[0001] La présente invention concerne un procédé pour l'identification automatique d'objets
ou de matières, par exemple de matières plastiques. Par identification, on entend
l'extraction d'informations concernant la matière ou l'objet, cf.
GB-A-2 119 509
[0002] Ce procédé est notamment applicable au tri et au recyclage de matières provenant
d'objets usagés.
[0003] On connaît des procédés d'identification automatique d'objets ou de matières consistant
à inclure dans ces objets ou matières de faibles concentrations de substances ayant
des propriétés spécifiques de luminescence, à les irradier à l'aide d'un faisceau
lumineux à large spectre de fréquence, à effectuer une analyse spectrophotométrique
de la réponse des substances incluses dans le matière et à les identifier en fonction
de ces réponses, cf.
FR-A-2 901 160.
[0004] Dans leur demande No 06 04578, les Demandeurs ont par exemple proposé un procédé
dans lequel l'analyse spectrophotométrique comporte notamment les étapes suivantes,
après irradiation de l'objet ou de la matière marquée :
- l'envoi des ondes transmises ou réfléchies par l'objet ou la matière sur un élément
dispersif qui les dévie de manière à obtenir un spectre lumineux de l'intensité lumineuse
en différentes zones du spectre correspondant à des plages de longueurs d'ondes différentes,
- la détection de l'intensité lumineuse dans chacune desdites zones,
- la comparaison de cette intensité avec une ou plusieurs valeurs de seuil spécifiquement
attribuées à cette zone et qui ont été préalablement enregistrées en mémoire,
- le résultat de cette comparaison contribuant à la détermination du code d'identité
de la matière.
[0005] Cependant, ce procédé est intrinsèquement limité en capacité de codage d'informations
concernant la matière du fait de l'unicité du type d'excitation. Or il peut être utile
de coder plusieurs types d'informations concernant une matière, par exemple sa composition,
sa voie de recyclage, son fabriquant.
Il est également limité dans le cas de matières fortement colorées ou noires, qui
sont relativement fréquentes. La coloration est due à la présence au sein de la matière
de pigments colorés, notamment de noir de carbone, dans des proportions variables.
Le noir de carbone est utilisé en tant que protecteur contre les rayonnements, principalement
UV, dans les applications extérieures ou comme agent stabilisant et de renforcement.
Son action consiste principalement à absorber les radiations reçues par la matière
pouvant entraîner des dégradations des chaînes polymériques. Cependant, il a également
la propriété d'absorber les radiations qui pourraient être émises notamment dans le
spectre visible par la matière constituant l'objet et/ou les marqueurs inclus, ce
qui explique sa couleur foncée ou noire. Il en résulte que l'excitation par une source
lumineuse n'entraîne pas d'émission spectrale permettant d'extraire facilement des
informations concernant la matière avec de très faibles concentrations de marqueurs
si celle-ci est fortement colorée ou noire.
[0006] L'invention a donc plus particulièrement pour but de résoudre ce problème grâce à
un procédé permettant d'identifier différentes matières indépendamment de leur couleur
avec de très faibles concentrations de marqueurs.
[0007] Selon l'invention, ce procédé comprend les étapes selon la revendication 1.
[0008] Le procédé consiste à soumettre une matière ou un objet à une combinaison de vecteurs
d'excitation différents et non plus seulement à une excitation lumineuse. Les vecteurs
d'excitation peuvent être appliqués de façon simultanée ou en séquence.
[0009] Le procédé d'identification est précédé d'une phase comportant :
- une étape de sélection d'au moins une substance réagissant à au moins un desdits vecteurs
d'excitation en émettant une réponse détectable à distance, lesdites substances étant
prévues pour être incorporées au sein ou à la surface de matières sans modifier de
façon substantielle les propriétés physiques ou chimiques desdites matières,
- une étape d'élaboration d'une table de correspondance consistant en un ensemble de
relations biunivoques entre une combinaison de réponses et une information concernant
ladite matière,
et d'une étape de marquage dans laquelle on incorpore sélectivement au moins une substance
sélectionnée au sein ou à la surface d'une matière, de façon à rendre active ladite
matière ou actifs des objets composés de ladite matière.
