[0001] L'invention concerne les chaussures, notamment celles de marche ou de sport. De telles
chaussures peuvent être utilisées dans des domaines tels que la marche, la course
sur terrain plat ou en montagne, des chaussures de sport pour un usage urbain, la
pratique de sports d'intérieur tels que le squash ou le volley ball, la pratique de
sports d'équipe tels que le football ou le handball.
[0002] Pour les utilisations envisagées, une chaussure doit notamment présenter une certaine
souplesse. Cela signifie que la chaussure doit être apte à épouser certaines déformations
du pied. Il s'agit par exemple de permettre un bon déroulement du pied pendant la
marche. Le pied subit notamment d'importantes déformations lors de son déroulement,
lorsque le talon s'éloigne du sol, ou lors d'une flexion au niveau du métatarse.
[0003] Une chaussure doit également maintenir le pied, c'est-à-dire éviter les mouvements
intempestifs du pied par rapport au semelage ou à la tige. Cela pour une bonne précision
de conduite, et pour éviter les risques de traumatismes. Par corollaire, la chaussure
doit suffisamment serrer le pied, tout en préservant un confort satisfaisant.
[0004] Une chaussure doit aussi présenter une bonne capacité d'amortissement, lequel a vocation
à réduire, voire empêcher, les fatigues ou les traumatismes qui pourraient résulter
d'appuis ou d'impacts sur le sol, ou de sollicitations diverses.
[0005] De manière connue une chaussure comprend un élément chaussant, lequel présente un
flanc latéral et un flanc médial délimitant une ouverture arrière d'introduction du
pied, ainsi qu'une ouverture avant disposée à hauteur du cou-de-pied et s'étendant
vers le métatarse de l'utilisateur. L'ouverture avant est parfois obturée par une
languette. Un dispositif de serrage est prévu pour serrer la tige de manière réversible.
Ce dispositif peut comprendre un ou plusieurs brins de lacet qui cheminent d'un flanc
à l'autre, au niveau de l'ouverture avant.
[0006] L'élément chaussant présente également une empeigne, qui joint les flancs latéral
et médial entre l'ouverture avant et une extrémité avant de la chaussure. Bien entendu
l'empeigne couvre les orteils de l'utilisateur.
[0007] En pratique, le déroulement du pied lors de la marche ou de la course induit des
déformations importantes de la morphologie du pied. Dans de nombreuses régions, comme
celle du métatarse, une section transversale du pied voit simultanément sa hauteur
se réduire et sa largeur augmenter, et vice versa, au cours d'un cycle de marche.
A ce phénomène s'en ajoute un autre, à savoir celui de l'augmentation générale du
volume du pied lors d'un exercice intense ou prolongé. C'est le cas par exemple lors
de la pratique de la course à pied, sur de longues distances ou pendant une période
prolongée. Cette pratique entraine à la fois de la fatigue et une augmentation générale
du volume du pied, phénomène qui s'ajoute à celui de variation de section transversale
évoqué avant.
[0008] On a également observé que l'amplitude des variations diffère d'un individu à l'autre.
[0009] Les chaussures connues proposent généralement un compromis au niveau de la rigidité
de l'élément chaussant, afin de concilier la nécessité d'assurer un maintien optimal
du pied et la nécessité de ne pas meurtrir le pied lors de ses variations de volume.
Ainsi le flanc latéral, l'empeigne et le flanc médial d'une chaussure sont structurés
pour couvrir le pied de façon homogène. En conséquence la chaussure maintient correctement
le pied. Cela signifie notamment que la transmission des impulsions de conduite ou
des informations sensorielles se fait avec précision.
[0010] Cependant, il est apparu qu'une telle chaussure n'apporte pas nécessairement tout
le confort souhaité. Notamment au niveau du métatarse, ou au niveau des articulations
entre le métatarse et les orteils, le pied est parfois exagérément serré, ou encore
meurtri par des plis formés lors de flexions de l'élément chaussant. Cela revient
à dire que la chaussure manque de confort. Afin de remédier à cet inconvénient, l'art
antérieur a proposé des solutions.
