DOMAINE TECHNIQUE
[0001] L'invention se rattache au domaine des sports de glisse sur neige, et plus particulièrement
du ski alpin. Elle vise plus spécifiquement une géométrie spécifique d'un ski qui
permet d'en améliorer le comportement en termes de maniabilité et de conduite de virage.
TECHNIQUES ANTERIEURES
[0002] De façon générale, les skis alpins ont une surface portante qui est définie de façon
normalisée comme étant la surface de la semelle au contact d'un plan horizontal lorsque
le ski est chargé en son patin, cette surface portante étant limitée en avant et en
arrière par des lignes limites appelées « lignes de contact » avant et arrière.
[0003] On a constaté que la maniabilité d'un ski pouvait être améliorée en diminuant cette
surface portante, de manière à faciliter les mouvements de pivotement de la planche
autour d'un axe vertical. Cette tendance consiste donc à rapprocher les lignes de
contact avant et/ou arrière de la zone du patin.
[0004] Ceci a pour conséquence d'augmenter la longueur de la spatule et du talon, qui sont
les zones définies de façon normalisée comme étant au-delà des lignes de contact respectivement
avant et arrière. Ainsi, on peut globalement définir sur ce type de ski deux régions
principales de la spatule, à savoir une première zone ou amorce de spatule, directement
en avant de la ligne de contact avant, qui possède un grand rayon de courbure, et
qui se poursuit par une seconde partie formant le relevé de spatule, à plus faible
rayon de courbure, et qui se termine par l'extrémité avant du ski.
[0005] Le problème qui se pose avec ce type de géométrie de planche réside dans la réduction
de la longueur de contact, c'est-à-dire la longueur de la carre qui est au contact
de la neige, lorsque le ski est basculé sur la carre. En effet, lorsque le skieur
effectue un virage, et qu'il incline le ski latéralement, en le faisant pivoter autour
de son axe longitudinal, seule la carre du côté interne du virage reste au contact
de la neige. Du fait de la géométrie de la planche, on peut alors identifier des points
de contact extrêmes, situés au-delà des lignes de contact avant et arrière, définissant
les limites de la longueur de contact en fonction de l'inclinaison de la planche.
[0006] Or, le gain en maniabilité, ski à plat, consécutif au recul de la ligne de contact
avant, se traduit par une diminution de la longueur de contact, même lorsque le ski
est incliné. Habituellement, la recherche d'une longueur de contact suffisamment importante
passe naturellement par une augmentation de la surface portante, et donc une diminution
de la maniabilité.
[0007] L'objectif de l'invention est donc de fournir un ski qui permette de combiner à la
fois de bonnes propriétés de maniabilité ski à plat, avec une conduite optimale de
virage grâce à une longueur de contact suffisante lorsque le ski est incliné.
EXPOSE DE L'INVENTION
[0008] L'invention concerne donc un ski sur lequel on peut définir différents points sur
sa longueur. Ainsi, lorsque le ski est à plat sur un plan horizontal, et qu'il est
chargé en son centre de telle sorte que les carres touchent le plan horizontal au
niveau du patin, le ski présente une surface de contact, et une longueur de contact
au niveau des carres, qui s'étendent entre les lignes de contact avant et arrière.
A l'inverse, lorsque le ski est pivoté autour de son axe longitudinal, et qu'il est
donc incliné d'un angle non nul par rapport au même plan horizontal, tout en étant
chargé en son patin de telle sorte que l'une des carres touche le plan horizontal
au niveau du patin, le ski présente alors une longueur de contact qui s'étend des
points de contact extrême dénommés ci-après « points de contact extrême avant » et
« points de contact extrême arrière ». On précise que lorsque le ski est incliné,
une force est exercée perpendiculairement à sa face supérieure et au niveau du patin,
de manière à contrarier le cambre naturel de la planche, de sorte qu'en fonction du
rayon de courbure de la ligne de cote, le ski se déforme jusqu'à ce que la carre vienne
en contact complet avec le plan horizontal au niveau du patin.
