[0001] L'invention concerne les dispositifs de mesure de gaz dans le sang des plongeurs
et les procédés exploitant ces dispositifs pour piloter leur remontée afin d'éviter
les accidents de décompression.
[0002] Lors de la remontée, la diminution de la pression hydrostatique entraîne un changement
de phase des gaz dissous dans le sang lorsque le plongeur était en profondeur. Les
bulles qui se forment alors, si elles sont trop nombreuses, peuvent provoquer un accident
de décompression sous la forme d'une embolie pulmonaire ou d'une coagulopathie. Le
danger de ces accidents graves, qui peuvent être mortels ou entraîner des handicaps
très importants, sont bien connus des plongeurs qui appliquent des paliers de décompression
selon des tables qui sont calculées en fonction des profondeurs atteintes et des mélanges
gazeux utilisés pour respirer afin de permettre à la pression partielle des gaz dissous
de se rééquilibrer dans le sang au cours de la remontée.
[0003] Un premier problème est que les tables de décompression, malgré les sécurités prises,
ne peuvent être personnalisées, en fonction de la situation d'un individu à un moment
donné. On observe toujours un faible nombre d'accidents de décompression bien que
le plongeur ait respecté les paliers fournis par les tables.
[0004] Un deuxième problème est la difficulté de valider des tables de décompression dans
les nouvelles conditions opérationnelles rencontrées par les plongeurs professionnels,
civils ou militaires, qui doivent plonger de plus en plus profond, avec de nouveaux
mélanges gazeux. Typiquement, il n'y a pas de tables validées pour des plongées en
scaphandre autonomes entre 80m et 100m.
[0005] Il est connu de l'homme du métier que la détection de bulles dans les veines de la
région du coeur, au moyen de systèmes Doppler, fournit une bonne indication du stress
physiologique lié à la décompression et donc peut être utilisé pour améliorer les
procédures de décompression afin de réduire le risque d'accident.
[0006] Des moyens Doppler de détection de bulles associée à des mesures de vitesse ou de
pression dans des vaisseaux sanguins grâce à des émetteurs et des récepteurs ultrasoniques
installés sur la peau sont décrits dans la demande de brevet
FR 76 34550 et la demande américaine
US 6,261,233. En particulier le brevet français indique comment filtrer les fréquences entre 800Khz
et 5Mhz pour détecter les bulles de gaz au milieu des bruits liés à la circulation
sanguine. Des appareillages de ce type sont utilisés pour les études médicales sur
les plongeurs après leur plongée.
[0007] Le brevet
WO 2009/090529 reprend un capteur de ce type, lié à un calculateur et une mesure de la pression
hydrostatique pour comparer le niveau de bulles mesuré à un seuil critique et ainsi
avertir le plongeur s'il doit prolonger un palier de décompression ou limiter sa vitesse
de remontée. Le dispositif de base ainsi mis en place peut être sophistiqué en prenant
en compte l'historique de la plongée et les données propres au plongeur pour l'aider
à programmer sa plongée et personnaliser les profils de décompression.
[0008] Il faut cependant tenir compte du fait que la pression sanguine n'est pas uniforme,
que ce soit au cours d'un cycle cardiaque ou suivant la localisation. Des bulles ne
présentant pas de risques graves de thrombose en un endroit peuvent correspondre à
une production plus importante en d'autres endroits du corps.
[0009] On observe donc toujours des risques d'accidents même en intégrant la mesure des
niveaux de bulles dans le sang du plongeur pour corriger les tables de décompression.
Cela oblige donc à prendre des marges, et à imposer des durées de paliers de décompression
inutilement longs ou des vitesses de remontée trop faibles, car l'information sur
la possibilité d'apparition des bulles dans le sang intervient trop tardivement par
rapport au phénomène.
[0010] L'objectif de l'invention est donc d'obtenir une alerte la plus précoce possible
pour être sûr d'identifier le phénomène d'apparition de bulles à ses tous débuts et
non lorsqu'il est installé de tel sorte qu'il puisse avoir des conséquences physiologiques.
