[0001] La présente invention est relative à un procédé et à une installation de séparation
d'air par distillation cryogénique incorporant un échangeur de chaleur régénératif
rotatif permettant un échange entre au moins deux gaz de l'installation.
[0002] Les installations de séparation d'air, notamment dans le domaine de la capture du
CO
2, conduisent à des procédés à faible pression et très gros débits. Le refroidissement
de certains gaz du procédé contre les gaz produits par la distillation conduit à des
dispositifs à corps d'échange multiples et nombreux.
[0003] Ces boites froides contiennent donc de nombreux échangeurs traditionnellement du
type en aluminium brasé, lesquels nécessitent, d'une part, de coûteux et complexes
systèmes de collecteurs afin d'alimenter tous les corps d'échange et, d'autre part,
des investissements lourds en calorifugeage et en structure portante pour limiter
les pertes thermiques. Du coup, ces échangeurs sont plus onéreux que des échangeurs
tubulaires.
[0004] Les échangeurs régénératifs sont connus de
US-4513807,
GB-A-2065856,
AU-A-1108066,
DE-A-2910423 et sont fabriqués par les sociétés Ljungstrom, Rothemuhle, Alstom, Howden, Wilson
entre autres. Ils sont utilisés, par exemple dans le domaine des centrales thermiques,
en particulier en guise de réchauffeurs d'air par échange à contre courant avec des
fumées.
[0005] Dans les échangeurs régénératifs, de la chaleur d'un des fluides est déposée par
conduction, convection et/ou rayonnement sur une partie matérielle de l'échangeur
possédant une certaine capacité thermique et pouvant subir des fluctuations de température.
Un changement, soit du régime d'écoulement des fluides (en actionnant par exemple
un jeu de vannes), soit de la structure de l'échangeur, fait que de la chaleur accumulée
dans cette partie se transfère à un autre fluide par les mêmes phénomènes. L'échangeur
régénératif a donc en général un caractère discontinu, «alternatif». On peut donc
être amené à utiliser au moins deux échangeurs pour traiter des flux continus. Ces
discontinuités peuvent poser des problèmes de tenue mécanique, liés aux mouvements
et aux cycles de dilatation-contraction des éléments soumis à des fluctuations de
température.
[0006] Certaines solutions ont été proposées où une partie de l'échangeur, la partie où
se produit la respiration thermique, est en rotation, les gaz traversant cette partie
selon une direction sensiblement parallèle à l'axe de rotation. Ceci permet une répartition
simple des flux gazeux, mais ne permet pas de traiter des différences de pression
importantes entre fluides, ni de gros écarts de température. De plus, ces échangeurs
sont de très grandes dimensions dans le cas de forts débits.
[0007] Le problème à résoudre est dès lors de remédier à tout ou partie des inconvénients
mentionnés ci-dessus, c'est-à-dire en particulier de concevoir un procédé d'échange
de chaleur entre au moins deux gaz, réduisant le besoin éventuel de calorifugeage,
améliorant la compacité des dispositifs mis en oeuvre et pouvant supporter des différences
de pression ou de température importantes entre les gaz impliqués.
[0008] A cette fin, la solution de l'invention porte sur une installation de séparation
d'air comprenant un échangeur de chaleur régénératif, rotatif et radial, l'échangeur
comprenant :
- une coque externe et un tambour monté en rotation selon un axe donné par rapport à
cette dite coque externe, ledit tambour comprenant une partie poreuse pour les gaz
possédant une surface interne et une surface externe, toutes deux de révolution autour
dudit axe donné ;
- un système d'admission d'un premier gaz, en contact avec une première partie de ladite
surface interne ;
- un système de récupération dudit premier gaz, en contact avec une première partie
de ladite surface externe ;
- un système d'admission d'un second gaz en contact avec une seconde partie de ladite
surface externe ;
- un système de récupération dudit second gaz en contact avec une seconde partie de
ladite surface interne ; et
- des organes assurant une étanchéité, au moins relative, desdits systèmes d'admission
et de récupération au niveau du contact avec lesdites parties des surfaces interne
et externe ;
- ladite partie poreuse comportant, entre lesdites surfaces interne et externe, des
feuillards aptes, d'une part, à canaliser l'écoulement dudit premier gaz depuis la
première partie de ladite surface interne vers la première partie de ladite surface
externe et, d'autre part, à canaliser l'écoulement dudit second gaz depuis la seconde
partie de ladite surface externe vers la seconde partie de ladite surface interne,
lesdits organes venant appuyer sur certains desdits feuillards ;
- l'installation comprenant des moyens pour envoyer de l'air à une température entre
270 et 330K à l'échangeur comme premier gaz et des moyens pour de l'azote à une température
inférieure à 200K à l'échangeur comme second gaz, un appareil de séparation d'air
par distillation cryogénique, des moyens pour envoyer le second gaz de l'échangeur
à l'appareil de séparation d'air et des moyens pour envoyer le premier gaz de l'appareil
de séparation d'air à l'échangeur.
