[0001] La présente invention concerne un couchage pour nourrisson qui favorise une croissance
harmonieuse en lui permettant d'adopter une posture qui réduit, voire supprime, les
tensions du corps et qui agit dès lors en prévention de certaines pathologies souvent
rencontrées chez les nouveaux-nés. Celles-ci résultent dans certains cas de problèmes
de positionnement du crâne, pouvant conduire à des conséquences physiologiques négatives,
ou sont liées à des gênes digestives.
[0002] Parmi les problèmes observés pour le crâne figurent les déformations osseuses du
type plagiocéphalies posturales postérieures post-naissance, qui entraînent un aplatissement
de la partie postérieure du crâne d'un bébé, souvent du côté où il tourne préférentiellement
la tête.
[0003] Les déformations crâniennes se sont développées notamment depuis qu'il est d'usage
(il en est d'ailleurs fait obligation à tous les personnels soignants) d'imposer le
couchage sur le dos à tous les nourrissons, afin de diminuer la fréquence des morts
subites du nouveau-né.
[0004] Le bébé repose par conséquent sur le dos par gravité, membres ouverts, et il a naturellement
tendance à tourner sa tête vers un côté privilégié qui lui procure une sensation de
meilleur confort notamment parce qu'elle diminue les tensions ou gênes qu'il peut
ressentir. Cette rotation naturelle résulte en fait de la forme allongée vers l'arrière
que présentent dans la plupart des cas les crânes de nourrissons, qui génère deux
problèmes d'ordre mécanique lorsqu'il veut stabiliser ou immobiliser sa tête en position
couchée.
[0005] Le premier naît du fait que cette forme, provoquant un surcroît de pression dans
la zone d'appui, empêche le nourrisson de trouver une position naturelle confortable
sur le dos, tête dans l'axe, puisque celle-ci subit une flexion très importante vers
l'avant. Lorsqu'il veut maintenir sa tête dans l'axe, le contrôle de la stabilité
de cette dernière est très aléatoire, et le bébé ressent une grande instabilité, source
d'insécurité.
[0006] Le nourrisson recherche alors un type d'appui postérieur particulier lui permettant
de maintenir de manière statique une posture de tête stable et non contraignante.
Il lui suffit en fait de tourner la tête d'un côté et il a résolu son problème de
stabilité de la tête en position sur le dos. Il choisit alors le côté qui créé le
moins de tensions musculaires, c'est-à-dire celui qui présente la situation de confort
maximum parce qu'il réduit les sensations liées aux contraintes musculaires. Au bout
d'un certain temps, la réaction du support et la malléabilité du crâne du nouveau-né
peuvent provoquer une déformation sous forme d'un aplatissement de ce côté seulement,
lequel augmente la stabilité de la position, auto entretient dès lors la déformation
pour quelques semaines encore et le conduit naturellement à privilégier la rotation
vers ce côté.
[0007] Le second problème mécanique se présente chaque fois que le nourrisson veut sortir
de cette rotation préférentielle, car pour remettre sa tête dans l'axe, il doit presque
la soulever en fléchissant sa colonne cervicale. Or, à cet âge, la tête représente
presque 30% de son poids total, et l'effort requis à cet effet fait intervenir des
compétences musculaires qu'il ne possède pas ou maîtrise très mal. Il lui est possible
de tourner la tête 4 à 5 fois dans la journée, guère plus en général, et il préfère
rester le plus souvent dans la position d'appui préférentielle.
[0008] L'asymétrie crânienne que cette position provoque, résultant donc de l'effet combiné
de son anatomie et de son immaturité neuromusculaire, a des conséquences plus ou moins
visibles, immédiates ou futures. Ces deux difficultés sont encore aggravées si la
tête est surélevée, par exemple par tout oreiller ou par l'appui postérieur de la
tête dans un transat ou un cocon.
[0009] La flexion cervicale s'en trouve en effet accentuée, ce qui a pour effet secondaire
d'augmenter la tension musculaire en étirant les muscles postérieurs du dos et de
la nuque, et en comprimant à l'inverse la partie antérieure du cou sur le thorax supérieur.