[0011] A cet effet, l'invention concerne essentiellement un dispositif de sécurité de plongée
sous-marine comprenant un capteur apte à détecter les bulles de gaz dans le sang du
plongeur, des moyens de fixations et de couplage fonctionnel du capteur au corps du
plongeur, un ordinateur avec un moyen de liaison au dit capteur capable de fournir
un signal si le niveau de bulle détecté dépasse un niveau requis, caractérisé en ce
qu'il comporte un capteur d'impulsions électriques cardiaques avec un moyen de liaison
à l'ordinateur portable, le dit ordinateur disposant d'un moyen de synchronisation
des capteurs, d'un moyen de découpage du cycle cardiaque en sous intervalles de temps
à partir des impulsions mesurée par le capteur de bulles et d'un moyen d'intégration
des mesures du capteur sur ces sous intervalles de temps pour fournir un taux de bulles
par cycles cardiaques.
[0012] Ce dispositif détecte bulles mis en oeuvre selon un procédé comportant les quatre
étapes suivantes :
- une première étape de fourniture d'un signal de synchronisation donnant une base de
temps de référence;
- une deuxième étape de fourniture d'un signal repérant le début et la fin d'un intervalle
de temps déterminé à chaque cycle cardiaque sur la base de temps de référence ;
- une troisième étape de fourniture d'un signal échantillonnant sur la base de temps
de référence les signaux du capteur de bulles, cette étape étant faite en parallèle
de la précédente ;
- une quatrième étape de fourniture à chaque cycle cardiaque d'un signal intégrant le
signal de la troisième étape sur l'intervalle de temps repéré par la deuxième étape.
[0013] Un deuxième objectif de l'invention est de piloter la remontée d'un plongeur en minimisant
les temps de paliers de décompression avec un maximum de sécurité. A cet effet, le
dispositif précédent comprend en outre un capteur de pression hydrostatique relié
à l'ordinateur, un module de calcul apte à fournir les données du capteur de pression
hydrostatique sur la base de temps commune, un module de calcul apte à exploiter ce
signal et celui donnant le taux de bulles par cycles cardiaques pour fournir un historique
de plongée et un module de calcul apte à exploiter ces données pour déterminer le
profil de remontée du plongeur
[0014] Le pilotage de la remontée d'un plongeur selon ce dispositif comporte les étapes
complémentaires suivantes :
- une cinquième étape de fourniture d'un signal par un moyen (15) apte à échantillonner
sur la base de temps de référence les signaux du capteur de pression hydrostatique
;
- une sixième étape de fourniture d'un signal donnant l'historique de la plongée par
un module de calcul apte à exploiter le signal de l'étape précédente et le taux de
bulles par cycles cardiaques;
- une septième étape de détermination du profil de remontée à suivre par un module de
calcul apte à exploiter le signal de l'étape précédente et le taux de bulles par cycles
cardiaques.
[0015] La détection de bulles est déjà utilisée dans les études médicales sur les plongeurs.
Pour caractériser l'état gazeux dans le sang, il est commode de classer les résultats
de mesures en 5 niveaux (score de Spencer) : pas de bulle, bulles isolées ou espacées,
bulles tous les 2-3 cycles cardiaques, bulles à chaque cycle cardiaque, flux continu
de bulles couvrant les bruits du coeur. Les risques d'accidents de décompression ont
été corrélés à ces niveaux par des études dans différentes conditions opérationnelle
pour le plongeur.
[0016] Ces études ont montré par ailleurs que le phénomène de dissolution des gaz lorsque
la pression augmente, puis de leur rejet lors de la décompression, est complexe et
non uniforme dans l'organisme. Le gaz se dissous dans le sang mais également dans
les tissus du corps humain. Ces tissus restituent donc le gaz dans le sang selon leur
texture et la pression locale. In fine, on s'aperçoit que les niveaux de bulles dans
les vaisseaux traversant des organes vitaux peuvent être très supérieurs à ceux observés
au niveau du coeur lorsque la mesure qui est faite intègre les résultats sur l'ensemble
du cycle cardiaque.
[0017] L'invention a pour effet de mesurer le niveau de bulles en un endroit du corps et
à un moment où la pression est minimale. D'une part, la pression est plus faible sur
le côté droit du coeur, au retour veineux mais, surtout, le dispositif permet de mesurer
le niveau de bulle sur un faible instant, lors de la protodiastole, lorsque la pression
est la plus faible, sans intégrer le résultat sur tout le cycle cardiaque. La pression
lors de la diastole est significativement plus faible que lors de la systole. Cette
différence de pression, qui est de 18 mmHg, ne semble pas énorme mais est propice
pour un changement de phase. En particulier, si on exploite ce signal en se plaçant
sur une échelle de Spencer, on atteindra plus vite un score élevé, ce qui rend l'alerte
plus précoce. La précision de l'observation du phénomène par le dispositif permet
de piloter la décompression de manière fine et adaptée à chacun.
