[0001] L'invention a trait à un module d'éclairage pour projecteur véhicule, plus particulièrement
à un module d'éclairage comprenant un réflecteur avec un premier et second foyer,
tel qu'un réflecteur elliptique, une lame en matériau transparent avec une tranche
disposée à proximité du second foyer et destinée à servir de plieuse, et un élément
dioptrique, par exemple une lentille convergente.
[0002] Pour créer des coupures dans les faisceaux, il est connu d'utiliser des caches horizontaux
réfléchissants appelés « plieuse », comme par exemple dans
EP1357334. Il est également connu du document
FR 2 917 484 A1 de prévoir un dispositif avec un revêtement réfléchissant sur la tranche supérieure
de la lame en guise de plieuse. Ce document divulgue en effet un module optique comprenant
un double réflecteur du type elliptique avec un premier foyer où une source lumineuse
est disposée, un second foyer, un élément dioptrique du type lentille biconvexe dont
le foyer est confondu avec le second foyer du réflecteur, et une lame en matériau
transparent disposée perpendiculairement à l'axe optique du module. La tranche ou
surface supérieure de la lame transparente est généralement plane et alignée avec
l'axe optique et recouverte d'un revêtement réfléchissant. Le bord avant de la tranche,
c'est-à-dire le bord de la tranche du côté de la lentille est au voisinage du second
foyer. Le revêtement réfléchissant sur la tranche supérieure de la lame transparent
consiste par exemple en un dépôt d'aluminium déposé sous vide avec une épaisseur allant
de moins de un micron à quelques dizaines de microns. Le revêtement réfléchissant
constitue une « plieuse » apte à « replier » par réflexion les rayons provenant du
réflecteur supérieur afin d'assurer une coupure du faisceau du type « code » ainsi
généré. Les rayons provenant du réflecteur inférieur viennent s'ajouter à ceux du
réflecteur supérieur afin d'assurer la fonction « route ». La plieuse ainsi formée
présente l'avantage d'être extrêmement fine ce qui est particulièrement intéressant
en fonction « route » afin de réduire au minium les zones de faible intensité entre
le faisceau provenant du réflecteur supérieur et le faisceau provenant du réflecteur
inférieur. Une telle finesse de plieuse est difficile à atteindre au moyen d'une plaque
réfléchissante, à tout le moins dans une logique industrielle et à un prix raisonnable.
[0003] De plus, la lame servant du support au revêtement réfléchissant présente l'inconvénient
d'avoir un indice de réfraction supérieure à 1 et, partant, de réfracter les rayons
provenant du réflecteur inférieur. L'utilisation d'une lame transparente support génère
par conséquent une légère déviation des rayons et, partant, une perte de rendement
et de qualité d'éclairage. Les rayons provenant du réflecteur et entrant dans la lame
avec un angle d'incidence important et qui sont ensuite réfléchis par le revêtement
réfléchissant ressortent de la lame à une certaine distance de la tranche réfléchissante
de la lame et avec un angle d'incidence toujours important. Ces rayons vont rencontrer
la lentille avec un angle d'incidence important et vont donc subir des pertes dites
de Fresnel, encore appelées réflexions vitreuses partielles.
[0004] L'invention a pour but de proposer un module d'éclairage plus performant que les
modules cités précédemment.
[0005] L'objet de l'invention concerne un module d'éclairage pour un projecteur de véhicule
automobile, comprenant: un premier réflecteur avec une surface réfléchissante, avec
au moins un premier foyer pour une source lumineuse et un second foyer; un élément
dioptrique avec un axe optique, disposé de manière à recevoir les rayons lumineux
de ladite source lumineuse et à transmettre les rayons lumineux l'atteignant en un
faisceau lumineux; une lame en matériau transparent disposée entre ledit réflecteur
et ledit élément dioptrique de manière à présenter une tranche, formant une plieuse
apte à réfléchir une partie des rayons réfléchis par la surface réfléchissante du
premier réflecteur vers une partie de l'élément dioptrique; le premier réflecteur,
l'élément dioptrique, la tranche de la lame étant agencés de manière à former un faisceau.
Selon l'invention ladite tranche généralement plane est inclinée vers ledit réflecteur
par rapport à l'axe optique de l'élément dioptrique. L'élément dioptrique peut être
une lentille convergente.
[0006] Ces mesures ont pour effet de modifier la géométrie de réflexion au sein de la lame
et de rapprocher de l'axe optique les rayons se propageant dans la lame et réfléchis
par la plieuse. Ceci permet de concentrer les rayons vers l'axe optique. Le rendement
du faisceau et son intensité sont ainsi augmentés.