C'est vrai si la tête est dans l'axe du corps, et encore plus si elle est tournée
sur le côté : dans ce cas, la rotation/torsion cervicale se rajoute au quasi blocage
en flexion. L'effort musculaire requis pour tourner la tête est encore plus difficile,
voire impossible, ce qui rend bien plus probable l'immobilisation de la tête en position
exclusive de torsion unilatérale.
[0010] Cette position à fortes contraintes mécaniques crée, en position à plat ou surélevée,
c'est-à-dire pour tous les couchages qui aboutissent à surélever la tête du nourrisson,
des tensions à l'échelle du cou et du dos, tensions qui génèrent un facteur de risque.
Elles peuvent se traduire par ledit aplatissement postérieur du crâne, et ensuite
le cas échéant provoquer des limitations ultérieures de mobilité dans la rotation
de la tête d'un côté ou de l'autre, modifier la symétrie de la motricité et ses caractéristiques
au niveau du dos, du bassin et des membres inférieurs.
[0011] En d'autres termes, pour les types de couchage classiques mentionnés, la forme du
crâne représente pour le bébé nouveau-né un véritable handicap mécanique pour le mouvement
de la tête, conduisant à la création et à la pérennisation d'une unique zone d'appui
sous l'effet des forces gravitationnelles.
[0012] L'un des problèmes qui se pose aux soignants est que l'aspect visuel de cette pathologie
postnatale n'apparaît que vers la huitième semaine. Les nourrissons ne sont donc pas
adressés aux soignants compétents, par exemple les ostéopathes, avant la neuvième
ou la dixième semaine au mieux. Or, des études médicales montrent l'importance d'une
prise en charge la plus précoce possible. En outre, la mise en oeuvre d'une telle
prise en charge dépend d'une compréhension des mécanismes d'installation de cette
plagiocéphalie posturale postnatale, ce qui est loin d'être généralisé. Il y a donc
souvent une perte de temps entre la prise de conscience de son existence et le démarrage
de soins appropriés.
[0013] Les régurgitations ou reflux digestifs, les coliques, etc... comptent par ailleurs
au nombre des troubles digestifs qui sont provoqués par l'apparition des tensions
inhérentes à la position décrite. La rotation/torsion cervicale ajoutée au blocage
en flexion de la position privilégiée de la tête aboutit à comprimer la partie antérieure
du corps et à provoquer des tensions correspondantes sur les muscles et sur les tissus,
dont ceux qui appartiennent à l'appareil digestif, avec des conséquences évidemment
négatives sur les fonctions relatives à la digestion.
[0014] La présente invention remédie aux différents inconvénients développés ci-dessus,
et vise autant la mise en place d'une logique de récupération que d'une logique de
prévention. Elle permet la mise en oeuvre d'un couchage respectant la liberté de mouvement
du crâne du bébé sans tensions négatives, aboutissant secondairement à diminuer les
tensions sur les tissus appartenant au système digestif en proposant une configuration
de couchage qui empêche un tassement du bébé sur son ventre et son bassin, qui évite
par conséquent une mise en compression des tissus viscéraux.
[0015] Le couchage pour nourrisson de l'invention, classiquement posé sur un support plan
horizontal via une surface inférieure plane, se caractérise à ces effets à titre principal
en ce qu'il comporte une surface de couchage dont le tracé comprend une première portion
d'allure plane soutenant le dos, orientée selon un premier angle compris entre 6°
et 16° par rapport à l'horizontale, formant avec une seconde portion d'allure plane
contigüe orientée selon une pente inverse une zone de calage pour les fesses du nourrisson,
la première portion d'allure plane débouchant à son sommet sur une zone d'appui pour
la tête du nourrisson située à un niveau inférieur audit sommet, alors que le sommet
de la seconde portion débouche sur une partie descendant vers l'extrémité du couchage.
