[0001] L'invention concerne un acier martensitique durci par un système duplex, c'est-à-dire
par une précipitation de composés intermétalliques et de carbures obtenue grâce à
une composition de l'acier et un traitement thermique de vieillissement appropriés.
[0002] Ce type d'acier propose :
- une très haute résistance mécanique, mais en même temps une ténacité et une ductilité
élevées, autrement dit une faible sensibilité à la rupture fragile ; cette très haute
résistance subsiste à chaud, jusqu'à des températures de l'ordre de 400°C ;
- de bonnes propriétés en fatigue, ce qui implique notamment l'absence d'inclusions
nocives telles que des nitrures et des oxydes ; cette caractéristique doit être obtenue
par une composition appropriée et des conditions d'élaboration du métal liquide soignées.
[0003] De plus, il est cémentable et nitrurable, de manière à pouvoir durcir sa surface
pour lui conférer une bonne résistance à l'abrasion et en frottement lubrifié.
[0004] Les applications envisageables de cet acier concernent tous les domaines de la mécanique
où sont requises des pièces de structure ou de transmission qui doivent combiner de
très fortes charges, sous sollicitations dynamiques et en présence d'échauffement
induit ou environnant. On citera, de manière non exhaustive, les arbres de transmission,
les arbres de boîte de vitesse, les axes de roulements,...
[0005] La demande d'une excellente résistance mécanique à chaud empêche d'utiliser, dans
certaines applications, les aciers au carbone ou les aciers dits « faiblement alliés
» dont la résistance se dégrade à partir de 200°C. En outre, la ténacité de ces aciers
n'est généralement plus satisfaisante lorsqu'ils sont traités pour des niveaux de
résistance mécanique supérieurs à 2000 MPa, et, d'une manière générale, leur limite
élastique « vraie » est bien inférieure à leur résistance maximale mesurée à l'essai
de traction : la limite élastique est donc un critère dimensionnant qui devient pénalisant
dans ce cas. On peut alors utiliser les aciers maraging, dont la limite élastique
est notablement plus proche de leur valeur maximale de résistance à la traction, qui
ont une résistance satisfaisante jusqu'à 350-400°C, et qui offrent encore une bonne
ténacité pour les très hauts niveaux de résistance mécanique. Mais ces aciers maraging
contiennent assez systématiquement des teneurs élevées en nickel, cobalt et molybdène,
tous éléments qui sont coûteux et sujets à des variations notables de leur cote sur
le marché des matières premières. Ils contiennent aussi du titane, utilisé pour sa
forte contribution au durcissement secondaire, mais qui est principalement en cause
dans l'abaissement de la tenue en fatigue des aciers maraging dû au nitrure TiN, dont
il est quasiment impossible d'éviter la formation lors de l'élaboration d'aciers n'en
contenant même seulement que quelques dixièmes de pourcents.
[0006] Il a été proposé dans
US-A-5,393,488 une composition d'acier à durcissement secondaire sans addition de titane, visant
à améliorer la tenue à chaud et surtout à améliorer les propriétés en fatigue, la
ductilité et la ténacité. Cette composition a l'inconvénient d'exiger une teneur en
Co élevée (8 à 16%), ce qui rend l'acier très coûteux. (NB : dans le présent texte,
toutes les teneurs des différents éléments sont exprimées en % pondéraux).
[0007] Dans le document
WO-A-2006/114499, on a proposé une composition d'acier martensitique durci et une suite de traitements
thermiques optimisée adaptée à cette composition qui, par rapport à l'art antérieur
représenté par
US-A-5,393,388, présentait l'avantage de n'exiger qu'une teneur plus réduite en cobalt, soit entre
5 et 7%. En ajustant les teneurs des autres éléments et les paramètres des traitements
thermiques en conséquence, il a été possible d'obtenir des pièces proposant un ensemble
de propriétés mécaniques très satisfaisantes, notamment pour les applications aéronautiques.
Ce sont, notamment, une résistance à la traction à froid comprise entre 2200 MPa et
2350 MPa, une ductilité et une résilience au moins égales à celles des meilleurs aciers
à haute résistance, et à chaud (400°C) une résistance à la traction de l'ordre de
1800 MPa, ainsi que des propriétés de fatigue optimales.
[0008] Cet acier est dit « à durcissement duplex », car son durcissement est obtenu par
la précipitation durcissante simultanée de composés intermétalliques et de carbures
de type M
2C.
[0009] Toutefois, cet acier contient toujours des quantités de cobalt relativement importantes.
Cet élément étant de toute façon onéreux et son prix étant susceptible de subir des
fluctuations importantes sur le marché des matières premières, il serait important
de trouver des moyens de réduire encore très sensiblement sa présence, notamment dans
les matériaux destinés à des applications mécaniques plus courantes que les applications
aéronautiques.
[0010] Les aciers tels que proposés dans
WO-A-2006/114499 et
US-A-5 393 488 permettent d'obtenir une bonne résilience mais pour certaines applications celle-ci
peut s'avérer insuffisante.
[0011] Pour ces mêmes applications il est également demandé d'obtenir une résistance à la
traction (Rm) très élevée.
[0012] Le but de l'invention est de proposer un acier utilisable, notamment, pour fabriquer
des pièces mécaniques telles que des arbres de transmission, ou des éléments de structure,
présentant une résilience plus élevée tout en présentant une résistance mécanique
importante. Cet acier devrait également avoir un coût de production plus faible que
les aciers les plus performants connus actuellement pour ces usages, grâce, en particulier,
à une teneur en cobalt significativement plus réduite.
[0013] A cet effet, l'invention a pour objet un acier caractérisé en ce que sa composition
est, en pourcentages pondéraux :
- C = 0,18 - 0,30%
- Co = 1,5 - 4 %, de préférence 2 - 3%
- Cr = 2 - 5%
- Al = 1 - 2%
- Mo + W/2 = 1 - 4%
- V = traces - 0,3%
- Nb = traces - 0,1%
- B = traces - 30 ppm
- Ni = 11 - 16% avec Ni ≥ 7 + 3,5 Al
- Si = traces - 1,0%
- Mn = traces - 2,0%
- Ca = traces - 20 ppm
- Terres rares = traces - 100 ppm
- si N ≤ 10 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 100 ppm avec Ti + Zr/2 ≤ 10 N
- si 10 ppm < N ≤ 20 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 150 ppm
- O = traces - 50 ppm
- N = traces - 20 ppm
- S = traces - 20 ppm
- Cu = traces - 1 %
- P = traces - 200 ppm
le reste étant du fer et des impuretés inévitables résultant de l'élaboration.
[0014] Il contient de préférence C = 0,20 - 0,25%.
[0015] Il contient de préférence Cr = 2 - 4%.
[0016] Il contient de préférence Al = 1 - 1,6%, mieux 1,4 - 1,6%.
[0017] Il contient de préférence Mo ≥ 1%.
[0018] Il contient de préférence Mo + W/2 = 1 - 2%.
[0019] Il contient de préférence V = 0,2 - 0,3%.
[0020] Il contient de préférence Ni = 12 - 14%, avec Ni ≥ 7 + 3,5 Al.
[0021] Il contient de préférence Nb = traces - 0,05%
[0022] Il contient de préférence Si = traces - 0,25%, mieux traces - 0,10%.
[0023] Il contient de préférence O = traces - 10 ppm.
[0024] Il contient de préférence N = traces - 10 ppm.
[0025] Il contient de préférence S = traces - 10 ppm, mieux traces - 5 ppm.
[0026] Il contient de préférence P = traces - 100 ppm.
[0027] Sa température de transformation martensitique Ms mesurée est de préférence supérieure
ou égale à 100°C.
