[0001] L'invention concerne le domaine des mécanismes horlogers entraînés par un ou plusieurs
ressorts remontés par une couronne de remontoir ou un rotor de remontage automatique,
ou similaire.
[0002] Plus précisément, l'invention concerne un dispositif dynamométrique indicateur de
réserve de couple de barillet de pièce d'horlogerie, laquelle comporte une platine,
un barillet, et un rochet de barillet agencés pour coopérer avec un cliquet de rochet
pour maintenir accumulée, dans un ressort que comporte ledit barillet, l'énergie mécanique
stockée par ce dernier, ledit cliquet de rochet pouvant pivoter autour d'un axe de
pivot de cliquet, entre une position d'engrènement dans laquelle au moins une dent
dudit cliquet coopère avec ledit rochet, et une position de dégrènement dans laquelle
chaque dent dudit cliquet s'efface devant la rotation du rochet lors d'une manoeuvre
d'armage dudit barillet, ledit cliquet de rochet étant rappelé vers ledit rochet sous
l'action d'un ressort de cliquet de rochet.
[0003] Un ressort spiral, notamment un ressort de barillet, est un organe mécanique dont
la réponse n'est pas linéaire en fonction du temps. La courbe de couple délivré en
fonction du nombre de tours du ressort, est une courbe d'hystérésis entre la courbe
d'armage et celle de désarmage, et dont les variations sont brusques en fin d'armage
et en fin de désarmage, alors qu'elles sont plus proches d'une réponse linéaire dans
un domaine intermédiaire, éloigné d'un ou deux tours de la fin d'armage, respectivement
de la fin de désarmage. Il est donc utile à l'usager de connaître, à la fois la réserve
de couple du ou des ressorts de barillet que comporte son mécanisme, et aussi la zone
optimale, correspondant au domaine intermédiaire évoqué ci-dessus, pendant laquelle
le fonctionnement du mécanisme horloger est le plus régulier et le plus précis. Bien
sûr, il convient d'attirer l'attention de l'usager pour éviter un remontage excessif
pouvant endommager un ressort en fin d'armage.
[0004] L'estimation de la réserve de marche est une préoccupation ancienne. On connaît par
le document
FR 321 499, ou, de façon similaire par le brevet
US 623 158, un mécanisme comportant une roue correspondant à la durée de marche théorique. Cette
roue comporte une cheville en un point de sa circonférence, correspondant au seuil
choisi pour faire apparaître un signal de remontage à l'aide d'une tringlerie. Des
dispositifs similaires sont connus des documents de brevets
FR 382 836,
DE 96 562,
DE 109 388, ou
DE 319478.
[0005] D'autres dispositifs, tels ceux connus par les documents de brevets
FR 942 026,
DE 132 789, ou
DE G 77 11 670.2, déclenchent l'apparition d'un signal mécanique en fonction de l'atteinte d'une position
donnée par la spire extérieure du ressort de barillet. Le document
DE 14 02 862 décrit aussi l'entraînement par le ressort principal après une durée théorique de
déroulement.
[0006] Ces dispositifs basés sur le bon fonctionnement théorique du mécanisme d'horlogerie
et de son ressort de barillet ne sont pas suffisants, car ils ne prennent pas en compte
une possible détente du ressort de barillet, ni un encrassement du rouage, ou tout
phénomène susceptible d'altérer la marche du mécanisme.
[0007] Le document
DE 225 092 décrit un indicateur amélioré monté sur un bras pivotant autour d'un axe de pivot
solidaire de la platine, ce bras pivotant portant l'axe du cliquet de rochet. Ce bras
pivotant comporte un nez entraîné par une dent entraînée en rotation par le tambour
du barillet.
[0008] Il est donc apparu préférable de s'intéresser, non plus à une position théorique
de ressort ou d'une roue, ou de tout dispositif similaire décomptant un temps passé
théorique, mais à une réserve de couple réelle du ressort de barillet, qui soit suffisante
pour entraîner le mécanisme d'horlogerie, à la fois pendant la durée requise, et surtout
avec un niveau de précision suffisant. En effet, il est connu que les plages de fin
d'armage, comme de fin de désarmage, du ressort de barillet, sont des domaines à éviter,
en raison d'une sur-sollicitation du mécanisme dans le premier cas, et d'une précision
insuffisante dans les deux cas.