[0009] Conformément à une première caractéristique de l'invention, pour une inclinaison
de 35°, le ratio de la distance séparant la ligne de contact avant et le point de
contact extrême avant, rapportée à la distance séparant le point milieu de la chaussure
à la ligne de contact avant, est supérieur à 12%. Pour une inclinaison de 45°, le
même ratio est supérieur à 15%, préférentiellement compris entre 18% et 21%.
[0010] Autrement dit, le ski conforme à l'invention présente une géométrie telle que la
longueur de contact en situation de virage, c'est-à-dire lorsque le ski est incliné,
est nettement supérieure à la longueur de contact lorsque le ski est à plat. En d'autres
termes, la longueur de contact en ski incliné, qui est particulièrement utile pour
la conduite du virage, est relativement importante, comparée à la longueur de contact
lorsque le ski est à plat, c'est-à-dire dans une situation où il est donc avantageux
qu'elle soit plus faible pour faciliter la maniabilité du ski. Pour obtenir ce résultat,
il est possible en particulier de choisir une ligne de cote adaptée, ainsi que des
profils adaptés de cambre, de hauteur spatule et de hauteur talon, pour chaque taille
de ski.
[0011] En pratique, la mesure d'allongement de la longueur de contact faite en comparant
le ski à plat avec le ski dans une inclinaison de 35° est supérieure à 70 millimètres,
et même de plus de 90 millimètres pour une inclinaison de 45°.
[0012] Selon une autre caractéristique de l'invention, il est possible de définir sur le
ski une « ligne de contact avancée », qui correspond à la limite avant de la zone
de contact du ski sur un plan horizontal lorsque le ski est d'une part, appliqué sur
ce plan horizontal au niveau de son patin, et qu'en outre il reçoit une force verticale
correspondant à une masse de 2 kg au niveau de son extrémité avant. Autrement dit,
le ski est chargé au niveau de son patin de telle sorte que son cambre est annulé
et complémentairement, le ski est également chargé au niveau de son extrémité avant,
mais avec une force correspondant à une masse de 2 kg, de telle sorte que la surface
de contact s'allonge jusqu'à la ligne de contact avancée caractéristique. Au delà
de cette ligne de contact avancée, se situe la partie de la spatule utile pour que
le ski n'enfourne pas dans la neige. Cette zone de spatule a un rayon de courbure
de l'ordre de 150 à 200 millimètres.
[0013] Conformément à l'invention, au niveau de la ligne de contact avancée, lorsque le
ski à plat n'est plus chargé au niveau de son extrémité, mais simplement au niveau
de son patin, la semelle est séparée du plan horizontal d'une hauteur comprise entre
1 et 2 mm. Autrement dit, en définissant sur chaque ski la ligne de contact avancée,
il est possible de mesurer la hauteur qui sépare la semelle du plan horizontal lorsque
le ski est mis à plat, dans les conditions de mesure de la norme ISO 6289, étant entendu
que la détermination des lignes de contact et des points de contact extrêmes se fait
avec une jauge de 0,1 mm et non pas 0,5 comme préconisé par ladite norme.
[0014] Selon une autre caractéristique de l'invention, le point de contact extrême avant
tel que défini ci-avant, et pour une inclinaison du ski de 45°, est distant de la
ligne de contact avancée également définie ci-avant d'une distance inférieure à 4
cm, voire 3 cm, et de préférence 2 cm, en avant ou en arrière de cette dite ligne.