[0028] Sa température de transformation martensitique Ms mesurée peut être supérieure ou
égale à 140°C.
[0029] L'invention a aussi pour objet un procédé de fabrication d'une pièce en acier, caractérisé
en ce qu'il comporte les étapes suivantes précédant le parachèvement de la pièce lui
procurant sa forme définitive :
- la préparation d'un acier ayant la composition précédente ;
- au moins une opération de mise en forme de cet acier ;
- un revenu d'adoucissement à 600-675°C pendant 4 à 20h suivi d'un refroidissement à
l'air ;
- une mise en solution à 900-1000°C pendant au moins 1h, suivie par un refroidissement
à l'huile ou à l'air suffisamment rapide pour éviter la précipitation de carbures
intergranulaires dans la matrice d'austénite ;
- un vieillissement de durcissement à 475-600°C, de préférence de 490-525°C pendant
5-20h.
[0030] Il comporte en outre de préférence un traitement cryogénique à -50°C ou plus bas,
de préférence entre -80°C et 100°C ou plus bas mais pas en dessous de -110°C, pour
transformer toute l'austénite en martensite, la température étant inférieure de 150°C
ou davantage à Ms mesurée, au moins un desdits traitements durant entre 4h et 50h
et de préférence entre 4h et 10h.
[0031] Il comporte en outre de préférence un traitement d'adoucissement de la martensite
brute de trempe effectué à 150-250°C pendant 4-16h, suivi par un refroidissement à
l'air calme.
[0032] La pièce subit également de préférence une cémentation, ou une nitruration, ou une
carbonitruration .
[0033] La nitruration, ou la cémentation, ou la carbonitruration, peut être effectuée lors
d'un cycle de vieillissement.
[0034] Une nitruration peut être effectuée entre 475 et 600°C.
[0035] Ladite nitruration ou cémentation ou carbonitruration peut être effectuée lors d'un
cycle thermique préalablement ou simultanément à ladite mise en solution.
[0036] L'invention a également pour objet une pièce mécanique ou pièce pour élément de structure,
caractérisée en ce qu'elle est fabriquée selon le procédé précédent.
[0037] Il peut s'agir notamment d'un arbre de transmission de moteur, ou d'un dispositif
de suspension de moteur ou d'un élément d'atterrisseur ou d'un élément de boîte de
vitesses ou d'un axe de roulement.
[0038] Comme on l'aura compris, l'invention repose d'abord sur une composition d'acier qui
se distingue de l'art antérieur représenté par
WO-A-2006/114499 notamment par une teneur en Co plus faible mais restant significative, comprise entre
1,5 et 4 %. Les teneurs des autres éléments d'alliage significativement présents les
plus courants ne sont que peu modifiées, mais certaines teneurs en impuretés doivent
être maîtrisées avec soin.
[0039] Le Co est un élément coûteux dont on a réduit significativement la teneur par rapport
à l'art antérieur, sans toutefois le supprimer ou le porter à un très bas niveau.
L'acier selon l'invention contient, de manière générale, assez peu d'éléments d'addition
coûteux, mis à part le nickel dont la teneur n'est cependant pas augmentée par rapport
à l'art antérieur. Mais, il est nécessaire d'apporter un soin particulier lors de
l'élaboration, afin de limiter la teneur en azote à 20 ppm au maximum pour éviter
autant que possible la formation de nitrures d'aluminium. Les teneurs maximales en
titane et zirconium doivent aussi être limitées en conséquence pour éviter qu'ils
ne forment des nitrures avec l'azote résiduel.
[0040] L'acier de l'invention peut être usiné à l'état trempé, avec des outils adaptés à
une dureté de 45HRC. Il est intermédiaire entre les maragings (usinables bruts de
trempe puisqu'ils ont une martensite douce à bas carbone) et les aciers au carbone
qui doivent être usinés essentiellement à l'état recuit.
[0041] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit, donnée en
référence à la figure 1 annexée, qui montre, pour des échantillons de diverses compositions,
leur résistance à la traction Rm et leur ténacité Kv.
[0042] Dans les aciers de la classe de ceux de l'invention, on réalise un durcissement «
duplex », c'est-à-dire obtenu conjointement par des intermétalliques de type β-NiAl
et par des carbures de type M
2C, en présence d'austénite de réversion formée/stabilisée par un enrichissement en
nickel obtenu par diffusion lors du vieillissement de durcissement, qui donne de la
ductilité à la structure par formation d'une structure sandwich (quelques % d'austénite
stable et ductile entre les lattes de la martensite durcie).
[0043] Il faut éviter de former des nitrures, de Ti, de Zr et d'Al notamment, qui sont fragilisants
: ils détériorent la ténacité et la tenue en fatigue. Comme ces nitrures peuvent précipiter
dès des teneurs de 1 à quelques ppm de N en présence de Ti, Zr et/ou Al, et que les
moyens d'élaboration conventionnels permettent difficilement d'atteindre moins de
5 ppm de N, l'acier de l'invention respecte les règles suivantes.
[0044] On limite en principe toute addition de Ti (maximum autorisé : 100 ppm), et on limite
N autant que possible. Selon l'invention, la teneur en N ne doit pas dépasser 20 ppm
et, mieux, 10 ppm, et la teneur en Ti ne doit pas dépasser 10 fois la teneur en N.
[0045] Néanmoins, une addition proportionnée de titane en fin d'élaboration au four sous
vide est envisageable en vue de fixer l'azote résiduel et, ainsi, éviter la précipitation
nocive du nitrure AIN. Comme il faut, toutefois, éviter la formation du nitrure TiN
en phase liquide, car il devient grossier (de 5 à 10 µm ou davantage), l'addition
de titane ne peut être pratiquée que pour une teneur résiduelle maximale en azote
de 10 ppm dans le métal liquide, et toujours sans dépasser 10 fois cette valeur résiduelle
en azote. Par exemple, pour une teneur finale de 8 ppm de N en fin d'élaboration,
la teneur limite de l'addition éventuelle en titane est de 80 ppm.
[0046] On peut remplacer partiellement ou totalement Ti par Zr, ces deux éléments se comportant
de façon assez comparable. Leurs masses atomiques étant dans un rapport de 2, si du
Zr est ajouté en plus ou à la place du Ti il faut raisonner sur la somme Ti + Zr/2
et dire que, en même temps que N ≤ 10 ppm :
- Ti + Zr/2 doit toujours être ≤ 100 ppm ;
- et Ti + Zr/2 doit être ≤ 10 N.
[0047] Dans le cas où la teneur en N est supérieure à 10 ppm et inférieure ou égale à 20
ppm, Ti et Zr sont à considérer comme des impuretés à éviter, et la somme Ti + Zr/2
doit être ≤ 150 ppm.
[0048] L'addition éventuelle de terres rares, en fin d'élaboration, peut aussi contribuer
à fixer une fraction de N, outre le S et O. Dans ce cas, il faut s'assurer que la
teneur résiduelle en terres rares sous forme libre reste inférieure ou égale à 100
ppm, et préférentiellement inférieure ou égale à 50 ppm, car ces éléments fragilisent
l'acier lorsqu'ils sont présents au-delà de ces valeurs. On pense que les oxynitrures
de terres rares (par exemple de La) sont moins nocifs que les nitrures de Ti ou Al,
du fait de leur forme globulaire qui les rendrait moins susceptibles de constituer
des amorces de ruptures de fatigue.
[0049] Un traitement au calcium peut être pratiqué en vue de compléter la désoxydation/désulfuration
du métal liquide. Ce traitement est préférentiellement conduit avec les éventuelles
additions de Ti, Zr ou terres rares.