[0016] L'ensemble vise à éviter autant que possible toute forme de tension corporelle, par
un effet général d'enroulement du corps, un peu comme dans un hamac. La forme du couchage,
avec son angulation centrale entre les première et seconde portions qui évite un enroulement
uniforme du corps, conduit à ce que les fesses de l'enfant se posent obligatoirement
sur cette zone, c'est-à-dire dans la « cuvette » ainsi créée, qui le maintient parfaitement
en lui évitant de glisser vers les pieds.
[0017] La tête n'est pas surélevée, et le couchage de l'invention permet au contraire «
d'absorber » la portion de volume postérieur du crâne qui dépasse du plan de couchage
lorsque l'axe du corps est préservé, c'est-à-dire lorsque la tête reste dans l'axe
naturel du dos. En fait, on inverse le principe habituel des surfaces de couchage
: « l'oreiller » surélevé se situe sous le corps et non plus sous la tête. La zone
d'appui de la partie postérieure du crâne se situe bien sous la zone support du buste.
[0018] La différence de hauteur entre la zone d'appui de la tête et celle du reste du corps
empêche la création de tensions, et favorise le mouvement de rotation des deux côtés,
cette action demandant à présent beaucoup moins d'efforts que sur des surfaces de
couchage à plat ou avec oreiller. Le nourrisson peut prendre une position naturelle
en position de couchage, sur le dos, tête dans l'axe du corps. La tête du nouveau-né
n'est jamais en extension mais elle est moins fléchie.
[0019] Le couchage de l'invention peut aussi comporter des cales latérales disposées au
voisinage des côtés latéraux du couchage, le long de la zone d'appui de la tête et
des deux portions à pente inversée, qui empêchent tout glissement du bébé vers les
côtés, et contribuent à un effet général enveloppant très sécurisant pour le nourrissant
car produisant un « effet nid ». Cet effet sécurisant participe très probablement
à une physiologie digestive plus sereine, et contribue aussi à améliorer le sommeil.
[0020] Le soutien passif des membres supérieurs diminue l'importance et les effets du réflexe
de MORO. La diminution des mouvements involontaires et des sursauts réduit les micro-éveils
du nouveau-né et permet un meilleur endormissement et des périodes de sommeil plus
longues.
[0021] Selon une possibilité, la zone d'appui pour la tête et le reste du couchage peuvent
être constitués en deux parties séparables. Ces deux parties sont classiquement reliées
au moyen d'une housse.
[0022] Selon une première version, cette zone d'appui pour la tête peut présenter un profil
transversal sensiblement symétrique comportant successivement une cale latérale, une
surface d'allure plane sensiblement parallèle à la surface inférieure du couchage
et située à un niveau inférieur d'une hauteur d au sommet de la première portion,
et une autre cale latérale, les deux cales latérales ayant sensiblement la même largeur
l à leur base.
[0023] En variante, ladite zone d'appui peut présenter un profil transversal asymétrique
comportant successivement :
- une cale latérale de largeur l + l' à sa base et de paroi intérieure à orientation
proche de la verticale,
- un premier versant incliné d'allure plane s'abaissant progressivement d'un niveau
supérieur plus bas que le sommet de la première portion d'une hauteur sensiblement
égale à d à un niveau inférieur écarté dudit sommet d'une hauteur d + d', ledit niveau
inférieur étant décalé latéralement au-delà de l'axe longitudinal médian du couchage,
- un second versant incliné d'allure plane remontant selon une orientation permettant
d'atteindre la hauteur de la partie supérieure des cales latérales du couchage au
voisinage du côté extérieur d'une cale latérale.
[0024] Cette géométrie asymétrique autorise un positionnement particulier de la tête du
bébé qui lui permet de retrouver et d'entretenir une liberté de mouvement de la tête
en posture couchée à plat sur le dos, quelle que soit la forme arrière de son crâne
: l'idée est que le profil ci-dessus présente un côté limitant, constitué par le premier
versant et la cale latérale à paroi intérieure sensiblement verticale, et un côté
facilitant la rotation du crâne déjà déformé, constitué par la zone la plus basse
et décalée où se rejoignent les deux versants à pentes inversées, ladite rotation
étant cependant limitée par le second versant remontant.