[0007] La surface réfléchissante du premier réflecteur est telle que ladite surface réfléchissante
est apte à réfléchir les rayons lumineux émis par la source lumineuse partant dudit
premier foyer, les rayons réfléchis se propageant vers ledit second foyer, soit avant
qu'ils n'atteignent ladite lame, soit après réfraction dans ladite lame. Dans le second
cas, direction des rayons réfléchis vers le second foyer après réfraction, la surface
réfléchissante du premier réflecteur est corrigée en fonction de la lame de manière
à ce que des rayons émis par la source lumineuse du premier réflecteur passent approximativement
par le second foyer après réflexion sur ladite surface réfléchissante corrigée et
réfraction au passage dans ladite lame. La surface réfléchissante est corrigée par
rapport à une surface réfléchissante où les rayons réfléchis sont dirigés vers le
second foyer avant réfraction.
[0008] La tranche peut comprendre une portion plane ou être totalement plane.
[0009] La présence d'un revêtement réfléchissant sur la tranche n'est pas essentielle. En
effet, il est possible d'assurer la fonction de plieuse sans la présence de revêtement
réfléchissant, cette fonction étant basée sur le principe de réflexion totale au dioptre
formé par le changement d'indice de réfraction entre le matériau transparent de la
lame et l'air ambiant au niveau de la tranche.
[0010] Selon un mode avantageux de l'invention, le bord de la tranche de la lame du côté
de l'élément dioptrique est approximativement au niveau dudit second foyer.
[0011] Préférentiellement l'axe optique de l'élément dioptrique passe par le second foyer.
L'élément dioptrique est convergent et présente un foyer disposé environ sur le second
foyer.
[0012] Selon un autre mode avantageux de l'invention, la tranche de la lame forme un angle
β avec l'axe optique de l'élément dioptrique compris entre 1 ° et 7°, préférentiellement
entre 2° et 5°, plus préférentiellement encore entre 3° et 5°.
[0013] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la lame est située exclusivement
du côté de l'axe optique de l'élément dioptrique où se trouve le réflecteur. Cela
permet par exemple d'utiliser un second réflecteur au-dessus du premier réflecteur.
[0014] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la tranche de la lame est pourvue
d'un revêtement réfléchissant.
[0015] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la lame présente deux faces
principales parallèles et perpendiculaires à l'axe optique de l'élément dioptrique.
[0016] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, la lame présente une face opposée
à la tranche servant de plieuse, ladite face opposée étant inclinée par rapport à
une perpendiculaire aux faces principales, l'inclinaison de ladite face opposée étant
orientée de manière à réduire la surface de la face principale en regard du réflecteur.
Cela permet d'obtenir un angle de dépouille pour pouvoir démouler la lame plus facilement
lors de sa conception. C'est notamment le cas lorsque la lame est en verre, car il
est difficile voir impossible d'utiliser un mouvement dans l'outil de moulage. Préférentiellement,
la face de la lame opposée à la tranche servant de plieuse forme un angle avec une
perpendiculaire aux faces principales compris entre 1 ° et 7°, préférentiellement
entre 2° et 5°, plus préférentiellement encore entre 3° et 5°.
[0017] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, l'axe optique du premier réflecteur
forme un angle avec l'axe optique de l'élément dioptrique, préférentiellement un angle
de plus de 10°, plus préférentiellement un angle de plus de 20°, plus préférentiellement
encore un angle de plus de 30°. Les mesures proposées sont particulièrement intéressantes
lorsque le réflecteur est incliné par rapport à l'axe optique du module. En effet,
dans cette disposition, les rayons entrent dans la lame avec un angle d'incidence
plus important, si bien que la compensation opérée par les mesures proposées permet
de limiter la dispersion des rayons.
[0018] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le premier réflecteur est disposé
de manière à ce que sa surface réfléchissante s'éloigne de l'axe optique de l'élément
dioptrique lorsque ladite surface réfléchissante se rapproche de son premier foyer.
Par exemple, lorsque l'axe optique de l'élément dioptrique est horizontal, le premier
foyer de la surface réfléchissante est situé dessous l'axe optique de l'élément dioptrique.
D'une manière générale, cette disposition implique un angle substantiel entre l'axe
optique du réflecteur et l'axe optique du module. Il s'en suit que les rayons provenant
du réflecteur entrent dans la lame avec un angle d'incidence important, la compensation
opérée par les mesures proposées permettant ainsi de limiter la dispersion des rayons.
