Domaine de l'invention
[0001] La présente invention est relative à la mise en forme de tôles d'aciers inoxydables
et plus particulièrement de celles présentant des résistances mécaniques élevées.
Contexte de l'invention
[0002] Les tôles d'aciers inoxydables sont largement utilisées dans les secteurs de l'automobile,
de la construction et de l'industrie en général, en raison de leur excellente résistance
à la corrosion. Dans le cadre de ces applications, ces tôles sont le plus généralement
mises en forme de façon à être utilisées, par exemple, sous forme de profilés, de
tubes carrés, de poutres de pare-choc, de brancards, de cadres de portes. Ces mises
en forme sont le plus souvent réalisées par pliage, profilage et emboutissage.
[0003] L'utilisation, dans le cadre de ces applications, de nuances d'acier inoxydables
présentant une résistance mécanique élevée, supérieure à 780MPa, est rendue très difficile
par un allongement à la rupture qui diminue rapidement avec l'augmentation de la résistance
à la rupture. Ce phénomène est source de nombreux inconvénients :
- les rayons minimum de pliage sont en général supérieurs à deux fois l'épaisseur de
la tôle (et jusqu'à six fois) avec au mieux un angle de pliage ne dépassant pas 120°,
ne permettant pas la fabrication de tubes à faibles rayons de courbure
- Le retour élastique est très marqué et rend difficile un éventuel soudage des profilés
- L'allongement résiduel limité dans les zones déformées est source de ruptures fragiles
lors d'une sollicitation dynamique, typiquement à vitesse de déformation comprise
entre 1 et 1000s-1 comme en crash.
[0004] DE102006059885 divulgue un composant en acier au carbone pour un véhicule à moteur, ayant une surface
comportant une variation de structure dans certains secteurs, traitée par laser du
façon à former une structure tridimensionnelle améliorant la résistance.
[0005] FR2864108 divulgue une tôle en acier inoxydable présentant une grande résistance mécanique
et un bon allongement, et dont les propriétés sont homogènes.
[0006] Une solution consiste à traiter localement la zone à mettre en forme de façon à en
faciliter la déformation. Le brevet
US 5,735,163 décrit ainsi un procédé de mise en forme de flans dans lequel une portion locale
du flan est durcie avant mise en forme. Ce durcissement est généré par un apport énergétique
de forte densité. L'élévation de température qui en résulte entraine la transformation
de la microstructure locale en martensite ou en bainite, ce qui augmente localement
la résistance mécanique. Dans le cas d'un emboutissage, la formation de lignes durcies
parallèlement à la direction de la déformation permet d'éviter la rupture de nuances
peu emboutissables. Dans le cas d'un pliage, la transformation structurale liée à
la formation de martensite ou de bainite sur le coté extérieur du flan à plier génère
une contrainte compressive locale. Lors du pliage, cette contrainte annule partiellement
la contrainte en extension générée par le pliage, limitant ainsi le retour élastique.
[0007] De par la réduction du retour élastique, ce procédé ne résout qu'un seul des problèmes
évoqués ci-dessus. De plus, de par le durcissement local qu'il génère, ce procédé
ne peut s'appliquer aux aciers présentant une résistance mécanique élevée, déjà suffisamment
difficiles à mettre en oeuvre. Enfin, ce procédé suppose l'utilisation d'aciers aptes
à subir une transformation de phase martensitique ou bainitique lors d'un recuit suivi
d'une trempe, ce qui, de fait, limite son utilisation à des aciers au carbone-manganèse.
Résumé de l'invention
[0008] La présente invention a pour but de faciliter la mise en forme de tôles d'aciers
inoxydables présentant une résistance mécanique élevée. Elle a été conçue et réalisée
pour surmonter les défauts présentés précédemment et pour obtenir d'autres avantages.
[0009] A cet effet, l'invention a pour premier objet un tôle d'acier inoxydable contenant
un minimum de 10,5% en poids de Cr et un maximum de 1,2% en poids de C, dont la microstructure
est martensitique ou austéno-martensitique et comprend au minimum 2% en volume de
martensite. Cette tôle est essentiellement caractérisée en ce qu'elle comprend au
moins une portion locale de moindre résistance mécanique, présentant un taux de martensite
inférieur d'au moins 10% à celui du reste de ladite tôle ; ladite portion locale étant
au moins partiellement d'épaisseur égale à celle de ladite tôle.