[0018] La mise en oeuvre de techniques Doppler avec des ultrasons pour détecter les bulles
de gaz dans le réseau vasculaire a été décrite dans les demandes de
brevets FR 76 34550 et
US 6.261.233. Si ces documents explicitent la théorie permettant d'obtenir des résultats sûr,
les émetteurs et récepteurs qui y sont décrits sont relativement encombrants et d'un
positionnement délicat. Des études plus récentes ( J Johasson & J Desling de l'université
de Luléa « a compact Ultrasonic Transducer using the active piezoceramic material
as electronic carrier ») prouvent que des dispositifs intégrés et compacts, pouvant
se plaquer sur le corps du plongeur sans gêner ses mouvements, sont disponibles.
[0019] Par ailleurs, compte tenu des fréquences acoustique utilisées, entre 800Khz et 5
Mhz, l'utilisation de cette technique dans l'eau ne pose pas de problème car l'impédence
acoustique des tissus est voisine de celle de l'eau.
[0020] Le document
FR 76 34550 montre que les fréquences des bruits émis par le coeur étant au maximum de l'ordre
de 500KHz, l'utilisation d'instruments Doppler émettant dans une gamme de fréquence
comprise entre 2,5 MHz et 3,5 MHz permet d'effectuer facilement un filtrage des bruits
physiologiques pour obtenir le signal de détection des bulles.
[0021] Le fonctionnement de l'invention pourra être mieux compris par la description d'un
exemple de réalisation de l'invention et au regard des figures annexées :
- La figure 1 représente un schéma d'un dispositif selon l'invention ;
- La figure 2 représente un enregistrement cardiaque approximatif que l'on peut obtenir
avec un capteur d'impulsions électromagnétiques du coeur (électrocardiogramme),
- La figure 3 montre le procédé de traitement des données par le dispositif
[0022] La figure 1 montre une sangle (1) entourant le thorax, serrée avec un moyen de serrage
connu permettant de la maintenir en position une fois installée et qui plaque un capteur
de bulles ultrason (2) contre la poitrine du plongeur. Avantageusement, la sangle
comporte une partie élastique permettant de maintenir sa position en accompagnant
les mouvements de la cage thoracique. Le capteur est positionné de manière préférentielle
entre la 2
éme et la 3
éme côtes juste à gauche du sternum pour effectuer la mesure sur le retour veineux, au
niveau de l'oreillette et du ventricule droit du coeur. Si le plongeur utilise une
combinaison de plongée sèche, il humidifie la face du capteur qui sera plaquée contre
son corps.
[0023] Le capteur Doppler fonctionne à une fréquence comprise entre 2 et 8 Mhz et il est
équipe d'un moyen d'émission électromagnétique. (6) lui permettant d'envoyer ses résultats
à un ordinateur portable (3). De tels équipements existent, on pourra utiliser par
exemple un capteur fourni par la marque Sonicaid ™.
[0024] L'invention comporte également un capteur (4) apte à percevoir les impulsions électromagnétiques
du coeur. Il s'agit de manière connue de capteurs électriques comprenant au moins
2 électrodes qui doivent être plaquées contre le corps au niveau du coeur. On pourra
par exemple utiliser le capteur polar T
31 de UWATEC ™. Il est possible d'intégrer ce capteur des impulsions cardiaques (4)
et le capteur de bulles ultrason (2) à la même ceinture afin d'obtenir un ensemble
compact, facile à installer sur la poitrine du plongeur. Ce capteur est aussi équipé
d'un émetteur électromagnétique permettant d'envoyer ses résultats (6b).
[0025] L'ordinateur portable peut être avantageusement fixé au poignet du plongeur avec
son écran de présentation des informations. Il est lui-même équipé d'un récepteur
(7) permettant de recevoir le signal des émetteurs (6) et (6b) des capteurs. Ces émetteurs
et le récepteur de l'ordinateur portable forment des moyens de liaison sans fil (61)
et 61b) entre celui-ci et les capteurs (2) et (4).
[0026] L'ordinateur exploite les mesures et pour fournir en continu le niveau de bulle maximum
observe lors des cycles cardiaques en suivant les quatre étapes décrites ci-après.
