1. Domaine de l'invention
[0001] Le domaine de l'invention est celui de la construction de bâtiments en béton armé,
coulés in situ, et en particulier celui de l'isolation par l'intérieur de tels bâtiments.
[0002] L'invention concerne plus précisément un module élémentaire pour la construction
de rupteurs de ponts thermiques.
[0003] L'invention s'applique notamment, mais non exclusivement, à la construction de bâtiments
administratifs, commerciaux, scolaires, hospitaliers, d'habitation, de bureaux.
2. État de l'art antérieur et inconvénients
[0004] Face au défi majeur du changement climatique, la France a pris des engagements ambitieux
en signant le protocole de Kyoto entré en application depuis février 2005 : le gouvernement
s'est engagé à ramener les émissions de gaz à effet de serre moyennes de la période
2008 à 2012, au niveau de celles de 1990.
[0005] En France, le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d'énergie avec 70
millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit plus de 40 % des consommations énergétiques
nationales. Cette consommation entraîne l'émission de 120 millions de tonnes de CO
2, soit près de 25 % des émissions de CO
2 nationales.
[0006] Afin de préserver l'environnement et réduire les émissions de gaz à effet de serre,
il est devenu primordial de diminuer les consommations d'énergie dans le secteur du
bâtiment. C'est l'objectif de la Loi d'Orientation sur l'Énergie, votée en 2005, et
dans laquelle s'intègre la Réglementation Thermique de 2005 (RT 2005). La RT 2005
s'inscrit dans la continuité de la Réglementation Thermique de 2000. Elle est applicable
aux bâtiments neufs des secteurs résidentiel et non résidentiel dont le permis de
construire a été déposé depuis le 1
er juillet 2006. Cette RT 2005 a pour objectif de réduire de 15 % les consommations
d'énergie des bâtiments neufs par rapport à la RT 2000, avec des contraintes et des
exigences de performance thermique renforcées. Il incombe désormais aux professionnels
de proposer des solutions pour améliorer la performance énergétique des bâtiments
afin de répondre à ces nouvelles exigences thermiques mais également de proposer des
solutions pour anticiper les exigences des nouvelles réglementations, notamment de
la Réglementation Thermique de 2010, qui seront de plus en plus renforcées.
[0007] L'amélioration de la performance thermique d'un bâtiment passe notamment par l'amélioration
de son isolation thermique. Si l'isolation des murs et des parois vitrées est aujourd'hui
très performante, il reste cependant des zones de déperdition thermique non traitées,
qui sont à l'origine d'une surconsommation d'énergie.
[0008] En France, les professionnels de la construction, qu'elle soit résidentielle ou tertiaire,
privilégient l'isolation des bâtiments par l'intérieur. Cette technique, plus largement
utilisée en France que l'isolation extérieure a l'inconvénient de laisser de nombreuses
zones de point faible appelées ponts thermiques.
[0009] Les ponts thermiques sont des phénomènes physiques qui signifient que, dans une partie
du bâtiment, pour des raisons liées au matériau ou au mode de construction, des flux
thermiques plus importants que dans les zones adjacentes existent. De tels ponts thermiques
sont formés notamment au niveau des jonctions dalle/façade, refend/façade et dalle/balcon.
[0010] Ces ponts thermiques sont à l'origine d'une forte déperdition énergétique. De manière
générale, les déperditions liées aux ponts thermiques représentent 30 à 40 % des déperditions
par les parois dans un bâtiment collectif. Ainsi, un mètre de pont thermique non traité
en France est responsable d'une surconsommation par an de 77 kWh ; de 101 de fuel
; soit 5 Kg de CO
2 rejetés supplémentaires par an.
[0011] Par ailleurs, la température de surface à l'intérieur d'une pièce d'un bâtiment est
fortement réduite, de la condensation voire des moisissures peuvent se former au niveau
des ponts thermiques, engendrant des coûts substantiels d'entretien et de rénovation.
[0012] Le traitement des ponts thermiques représente donc un enjeu majeur dans l'amélioration
de la performance énergétique des constructions nouvelles.
[0013] Les professionnels ont donc développé des systèmes de rupteur de pont verticaux destinés
à être implantés à la jonction entre un mur de refend et un voile de façade d'une
construction en béton armée.
[0014] On connaît un tel élément de rupteur thermique qui comprend un corps isolant de forme
parallélépipédique constitué par un matériau isolant comme de la laine minérale et
des armatures métalliques prévues pour s'étendre à l'intérieur du mur de refend et
du voile de façade.