[0009] Le brevet
DE 181 980 a proposé une solution innovante à ce problème, en introduisant dans le mécanisme
un ressort de compensation. Le rochet du barillet coopère, de façon connue, avec un
cliquet monté sur un support de cliquet. Ce dernier est monté pivotant autour d'un
axe de pivot qui est rapporté sur la platine du mouvement. Un ressort hélicoïdal de
compensation est fixé, d'une part à la platine, et d'autre part au support de cliquet,
qui supporte un indicateur ou qui est directement reliée à un tel indicateur. Lors
de l'armage du ressort de barillet, le ressort de compensation est tendu sous l'effet
de la pression du ressort de barillet, et donc du rochet, sur le cliquet. Ce dernier
soumet par conséquent le support de cliquet, qui supporte une des extrémités du ressort
de compensation, à un couple de pivotement autour de son axe de pivot. Lors du désarmage
du ressort de barillet, la pression du rochet sur son cliquet diminue, ce qui détend
progressivement le ressort de compensation, jusqu'à une position d'alarme de remontage,
visualisée par l'indicateur. Ce dispositif constitue un net progrès par rapport aux
réalisations de l'art antérieur, mais a été peu utilisé, en raison de la faiblesse
du ressort de compensation hélicoïdal et de son absence de répétitivité.
[0010] On comprend qu'il existe, ainsi, certains dispositifs capables de fournir une bonne
indication de la réserve de marche, ou, mieux, de la réserve de couple du ressort
de barillet. Toutefois certains apportent une perturbation au fonctionnement d'organes
sensibles, par exemple ceux comportant une aiguille liée au ressort d'échappement.
De façon générale, tous les dispositifs connus sont complexes, et incorporent de nombreux
composants supplémentaires de coût unitaire parfois élevé, et nécessitant un montage
minutieux consommateur de temps. Et surtout, ils consomment un important volume qui,
de ce fait, n'est pas disponible pour d'autres complications, ce qui restreint les
possibilités et les performances de la pièce d'horlogerie.
[0011] En somme, l'invention a pour but de proposer un dispositif simple et compact, avec
un nombre très réduit de composants, donnant avec une bonne fiabilité à l'utilisateur
l'indication de la réserve de couple disponible au niveau du ressort de barillet.
Les composants doivent être de fiabilité au moins égale à celle des autres composants
de la pièce d'horlogerie, et leur implantation ne doit fragiliser aucun de ceux-ci.
[0012] A cet effet, l'invention concerne un dispositif dynamométrique indicateur de réserve
de couple de barillet de pièce d'horlogerie tel que défini par la revendication 1.
[0013] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description qui va suivre, en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 représente, de façon schématisée, partielle, et en vue en plan par rapport
à un mécanisme horloger représenté de façon partielle, un dispositif indicateur selon
l'invention dans une position de désarmage;
- la figure 2 représente, de façon analogue à la figure 1, le même dispositif dans une
position d'armage intermédiaire ;
- la figure 3 représente, de façon analogue à la figure 1, le même dispositif dans une
position d'armage maximum.
[0014] L'invention concerne le domaine des mécanismes horlogers entraînés par un ou plusieurs
ressorts remontés par une couronne de remontoir ou un rotor de remontage automatique,
ou similaire.
[0015] L'invention concerne plus particulièrement un dispositif dynamométrique 100, conçu
comme indicateur de réserve de couple de barillet de pièce d'horlogerie. Cette pièce
d'horlogerie, non représentée en détail sur les figures, comporte, de façon connue,
au moins une platine P, au moins un barillet, et au moins un rochet de barillet 2.
Ce rochet de barillet 2 est agencé pour coopérer par ses dents 2a avec un cliquet
de rochet 3 pour maintenir accumulée, dans un ressort de barillet que comporte le
barillet l'énergie mécanique transmise au ressort lors de son armage. Le ressort de
barillet est classiquement armé ou remonté par une couronne de remontoir et/ou par
au moins un rotor de remontage dans le cas d'un mouvement à remontage automatique.
Le cliquet de rochet 3 est monté mobile à pivotement autour d'un axe de pivot de cliquet
10 fixé sur un support 12. Le cliquet 3 est mobile entre une position d'engrènement,
et une position de dégrènement. La position d'engrènement du cliquet 3 est celle dans
laquelle au moins une dent 31 du cliquet de rochet 3, à une extrémité opposée à cet
axe de pivot de cliquet 10, coopère avec une des dents 2a du rochet du barillet 2
pour l'immobiliser dans le sens du désarmage. La position de dégrènement du cliquet
3 est celle dans laquelle chaque dent 31 que comporte le cliquet de rochet 3 s'efface
devant la denture 2a et permet la rotation du rochet de barillet 2 lors d'une manoeuvre
d'armage du barillet. Le cliquet de rochet 3 est en permanence rappelé vers le rochet
de barillet 2 sous l'action d'un ressort de cliquet de rochet 4. Ce ressort de cliquet
de rochet 4 est de préférence un ressort à lame plat, comportant une première extrémité
fixe 11 par rapport à un support, et une seconde extrémité libre du côté opposé. De
préférence, une butée (non représentée) limite la course du cliquet de rochet 3 à
l'opposé du rochet 2 de barillet, et une butée (également non représentée) limite
la course de l'extrémité libre du ressort de cliquet de rochet 4 du côté du rochet
de barillet 2. Avantageusement, ces butées sont confondues et constituées par un composant
unique fixé sur le support 12.