[0027] La première étape est exécutée par un module de synchronisation (13) apte à fournir
un signal de synchronisation qui permet aux modules de calcul traitant les étapes
suivantes d'avoir la même base de temps.
[0028] Une deuxième étape est exécutée par un module de calcul (12) apte à déterminer l'intervalle
de temps à chaque cycle cardiaque pendant lequel la mesure du capteur de bulles sera
exploitée pour définir à quel niveau on se place et déclenche une alerte en repérant
cet intervalle par rapport à la base de temps fournie par le module de synchronisation
(13). Cet intervalle de temps est déterminé pour optimiser la détection en n'intégrant
le signal du capteur que dans la zone de temps où il est maximum, c'est-à-dire lorsque
la pression sanguine est minimum, comme décrit ci-après.
[0029] Le tracé de l'intensité des ondes électromagnétiques engendrées par le coeur et enregistrées
par le capteur (4) est appelé électrocardiogramme (ECG). C'est le reflet de l'activité
électrique totale du coeur. La figure 2 représente approximativement un électrocardiogramme
normal qui est composé de cinq ondes. La première, l'onde P, est faible amplitude
et dure environ 0,08s. Elle résulte d'une activité électrique au niveau des oreillettes,
environ 0,1 s après le début de l'onde P, les oreillettes se contractent
[0030] L'ensemble des trois ondes, Q, R et S correspond à une activité électrique des ventricules
avant la contraction. Sa forme complexe reflète la taille inégale des ventricules
et leurs caractéristiques électriques différentes. Cet ensemble précède la contraction
des ventricules et a une durée moyenne de 0,08s
[0031] L'onde T est causée par l'activité des ventricules avant relâchement (diastole).
L'onde T est plus longue et d'amplitude plus faible que les ondes Q, R et S.
[0032] La pression intracardiaque augmente lors des phases de contraction (systole) des
oreillettes (intervalle PR) et des ventricules (intervalle QT). Elle redescend lors
de la diastole, entre l'onde T et l'onde P. C'est en fait lors de la protodiastole,
courte phase suivant l'onde T pendant laquelle les ventricules se relâchent que la
pression intracardiaque est la plus faible et que la genèse des bulles est la plus
probable. L'intervalle TP correspondant à la protodiastole est inférieur à la période
de relaxation complète, qui correspond elle-même à la moitié de la durée de la révolution
cardiaque.
[0033] Avantageusement, le module de calcul (12) ciblera cet intervalle TP pour intégrer
les mesures et il sélectionnera l'intervalle de temps précédant P sur une durée comprise
entre 30% et 40% du temps total de la révolution cardiaque. En supposant que le coeur
batte à 75 battements par minute, la durée de la révolution cardiaque sera de 0,8s,
donc la durée de la mesure avant P sera d'environ 0,3s.
[0034] Une troisième étape est exécutée par un module de traitement (11) apte à transformer
le signal venant du capteur de bulles ultrason (2) en un signal échantillonné sur
la base de temps fournie par le module de synchronisation (13). Le temps de transit
des bulles les plus rapides qui est d'environ 0,01s impose une fréquence d'échantillonnage
minimum sur le capteur pour ne pas éliminer ces bulles durant la mesure. Avantageusement,
cette fréquence d'échantillonnage sera supérieure à 100Hz.
[0035] Les étapes 2 et 3 sont effectuées en parallèle et les signaux résultants sont traités
par une quatrième étape. Cette étape est réalisée par un module de calcul (14) apte
à intégrer le signal venant du module (11) sur l'intervalle de temps fourni par le
module (12). Cette intégration fournit un signal proportionnel au nombre de bulles
durant la période où celui-ci atteint un maximum à chaque cycle cardiaque. Compte
tenu du temps de transit de la bulle (10 micro secondes), ce module doit faire un
calcul d'intégration pour définir le niveau de bulles. Avantageusement on utilisera
une méthode basée sur la détection des harmoniques, par exemple celle nommée
« Empirical Mode Décomposition » décrite par Chapell & Payne (2005).
[0036] Avantageusement, au cours de cette quatrième étape, le signal ainsi traité pour mesurer
le niveau de bulles sera également placé sur une échelle de Spencer pour fournir un
résultat plus facilement interprétable en vue d'une alerte au tout début de l'apparition
du phénomène dans le corps du plongeur.