[0010] Dans cette phase préalable on sélectionne au moins une substance pouvant être incorporée
dans des matières, par exemple des matières plastiques, à une très faible concentration,
chaque substance S
i possédant une réponse R
i,j à un vecteur d'excitation V
j. Chaque substance n'a pas besoin de répondre à chaque vecteur d'excitation, il suffit
qu'elle réponde à au moins un vecteur d'excitation.
Dans le cas le plus courant, une substance S
i répond au vecteur d'excitation V
i et on a autant de substances que de vecteurs d'excitation. Cependant deux substances
peuvent répondre au même vecteur d'excitation à condition que leurs réponses soient
distinctes, par exemple en fluorescence, à des longueurs d'onde différentes. Le nombre
de substances utilisées dans une matière peut donc être supérieur au nombre de vecteurs
d'excitation. Inversement, le nombre de substances peut être inférieur au nombre de
vecteurs d'excitation dans le cas où une ou plusieurs substances répondrait à des
vecteurs d'excitation différents. La multiplication des vecteurs d'excitation présente
l'intérêt de permettre de faire appel à des familles plus larges de substances et
donc d'élargir le codage.
La très faible concentration utilisée pour les substances est essentielle :
- elle garantit que l'incorporation des substances ne modifiera pas les propriétés physiques
ou chimiques des matières dans lesquelles elles seront incorporées,
- elle dispense des tests de non toxicité,
- les substances utilisées seront difficilement détectables et notamment invisibles
à l'oeil nu,
- le surcoût sera faible.
Les substances pourront être de nature différente :
- des composés chimiques,
- des particules, notamment des nanoparticules, c'est-à-dire des particules ou des structures
dont la taille se mesure en nanomètres.
Les substances pourront être noyées dans la masse ou disposés en surface, par exemple
par imprégnation (par exemple dans un textile, une teinture...), par enduction (dépôt
de vernis, peinture, pulvérisation) sur différents supports, par exemple des pièces
métalliques d'aviation, que ce soit sur l'ensemble de la surface ou ponctuellement
(sérigraphie, dépôt au tampon), ou sous forme d'étiquettes marquées en partie visible
ou non.
Avantageusement, ce revêtement pourra comprendre une zone réfléchissante recouverte
d'une couche transparente contenant des marqueurs. Cette technique permet ainsi d'effectuer
une spectrophotométrie par réflexion qui réduit considérablement les pertes énergétiques.
[0011] Les réponses des substances aux différents vecteurs d'excitation étant connues, il
est possible d'élaborer une table de correspondance entre des combinaisons de substances
et donc de réponses aux excitations et les informations prévues pour les matières
dans lesquelles elles seront incorporées. Par exemple, si on utilise trois substances
S
1, S
2 et S
3 et deux vecteurs d'excitation V
1 et V
2 et si :
- la substance S1 fournit une réponse R1,1 à l'excitation V1,
- la substance S2 fournit une réponse R2,1 à l'excitation V1,
- la substance S3 fournit une réponse R3,2 à l'excitation V2,
on obtient 2
3 - 1 = 7 combinaisons de réponses possibles, et donc une table de correspondance à
7 entrées.
Plus généralement, l'emploi de n substances de marquage dans une matière (n ≥ 1),
soumis à p vecteurs d'excitation (p ≥ 2), en vue d'obtenir r réponses (r ≤ n * p)
permet de bâtir une table de correspondance à 2
r - 1 entrées, et donc de coder pour autant d'informations concernant la matière.
On peut donc aboutir à une grande possibilité de codage d'informations concernant
une matière ou d'un objet incorporant ces matières en multipliant les vecteurs d'excitation
et les substances.
[0012] Dans l'étape de détermination d'une information concernant ladite matière ou dudit
objet :
- on compare lesdites réponses obtenues aux combinaisons de réponses présentes dans
ladite table de correspondance,
- on attribue ladite information lorsque ladite comparaison révèle une identité.
[0013] Les excitations auxquelles la matière est soumise provoquent une ou plusieurs réponses.
Ces réponses sont rapprochées de la table de correspondance entre réponses attendues
et information concernant la matière, ce qui permet par exemple d'identifier cette
matière. Si aucune réponse n'est obtenue, ou si la réponse obtenue ne figure pas dans
la table de correspondance, il ne sera pas possible d'attribuer une information concernant
la matière.