[0025] La déformation du crâne induit en principe un côté rotatif préférentiel, en pratique
le côté du méplat sur lequel le crâne tend très naturellement à s'appuyer sans effort
particulier, et un côté contraignant, de l'autre côté, où le crâne déformé présente
une protubérance qui constitue au contraire un obstacle à la rotation, à la manière
d'un chignon. D'où le profil de l'invention, présentant côté méplat une cale avec
une paroi interne presque verticale, qui est fonctionnellement limitante et peu incitative
car barrant la vue, et côté protubérance une sorte de réceptacle pour loger le « chignon
» et permettre ainsi une rotation naturelle aidée par la pente du premier versant
et limitée par la pente inverse du second versant. Le bébé n'a alors plus besoin de
mettre sa tête en flexion pour passer au dessus de l'obstacle constitué par la protubérance
lorsqu'il veut tourner la tête dans cette direction, et son regard est au surplus
dégagé par le versant qui remonte progressivement jusqu'à hauteur de cale, ce qui
est incitatif.
[0026] De préférence, dans les deux versions, le profil transversal couvre la totalité de
la dimension longitudinale de la zone d'appui de la tête : dans l'hypothèse d'un appui-tête
amovible, il est alors possible de le tourner de 180°, autour d'un axe vertical, et
de le relier au reste du couchage pour l'adapter à la localisation de la pathologie
présentée par le nourrisson. En d'autres termes, le même appui-tête peut être utilisé
en réponse à des déformations crâniennes à droite ou à gauche selon le choix du côté
du décalage latéral par rapport à l'axe longitudinal médian.
[0027] L'intérêt d'un appui-tête amovible est également de pouvoir en changer, notamment
selon les progrès constatés, par exemple pour revenir à un appui-tête selon la première
version après une période d'utilisation de celui de la seconde version.
[0028] La tête n'est cependant pas la seule partie du corps prise en charge par le couchage
de l'invention : les cuisses et les genoux sont respectivement soutenus par la seconde
portion inclinée et son sommet, qui sert en quelque sorte de cale basse, et les jambes
reposent ensuite par gravité, c'est-à-dire sans efforts musculaires, sur la partie
qui redescend vers l'extrémité.
[0029] Cette configuration spatiale harmonise les relations et dynamiques entre toutes les
grandes fonctions et elle contribue en particulier à procurer un sommeil de bonne
qualité, conduisant à son tour à une meilleure gestion des énergies pour le nouveau-né.
[0030] L'angle au niveau de la cuvette, qui en fait crée ladite cale dite basse pour maintenir
les fesses du bébé de tout âge sur la même zone, a une fonction physiologique très
importante. Cette configuration permet en effet au bébé de grandir en s'allongeant
de façon naturelle vers le haut du couchage. Il peut alors bénéficier de toutes les
fonctionnalités du couchage quels que soient son âge et sa taille. L'usage du couchage
s'arrête à partir du moment où le bébé atteint une taille d'environ 69 cm, signifiant
que le sommet de sa tête arrive au bord de la partie supérieure du couchage. Le corps
du bébé n'est jamais confiné dans l'enveloppement global du couchage, ou mis en compression
sur une de ses parties, comme c'est le cas pour les nids ou cocons qui ont une forme
fermée.
[0031] En fait, de préférence, la valeur dudit premier angle est de 11°, mais il s'agit
d'une valeur qui se modifie en pratique, lorsque le poids du nouveau-né s'applique
sur le couchage souple.
[0032] Il a été question auparavant de portions d'allure plane des différentes parties du
couchage de l'invention, notamment afin de pouvoir définir des surfaces supportant
les diverses parties du corps, et le cas échéant des intervalles d'angles marquant
des inclinaisons propres à assurer les fonctions desdites portions : il est clair
que l'invention couvre également des portions successives à formes légèrement arrondies
de manière notamment à rendre la ligne de couchage plus harmonieuse et confortable.
[0033] Les parties de liaison entre lesdites portions peuvent d'ailleurs elles-mêmes être
arrondies ou présenter des courbes.