[0019] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, le module comprend un deuxième
réflecteur avec une surface réfléchissante, avec au moins un premier foyer pour une
source lumineuse, un second foyer et un axe optique passant par lesdits premier et
second foyers, ladite surface réfléchissante étant apte à réfléchir les rayons lumineux
émis par ladite source lumineuse parant dudit premier foyer vers ledit second foyer,
ledit second foyer étant approximativement confondu avec le second foyer du premier
réflecteur, l'axe optique du premier réflecteur formant un angle avec l'axe optique
de l'élément dioptrique, les premier et deuxième réflecteurs étant orientés par rapport
à leurs axes optiques respectifs de manière à ce que la surface réfléchissante du
deuxième réflecteur soit en vis-à-vis de la surface externe du premier réflecteur,
cette surface externe étant la surface opposée à la surface réfléchissante du premier
réflecteur. Par exemple, la face réfléchissante du deuxième réflecteur est face au
dos du deuxième réflecteur.
[0020] Selon un encore autre mode avantageux de l'invention, comprend une paroi disposée
adjacente à la tranche de la lame transparente, dans un plan passant approximativement
par ladite tranche, ladite paroi ayant une face réfléchissante orientée vers le premier
réflecteur et servant de plieuse pour des rayons réfléchis par la surface réfléchissante
du premier réflecteur. Préférentiellement, le plan contenant cette paroi est parallèle
à l'axe optique de l'élément dioptrique et passe par le bord arrière de la tranche
réfléchissante de la lame.
[0021] Préférentiellement, la ou les sources lumineuses sont des diodes électrolum inescentes.
[0022] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention seront mieux compris
à l'aide de la description et des dessins parmi lesquels :
La figure 1 est une vue en perspective d'un mode de réalisation d'un module d'éclairage
selon l'invention.
La figure 2 est une vue en coupe du mode de réalisation illustré en figure 1,avec
tracé de rayons..
La figure 3 est une vue schématisant le fonctionnement du réflecteur inférieur du
module illustré en figure 2.
La figure 4 est une vue agrandie de la lame d'un module d'éclairage selon l'invention.
La figure 5 est une vue d'un module d'éclairage selon l'invention illustrant les points
de référence, le référentiel et les vecteurs utilisés pour un exemple de calcul de
la surface du réflecteur.
La figure 6 est une première vue illustrant l'impact de la correction du réflecteur.
La figure 7 est une seconde vue illustrant l'impact de la correction du réflecteur.
[0023] On comprend dans la description de l'invention les termes « avant », « arrière »,
« haut », « bas », « supérieur » ou « inférieur » d'après la position du module d'éclairage
selon les figures et une fois intégré dans un projecteur et monté sur un véhicule
en mode de fonctionnement conventionnel. Il est rappelé que le module pourrait être
monté et utilisé dans d'autres positions et/ou orientations sans pour autant s'éloigner
de l'invention. Les termes sus mentionnés sont donc à interpréter de manière relative
et non absolue.
[0024] Il est également à noter que les éléments optiques sont illustrés aux figures de
manière simplifiée avec correspondance parfaite des foyers et axes optiques pour des
raisons de clarté d'exposé. De telles correspondances ne sont pas à interpréter de
manière stricte sachant qu'en pratique, il peut y avoir de légères déviations en raison
de la nature imparfaite de certains éléments, de tolérance de montage et/ou afin de
corriger certains effets liés à l'imperfection de certains éléments optiques. Il en
va de même pour les sources lumineuses qui sont représentées de manière ponctuelle
alors qu'il est clair qu'en pratique ces sources lumineuses ne sont pas parfaitement
ponctuelles et présentent bien une surface d'émission de lumière qu'il a été choisi
ici volontairement de ne pas représenter.
[0025] A la figure 1 est illustré de manière schématique et en perspective un module d'éclairage
selon l'invention. Il comprend une lentille convergente 4 avec un foyer 24 et un axe
optique 2 passant par le foyer. Une lame transparente 6 est disposée généralement
perpendiculairement à l'axe optique 2, soit généralement verticalement dans le demi-espace
délimité par un plan médian horizontal passant par l'axe optique 2. La lame présente
une tranche supérieure 26 comprenant l'axe optique 2 et passant au moins approximativement
par le plan en question. La tranche supérieure 26 est recouverte d'un revêtement réfléchissant.
Ce revêtement est appliqué exclusivement sur la tranche 26, laissant les autres faces
de la lame transparentes. La lame est disposée de manière à ce que le bord avant soit
au niveau du foyer 24. La tranche 26 présente un ressaut au niveau de sa médiane correspondant
à l'axe optique 2. La fonction de ressaut sera explicitée d'avantage plus loin. La
lame est en matériau transparent comme du verre ou tout autre matériau transparent,
comme par exemple du PMMA (polymétacrylate de méthyle).