[0009] Selon d'autres aspects facultatifs :
- un élément exhibant une porosité anisotrope est disposé entre les feuillards.
- l'installation comprend un compresseur d'air relié à l'échangeur pour y fournir le
second gaz.
- le système d'admission ou de récupération de gaz est constitué par un ensemble d'éléments
comprenant des canalisations et des parois permettant d'amener les gaz jusqu'au tambour
de l'échangeur et de les collecter après leur passage à travers la partie poreuse
du tambour de l'échangeur.
- le système d'admission ou de récupération de gaz comprend des moyens de mise en mouvement
des gaz, tels que des pompes ou des compresseurs.
[0010] Selon un autre objet de l'invention, il est prévu un procédé de séparation d'air
par distillation cryogénique dans lequel pour réaliser un échange de chaleur entre
au moins un premier gaz à une première température et un second gaz à une seconde
température plus élevée, mettant en oeuvre au moins un échangeur de chaleur de type
régénératif, comprenant une coque externe et un tambour en rotation relative par rapport
à ladite coque externe, pendant une durée donnée, ledit premier gaz traverse ledit
tambour de l'intérieur vers l'extérieur et, simultanément, ledit second gaz traverse
ledit tambour de l'extérieur vers l'intérieur, ledit premier gaz est riche en azote,
ladite première température est inférieure à 200K, de préférence inférieure à 100K
et le second gaz est de l'air comprimé et la second température est entre 270K et
330K, le second gaz étant séparé par distillation cryogénique pour former le premier
gaz.
[0011] Eventuellement la première température est inférieure à 100K.
[0012] La coque externe peut être fixe et ledit tambour animé d'un mouvement de rotation
selon un axe sensiblement vertical.
[0013] L'échange de chaleur a lieu entre un premier gaz qui reçoit de la chaleur provenant
d'un second gaz plus chaud. L'échangeur est de type régénératif, c'est-à-dire que
cette chaleur transférée passe du second gaz vers certaines parties de l'échangeur
destinées, par une augmentation de leur température, à emmagasiner cette chaleur.
Le second gaz se refroidit. Puis cette chaleur est cédée par ces parties au premier
gaz, qui se réchauffe.
[0014] Le tambour joue ce rôle d'accumulation puis de restitution de la chaleur. Il est
en mouvement relatif de rotation par rapport à une coque externe qui enveloppe l'échangeur.
Selon un mode de réalisation particulier, il tourne par rapport au repère local du
lieu dans lequel se trouve l'échangeur et le reste de l'échangeur est fixe.
[0015] Selon un autre mode, c'est le reste de l'échangeur qui tourne autour du tambour fixe
dans ce repère local. Selon un mode plus général, le tambour et le reste de l'échangeur
sont en rotation à des vitesses angulaires différentes.
[0016] Le tambour est donc une pièce en rotation relative par rapport au reste de l'échangeur.
La vitesse de rotation typique est entre 0.1 (1 dixième) et 100 tours par minute.
[0017] Certaines parties du tambour présentent une symétrie de révolution par rapport à
l'axe de rotation, notamment une partie de ses surfaces externes ou internes. Selon
un mode particulier, le tambour présente une partie cylindrique creuse qui est traversée
par les gaz.