[0010] La tôle d'acier selon l'invention, d'épaisseur e, peut également comprendre les caractéristiques
optionnelles suivantes, prises isolément ou en combinaison :
- La portion locale de moindre résistance mécanique présente une largeur comprise entre
e et 25e en surface de ladite tôle.
- La résistance mécanique à la rupture de la tôle d'acier est supérieure ou égale à
850MPa en dehors de ladite portion locale.
- La portion locale de moindre résistance mécanique est obtenue :
∘ soit par traitement thermique local d'une tôle d'acier inoxydable martensitique
ou austéno-martensitique de résistance mécanique homogène.
∘ Soit par écrouissage différentiel d'une tôle d'acier inoxydable austénitique ou
austéno-martensitique de résistance mécanique homogène.
- La portion locale de moindre résistance mécanique présente un taux de martensite au
moins deux fois inférieur à celui du reste de la tôle et préférentiellement au moins
quatre fois inférieur à celui du reste de la tôle.
[0011] On comprendra donc que la solution au problème technique posé consiste à traiter
localement des zones de la tôle de façon à en abaisser la résistance mécanique et
d'ainsi en faciliter la déformation.
[0012] Un second objet de l'invention est constitué par un procédé de fabrication d'une
tôle d'acier selon l'invention, comprenant essentiellement les étapes selon lesquelles
:
- On approvisionne une tôle d'acier austénitique, martensitique ou austéno-martensitique,
ledit acier étant un acier inoxydable contenant un minimum de 10,5% en poids de Cr
et un maximum de 1,2% en poids de C
- On écrouit éventuellement tout ou partie de ladite tôle
- On traite au moins une portion locale de ladite tôle de façon à obtenir une portion
locale de moindre résistance mécanique, présentant un taux de martensite inférieur
d'au moins 10% à celui du reste de ladite tôle ; ladite portion locale étant au moins
partiellement d'épaisseur égale à celle de ladite tôle d'acier.
[0013] Le procédé selon l'invention peut également comprendre la caractéristique optionnelle
suivante :
- la portion locale de moindre résistance mécanique est obtenue :
∘ soit par traitement thermique local d'une tôle d'acier martensitique ou austéno-martensitique
de résistance mécanique homogène, le traitement thermique résultant d'une élévation
thermique par laser, par induction, par faisceau d'électrons ou par soudage à la molette.
∘ Soit par écrouissage différentiel d'une tôle d'acier austénitique ou austéno-martensitique
de résistance mécanique homogène.
[0014] Un troisième objet de l'invention est constitué par une pièce d'acier pouvant être
obtenue par déformation d'une tôle d'acier selon l'invention ou d'une tôle obtenue
par le procédé selon l'invention, ladite déformation ayant lieu dans l'une au moins
desdites portions locales de moindre résistance mécanique.
[0015] La pièce selon l'invention peut également comprendre les caractéristiques optionnelles
suivantes :
- Elle peut être obtenue par le pliage, le profilage ou l'emboutissage de l'une au moins
desdites portions locales de moindre résistance mécanique.
- Elle peut être obtenue par découpe d'une tôle d'acier selon l'invention ou d'une tôle
obtenue par le procédé selon l'invention.
- Elle peut être utilisée pour la fabrication de structures métalliques résistant à
des sollicitations dynamiques.
[0016] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaitront à la lecture de
la description qui va suivre.
[0017] Les termes 2H, C700 à C1300 (dits état écroui), 1E, 1D, 2B, 2D, 2R, 2E (dits état
recuit), se rapportent notamment aux normes qui définissent les gammes de fabrication
et les conditions techniques de livraison des aciers concernés (NF EN 10088-1 et -2
pour les aciers inoxydables). C1500 désignera une gamme de fabrication d'un écroui
2H garantissant une résistance mécanique supérieure à 1500MPa.
[0018] Les tôles d'aciers inoxydables considérées par la présente invention sont caractérisées
par leur résistance mécanique. Celle-ci est contrôlée d'une part par les éléments
d'addition, mais également par les traitements thermiques et les traitements mécaniques
que la tôle peut subir.