[0015] Ces armatures sont constituées par des barres métalliques courbées en « U » qui traversent
le corps isolant de part et d'autre de manière telle que des anses s'étendent d'un
côté du corps (côté voile de façade) et que les extrémités libres de chaque barres
s'étendrent de l'autre côté du corps (côté mur de refend). Plusieurs barres distantes
les unes des autres traversent le corps et s'étendent parallèlement les unes aux autres
et perpendiculairement au corps isolant.
[0016] De tels éléments de rupteur thermique sont efficaces en ce qu'ils permettent de réduire
les déperditions thermiques entre les murs de refend et les voiles de façade à l'interface
desquels ils sont mis en place.
[0017] La mise en oeuvre de tels éléments de rupteurs thermiques n'est toutefois pas exempte
d'inconvénients.
3. Inconvénients de l'art antérieur
[0018] Notamment, le nombre d'armatures métalliques traversant le corps isolant est fixe.
Il n'est donc pas possible d'ajouter ni de retirer des armatures métalliques.
[0019] Pourtant, selon la nature des bâtiments, les contraintes devant être supportées par
leur structure peut varier. Il peut ainsi arriver que dans certains cas extrêmes,
les armatures métalliques de ces éléments de rupteur thermique soient sous dimensionnées
pour encaisser de telles contraintes ce qui rend ces rupteurs inutilisables dans ce
cas de figure. À l'inverse, il peut arriver que dans certains cas, par exemple pour
des bâtiments de taille relativement réduite, ces armatures soient au contraire surdimensionnées,
ce qui rend de tels rupteurs thermiques également inutilisables.
[0020] Par conséquent, selon que les armatures sont sous ou sur dimensionnées, l'élément
de rupteur thermique ne peut pas être mis en oeuvre avec pour conséquence l'existence
de ponts thermiques à travers la structure du bâtiment, ou sa mise en oeuvre induit
un sur coût de ferraillage.
[0021] Par ailleurs, les armatures métalliques s'étendent en permanence en dehors du corps
isolant. Un rupteur thermique selon l'art antérieur présente donc un encombrement
relativement important. Ceci induit qu'un tel rupteur thermique est relativement difficile
à transporter et à stocker. Il est également assez difficile à manipuler par les opérateurs
oeuvrant à sa mise en place sur chantier.
[0022] En outre, le fait que les armatures métalliques forment saillie en dehors du corps
isolant peut nuire à la sécurité et entraîner des risques d'accidents de nature à
provoquer des blessures chez les opérateurs et plus généralement les personnes amener
à les manipuler.
[0023] Un autre inconvénient est lié au fait que le corps isolant n'est pas protégé. Il
peut ainsi subir des détériorations lorsque le rupteur thermique est manipulé entraînant
des pertes de matériau isolant. Ceci peut avoir un impact négatif sur le niveau de
qualité de l'isolation entre le mur de refend et le voile de façade. Le document
DE 20 2007007583U1 divulgue un élément selon le préambule de la revendication 1.
4. Objectifs de l'invention
[0024] L'invention a notamment pour objectif de pallier ces inconvénients de l'art antérieur.
[0025] Plus précisément, un objectif de l'invention est de fournir, dans au moins un mode
de réalisation, un élément de rupteur thermique destiné à être implanté à la jonction
entre un mur de refend et un voile de façade d'un bâtiment en béton armé, qui soit
particulièrement facile à mettre en oeuvre.
[0026] Notamment, l'invention vise à procurer, dans au moins un mode de réalisation, un
tel élément de rupteur thermique qui soit facile à manipuler, à stocker et à déplacer.
[0027] L'invention vise également à procurer, dans au moins un mode de réalisation de l'invention,
un tel élément de rupteur thermique qui offre une grande modularité, c'est-à-dire
qui puisse en particulier être mis en oeuvre au sein de bâtiments présentant des structures
très différentes.
[0028] L'invention vise également, dans au moins un mode de réalisation, la fourniture d'un
tel rupteur thermique qui permette de conférer une résistance convenable à la structure
d'un bâtiment lorsque le mur de refend constitue une poutre.
[0029] Un autre objectif de l'invention est de mettre en oeuvre, dans au moins un mode de
réalisation de l'invention, un tel élément de rupteur thermique qui soit particulièrement
sûr à manipuler.