[0015] Conformément à une autre caractéristique de l'invention, le point milieu entre les
points de contact extrêmes avant et arrière se déplace vers l'avant du ski lorsque
l'angle d'inclinaison de ce dernier augmente. Autrement dit, le milieu de la longueur
de contact, déterminée toujours en chargeant le ski à son patin de telle sorte à faire
venir la carre sur le plan horizontal, présente une évolution spécifique. En effet,
ce point milieu de la longueur de contact est d'autant plus avancé que l'angle d'inclinaison
du ski est important. En d'autres termes, plus le ski est incliné, plus le point milieu
de la longueur de contact s'avance. Ce point est en général situé au-delà du point
milieu de chaussure, c'est-à dire le « point de montage » selon la définition de la
norme ISO 6289. Dans ces conditions, le skieur se retrouve avec un point d'application
de son poids de plus en plus en arrière du milieu de la longueur de contact, lorsque
l'angle d'inclinaison de ski augmente, ce qui améliore la conduite du ski, et permet
d'obtenir un ski de plus en plus performant.
DESCRIPTION SOMMAIRE DES FIGURES
[0016] La manière de réaliser l'invention, ainsi que les avantages qui en découlent, ressortiront
bien de la description du mode de réalisation qui suit, puis des figures annexées
dans lesquelles :
- la figure 1 est une vue de côté d'un ski conforme à l'invention, montré non chargé
;
- la figure 2 est une vue de côté du ski de la figure 1, mis à plat, et montré chargé
en son patin ;
- la figure 3 est une vue de côté montrant le ski de la figure 1 incliné à 45°, et chargé
en son centre ;
- la figure 4 est une vue en coupe selon le plan IV-IV de la figure 3 ;
- la figure 5 est une vue en perspective sommaire d'une installation sur laquelle sont
mesurés les paramètres caractéristiques de deux skis conformes à l'invention ;
- la figure 6 est une vue en perspective sommaire montrant un des skis de la figure
5 sous un angle de trois quarts dessous ;
- la figure 7 est une vue de côté du ski de la figure 1 montré chargé au niveau de son
extrémité avant ;
- la figure 8 est une vue de côté du ski de la figure 7, montré chargé uniquement au
niveau du patin, dans lequel sont représentés certains paramètres caractéristiques.
[0017] Bien entendu, les formes et dimensions montrées aux figures ne le sont qu'à titre
illustratif. Elles peuvent ainsi différer de la réalité et sont dans certains cas
exagérées ou hors de proportion, uniquement dans le but de faciliter la compréhension
de l'invention.
MANIERE DE REALISER L'INVENTION
[0018] Comme illustré à la figure 1, un ski 1 repose sur un plan horizontal 2 par deux zones
de contact 3,4 entre lesquelles la semelle de la planche 5 est séparée du plan horizontal
2 par un cambre 6.
[0019] De manière conventionnelle, le ski possède une marque 9 matérialisant le milieu de
la chaussure de l'utilisateur, ou selon la dénomination de la norme ISO 6289 le «
point de montage », et par rapport auquel seront montés les éléments de la fixation
de sécurité.
[0020] Lorsque, comme illustré à la figure 2, le ski est chargé au niveau central de manière
à annuler le cambre 6, la zone de contact entre la semelle 5 et le plan 2 s'étend
entre la ligne de contact avant 10 et la ligne de contact arrière 11. A titre d'exemple,
la ligne de contact avant 10 est située à une distance d'environ 30 à 40% de la longueur
du ski, à partir du point de montage 9, et préférentiellement entre 35 et 37%. En
avant de la ligne de contact avant 10, est donc définie la spatule 12 qui peut elle-même
se décomposer en deux régions adjacentes, dont la limite n'est toutefois pas définie
d'une manière normalisée. Une première partie 13 constitue le début de la spatule
et présente un grand rayon de courbure. Cette première partie 13 se prolonge par une
seconde partie 14 constituant le relevé de spatule qui possède un plus faible rayon
de courbure et se termine par l'extrémité avant 15 de la planche. Conformément à l'invention,
le ski présente un « profil spatule » particulier, c'est-à-dire une évolution de hauteur
de la surface inférieure de la spatule par rapport au plan horizontal 2.