[0018] Pendant une durée donnée, qui est en général d'au moins quelques minutes, on fait
passer le gaz le plus froid au travers du tambour, de l'intérieur (où se trouve l'axe
de rotation) vers l'extérieur. Simultanément, on fait passer le gaz le plus chaud
de l'extérieur vers l'intérieur du tambour, dans une zone différente de celle concernée
par le passage du gaz le plus froid. Le circuit des gaz est sensiblement fixe par
rapport à la coque externe et au reste de l'échangeur. La zone du tambour concernée
par le passage du gaz froid se refroidit, tandis que celle concernée par le passage
du gaz chaud se réchauffe. La rotation relative du tambour fait que la zone du tambour
présentée au passage du gaz froid se déplace pour être ensuite présentée au passage
du gaz chaud. Ainsi de la chaleur est véhiculée du gaz le plus chaud vers le gaz le
plus froid.
[0019] Selon un mode particulier, certains secteurs angulaires, définis à partir de l'axe
de rotation, sont réservés au gaz le plus chaud et les autres sont réservés au gaz
le plus froid. En général les secteurs réservés au gaz le plus froid sont les complémentaires
de ceux réservés au gaz le plus chaud, de façon à maximiser le volume de tambour utilisé
pour l'échange et à minimiser les cloisons de séparation entre les gaz. On veut dire
par là que le tambour est soit traversé par le gaz le plus froid, soit traversé par
le gaz le plus chaud.
[0020] Le rapport des dimensions des secteurs, ou des zones d'injection/récupération des
gaz au niveau du tambour, peuvent être adaptés en fonction des débits de chacun des
gaz et de leurs propriétés thermiques (température d'entrée et de sortie de l'échangeur,
capacité calorifique notamment).
[0021] Le nombre de secteurs est au minimum de deux. Selon des modes particuliers, on peut
avoir plusieurs secteurs pour un même gaz. Ces secteurs alternent.
[0022] La circulation des gaz dans la partie active de l'échangeur est essentiellement radiale,
c'est-à-dire centrifuge ou centripète par rapport à l'axe de rotation relative du
tambour. Ceci permet d'obtenir une plus grande compacité de l'échangeur. On estime
que l'échangeur rotatif radial est 1,5 à 2 fois plus compact que l'échangeur axial
traitant les mêmes débits. En prenant en compte la connectique (collecteurs, boîtes...),
on arrive à une réduction du volume d'un facteur au moins environ 6 avec comme référence
un échangeur non rotatif.
[0023] Dans le cas d'un échangeur cryogénique, le gaz ultra froid se trouve au centre de
l'échangeur. Près des bords ne se trouve que le gaz le plus chaud, qui est à une température
assez proche de la température ambiante, ou bien le gaz le plus froid initialement,
après son réchauffement par passage à travers le tambour. Ainsi, le besoin de calorifuger
l'échangeur est moindre, voire inexistant, de même que celui d'avoir des structures
porteuses complexes.
[0024] Du fait de sa compacité et de son efficacité, en général un seul échangeur rotatif
radial peut être utilisé. Il n'est pas nécessaire d'utiliser plusieurs échangeurs
en parallèle comme souvent avec des échangeurs classiques non rotatifs.
[0025] Par riche en azote, on veut dire que la concentration en azote dans le fluide concerné
est d'au moins 50% en volume. Le second gaz est de l'air comprimé, en général à une
pression comprise entre 3 bars et 8 bars absolus. Ce cas correspond typiquement à
celui d'une usine de séparation d'air. L'azote provient de l'unité de séparation d'air
et l'air comprimé provient d'un compresseur d'air ou d'un réseau d'air comprimé.
[0026] Selon un mode particulier, l'axe de rotation du système est vertical afin que l'élément
mobile soit suspendu. Un deuxième palier n'est alors plus nécessaire. Du fait du sens
des fluides, il se trouverait dans les gaz froids et constituerait ainsi non seulement
une fuite thermique, mais encore une difficulté technologique, dans la mesure où il
est très difficile d'assurer une lubrification économique à basse température. Par
ailleurs, un montage vertical sans palier en position basse facilite la maintenance,
car on extrait aisément par le haut tout l'élément mobile qui ne n'est que guidé radialement
en position basse (on trouve une articulation mécanique au niveau palier haut). On
peut aussi rajouter qu'un appareil installé horizontalement avec un seul palier nécessiterait
un palier beaucoup plus résistant pour la tenue aux moments de flexion et une fabrication
beaucoup plus précise (impossibilité d'avoir une articulation).
[0027] Le tambour comprend une matière poreuse pour les gaz. On privilégie des matériaux
créant peu de pertes de charge et favorisant l'échange thermique. La porosité peut
être isotrope, par exemple en utilisant des mousses métalliques en aluminium ou en
cuivre.