[0037] Dans un mode de réalisation plus complet, le dispositif comprend un capteur de pression
hydrostatique (5) qui fournit à l'ordinateur portable (4) la profondeur à laquelle
se trouve le plongeur. De tels capteurs sont couramment utilisés par les plongeurs
et intégrés au support physique de l'ordinateur.
[0038] L'ordinateur portable (4) fournit alors des instructions sur la vitesse de remontée
du plongeur en tenant compte d'une alarme précoce d'accident de décompression, en
suivant trois étapes qui suivent le procédé précédent.
[0039] Une première étape est exécutée par un module (15) apte à transformer le signal du
capteur de pression hydrostatique (5) et le signal fourni par le module synchronisation
(13) en une profondeur sur la base de temps commune.
[0040] Une deuxième étape est exécutée par un module (16) apte à combiner le signal pression
fourni par le module (15) et le signal de niveau de bulles fourni par le module (14)
pour construire un profil de plongée consistant en un historique des profondeurs atteintes
avec les niveaux de bulles observés.
[0041] Une troisième étape est exécutée par un module de calcul (17) apte à comparer à chaque
moment le profil de plongée donné par le module (16) avec des tables et des calculs
préalables résultant des études existantes sur la décompression des plongeurs fournis
par un , module de mémoire (18). Le résultat de cette comparaison est traduit en instructions
au plongeur qui peuvent être une alarme pour arrêter la remontée, une autorisation
de reprendre la remontée ou des directives plus complexes sur le profil de plongée
à venir. Les modules de calcul (1b) et (17) peuvent être physiquement intégrés.
[0042] Les indications fournies par cette troisième étape peuvent être par exemple:
- Fin de pallier à 6m
o Pas de bulle --> « Respectez le pallier à 3m »
- Fin de pallier à 6m
o Bulles à chaque cycle cardiaque - > « Attendez. »
o Bulles tous les 2 à 3 cycles cardiaques - > « Attendez.... »
[0043] Ces consignes tiendront également compte de la quantité de gaz disponible dans le
bloc de plongée. Cette information, qui peut être fournie par un manomètre relié en
permanence à l'ordinateur par une liaison sans fil, est primordiale pour pondérer
les consignes et ainsi éviter un manque de gaz. Elle sera alors exploitée par le module
(17) qui élabore les instructions.
[0044] Avantageusement le dispositif comprendra en outre un débitmètre sur l'appareil respiratoire.
Cet appareil sera couplé à l'ordinateur qui comprendra en outre un module d'interface
par lequel le plongeur pourra indiquer le type de mélange gazeux utilisé et d'autres
données spécifiques à la plongée en cours. Un capteur mesurant le CO2 expiré par le
plongeur sera aussi avantageusement intégré au dispositif Ces données seront utilisées
par le module de calcul (17) qui exploite les niveaux de bulles pour fournir des instructions
au plongeur.
[0045] En effet, pour atteindre des profondeurs importantes, les plongeurs utilisent des
mélanges de gaz spécifiques. Ces mélanges de gaz qui passent dans le sang ont des
caractéristiques différentes de taux d'absorption puis de dégazage dans les tissus
et le sang qui doivent être prises en compte dans les tables.
[0046] De même, la mesure du CO2 permet d'obtenir le volume de saturation de gaz inerte
par soustraction avec l'oxygène. Le taux de CO2, qui est un gaz du catabolisme, est
un indice d'échange pulmonaire, donc du risque d'oedème pulmonaire.
[0047] Dans un mode plus sophistiqué, il peut prendre en compte de façon connue l'historique
du plongeur pour s'adapter à sa physiologie. Il peut aussi exploiter les résultats
du capteur d'impulsions électriques cardiaques (4) qui donne le rythme cardiaque comme
un élément correctif intégré au calcul des tables de désaturation. Ce correctif calcule
de façon connue l'intervalle de temps entre deux ondes R de l'ECG dont l'évolution
renseigne sur le niveau de l'effort exercé sur le plongeur. A terme, ce sera un paramètre
supplémentaire à intégrer au niveau de bulle, pour plus de sécurité.
[0048] Avantageusement, le dispositif continuera à fonctionner au moins une heure après
la sortie de l'eau. En effet, les bulles sont plus nombreuses 30 minutes après la
sortie de l'eau, même si elle sont détectables avant. Le dispositif peut donc servir
à prévenir de l'occurrence d'un accident de décompression après la plongée dans les
cas critiques. Cette utilisation peut aussi permettre de modifier les profils de remontée
pour des plongées ultérieures afin de limiter le niveau de bulles dans les instants
qui la suivent.