[0050] Le carbure M
2C de Cr, Mo, W et V contenant très peu de Fe est privilégié pour ses propriétés durcissantes
et non fragilisantes. Le carbure M
2C est métastable au regard des carbures d'équilibre M
7C
3 et/ou M
6C et/ou M
23C
6. Il est stabilisé par Mo et W. La somme de la teneur en Mo et de la moitié de la
teneur en W doit être d'au moins 1%. Il ne faut cependant pas dépasser Mo + W/2 =
4% pour ne pas détériorer la forgeabilité (ou la déformabilité à chaud en général)
et ne pas former des intermétalliques de la phase µ de type Fe
7Mo
6, qui est l'une des phases durcissantes essentielles des aciers maraging classiques
mais n'est pas souhaitée dans l'acier de l'invention. De préférence, Mo + W/2 est
compris entre 1 et 2%. C'est également pour éviter la formation de carbures de Ti
non durcissants et susceptibles de fragiliser les joints de grains qu'une limitation
impérative à 100 ppm de la teneur en Ti des aciers selon l'invention est requise.
[0051] Cr et V sont des éléments qui activent la formation des carbures « métastables ».
[0052] V forme aussi des carbures de type MC, stables jusqu'aux températures de mise en
solution, qui « bloquent » les joints de grains et limitent le grossissement des grains
lors des traitements thermiques à haute température. Il ne faut pas dépasser V = 0,3%
pour ne pas fixer trop de C dans des carbures de V, lors du cycle de mise en solution,
au détriment du carbure M
2C de Cr, Mo, W, V dont on recherche la précipitation lors du cycle de vieillissement
ultérieur. De préférence la teneur en V est comprise entre 0,2 et 0,3%.
[0053] La présence de Cr (au moins 2%) permet de diminuer le taux de carbures de V et d'accroître
le taux de M
2C. Il ne faut pas dépasser 5% pour ne pas trop favoriser la formation des carbures
stables, en particulier M
23C
6. De préférence on ne dépasse pas 4% de Cr.
[0054] La présence de C favorise l'apparition de M
2C par rapport à la phase µ. Mais une teneur excessive cause des ségrégations, un abaissement
de Ms et amène des difficultés lors de la fabrication à l'échelle industrielle : sensibilité
aux tapures (fissurations superficielles lors d'un refroidissement rapide), usinabilité
difficile d'une martensite trop dure à l'état brut de trempe.... Sa teneur doit être
comprise entre 0,20 et 0,30%, de préférence 0,20-0,25%. La couche superficielle des
pièces pourra être enrichie en C par cémentation ou carbonitruration si une très grande
dureté de surface est requise dans les applications envisagées.
[0055] Le cobalt relève quelque peu la température de transition ductile/fragile, ce qui
n'est pas favorable, en particulier dans des compositions à teneurs en nickel plutôt
basses, tandis que, contrairement à ce qui a pu être constaté dans d'autres aciers,
le cobalt ne relève pas de manière évidente le point de transformation Ms des compositions
de l'invention et n'a donc pas d'intérêt manifeste non plus sur ce plan.
[0056] La teneur en Co (5 à 7%) proposée dans les aciers de
WO-A-2006/114499, en combinaison avec les teneurs des autres éléments, résultait de la recherche d'un
compromis entre ces divers avantages et inconvénients.
[0057] Comme on l'a dit, l'invention repose d'abord sur une composition d'acier qui se distingue
de l'art antérieur représenté par
WO-A-2006/114499 notamment par une teneur en Co plus faible, comprise entre 1,5 et 4 %, mieux entre
2 et 3%. Les teneurs des autres éléments d'alliage significativement présents les
plus courants ne sont que peu modifiées, mais certaines teneurs en impuretés doivent
être maîtrisées avec soin, notamment les teneurs en Ti, Zr et N qui affectent la ténacité.
[0058] Dans le contexte d'une exploration de l'effet du Co sur les propriétés mécaniques
de ce type d'acier (Rm et Kv), il a été mis en évidence de manière inattendue que
l'ajustement de la concentration de cet élément permet d'obtenir le meilleur compromis
Résilience / Rm. Cette mise en évidence est illustrée sur la figure 1 sur laquelle
on constate qu'une population de points Rm/Kv est répartie autour d'une courbe polynomiale
d'ordre 3 présentant une inflexion pour des teneurs en Co comprises entre 1,5 et 4
% de Co. Une résilience de l'ordre de 30 joules ou davantage et une Rm supérieur ou
égal à 2140 MPa sont obtenues simultanément dans cet intervalle de teneur en Co.
[0059] Il faut éviter d'avoir une concentration inutilement élevée en Co qui, non seulement
est très onéreux, mais dégrade également la résilience. Il est connu que le Co dégrade
la transition de résilience du Fe pur (
page 52-54 materials Sciences and Technology January 1994 Vol. 10). En effet, comme on l'a dit la présence de Co augmente la température de transition
ductile / fragile. Par ailleurs une teneur en Co supérieure à 1,5 % de Co s'avère
utile pour améliorer le durcissement structural par précipitation de carbure M
2C et ainsi augmenter significativement Rm. De plus, de manière surprenante les inventeurs
ont constaté après plusieurs essais qu'une teneur en Co comprise entre environ 1,5
et 4 %, mieux entre 2 et 3%, améliore significativement la résistance mécanique pratiquement
sans dégrader la résilience, comparativement à une nuance à très basse teneur en Co
(< 1 %) dont la composition serait, par ailleurs, identique.
[0060] Ni et Al sont liés dans l'invention, où Ni doit être ≥ 7 + 3,5 Al. Ce sont les deux
éléments essentiels qui participent à une bonne part du durcissement par vieillissement,
grâce à la précipitation de la phase intermétallique nanométrique de type B2 (NiAl
par exemple). C'est cette phase qui confère une large part de la résistance mécanique
à chaud, jusqu'à environ 400°C. Le nickel est aussi l'élément qui réduit la fragilité
par clivage car il abaisse la température de transition ductile/fragile des martensites.
Si Al est trop élevé par rapport à Ni, la matrice martensitique est trop fortement
appauvrie en nickel à la suite de la précipitation du précipité durcissant NiAl lors
du vieillissement. Cela est dommageable pour les critères de ténacité et de ductilité,
car l'abaissement de la teneur en nickel dans la phase martensitique conduit au relèvement
de sa température de transition ductile/fragile, donc à sa fragilisation à des températures
voisines de l'ambiante. En outre, le nickel favorise la formation d'austénite de réversion
et/ou stabilise la fraction d'austénite résiduelle (éventuellement présente), lors
du cycle de vieillissement. Ces mécanismes sont favorables aux critères de ductilité
et de ténacité, mais aussi de stabilité structurale de l'acier. Si la matrice vieillie
est trop appauvrie en nickel, ces mécanismes vertueux sont minorés ou inhibés : on
n'a plus de potentiel d'austénite de réversion. A l'inverse, si on a trop de Ni, on
réduit exagérément le taux de phase durcissante de type NiAl en exagérant le taux
d'austénite de réversion dans laquelle Al reste largement en solution.
[0061] En fin de trempe, il ne faut pas avoir d'austénite résiduelle (<3%), et il faut se
retrouver avec une structure essentiellement martensitique. A cet effet, il faut ajuster
les conditions de la trempe, en particulier la température de fin de refroidissement,
et aussi la composition de l'acier. Cette dernière détermine la température Ms de
début de transformation martensitique qui, selon l'invention, doit de préférence rester
égale ou supérieure à 140°C si on ne pratique pas de cycle cryogénique, et doit de
préférence être comprise entre 100 et 140°C si on pratique un cycle cryogénique.