[0034] Le couchage est en pratique constitué d'au moins deux couches, au moins une couche
inférieure formant socle dont la surface supérieure obéit au tracé de la surface de
couchage, et au moins une couche supérieure dont la surface de couchage reprend sensiblement
le tracé de la surface supérieure du socle.
[0035] La ou les couches supérieures est (sont) constituée(s) d'une mousse visco-élastique
particulière dotée d'un pouvoir thermoformable réduit et présentant une douce fermeté.
Avec un tel matériau, et sous l'effet du poids du bassin et du ventre du nouveau-né,
l'angle précité augmente de quelques degrés, atteignant une valeur en pratique de
l'ordre de 15°. Les caractéristiques physiques de cette matière sont prévues pour
permettre une augmentation de la surface des zones d'appui, notamment du crâne, avec
le support, et procurent un effet enveloppant en particulier pour la tête et la partie
haute du dos. La stabilité de la tête est alors assurée dans n'importe quelle position
sans enfermement dans une surface molle ou dans une forme fermée.
[0036] La qualité de déformation de la mousse confère à la surface de couchage une résistance
suffisante pour donner les appuis nécessaires pour que les mouvements de la tête restent
faciles et fluides. Cette sensation est très sécurisante pour le nourrisson. Il en
résulte une dynamique très améliorée entre mouvements et positions variés de repos,
qui permet une plus grande diversification des zones de contacts entre l'arrière du
crâne et la surface de couchage.
[0037] Cette mousse est choisie pour conférer au support une réactivité minimale, c'est-à-dire
qu'elle exerce sur le corps, et tout particulièrement le crâne, une force de réaction
qui minimise l'impact des forces s'appliquant à la structure osseuse, notamment parce
que la matière en permet une répartition bien plus harmonieuse. La réaction du support
est en réalité appliquée sur une surface plus grande, pendant une durée plus courte.
[0038] La densité de la mousse qui constitue le socle est plus importante, lui conférant
une rigidité différente permise par le fait qu'il n'est pas directement au contact
du corps du bébé.
[0039] La couche supérieure est de préférence constituée de deux strates collées de mousse
visco-élastique. La plus basse varie en épaisseur en fonction de sa localisation,
en fonction de l'effet souhaité. Au niveau de la zone d'appui de la tête et de la
première portion supportant le haut du dos, cette épaisseur est maximale. Elle est
en pratique d'au moins 4 cm, pour avoir un effet optimum. Dans le reste du couchage,
en particulier au niveau de la cuvette, entre l'angle entre les première et seconde
portions (entre le dos et les cuisses) et le long de cette dernière, l'épaisseur n'est
plus que de 2 cm car la fonction recherchée est le positionnement correct du corps
du bébé, et un surcroît de fermeté est donc requis dans ce but.
[0040] La strate supérieure est d'épaisseur sensiblement constante, par exemple de l'ordre
de 2 cm, épaisseur satisfaisante pour remplir une fonction de lissage de toutes les
formes, pour les arrondir et donner le caractère moelleux au couchage.
[0041] La forme impliquée par les différentes couches de mousse et la matière de la surface
supérieure du couchage diminuent du fait des caractéristiques précitées les tensions
susceptibles d'apparaître dans les tissus du système digestif, de la langue à la partie
inférieure de l'estomac, notamment à cause de la réelle répartition du poids du corps.
Il n'y a pas de création de tension au niveau du diaphragme ou de l'estomac par étirement
ou compression. La configuration proposée évite un tassement du bébé sur lui-même,
susceptible d'entraîner une compression des tissus du ventre dans le bassin du bébé.
[0042] La partie supérieure du système digestif reste quant à elle libre grâce au décalage
de niveau entre le haut du dos et l'arrière de la tête, permettant à la zone antérieure
du cou de rester ouverte et sans tensions, améliorant aussi la respiration. Au niveau
de la partie thoracique, les tensions sur l'arbre viscéral de l'oesophage sont sensiblement
diminuées, du cou jusqu'au diaphragme où est situé le cardia, orifice supérieur de
l'estomac. Celui-ci ne bénéficie pas d'une fermeture complète chez le nouveau-né,
encore immature d'un point de vue neurologique.