[0028] Selon un mode particulier, la porosité peut être anisotrope, notamment pour empêcher
la diffusion « circonférentielle » des gaz (dans la direction de la rotation) et privilégier
une circulation des gaz essentiellement centrifuge ou centripète. La diffusion circonférentielle
crée un mélange des gaz. Une porosité anisotrope peut être mise en oeuvre pour canaliser
les gaz d'un point de la surface interne du tambour, vers au autre point de la surface
externe, et inversement, et ainsi minimiser ou supprimer le mélange des gaz.
[0029] Le procédé objet de l'invention peut par ailleurs être mis en oeuvre en recourant
à un échangeur tel que décrit ci-dessous.
[0030] Le tambour est normalement utilisé en rotation par rapport à la coque externe et
aux parties fixes de l'échangeur. Selon un mode particulier, c'est le tambour qui
est fixe et le reste qui tourne. Ou bien encore le tambour et le reste de l'échangeur
tournent à des vitesses différentes.
[0031] Le tambour comprend des lames, lamelles ou feuillards permettant de canaliser l'écoulement
des gaz. Ces lames ou lamelles peuvent être disposées à peu près radialement, de façon
à empêcher les écoulements circonférentiels dans le tambour et à privilégier au contraire
les écoulements centripètes ou centrifuges. Entre les lames ou lamelles, une porosité
anisotrope peut à nouveau être mise en oeuvre, à une échelle plus petite. Par exemple,
on peut installer de la mousse métallique entre des lames métalliques radiales. Le
nombre de micro-secteurs définis par ces lames ou lamelles est choisi en fonction
du taux de mélange acceptable entre les gaz. Plus les secteurs sont petits, moins
il y a de mélange.
[0032] Par système d'admission ou de récupération des gaz, on entend un ensemble d'éléments
comprenant des canalisations et des parois permettant d'amener les gaz jusqu'au tambour
de l'échangeur et de les collecter après leur passage à travers la partie poreuse
du tambour de l'échangeur. Ces systèmes peuvent aussi comprendre des moyens de mise
en mouvement des gaz, tels que des pompes ou des compresseurs. La quantité de gaz
collecté et sa composition sont normalement très proches de la quantité et de la composition
du gaz admis dans l'échangeur. Il peut néanmoins se produire un mélange dont nous
avons parlé plus haut.
[0033] Afin de minimiser ce mélange, des organes d'étanchéité sont placés aux endroits où
les systèmes d'admission et de récupération des gaz sont en contact avec le tambour.
Du fait de la rotation relative du tambour par rapport au reste de l'échangeur, ces
organes peuvent notamment être de type « balai » ou « brosse », en appui sur les surfaces
externe ou interne du tambour. De part et d'autre des balais, on peut disposer des
chambres intermédiaires destinées à renforcer l'étanchéité qu'on appelle parfois labyrinthes.
Du coup, le contact entre ces systèmes et le tambour se fait en général par l'intermédiaire
des organes d'étanchéité.
[0034] Les surfaces externe et/ou interne du tambour peuvent être constituées de grilles
ou de surfaces percées de trous, servant notamment à contenir les éléments constitutifs
de tambour, en particulier les éléments poreux pour les gaz. Dans ce cas, le tambour
possède une surface physique sur laquelle les organes d'étanchéité viennent s'appuyer.
Selon un autre mode de réalisation particulier, il n'y a pas de grilles et les constituants
du tambour ont leur propre cohésion. Dans ce cas, les organes d'étanchéité viennent
s'appuyer directement sur eux. Les surfaces interne et externe du tambour peuvent
alors être définies par les éléments constituant le tambour. Dans le cas de feuillards
non jointifs, ces surfaces joignent entre eux les bords saillants de feuillards consécutifs.
[0035] Les systèmes de distribution d'un même gaz peuvent être symétriques par rapport à
l'axe de rotation et doivent dans tous les cas être de dimensions adaptées au débit
volume du gaz et aux pertes de charges admissibles. La symétrie permet notamment une
répartition plus favorable des contraintes liées aux dilatations thermiques.
[0036] Les organes d'étanchéité des systèmes de distributions peuvent être équipés de canaux
d'évent simples ou multiples permettant de récupérer du gaz moyenne pression dans
une ou plusieurs chambres du labyrinthe et de le renvoyer à un étage intermédiaire
d'un compresseur d'air de l'unité de séparation.