[0026] Il est à noter que la tranche 26 de la lame peut assurer la fonction de plieuse sans
la présence de revêtement réfléchissant, et ce par l'utilisation du principe de réflexion
totale sur un dioptre formé par l'interface entre deux milieux d'indice de réfraction
différents. Dans ce cas, il conviendra de veiller à ce que les rayons rencontrent
le dioptre formé par la tranche avec un angle d'incidence supérieur à l'angle limite
de réflexion totale.
[0027] Le module comprend également un premier réflecteur 10 dans le demi-espace inférieur.
Il est représenté schématiquement par sa surface réfléchissante. Cette surface présente
dans cet exemple un profil approximatif d'ellipsoïde, par exemple symétrique en rotation
autour de son axe optique 20. Elle comprend un premier foyer 22 destiné à recevoir
une source lumineuse et un second foyer confondu avec le foyer 24 de la lentille 4.
L'axe optique 20 du premier réflecteur forme un angle avec l'axe optique 2 qui est
compris entre 30° et 60°, préférentiellement compris entre 40° et 50°. La source lumineuse
éclaire majoritairement dans un demi-espace délimité par le plan transversal comprenant
l'axe optique 20 du réflecteur et est préférentiellement du type à diode électroluminescente.
[0028] Le module comprend également un deuxième réflecteur 8 représenté par sa surface réfléchissante.
Elle est composée de deux sous-surfaces réfléchissantes de profil elliptique symétrique
en révolution par rapport aux axes optiques 12 et 14 respectifs. Chaque sous-surface
réfléchissante comporte un premier foyer 16 ou 18 destiné à recevoir une source lumineuse
et un second foyer confondu avec le foyer 24 de la lentille et le second foyer du
premier réflecteur. La surface réfléchissante du deuxième réflecteur 8 est constituée
de la juxtaposition des deux sous-surfaces dans un demi-espace délimité par un plan
passant par les axes optiques respectifs 12 et 14 et l'axe optique 2 de la lentille
4, de manière à former une cavité doublement concave apte à réfléchir les rayons lumineux
provenant des premiers foyers 16 et 18 vers le second foyer 24. Les deux axes optiques
respectifs 12 et 14 forment un angle aigu entre eux et forment, chacun, un angle égal
avec l'axe optique 2 de la lentille et du module.
[0029] Le module d'éclairage comprend également une plaque 9 réfléchissante sur ses deux
faces et disposée approximativement dans le plan passant par les axes optiques 12
et 14 du deuxième réflecteur et la tranche réfléchissante 26 de la lame 6. Elle est
disposée de manière adjacente ou quasi-adjacente au bord arrière de la tranche et
s'étend jusqu'à une distance depuis ce bord arrière. Le bord arrière de la plaque
9 arrive approximativement à hauteur de l'intersection de la surface réfléchissante
du premier réflecteur 10 avec ledit plan. Plus précisément, le profil du bord arrière
de la plaque réfléchissante 9 est en forme de V dont la pointe est alignée avec l'axe
optique et de symétrie 2 du module et dirigée vers l'arrière, de manière à ce que
la surface réfléchissante de la plaque couvre une majeure partie de la zone délimitée
par l'intersection de la surface réfléchissante du premier réflecteur avec le plan.
La plaque réfléchissante 9 joue le rôle de plieuse complémentaire et sera explicité
plus loin.
[0030] Il est à noter que les axes optiques 12 et 14 des sous-surfaces réfléchissantes du
deuxième réflecteur 8 ne doivent pas nécessairement être compris dans le plan médian
horizontal. En effet, ils peuvent former un certain angle avec ce plan.
[0031] Une vue en coupe et de principe optique du dispositif de la figure 1 est illustrée
à la figure 2. Pour des raisons de simplicité d'exposé, il a été choisi d'assimiler
le deuxième réflecteur à une surface réfléchissante unique avec un seul premier foyer
et une seule source lumineuse. Cette simplification ne modifie en rien le principe
de fonctionnement du deuxième réflecteur comprenant deux sous-surfaces réfléchissantes
et deux sources lumineuses.