[0062] Ms est habituellement calculée selon la formule classique de la littérature : Ms
= 550 - 350 x C% - 40 x Mn% - 17 x Cr% - 10 x Mo% - 17 x Ni% - 8 x W% - 35 x V% -
10 x Cu% - 10 x Co% + 30 x Al% °C. Toutefois, l'expérience montre que cette formule
n'est que très approximative, en particulier parce que les effets du Co et de Al sont
très variables d'un type d'acier à l'autre. Pour savoir si un acier est conforme ou
non à l'invention, il faut donc se baser sur des mesures de la température Ms réelle,
effectuées par exemple par dilatométrie comme cela est classique. La teneur en Ni
est une des variables d'ajustement possibles de Ms.
[0063] La température de fin de refroidissement après trempe doit être inférieure à Ms réelle
-150°C, préférentiellement inférieure à Ms réelle -200°C, afin d'assurer une pleine
transformation martensitique de l'acier. La température de fin de refroidissement
doit donc être inférieure à la température Mf mesurée de fin de transformation martensitique
de l'acier. Pour les compositions les plus enrichies en C et Ni en particulier, un
traitement cryogénique peut être appliqué immédiatement à la suite d'un refroidissement
à température ambiante depuis la température de mise en solution. La vitesse globale
de refroidissement doit être la plus élevée possible de façon à éviter les mécanismes
de stabilisation de l'austénite résiduelle riche en carbone. Il n'est cependant pas
utile de rechercher des températures cryogéniques inférieures à -110°C car l'agitation
thermique de la structure y devient insuffisante pour produire la transformation martensitique.
D'une façon générale, il est préférable que la valeur Ms de l'acier soit comprise
entre 100 et 140°C si on applique un cycle cryogénique, et supérieure ou égale à 140°C
en l'absence de ce cycle cryogénique. Tel que déjà appliqué pour des aciers martensitiques
durcis par un système duplex et tel que déjà connu de
WO-A-2006/114499, la durée du cycle cryogénique, si nécessaire, est comprise entre 4 et 50 heures,
préférentiellement de 4 à 16 heures, et encore préférentiellement de 4 à 10 heures.
On peut pratiquer plusieurs cycles cryogéniques, l'essentiel étant qu'au moins l'un
d'entre eux ait les caractéristiques précitées.
[0064] Concrètement, on doit avoir Al = 1-2%, de préférence 1-1,6%, mieux 1,4-1,6%, et Ni
= 11-16%, avec Ni ≥ 7 + 3,5 Al. Idéalement on a 1,5% d'Al et 12-14% de Ni. Ces conditions
favorisent la présence de NiAl ce qui augmente la résistance à la traction Rm, dont
on constate également qu'elle n'est pas trop détériorée par la faible teneur en Co
si les autres conditions de l'invention sont réunies. La limite élastique R
p0,2 est influencée de la même façon que Rm.
[0065] Par rapport aux aciers connus de
US-A-5 393 488, où on recherche une présence très élevée d'austénite de réversion pour avoir une
ductilité et une ténacité élevée, les aciers de la classe de l'invention privilégient
la présence des phases durcissantes B2, notamment NiAl, pour obtenir une résistance
mécanique élevée à chaud. Le respect des conditions sur Ni et Al qui ont été données
assure une teneur potentielle suffisante d'austénite de réversion pour conserver une
ductilité et une ténacité convenables pour les applications envisagées.
[0066] Il est possible d'ajouter du B, mais pas plus de 30ppm pour ne pas dégrader les propriétés
de l'acier.
[0067] Il est également possible d'ajouter du Nb pour contrôler la taille des grains lors
d'un forgeage ou d'une autre transformation à chaud, à une teneur ne dépassant pas
0,1%. L'acier, selon l'invention accepte donc des matières premières pouvant contenir
des teneurs résiduelles en Nb non négligeables.
[0068] Une caractéristique des aciers de la classe de l'invention est aussi la possibilité
de remplacer au moins une partie de Mo par W. A fraction atomique équivalente, W ségrège
moins à la solidification que Mo et apporte un surcroît de tenue mécanique à chaud.
Il a l'inconvénient d'être coûteux et on peut optimiser ce coût en l'associant à Mo.
Comme on l'a dit, Mo + W/2 doit être compris entre 1 et 4%, de préférence entre 1
et 2%. On préfère conserver une teneur minimale en Mo de 1% pour limiter le coût de
l'acier, d'autant que la tenue à haute température n'est pas un objectif prioritaire
de l'acier de l'invention.
[0069] Cu peut aller jusqu'à 1%. Il est susceptible de participer au durcissement à l'aide
de sa phase epsilon, et la présence de Ni permet de limiter ses effets nocifs, en
particulier l'apparition de criques superficielles lors du forgeage des pièces, que
l'on constate lors d'additions de cuivre dans des aciers ne contenant pas de nickel.
Mais sa présence n'a rien d'indispensable et il peut n'être présent qu'à l'état de
traces résiduelles, issues des pollutions des matières premières.
[0070] Le manganèse n'est a priori pas utile à l'obtention des propriétés de l'acier visées,
mais il n'a pas d'effet néfaste reconnu. En outre, sa faible tension de vapeur aux
températures de l'acier liquide fait que sa concentration est difficilement maîtrisable
en élaboration sous vide et refusion sous vide : sa teneur peut varier en fonction
de la localisation radiale et axiale dans un lingot refondu. Comme il est souvent
présent dans les matières premières, et pour les raisons ci-dessus, sa teneur sera
préférentiellement au plus de 0,25%, et en tous cas limitée à 2% au plus, car de trop
fortes variations de sa concentration dans un même produit nuiront à la répétitivité
des propriétés.
[0071] Le silicium est connu pour avoir un effet de durcissement en solution solide de la
ferrite et, à l'instar du cobalt, pour diminuer la solubilité de certains éléments
ou de certaines phases dans la ferrite. Néanmoins, comme on l'a vu, l'acier de l'invention
ne comporte que relativement peu de cobalt, et il peut se passer de silicium, d'autant
plus que, en outre, le silicium favorise généralement la précipitation de phases intermétalliques
néfastes dans les aciers complexes (phase de Laves, siliciures...). Sa teneur sera
limitée à 1%, préférentiellement à moins de 0,25% et encore préférentiellement à moins
de 0,1%.
[0072] De manière générale, les éléments pouvant ségréger aux joints de grains et les fragiliser,
comme P et S, doivent être contrôlés dans les limites suivantes : S = traces - 20ppm,
de préférence traces - 10ppm, mieux traces - 5ppm, et P = traces - 200ppm, de préférence
traces - 100ppm, mieux traces - 50 ppm.
[0073] On peut utiliser Ca comme désoxydant et comme capteur de soufre, en le retrouvant
résiduellement au final (≤ 20ppm). De même, des résidus de terres rares peuvent subsister
au final (≤ 100ppm) à la suite d'un traitement d'affinage du métal liquide où elles
auraient été utilisées pour capter O, S et/ou N. L'utilisation de Ca et de terres
rares à ces effets n'étant pas obligatoire, ces éléments peuvent n'être présents qu'à
l'état de traces dans les aciers de l'invention.
[0074] La teneur en oxygène acceptable est de 50 ppm au maximum, de préférence 10 ppm au
maximum.