[0014] Dans l'étape d'élaboration de la table de correspondance, on peut ne tenir compte
que de la présence ou de l'absence d'une réponse de substance aux vecteurs d'excitation,
et/ou de l'intensité d'une réponse de substance, par exemple sous la forme d'une pluralité
de seuils de réponse.
[0015] On peut également tenir compte de l'émission spontanée d'une substance sélectionnée
en l'absence de vecteur d'excitation par exemple sous la forme d'émission spontanée
de rayonnement électromagnétique ou de particules, neutres ou chargées, notamment
dans le cas de la radioactivité, ou d'émission de molécules, notamment odoriférantes.
[0016] Avantageusement, on peut, dans l'étape de détection, tenir compte de l'émission de
la matière sous l'effet des vecteurs d'excitation, notamment pour corriger les réponses
obtenues, par exemple pour soustraire le bruit de fond.
[0017] Un grand nombre de vecteurs d'excitation sont envisageables :
- excitation électromagnétique, notamment une excitation optique, par exemple un faisceau
lumineux à large spectre de fréquence, dans l'infra-rouge ou les UV, les rayons X,
- excitation électrique, par exemple sous la forme de l'application d'un champ électrique,
- excitation magnétique, par exemple sous la forme de l'application d'un champ magnétique,
- excitation thermique,
- excitation par flux de particules, notamment d'électrons.
[0018] Avantageusement, les réponses prévues de la part des substances et les réponses obtenues
sont choisies dans la liste comportant :
- émission électromagnétique, notamment une émission lumineuse, fluorescence (visible,
X, UV) ou phosphorescence,
- variation de champ magnétique,
- variation de champ électrique.
Comme indiqué plus haut, ces réponses sont détectables à distance.
[0019] Avantageusement :
- dans l'étape de marquage, on marque les matériaux ou objets avec un marqueur comportant
du vanadate d'Yttrium dopé Europium, à une concentration inférieure à 200 ppm, voire
inférieure à 100 ppm,
- dans l'étape d'excitation, on applique à la matière ou l'objet une excitation électromagnétique
dans la gamme comprise entre 230 et 390 nm, préférentiellement 330-340 nm,
- dans l'étape de détection, on effectue une détection dudit marqueur dans une bande
centrée sur 610-620 nm et une mesure de l'intensité du pic correspondant.
[0020] Le vanadate d'Yttrium dopé Europium excité entre 230 et 390 nm, c'est-à-dire dans
le proche UV, utilisé seul ou en combinaison avec d'autres marqueurs, procure une
réponse centrée sur 610-620 nm exploitable dans les matériaux noirs ou fortement colorés.
Lorsqu'une matière noire ou fortement colorée est excitée dans le proche UV on observe
un bruit de fond relativement important qui nécessite un traitement du signal, par
exemple pour constituer une ligne de base, de façon à extraire et quantifier les réponses.
Lorsque le vanadate d'Yttrium dopé Europium est utilisé en combinaison avec un autre
marqueur, l'un d'eux peut servir de calibrage, on travaille alors en différentiel.
[0021] Le procédé permet de recueillir une ou plusieurs informations concernant une matière
ou un objet, par exemple une propriété chimique, notamment sa composition chimique
et donc d'identifier la matière en cours d'examen ou sa qualité (type, grade). L'information
peut également concerner la fabrication de la matière ou de l'objet, par exemple l'identité
de son fabriquant, son lieu ou sa date de fabrication...
On passe ainsi de la simple identification d'une matière ou d'un objet à son authentification,
c'est à dire être capable de distinguer un objet authentique d'une copie non autorisée,
par exemple dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon.
[0022] Grâce à sa généralité, le procédé est applicable à tous types de matières, notamment
à des matières noires ou fortement colorées, qui absorbent une grande gamme de rayonnements.
[0023] Dans le cas d'une excitation par faisceau lumineux, les données d'identification
pourront comporter la combinaison de marqueurs choisis, les longueurs d'onde des raies
caractéristiques, leur intensité, la durée d'une fluorescence éventuelle...