[0043] Le fond de l'estomac, en partie inférieure, est très réactif aux effets gravitationnels
des changements posturaux, ainsi qu'aux stimulations locales induites par les liaisons
ligamentaires et tissulaires qu'il entretient avec les organes, viscères et tissus
environnants. L'angulation de la surface de couchage du couchage de l'invention et
la réaction de la matière prévue pour les couches supérieures contribuent à générer
l'effet d'enroulement du corps mentionné ci-dessus, et surtout la fermeture spécifique
du bassin sur le ventre due à l'effet cuvette, qui produit un relâchement des tensions
viscérales contribuant à diminuer les reflux résultant de la stimulation basse de
l'activité musculaire de l'estomac.
[0044] Cette combinaison forme/matière agit par ailleurs sur la perception par le nourrisson
des coliques, spasmes et sensations désagréables notamment produites par les gaz en
circulation.
[0045] Les reflux particulièrement importants peuvent nécessiter une surface de couchage
dont la portion supportant le dos est inclinée avec une plus grande pente. Le couchage
de l'invention peut comporter à cet effet une articulation intégrée au niveau de l'intersection
entre la première et la seconde portions planes inclinées formant l'angulation centrale
réceptacle des fesses.
[0046] Cette articulation peut être mécanique, et comporter des moyens de positionnement
stable d'une portion par rapport à l'autre en différentes valeurs d'angle.
[0047] Alternativement, elle peut résulter simplement d'un pliage de la matière. Celle-ci,
notamment pour ce qui concerne le socle, est dès lors choisie également dans ce but,
et doit présenter la souplesse et la flexibilité permettant ledit pliage.
[0048] Une cale en forme de coin peut alors être intégrée sous la surface inférieure au
moins d'un côté de l'articulation, par exemple au niveau de la première portion et
de la zone d'appui de la tête, ladite cale allant alors sensiblement de l'intersection
entre les première et seconde portions à l'extrémité libre de la zone d'appui.
[0049] L'invention va à présent être décrite plus en détail, en référence aux figures, pour
lesquelles :
- la figure 1 représente en coupe schématique une configuration de couchage selon l'invention
;
- la figure 2 montre l'une des manières de modifier la position de couchage du nourrisson
;
- la figure 3 illustre la possibilité d'enveloppement du corps du bébé que favorise
la forme du couchage selon l'invention ;
- la figure 4 est une vue en perspective d'un couchage de l'invention muni d'une zone
d'appui amovible pour la tête ou appui-tête selon la seconde version ; et
- la figure 5 montre, en vue perspective, une configuration de la seconde version d'un
tel appui-tête.
[0050] La figure 1 montre une configuration possible de couchage de l'invention comportant
une première portion (1) inclinée prévue pour supporter le corps du bébé, contigüe
à une seconde portion (2) inclinée selon une orientation inverse, les fesses du nourrisson
reposant dans la zone centrale (3) de leur intersection. La portion (1) débouche à
son sommet sur une zone d'appui (4) pour la tête du nourrisson, alors que la seconde
portion inclinée (2) débouche à son sommet (11) sur une partie (5) redescendant vers
l'extrémité du couchage.
[0051] En réalité, ces différents tronçons constituent un socle (6) du couchage, au moins
une couche supérieure (7) d'allure homothétique, représentée en traits pointillés,
se superposant audit socle (6), les deux couches (6, 7) ou successions de couches
n'étant pas réalisées dans le même matériau du fait de leurs fonctions distinctes.
Des cales latérales (8), délimitant un espace central dans la direction transversale,
peuvent être attachées aux couches (6, 7) formant le couchage proprement dit, complétant
l'effet « nid » sécurisant le bébé. Le socle (6) est par ailleurs articulable autour
de l'axe (9), de manière à lui faire prendre au moins les deux positions de couchage
apparaissant en figure 2.