[0019] Les éléments d'addition définissent la nuance de base de la tôle considérée et donc
sa résistance mécanique intrinsèque. Dans le cadre de la présente invention, on entend
par acier inoxydable à structure austénitique une tôle comprenant en pourcentage pondéral
:
- 10,5 ≤ Cr ≤20
- 0,005 ≤ C ≤ 1,2
- 0,005 ≤ N ≤2
- 0,6 ≤ Ni ≤ 15
- 0,1 ≤ Mn ≤ 15
- 0,1 ≤ Mo ≤ 5
- 0,1 ≤ Cu ≤ 3
- 0,05 ≤ Si ≤ 3
- 0,0001 ≤ Ti ≤ 1
- 0,0001 ≤ Nb ≤ 1
[0020] Le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables dues
à l'élaboration.
[0021] Etant entendu en outre que les teneurs respectent les relations suivantes :
- 1,48<Créq/Niéq <2,2 avec:


- α'(30/20) >0, α' étant défini par la relation suivante:
a'(30/20) = 374,05 - 3,73 %Cr - 23,03 %Ni - 503,11 %C - 161,70 %N - 21,55 %Mn
[0022] Cette composition caractérise un acier inoxydable austénitique qui solidifie en ferrite
primaire et qui contient une quantité non nulle de martensite d'écrouissage après
déformation. Bien que majoritairement constituées d'austénite, les nuances austénitiques
conventionnelles contiennent des traces de ferrite résiduelle provenant de la solidification
ainsi que des traces de martensite résultant des opérations de laminage.
[0023] Le traitement thermique et le traitement mécanique, seuls ou combinés, permettent,
quant à eux, de modifier cette résistance mécanique dans une certaine proportion.
[0024] La présente invention considère notamment deux variantes possibles :
- un traitement mécanique homogène sur l'intégralité de la tôle suivi d'un traitement
thermique local
- un traitement mécanique inhomogène sur l'intégralité de la tôle
[0025] Dans les deux cas, la modification des caractéristiques mécaniques est rendue possible
par la capacité de la tôle considérée à subir d'une part des transformations de phase
et d'autre part des variations de densité de dislocations.
[0026] Dans le cas de la première variante envisagée, un écrouissage homogène (gamme de
fabrication 2H : C700 à C1500) sur l'intégralité de la tôle entraine une transformation
partielle de l'austénite en martensite et éventuellement un durcissement de l'austénite
par la densification du réseau de dislocations. Cet écrouissage permet d'atteindre
des résistances mécaniques bien supérieures à 780MPa, valeur maximale atteignable
sur un acier inoxydable recuit de type 1D, 1E, 2B, 2D, 2E, 2R. L'acier ainsi écroui
est de structure austéno-martensitique c'est-à-dire constitué à température ordinaire
d'un mélange d'austénite et de martensite, la fraction volumique de martensite étant
au minimum de 2%. Dans une deuxième étape, un traitement thermique localisé aux zones
à déformer entraine une réversion partielle de la martensite en austénite et éventuellement
un adoucissement de l'austénite par la diminution du nombre de dislocations. Ce traitement
thermique permet d'abaisser localement la résistance mécanique de la tôle. Une portion
de moindre résistance mécanique est ainsi obtenue. Cette résistance mécanique peut
être abaissée jusqu'à 500MPa, valeur minimale atteignable sur un acier inoxydable
austénitique recuit. Ce traitement thermique peut être réalisé, sans que cette liste
soit exhaustive, par laser, par induction, par faisceau d'électrons ou par soudage
à la molette. Quelle que soit la technique utilisée, le cycle thermique comprend notamment
une élévation de température au-dessus de la température de début de transformation
de la martensite en austénite, appelée température de réversion de la martensite.
Cette température est fonction de la nuance d'acier considérée mais dans le cadre
de l'invention, et pour couvrir l'ensemble des nuances austénitiques, la température
de réversion est prise supérieure à 550°C. Les durées du traitement thermique, chauffage,
maintien et refroidissement sont fonction de la nuance de la tôle, de son épaisseur
et du procédé utilisé: elles doivent être déterminées préalablement et doivent permettre
une diminution minimale de 10% de la fraction volumique de martensite et éventuellement
de la densité de dislocation. Cette diminution minimale permet de s'affranchir des
variations locales inhérentes au procédé d'écrouissage. Une fusion partielle de l'acier
à la surface de la tôle et sur une épaisseur n'excédant pas 0,5e est admissible. La
zone traitée thermiquement est trempée par auto-refroidissement, la chaleur se transmettant
aux zones avoisinantes. Ce phénomène supprime le contrôle des paramètres de trempe
pour l'obtention d'une tôle selon l'invention.