Ainsi, il n'est pas nécessaire d'observer toutes les longueurs d'onde émises par le
matériau, il suffit d'analyser les plages de valeurs correspondant aux raies prévues
dans la table de correspondance, préalablement stockée en mémoire, afin de vérifier
leur présence ou leur absence sans se préoccuper des zones situées hors de ces raies.
[0024] Le code d'identification pourra résulter d'une combinaison de marqueurs et pourra
consister en un nombre binaire dont les chiffres binaires correspondent chacun à la
présence ou l'absence d'un marqueur.
[0025] Dans le cas d'une identification en vue du recyclage de matériaux, on pourra envisager
d'utiliser cette combinaison de marqueurs pour coder le type ou le grade de matériaux,
par exemple plastiques, ce qui permet de les trier par type ou par grade une fois
l'identification réalisée. Le code peut également porter :
- sur la voie de valorisation, de recyclage, de rejet ou élimination, cette voie pouvant
être commune pour des matériaux de compositions différentes et pouvant évoluer dans
le temps,
- sur le fait de savoir si la matière possède une propriété particulière, par exemple
s'il s'agit d'une matière première secondaire, c'est-à-dire déjà recyclée.
[0026] Par extension, la combinaison de plusieurs vecteurs d'excitation et de marqueurs
pourra permettre d'obtenir plusieurs informations de natures différentes sur un matériau,
par exemple l'authentification d'un ou plusieurs acteurs dans le cycle de vie d'un
matériau ou d'un objet (fabriquant, distributeur, propriétaire...) ; à cette fin,
il suffit que le matériau incorporé dans l'objet ait été au préalable marqué en fonction
d'un ou plusieurs acteurs intervenant dans le cycle de vie d'un matériau ou d'un objet
et non seulement de sa composition.
[0027] Le procédé est donc applicable :
- au tri de matériaux ou d'objets,
- au recyclage de matériaux ou d'objets,
- à la traçabilité de matériaux ou d'objets,
- au contrôle qualité, par exemple la vérification qu'un lot de matériaux déjà triés
correspond bien à la composition annoncée, de façon à optimiser les opérations de
recyclage.
[0028] Le procédé s'applique à l'identification de tout type de matière, notamment de matières
de toute coloration, plus ou moins foncée ; il est particulièrement applicable à l'identification
de matières colorées ou noires.
[0029] Des exemples de marqueurs appropriés à des matières plastiques nouvelles seront décrits
ci-après, à titre d'exemples non limitatifs avec référence aux dessins annexés dans
lesquels :
La figure 1 représente des courbes de fluorescence naturelle de trois composés plastiques
;
La figure 2 représente des courbes de fluorescence de polypropylène noir, avec différentes
concentrations de marqueur.
[0030] La figure 1 représente les courbes d'intensité de fluorescence de trois composés
plastiques non marqués, l'Acrylonitrile Butadiène Styrène (ABS, courbe 1), le Polypropylène
(PP, courbe 2) et le Polypropylène pigmenté de noir (courbe 3), l'ABS et le PP étant
deux matériaux couramment utilisés. L'illumination est produite au moyen d'une diode
électroluminescente (LED) UV-TOP opérant à environ 330 nm, c'est-à-dire dans le proche
UV, avec une puissance de sortie nominale de 1 mW et les spectres sont obtenus avec
un spectromètre de fluorescence FluoroMax ®.
[0031] On constate :
- que l'intensité de fluorescence naturelle de l'ABS et du PP diminue dans la région
du rouge et du proche infra-rouge (λ > 500 nm),
- que l'intensité de fluorescence du PP pigmenté de noir est constante dans le domaine
entier visible et proche IR, mais avec une intensité de plus de deux ordres de grandeur
inférieure à celle des échantillons non pigmentés.
[0032] Compte tenu de cette réponse intrinsèque plus faible de ces matériaux dans le domaine
rouge et proche IR d'une part, et de la réponse uniformément faible du matériau pigmenté
de noir, on en déduit qu'il peut être avantageux d'utiliser des marqueurs qui, après
irradiation de l'objet ou du matériau marqué, émettent des rayonnements dans une bande
de fréquences correspondant au rouge - proche infra rouge.