[0016] Selon l'invention, le dispositif dynamométrique 100 comporte une lame ressort 1,
dont une première extrémité est fixée de façon rigide à la platine P ou à un point
fixe par rapport à cette dernière, par au moins un, de préférence au moins deux points
de fixation 7, par vis, goupille, ou similaire. La lame ressort 1 s'étend de préférence
dans un plan parallèle à celui du rochet de barillet 2, et comporte, dans sa partie
médiane, un bras élastique 8 capable de fléchir sous l'action du couple de désarmage
du ressort de barillet comme cela sera expliqué plus en détail ci-après. Le support
de cliquet 12, qui supporte l'axe de pivot de cliquet 10, est constitué par le bras
élastique 8 ou bien est fixé sur ce dernier. De façon préférée, le support 12 constitue
la seconde extrémité de la lame ressort 1 qui est opposée aux points de fixation 7.
[0017] Le dispositif dynamométrique comporte, de préférence au voisinage de cette seconde
extrémité du bras élastique 8, opposée à la première extrémité de fixation à la platine,
une aiguille 6 conçue apte à visualiser la réserve de couple du barillet, en coopération
avec une échelle graphique ou graduée qui constitue un indicateur de réserve de couple
5 de barillet.
[0018] De façon préférée, le bras élastique 8 est sensiblement radial par rapport à l'axe
de révolution du rochet de barillet 2, sa seconde extrémité étant dirigée vers l'extérieur.
[0019] Afin de visualiser de façon simple à l'utilisateur les domaines préférentiels pour
un bon fonctionnement de la pièce d'horlogerie, l'aiguille indicatrice 6 est mobile
devant l'indicateur de réserve de couple 5, qui comporte une échelle graphique ou
graduée que comporte ladite platine ou un pont fixé sur celle-ci, et qui visualise
successivement le couple disponible en sortie du barillet au cours du désarmage du
ressort de barillet, ici entre deux repères 50 et 51.
[0020] Pour simplifier encore le mécanisme, le ressort plat 4 de cliquet de rochet est fixé,
à sa première extrémité fixe 11, sur un support qui est constitué par le support 12
du cliquet de rochet 3.
[0021] De préférence, la lame ressort 1 est monobloc et incorpore le bras élastique 8 et
le support de cliquet 12.
[0022] Le bras élastique 8 est mobile entre une position d'armage où le couple résistant
qu'il exerce sur le rochet est égal au couple maximal exercé par le ressort de barillet
lequel est complètement armé, et une position de désarmage qui correspond à sa position
d'équilibre où il exerce un couple nul sur ledit rochet et où le ressort de barillet
est totalement désarmé. Ce bras 8 est donc flexible entre ces deux positions, la raideur
du bras peut varier afin de permettre d'afficher le couple disponible sur une échelle
plus ou moins étendue.
[0023] De façon préférée, le bras élastique 8 est fixé sur un pont solidaire de la platine
autour d'un point fixe situé au voisinage de l'axe du rochet de barillet 2, et se
déforme dans un plan parallèle à celui du rochet de barillet 2, sous l'action d'un
couple exercé par ledit ressort de barillet.
[0024] L'armage du ressort de barillet s'effectue dans la direction de la flèche A, tel
que cela est visible sur les figures, à savoir dans le sens anti-horaire. On comprend
que, plus on arme le ressort de barillet, plus on a de couple dans le rochet de barillet
2. Ce couple s'exerce, lors de la rotation du rochet de barillet 2, dans le sens horaire
dans le cas des figures, sur la denture 31 du cliquet de rochet 3. Ce dernier peut
ne comporter qu'une seule dent 31, et rester très économique, contrairement à de nombreux
systèmes d'indication de réserve de marche où le cliquet est une pièce complexe, comportant
au moins un secteur denté, et est beaucoup plus coûteux. Plus le couple exercé sur
cette dent 31 du cliquet de rochet 3 est élevé, plus la lame ressort 1, et en particulier
le bras élastique 8 qui constitue sa partie la plus fine et la plus déformable, fléchit
sous l'effet de ce couple. Une représentation approchée, sur les figures 2 et 3, assimile
ce fléchissement à une déviation angulaire, d'un angle α, du bras élastique 8, par
rapport à une position d'équilibre matérialisée par une direction radiale D. Les points
de fixation 7 s'étendent de préférence selon une autre direction D' orthogonale par
rapport à cette dernière. En fait, on comprend que le fléchissement de la lame ressort
1, qui s'effectue dans le sens horaire dans le cas des figures, est réparti sur sa
longueur. L'effet de ce fléchissement est un déplacement de l'aiguille 6 par rapport
à l'indicateur de réserve de couple 5.