[0027] Dans le cas de la deuxième variante envisagée (traitement mécanique inhomogène),
un écrouissage est réalisé à l'aide de cylindres de laminage structurés. L'écrouissage
des aciers inoxydables est habituellement réalisé à l'aide de rouleaux lisses. Dans
le cas présent, ces cylindres sont gravés ou cannelés de telle sorte que des portions
de la tôle écrouie soient épargnées par cet écrouissage et ainsi conservent leur structure
austénitique moins écrouie. On désigne cet écrouissage spécifique sous le nom d'écrouissage
différentiel. Des portions de moindre résistance mécanique sont ainsi obtenues.
[0028] Quelque soit la variante utilisée, les conditions opératoires sont contrôlées de
façon à respecter les conditions suivantes :
- la portion de moindre résistance mécanique est au moins partiellement d'épaisseur
égale à l'épaisseur e de la tôle,
- la portion de moindre résistance mécanique inclut la zone qui pourrait être déformée
lors d'une étape ultérieure de mise en forme. A cet effet, on cherchera à inclure
les zones mises en forme pour lesquelles les rayons de pliage sont compris entre 2
et 6 fois l'épaisseur de la tôle (cas de la mise en forme des aciers inoxydables présentant
les plus hautes résistances mécaniques, sans recours à la présente invention). Pour
cette raison, la portion de moindre résistance mécanique est de préférence d'une largeur
comprise entre e et 25e,
- Cette portion peut présenter des formes variées, être linéaire, curviligne, avoir
un contour fermé ou encore peut présenter des intersections avec d'autres portions
de moindre résistance mécanique.
- Cette portion présente un taux de martensite inférieur d'au moins 10% à celui du reste
de la tôle.
[0029] La présence sur la tôle d'acier inoxydable de portions de moindre résistance mécanique,
obtenues par l'une ou l'autre des variantes décrites ci-dessus, permet :
- un pliage sévère de cette tôle jusqu'à des angles de 180° et jusqu'à des rayons minimum
de pliage valant 0,5 fois l'épaisseur de la tôle
- une mise en forme facilitée puisque prédéterminée, évitant un glissement de la tôle
ou une mauvaise localisation de la zone déformée
- une forte diminution du retour élastique lors du profilage, ce retour étant équivalent
à celui que l'on aurait avec un acier inoxydable recuit de type 2B, 2D, 2R, 2E, 1E,
1D
- Une réduction de l'effort de pliage, cet effort étant équivalent à celui que l'on
aurait avec un acier inoxydable recuit de type 2B, 2D, 2R, 2E, 1E, 1D, soit une réduction
de 25 à 50% en fonction de la nuance d'acier inoxydable considérée.
[0030] Dans le cas d'une tôle d'acier inoxydable selon l'invention ayant subi un traitement
thermique local, on notera également l'avantage présenté par la légère coloration
de la tôle générée par ce traitement thermique : elle permet de localiser sans difficulté
la zone à déformer. Dans le cas d'une tôle d'acier inoxydable selon l'invention ayant
subi un écrouissage différentiel, la localisation de la zone à déformer est rendue
possible par un aspect moins brillant et une rugosité différente de la portion locale.
[0031] Une tôle d'acier inoxydable selon - l'invention peut être mise en forme selon les
techniques habituelles bien connues de l'homme du métier, parmi lesquelles on pourra
citer à titre d'exemples le pliage, le profilage, l'emboutissage. Lors de cette mise
en forme, la portion de moindre résistance mécanique, qui englobe la zone déformée,
subit un écrouissage. Une transformation partielle de l'austénite en martensite et
éventuellement un durcissement de l'austénite par la densification du réseau de dislocations
permettent de retrouver au moins partiellement la microstructure initiale de cette
portion de la tôle. Dans les cas de modes de déformation pour lesquels il existe une
fibre neutre, une pièce d'acier, mise en forme au niveau de l'une au moins des portions
de moindre résistance mécanique d'une tôle d'acier selon l'invention, se caractérise
par la présence, au voisinage de la fibre neutre, d'une zone présentant un taux de
martensite inférieur à celui de la tôle. La détection de cette zone peut être faite
par mesure de contraintes résiduelles ou par mesure de la fraction de martensite.
On entend par fibre neutre l'ensemble des points qui, en cas d'application d'une déformation
globale, ne subissent pas de déformation locale.