[0030] L'invention vise encore à procurer, dans au moins un mode de réalisation, un tel
élément de rupteur thermique qui soit relativement facile à fabriquer et économique.
5. Exposé de l'invention
[0031] Ces objectifs, ainsi que d'autres qui apparaîtront par la suite, sont atteints à
l'aide d'un élément de rupteur thermique selon la revendication 1.
[0032] Ainsi, l'invention repose sur une approche tout à fait originale qui consiste à rendre
les ferraillages d'un élément de rupteur thermique, destinés à être implantées dans
un mur de refend d'un bâtiment en béton armé, mobiles entre une position escamotée
dans laquelle ils s'étendent contre le châssis et une position déployée dans laquelle
ils s'étendent en dehors d'un côté du châssis de manière à pouvoir être coulés dans
un mur de refend.
[0033] En position escamotée, un élément de rupteur thermique selon l'invention est assez
compact et peu encombrant. Il peut ainsi être facilement stocké, transporté, et manipulé
par un opérateur sur un chantier.
[0034] Du fait que dans cette position, les ferraillages s'étendent contre le châssis, ils
ne forment pas saillie comme cela est le cas dans les rupteurs thermiques selon l'art
antérieur. Les éléments de rupteur thermique selon l'invention sont par conséquent
relativement sûrs à mettre en oeuvre et à manipuler.
[0035] En outre, le fait de prévoir que les ferraillages sont solidarisés à demeure au châssis,
c'est-à-dire qu'ils sont indémontables, permet de s'assurer que les premiers ferraillages
seront systématiquement positionnés dans le mûr de refend lorsque celui-ci est coulé.
Ceci participe également à améliorer la sécurité de mise en oeuvre du fait que cette
caractéristique implique qu'un nombre minimum de ferraillages sera mis en place dans
le mur de refend, ce qui permet de garantir un niveau de résistance minimum de la
structure du bâtiment au sein de laquelle sont implantés des éléments de rupteur thermique
selon l'invention.
[0036] Par ailleurs, le fait de rapporter le matériau isolant contre le châssis contribue
à préserver l'intégrité de l'isolant lorsque l'élément de rupteur thermique est manipulé.
Ceci permet d'éviter d'observer des pertes de matériau isolant, et ainsi de garantir
un bon niveau d'isolation.
[0037] Selon une caractéristique avantageuse, lesdites armatures métalliques comprennent
des deuxièmes ferraillages formant des boucles à l'intérieur dudit châssis et se prolongeant
en dehors d'un deuxième côté dudit châssis.
[0038] Les boucles intérieures formées par ces deuxièmes ferraillages peuvent permettre
de raccrocher d'autres ferraillages destinés à être coulés dans le mur de refend.
Un élément de rupteur thermique selon l'invention procure donc une très grande modularité
du fait qu'il est possible d'y adjoindre d'autres ferraillage selon les besoins par
exemple en fonction de la taille et/ou de la forme de la structure du bâtiment au
sein duquel ils sont mis en oeuvre.
[0039] Selon une caractéristique préférentielle de l'invention, ledit châssis comprend un
fond et deux flancs définissant une section en forme de U.
[0040] Ceci contribue à améliorer encore davantage la protection du matériau isolant qui
se trouve alors protégé sur trois de ses côtés. Ces flancs constituent en outre des
zones d'appui contre lesquelles peuvent venir des banches mises en oeuvre pour assurer
le coffrage d'un mur de refend.
[0041] Dans ce cas, lesdits flancs sont avantageusement chacun prolongés par une aile, lesdites
ailes s'étendant parallèlement audit fond vers l'intérieur dudit châssis.
[0042] Ces ailes constituent des zones d'appui contre lesquelles peuvent venir des banches
mises en oeuvre pour assurer le coffrage d'un mur de refend.
[0043] Selon l'invention, lesdits premiers ferraillages comprennent des barres métalliques
en « U » solidarisées audit fond par des liaisons pivot.
[0044] Ceci permet d'assurer simplement mais efficacement le montage à rotation des premiers
ferraillages sur le châssis.
[0045] Selon l'invention, des oeillets sont solidarisés à l'intérieur dudit châssis audit
fond et s'étendent longitudinalement audit châssis et perpendiculairement audit fond,
lesdites barres métalliques étant montées à rotation dans lesdits oeillets.
[0046] Ceci permet de réaliser de manière simple les liaisons pivots entre les premiers
ferraillages et le châssis.