[0011] Par exemple, selon le document
EP 082 824, la chaussure comprend une empeigne élastifiée. Cela signifie que la partie de l'élément
chaussant située au niveau des orteils et du métatarse est capable de se déformer
élastiquement, de manière réversible. Cette chaussure s'adapte facilement au pied,
et procure un confort accru à celui-ci. Cependant le maintien du pied est insuffisant
dans le sens où la transmission des informations, liées à l'utilisation de la chaussure,
est altérée ou insuffisante.
[0012] On peut résumer l'art antérieur en disant que certaines chaussures apportent un bon
maintien mais manquent de confort, et qu'à l'inverse d'autres chaussures sont plus
confortables mais offrent un maintien du pied insuffisant, au moins dans certaines
configurations. En d'autres termes aucune chaussure connue ne réussit à concilier,
avec suffisamment d'optimisation, les deux caractéristiques antinomiques qui sont
d'une part le maintien du pied au sens de la précision et, d'autre part, son confort
au sens bien sûr de la préservation des traumatismes, des ampoules mais, aussi, au
sens d'une constance dans la durée d'utilisation.
[0013] Par rapport à cela l'invention a pour but général d'améliorer les chaussures selon
l'art antérieur. Ainsi l'un des buts de l'invention est de concilier les deux caractéristiques
antinomiques que sont le maintien du pied ou la précision de transmission des informations
entre le pied et la chaussure, avec le confort du pied dans la chaussure. Bien entendu
le confort doit être considéré dans toutes les phases d'utilisation, c'est-à-dire
quelles que soient les intensités des impulsions, et quelle que soit la durée d'utilisation.
Il s'agit par exemple de prendre en compte les déformations naturelles du pied lors
du déroulement ou d'un appui en flexion, en combinaison avec la variation générale
de son volume lors d'une utilisation intense ou prolongée.
[0014] Pour ce faire l'invention propose une chaussure comprenant un semelage externe et
une tige, la chaussure s'étendant selon une direction longitudinale depuis une extrémité
arrière jusqu'à une extrémité avant, selon une direction transversale entre un bord
latéral et un bord médial, et en hauteur entre le semelage externe et un dessus, la
tige comprenant une empeigne.
[0015] La chaussure selon l'invention est caractérisée par le fait que la tige comprend
au moins une partie structurée pour se déformer élastiquement de manière réversible
et de façon que les déformations soient contrôlées. On améliore ainsi le maintien
et le confort du pied.
[0016] Selon un mode de réalisation de l'invention, l'empeigne comprend une partie arrière
destinée à couvrir le métatarse du pied de l'utilisateur, une partie avant destinée
à couvrir les orteils du pied de l'utilisateur, et une partie intermédiaire destinée
à couvrir la jonction entre les orteils et le métatarse du pied de l'utilisateur,
la partie intermédiaire reliant la partie arrière à la partie avant, et s'étendant
du bord latéral au bord médial, la partie intermédiaire étant structurée pour se déformer
élastiquement de manière réversible et de façon que les déformations soient contrôlées.
[0017] La partie intermédiaire est une section transversale de la tige qui présente une
élasticité supérieure aux parties arrière et avant. La partie intermédiaire exerce,
entre les parties arrière et avant, des efforts de rappel proportionnels aux sollicitations
qu'elle subit, en accompagnant les déformations de l'empeigne. La partie intermédiaire,
par son élasticité, évite l'apparition de plis ou de points durs entre les parties
arrière et avant, ce qui évite de meurtrir le pied.
[0018] La partie intermédiaire exerce une constriction élastique sur le pied, transversalement,
au niveau des articulations entre les orteils et le métatarse. Ainsi cette section
transversale du pied peut se déformer en étant maintenue de manière constante, c'est-à-dire
sans excès temporaire de serrage et sans relâchement temporaire. Cela réduit la fatigue,
surtout en utilisation prolongée, et réduit aussi, voire supprime, tout risque de
traumatisme.
[0019] La partie intermédiaire forme une liaison régulière entre les parties arrière et
avant, par opposition à une liaison qui, si elle n'avait pas été élastique, aurait
formé des plis. Cela facilite des mouvements relatifs entre les parties arrière et
avant, notamment lors de la flexion de la chaussure, flexion qui a lieu par exemple
pendant un mouvement de déroulement du pied.