[0032] Une pièce d'acier, mise en forme au niveau de l'une au moins des portions de moindre
résistance mécanique d'une tôle d'acier selon l'invention, permet :
- Une amélioration de la tenue mécanique statique ou dynamique, l'allongement résiduel
plus important dans les zones mises en forme évitant des ruptures fragiles en comportement
dynamique (crash).
- Un soudage entre deux bords de la tôle facilité par la minimisation du retour élastique
[0033] Par ailleurs, les portions locales de moindre résistance mécanique peuvent ne pas
être mises en forme et servir de zones préférentielles de déformation lors d'une sollicitation
dynamique, typiquement à vitesse de déformation comprise entre 1 et 1000s
-1 comme le crash.
[0034] Afin d'illustrer l'invention, des essais ont été réalisés et vont être décrits à
titre d'exemples non limitatifs, notamment en référence aux figures 1 à 7 qui représentent
:
- Figure 1A : Exemple de microstructure d'une tôle selon l'invention avant traitement
thermique localisé. Coupe métallographique avec attaque électrolytique.
- Figure 1B : Grossissement de la Figure 1A avec en sombre la martensite et en clair
l'austénite.
- Figure 1C : Exemple de microstructure d'une tôle selon l'invention après traitement
thermique localisé. Coupe métallographique avec attaque électrolytique.
- Figure 1D : Grossissement de la Figure 1C. Détail de la zone non traitée.
- Figure 1E : Grossissement de la Figure 1C. Détail de la portion locale de moindre
résistance mécanique.
- Figure 2 : Variation, en moyenne dans l'épaisseur de la tôle, du taux de martensite
au voisinage de la portion de moindre résistance mécanique (A) et structure de cette
portion (B).
- Figure 3A : Tôle selon l'invention présentant des zones de moindre résistance mécanique.
- Figure 3B : pièce après pliage de la tôle présentée en figure 3A.
- Figure 4A : Tôle selon l'invention présentant des zones de moindre résistance mécanique.
- Figure 4B : pièce après pliage de la tôle présentée en Figure 4A.
- Figure 5A : Tôle selon l'invention présentant des zones de moindre résistance mécanique.
- Figure 5B : pièce après emboutissage de la tôle présentée en Figure 5A.
- Figure 6 : exemple de profilage d'une tôle selon l'invention au moyen d'une ligne
de profilage et pièce obtenue.
- Figure 7A : premier mode de réalisation d'une tôle selon l'invention
- Figure 7B : autre mode de réalisation d'une tôle selon l'invention
[0035] La mesure du taux de martensite est effectuée par une mesure locale de l'induction
magnétique - à l'aide d'un ferritescope. Cette mesure donne un pourcentage moyen en
volume de martensite sur l'épaisseur de la tôle. Cette mesure indirecte suppose l'utilisation
d'un facteur correctif fonction de la nuance d'acier considérée. Dans le cas d'un
acier inoxydable 1.4318 (301LN) ou 1.4310(301), le facteur correctif est de 1,7. Une
mesure directe par sigmamétrie (induction magnétique à saturation) est également envisageable,
bien que plus contraignante à mettre en oeuvre.
Exemples
[0036] En référence à la figure 3A, une tôle 1 d'acier inoxydable selon l'invention est
traitée localement de façon à obtenir quatre portions linéaires 3 de moindre résistance
mécanique. En référence à la figure 3B, la tôle 1 décrite précédemment est pliée au
niveau des portions 3 de moindre résistance mécanique de façon à obtenir la pièce
d'acier profilé 2.
[0037] En référence à la figure 4A, une tôle 11 d'acier inoxydable selon l'invention est
traitée localement de façon à obtenir des portions linéaires 13 de moindre résistance
mécanique. En référence à la figure 4B, la tôle 11 décrite précédemment est pliée
au niveau de quatre portions 13 de moindre résistance mécanique de façon à obtenir
la pièce d'acier profilé 12. Les portions 13 de moindre résistance mécanique non mises
en forme présentent une disposition guidant la déformation de la pièce d'acier profilé
12 lors d'une sollicitation dynamique de type crash.
[0038] En référence à la figure 5A, une tôle 21 d'acier inoxydable selon l'invention est
traitée localement de façon à obtenir une portion 23 de moindre résistance mécanique.
En référence à la figure 5B, la tôle 21 décrite précédemment est emboutie au niveau
de la portion 23 de moindre résistance mécanique de façon à obtenir la pièce d'acier
22.