[0047] Dans ce cas, l'axe de chacun desdits oeillets s'étend en dessous des extrémités desdits
flancs.
[0048] Les barres métalliques ne peuvent ainsi pas être démontées à moins d'être fortement
déformées.
[0049] Selon un mode de réalisation préférentiel, ledit châssis comprend des moyens de passage
d'au moins un raidisseur du côté du deuxième côté dudit châssis.
[0050] Lorsque le mur de refend constitue une poutre, un raidisseur coulé dans le voile
de façade, peut traverser les moyens de passage de l'élément de rupteur thermique.
Ceci permet de conférer une résistance convenable à la structure du bâtiment au sein
duquel l'élément rupteur thermique est mis en oeuvre.
[0051] Dans ce cas, lesdits moyens de passage comprennent préférentiellement des fourreaux
qui s'étendent longitudinalement audit châssis.
[0052] Selon une caractéristique préférentielle, lesdits premiers ferraillages comprennent
au moins deux barres métalliques, lesdites barres métalliques étant courbées pour
former deux boucles à l'intérieur dudit châssis et se croisant en dehors dudit deuxième
côté dudit châssis pour former des moyens de passage d'au moins un raidisseur.
6. Liste des figures
[0053] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement
à la lecture de la description suivante de modes de réalisation préférentiels, donnés
à titre de simples exemples illustratifs et non limitatifs, et des dessins annexés,
parmi lesquels :
- la figure 1 illustre de manière schématique une structure d'un bâtiment comprenant
un voile de façade et un mur de refend réalisés en béton ;
- la figure 2 illustre un vue en perspective d'un élément de rupteur thermique selon
l'invention vue d'un premier côté ;
- la figure 3 illustre une vue de dessus de l'élément de rupteur thermique illustré
à la figure 2 ;
- la figure 4 illustre une vue en perspective d'un deuxième ferraillage selon l'invention
;
- la figure 5 illustre un vue en perspective de l'élément de rupteur thermique de la
figure 2 vue d'un deuxième côté ;
- la figure 6 illustre de manière schématique une structure d'un bâtiment comprenant
un voile de façade et un mur de refend formant poutre-voile réalisés en béton.
7. Description d'un mode de réalisation de l'invention
7.1 Rappel du principe de l'invention
[0054] Le principe général de l'invention repose sur le fait de rendre les ferraillages
d'un élément de rupteur thermique, destiné à être implantées dans le mur de refend
d'un bâtiment en béton armé, mobiles entre une position escamotée dans laquelle ils
s'étendent contre le châssis et une position déployée dans laquelle ils s'étendent
en dehors d'un côté du châssis de manière à pouvoir être coulés dans un mur de refend.
[0055] En position escamotée, un élément de rupteur thermique selon l'invention est assez
compact et peu encombrant. Il peut ainsi être facilement stocké, transporté, et manipulé
par un opérateur sur un chantier.
[0056] Dans cette position, les ferraillages s'étendent contre le châssis, ce qui implique
que les éléments de rupteur thermique selon l'invention sont particulièrement sûrs
à mettre en oeuvre et à manipuler.
[0057] Les premiers ferraillages sont solidarisés à demeure au châssis, et sont indémontables,
ce qui permet de s'assurer qu'ils seront systématiquement positionnés dans le mûr
de refend lorsque celui-ci est coulé. Ceci permet de garantir un niveau de résistance
minimum de la structure du bâtiment au sein de laquelle sont implantés des éléments
de rupteur thermique selon l'invention, et d'améliorer en conséquence la sécurité.
[0058] Le matériau isolant est rapporté contre le châssis ce qui contribue à préserver son
intégrité lorsque l'élément de rupteur thermique est manipulé. Ceci permet d'éviter
d'observer des pertes de matériau isolant, et de garantir un bon niveau d'isolation.
7.2 Elément de rupteur thermique selon l'invention
[0059] Un élément de rupteur thermique 10 selon l'invention est destiné à être implanté
à la jonction entre un voile de façade 11 et un mur de refend 12 d'une construction
réalisée en béton armé, comme cela est illustré à la figure 1.
[0060] On présente, en relation avec la figure 2, un élément de rupteur thermique 10 selon
l'invention.
[0061] Un tel élément de rupteur thermique 10 comprend un châssis 1.