[0021] Entre les deux lignes de contact avant 10 et arrière 11, est définie de façon normalisée
la zone patin 16. A l'arrière de la ligne de contact 11, est défini le talon 17 qui
se termine par l'extrémité arrière 18 de la planche. Il est possible que le talon
17 présente également une structure analogue à celle de la spatule, avec deux zones
présentant des rayons de courbure nettement différents, sans toutefois que cela soit
obligatoire. De même, selon l'invention le talon 17 présente un « profil talon » particulier,
c'est-à-dire une évolution de hauteur de la surface inférieure du talon par rapport
au plan horizontal 2. Le ski présente une ligne de cote qui s'élargit au-delà des
lignes de contact avant 10 et arrière 11.
[0022] Ainsi, lorsque le ski est à plat comme illustré à la figure 2, la surface de contact
qui est bordée par la longueur de contact possède une longueur
LP0 mesurée longitudinalement, et correspondant à la distance entre la ligne de contact
avant 10 et la ligne de contact arrière 11.
[0023] Selon une caractéristique de l'invention, la longueur de contact évolue d'une manière
particulière lorsque le ski est incliné latéralement. Ainsi, lorsque le ski est incliné
en le pivotant autour d'un axe parallèle à son axe longitudinal, il repose sur le
plan horizontal au niveau de deux zones de contact situées chacune dans la spatule
et le talon. Dans le cas le plus fréquent où le ski présente une ligne de cote creusée,
la carre n'est pas au contact du plan horizontal au milieu du patin, tant que le ski
n'est pas chargé. Toutefois, comme illustré aux figures 3 et 4, lorsque le ski reçoit
un effort perpendiculaire à sa face supérieure, appliqué sensiblement au niveau du
point de milieu de chaussure 9, le ski se cintre jusqu'à ce que la carre vienne toucher
le plan horizontal 2 au niveau du point milieu de chaussure 9. Dans ce cas, comme
illustré à la figure 3, on détermine, en utilisant une jauge d'épaisseur 0,1mm, les
points de contact extrêmes 23,24, qui figurent les limites avant et arrière de la
zone de contact entre la carre
20 et le plan horizontal 2. Il est à noter que selon la géométrie du ski, il est possible
que la carre ne touche pas le plan horizontal sur toute sa longueur entre les points
de contact extrêmes
23,24, sans toutefois modifier la définition de ces points. La distance
LPα entre les deux lignes transversales 25,26 passant par les points de contact extrêmes
avant
24 et arrière
23, correspond à la longueur de contact lorsque le ski est incliné d'un angle α. Il
est à noter que le repérage de ces deux lignes 25,26 se fait lorsque le ski est incliné
sur la carre, chargé par un effort d'au moins 40 Newtons appliqué au point de montage
9, dans une direction perpendiculaire au ski, et à l'aide d'une jauge de 0.1 mm. Ensuite,
la distance
LPα entre ces deux lignes 25,26 se mesure lorsque le ski est à plat et chargé en son
centre. Il faut noter que selon l'invention, la ligne de cote s'élargit au moins jusqu'aux
points de contact extrêmes 23, 24.
[0024] Plus précisément, le mode opératoire permettant de mesurer les différentes longueurs
de contact caractéristiques, est illustré aux figures 5 et 6. Ce mode opératoire permet
de solliciter les skis d'une manière similaire au comportement du ski lors d'un virage.
Il permet aussi de combiner les paramètres de ligne de cote et de profils spatule
et talon pour étudier l'évolution des lignes de contact. Ainsi, un tel système
50 comporte une table horizontale
51 très rigide non déformable, surmontée d'un portique
52 supportant un vérin
53 dont la position du point d'accroché
54 peut être réglée en fonction de la mesure à réaliser. L'inclinaison du vérin
53 et en particulier de sa tige, peut ainsi être modifiée en fonction de l'inclinaison
α souhaitée, cet angle α correspond à l'angle de prise de carre.