[0020] D'une manière générale, on peut dire que la chaussure de l'invention apporte à la
fois une bonne tenue de pied et du confort. En particulier, au niveau des articulations
entre les orteils et le métatarse, le maintien entre l'empeigne et le pied reste dans
une plage de valeurs proches les unes des autres, en terme d'intensité, pendant les
différentes phases d'utilisation de la chaussure, d'où un confort constant.
[0021] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront clairement de
la description qui en est faite ci-après, à titre indicatif et nullement limitatif,
en référence au dessin annexé, dans lequel :
- la figure 1 est une vue en perspective d'une chaussure au repos selon un mode de réalisation
de l'invention ;
- la figure 2 est une vue de dessus de la partie avant de la chaussure de la figure
1 ;
- la figure 3 est une vue de côté de la chaussure de la figure 1 au repos ;
- la figure 4 est une vue en coupe de la chaussure de la figure 1 ;
- la figure 5 est une vue en coupe transversale de la chaussure de la figure 1 au niveau
de sa partie intermédiaire ;
- la figure 6 est une vue agrandie de détail de la figure 4 ;
- la figure 7 est une vue de côté de la chaussure de la figure 1 durant un déroulement,
- la figure 8 est une vue de dessus de la partie avant de la chaussure de la figure
7, c'est-à-dire dans une phase de travail,
- la figure 9 est une vue agrandie d'une subdivision d'une partie intermédiaire de l'empeigne,
dans un cas où la chaussure est au repos,
- la figure 10 est similaire à la figure 9, dans un cas où la chaussure est dans une
phase de travail.
[0022] La figure 1 montre un premier exemple de réalisation de l'invention, lequel s'applique
à une chaussure 1 pour la pratique de la marche ou de la course. La chaussure comprend
un semelage externe 200 et une tige 300. La chaussure 1 s'étend selon une direction
longitudinale L depuis une extrémité arrière 2 jusqu'à une extrémité avant 3, selon
une direction transversale W entre un bord latéral 4 et un bord médial 5, et en hauteur
entre le semelage externe 200 et un dessus 6.
[0023] La tige comprend une empeigne 305, laquelle est destinée à couvrir le pied depuis
le cou-de-pied jusqu'aux orteils. L'empeigne 305 comprend notamment une partie arrière
340 pour recouvrir le métatarse du pied, une partie avant 310 pour recouvrir les orteils
du pied et une partie intermédiaire 320 pour recouvrir la jonction entre les orteils
et le métatarse du pied. La partie intermédiaire 320 relie la partie arrière 340 et
la partie avant 310 de la tige. La partie intermédiaire 320 comprend une couche textile
323, plus ou moins extensible, obtenue par exemple par la technique du tricotage.
La partie intermédiaire comprend aussi une membrane élastique 321, prévue pour s'allonger
de manière réversible. La couche textile et la membrane élastique sont superposées
et s'étendent ici en continu depuis le bord latéral 4 jusqu'au bord médial 5 de la
chaussure. Plus précisément la couche et la membrane s'étendent d'un bord à l'autre
au niveau du semelage externe 200, c'est-à-dire selon 100% de la partie intermédiaire
320 selon la direction transversale W. Cependant, dans l'esprit de l'invention, la
couche et la membrane peuvent s'étendre entre 80 et 100% de la partie intermédiaire.
Il va de soi que la partie intermédiaire présente une élasticité supérieure à l'élasticité
de la partie avant et de la partie arrière de la tige. Cela revient à dire que la
partie intermédiaire s'allonge plus pour une sollicitation de même intensité.
[0024] On remarque que la partie intermédiaire est orientée transversalement, c'est-à-dire
selon la direction W perpendiculaire à la direction longitudinale L de la chaussure.
Toutefois il est possible, en restant dans l'esprit de l'invention, que la partie
intermédiaire soit orientée selon un angle compris entre 90° et 120° par rapport à
la direction longitudinale L.
[0025] Afin d'optimiser son rôle, la partie intermédiaire 320 est agencée de façon que son
élasticité soit contrôlée. Plus précisément l'élasticité est amortie et donc contrôlée,
afin d'éviter des variations de dimensions intempestives. En l'occurrence, la couche
textile 323 et la membrane élastique 321 sont solidarisées l'une à l'autre, par exemple
par un moyen de collage.
[0026] Bien entendu le rôle de la membrane élastique est comparable à celui d'un ressort,
tandis que celui de la couche textile s'apparente à celui d'un amortisseur, celui-ci
filtrant les impulsions ou les informations parasites.