[0062] Ce châssis 1 s'étend de manière linéaire le long d'un axe. En référence à la figure
3, le châssis 1 comprend un fond la depuis les extrémités duquel s'étendent, essentiellement
perpendiculairement, deux flancs 1b comme cela est illustrée à la figure 3. Selon
ce mode de réalisation, les flancs 1b du châssis 1 sont prolongés par des ailes 1c
qui s'étendent parallèlement au fond 1a vers l'extérieur du châssis 1. Ces ailes peuvent
servir d'appui pour les banches qui sont utilisées pour assurer le coffrage du mur
de refend.
[0063] De manière avantageuse, ces ailes 1c pourront être aimantées. Ceci permettra de maintenir
les banches en appui contre l'élément de rupteur thermique et d'éviter que du béton
s'écoule entre les banches et le rupteur thermique lors de la coulée.
[0064] Le châssis 1 présente ainsi une section essentiellement en forme de « U ». Le châssis
1 est creux et constitué en tôle d' acier inoxydable. Dans des variantes, d'autres
matériaux pourront être mis en oeuvre pour réaliser le châssis 1.
[0065] Un matériau isolant 2 est logé dans le châssis 1. Il est logé dans le fond 1a et
les flancs 1b. Ce matériau isolant 2 est constitué par de la laine de roche. Dans
des variantes, il pourra être constitué d'autres matériaux comme par exemples de la
laine de verre, du chanvre, du polystyrène...
[0066] L'élément de rupteur thermique 10 comprend des armatures métalliques destinées à
être coulées dans le mur de refend 12 et dans le voile de façade 11. Ces armatures
métalliques comprennent des premiers ferraillages 20 et des deuxièmes ferraillages
21.
[0067] Les premiers ferraillages 20 sont solidarisés à demeure au châssis 1. Ils sont mobiles
entre :
- une position escamotée dans laquelle ils sont ramenés contre le châssis 1 et s'étendent
sensiblement parallèlement au châssis 1, et
- une position déployée dans laquelle ils s'étendent en dehors d'un premier côté du
châssis.
[0068] Sur la figure 2, le premier ferraillage 20 situé le plus en haut est en position
escamotée, alors que les deux premiers ferraillages 20 situés les plus en bas sont
dans la position déployée. Les premiers ferraillages 20 sont solidarisés au châssis
1 au moyen de liaisons pivot pour permettre leur passage de l'une à l'autre de leurs
positions.
[0069] Des plaques métalliques 23 sont solidarisées sur le fond la, par exemple par soudage.
Elles s'étendent perpendiculairement au fond 1a sur une longueur telle qu'elles restent
dissimulées à l'intérieur du châssis 1. Ces plaques sont associées par couples. Plusieurs
couples distants les uns des autres sont solidarisés au châssis 1. Chaque plaque 23
est traversée par un perçage. Elle constituent alors des oeillets qui s'étendent longitudinalement
au châssis 1 et perpendiculairement au fond 1a.
[0070] Les premiers ferraillages 20 comprennent des barres métalliques 200 courbées en «
U ». Chaque barre 200 passe à travers les perçages des plaques 23 d'un couple. Les
perçages des plaques 23 constituant un couple définissent ainsi l'axe de la liaison
pivot par laquelle chaque barre 200 est reliée au châssis 1. Ces axes s'étendent en
dessous des extrémités des flancs 1b. En d'autres termes, ils s'étendent à l'intérieur
du châssis 1.
[0071] En référence aux figures 2 et 4, les deuxièmes ferraillages 21 comprennent des barres
métalliques 210 recourbées de façon à présenter une partie définissant un « U » dont
les ailes 211 sont prolongées par des extensions 212. Ces extensions 212 s'étendent
sensiblement perpendiculairement aux ailes 211, et au fond 213 du « U » et parallèlement
les unes aux autres.
[0072] Ces barres métalliques 210 sont solidarisées au châssis 1 dont le fond 1a est traversé
par des perçages permettant le passage des barres 210. Les barres métalliques 210
sont disposées de telle sorte que leur portion en « U » forment des boucles à l'intérieur
du châssis et que leurs extensions 212 s'étendent à l'extérieur du châssis sensiblement
parallèlement au fond 1a d'un deuxième côté de celui-ci.
[0073] Ces barres métalliques 210 sont solidarisées au châssis 1 par couples distants les
uns des autres. Les portions en « U » des barres métalliques 210 d'un couple s'étendent
parallèlement les unes aux autres et leurs extensions s'étendent dans des sens opposés
parallèlement les unes aux autres. Les barres métalliques 210 se croisent en dehors
du deuxième côté du châssis 1 pour former des anneaux 51, comme cela est représenté
sur la figure 5.