[0039] En référence à la figure 6, une tôle 31 d'acier inoxydable selon l'invention traitée
localement de façon à obtenir des portions 33 de moindre résistance mécanique est
profilée au moyen d'une ligne de profilage 34 de façon à obtenir une pièce d'acier
profilé 32.
[0040] En référence à la figure 7A, une bobine d'acier 46 est déroulée et subit un traitement
thermique local au moyen d'un laser 45 de façon à obtenir une tôle 41 d'acier inoxydable
selon l'invention présentant quatre portions linéaires 43 de moindre résistance mécanique.
[0041] En référence à la figure 7B, une tôle 51 d'acier inoxydable selon l'invention subit
un traitement thermique local au moyen d'un laser 55 de façon à obtenir quatre portions
linéaires 53 de moindre résistance mécanique.
[0042] Selon un mode préféré de réalisation, on utilise un acier inoxydable 1.4318 (301LN)
écroui tel que sa résistance mécanique Rm (contrainte conventionnelle maximale en
traction) soit au minimum de 1000MPa (état C1000 de la gamme de fabrication 2H selon
la norme EN 10088/2). Dans cet exemple, l'épaisseur de la tôle est de 0,8mm et le
métal contient environ 45% en volume de martensite et 55% en volume d'austénite .
[0043] Un traitement thermique localisé, selon une ligne, est réalisé à l'aide d'un laser
de type CO
2 de 4kW. La puissance dans le cas présent est de 20%, le déplacement de la source
est de 0,85m/min (1m/min également testé) et le point focal est situé à 25 mm au-dessus
de la surface supérieure de la tôle. En référence à la figure 2, le traitement laser
permet d'obtenir le long de la ligne de traitement une structure recuite où le pourcentage
de martensite passe à une teneur inférieure à 10% et même 1,5% au centre, proche de
l'état recuit de ce métal, c'est-à-dire avant écrouissage (état 2B). La structure
de la ligne traitée comprend une zone fondue austénitique limitée en largeur L_zf
à 2-4 fois l'épaisseur de la tôle et de profondeur P_zf inférieure à 50% de l'épaisseur
de la tôle ainsi qu'une zone affectée thermiquement d'une largeur L_zat comprise entre
3 et 6 fois l'épaisseur de la tôle. Cette zone a subi une réversion presque totale
de la martensite. L'ensemble des deux zones identifiées constitue la portion de moindre
résistance mécanique.
[0044] Des essais de pliage sont réalisés sur les tôles C1000 ainsi traitées selon l'invention
et sur des tôles non traitées. On observe que le pliage de la tôle C1000 traitée selon
l'invention est possible jusqu'à des angles de 180° sans difficulté, comme pour la
tôle recuite 2B. Le pliage est en revanche difficile à 90° avec la tôle C1000 non
traitée avec présence de petites fissures, et impossible à 180° avec rupture parfois
complète de l'éprouvette (Tab.1).
Tableau1 : Essais de pliage sur une nuance 1.4318 état 2B, écrouie C1000 et écrouie
C1000 avec traitement thermique laser
| |
Rm (MPa) |
Angle de pliage |
| Echantillon |
|
90° |
180° |
| 2B |
780 |
○ |
○ |
| C1000 |
1000 |
 |
● |
| C1000 selon l'invention |
|
○ |
○ |
○ pliage correct,
 présence de fissures, ● rupture de l'échantillon |
1. Tôle d'acier inoxydable contenant un minimum de 10,5% en poids de Cr et un maximum
de 1,2% en poids de C, dont la microstructure est martensitique ou austéno-martensitique
et comprend au minimum 2% en volume de martensite, caractérisée en ce qu'elle comprend au moins une portion locale de moindre résistance mécanique, présentant
un taux de martensite inférieur d'au moins 10% à celui du reste de ladite tôle, ladite
portion locale étant au moins partiellement d'épaisseur égale à celle de ladite tôle.
2. Tôle d'acier, selon la revendication 1, d'épaisseur e dont ladite portion locale présente
une largeur comprise entre e et 25e en surface de ladite tôle.
3. Tôle d'acier, selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, dont la résistance
mécanique à la rupture est supérieure ou égale à 850MPa en dehors de ladite portion
locale.
4. Tôle d'acier, selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dont ladite portion
locale de moindre résistance mécanique est obtenue :
- soit par traitement thermique local d'une tôle d'acier inoxydable martensitique
ou austéno-martensitique de résistance mécanique homogène
- Soit par écrouissage différentiel d'une tôle d'acier inoxydable austénitique ou
austéno-martensitique de résistance mécanique homogène.