[0027] Une telle chaussure permet d'assurer un contact continu au niveau de la jonction
entre les orteils et le métatarse, cette jonction présentant une très grande variation
de sa section durant le déroulement du pied, comme on le voit sur la figure 8. Ce
contact permet d'assurer une tenue du pied sans nuire au confort de l'utilisateur,
et ce pour toutes les positions de déroulement du pied. La tenue du pied est par ailleurs
optimisée par la moindre élasticité des parties avant 310 et arrière 340, dans des
zones du pied subissant une moindre déformation de section.
[0028] La figure 1 est une vue en perspective d'un mode de réalisation de la chaussure 1
selon l'invention en position de repos. Les figures 2 et 3 sont respectivement des
vues de dessus et de côté de la chaussure 1 de la figure 1 dans cette même position
de repos. Comme on l'a vu la chaussure 1 s'étend en longueur selon la direction longitudinale
L entre l'extrémité arrière ou talon 2 et l'extrémité avant ou pointe 3. La chaussure
1 s'étend en largeur selon la direction transversale W entre le côté latéral 4 et
le côté médial 5.
[0029] La chaussure 1 comprend un semelage externe 200 et une tige 300 fixée sur le semelage
200. Le semelage 200 est destiné à être interposé entre le sol et le pied de l'utilisateur.
La tige 300 est destinée à recouvrir le pied de l'utilisateur et à assurer son contact
contre le semelage 200.
[0030] La tige 300 comprend une empeigne 305, laquelle présente la partie avant 310 destinée
à recouvrir les orteils du pied. L'empeigne 305 présente également la partie arrière
340 destinée à recouvrir le métatarse et le coup-de-pied. Une ouverture 341 est ménagée
dans la partie arrière 340 pour permettre l'introduction du pied à l'intérieur de
la chaussure 1. L'empeigne 305 présente en outre la partie intermédiaire 320 destinée
à recouvrir la jonction entre les orteils et le métatarse du pied. La partie intermédiaire
320 relie la partie arrière 340 et la partie avant 310 de la tige 300, c'est-à-dire
de l'empeigne 305.
[0031] Le semelage 200 est délimité transversalement par le bord médial 5 et le bord latéral
4. La partie arrière 340 présente un flanc médial 343 s'étendant depuis le bord médial
du semelage 200, et un flanc latéral 342 s'étendant depuis le bord latéral du semelage
200. Le flanc latéral 342 et le flanc médial 343 sont joints à l'arrière de l'ouverture
341. La chaussure 1 est destinée à faciliter la marche ou la course et présente ainsi
un semelage 200 ayant une souplesse suffisante pour pouvoir être fléchi autour d'un
axe transversal de la chaussure. Le semelage 200 permet ainsi un déroulement du pied
par appui de la pointe sur le sol et par décollement du talon du sol.
[0032] Comme on le voit sur les figures 4 et 6, la tige 300 présente une enveloppe interne
comprenant une couche textile de doublure 360 et une enveloppe externe. La doublure
360 est juxtaposée à l'enveloppe externe, sans y être fixée. Un léger glissement relatif
entre la doublure 360 et l'enveloppe externe est donc possible. Cependant, il peut
être prévu de fixer la doublure 360 à l'enveloppe, par tout moyen tel qu'une couture,
un collage, ou autre. Comme détaillé plus précisément sur la vue en coupe de la figure
4, l'enveloppe externe comprend la couche textile 323 et la membrane élastique 321
dans la partie intermédiaire 320. La couche textile 323 est réalisée par exemple par
la technique du tricotage. De ce fait la couche textile 323 comprend des brins de
fil qui forment un réseau. La couche est apte à se déformer, par exemple en extension.
Ce faisant les brins frottent les uns sur les autres, ce qui crée un effet d'amortissement.
Les brins de fil sont constitués de toute matière synthétique appropriée, comme un
polyéthylène, ou autre.
[0033] La membrane élastique 321, quant à elle, s'apparente à une feuille constituée d'une
matière déformable de manière réversible, un peu comme un ressort. La membrane 321
est par exemple constituée de polyuréthane, de caoutchouc, ou de tout matériau équivalent.
[0034] Il va de soi que la couche textile 323 et la membrane élastique 321 sont superposées.