[0074] La solidarisation des différentes parties composant un élément de rupteur thermique
selon l'invention est réalisée par soudage. D'autres modes de solidarisation pourront
être envisagés.
7.3 Exemple d'un mode de réalisation d'un élément de rupteur thermique selon l'invention
[0075] Comme cela a été décrit précédemment, un élément de rupteur thermique 10 selon l'invention
est destiné à être implanté à la jonction entre un voile de façade 11 et un mur de
refend 12 d'une construction réalisée en béton armé. Dans certaines constructions,
le mur de refend 12 peut former une poutre-voile 61 dont une extrémité peut par exemple
reposer sur une partie formant un poteau 62.
[0076] Dans ce cas, un élément de rupteur thermique selon l'invention comprend des moyens
de passage d'au moins un raidisseur du deuxième côté du châssis 1.
[0077] Dans ce mode de réalisation, ces moyens de passage comprennent des fourreaux 52 constitués
par des portions de tubes de section carrée qui sont solidarisés sur le fond la du
châssis 1.
[0078] Dans ce cas, les anneaux 51 formés par les deuxièmes ferraillages 21 constituent
également des moyens de passage d'au moins un raidisseur du deuxième côté du châssis
1.
[0079] Dans ce type de construction, les raidisseurs pourront être constitués par une ou
plusieurs barres métalliques linéaires qui seront insérées par coulissement à l'intérieur
des fourreaux 52 et anneaux 51 avant d'être coulées dans le voile de façade 11. Cette
mise en oeuvre permet d'augmenter la résistance au cisaillement de la structure du
bâtiment.
7.4 Mise en oeuvre
[0080] Les éléments de rupteur thermique selon l'invention sont mis en oeuvre de la manière
suivante pour la réalisation d'une structure en béton armée d'un bâtiment :
- coulage d'une dalle ;
- mise en place sur la dalle de banches de coffrage du côté extérieur (E) du voile de
façade ;
- mise en place de banches de coffrage du côté intérieur (I) du voile de façade jusqu'au
niveau du mur de refend 12 ;
- mise en place d'un élément de rupteur thermique verticalement en butée contre les
banches de coffrage du côté intérieur (I) du voile de façade de manière telle que
le fond la du châssis 1 s'étende dans le prolongement du côté des banches tourné vers
le voile de façade et que les premiers ferraillages 20 s'étendent entre les banches
de coffrage du côté intérieur (I) et du côté extérieur (E) ;
- mise en place de banches de coffrage du côté intérieur (I) du voile de façade dans
le prolongement de l'élément de rupteur thermique ;
- mise en place de ferraillages dans l'espace intérieur formé entre les banches de coffrage
du voile de façade ;
- coulage du voile de façade ;
- retrait du film plastique recouvrant l'élément de rupteur thermique ;
- déplacement des premiers ferraillages 20 depuis leur position escamotée dans leur
position déployée ;
- mise en place des banches de coffrage du mur de refend 12 dans le prolongement des
flancs 1b du châssis de part de l'élément de rupteur thermique et en appui contre
l'élément de rupteur thermique ;
- mise en place de ferraillages dans l'espace intérieur formé entre les banches de coffrage
du mur de refend ;
- coulage du mur de refend ;
- décoffrage des voile de façade et mur de refend.
7.5 Variantes de mise en oeuvre
[0081] Plusieurs éléments de rupteur thermique selon l'invention pourront être superposés
selon la hauteur du voile de façade et du mur de refend.
[0082] Dans le cas de la construction d'un bâtiment dont la structure présente un mur de
refend formant une poutre, un raidisseur sera placé dans les fourreaux et anneaux
préalablement au coulage du voile de façade.
[0083] Selon la taille et les contraintes structurelles du bâtiment, des premiers ferraillages
supplémentaires pourront être mis en oeuvre pour renforcer sa structure. Ces premiers
ferraillages supplémentaires pourront être constitués par des barres métalliques recourbées
en « U » 2000 qui seront embranchées dans les boucles formées par les deuxièmes ferraillages
21 à l'intérieur du châssis 1, comme cela est représenté en pointillés sur la figure
2. Une ou plusieurs de ces barres complémentaires 2000 pourront être solidarisées
à une ou plusieurs des boucles selon les besoins.