[0025] A l'extrémité de la tige 55 du vérin, on dispose une plaque 56 qui permet de venir
prendre appui sur la face supérieure de la planche 1. Il est également possible que
cette plaque vienne en prise dans les éléments constituant la fixation de sécurité.
Cette plaque 56 permet ainsi de répartir une partie des efforts exercés par le vérin
sur une zone du patin environnant le point milieu de chaussure en s'assurant également
que l'effort est exercé perpendiculairement à la surface du ski. Ainsi, dans la configuration
illustrée à droite dans la figure 5, le ski 61 repose à plat, et reçoit un effort
vertical au niveau du patin, permettant de définir dans les configurations de la norme
ISO 6289, et avec une jauge de 0.1mm, la position des lignes de contact avant 10 et
arrière 11.
[0026] Pour effectuer la mesure de la longueur de contact lorsque le ski 71 est incliné
sur la carre avec un angle α, on positionne le point d'accroche 54 du vérin de telle
sorte que sa tige forme un angle α avec une perpendiculaire au plan de la table. Dans
un mode préférentiel, la plaque située en bout de tige du vérin est solidaire de la
planche de telle sorte que le réglage de l'angle du vérin fixe l'inclinaison de la
planche par rapport au plan avec le même angle α.
[0027] Un effort est ensuite exercé par la tige du vérin de telle sorte que, comme illustré
à la figure 6, la carre 20 du ski vienne au contact du plan de la table 51. On détermine
alors les points de contact extrêmes
23,24, pour une inclinaison donnée. Conformément à l'invention, le ratio de la distance
Dα séparant le point de contact extrême avant
24 de la ligne de contact avant 10, rapportée à la distance D séparant la ligne de contact
avant 10 du même point milieu de chaussure
9, est supérieur à 12% pour un inclinaison α de 35°, et supérieur à 15%, et avantageusement
compris entre 18 et 21%, pour une inclinaison α de 45°. Ainsi, selon l'invention,
le choix d'une ligne de cote qui s'élargit au-delà de la ligne de contact avant, et
d'un profil de spatule particulier, permet d'accroitre la longueur de contact entre
ski à plat et ski basculé sur la carre.
[0028] Selon une autre caractéristique de l'invention, il est également possible de déterminer
un point présentant un intérêt vis-à-vis du positionnement des points de contact extrêmes,
en particulier dans la zone spatule. Un tel point est déterminé comme illustré à la
figure 7 lorsque le ski est chargé en son centre, de telle sorte que son cambre est
annulé, et qu'il reçoit complémentairement un effort F calibré au niveau de son extrémité
avant 1.
[0029] En pratique, cet effort est choisi à une valeur équivalente à 2 kg, de telle sorte
que la surface de contact entre la semelle et le plan horizontal 2 s'allonge par rapport
à la longueur portante lorsque le ski n'est chargé qu'en son patin. Cette limite,
dénommée « ligne de contact avancée », forme le repère 30 sur le ski. La ligne de
cote du ski s'élargit du patin jusqu'à cette ligne de contact avancée, et peut au-delà,
soit continuer à s'élargir, soit commencer à se rétrécir en direction de l'extrémité
du ski.
[0030] Comme illustré à la figure 8, lorsque l'effort F exercé au niveau de l'extrémité
avant est relâché, la spatule reprend sa configuration normale, en débutant au niveau
de la ligne de contact avant 10.
[0031] Selon une autre caractéristique de l'invention, la hauteur h séparant la semelle
du plan horizontal 2, lorsque le ski est à plat, chargé au patin, au niveau de la
ligne de contact avancée 30, est comprise entre 1 et 2 mm.
[0032] On a par ailleurs constaté pour les skis conformes à l'invention, que pour une inclinaison
α de 45°, le point de contact extrême avant 24 est, proche de la ligne de contact
avancée 30, et s'en trouve à moins de 40 mm, voire 30 mm, de préférence 20 mm environ,
en avant ou en arrière.