[0052] Dans l'hypothèse d'une articulation mécanique simple ou d'un pliage du couchage dans
sa zone de moindre épaisseur, procurant une rotation d'une partie du couchage par
rapport à une autre selon la double flèche R, une cale en forme de coin (10) est prévue
pour maintenir en place la seconde position de couchage. Ladite cale (10) est insérée
dans la direction de la flèche F sous la partie du couchage supportant le dos et la
tête du nourrisson. Quel que soit l'angle d'inclinaison procuré par la cale ou l'articulation,
le couchage ne fait que procurer un couchage, dans une position plus ou moins inclinée
: il ne s'agit jamais d'un siège, qui ne permettrait en aucun cas d'éviter le tassement
de la partie ventrale par regroupement du corps du bébé.
[0053] La courbe C schématisée en figure 3 représente en pratique l'enroulement conféré
par le couchage de l'invention au corps du bébé, qui arrondit son dos et soulève ses
genoux, créant une flexion antérieure de l'ensemble du corps. Le but est de faire
tourner le bassin osseux dans le sens horaire sur le ventre afin de diminuer les tensions
des tissus viscéraux et périphériques. L'angulation centrale du couchage est en fait
une cale pour positionner d'une part le corps et en mobiliser d'autre part de façon
mécaniquement passive différentes parties concomitantes.
[0054] Dans les figures précédentes, à des fins notamment illustratives, les différentes
portions planes du couchage sont montrées séparées par des lignes transversales formant
les sommets de zones angulaires, mais ces parties reliant lesdites portions peuvent
évidemment être arrondies. De la même manière, les différentes portions elles-mêmes,
dont il a été spécifié auparavant qu'elles sont d'allure plane, peuvent présenter
une légère courbure, l'ensemble du couchage devenant une succession de surfaces arrondies
respectant la configuration générale initialement posée.
[0055] C'est ce qui apparaît notamment en figure 4, qui présente un couchage qui obéit à
la dite configuration mais sans faire apparaître de lignes transversales ou d'angulations
supposées séparer les différentes portions de soutien. Chaque portion constitutive
du couchage se continue alors en au moins une portion adjacente de manière plus fluide,
sans démarcation nettement tracée.
[0056] Cette figure 4 présente par ailleurs une configuration de couchage selon l'invention
dotée d'une portion d'appui de la tête (4') qui est amovible, et qui est en l'occurrence
de la deuxième version. La flèche R' indique une rotation possible, dans un plan parallèle
à celui du support sur lequel repose le couchage, de 180° pour inverser l'asymétrie
qu'elle présente par rapport à l'axe longitudinal médian du couchage, et donc modifier
la fonction réparatrice de l'appui-tête (4'). Cette asymétrie résulte en pratique
du décalage latéral de la ligne (20) par rapport à l'axe longitudinal médian du couchage,
de l'existence des versants (21, 22) de longueurs et de pentes inégales, et des cales
(23, 24) de largeurs distinctes.
[0057] Ainsi, comme cela est montré de façon plus détaillée en figure 5, ladite ligne (20)
- en pratique une zone potentiellement également arrondie - qui représente la partie
la plus basse du profil, éloignée de d+d' du sommet de la portion (1), est décalée
transversalement par rapport à l'axe longitudinal médian du couchage XX' vers la cale
latérale (24). La partie arrière protubérante (à la manière d'un chignon) de la tête
du nourrisson, située de l'autre côté du méplat, se loge et repose par gravité à la
confluence rabaissée des deux versants (21, 22), alors que le méplat repose contre
le premier versant (21), constituant avec la cale hypertrophiée (23) le côté limitant.
La tête du bébé a alors naturellement tendance à tourner vers le côté le plus « ouvert
», c'est-à-dire le second versant (22), l'obstacle de la protubérance déformant un
côté de l'arrière de son crâne étant « absorbé » par le logement de la zone (20).
Il n'y a plus d'effort à faire pour tourner la tête de ce côté, plus d'obstacle à
la rotation, et une vue plus dégagée, le versant (22) remontant jusqu'en haut de la
cale (24).