[0037] Par ailleurs, selon des modes de réalisation particuliers, l'échangeur selon l'invention
peut comporter l'une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :
- au moins 80% desdits feuillards comprennent des parties déformables élastiquement
du fait de la pression exercée par lesdits organes assurant une étanchéité.
- lesdites parties déformables élastiquement sont incurvées et sensiblement tangentes
auxdites surfaces interne ou externe.
[0038] Le tambour peut comprendre un empilement de feuillards et d'intercalaires libres
dans un espace annulaire, les intercalaires permettent la circulation du gaz dans
le sens radial et peuvent être des tapis d'ondes, des grilles, des poreux métalliques
dont le diamètre hydraulique est inférieur à 2 millimètres. Selon un mode particulier,
la courbure des feuillards est telle que leurs bords externes sont sensiblement tangents
aux surfaces interne ou externe du tambour. Ainsi ils présentent une certaine flexibilité
et peuvent être « brossés » dans un certain sens. Le tambour tourne dans le sens «
facile », c'est-à-dire que les arrêtes des feuillards ne font pas obstacle à la rotation.
On obtient alors une coopération entre les feuillards et les organes d'étanchéité
de façon à réduire les fuites au niveau de la jonction entre les systèmes d'admission
ou de récupération des gaz et le tambour.
[0039] Dans les organes d'étanchéité, l'étanchéité dynamique (c'est-à-dire celle obtenue
quand il y a rotation) peut être renforcée par un système de labyrinthes et de brosses,
ces dernières appuyant sur les bords des feuillards pour améliorer l'étanchéité.
[0040] D'autres particularités et avantages apparaîtront à la lecture de la description
ci-après, faite en référence aux figures, parmi lesquelles :
- la figure 1 représente une vue de face d'un échangeur selon l'invention,
- la figure 2 représente une coupe horizontale selon le plan AA de l'échangeur représenté
en figure 1,
- la figure 3 montre en perspective le tambour d'un échangeur selon l'invention (partie
gauche), ainsi qu'un morceau de ce tambour (partie droite),
- la figure 4 montre ce morceau du tambour avec plus de détails et d'une manière développée,
c'est-à-dire en annulant la courbure de ce morceau, afin de faciliter la représentation,
- la figure 5 illustre un organe permettant d'assurer l'étanchéité des écoulements gazeux
au niveau du contact entre le tambour et les systèmes d'admission ou de récupération
des gaz.
[0041] Sur les figures 1 et 2, on a représenté un échangeur 3 positionné verticalement,
comprenant un tambour 5 monté en rotation selon l'axe vertical 8. Le tambour est un
cylindre creux présentant une surface interne 5a et une surface externe 5b. Durant
l'utilisation, il est entraîné en rotation un moteur (non-représenté), à une vitesse
de 1 tour par minute. Un premier gaz 1 constitué d'azote résiduaire à la pression
atmosphérique et à environ 90K, provenant d'une unité de séparation d'air (non-représentée)
entre par le bas de l'échangeur et en sort en haut au niveau d'une virole extérieure
4, ou coque externe. Un second gaz 2, constitué par de l'air moyenne pression, par
exemple de 3 à 6 bars et à environ 300K, provenant de l'unité de séparation d'air,
entre au milieu de la virole extérieure et sort dans une conduite concentrique à celle
de l'azote résiduaire rentrant. Le tambour est constitué d'une matière poreuse pour
ces deux gaz. Le premier gaz 1 traverse le tambour 5 dans le sens centrifuge (voir
flèche 6), tandis que le second gaz 2 traverse le tambour dans le sens centripète
(voir flèche 7).
[0042] Le premier gaz est admis par un système d'admission 1a comprenant la conduite verticale
d'amenée du gaz. Il pénètre dans le tambour 5 en traversant une partie 5c de la surface
interne 5a. Il traverse le tambour et se réchauffe à son contact. En effet, cette
partie du tambour était peu avant en contact avec le second gaz, plus chaud. Le premier
gaz sort par une partie 5d de la surface externe 5b. On voit donc qu'il traverse le
tambour selon deux secteurs qui sont complémentaires de ceux empruntés par le second
gaz. Il est récupéré par un système de récupération 1b qui comprend notamment la virole
externe 4.