[0032] Le deuxième réflecteur 8 génère avec sa ou ses sources lumineuses 16 et 18 un faisceau
à coupure assurant par exemple une fonction d'éclairage de type « code ». En effet,
la majorité des rayons émis par la source lumineuse sont réfléchis par la surface
réfléchissante du deuxième réflecteur 8 vers le second foyer 24 et sont transmis par
la lentille en un faisceau de rayons essentiellement parallèles. Un tel rayon est
illustré par un trait plein depuis la source lumineuse 16, 18 jusqu'à la lentille
en passant par la surface réfléchissante et le second foyer 24. Certains rayons, notamment
ceux émis depuis une zone latérale avant de la source lumineuse, rencontrent la plieuse
26 à l'arrière du foyer 24. Ils sont réfléchis ou « repliés » vers une partie haute
de la lentille avec un angle d'incidence tel qu'ils sortent de la lentille inclinés
légèrement vers le bas. Un tel rayon est illustré par un trait interrompu à la partie
supérieure de la figure. La plieuse joue donc le rôle d'un cache dans un système de
projection classique et la projection de son bord forme la coupure horizontale du
faisceau projeté, cette coupure étant utile notamment pour une fonction d'éclairage
du type « code ». Il est à noter que comme mentionné précédemment, la plieuse comporte
un ressaut au niveau du bord avant dit bord de coupure de manière à ce que la coupure
soit plus haute d'un côté que de l'autre du plan médian vertical afin de projeter
un faisceau du type « code » en conformité avec la législation.
[0033] La plupart des rayons émis par la source lumineuse 22 du premier réflecteur 10 sont
réfléchis par la surface réfléchissante du réflecteur, traversent la lame 6, passent
par le foyer 24, sont projetés par la partie haute de la lentille 4 et viennent s'ajouter
au faisceau provenant du réflecteur supérieur afin d'assurer la fonction « route ».
Un tel rayon est illustré par un train interrompu à la partie inférieure de la figure.
[0034] La figure 3 est une vue similaire à celle de la figure 2 où parmi les deux réflecteurs,
seul le réflecteur inférieur, à savoir le premier réflecteur, est illustré. Cette
vue est agrandie et illustre certaines particularités optiques du module selon l'invention.
Un premier rayon en train interrompu et correspondant à celui de la figure 2 est illustré.
Il est émis par la source lumineuse 22, est réfléchi par la surface réfléchissante,
pénètre la lame transparente 6 et subit une première réfraction, traverse la lame,
passe par le foyer 24, sort de la lame et subit une seconde réfraction avant de rencontrer
la lentille dans sa moitié supérieure. Un deuxième rayon est illustré en trait plein.
Il est émis par une zone décentrée de la source lumineuse 22 et est réfléchi vers
une zone de la plieuse située légèrement en arrière du second foyer 24. Similairement
au premier rayon, il pénètre la lame, subit une première réfraction, traverse la lame
jusqu'à rencontrer la plieuse 26, est réfléchi vers le bas, traverse le reste de l'épaisseur
de la lame, sort de la lame, subit une second réfraction vers le bas et rencontre
la lentille dans sa moitié inférieure. Ce rayon sera ensuite transmis et dévié par
la lentille vers la partie haute du faisceau d'éclairage. Une vue agrandie du haut
de la lame illustre bien les phénomènes de réfraction et de réflexion de ces deux
rayons types.
[0035] La tranche supérieure de la lame formant la plieuse est inclinée depuis le bord de
coupure vers le bas du module afin de concentrer d'avantage les rayons réfléchis par
la plieuse. La figure 4 est une vue agrandie du haut de la lame. La tranche supérieure
26 comprise dans le plan médian horizontal est illustrée en trait plein. La tranche
supérieure inclinée 36 est illustrée en trait interrompu. Elle présente un angle de
dépouille β par rapport au plan médian horizontal. Cet angle correspond à une dépouille
de hauteur d au niveau de la face arrière de la lame. Un rayon 28 provenant du premier
réflecteur 10 et pénétrant la lame est illustré. Il est réfracté et subit une première
déviation 30. Il est ensuite réfléchi par la plieuse non inclinée en un rayon 32 traversant
le reste de l'épaisseur de la lame pour ensuite en sortir en subissant une seconde
réfraction 34. Le point d'émergence du rayon est à une distance e du bord de coupure.
Ce rayon sort de la lame selon un angle α avec la normale à la face avant de la lame.
Le même rayon incident de la lame sera réfléchi par la plieuse inclinée 36 en un rayon
38 moins incliné que le rayon correspondant 32. Ce rayon 38 va alors sortir de la
lame en un point d'émergence à un distance e' du bord de coupure, cette distance e'
étant inférieure à la distance e. Le rayon sortant 40 subit une second réfraction
et forme un angle α' avec la normale à la face avant de la lame qui est inférieur
à la valeur α du même rayon incident réfléchi par la plieuse inclinée 36. En raison
de ces deux effets, le rayon sortant 40 va rencontrer la lentille à avec un angle
incident plus faible et en un point plus proche de l'axe optique. Le faisceau projeté
provenant de tels rayons sera par conséquent plus proche de l'horizontale et assurera
un éclairage de photométrie supérieure en raison de pertes plus faibles par réflexions
vitreuses, notamment sur la face avant de la lame et sur les faces de la lentille.