1. Elément de rupteur thermique (10) destiné à être implanté à la jonction entre un mur
de refend (12) et un voile de façade (11) d'une construction en béton armée, ledit
élément (10) comprenant un matériau isolant (2) et des armatures métalliques (20,
21) prévues pour s'étendre à l'intérieur dudit mur (12) et dudit voile (11),
l'élément de rupteur thermique comprenant un châssis (1) contre lequel ledit matériau,
isolant (2) est rapporté,
ledit châssis comprenant un fond (1a), lesdites armatures métalliques comprenant des
premiers (20) et des deuxièmes (21) ferraillages, lesdits premiers ferraillages (20)
étant solidarisés à demeure audit châssis (1), les premiers ferraillages étant ainsi
mobiles
entre une position escamotée dans laquelle ils sont ramenés contre ledit châssis (1)
et s'étendent sensiblement parallèlement audit châssis (1), et une position déployée
dans laquelle ils s'étendent perpendiculairement en dehors d'un premier côté dudit
châssis (1), lesdits premiers ferraillages (20) comprenant des barres métalliques
en "U" (200),
l'élément de rupteur thermique étant caractérisé en ce que les premiers ferraillages sont solidarisées audit fond (1a) par des liaisons pivot,
lesdites liaisons pivot assurant leur montage à rotation sur ledit châssis, et des
oeillets (23) étant solidarisés à l'intérieur dudit châssis (1) audit fond (1a) et
s'étendant longitudinalement audit châssis (1) et perpendiculairement audit fond (1a),
lesdites barres métalliques (200) étant montées à rotation dans lesdits oeillets (23)
2. Elément selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits deuxièmes ferraillages (21) forment des boucles à l'intérieur dudit châssis
(1) et se prolongent en dehors d'un deuxième côté dudit châssis (1).
3. Elément selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit châssis (1) comprend un fond (1a) et deux flancs (1b) définissant une section
en forme de «U».
4. Elément selon la revendication 3, caractérisé en ce que lesdits flancs (1b) sont chacun prolongés par une aile (1c), lesdites ailes (1c)
s'étendant parallèlement audit fond (1a) vers l'intérieur dudit châssis (1).
5. Elément selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'axe de chacun desdits oeillets (23) s'étend en dessous des extrémités desdits flancs
(1b).
6. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens de passage (51, 52) d'au moins un raidisseur du côté du deuxième
côté dudit châssis (1).
7. Elément selon la revendication 6, caractérisé en ce que lesdits moyens de passage comprennent des fourreaux (52) qui s'étendent longitudinalement
audit châssis (1).
8. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que lesdits premiers ferraillage (20) comprennent au moins deux barres métalliques (210),
lesdites barres métalliques (210) étant courbées pour former deux boucles à l'intérieur
dudit châssis (1) et se croisant en dehors dudit deuxième côté dudit châssis (1) pour
former au moins certains desdits moyens de passage (51) d'au moins un raidisseur.
1. Element zur thermischen Trennung (10) zum Einbau in den Übergang zwischen einer Trennwand
(12) und einer Fassadenhülle (11) einer Stahlbetonkonstruktion, wobei das besagte
Element (10) ein isolierendes Material (2) und metallische Strukturteile (20, 21)
aufweist, die so ausgelegt sind, dass sie sich innerhalb der besagten Trennwand (12)
und der besagten Fassadenhülle (11) erstrecken,
wobei das Element zur thermischen Trennung einen Rahmen (1) umfasst, gegen welchen
das besagte isolierende Material (2) aufgetragen wird,
wobei der besagte Rahmen einen Boden (1a) aufweist und wobei die besagten metallischen
Strukturteile erste (20) und zweite (21) Armierungen aufweisen, wobei die besagten
ersten Armierungen (20) so mit dem besagten Rahmen (1) verbunden sind, dass sie beweglich
sind zwischen einer eingezogenen Position, in der sie gegen den besagten Rahmen (1)
zurückgesetzt sind und sich in etwa parallel zum besagten Rahmen (1) erstrecken, und
einer entfalteten Position, in der sie sich senkrecht außerhalb einer ersten Seite
des besagten Rahmens (1) erstrecken,
wobei die besagten ersten Armierungen (20) "U"-förmige Metallstangen (200) aufweisen;
das Element zur thermischen Trennung ist dadurch gekennzeichnet, dass die ersten Armierungen durch Drehverbindungen an dem besagten Boden (1a) befestigt
sind, wobei die Drehverbindungen sicherstellen, dass die ersten Armierungen drehbar
mit dem besagten Rahmen verbunden sind und dadurch,
dass Ösen (23) innerhalb des besagten Rahmens (1) an dem besagten Boden (1a) befestigt
sind und sich entlang des besagten Rahmens (1) und senkrecht zum besagten Boden (1a)
erstrecken, wobei die besagten Metallstangen (200) drehbar in den besagten Ösen (23)
eingebaut sind.