[0058] Les figures telles que décrites ci-dessus ne constituent qu'un exemple possible de
mise en oeuvre du couchage de l'invention, qui englobe les variantes entrant dans
le cadre des revendications.
1. Couchage pour nourrissons à surface inférieure plane destinée à être posée sur un
support plan horizontal, caractérisé en ce qu'il comporte une surface de couchage dont le tracé comprend une première portion (1)
d'allure plane soutenant le dos, orientée selon un premier angle compris entre 6°
et 16° par rapport à l'horizontale, formant avec une seconde portion (2) d'allure
plane contigüe orientée selon une pente inverse une zone de calage pour les fesses
du nourrisson, la première portion (1) d'allure plane débouchant à son sommet sur
une zone d'appui (4, 4') pour la tête du nourrisson située à un niveau inférieur audit
sommet, alors que le sommet (11) de la seconde portion (2) débouche sur une partie
(5) descendant vers l'extrémité du couchage.
2. Couchage pour nourrissons selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la valeur dudit premier angle est de 11°.
3. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est constitué d'au moins deux couches (6, 7), au moins une couche inférieure (6)
formant socle du couchage dont la surface supérieure obéit au tracé de la surface
de couchage, et au moins une couche supérieure (7) dont la surface de couchage reprend
sensiblement le tracé de la surface supérieure du socle (6).
4. Couchage pour nourrissons selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la ou les couches supérieures (7) est (sont) constituée(s) d'une mousse visco-élastique.
5. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications 3 et 4, caractérisé en ce que la couche supérieure (7) est constituée de deux strates dont la plus basse varie
en épaisseur selon sa localisation, son épaisseur étant d'au moins 4 cm dans la partie
comportant d'une part la première portion (1) supportant le haut du dos et d'autre
part la zone d'appui (4, 4') de la tête et n'étant que de l'ordre de 2 cm ailleurs,
la strate supérieure étant d'épaisseur sensiblement constante.
6. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte des cales latérales (8) disposées au voisinage des côtés latéraux du couchage,
le long de la zone d'appui (4, 4') de la tête et des deux portions (1, 2) à pente
inversée.
7. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la zone d'appui (4, 4') pour la tête et le reste du couchage sont constitués en deux
parties séparables.
8. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la zone d'appui (4) pour la tête présente un profil transversal sensiblement symétrique
comportant successivement une cale latérale (8), une surface d'allure plane sensiblement
parallèle à la surface inférieure du couchage et située à un niveau inférieur d'une
hauteur d au sommet de la première portion (1), et une autre cale latérale (8), les
deux cales latérales (8) ayant sensiblement la même largeur l à leur base.
9. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications 1 à 7,
caractérisé en ce que la zone d'appui (4') présente un profil transversal asymétrique comportant successivement
:
- une cale latérale (23) de largeur l + l' à sa base et de paroi intérieure à orientation
proche de la verticale,
- un premier versant incliné (21) d'allure plane s'abaissant progressivement d'un
niveau supérieur plus bas que le sommet de la première portion (1) d'une hauteur sensiblement
égale à d à un niveau inférieur (20) écarté dudit sommet d'une hauteur d + d', ledit
niveau inférieur (20) étant décalé latéralement au-delà de l'axe longitudinal médian
(XX') du couchage,
- un second versant (22) incliné d'allure plane remontant selon une orientation permettant
d'atteindre la hauteur de la partie supérieure des cales latérales du couchage au
voisinage du côté extérieur d'une cale latérale (24).
10. Couchage pour nourrissons selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le profil transversal couvre la totalité de la dimension longitudinale de la zone
d'appui (4, 4') de la tête.
11. Couchage pour nourrissons selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'une articulation (9) est intégrée au niveau de l'intersection (3) entre la première
(1) et la seconde (2) portions planes inclinées.
12. Couchage pour nourrissons selon la revendication précédente, caractérisé en ce que l'articulation (9) est mécanique et comporte des moyens de positionnement stable
d'une portion par rapport à l'autre en différentes valeurs d'angle.