[0036] Il est à noter que le matériau de la lame sera préférentiellement du verre par opposition
aux matériaux plastiques pour des raisons de tenue en température. En effet, la présence
de la lentille a pour effet que les rayons solaires extérieurs peuvent se concentrer
via la lentille au foyer 24 et surchauffer le matériau de la lame. La tranche de la
lame opposée à la tranche servant de plieuse peut également être similairement incliné,
et ce de manière symétrique de manière à réduire la hauteur de la face arrière d'une
valeur donnée. Bien que cette tranche de la lame ne joue aucun rôle du point de vue
de l'optique, une telle inclinaison ou angle de dépouille permet de simplifier la
mise à forme de la lame en simplifiant le démoulage selon une direction perpendiculaire
aux faces avant et arrière. Les faces optiques peuvent ensuite être surfacée afin
d'en garantir la planéité et les qualités optiques.
[0037] La surface réfléchissante du premier réflecteur est corrigée afin de compenser la
première réfraction à laquelle les rayons sont soumis lors de leur entrée dans la
lame. Le calcul de correction de la surface va être décrit ci-après en relation avec
la figure 5.
[0038] Le calcul se base sur l'application du principe de Huygens et le principe de Fermat
relatif au chemin optique.
[0039] En effet, selon le principe de Huygens, la lumière se propage de proche en proche,
l'ensemble des points d'égale perturbation lumineuse étant appelée surface d'onde.
Chacun des points de cette surface atteint par la lumière se comporte comme une source
secondaire qui émet des ondelettes sphériques dans un milieu isotrope. La surface
enveloppe de ces ondelettes forme une nouvelle surface d'onde.
[0040] La lumière se propage plus difficilement ou plus lentement dans les milieux autres
que le vide. L'indice n du milieu est défini par

où c et v sont la vitesse de la lumière dans le vide et dans le milieu, respectivement.
[0041] Le chemin optique est le chemin parcouru par la lumière parcouru dans le vide durant
la durée de propagation dans le milieu :

où s désigne l'abscisse curviligne le long du chemin parcouru dans le milieu entre
les points A et B, et AB la longueur du chemin parcouru entre A et B. Le principe
de Fermat s'énonce : entre deux points A et B, atteints par la lumière, le chemin
optique suivi le long du trajet est stationnaire. Il résulte notamment

en considérant que ds'=-ds est l'élément de coordonnée curviligne de B vers A, on
peut alors écrire que

[0042] C'est le principe de retour inverse de la lumière : le trajet suivi par la lumière
pour aller d'un point un autre ne dépend pas du sens de propagation de la lumière.
[0043] Le chemin optique inverse depuis un point d'émergence O correspondant au foyer 24
jusqu'à la source lumineuse F se calcule comme suit :
Un référentiel x-y-z centré en O est illustré à la figure. Un vecteur r de longueur
égale à 1, originaire du point O et orienté selon le chemin inverse de la lumière
dans la lame depuis le point O où ϕ est le complément de l'angle avec l'axe z et θ
le complément de l'ange avec l'axe y et s'écrit :

[0044] La première section de chemin optique OP s'écrit :

où ε est l'épaisseur de la lame.
[0045] Il s'ensuit :

[0046] Or, en l'application de la loi de Snell-Descartes seul l'angle ϕ change au passage
du dioptre, si bien que
n · r - i ∝ z, où
t est le vecteur normé originaire du point P orienté selon le rayon inverse vers le
réflecteur, il s'ensuit que
ix =
nrx et
ty =
nry. Etant donné que le module de
t est égal à 1, il s'ensuit que

et

d'où on peut calculer
i. Le point M est un point de la surface réfléchissante à calculer, d'où

où K qui est le chemin optique de O à F est une constante en application du principe
de Fermat. Il s'ensuit

[0047] Le vecteur
FP est connu étant donné que les points F et P sont connus, le vecteur
i a été calculé sur base du calcul sus mentionné et λ est connu, il suffit alors de
poser une constante K qui convient pour alors calculer la valeur de p et en déduire
un point de la surface pour un vecteur
r donné. On peut ensuite itérer sur base d'un faisceau de rayons inverses et en déduire
les coordonnées de la surface réfléchissante. L'homme de métier n'aura aucune difficulté
à mettre en oeuvre un pareil calcul notamment par des méthodes de calcul numérique
itératives.