[0033] Les paramètres du ski, en particulier la ligne de cote et les profils de hauteur
spatule et talon, sont choisis de telle manière que la longueur de contact en spatule
augmente en fonction de l'angle α de prise de carre, de façon progressive jusqu'à
une valeur limite proche de la ligne de contact avancée 30. Au niveau du talon, la
position de point de contact extrême arrière 23 peut s'éloigner très peu de la position
de la ligne de contact arrière 11, ou se déplacer vers l'arrière lorsque l'angle α
de prise de carre augmente. Il est avantageux que le déplacement du point extrême
arrière 23 augmente moins vite que le déplacement du point extrême avant 24. Au niveau
de ce point de contact extrême arrière 23, pour une inclinaison de 45°, la hauteur
séparant la semelle du plan horizontal est inférieure à 1mm, lorsque le ski est à
plat et chargé au patin
[0034] Selon une autre caractéristique de l'invention, il est intéressant de noter que le
milieu de la longueur de contact pour différentes inclinaisons α, évolue d'une manière
qui est favorable à la conduite des virages. Ainsi, comme illustré à la figure 8,
les repères
PCEAR45, PCEAV45, PCEAR35, PCEAV35, PCEAR25, PCEAV25, PCEAR15, PCEAV15 des points de contact extrêmes ont été relevés à l'avant et à l'arrière pour différentes
inclinaisons de 45, 35, 25 et 15°, étant entendu que pour une inclinaison α de 0°,
les points extrêmes correspondent aux lignes de contact avant
10 et arrière
11. Le positionnement du milieu des points de contact extrêmes pour ces différentes inclinaisons
correspond aux points
M0, M,5, M25, M35, M45. On constate que ces points sont positionnés de telle sorte qu'ils se rapprochent
de l'avant du ski lorsque l'angle d'inclinaison α progresse. Cela signifie que le
point de contact extrême avant s'éloigne plus du milieu de la chaussure 9 que le point
de contact extrême arrière. Dans certaines configurations, et en particulier pour
les angles α importants, ce point milieu de la longueur de contact se retrouve en
avant du point milieu de chaussure 9. Une telle configuration a donné de bons résultats
en termes de comportement et correspond en particulier à un ski performant lorsqu'il
est suffisamment incliné sur la carre.
[0035] Un exemple particulier, et en aucun cas limitatif, présente les paramètres dimensionnels
suivants :
- longueur du ski : 166 cm
- position du point milieu de chaussure 9 : 780 mm à partir de l'extrémité arrière 18
- position par rapport au point milieu de chaussure 9, ligne de cote (ou largueur),
et hauteur par rapport au plan horizontal ski chargé à plat au patin, pour plusieurs
points particuliers, selon le tableau ci-après.
Points particuliers |
Distance au point milieu de chaussure 9 (en mm) |
Ligne de cote (en mm) |
hauteur (en mm) |
Ligne de contact avant 10 |
605 |
98 |
0 |
Point de contact extrême avant à 15°PCEAV15 |
632 |
100 |
|
Point contact extrême avant à 25° PCEAV25 |
692 |
106 |
|
Point contact extrême avant à 35° PCEAV35 |
715 |
108 |
|
Point contact extrême avant à 45° PCEAV45 |
725 |
109 |
1 |
Point contact avancé 30 |
730 |
110 |
1,4 |
Ligne de contact arrière 11 |
612 |
99 |
0 |
Point de contact extrême arrière à 35° PCEAR35 |
623 |
99,8 |
|
Point de contact extrême arrière à 45° PCEAR45 |
626 |
100 |
0,3 |
[0036] Il ressort de ce qui précède que le ski conforme à l'invention présente de multiples
avantages, en particulier celui de combiner à la fois une bonne maniabilité lorsque
le ski est à plat avec une bonne conduite de virage lorsque le ski est incliné, grâce
à une longueur de contact relativement rallongée. Cet accroissement de longueur de
contact est suffisamment importante pour que la différence entre le ski à plat et
le ski sur la carre à 45° soit significative. De ce fait, selon l'invention, le skieur
possède un ski de longueur donnée, longueur qu'il utilise de façon optimale à partir
d'un angle de prise de carre de 45°, mais qui est équivalent à un ski de longueur
plus court à plat, d'environ 15%. A titre d'exemple, un ski de longueur 166 cm, correspond
à plat à un ski de taille environ 141 cm, et un ski de 176 cm correspond à plat à
un ski de taille 153 cm. Ces skis présentent un intérêt particulier pour une pratique
sur piste, et présentent donc une largeur au patin inférieure à 85 mm environ, voire
même de préférence inférieure à 80 mm.