[0075] A titre d'exemples, on a testé des échantillons d'acier dont les compositions (en
pourcentages pondéraux) sont reportées dans le tableau 1 :
Tableau 1 : Composition des échantillons testés
| |
|
Domaine de l'Invention |
|
| |
A (réf.) |
B (réf.) |
C |
D |
E |
F |
G |
H |
I |
J |
K(réf.) |
| C% |
0,233 |
0,239 |
0,22 |
0,23 |
0,24 |
0,21 |
0,24 |
0,22 |
0,18 |
0,23 |
0,21 |
| Si% |
0,082 |
0,031 |
0,029 |
0,033 |
0,041 |
0,045 |
0,053 |
0,036 |
0,065 |
0,30 |
0,052 |
| Mn% |
0,026 |
0,033 |
0,032 |
0 ,035 |
0,028 |
0,035 |
0,039 |
0,041 |
0,38 |
0,052 |
0,061 |
| S ppm |
1 |
4 |
7 |
4 |
6 |
7 |
3 |
8 |
10 |
5 |
4 |
| P ppm |
54 |
30 |
29 |
31 |
30 |
25 |
15 |
28 |
80 |
45 |
29 |
| Ni% |
13,43 |
12,67 |
13,31 |
12,42 |
12,30 |
14,11 |
12,99 |
12,70 |
15,10 |
11,25 |
12,91 |
| Cr% |
2,76 |
3,38 |
2,99 |
3,05 |
3,21 |
3,19 |
2,95 |
3,25 |
3,17 |
3,17 |
2,89 |
| Mo% |
1,44 |
1,52 |
1,61 |
1,52 |
1,49 |
1,46 |
1,47 |
1,51 |
1,48 |
1,55 |
1,46 |
| Al% |
0,962 |
1,50 |
1,45 |
1,50 |
1,60 |
1,54 |
1,46 |
1,49 |
1,53 |
1,48 |
1,39 |
| Co% |
10,25 |
6,18 |
3,93 |
3,50 |
3,02 |
2,98 |
2,56 |
2,30 |
2,02 |
1,72 |
0,5 |
| Cu% |
0,014 |
0,011 |
<0,010 |
0,011 |
0,010 |
<0,010 |
0,025 |
0,35 |
0,052 |
0,061 |
0,032 |
| Ti% |
<0.02 |
<0,020 |
<0,020 |
<0,020 |
<0,020 |
<0,020 |
0,025 |
< 0,02 |
<0,02 |
<0,02 |
<0,02 |
| Nb% |
<0.05 |
<0,005 0 |
<0,005 0 |
0,050 |
<0,005 0 |
0,015 |
< 0,005 |
<0,005 |
<0,005 |
<0,005 |
<0.005 |
| B ppm |
<10 |
<5 |
<5 |
<5 |
<5 |
<5 |
<5 |
28 |
15 |
<5 |
<5 |
| Ca pm |
<50 |
<50 |
<50 |
<50 |
<50 |
60 |
< 50 |
< 50 |
< 50 |
< 50 |
<50 |
| N ppm |
<3 |
13 |
4 |
7 |
5 |
10 |
6 |
3 |
6 |
< 3 |
<3 |
| O ppm |
<3 |
3,4 |
4 |
3 |
10 |
15 |
< 3 |
12 |
<3 |
20 |
6 |
| V% |
<0,01 |
0,245 |
0,251 |
<0,010 |
0,248 |
0,243 |
<0 ,010 |
0,115 |
0,292 |
0,241 |
<0,010 |
[0076] Les éléments non cités dans le tableau ne sont présents au plus qu'à l'état de traces
résultant de l'élaboration.
[0077] L'acier de référence A correspond à un acier selon
US-A-5 393 488, ayant donc une teneur en Co élevée.
[0078] L'acier de référence B correspond à un acier selon WO-A-2006 / 114 499, il se distingue
de A par une teneur en Co plus faible et une teneur en Al plus élevée.
[0079] Les aciers C à J sont conformes à l'invention à tous points de vue, notamment par
leur teneur en Co, significativement plus faible que celle de l'acier B, mais qui
reste néanmoins sensiblement supérieure à une simple teneur résiduelle et est obtenue
par un ajout délibéré au cours de l'élaboration.
[0080] L'acier C se distingue de l'acier de référence B essentiellement par une teneur en
Co plus faible.
[0081] L'acier D se distingue de C par une teneur Co légèrement plus faible pour une teneur
en Ni plus faible, et par l'absence de V qui n'est présent qu'à l'état de traces.
[0082] L'acier E se distingue de D par une teneur Co encore plus faible que celle de D et
par une teneur en V à un niveau comparable à l'acier C.
[0083] L'acier F se distingue de C, D, E essentiellement par une teneur légèrement supérieure
en Ni, sa teneur en Co étant comparable à celle de l'acier E.
[0084] L'acier G se distingue des aciers C à F par une teneur en Co encore réduite et ne
comporte pas de V.
[0085] L'acier H se distingue de l'acier G par une baisse encore accentuée de la teneur
en Co et par une teneur significativement plus élevée en Bore.
[0086] L'acier I se distingue de l'acier H par un abaissement encore accentué de la teneur
en Co, et par une plus basse teneur en C associée à une teneur plus élevée en Ni.
[0087] L'acier J est celui dont la composition la teneur en Co la plus faible, tout en correspondant
à une addition volontaire et qui demeure conforme à l'invention. Il a également la
plus faible teneur en Ni et comporte du V.
[0088] L'acier de référence K à une teneur en Co faible et en dessous du minimum exigé par
l'invention. Il est comparable sur les autres points aux aciers selon l'invention
sans V et B et à très bas N.
[0089] Ces échantillons ont été forgés à partir de lingots de 200kg en éléments plats de
75 x 35mm dans les conditions suivantes. Un traitement d'homogénéisation d'au moins
16 heures à 1250°C est suivi d'une première opération de forgeage destinée à fractionner
les structures grossières des lingots ; des demi-produits de section carrée de 75
x 75 mm ont ensuite été forgés après une remise en température à 1180°C; finalement,
chaque demi-produit a été placé dans un four à 950°C, puis a été forgé à cette température
sous la forme d'éléments plats de 75 x 35 mm dont la structure granulaire est affinée
par ces opérations successives.
[0090] De plus, les échantillons ont subi un revenu d'adoucissement à une température d'au
moins 600°C. En l'occurrence, ce revenu d'adoucissement a été effectué à 650°C pendant
8h et suivi d'un refroidissement à l'air. Grâce à cela, les produits bruts de transformations
thermomécaniques peuvent subir sans problèmes particuliers les opérations de parachèvement
(redressage, écroûtage, usinage...) conférant à la pièce sa forme définitive. On remarquera
que le revenu d'adoucissement n'apporte pas de contribution pour l'obtention des caractéristiques
mécaniques finales.
[0091] Après le forgeage, les échantillons ont subi :
- une mise en solution à 900°C pendant 1h puis un refroidissement par trempe à l'huile
;
- de manière connue en soi et tel que déjà appliqué pour des aciers martensitiques durcis
par un système duplex comme par exemple l'acier de WO-A-2006/114499: un traitement cryogénique à - 80°C pendant 8h pour les échantillons A, B, C, E,
G, I ,J et K ; les échantillons D et H ont subi un traitement cryogénique à - 90°C
pendant 7h et l'échantillon F un traitement à - 100°C pendant 6h ;
- un revenu de détente de 16h à 200°C ;
- un vieillissement de durcissement à 500°C pendant 10h puis un refroidissement à l'air.
[0092] Les propriétés des échantillons (résistance à la traction Rm en sens long, limite
élastique Rp
0,2, élongation A5d, striction Z, résilience KV, taille du grain ASTM) sont reportées
dans le tableau 2. Elles sont ici mesurées à la température ambiante normale.