5. Tôle d'acier, selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dont ladite portion
locale de moindre résistance mécanique présente un taux de martensite au moins deux
fois inférieur à celui du reste de la tôle.
6. Tôle d'acier, selon la revendication 4, dont ladite portion locale de moindre résistance
mécanique présente un taux de martensite au moins quatre fois inférieur à celui du
reste de la tôle.
7. Procédé de fabrication d'une tôle d'acier, selon l'une quelconque des revendications
1 à 6, comprenant les étapes selon lesquelles :
- On approvisionne une tôle d'acier austénitique, martensitique ou austéno-martensitique,
ledit acier étant un acier inoxydable contenant un minimum de 10,5% en poids de Cr
et un maximum de 1,2% en poids de C
- On écrouit éventuellement tout ou partie de ladite tôle de telle sorte que la microstructure
comprenne au minimum 2% en volume de martensite
- On traite ladite tôle de façon à obtenir au moins une portion locale de moindre
résistance mécanique, présentant un taux de martensite inférieur d'au moins 10% à
celui du reste de ladite tôle ; ladite portion locale étant au moins partiellement
d'épaisseur égale à celle de ladite tôle d'acier.
8. Procédé selon la revendication 7 dans lequel ladite portion locale de moindre résistance
mécanique est obtenue :
- soit par traitement thermique local d'une tôle d'acier martensitique ou austéno-martensitique,
de résistance mécanique homogène, le traitement thermique résultant d'une élévation
thermique par laser, par induction, par faisceau d'électrons ou par soudage à la molette
- Soit par écrouissage différentiel d'une tôle d'acier austénitique ou austéno-martensitique
de résistance mécanique homogène.
9. Pièce d'acier pouvant être obtenue par déformation d'une tôle d'acier selon l'une
quelconque des revendications 1 à 6 ou d'une tôle obtenue par le procédé selon l'une
quelconque des revendications 7 à 8, ladite déformation ayant lieu dans l'une au moins
desdites portions locales de moindre résistance mécanique.
10. Pièce d'acier selon la revendication 9 obtenue par le pliage, le profilage ou l'emboutissage
de l'une au moins desdites portions locales de moindre résistance mécanique.
11. Pièce d'acier pouvant être obtenue par découpe d'une tôle d'acier selon l'une quelconque
des revendications 1 à 6 ou d'une tôle obtenue par le procédé selon l'une quelconque
des revendications 7 à 8.
12. Utilisation d'une pièce selon l'une quelconque des revendications 9 à 11 pour la fabrication
de structures métalliques résistant à des sollicitations dynamiques.
1. Blech aus rostfreiem Stahl, enthaltend zumindest 10,5 Gewichts-% Cr und maximal 1,2
Gewichts-% C, dessen Mikrostruktur martensitisch oder austenitisch-martensitisch ist
und das aufweist zumindest 2 Volumen-% Martensit, dadurch gekennzeichnet, dass es aufweist mindestens einen lokalen Abschnitt mit geringerer mechanischer Festigkeit,
der einen Martensit-Gehalt hat, der um wenigstens 10% kleiner ist als jener des Rests
des besagten Blechs, wobei der lokale Abschnitt zumindest teilweise eine Dicke hat,
die gleich jener des besagten Blechs ist.
2. Blech aus Stahl gemäß Anspruch 1 mit Dicke e, dessen besagter lokaler Abschnitt eine
Breite zwischen e und 25e an der Oberfläche des besagten Blechs hat.
3. Blech aus Stahl gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 oder 2, dessen mechanische Bruch-Festigkeit
außerhalb des besagten lokalen Bereichs größer oder gleich 850MPa ist.
4. Blech aus Stahl gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, dessen lokaler Abschnitt
mit geringerer mechanischer Festigkeit erlangt ist:
- entweder durch thermische lokale Behandlung eines martensitischen oder austenitischen-martensitischen
rostfreien Stahlblechs mit homogener mechanischer Festigkeit,
- oder durch differentielle Kaltverformung eines austenitischen oder austenitischen-martensitischen
rostfreien Stahlblechs mit homogener mechanischer Festigkeit.
5. Blech aus Stahl gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 bis 4, dessen lokaler Abschnitt
mit geringerer mechanischer Festigkeit einen Martensit-Gehalt hat, der wenigstens
zweimal kleiner ist als jener des Rests des Blechs.