Avantageusement, on choisira des marqueurs qui ont une réponse dans la gamme de 500
à 650 nm.
Compte tenu du déplacement de Stokes, l'irradiation doit avoir lieu dans une gamme
de longueurs d'onde inférieures, par exemple dans le proche UV, dans la gamme 220
à 380 nm.
Les marqueurs utilisés pourront être chimiques, organiques ou minéraux, ou composés
de nanoparticules. Il pourra s'agir de produits fabriqués à la demande ou de produits
commerciaux.
On pourra par exemple utiliser des marqueurs commercialisés par "Phosphor Technology
Dyes" (marque déposée) dont les caractéristiques sont les suivantes :
- marqueur H : deux pics d'émission à 614 et 618 nm,
- marqueur I : un pic d'émission à 515 nm.
[0033] Ces marqueurs ont de plus l'avantage de présenter une bonne stabilité thermique et
chimique, ainsi qu'une bonne tenue aux UV.
[0034] Pour obtenir un signal qui permette d'identifier le matériau :
- on utilisera une source d'excitation de forte puissance, typiquement une lampe à arc
au Xénon, une LED UV ou un laser ;
- on procédera à l'amplification du signal correspondant auxdites intensités lumineuses
transmises ou réfléchies ;
- on effectuera un traitement du signal correspondant auxdits rayonnement émis en vue
de réduire le bruit de fond, en particulier par l'exploitation du niveau des pics
caractéristiques du ou des marqueurs.
[0035] La figure 2 illustre les résultats obtenus avec une lampe à arc au Xénon et un spectromètre
de fluorescence FluoroMax ®, dans le cas de polypropylène noir marqué avec le marqueur
H, à deux concentrations différentes, 200 ppm (courbe 1) et 100 ppm (courbes 2 et
3). On constate que les deux pics caractéristiques du marqueur H ressortent nettement
du bruit de fond à 614 et 618 nm, permettant ainsi son identification et par là même
l'identification du matériau dans lequel il est inclus, même lorsqu'il est noir.
1. Procédé pour l'identification et/ou l'authentification d'une matière ou d'un objet,
notamment en vue d'effectuer un tri de matières ou d'objets, comprenant :
- une étape d'excitation comportant l'application à une matière ou à un objet d'une
pluralité de vecteurs d'excitation (Vj, j = 1 à p),
- une étape de détection des réponses (R1, R2, R3...) des matières ou objets soumis
auxdits vecteur d'excitation (Vj, j = 1 à p),
- une étape de détermination d'au moins une information concernant ladite matière
ou dudit objet sur la base desdites réponses obtenues (R1, R2, R3...) et d'une table
de correspondance préétablie,
caractérisé en ce qu'il comprend :
- une phase préalable comportant :
- une étape de sélection d'au moins une substance (Si, i = 1 à n) réagissant à au moins un desdits vecteurs d'excitation (Vj, j = 1 à p) en émettant une réponse (Ri,j, i = 1 à n, j = 1 à p) détectable à distance, ladite au moins un substance étant
prévue pour être incorporée au sein ou à la surface de matières sans modifier de façon
substantielle les propriétés physiques ou chimiques desdites matières,
- une étape d'élaboration d'une table de correspondance consistant en un ensemble
de relations biunivoques entre une combinaison de réponses (Ri,j, i = 1 à n, j = 1 à p) et une information concernant ladite matière,
- une étape de marquage dans laquelle on incorpore sélectivement au moins une substance
sélectionnée (Si, i = 1 à n) au sein ou à la surface d'une matière, de façon à rendre active ladite
matière ou actifs des objets composés de ladite matière.
et
en ce que, dans l'étape de détermination d'une information concernant ladite matière ou dudit
objet :
- on compare lesdites réponses obtenues (R1, R2, R3...) aux combinaisons de réponses
(Ri,j, i = 1 à n, j = 1 à p) présentes dans ladite table de correspondance,
- on attribue ladite information lorsque ladite comparaison révèle une identité.