Tableau 2 : Propriétés des échantillons testés
| |
|
Co |
Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A5d (%) |
Z (%) |
KV (J) |
Grain ASTM |
| |
A |
10,25 |
2176 |
1956 |
11,2 |
58 |
25/27 |
8 |
| Réf. |
B |
6,18 |
2316 |
2135 |
9,5 |
49 |
20/24 |
8 |
| |
C |
3,93 |
2220 |
2030 |
10,1 |
52 |
29 |
7 |
| |
D |
3,50 |
2208 |
2011 |
10,3 |
55 |
31 |
9 |
| Inv. |
E |
3,02 |
2200 |
1998 |
10,3 |
55 |
30 |
8 |
| |
F |
2,98 |
2140 |
1935 |
10,9 |
61 |
32 |
7 |
| |
G |
2,56 |
2188 |
1975 |
10,7 |
60 |
31 |
7 |
| |
H |
2,30 |
2150 |
1945 |
10,6 |
61 |
33 |
8 |
| |
I |
2,02 |
2185 |
1970 |
10,4 |
59 |
31 |
7 |
| |
J |
1,72 |
2170 |
1943 |
10,4 |
60 |
33 |
8 |
| Réf. |
K |
0,5 |
2085 |
1891 |
11,1 |
62 |
34 |
7 |
[0093] On voit que les échantillons selon l'invention C à J ont des propriétés en traction
qui sont comparables à A et B mais aussi une résilience nettement améliorée due à
l'abaissement significatif de la teneur en Co.
[0094] Par ailleurs, les inventeurs constatent après plusieurs essais qu'une teneur en Co
comprise entre environ 1,5 et 4 % améliore significativement la résistance mécanique,
pratiquement sans dégrader la résilience comparativement à l'échantillon de référence
K à 0,5% de Co. L'échantillon K à moins de 1,5 % de Co permet de maintenir une résilience
aussi bonne, mais avec une résistance à la traction amoindrie.
[0095] Il a été mis en évidence de manière inattendue que la concentration de Co selon l'invention
permet d'obtenir le meilleur compromis Résilience / Rm. Cette mise en évidence est
illustrée sur la figure 1 sur laquelle on constate qu'une population de points Rm/Kv
est répartie autour d'une courbe polynomiale d'ordre 3 présentant une inflexion entre
1,5 et 4 % de Co. Une résilience de l'ordre de 30 joules ou davantage et un Rm supérieur
ou égal à 2140 MPa sont obtenus dans cet intervalle de teneurs en Co.
[0096] Le compromis résistance/résilience recherché pourrait par ailleurs être affiné à
l'aide d'une modification des conditions de vieillissement, mais l'ajustement de la
teneur en Co demeure le paramètre essentiel sur lequel il faut jouer pour obtenir
ce compromis.
[0097] Le durcissement apporté par l'augmentation de l'Al, avec le Ni élevé, pour former
la phase durcissante NiAl, n'est pas proportionnel à la concentration en Al, et dépasser
une valeur de 2 % en Al n'apporte pas de gain significatif sur la résistance à la
traction.
[0098] Les additions de Nb et B des échantillons D et H respectivement ne sont pas nécessaires
pour l'obtention des résistances mécaniques élevées visées prioritairement dans les
aciers de la classe de l'invention. Cependant, l'addition de Nb permet d'affiner la
taille de grain, décrite par l'indice ASTM conventionnel (les valeurs ASTM les plus
élevées correspondant aux grains les plus fins).
[0099] Après le revenu d'adoucissement à 650°C pendant 8h et refroidissement à l'air, une
mise en solution à 935°C pendant 1 heure suivie d'un refroidissement à l'huile, puis
un traitement cryogénique à -80°C pendant 8h ou à -90°C pendant 7h ou encore à -100°C
pendant 6h, puis un détensionnement à 200°C pendant 8h (sur les éprouvettes de traction)
ou 16h (sur les éprouvettes de résilience), puis un vieillissement à 500°C pendant
12h suivi d'un refroidissement à l'air, ont permis d'obtenir en sens long à 20°C un
excellent compromis entre résistance à la traction, ductilité et résilience.
[0100] Des expériences complémentaires montrent qu'en sens travers, les valeurs de résilience
demeurent acceptables. A 400°C, la résistance à la traction demeure très élevée, et
des teneurs en Co relativement faibles sont compatibles avec les propriétés recherchées.
[0101] De manière générale, un mode de traitement thermique optimisé de l'acier selon l'invention
pour l'obtention au final d'une pièce présentant les propriétés souhaitées est, après
la mise en forme de l'ébauche de la pièce et avant le parachèvement procurant à la
pièce sa forme définitive est le suivant :
- un revenu d'adoucissement à 600-675°C pendant 4 à 20h suivi d'un refroidissement à
l'air ;
- une mise en solution à 900-1000°C pendant au moins 1h, suivie par un refroidissement
à l'huile ou à l'air suffisamment rapide pour éviter la précipitation de carbures
intergranulaires dans la matrice d'austénite ;
- si nécessaire, un traitement cryogénique à -50°C ou plus bas, de préférence entre
-80°C et -100°C ou plus bas mais pas en dessous de -110°C, pour transformer toute
l'austénite en martensite, la température étant inférieure de 150°C ou davantage à
Ms, préférentiellement inférieure d'environ 200°C à Ms, un au moins desdits traitements
cryogéniques durant au moins 4h et au plus 50h et de préférence entre 4h et 10h ;
pour les compositions ayant, notamment, une teneur en Ni relativement basse qui conduit
à une température Ms relativement élevée, ce traitement cryogénique est moins utile
; la durée du traitement cryogénique dépendant notamment de la massivité de la pièce
à traiter ;
- optionnellement un traitement d'adoucissement de la martensite brute de trempe effectué
à 150-250°C pendant 4-16h, suivi par un refroidissement l'air calme ;
- un vieillissement de durcissement à 475-600°C, de préférence à 490-525°C pendant 5-20h;
un vieillissement en dessous de 490°C n'est pas toujours recommandé car le carbure
métastable M3C pourrait encore être présent et apporterait une fragilité à la structure; les vieillissements
au-delà de 525°C peuvent provoquer une perte de résistance mécanique par vieillissement,
sans gain notable de ténacité ou de ductilité.
[0102] Dans les exemples qui ont été décrits, les opérations de mise en forme de l'acier
suivant sa coulée et précédant le revenu d'adoucissement et les autres traitements
thermiques ont consisté en un forgeage. Mais d'autres types de traitements thermomécaniques
de mise en forme à chaud et/ou à froid peuvent être exécutés en plus ou à la place
de ce forgeage, en fonction du type de produit final que l'on désire obtenir (pièces
matricées, barres, demi-produits...). On peut notamment citer un ou des laminages,
un matriçage, un estampage... ainsi qu'une combinaison de plusieurs tels traitements.
[0103] Les applications privilégiées de l'acier selon l'invention sont les pièces d'endurance
pour mécanique et éléments de structure, pour lesquelles on doit avoir à froid une
résistance à la traction supérieure à 2150 MPa, combinée à des valeurs de résilience
supérieures à celles des meilleurs aciers à haute résistance, et à chaud (400°C) une
résistance à la traction de l'ordre de 1800 MPa, ainsi que des propriétés de fatigue
optimales.
[0104] L'acier selon l'invention a également pour avantage d'être cémentable, nitrurable
et carbonitrurable. On peut donc conférer aux pièces qui l'utilisent une résistance
à l'abrasion élevée sans affecter ses propriétés à coeur. Cela est particulièrement
avantageux dans les applications envisagées qui ont été citées.
[0105] La cémentation, ou la nitruration, ou la carbonitruration, peut, éventuellement,
être effectuée pendant les traitements thermiques de vieillissement ou de mise en
solution, au lieu d'être effectuée lors d'une étape séparée. En particulier, une nitruration
peut être effectuée entre 475 et 500°C lors d'un cycle de vieillissement.