[0048] En d'autres termes plus physiques, le réflecteur est corrigé de manière à transformer
une surface d'onde sphérique issue d'un point source F à la surface de l'émetteur
en une surface d'onde sphérique dans la matière de la lame, ayant pour centre le deuxième
foyer 24, ce deuxième foyer étant situé dans la matière de la lame au voisinage de
sa face de sortie avant et de sa face supérieure (tranche).
[0049] La correction de surface réfléchissante elliptique est applicable à diverses configurations,
notamment la configuration du réflecteur 10 de la présente invention, ainsi qu'à une
configuration classique telle qu'illustrée en trait interrompu 42 à la figure 5.
[0050] Il à noter que la correction ne doit pas nécessairement être faite sur toute la surface
réfléchissante mais bien essentiellement sur la zone réfléchissant les rayons qui
vont former la partie centrale du faisceau.
[0051] La figure 6 illustre une configuration de réflecteur elliptique dans un demi-espace
et dont la surface est généralement orientée vers l'axe optique du module, montrant
notamment l'effet de la correction de surface réfléchissante. Plus précisément, elle
illustre une configuration de module d'éclairage avec deux réflecteurs elliptiques
8 et 42 dans des demi-espaces opposés et dont les surfaces réfléchissantes sont toutes
deux généralement dirigées vers l'axe optique 2 du module. Les axes optiques des réflecteurs
sont légèrement inclinés afin de ménager un espace pour le refroidissement des sources
lumineuses 16, 18 et 44. Un premier rayon provenant de la source lumineuse 44 et réfléchi
en un point A est illustré en trait plein. Le trait interrompu associé au trait plein
illustre le chemin optique que suivrait le rayon si la surface réfléchissante n'était
pas corrigée en fonction de la lame transparente 6 ; à savoir ce rayon serait réfracté
à son entrée dans la lame et serait dévié du second foyer 24. Un deuxième rayon provenant
de la source lumineuse 44 et réfléchi en un point B plus proche de l'axe optique de
la surface réfléchissante est illustré en trait plein. Ce rayon rasant et dirigé vers
le foyer 24 va rencontrer l'espace dédié au refroidissement et s'y perdre au lieu
de pénétrer la lame. Dans cette configuration, certains des rayons rasants vont se
perdre dans le radiateur de refroidissement des sources lumineuses. Cette situation
est d'autant plus vraie que la surface du réflecteur est corrigée. En effet, cette
correction a pour effet de réfléchir les rayons issus de la source lumineuse de manière
à présenter une déviation par rapport au second foyer, cette déviation étant de sorte
à ce que les rayons soient orientés vers un point situé à l'arrière du second foyer,
ce qui intensifie le problème de perte de rayons dans l'espace nécessaire au refroidissement
des sources lumineuses.
[0052] La figure 7 illustre l'effet de la correction de surface réfléchissante pour une
configuration de réflecteur elliptique dans un demi-espace et dont la surface est
généralement opposée à l'axe optique du module. Un premier rayon issu de la source
lumineuse 22 et réfléchi en un point A de la surface réfléchissante corrigée est illustré
en trait plein. En l'absence de correction de la surface, ce rayon pointerait vers
le second foyer 24 mais serait dévié lors de son entrée dans la lame et passerait
en dessous du foyer. Ce trait est illustré en trait interrompu. Le fait d'avoir «
retourné » le réflecteur d'environ 180° sur son axe optique a permis d'une part de
réduire au minimum, voire d'éliminer l'épaisseur du volume mort adjacent au bord arrière
de la plieuse, et d'autre part d'incliner les rayons réfléchis par le réflecteur de
manière à ce que la majeure partie d'entre eux ne se perdent pas dans des éléments
de construction du module. La correction de la surface réfléchissante est d'autant
plus intéressante dans cette configuration que l'angle moyen d'incidence sur la face
arrière de lame est important. Un deuxième rayon issu de la source lumineuse et réfléchi
par un point B plus éloigné de l'axe optique du réflecteur est également illustré.
Ce rayon va rencontrer la plieuse complémentaire 9 de manière à être renvoyé vers
la lame et participer à la production de lumière ambiante du faisceau. Il est à noter
que la source lumineuse privilégiée est du type à diode électroluminescence. Une telle
source éclaire dans un demi-espace mais concentre une majeure partie de la puissance
d'éclairage dans un cône centré sur son axe principal d'éclairage (c'est-à-dire une
perpendiculaire à l'axe optique du réflecteur), si bien que la configuration de la
figure 7 va permettre aux rayons formant la majeure partie de la puissance d'éclairage
de travailler de manière optimale.
[0053] Il est à noter que le fait de prévoir un angle de dépouille à la tranche de la lame
formant la plieuse et tel que décrit précédemment en relation avec la figure 4 a particulièrement
de sens avec la disposition « retournée » du réflecteur car les rayons y rencontrent
la lame transparente avec un angle d'incidence plus important.