2. Procédé selon la revendication 1,
caractérisé en ce que dans l'étape d'élaboration d'une table de correspondance,
on ne tient compte que de la présence ou de l'absence d'une réponse de substance (S;,
i = 1 à n) auxdits vecteurs d'excitation (Vj, j = 1 à p),
ou bien,
on tient compte de l'intensité d'une réponse de substance (Si, i = 1 à n) auxdits vecteurs d'excitation (Vj, j = 1 à p)
et/ou
de l'émission spontanée d'une substance sélectionnée (S;, i = 1 à n).
3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que dans l'étape de détection des réponses, on tient compte de la réponse de la matière
sous l'effet desdits vecteurs d'excitation (Vj, j = 1 à p), notamment pour corriger les réponses obtenues (R1, R2, R3...).
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3,
caractérisé en ce que :
• dans l'étape de marquage, on marque les matériaux ou objets avec un marqueur comportant
du vanadate d'Yttrium dopé Europium, à une concentration inférieure à 200 ppm,
• dans l'étape d'excitation, on applique à la matière ou l'objet une excitation électromagnétique
dans la gamme comprise entre 230 et 390 nm,
• dans l'étape de détection, on effectue une détection dudit marqueur dans une bande
centrée sur 610-620 nm et une mesure de l'intensité du pic correspondant.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'information concernant ladite matière est une propriété chimique, notamment sa
composition chimique.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'information concernant ladite matière concerne sa fabrication.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite matière est noire ou fortement colorée.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la substance incorporée lors de l'étape de marquage est un marqueur chimique qui,
après irradiation de l'objet ou du matériau marqué, émet des rayonnements dans une
bande de fréquences correspondant au rouge - proche infra rouge, de préférence tel
que ledit marqueur émet des rayonnements dans la gamme de 500 à 650 nm et/ou que l'irradiation
de l'objet ou du matériau marqué s'effectue dans la gamme 220 à 380 nm.
9. Procédé selon la revendication 8,
caractérisé en ce que ladite analyse spectrophotométrique comporte en outre les étapes suivantes :
- l'amplification du signal correspondant auxdites intensités lumineuses transmises
ou réfléchies,
- le traitement du signal correspondant auxdites rayonnement émis en vue de réduire
le bruit de fond.
10. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédente, caractérisé en ce qu'il comporte en outre, préalablement à l'étape d'excitation, une étape de broyage des
objets sous forme de particules et en ce qu'il s'applique auxdites particules.
11. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications précédente, au tri
de matériaux ou d'objets.
12. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10 au recyclage
de matériaux ou d'objets.
13. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10 à l'authentification
d'au moins un acteur dans le cycle de vie d'un matériau ou d'un objet.
14. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10 à la traçabilité
de matériaux ou d'objets, et/ou, au contrôle qualité de matériaux ou d'objets.
1. Verfahren zur Identifizierung und/oder Authentifizierung eines Stoffes oder eines
Objekts, insbesondere um eine Trennung von Stoffen oder Objekten durchzuführen, umfassend:
- einen Anregungsschritt, welcher die Beaufschlagung eines Stoffes oder eines Objekts
mit einer Vielzahl von Anregungsvektoren (Vj, j = 1 bis p) umfasst,
- einen Erkennungsschritt der Antworten (R1, R2, R3,...) der den Anregungsvektoren
ausgesetzten Stoffe oder Objekte (Vj, j = 1 bis p),
- einen Bestimmungsschritt wenigstens einer den Stoff oder das Objekt betreffenden
Information auf der Grundlage der erkannten Antworten (R1, R2, R3,...) und einer im
Voraus erstellten Korrespondenztabelle, gekennzeichnet durch
- eine vorangehende Phase umfassend:
- einen Auswahlschritt mindestens einer Substanz (Si, i = 1 bis n), die auf mindestens einen der Anregungsvektoren (Vj, j = 1 bis p) durch Emission einer aus der Ferne detektierbaren Antwort reagiert, wobei die wenigstens
eine Substanz zur Untermischung in oder auf der Oberfläche von Stoffen vorgesehen
ist, ohne dass dadurch jedoch die physikalischen oder chemischen Eigenschaften der Stoffe wesentlich verändert
werden,
- einen Erstellungsschritt einer Korrespondenztabelle bestehend aus einer Menge von
eins-zu-eins Verhältnissen zwischen einer Kombination von Antworten (Ri,j, i = 1 bis n, j = 1 bis p) und einer den Stoff betreffenden Information,
- einen Markierungsschritt während dessen wenigstens eine ausgewählte Substanz (Si, i = 1 bis n) selektiv in oder auf der Oberfläche eines Stoffes untergemischt wird,
um den Stoff oder aus dem Stoff bestehende Objekte zu aktivieren.