Plus précisément, elles 323, 321 sont assemblées l'une avec l'autre, par exemple par
collage à chaud. Bien entendu, d'autres moyens pourraient convenir, y compris un collage
à froid. Il en résulte que la couche textile 323 et la membrane élastique 321 coopèrent
l'une avec l'autre pour conférer à la partie intermédiaire 320 une aptitude à se déformer
élastiquement, de manière contrôlée. La membrane 321 joue le rôle d'un ressort de
rappel, dans le sens où elle cherche à reprendre sa forme initiale quand elle est
sollicitée en extension. La couche textile 323 accompagne les déformations élastiques
de la membrane en les amortissant, par le frottement des fils. On remarque que la
membrane 321 couvre la couche textile 323, dans le sens où elle 321 est en surface
extérieure de tige, la couche textile 323 étant en retrait plus vers l'intérieur de
la tige. On pourrait dire que la membrane chapeaute la couche textile.
[0035] Bien entendu la partie intermédiaire 320 ainsi configurée présente une élasticité
supérieure à l'élasticité de la partie avant 310 et supérieure à l'élasticité de la
partie arrière 340.
[0036] On peut dire que la partie intermédiaire 320 forme un arceau élastique au-dessus
de la jonction entre les orteils et les métatarses. La partie intermédiaire 320 épouse
ainsi la section du pied durant son déroulement, malgré les très grandes variations
dans le temps de cette section suivant les directions transversale et verticale. L'utilisateur
a ainsi la sensation d'un contact ininterrompu avec la partie intermédiaire 320. De
plus, la pression de la partie intermédiaire 320 sur le pied évolue progressivement
durant le déroulement du pied du fait de l'élasticité, de sorte que le confort de
la chaussure 1 est particulièrement appréciable. La couche textile 323 est apte à
subir d'importantes déformations pour épouser le relief du pied, notamment du fait
de sa texture. La membrane élastique 321, lorsqu'elle est écartée de sa position de
repos, permet de rappeler la partie intermédiaire 320, et en particulier la couche
textile 323, vers sa position de repos. La membrane 321 permet également de limiter
les plissements de la partie intermédiaire 320 susceptibles de meurtrir le pied. La
partie intermédiaire 320 permet en outre à la chaussure 1 de présenter une meilleure
adaptation pour des utilisateurs souffrant de déformations osseuses au niveau du gros
orteil.
[0037] On l'a vu la membrane 321 est fixée sur la couche textile 323, par exemple par thermocollage.
Comme on le voit plus en détail sur les figures 9 et 10, la membrane 321 présente
avantageusement des orifices 322 découvrant la couche textile 323. Ces orifices 322
sont dimensionnés pour ajuster, c'est-à-dire pour contrôler, l'élasticité de la partie
intermédiaire 320. En effet, une augmentation du nombre d'orifices, ou une augmentation
de leur taille, se traduit par une réduction de la surface active de la membrane élastique
321. En d'autres termes une augmentation du nombre d'orifices réduit la capacité de
rappel élastique de la membrane 321. Par corollaire ce sont les caractéristiques d'élasticité
de l'enveloppe externe qui sont ajustées. Par la variation de la taille des orifices,
on peut contrôler et ajuster l'élasticité de l'ensemble couche textile 323/membrane
élastique 321. Dans tous les cas la partie intermédiaire 320 maintient le pied en
toutes circonstances.
[0038] On remarque en complément que la couche textile 323 est avantageusement perméable
à l'air. Les orifices 322 facilitent notamment l'évacuation de la sueur présente à
l'intérieur de la chaussure 1. Les orifices 322 facilitant également l'évacuation
de l'air hors de la chaussure lors du déroulement du pied, en particulier en présence
de sueur dans la chaussure.
[0039] Selon la structure décrite, les orifices 322 présentent une forme hexagonale. Cependant
d'autres formes pourraient convenir, comme des cercles, des oblongs, des triangles,
des carrés, des rectangles, des losanges, ou autre.
[0040] On peut ainsi éviter des pertes de contact entre la tige 300 et le pied en empêchant
la formation d'une poche d'air au niveau de la partie intermédiaire 320.