[0043] Le second gaz est admis par un système d'admission 2a constitué par exemple par un
élargissement de la canalisation servant à amener ce second gaz. Il pénètre dans le
tambour 5 en traversant une partie 5e de la surface externe 5b. Il traverse le tambour
et se refroidit à son contact, car cette partie du tambour était peu avant en contact
avec le premier gaz. Le second gaz sort par une partie 5f de la surface externe 5a.
Il est collecté par un système de récupération 2b et dirigé vers une canalisation
verticale d'évacuation par le bas.
[0044] Les systèmes d'admission ou de récupération des gaz sont ici des canalisations et
des tôles séparatrices permettant d'amener les gaz en face d'un secteur donné du tambour
et de les reprendre une fois qu'ils ont traversé radialement le tambour. Pour un gaz
donné, le système d'amission et celui de récupération se font face de part et d'autre
du tambour. Ces systèmes peuvent aussi comporter des moyens de mise en mouvement des
gaz (non représentés) tels que des pompes, compresseurs ou ventilateurs.
[0045] Plus précisément, deux secteurs sont réservés au passage de l'azote et deux secteurs
sont réservés au passage de l'air. Pour un même gaz, les deux secteurs sont symétriques
par rapport à l'axe 8. Les secteurs alternent.
[0046] Le tambour, en tournant, passe donc alternativement face à un passage de l'azote
résiduaire et donc permet à ce dernier de se réchauffer en libérant ses frigories
et alternativement face au passage de l'air moyenne pression, où il permet à ce dernier
de se refroidir en libérant ses calories. Cette disposition d'échangeur radial permet
de calibrer les systèmes distribution (admission, récupération) en fonction des débits
volumes et des pertes de charges correspondantes. Ainsi les systèmes de distribution
de l'air moyenne pression sont de section réduite par rapport à celle des systèmes
de distribution de l'azote résiduaire.
[0047] Sur la figure 3, on a représenté à gauche, en perspective, le tambour 5 isolé du
reste de l'échangeur. Il est constitué d'une matière poreuse 9. A droite, on a représenté
une partie du tambour avec des feuillards 10.
[0048] La figure 4 est un agrandissement de cette partie, où l'on a « annulé » la courbure
du tambour pour faciliter la représentation. On y voit les feuillards 10, qui sont
des lames métalliques courbées occupant chacune toute la hauteur du tambour. Ces lames
s'emboîtent les unes dans les autres. Elles sont prises entre deux grilles 5a et 5b
qui matérialisent les surfaces externe et interne du tambour. Ces feuillards canalisent
les écoulements gazeux comme décrit précédemment. Le premier gaz traverse le tambour
selon la direction 6 depuis la partie 5c de la surface 5a jusqu'à la partie 5d de
la surface 5b. Le second gaz traverse le tambour selon la direction 7 depuis la partie
5e de la surface 5b vers la partie 5f de la surface 5a. La rotation du tambour fait
que les feuillards 10 progressent vers la droite.
[0049] Les organes 5g sont au contact entre les systèmes d'admission et de récupération
des gaz et le tambour. Ici ils améliorent l'étanchéité entre, d'une part, le système
d'admission du premier gaz et le système de récupération du second gaz et, d'autre
part, entre le système de récupération du premier gaz et le système d'admission du
second gaz. Les organes d'étanchéité appuient sur les grilles 5 a ou 5b et, à travers
ces grilles, sur certains feuillards 10. Les feuillards sont courbés au moins dans
leurs parties externes 10 a et 10b qui sont en contact avec les grilles 5a et 5b.
Ceci confère une élasticité particulière aux feuillards. Ils peuvent se rétracter
légèrement sous la force de pression, exercée par les organes 5g. Les grilles 5a et
5b sont elles même élastiques. Un autre avantage de l'élasticité des feuillards 10
est d'absorber les contraintes liées aux dilatations thermiques.
[0050] Figure 5, on a détaillé un des organes 5g d'étanchéité. Il comprend au centre au
moins un balai. De part et d'autre de ce balai se trouve des chambres (ou labyrinthe)
à différentes pressions étagées. Ceci permet de réduire le gradient de pression et
donc de minimiser les fuites. Certaines chambres du labyrinthe, étant à pression intermédiaire
entre la basse pression et la haute pression, peuvent être reliées à l'extérieur aux
étages intermédiaires correspondant du compresseur.