1. Ski (1), présentant un point milieu de chaussure (9), qui :
■ lorsqu'il est à plat sur un plan horizontal (2), et chargé en son patin de telle
sorte que les carres touchent ledit plan horizontal au niveau du patin, présente une
surface de contact s'étendant entre les lignes de contact avant (10) et arrière (11)
;
■ lorsqu'il est pivoté autour de son axe longitudinal et incliné d'un angle (α) non
nul par rapport audit plan horizontal (2), et chargé en son patin de telle sorte qu'une
des carres (20) touche ledit plan (2) au niveau du patin, présente une longueur de
contact s'étendant entre deux points de contact extrême, respectivement avant (24)
et arrière (23) ;
caractérisé en ce que, pour une inclinaison (α) égale à 35°, le ratio de la distance (Dα) séparant le point
de contact extrême avant (24) et la ligne de contact avant (10), rapportée à la distance
(D) séparant le point milieu (9) de la chaussure et la ligne de contact avant (10),
est supérieur à 12%.
2. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que pour un angle d'inclinaison (α) de 45°, le ratio (Dα/D) est supérieur à 15%.
3. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que pour un angle d'inclinaison (α) de 45°, le ratio (Dα/D) est compris entre 18% et
21%.
4. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour une inclinaison de 35°, la distance (Dα) séparant le point de contact extrême
avant (24) et la ligne de contact avant (10) est supérieure à 70 millimètres.
5. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour une inclinaison de 45°, la distance (Dα) séparant le point de contact extrême
avant (24) et la ligne de contact avant (10) est supérieure à 90 millimètres.
6. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il possède une ligne de contact avancée (30), correspondant à la limite avant de la
zone de contact du ski sur un plan horizontal, lorsque le ski est appliqué sur ledit
plan horizontal au niveau de son patin, et qu'il reçoit une force verticale (F) correspondant
au poids d'une masse de 2kg au niveau de son extrémité avant (15), et dans lequel,
au niveau de ladite ligne de contact avancée (30), la semelle est séparée du plan
horizontal d'une hauteur comprise entre 1 et 2 mm lorsque le ski n'est chargé qu'au
patin.
7. Ski selon la revendication 6, caractérisé en ce que le point de contact extrême (24), pour une inclinaison (α) de 45°, est distant de
la ligne de contact avancée (30) d'une distance inferieure à 4 cm, préférentiellement
à 2 cm.
8. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que le point milieu (M15, M25, M35, M45) entre les points de contact extrêmes avant (PCEAV45, PCEAV35, PCEAV25, PCEAV15 et arrière PCEAR45, PCEAR35, PCEAR25, PCEAR15), se déplace vers l'avant du ski lorsque l'angle d'inclinaison (α) augmente.
9. Ski selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'au niveau du point de contact extrême arrière (23), déterminé pour une inclinaison
(α) de 45°, la hauteur séparant la semelle du plan horizontal (2) est inférieure à
1mm, lorsque le ski est à plat et chargé au patin.
10. Ski selon la revendication 1, caractérisé présentent donc une largeur au patin inférieure
à 85 mm environ, voire même de préférence inférieure à 80 mm.