[0041] Pour assurer un déroulement optimal du pied avec un maintien du contact, comme selon
la figure 7, la partie intermédiaire 320 présente avantageusement une largeur supérieure
à 5mm sur toute sa longueur entre le bord médial et le bord latéral du semelage 200.
Bien entendu la largeur de la partie intermédiaire 320 est mesurée selon la direction
longitudinale L de la chaussure, tandis que sa longueur est mesurée selon la direction
transversale W. On remarque au passage que la largeur est variable, la partie intermédiaire
320 étant plus étroite au niveau du dessus 6.
[0042] Comme illustré à la figure 4, la partie intermédiaire 320 est fixée à la partie avant
310 et à la partie arrière 340 respectivement par des coutures 361 et 362. La partie
avant 310 présente une couche textile 316. La partie arrière 340 présente une couche
textile 345. Avantageusement, la membrane 321 recouvre les coutures 361 et 362 des
couches textiles 316 et 345. La membrane 321 permet ainsi avantageusement de masquer
les coutures 361 et 362 et de les protéger de l'usure. Les couches textile 316 et
345 sont structurées de façon que leur capacité d'extension est inférieure à la capacité
d'extension de la couche textile 323 de la partie intermédiaire 320.
[0043] Avantageusement, la couche textile 316 de la partie avant 310 présente une ou plusieurs
zones 312 non recouvertes par la membrane 321. Une zone 312 s'étend notamment dans
la partie médiane de la partie avant 310. Lors du déroulement du pied de l'utilisateur,
cette zone 312 peut subir des plissements en remplacement de la partie intermédiaire
320, les orteils étant moins sensibles à une éventuelle perte de contact avec la tige
300.
[0044] La membrane 321 présente avantageusement des portions s'étendant en continu depuis
une extrémité avant jusqu'à une extrémité arrière de la couche textile 323, selon
la direction longitudinale L de la chaussure. Ces portions permettent d'exercer un
effort de rappel axial sur la couche textile 323. Ces portions délimitent ainsi les
orifices 322.
[0045] La membrane 321 présente avantageusement des portions 311 et 313 formant une ceinture
qui s'étend vers le bas de la partie avant 310. La ceinture formée garantit ainsi
une étanchéité de la zone inférieure de la partie avant 310, la plus à même d'être
en contact avec de l'eau. Les portions 311 et 313 peuvent par exemple s'étendre en
continu depuis les bords du semelage 200.
[0046] La partie avant comprend avantageusement un embout 314 relativement rigide, assurant
la protection du pied et de la couche textile 316. Le semelage 200 présente par ailleurs
une languette 204 venant recouvrir l'extrémité avant de l'embout 314, pour protéger
celui-ci contre l'abrasion.
[0047] La membrane 321 comprend avantageusement un pont 315 traversant axialement la partie
avant 310. Ce pont 315 peut être prévu pour exercer un effort de rappel vers une position
de la chaussure 1 correspondant à un léger déroulement du pied. Le pont 315 peut à
cet effet présenter une extrémité solidaire de la coque 314. Bien entendu, le pont
315 n'est pas obligatoire et la chaussure pourrait en être dépourvue.
[0048] La membrane 321 peut être réalisée sous forme de film présentant une épaisseur comprise
entre 0,1 et 0,8 mm. On peut par exemple réaliser un tel film en polyuréthane, en
chlorure de polyvinyle, en silicone, ou autre.
[0049] La couche textile 323 présente une épaisseur comprise entre 0,5 et 3 mm, sachant
que des valeurs allant de 0,5 à 1,5 mm ont donné de bons résultats. Les fibres constitutives
de la couche 323 sont par exemple en matière synthétique, comme du polyuréthane, du
polyéthylène, du nylon, ou tout équivalent. Les fibres de la couche 323 sont tissées
de façon à permettre sa déformation, notamment en extension ; il peut s'agir par exemple
de tricoter les fibres. Il s'ensuit que la couche 323 s'apparente à un tricot.
[0050] Au final, pour une même sollicitation dans un sens d'allongement, ou d'extension,
la partie intermédiaire 320 s'allonge ou s'étend au moins 1,5 fois plus que la partie
avant 310 ou que la partie arrière 340. On prévoit par exemple que la partie intermédiaire
320 s'allonge de 2 à 4 fois plus que les parties avant 310 et arrière 340.