[0051] On peut mette en oeuvre plusieurs particularités pour leur intérêt mécanique :
- le roulement assurant la reprise des efforts de poids est positionné en bas de l'appareil
permettant une meilleure stabilité. Réciproquement le guidage axial est positionné
en haut de l'appareil. Le moteur assurant l'entraînement est situé extérieurement
à l'appareil et l'arbre tournant traverse la virole côté basse pression.
- l'étanchéité entre l'azote froid et l'azote chaud est assurée grâce à des chicanes
éventuellement pourvues de balayettes en haut et en bas au niveau des roulements,
lesquels sont situés en zone chaude.
- on a deux chambres de distribution d'air moyenne pression à l'opposé de l'axe, ce
qui permet de garantir la stabilité radiale et gérer les « effets de fonds ».
- les tuyauteries d'alimentation du système d'admission de l'air moyenne pression sont
pourvues de soufflets calculés afin d'exercer la pression sur le tambour requise pour
l'étanchéité des systèmes d'admission / récupération.
- les systèmes de distribution d'air moyenne pression sont pourvus de joints d'étanchéités
qui limitent les fuites de gaz vers le résiduaire. De plus, au centre de ces joints
on trouve une « chambre de décharge » récupérant le gaz fuyard qui retourne en fonction
de la pression à l'étage correspondant du compresseur d'air. On peut ainsi trouver
plusieurs chambres successives.
- en guise d'alternative, on peut n'avoir qu'une seule chambre de distribution d'air
moyenne pression, l'effet de fond est repris par un bras mécanique en appui via des
rouleaux sur la face opposée du tambour tournant.
- en alternative, on peut n'avoir qu'un seul palier (roulement au haut de l'appareil),
l'appui horizontal inférieur étant assuré par des patins glissants.
[0052] Par ailleurs, le tambour tournant peut comporter un matériau possédant des propriétés
adsorptives, comme du silicagel ou de la zéolite, ce qui permet d'associer la fonction
de dessiccation à la fonction échange thermique.
[0053] Le lit du régénérateur constituant un tambour est composé d'un empilement de feuillards
d'inox, d'aluminium ou de cuivre, ou d'un matériau présentant des caractéristiques
pertinentes en chaleur spécifique à basse température, séparés par des intercalaires.
Les feuillards s'étendent sur toute la hauteur du tambour et sur toute la section,
ils sont de forme semi-elliptique ou équivalente, afin de présenter des bords approximativement
tangents à la surface intérieure et extérieure du tambour. De cette manière, les brosses
qui défilent à la surface vont glisser et vont resserrer sur leur passage les bords
des feuillards améliorant ainsi l'étanchéité entre les deux gaz. On peut, selon l'effet
désiré de serrage, avoir une ou plusieurs brosses sur chaque organe d'étanchéité dynamique.
[0054] Entre les feuillards, on peut disposer des éléments intercalaires qui ne couvrent
que partiellement les feuillards de manière à laisser bouger leurs bords, les éléments
intercalaires ayant toute la hauteur du tambour. Ils peuvent être constitués d'un
tapis d'ondes corruguées ou d'un morceau de grillage dont les fils entremêlés libèrent
des canaux pour le passage du gaz ou d'un poreux isotrope à porosités communicantes
et de faibles dimensions.
[0055] Afin de maximiser l'efficacité de l'échange thermique et du régénérateur, on a intérêt
à avoir des intercalaires de la plus faible hauteur possible, de manière à offrir
le diamètre hydraulique (dh) le plus faible et donc à maximiser l'échange thermique
par convection. Par exemple la corrélation de Dittus Boelter, caractérisant l'échange
par convection dans un tube en régime turbulent, s'écrit H = 0.0243*(k/dh)*Re
0.8 *Pr
0.3 où k représente la conductivité du gaz, Re le nombre de Reynolds et Pr le nombre
Prandtl, et dh le diamètre hydraulique. Ainsi plus le dh est faible, plus H est élevé.
En général une réduction trop importante du dh conduit à une forte augmentation des
pertes de charges (qui dépendent du carré de la vitesse, c'est-à-dire de l'inverse
du carré du diamètre hydraulique), mais dans le cas des régénérateurs rotatifs les
longueurs de transfert thermique sont très courtes et la perte de charge est aussi
proportionnelle à la longueur.