1. Acier
caractérisé en ce que sa composition est, en pourcentages pondéraux :
- C = 0,18 - 0,30%
- Co = 1,5 - 4%
- Cr = 2 - 5%
- Al = 1 - 2%
- Mo + W/2 = 1 - 4%
- V = traces - 0,3%
- Nb = traces - 0,1%
- B = traces - 30 ppm
- Ni = 11 - 16% avec Ni ≥ 7 + 3,5 Al
- Si = traces - 1,0%
- Mn = traces - 2,0%
- Ca = traces - 20 ppm
- Terres rares = traces - 100 ppm
- si N ≤ 10 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 100 ppm avec Ti + Zr/2 ≤ 10 N
- si 10 ppm < N ≤ 20 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 150 ppm
- O = traces - 50 ppm
- N = traces - 20 ppm
- S = traces - 20 ppm
- Cu = traces - 1 %
- P = traces - 200 ppm
le reste étant du fer et des impuretés inévitables résultant de l'élaboration.
2. Acier selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient entre 2 et 3%Co.
3. Acier selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il contient C = 0,20 - 0,25%.
4. Acier selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il contient Cr = 2 - 4%.
5. Acier selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il contient Al = 1 - 1,6%, de préférence 1,4 - 1,6%.
6. Acier selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il contient Mo ≥ 1%.
7. Acier selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il contient Mo + W/2 = 1 - 2%.
8. Acier selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il contient V = 0,2 - 0,3%.
9. Acier selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il contient Ni = 12 - 14%, avec Ni ≥ 7 + 3,5 Al.
10. Acier selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il contient Nb = traces - 0,05%.
11. Acier selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'il contient Si = traces - 0,25%, de préférence traces - 0,10%.
12. Acier selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce qu'il contient O = traces - 10 ppm.
13. Acier selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé en ce qu'il contient N = traces - 10 ppm.
14. Acier selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé en ce qu'il contient S = traces - 10 ppm, de préférence traces - 5 ppm.
15. Acier selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce qu'il contient P = traces - 100 ppm.
16. Acier selon l'une des revendications 1 à 15, caractérisé en ce que sa température de transformation martensitique Ms mesurée est supérieure ou égale
à 100°C.
17. Acier selon la revendication 16, caractérisé en ce que sa température de transformation martensitique Ms mesurée est supérieure ou égale
à 140°C.
18. Procédé de fabrication d'une pièce en acier,
caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes précédant le parachèvement de la pièce lui procurant
sa forme définitive :
- la préparation d'un acier ayant la composition selon l'une des revendications 1
à 17 ;
- au moins une opération de mise en forme de cet acier ;
- un revenu d'adoucissement à 600-675°C pendant 4 à 20h suivi d'un refroidissement
à l'air ;
- une mise en solution à 900-1000°C pendant au moins 1h, suivie par un refroidissement
à l'huile ou à l'air suffisamment rapide pour éviter la précipitation de carbures
intergranulaires dans la matrice d'austénite ;
- un vieillissement de durcissement à 475-600°C, de préférence de 490-525°C pendant
5-20h.
19. Procédé de fabrication d'une pièce en acier suivant la revendication 18, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un traitement cryogénique à -50°C ou plus bas, de préférence
entre -80°C et -100°C ou plus bas mais pas en dessous de -110°C, pour transformer
toute l'austénite en martensite, la température étant inférieure de 150°C ou davantage
à Ms mesurée, au moins un desdits traitements durant entre 4h et 50h et de préférence
entre 4h et 10h.
20. Procédé de fabrication d'une pièce en acier suivant l'une des revendications 18 ou
19, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un traitement d'adoucissement de la martensite brute de trempe
effectué à 150-250°C pendant 4-16h, suivi par un refroidissement l'air calme.
21. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier suivant l'une des revendications 18 à 20,
caractérisé en ce que la pièce subit également une cémentation ou une nitruration ou une carbonitruration.
22. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier selon la revendication 21, caractérisé en ce que la nitruration ou la cémentation ou la carbonitruration est effectuée lors d'un cycle
de vieillissement.
23. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier selon la revendication 22, caractérisé en ce qu'une nitruration est effectuée entre 475 et 600°C.
24. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier selon l'une des revendications 21 à 23,
caractérisé en ce que ladite nitruration ou cémentation ou carbonitruration est effectuée lors d'un cycle
thermique préalablement ou simultanément à ladite mise en solution.
25. Pièce mécanique ou pièce pour élément de structure, caractérisée en ce qu'elle est fabriquée par le procédé selon l'une des revendications 18 à 24.
26. Pièce mécanique selon la revendication 25, caractérisée en ce qu'il s'agit d'un arbre de transmission de moteur, ou d'un dispositif de suspension de
moteur ou d'un élément d'atterrisseur ou d'un élément de boîte de vitesses ou d'un
axe de roulement.
1. Stahl,
gekennzeichnet dadurch, dass seine Zusammensetzung in Gewichtsprozenten ist:
- C = 0,18 - 0,30%
- Co = 1,5 - 4%
- Cr = 2 - 5%
- Al = 1 - 2%
- Mo + W/2 = 1 - 4%
- V = Spuren - 0,3%
- Nb = Spuren - 0,1%
- B = Spuren - 30 ppm
- Ni = 11 - 16% mit Ni ≥ 7 + 3,5 Al
- Si = Spuren - 1,0%
- Mn = Spuren - 2,0%
- Ca = Spuren - 20 ppm
- Seltenerdmetalle = Spuren - 100 ppm
- falls N ≤ 10 ppm, Ti + Zr/2 = Spuren - 100 ppm mit Ti + Zr/2 ≤ 10 N
- falls 10 ppm < N ≤ 20 ppm, Ti + ZR/2 = Spuren - 150 ppm
- O = Spuren - 50 ppm
- N = Spuren - 20 ppm
- S = Spuren - 20 ppm
- Cu = Spuren - 1%
- P = Spuren - 200 ppm
wobei der Rest aus Eisen und unvermeidbaren Verunreinigungen ist, welche durch die
Verarbeitung resultieren.
2. Stahl gemäß Anspruch 1, gekennzeichnet dadurch, dass er zwischen 2 und 3% Co aufweist.
3. Stahl gemäß dem Anspruch 1 oder 2, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist C = 0,20 - 0,25%.
4. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 3, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist CR = 2 - 4% aufweist.
5. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 4, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Al = 1 - 1,6%, bevorzugt 1,4 - 1,6%.
6. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 5, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Mo ≥ 1%.
7. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 6, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Mo + W/2 = 1 - 2 %.
8. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 7, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist V = 0,2 - 0,3%.
9. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 8, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Ni = 12 - 14% mit Ni ≥ 7 + 3,5 Al.
10. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 9, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Nb = Spuren - 0,05%.
11. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 10, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist Si = Spuren - 0,25%, bevorzugt Spuren - 0,10%.
12. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 11, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist 0 = Spuren - 10 ppm.
13. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 12, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist N = Spuren - 10 ppm.
14. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 13, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist S = Spuren - 10 ppm, bevorzugt Spuren - 5 ppm.
15. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 14, gekennzeichnet dadurch, dass er aufweist P = Spuren - 100 ppm.
16. Stahl gemäß einem der Ansprüche 1 bis 15, gekennzeichnet dadurch, dass seine gemessene Temperatur der martensitischen Umwandlung Ms größer oder gleich 100°C
ist.
17. Stahl gemäß Anspruch 16, gekennzeichnet dadurch, dass seine gemessene Temperatur der martensitischen Umwandlung Ms größer oder gleich 140°C
ist.
18. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl,
gekennzeichnet dadurch, dass es die folgenden Schritte, welche der Vollendung des Teils, die ihm seine definitive
Form verleiht, vorausgehen, aufweist:
- die Vorbereitung eines Stahls, welcher die Zusammensatzung gemäß einem der Ansprüche
1 bis 17 aufweist,
- wenigstens einen Vorgang des Formengebens dieses Stahls,
- ein Anlassen zur Erweichung bei 600-675°C während 4 bis 20 Stunden gefolgt von einem
Abkühlen mittels Luft,
- Lösungsglühen bei 900 - 1000°C während wenigstens 1 Stunde, gefolgt durch ein ausreichend
schnelles Abkühlen mittels Öl oder Luft, um die Ausscheidung von intergranularen Kohlenstoffen
in der Austenitmatrix zu verhindern,
- ein Aushärten bei 475-600°C, bevorzugt von 490-525°C während 5-20 Stunden.
19. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß dem Anspruch 18, gekennzeichnet dadurch, dass es ferner aufweist eine kryogene Behandlung bei -50°C oder weniger, bevorzugt zwischen
-80°C und -100°C oder weniger, jedoch nicht unter - 110°C, zum Umwandeln des gesamten
Austenits in Martensit, wobei die Temperatur geringer als 150°C oder mehr als die
gemessene Ms ist, wobei wenigstens eine der Behandlungen zwischen 4 Stunden und 50
Stunden und bevorzugt zwischen 4 Stunden und 10 Stunden dauert.
20. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß einem der Ansprüche 18 oder
19, gekennzeichnet dadurch, dass es ferner aufweist eine Behandlung zum Erweichen des roh abgekühlten Martensits,
welche bei 150-250°C während 4-16 Stunden durchgeführt wird, gefolgt durch eine Abkühlung
mittels ruhiger Luft.
21. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß einem der Ansprüche 18 bis 20,
gekennzeichnet dadurch, dass das Teil außerdem einer Aufkohlung oder einer Aufstickung oder einer Karbonitrierung
unterzogen wird.
22. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß Anspruch 21, gekennzeichnet dadurch, dass die Aufkohlung oder die Aufstickung oder die Karbonitrierung bei einem Aushärtezyklus
durchgeführt wird.
23. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß Anspruch 22, gekennzeichnet dadurch, dass eine Aufstickung durchgeführt wird zwischen 475 und 600°C.
24. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Stahl gemäß einem der Ansprüche 21 bis 23,
gekennzeichnet dadurch, dass die Aufstickung oder die Aufkohlung oder die Karbonitrierung durchgeführt wird bei
einem thermischen Zyklus vor dem oder gleichzeitig mit dem Lösungsglühen.
25. Mechanisches Teil oder Teil für ein Strukturelement, gekennzeichnet dadurch, dass es mittels des Verfahrens gemäß einem der Ansprüche 18 bis 24 gefertigt ist.
26. Mechanisches Teil gemäß Anspruch 25, gekennzeichnet dadurch, dass es sich um eine Übertragungswelle eines Motors oder um eine Vorrichtung zur Aufhängung
eines Motors oder um ein Element eines Fahrwerks oder um ein Element eines Getriebes
oder eine Lagerachse handelt.
1. A steel
characterized in that its composition is, in weight percentages:
- C = 0.18 - 0.30%
- Co = 1.5 - 4%
- Cr = 2 - 5%
- Al = 1 - 2%
- Mo + W/2 = 1 - 4%
- V = traces - 0.3%
- Nb = traces - 0.1%
- B = traces - 30 ppm
- Ni = 11 - 16% where Ni ≥ 7 + 3.5 Al
- Si = traces - 1.0%
- Mn = traces - 2.0%
- Ca = traces - 20 ppm
- Rare earths = traces - 100 ppm
- if N ≤ 10 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 100 ppm where Ti + Zr/2 ≤ 10 N
- if 10 ppm < N ≤ 20 ppm, Ti + Zr/2 = traces - 150 ppm
- O = traces - 50 ppm
- N = traces - 20 ppm
- S = traces - 20 ppm
- Cu = traces - 1%
- P = traces - 200 ppm
the remainder being iron and inevitable impurities resulting from the smelting.
2. The steel according to claim 1, characterized in that it contains between 2 and 3% of Co.
3. The steel according to claim 1 or 2, characterized in that it contains C = 0.20 - 0.25%.
4. The steel according to any of claims 1 to 3, characterized in that it contains Cr = 2 - 4%.
5. The steel according to any of claims 1 to 4, characterized in that it contains Al = 1 - 1.6%, preferably 1.4 - 1.6%.
6. The steel according to any of claims 1 to 5, characterized in that it contains Mo ≥ 1%.
7. The steel according to any of claims 1 to 6, characterized in that it contains Mo + W/2 = 1 - 2%.
8. The steel according to any of claims 1 to 7, characterized in that it contains V = 0.2 - 0.3%.
9. The steel according to any of claims 1 to 8, characterized in that it contains Ni = 12 - 14%, with Ni ≥ 7 + 3.5 Al.
10. The steel according to any of claims 1 to 9, characterized in that it contains Nb = traces - 0.05%.
11. The steel according to any of claims 1 to 10, characterized in that it contains Si = traces - 0.25%, preferably traces - 0.10%.
12. The steel according to any of claims 1 to 11, characterized in that it contains O = traces - 10 ppm.
13. The steel according to any of claims 1 to 12, characterized in that it contains N = traces - 10 ppm.
14. The steel according to any of claims 1 to 13, characterized in that it contains S = traces - 10 ppm, preferably traces - 5 ppm.
15. The steel according to any of claims 1 to 14, characterized in that it contains P = traces - 100 ppm.
16. The steel according to any of claims 1 to 15, characterized in that its measured martensitic transformation temperature Ms is greater than or equal to
100°C.
17. The steel according to claim 16, characterized in that its measured martensitic transformation temperature Ms is greater than or equal to
140°C.
18. A method for manufacturing a steel part,
characterized in that it includes the following steps preceding the finishing of the part providing it
with its definitive shape:
- preparation of a steel having the composition according to any of claims 1 to 17;
- at least one operation for shaping this steel;
- softening tempering at 600-675°C for 4 to 20hrs by cooling in air;
- solution heat treatment at 900-1,000°C for at least 1hr, followed by sufficiently
fast cooling in oil or air in order to avoid precipitation of intergranular carbides
in the austenite matrix;
- age hardening at 475-600°C, preferably at 490-525°C for 5-20hrs.
19. A method for manufacturing a steel part according to claim 18, characterized in that it further includes a cryogenic treatment at -50°C or lower, preferably between -80°C
and -100°C or lower but not below -110°C, in order to transform all the austenite
into martensite, the temperature being less than the measured Ms by 150°C or more
at, at least one of said treatments lasting between 4hrs and 50hrs and preferably
between 4hrs and 10hrs.
20. The method for manufacturing a steel part according to any of claims 18 or 19, characterized in that it further includes a treatment for softening the crude quenched martensite carried
out at 150-250°C for 4-16hrs, followed by quiet air cooling.
21. The method for manufacturing a steel part according to any of claims 18 to 20, characterized in that the part also undergoes carburization or nitridation or carbonitridation.
22. The method for manufacturing a steel part according to claim 21, characterized in that nitridation or carburization or carbonitridation is carried out during an ageing
cycle.
23. The method for manufacturing a steel part according to claim 22, characterized in that nitridation is carried out between 475 et 600°C.
24. The method for manufacturing a steel part according to any of claims 21 to 23, characterized in that said nitridation or carburization or carbonitridation is carried out during a thermal
cycle before or simultaneously with said solution heat treatment.
25. A mechanical part or part for a structural member, characterized in that it is manufactured by the method according to any of claims 18 to 24.
26. The mechanical part according to claim 25, characterized in that this is an engine transmission shaft, or an engine suspension device or a landing
gear member or a gearbox member or a bearing axle.