[0025] Les figures illustrent un exemple préféré dans lequel la position d'équilibre de
la lame ressort 1 est la position de désarmage, et où toutes les autres positions
de la lame ressort 1 sont des positions armées.
[0026] On comprend que l'indication de réserve de couple se fait, ainsi, en référence dynamométrique
par rapport à un ressort plat, qui est extrêmement robuste, peu coûteux, peu encombrant,
et que le dispositif dynamométrique 100 selon l'invention ne dépend aucunement du
mode de remontage, que ce soit par une couronne de remontoir ou par un rotor de remontage
automatique.
1. Dispositif dynamométrique (100) indicateur de réserve de couple de barillet de pièce
d'horlogerie, laquelle comporte une platine, un barillet, et un rochet de barillet
(2) agencé pour coopérer avec un cliquet de rochet (3) pour maintenir dans un ressort
que comporte ledit barillet, l'énergie mécanique stockée par ce dernier ledit cliquet
de rochet (3) pouvant pivoter autour d'un axe de pivot de cliquet (10), entre une
position d'engrènement dans laquelle au moins une dent (31) dudit cliquet de rochet
(3) coopère avec ledit rochet de barillet (2), et une position de dégrènement dans
laquelle chaque dent (31) dudit cliquet de rochet (3) s'efface devant la rotation
du rochet de barillet (2) lors d'une manoeuvre d'armage dudit barillet, ledit cliquet
de rochet (3) étant rappelé vers ledit rochet de barillet (2) sous l'action d'un ressort
de cliquet de rochet (4), ledit dispositif étant caractérisé en ce qu'il comporte une lame ressort (1) comportant un bras élastique (8) dont une première
extrémité est fixée de façon rigide à ladite platine ou à un point fixe par rapport
à cette dernière, en ce que ledit axe de pivot de cliquet (10) est monté sur un support de cliquet (12) qui est
constitué par ledit bras élastique (8) ou bien est fixé sur ce dernier, et en ce que ledit dispositif (100) comporte, au voisinage d'une seconde extrémité dudit bras
élastique (8) opposée à ladite première extrémité, un organe indicateur (6) permettant
la visualisation de la réserve de couple du barillet, en liaison avec une échelle
graphique ou graduée.
2. Dispositif (100) selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit bras élastique (8) est sensiblement radial par rapport à l'axe de révolution
dudit rochet ded barillet (2).
3. Dispositif (100) selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit support de cliquet (12) comporte, à l'opposé dudit bras élastique (8), une
aiguille indicatrice (6) formant l'organe indicateur mobile devant une échelle graphique
ou graduée (5) que comporte ladite platine ou un pont fixé sur celle-ci, et qui visualise
le couple disponible en sortie du barillet.
4. Dispositif (100) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit ressort de cliquet de rochet (4) est fixé, à une extrémité (11) opposée à celle
prenant appui sur ledit cliquet de rochet (3), sur ledit support de cliquet (12).
5. Dispositif (100) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite lame ressort (1) est monobloc et incorpore ledit bras élastique (8) et ledit
support de cliquet (12).
6. Dispositif (100) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit bras élastique (8) est mobile entre une position d'armage où le couple résistant
qu'il exerce sur ledit rochet de barillet (2) est égal au couple maximal exercé par
ledit ressort de barillet lequel est complètement armé, et une position de désarmage
qui correspond à sa position d'équilibre où il exerce un couple nul sur ledit rochet
de barillet (2) et où ledit ressort de barillet est totalement désarmé.
7. Dispositif (100) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit bras élastique (8) est fixé sur un pont solidaire de ladite platine autour
d'un point fixe situé au voisinage de l'axe dudit rochet de barillet (2), et se déforme
dans un plan parallèle à celui dudit rochet de barillet (2) sous l'action d'un couple
exercé par ledit ressort de barillet.
8. Dispositif (100) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit cliquet de rochet (3) comporte une dent (31) unique.