avant du panneau et recouvrent une partie,
typiquement au moins un quart, plus particulièrement au moins un tiers de la hauteur
de la languette 4 formant la tranche du panneau.
[0037] La face arrière du panneau, plus particulièrement la face arrière de l'âme 22 est
recouverte d'une tôle métallique 8. Les bords de celle-ci s'arête environ au niveau
des arêtes des languettes 4, de manière à pouvoir être recouvertes d'une cornière
métallique 6 de renfort.
[0038] La tôle métallique de la face avant 10 présente typiquement une épaisseur de l'ordre
de 1 mm. D'autres épaisseurs sont bien sûr possibles en fonction des propriétés mécaniques
de la tôle et des contraintes auxquelles le panneau est soumis. L'épaisseur va typiquement
varier entre 0.5 mm et 2 mm, préférentiellement entre 0.6 et 1.2 mm. La tôle 10 a
pour rôle d'assurer une tenue mécanique du panneau (tenue de forme et résistance à
l'enfoncement lors de contact avec des objets), une finition esthétique, un écran
de protection aux flammes et une finition compatible avec les normes sanitaires en
vigueur notamment pour le stockage d'aliments. La tôle peut être en Aluzinc® qui est
un produit plat carbone allié composé de 55% d'aluminium, de 43,4% de zinc et 1,6%
de silicium. L'acier est revêtu en continu sur une ligne de galvanisation au trempé.
L'excellente résistance à la corrosion de l'Aluzinc® résulte des caractéristiques
de ses deux composants métalliques : l'aluminium présent à la surface du revêtement
agit comme une barrière aux agents de corrosion, le zinc protège l'acier par effet
«sacrificiel». L'Aluzinc® présente un aspect esthétique dû à son fleurage caractéristique
de couleur argent. La surface du dépôt métallique est protégée par une fine couche
d'oxydes d'aluminium assurant la pérennité de son éclat.
[0039] La tôle métallique arrière 8 est typiquement plus mince car elle vient en complément
de la tôle avant 10. Elle assure un renforcement supplémentaire du panneau mais surtout
ferme la face arrière afin de parer à toute prolifération microbienne vers l'intérieur
du panneau. Il est à noter que cette tôle arrière n'est pas indispensable d'un point
de vue tenue mécanique du panneau, ni d'un point de vue qualité d'isolation et ni
d'un point de vue de protection contre le feu. En fonction des applications, celle
tôle pourra être évitée, laissant libre la face arrière de l'âme en matériau isolant
ou laissant la place à une couverture de finition d'un autre type comme par exemple
un film souple. La tôle métallique 8 présente typiquement une épaisseur de l'ordre
de 0.5 mm. Elle pourra cependant varier entre 0.2 et 1 mm en fonction du matériau
et des propriétés mécanique de la tôle et également en fonction de l'application du
panneau. La tôle 8 est typiquement une tôle en acier galvanisée. Elle pourra être
en Aluzinc® comme la tôle avant 10 mais il est clair que les qualités esthétiques
de l'Aluzinc® ne seront pas utiles compte tenu du fait qu'elle constitue la face arrière
du panneau qui est normalement destinée à être non visible.
[0040] Une patte de fixation 24 en forme d'équerre est illustrée à la figure 2. Cette patte
est fixée à une extrémité au mur 26 par des moyens de vissage classiques (non illustrés)
bien connus de l'homme de métier. L'autre extrémité de la patte 24 vient en saillie
du mur et coopère avec les deux panneaux superposés de la figure 2 au moyen d'un tourillon,
pion ou cheville 30. La figure 2 illustre uniquement la partie supérieure de la cheville
par transparence au travers de la languette 4 du panneau supérieur. La cheville 30
est mise en place par insertion depuis le haut de l'équerre de fixation 24 lorsque
le panneau inférieur est mis en place. Elle est alors insérée dans un orifice correspondant
de l'équerre 24 et dans l'orifice correspondant du bord supérieur du panneau inférieur.
La cheville présente idéalement une collerette ou rebord au milieu de sa longueur
de manière à pouvoir entrer en butée avec la face supérieure de l'équerre 24. Le panneau
supérieur peut ensuite être mise en place par un mouvement d'approche suivi d'un mouvement
vertical dirigé vers le bas destiné à faire pénétrer la cheville dans le trou correspondant
18 du panneau. La partie de cornière 6 entourant l'orifice 18 vient alors en contact
avec la collerette de la cheville, servant ainsi d'entretoise.
[0041] Il est à noter que les différents éléments constitutifs du panneau comme l'âme en
matériau isolant 22, la couche mince 20, les languettes de renfort 4 et 12 et les
tôles métalliques 8 et 10 peuvent être assemblées par collage. La figure 2 prévoit
des espaces entre ces différents éléments illustrant par là la possibilité de collage.
La présence de colle entre deux éléments dépendra de différents paramètres comme par
exemple le fini de surface ou encore les contraintes mécaniques. La tôle arrière 8
par exemple pourra être encollée uniquement de manière ponctuelle compte tenu des
contraintes mécaniques réduites qui lui sont associées.