2. Element nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die besagten zweiten Armierungen (21) Schlaufen innerhalb des besagten Rahmens (1)
bilden und sich außerhalb einer zweiten Seite des besagten Rahmens (1) erstrecken.
3. Element nach einem der Ansprüche 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass der besagte Rahmen (1) einen Boden (1a) und zwei Flanken (1b) aufweist, welche einen
"U"-förmigen Querschnitt bilden.
4. Element nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, dass jede der besagten Flanken (1b) durch einen Flügel (1c) verlängert wird, wobei sich
die besagten Flügel (1c) parallel zum besagten Boden (1a) zum Inneren des besagten
Rahmens (1) erstrecken.
5. Element nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Achse einer jeden der besagten Ösen (23) sich unterhalb der Enden der besagten
Flanken (1b) erstreckt.
6. Element nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass es Durchgangsmittel (51, 52) für mindestens eine Versteifung an der Seite der zweiten
Seite des besagten Rahmens (1) aufweist.
7. Element nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass die besagten Durchgangsmittel Scheiden (52) aufweisen, die sich in der Längsrichtung
des besagten Rahmens (1) erstrecken.
8. Element nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch gekennzeichnet, dass die besagten ersten Armierungen (20) mindestens zwei Metallstangen (210) aufweisen,
wobei die besagten Metallstangen (210) so gebogen sind, dass sie zwei Ösen innerhalb
des besagten Rahmens (1) bilden und sich außerhalb der besagten zweiten Seite des
besagten Rahmens (1) kreuzen, um mindestens einige der besagten(51) Durchgangsmittel
für mindestens eine Versteifung zu bilden.
1. Thermal breaker element (10) intended to be fitted at the joint between an internal
partition (12) and a façade wall (11) of a reinforced-concrete construction, the said
element (10) comprising an insulating material (2) and metal frames (20, 21) provided
for running inside the said partition (12) and inside the said wall (11), the thermal
breaker element comprising a framework (1) against which the said insulating material
(2) is placed, the said framework comprising a base (1a) and said metal frames comprising
first (20) and second (21) reinforcing bars, the said first reinforcing bars (20)
being permanently secured to the said framework (1), the first reinforcing bars thus
being movable between a retracted position in which they are brought back against
the said framework (1) and run substantially parallel to the said framework (1) and
a deployed position in which they run perpendicularly out of a first side of the said
framework (1), the said first reinforcing bars (20) comprising "U" shaped metal bars
(200), the thermal breaker element being characterised in that the first reinforcing bars are secured to the said base (1a) by pivotal connections,
the said pivotal connections ensuring their being rotatably mounted on the said framework
and lugs (23) being secured inside the said framework (1) to the said base (1a) and
running longitudinally to the said framework (1) and perpendicularly to the said base
(1a), the said metal bars (200) being rotatably mounted in the said lugs (23)
2. Element according to claim 1, characterised in that the said second reinforcing bars (21) form loops inside the said framework (1) and
extend out of a second side of the said framework (1).
3. Element according to claim 1 or 2, characterised in that the said framework (1) comprises a base (1a) and two sides (1b) defining a "U" shaped
cross section.
4. Element according to claim 3, characterised in that the said sides (1b) are each extended by a wing (1c), the said wings (1c) running
parallel to the said base (1a) towards the inside [sic] of the said framework (1).
5. Element according to one of claims 1 to 4, characterised in that the centre line of each of the said lugs (23) runs below the ends of the said sides
(1b).
6. Element according to any one of claims 1 to 5, characterised in that it comprises means (51, 52) of placing at least one stiffener on the second side
of the said framework (1).
7. Element according to claim 6, characterised in that the said means of placing comprise sockets (52) which run longitudinally to the said
framework (1).
8. Element according to any one of claims 1 to 7, characterised in that the said first reinforcing bars (20) comprise at least two metal bars (210), the
said metal bars (210) being curved to form two loops inside the said framework (1)
and crossing each other outside the said second side of the said framework (1) to
form at least some of the said means (51) of placing at least one stiffener.