[0051] L'élasticité de la partie intermédiaire 320 est essentiellement définie par les matériaux
et la géométrie de la membrane 321 et de la couche textile 323. On remarque que dans
la partie intermédiaire 320, la doublure 360 est juxtaposée à l'enveloppe externe
sans y être assujettie. De ce fait la doublure 360 n'entrave pas l'élasticité de la
partie intermédiaire 320.
[0052] Selon le mode de réalisation illustré, la partie arrière 340 présente une ouverture
avant 370, qui prolonge l'ouverture de chaussage 341 vers l'avant, entre le flanc
latéral 342 et le flanc médial 343.
[0053] Ici l'ouverture avant 370 est délimitée vers l'avant par la partie intermédiaire
320. On pourrait alternativement prévoir une séparation entre l'ouverture avant 370
et la partie intermédiaire 320. L'ouverture 370 est obturée par une languette 500
fixée par son extrémité inférieure 371 à la tige 300. La languette 500 n'est pas obligatoire,
et on peut prévoir une chaussure sans languette. Il est également prévu un moyen de
serrage réversible de la tige 300. Ce moyen comprend par exemple un dispositif de
laçage 400, disposé à l'aplomb de l'ouverture. Le dispositif de laçage 400 comprend
de façon connue en soi un lacet 402 traversant des oeillets et des boucles 401 ménagés
sur la bordure des flancs 342 et 343. On peut également prévoir de ne pas équiper
la chaussure 1 de dispositif de laçage 400. Dans ce cas, la partie arrière 340 est
continue depuis le flanc latéral 342 jusqu'au flanc médial 343.
[0054] Pour assurer un maintien optimal du pied, la couche textile 345 de la partie arrière
340 est avantageusement revêtue d'une armature 344 par exemple en matière synthétique.
Par exemple l'armature comprend des subdivisions de matière plastique, ou est intégralement
réalisée en matière plastique. L'armature 344 est ici d'un seul tenant, mais on peut
alternativement prévoir de la réaliser en plusieurs subdivisions L'armature 344 rigidifie
la partie arrière 340. Elle 344 est par exemple fixée par collage, ou par tout moyen
équivalent, à la couche textile 345.
[0055] La figure 5 est une vue en section transversale de la chaussure 1 au niveau de la
partie intermédiaire 320. La tige 300 est fixée à un semelage interne 203 par tout
moyen pour former un élément chaussant. Ici la tige 300 est solidarisée au semelage
203 par des coutures 363, de préférence selon la technique Stroble. Ensuite l'élément
chaussant est solidarisé au semelage externe par collage. Cependant, il peut alternativement
être prévu d'associer la tige 300 au semelage interne 203 par collage, ou encore de
prévoir des moyens d'emboîtement. Le semelage interne 203 peut également comprendre
en supplément une semelle de propreté non illustrée. L'élément chaussant est fixé
au semelage externe par collage, à l'aide d'une couche de colle. Le semelage externe
illustré comprend plusieurs couches. Le semelage externe comprend une couche d'usure
201 et une couche d'amortissement 202. La couche d'usure 201 est prévue pour entrer
en contact avec le sol afin d'optimiser l'adhérence de la chaussure 1 et de limiter
son usure. La couche d'usure 201 peut comprendre du caoutchouc ou tout matériau résistant
à l'abrasion. La couche d'amortissement 202 comprend un matériau fortement déformable
pour absorber les chocs lors du contact du semelage 200 avec le sol, comme une mousse
d'éthyle vinyle acétate (EVA) ou tout autre matériau approprié. Comme illustré sur
la figure, le bord médial et le bord latéral du semelage 202 présentent une lèvre
205 formant une jonction avec la tige 300. La lèvre 205 permet d'augmenter la surface
de contact avec la tige 300, ce qui augmente notamment la surface utile pour solidariser
l'élément chaussant au semelage externe et la surface utile d'amortissement des chocs.
[0056] Dans tous les cas l'invention est réalisée à partir de matériaux et selon des techniques
de mise en oeuvre connus de l'homme du métier.
[0057] Bien entendu l'invention n'est pas limitée aux formes de réalisation ci-avant décrites,
et comprend tous les équivalents techniques pouvant entrer dans la portée des revendications
qui vont suivre.