und
dadurch, dass in dem Bestimmungsschritt einer den Stoff oder das Objekt betreffenden Information:
- die erhaltenen Antworten (R1, R2, R3,...) mit den in der Korrespondenztabelle enthaltenen
Kombinationen von Antworten (Ri,j, i = 1 bis n, j = 1 bis p) verglichen werden,
- die Information zugeteilt wird, wenn durch den Vergleich eine Übereinstimmung offenbart wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass während des Erstellungsschrittes einer Korrespondenztabelle nur das Vorhandensein
oder Fehlen einer Antwort der Substanz (Si, i = 1 bis n) auf die Anregungsvektoren (Vj, j = 1 bis p) berücksichtigt wird,
oder aber,
die Stärke einer Antwort der Substanz (Si, i = 1 bis n) auf die Anregungsvektoren (Vj, j = 1 bis p)
und/oder
die spontane Emission einer ausgewählten Substanz (Si, i = 1 bis n) berücksichtigt werden.
3. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 oder 2,
dadurch gekennzeichnet, dass während des Erkennungsschrittes der Antworten die Antwort des Stoffs unter der Wirkung
der Anregungsvektoren (Vj, j = 1 bis p) insbesondere zur Korrektur der erhaltenen Antworten (R1, R2, R3,...)
berücksichtigt wird.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3,
dadurch gekennzeichnet, dass:
• während des Markierungsschrittes, die Stoffe oder Objekte mit einem ein mit Europium-dotiertes
Yttrium-Vanadat mit einer Konzentration unter 200 ppm umfassenden Marker markiert
werden,
• während des Erregungsschrittes, der Stoff oder das Objekt mit einer elektromagnetischen
Anregung im Bereich von 230 bis 390 nm beaufschlagt wird,
• während des Erkennungsschrittes, eine Erkennung des Markers innerhalb eines auf
610 - 620 nm zentrierten Bereichs und eine Messung der Intensität des entsprechenden
Peaks durchgeführt werden.
5. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass die den Stoff betreffende Information eine chemische Eigenschaft, insbesondere deren
chemische Zusammensetzung ist.
6. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass die den Stoff betreffende Information dessen Herstellung betrifft.
7. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass der Stoff schwarz oder stark gefärbt ist.
8. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass die während des Markierungsschrittes untergemischte Substanz ein chemischer Marker
ist, der nach der Bestrahlung des markierten Objekts oder Stoffes, Strahlungen in
einem Frequenzbereich ausstrahlt, der dem roten - nahen Infrarotbereich entspricht,
vorzugsweise derart, dass der Marker Strahlungen im Bereich von 500 bis 650 nm ausstrahlt
und/oder die Bestrahlung des markierten Objekts oder Stoffes im Bereich zwischen 220
und 380 nm erfolgt.
9. Verfahren nach Anspruch 8,
dadurch gekennzeichnet, dass die spektralphotometrische Analyse darüber hinaus folgende Schritte aufweist:
- Verstärkung des den übertragenen oder reflektierten Lichtstärken entsprechenden
Signals,
- Verarbeitung des den ausgestrahlten Strahlungen entsprechenden Signals, um das Grundrauschen
zu mindern.
10. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass es darüber hinaus einen dem Erregungsschritt vorangehenden Zerkleinerungsschritt
aufweist, in dem die Objekte in Partikel zerkleinert werden und dass es auf die Partikel
angewandt wird.
11. Anwendung des Verfahrens nach einem der vorhergehenden Ansprüche zur Trennung von
Stoffen oder Objekten.
12. Anwendung des Verfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis 10 zur Wiederverwertung von
Stoffen oder Objekten.
13. Anwendung des Verfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis 10 zur Authentifizierung von
wenigstens einem Aktor im Lebenszyklus eines Stoffes oder Objekts.