[0042] Un cordon d'étanchéité 28 est appliqué entre les bords repliés des tôles avant 10
des deux panneaux superposés. Il assure une étanchéité de l'habillage ou vêture. Il
est idéalement en matériau résistant aux hautes températures, comme, par exemple,
le mastic DOW CORNING® Firestop 700 résistant au feu.
[0043] Une couche de peinture intumescente (non représentée) est appliquée sur les chants
des panneaux, c'est-à-dire sur les faces extérieures des languettes de manière à assurer
une étanchéité aux gaz et aux flammes en cas d'incendie. En effet, en cas d'incendie,
le cordon d'étanchéité 28 bien qu'apte à résister un certain temps, pourra céder dans
la mesure où les couches de peinture intumescente auront pu gonfler et se rejoindre
pour obstruer le passage entre les bords des deux panneaux superposés, assurant ainsi
une étanchéité renforcée en cas d'incendie.
[0044] La figure 3 illustre le principe de liaison des panneaux entre eux. On observe que
les pattes de fixation 24 sont disposées, chacune, à cheval entre deux panneaux adjacents
de manière à assurer non seulement une liaison des panneaux au mur mais également
une liaison des panneaux adjacents entre eux.
[0045] La figure 4 illustre un panneau inférieur monté sur un mur et reposant sur le sol.
On observe qu'une patte de liaison 24 est fixée au mur 26 avec sa partie en saillie
du mur à proximité du sol 32. Un demi-pion ou une demi-cheville 30 est disposé au
préalable au travers du trou de la patte de fixation 24 de manière à faire saillie
vers le haut une fois la patte de fixation 24 arrimée au mur 26. Le panneau 2 est
mis en place par un mouvement d'approche suivi d'un mouvement de descente de manière
à ce que le pion 30 pénètre le trou correspondant du bord inférieur 4 du panneau 2.
La zone de la cornière 6 entourant le pion 30 vient en appui sur la patte de fixation
qui elle-même vient en appui sur la collerette ou rebord du pion, ce dernier étant
en appui sur le sol 32. La vis de fixation 16 du bord inférieur replié de la tôle
avant 10 vient également en appui sur le sol 32.
[0046] Similairement à la figure 2, un cordon d'étanchéité 28 est appliqué entre le bord
inférieur replié de la tôle avant 10 et le sol 32. Une couche de peinture intumescente
est également appliquée sur le chant inférieur 4 du panneau de manière à assurer une
étanchéité renforcée en cas d'incendie.
[0047] La figure 5 est une vue en plan d'un partie haute de vêture d'une chambre, illustrant
bien la liaison des panneaux au mur 26 et au plafond 34. Le panneau vertical gauche
2 est disposé parallèlement au mur conformément au montage décrit en relation avec
les figures 2 à 4. Les panneaux horizontaux 2 habillant le plafond 34 sont identiques
aux panneaux verticaux habillant le mur 26. On observe que les panneaux sont suspendus
au plafond 34 via des suspensions réglables 38 et des platines 40 et 42 de liaison
avec les panneaux. La platine 42 est une platine de bord de couverture qui assure
la liaison entre les tringles de suspension 38 et le bord d'un seul panneau. Cette
platine est fixée au panneau au moyen d'un pion et d'une vis de fixation de manière
à assurer une fixation stable. La platine 42 a une forme rectangulaire avec deux orifices
ou trous de part et d'autre d'un troisième trou supérieur coopérant avec la tringle
de suspension. La platine 40 est destinée à assurer la double fonction de relier deux
panneaux adjacents entre eux et de relier ces deux panneaux à une tringle de suspension
commune à ces deux panneaux. La platine 40 est plus large que la platine 42 et comporte,
similairement à la platine 42, deux orifices ou trous de part et d'autre d'un troisième
trou supérieur coopérant avec la tringle de suspension. L'écartement entre les deux
trous inférieurs de la platine 40 correspond à la distance entre les trous de liaison
voisins de deux panneaux adjacents. La platine 40 est reliée aux panneaux via deux
pions coopérant par insertion dans les trous de deux, trois ou quatre panneaux adjacents.
[0048] Une pièce de raccord 36 est prévue entre les panneaux verticaux et horizontaux jointifs
de manière à assurer, d'une part une finition correcte, et d'autre part une étanchéité
au niveau de la jonction.
[0049] La figure 6 est une vue en perspective agrandie de la liaison entre trois panneaux
adjacents. On observe que l'écartement entre les deux trous inférieurs de la platine
40 correspond à l'écartement entre les trous de liaison des panneaux contigus. La
platine coopère avec deux pions 30 qui eux-mêmes coopèrent avec quatre panneaux (le
quatrième panneau étant absent pour des raisons de clarté de d'illustration). Chaque
pion 30 assure l'alignement entre deux panneaux adjacents dans une direction parallèle
à celle du pion. Chaque pion assure également la liaison entre la platine 40 et la
paire de panneaux adjacents dans une direction parallèle à celle du pion. Il résulte
de cette construction un montage très aisé et rapide tout en maintenant une certaine
simplicité et légèreté aux panneaux.