1. Module d'éclairage pour un projecteur de véhicule automobile, comprenant :
un premier réflecteur (10) avec une surface réfléchissante, avec au moins un premier
foyer (22) pour une source lumineuse et un second foyer (24) ;
un élément dioptrique (4) avec un axe optique (2), disposé de manière à recevoir les
rayons lumineux de ladite source lumineuse et à transmettre les rayons lumineux l'atteignant
en un faisceau lumineux ;
une lame (6) en matériau transparent disposée entre ledit premier réflecteur (10)
et ledit élément dioptrique (4) de manière à présenter une tranche (26) formant une
plieuse apte à réfléchir une partie des rayons réfléchis par la surface réfléchissante
du premier réflecteur vers une partie de l'élément dioptrique ;
le premier réflecteur (10), l'élément dioptrique (4), la tranche (26) de la lame étant
agencés de manière à former un faisceau ;
caractérisé en ce que
ladite tranche (26) généralement plane est inclinée vers ledit premier réflecteur
(10) par rapport à l'axe optique (2) de l'élément dioptrique (4).
2. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le bord de la tranche (26) de la lame (6) du côté de l'élément dioptrique (4) est
approximativement au niveau dudit second foyer (24).
3. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la tranche (26) de la lame (6) forme un angle β avec l'axe optique (2) de l'élément
dioptrique (4) compris entre 1° et 7°, préférentiellement entre 2° et 5°, plus préférentiellement
encore entre 3° et 5°.
4. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la lame (6) est située exclusivement du côté de l'axe optique (2) de l'élément dioptrique
(4) où se trouve le premier réflecteur (10).
5. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la tranche est pourvue d'un revêtement réfléchissant.
6. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la lame (6) présente deux faces principales parallèles et perpendiculaires à l'axe
optique (2) de l'élément dioptrique (4).
7. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la lame (6) présente une face opposée à la tranche (26) servant de plieuse, ladite
face opposée étant inclinée par rapport à une perpendiculaire aux faces principales,
l'inclinaison de ladite face opposée étant orientée de manière à réduire la surface
de la face principale en regard du réflecteur.
8. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la face de la lame (6) opposée à la tranche (26) servant de plieuse forme un angle
avec une perpendiculaire aux faces principales compris entre 1° et 7°, préférentiellement
entre 2° et 5°, plus préférentiellement encore entre 3° et 5°.
9. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'axe optique (20) du premier réflecteur (10) forme un angle avec l'axe optique (2)
de l'élément dioptrique (4), préférentiellement un angle de plus de 10°, plus préférentiellement
un angle de plus de 20°, plus préférentiellement encore un angle de plus de 30°.
10. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le premier réflecteur (10) est disposé de manière à ce que la surface réfléchissante
s'éloigne de l'axe optique (2) de l'élément dioptrique (4) lorsque ladite surface
réfléchissante se rapproche de son premier foyer.
11. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend un deuxième réflecteur (8) avec une surface réfléchissante, avec au moins
un premier foyer (16, 18) pour une source lumineuse, un second foyer (24), ladite
surface réfléchissante étant apte à réfléchir les rayons lumineux émis par ladite
source lumineuse partant dudit premier foyer (16, 18) vers ledit second foyer (24),
ledit second foyer étant approximativement confondu avec le second foyer (24) du premier
réflecteur (10), l'axe optique (20) du premier réflecteur (10) formant un angle avec
l'axe optique (2) de l'élément dioptrique (4), les premier et deuxième réflecteurs
(10, 8) étant orientés par rapport à leurs axes optiques respectifs (20 ; 12, 14)
de manière à ce que la surface réfléchissante du deuxième réflecteur soit en vis-à-vis
de la surface externe du premier réflecteur, cette surface externe étant la surface
opposée à la surface réfléchissante du premier réflecteur.
12. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu'il comprend une paroi (9) disposée adjacente à la tranche (26) de la lame (6), dans
un plan passant approximativement par ladite tranche (26), ladite paroi ayant une
face réfléchissante orientée vers le premier réflecteur (10) et servant de plieuse
pour des rayons réfléchis par la surface réfléchissante du premier réflecteur.
13. Module d'éclairage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le plan contenant cette paroi (9) est parallèle à l'axe optique de l'élément dioptrique
(4) et passe par le bord arrière de la tranche réfléchissante (26) de la lame (6).
14. Module d'éclairage selon l'une des revendications précédentes, dans lequel la ou les
sources lumineuses sont des diodes électroluminescentes.