14. Anwendung des Verfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis 10 zur Rückverfolgbarkeit
von Stoffen oder Objekten, und/oder Qualitätsprüfung von Stoffen oder Objekten.
1. Method for identifying and/or authenticating a material or an object, particularly
with a view to sorting materials or objects, comprising:
- an excitation step comprising the application to a material or to an object of a
plurality of excitation vectors (Vj, j = 1 to p),
- a step for detecting the responses (R1, R2, R3, etc.) of the materials or objects
subject to said excitation vectors (Vj, j = 1 to p),
- a step for determining at least one item of information relating to said material
or said object on the basis of said responses obtained (R1, R2, R3, etc.) and a predefined
correspondence table, characterised in that it comprises:
- a preliminary phase comprising:
- a step for selecting at least one substance (Si, i = 1 to n) reacting to at least one of said excitation vectors (Vj, j = 1 to p) by transmitting a remotely detectable response (Ri,j, i = 1 to n, j = 1 to p), said at least one substance being envisaged for being incorporated
within or on the surface of materials without substantially modifying the physical
or chemical properties of said materials,
- a step for preparing a correspondence table consisting of a set of biunivocal relations
between a combination of responses (Ri,j, i = 1 to n, j = 1 to p) and an item of information relating to said material,
- a labelling step wherein at least one selected substance (Si, i = 1 to n) is incorporated selectively within or on the surface of a material,
so as to render said material or the objects consisting of said material active,
and wherein, in the step for determining a information relating to said material or
said object:
- said responses obtained (R1, R2, R3, etc.) are compared to the combinations of responses
(Ri,j, i = 1 to n, j = 1 to p) found in said correspondence table,
- said information is assigned when said comparison reveals an identity.
2. Method according to claim 1, characterised in that, in the step for preparing a correspondence table,
account is taken of only the presence or absence of a response of substance (Si, i = 1 to n) to said excitation vectors (Vj, j = 1 to p),
or,
account is taken of the intensity of a response of substance (Si, i = 1 to n) to said excitation vectors (Vj, j = 1 to p)
and/or
the spontaneous emission of a selected substance (Si, i = 1 to n).
3. Method according to any of claims 1 or 2, characterised in that the step for detecting responses, the response of the material under the effect of
said excitation vectors (Vj, j = 1 to p) is taken into account, particularly for correcting the responses obtained
(R1, R2, R3, etc.).
4. Method according to any of claims 1 to 3,
characterised in that:
- in the labelling step, the materials or objects are labelled with a marker comprising
Europium-doped Yttrium vanadate, at a concentration less than 200 ppm,
- in the excitation step, an electromagnetic excitation in the range between 230 and
390 nm is applied to the material or object,
- in the detection step, said marker is detected in a band centred on 610-620 nm and
the corresponding peak intensity is measured.
5. Method according to any of the above claims, characterised in that the information relating to said material is a chemical property, particularly the
chemical composition thereof.
6. Method according to any of the above claims, characterised in that the information relating to said material relates to the production thereof.
7. Method according to any of the above claims, characterised in that said material is black or has a strong colour.
8. Method according to any of the above claims, characterised in that the substance incorporated during the labelling step is a chemical marker which,
after irradiating the labelled object or material, emits radiation in a frequency
band corresponding to the red-near-infra-red band, preferably such that said marker
emits radiation in the range from 500 to 650 nm and/or that the labelled object or
material is irradiated in the range from 220 to 380 nm.
9. Method according to claim 8, characterised that said spectrophotometric analysis further
comprises the following steps:
- amplifying the signal corresponding to said transmitted or reflected light intensities,
- processing the signal corresponding to said emitted radiation with a view to reducing
the background noise.
10. Method according to any of the above claims, characterised in that it further comprises, prior to the excitation step, a step for grinding the objects
in particle form and in that it is applied to said particles.
11. Application of the method according to any of the above claims, for sorting materials
or objects.
12. Application of the method according to any of claims 1 to 10 for recycling materials
or objects.
13. Application of the method according to any of claims 1 to 10 for authenticating at
least one participant in the life cycle of a material or an object.
14. Application of the method according to any of claims 1 to 10 to the traceability of
materials or objects, and/or to the quality control of materials or objects.