[0050] Il est à noter que la vêture décrite dans cette demande peut être appliquée à une
vêture déjà existante, à des murs et plafond dits « en dur » ou à des parois de toute
nature.
1. Panneau isolant et résistant au feu de forme polygonale (2) comprenant :
une âme (22) en un premier matériau isolant ;
une tôle métallique (10) recouvrant l'âme sur une face ;
au moins deux languettes (4) en un second matériau isolant et rigide formant au moins
deux bords opposés du panneau ;
caractérisé en ce que
lesdites languettes (4) comportent au moins un trou (18) à proximité de chaque coin
du panneau, perpendiculaire à la face de la languette formant la tranche du panneau
et préférentiellement à proximité de la face de l'âme (22) opposée à la face pourvue
de la tôle métallique (10), ledit trou étant destiné à coopérer par engagement avec
une cheville disposée dans le trou correspondant d'un panneau voisin identique.
2. Panneau isolant et résistant au feu selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le premier matériau isolant de l'âme (22) est rigide et, préférentiellement, les
languettes (4) sont collés à ladite âme.
3. Panneau isolant et résistant au feu selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la tôle métallique est (10) collée à l'âme.
4. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'il comprend une couche (20) du second matériau disposée entre l'âme (22) et la tôle
métallique (10) ; la tôle métallique (10), la couche du second matériau (20) et/ou
l'âme (22) étant préférentiellement assemblés par collage.
5. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la tôle métallique (10) comprend au moins deux bords pliés sur les languettes (4),
formant chacun une arête et fixés auxdites languettes(4) par vissage (14), préférentiellement
à proximité de l'arête sur la moitié de la tranche du panneau du côté de l'arête.
6. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que les languettes (4) ont une épaisseur mesurée dans le plan du panneau d'au moins 10
mm et ledit second matériau est tel qu'il permet d'y visser une vis (14, 16) auto
taraudeuse.
7. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend au moins une cornière de renfort (6) en tôle métallique épousant l'arête
d'une des languettes (4) et couvrant la face de la languette (4) formant la tranche
du panneau depuis ladite arête suffisamment que pour couvrir les trous (18) destinés
à coopérer par engagement avec des chevilles, ladite cornière (6) étant préférentiellement
fixée par vissage (16) dans la languette (4).
8. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la face d'au moins une des languettes (4) est pourvue de peinture intumescente, préférentiellement
sur sa zone centrale, plus préférentiellement encore entre la cornière de renfort
(6) et le bord plié de la tôle métallique (10).
9. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le premier matériau est à base de verre cellulaire et/ou le second matériau est à
base de silicate de magnésium renforcé.
10. Panneau isolant et résistant au feu selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend quatre languettes (4, 12) opposées deux à deux et faites dans le second
matériau isolant et rigide.
11. Paroi isolante et résistante au feu comprenant au moins quatre panneaux (2) selon
l'une des revendications précédentes, lesdits panneaux étant disposés de manière jointive
essentiellement dans le même plan et avec, pour chaque panneau, au moins deux bords
disposés chacun en face d'un bord correspondant d'un autre desdits panneaux avec,
pour au moins une paire de bords en face à face, au moins une, préférentiellement
deux chevilles (30) coopérant par engagement avec les trous correspondants (18) de
ladite paire de bords, la paroi comprenant également au moins une platine (24, 40)
comprenant au moins deux trous et disposée à cheval le long de deux bords alignés
de deux desdits panneaux, de part et d'autre de ladite paire de bords en face à face,
les trous de la platine étant positionnés de manière à être traversés, chacun, par
une cheville (30) coopérant avec un trou (18) d'un des deux bords alignés, à proximité
de la jonction de ladite paire de bords en face à face.
12. Paroi isolante et résistante au feu selon la revendication précédente, caractérisée en ce que la platine (24) comprend une partie en équerre destinée à être fixée préférentiellement
par vissage à un mur ou une paroi en vis-à-vis des faces des panneaux opposées à celles
recouvertes de la tôle métallique (10).
13. Paroi isolante et résistante au feu selon la revendication 11, caractérisée en ce que la platine (40) est généralement plane et comprend un trou à distance des faces des
panneaux opposées à celles recouvertes de la tôle métallique (10), et destiné à coopérer
avec des moyens de fixation (38) suspendus à un plafond.
14. Paroi isolante et résistante au feu selon l'une des revendications 11 à 13 et la revendication
4, caractérisée en ce qu'un joint (28) est disposé entre les deux bords repliés et en face à face des tôles
métalliques (10) de deux panneaux jointifs, à proximité de la surface extérieure desdites
tôles, les vis de fixation (14) desdits bords repliés étant à distance des arêtes
correspondantes de manière à ménager la place nécessaire pour ledit joint.
15. Paroi isolante et résistante au feu selon la revendication précédente, caractérisée en ce que le joint (28) est en matériau résistant au feu et est de section circulaire mis en
place par insertion ou est appliqué par extrusion.