[0049] Dans un mode de réalisation supplémentaire, un module apte à exploiter des données
telles que le nom du plongeur et à comparer l'historique de la plongée en cours avec
ceux de plongées précédentes fournira des profils de remontées adaptés au plongeur.
Le module de calcul pourra définir une corrélation entre l'apparition du phénomène
bullaire de l'utilisateur et ses profils de plongée. Il pourra alors prévenir l'apparition
des bulles pour définir une vitesse de « remontée » de confort minimisant l'apparition
de bulles.
[0050] Ce résultat pourra donc ensuite être mémorisé par le module mémoire (18) qui le fournira
au module de calcul (17).
[0051] Un tel dispositif peut également être utilisé en caisson de décompression pour le
traitement des accidents de plongée ou les études.
1. Dispositif de sécurité de plongée sous-marine comprenant un capteur (2) apte à détecter
les bulles de gaz dans le sang du plongeur, des moyens de fixations et de couplage
fonctionnel du capteur au corps du plongeur (1), un ordinateur avec un moyen de liaison
(61) au dit capteur capable de fournir un signal si le niveau de bulle détecté dépasse
un niveau requis, caractérisé en ce qu'il comporte un capteur (4) d'impulsions électriques cardiaques avec un moyen de liaison
(61b) à l'ordinateur portable (3), le dit ordinateur disposant d'un moyen de synchronisation
des capteurs (13), d'un moyen de découpage du cycle cardiaque en sous intervalles
de temps (12) à partir des impulsions mesurée par le capteur (4), d'un moyen de traitement
(11) des mesures du capteur (2) sur la même base de temps que le moyen (12) et d'un
moyen (14) d'intégration des mesures du capteur (2) sur ces sous intervalles de temps.
2. Dispositif selon la revendication 1 comprenant un capteur de pression hydrostatique
(5) relié à l'ordinateur (4), un module de calcul (15) apte à fournir les données
du capteur (5) sur la base de temps du module (13), un module de calcul (16) apte
à exploiter ce signal et celui du module (14) pour fournir un historique de plongée
et un module de calcul (17) apte à exploiter ces données pour déterminer le profil
de remontée du plongeur.
3. Procède de détection des bulles mis en oeuvre par un dispositif selon la revendication
1 comportant les quatre étapes suivantes :
- une première étape de fourniture d'un signal de synchronisation donnant une base
de temps de référence par le moyen (13) ;
- une deuxième étape de fourniture d'un signal repérant le début et la fin d'un intervalle
de temps déterminé à chaque cycle cardiaque par un moyen (12) apte à traiter les signaux
du capteur d'impulsions cardiaques (2) sur la base de temps de référence ;
- une troisième étape de fourniture d'un signal par un moyen (11) apte à échantillonner
sur la base de temps de référence les signaux du capteur de bulles (2), cette étape
étant faite en parallèle de la précédente ;
- une quatrième étape de fourniture à chaque cycle cardiaque d'un signal par un moyen
(14) apte à intégrer le signal de la troisième étape sur l'intervalle de temps repéré
par la deuxième étape.
4. Procédé selon la revendication 3 pour lequel l'intervalle de temps repéré à l'étape
2 précède immédiatement l'onde P avec une durée de valeur comprise entre 30 et 40%
du cycle cardiaque.
5. Procédé selon les revendications 3 ou 4 avec une étape supplémentaire consistant à
comparer le signal de la quatrième étape sur plusieurs cycles cardiaques pour placer
le niveau de bulles selon des critères prédéterminés, notamment sur une échelle de
Spencer.
6. Procédé de pilotage de la remontée d'un plongeur selon les revendications 2, 3 ou
4, comportant les étapes complémentaires suivantes mises en oeuvre par un dispositif
selon la revendication 2 :
- une cinquième étape de fourniture d'un signal par un moyen (15) apte à échantillonner
sur la base de temps de référence les signaux du capteur de pression hydrostatique
(5);
- une sixième étape de fourniture d'un signal donnant l'historique de la plongée par
un module de calcul (16) apte à exploiter le signal de l'étape précédente et celui
du module (14) ;
- une septième étape de détermination du profil de remontée à suivre par un module
de calcul (17) apte à exploiter le signal de l'étape précédente et celui du module
(14.