[0056] Par ailleurs la minimisation de la hauteur d'intercalaire conduit, pour une circonférence
donnée, à multiplier le nombre de feuillards, donc à augmenter l'inertie thermique
du système, donc à augmenter la capacité calorifique globale du régénérateur.
1. Installation de séparation d'air comprenant un échangeur de chaleur (3) régénératif,
rotatif et radial, l'échangeur comprenant :
- une coque externe (4) et un tambour (5) monté en rotation selon un axe donné par
rapport à cette dite coque externe, ledit tambour comprenant une partie poreuse (9)
pour les gaz possédant une surface interne (5a) et une surface externe (5b), toutes
deux de révolution autour dudit axe donné ;
- un système d'admission (1a) d'un premier gaz, en contact avec une première partie
(5c) de ladite surface interne ;
- un système de récupération (1b) dudit premier gaz, en contact avec une première
partie (5d) de ladite surface externe ;
- un système d'admission (2a) d'un second gaz en contact avec une seconde partie (5
e) de ladite surface externe ;
- un système de récupération (2b) dudit second gaz en contact avec une seconde partie
(5f) de ladite surface interne ; et
- des organes (5g) assurant une étanchéité, au moins relative, desdits systèmes d'admission
et de récupération au niveau du contact avec lesdites parties des surfaces interne
et externe ;
- ladite partie poreuse comportant, entre lesdites surfaces interne et externe, des
feuillards (10) aptes, d'une part, à canaliser l'écoulement dudit premier gaz depuis
la première partie de ladite surface interne vers la première partie de ladite surface
externe et, d'autre part, à canaliser l'écoulement dudit second gaz depuis la seconde
partie de ladite surface externe vers la seconde partie de ladite surface interne,
lesdits organes venant appuyer sur certains desdits feuillards,
- l'installation comprenant des moyens pour envoyer de l'air à une température entre
270 et 330K à l'échangeur comme premier gaz et des moyens pour de l'azote à une température
inférieure à 200K à l'échangeur comme second gaz, un appareil de séparation d'air
par distillation cryogénique, des moyens pour envoyer le second gaz de l'échangeur
à l'appareil de séparation d'air et des moyens pour envoyer le premier gaz de l'appareil
de séparation d'air à l'échangeur.
2. Installation selon dans la revendication 1 dans laquelle un élément exhibant une porosité
anisotrope est disposé entre les feuillards.
3. Installation selon la revendication 1 ou 2 comprenant un compresseur d'air relié à
l'échangeur pour y fournir le second gaz.
4. Installation selon l'une des revendications précédentes dans lequel le système d'admission
ou de récupération de gaz (la, 1b, 2a, 2b) est constitué par un ensemble d'éléments
comprenant des canalisations et des parois permettant d'amener les gaz jusqu'au tambour
(5) de l'échangeur (3) et de les collecter après leur passage à travers la partie
poreuse du tambour de l'échangeur.
5. Installation selon l'une des revendications précédentes dans lequel le système d'admission
ou de récupération de gaz (1a, 1b, 2a, 2b) comprend des moyens de mise en mouvement
des gaz, tels que des pompes ou des compresseurs.
6. Procédé de séparation d'air par distillation cryogénique dans lequel pour réaliser
un échange de chaleur entre au moins un premier gaz (1) à une première température
et un second gaz (2) à une seconde température plus élevée, mettant en oeuvre au moins
un échangeur de chaleur (3) de type régénératif, comprenant une coque externe (4)
et un tambour (5) en rotation relative par rapport à ladite coque externe, pendant
une durée donnée, ledit premier gaz traverse ledit tambour de l'intérieur vers l'extérieur
et, simultanément, ledit second gaz traverse ledit tambour de l'extérieur vers l'intérieur,
ledit premier gaz (1) est riche en azote, ladite première température est inférieure
à 200K, de préférence inférieure à 100K et le second gaz est de l'air comprimé et
la second température est entre 270K et 330K, le second gaz étant séparé par distillation
cryogénique pour former le premier gaz.
7. Procédé selon la revendication 6 dans lequel la première température est inférieure
à 100K.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 ou 7, caractérisé en ce que ladite coque externe (4) est fixe et ledit tambour (5) est animé d'un mouvement de
rotation selon un axe sensiblement vertical (8).