[0058] En particulier, si la partie intermédiaire comprend deux épaisseurs, à savoir la
couche textile 323 et la membrane élastique 321, ou bien trois si l'on compte la doublure
360, il peut en être prévu encore plus, comme quatre, ou plus.
[0059] Par ailleurs la partie à élasticité contrôlée peut être prévue dans d'autres zones
de la chaussure, comme par exemple sur un seul côté latéral ou médial de la tige,
sur une partie de tige haute, sans que l'on sorte pour autant de l'invention.
1. Chaussure (1) comprenant un semelage externe (200) et une tige (300), la chaussure
s'étendant selon une direction longitudinale (L) depuis une extrémité arrière (2)
jusqu'à une extrémité avant (3), selon une direction transversale (W) entre un bord
latéral (4) et un bord médial (5), et en hauteur entre le semelage externe (200) et
un dessus (6), la tige (300) comprenant une empeigne (305),
caractérisée par le fait que la tige (300) comprend au moins une partie (320) structurée pour se déformer élastiquement
de manière réversible et de façon que les déformations soient contrôlées.
2. Chaussure (1) selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la partie (320) comprend une couche textile (323) et une membrane élastique (321).
3. Chaussure (1) selon la revendication 2, caractérisée par le fait que la couche textile (323) et la membrane élastique (321) sont solidarisées l'une à
l'autre.
4. Chaussure (1) selon la revendication 2 ou 3, caractérisée par le fait que la couche textile (323) et la membrane élastique (321) sont assemblées l'une à l'autre
par collage.
5. Chaussure selon l'une des revendications 2 à 4, dans laquelle la membrane (321) présente
des orifices (322) découvrant la couche textile.
6. Chaussure (1) selon la revendication 5, caractérisée par le fait que les orifices (322) présentent une forme hexagonale.
7. Chaussure (1) selon la revendication 5 ou 6, caractérisée par le fait que les orifices (322) sont dimensionnés pour contrôler l'élasticité de la partie intermédiaire
(320).
8. Chaussure selon l'une des revendications 2 à 7, dans laquelle la couche textile (323)
et la membrane (321) forment une surface externe de la partie (320).
9. Chaussure selon l'une des revendications 5 à 8, dans laquelle la couche textile (323)
de la partie (320) est perméable à l'air.
10. Chaussure (1) selon l'une des revendications 2 à 9, caractérisée par le fait que la membrane (321) est en surface extérieure de la tige (300).
11. Chaussure (1) selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisée par le fait que l'empeigne (305) comprend une partie arrière (340) destinée à couvrir le métatarse
du pied de l'utilisateur, une partie avant (310) destinée à couvrir les orteils du
pied de l'utilisateur et une partie intermédiaire (320) destinée à couvrir la jonction
entre les orteils et le métatarse du pied de l'utilisateur, la partie intermédiaire
(320) reliant la partie arrière (340) et la partie avant (310), et s'étendant du bord
latéral (4) au bord médial (5), la partie intermédiaire (320) étant structurée pour
se déformer élastiquement de manière réversible et de façon que les déformations soient
contrôlées.
12. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 11, dans laquelle une zone
médiane (312) de la partie avant (310) de la tige comprend une couche textile (316)
externe non recouverte par la membrane.
13. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 12, dans laquelle la membrane
(321) présente des portions s'étendant en continu depuis une extrémité avant jusqu'à
une extrémité arrière de la couche textile de la partie intermédiaire (320).
14. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 13, dans laquelle la membrane
forme une ceinture (311, 313) entourant une zone inférieure de la partie avant (310).
15. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 14, dans laquelle la membrane
(321) est constituée d'un film présentant une épaisseur comprise entre 0,1 et 0,8
mm.
16. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 15, dans laquelle la partie
arrière (340) et la partie avant (310) comprennent des couches en textile (316, 345),
la couche textile de la partie intermédiaire (320) étant fixée aux couches en textile
des parties avant et arrière par des coutures (361, 362), les coutures étant recouvertes
par ladite membrane (321).
17. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle la
partie intermédiaire (320) présente une largeur supérieure à 5 mm sur toute sa longueur
entre le bord médial et le bord latéral du semelage (200).
18. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle la
partie arrière de la tige présente un flanc médial (343) et un flanc latéral (342)
séparés par une ouverture (370) dont une extrémité (371) est délimitée par la partie
intermédiaire (320).