6. Blech aus Stahl gemäß Anspruch 4, dessen besagter lokaler Abschnitt mit geringerer
mechanischer Festigkeit einen Martensit-Gehalt hat, der wenigstens viermal kleiner
ist als jener des Rests des Blechs.
7. Verfahren zur Herstellung eines Blechs aus Stahl gemäß irgendeinem der Ansprüche 1
bis 6, aufweisend die Schritte, gemäß denen:
- man ein Blech aus austenitischem, martensitischem oder austenitischem-martensitischem
Stahl bereitstellt, wobei der besagte Stahl ein rostfreier Stahl ist, der zumindest
10,5 Gewichts-% Cr und maximal 1,2 Gewichts-% C enthält,
- man gegebenenfalls das besagte Blech ganz oder teilweise kaltverformt, sodass die
Mikrostruktur zumindest 2 Volumen-% Martensit aufweist,
- man das besagte Blech behandelt, um zumindest einen lokalen Abschnitt mit geringerer
mechanischer Festigkeit zu erlangen, der einen Martensit-Gehalt hat, der um wenigstens
10% kleiner ist als jener des Rests des besagten Blechs, wobei der besagte lokale
Abschnitt zumindest teilweise eine Dicke hat, die gleich jener des besagten Blechs
aus Stahl ist.
8. Verfahren gemäß Anspruch 7, wobei der besagte lokale Abschnitt mit geringerer mechanischer
Festigkeit erlangt ist:
- entweder durch thermische lokale Behandlung eines martensitischen oder austenitischen-martensitischen
rostfreien Stahlblechs mit homogener mechanischer Festigkeit, wobei die thermische
Behandlung aus einer thermischen Anhebung via Laser, via Induktion, via Elektronenstrahl
oder via Nahtschweißung resultiert,
- oder durch differentielle Kaltverformung eines austenitischen oder austenitischen-martensitischen
rostfreien Stahlblechs mit homogener mechanischer Festigkeit.
9. Stahl-Bauteil, das erlangt werden kann durch Verformung eines Blechs aus Stahl gemäß
irgendeinem der Ansprüche 1 bis 6 oder eines Blechs, das erlangt ist durch das Verfahren
gemäß irgendeinem der Ansprüche 7 bis 8, wobei die besagte Verformung vorliegt in
wenigstens einem der besagten lokalen Abschnitte mit geringerer mechanischer Festigkeit.
10. Stahl-Bauteil gemäß Anspruch 9, erlangt durch Biegen, Profilierung oder Tiefziehen
des wenigstens einen der lokalen Abschnitte mit geringerer mechanischer Festigkeit.
11. Stahl-Bauteil, das erlangt werden kann durch Schneiden eines Blechs aus Stahl gemäß
irgendeinem der Ansprüche 1 bis 6 oder eines Blechs, das erlangt ist durch das Verfahren
gemäß irgendeinem der vorhergehenden Ansprüche 7 bis 8.
12. Verwendung eines Bauteils gemäß irgendeinem der Ansprüche 9 bis 11 zur Herstellung
von metallischen Strukturen, die widerstandfähig sind gegen dynamische Beanspruchungen.
1. A stainless steel sheet containing a minimum of 10.5% by weight of Cr and a maximum
of 1.2% by weight of C, the microstructure of which is martensitic or austeno-martensitic
and comprises at least 2% by volume of martensite, characterizing in that it comprises at least one local portion of lesser mechanical resistance, having a
martensite content at least 10% lower than that of the remainder of said sheet, said
local portion being at least partly with a thickness equal to that of said sheet.
2. The steel sheet according to claim 1, with a thickness e, the said local portion of
which has a width comprised between e and 25e at the surface of said sheet.
3. The steel sheet according to any of claims 1 or 2, the mechanical resistance at break
of which is greater than or equal to 850 MPa outside said local portion.
4. The steel sheet according to any of claims 1 to 3, said local portion of which with
lesser mechanical resistance is obtained:
- either by local heat treatment of a martensitic or austeno-martensitic stainless
steel sheet of homogeneous mechanical resistance
- or by differential work-hardening of an austenitic or austeno-martensitic stainless
steel sheet of homogeneous mechanical resistance.
5. The steel sheet, according to any of claims 1 to 4, said local portion of which with
lesser mechanical resistance has a martensite content at least twice smaller than
that of the remainder of the sheet.
6. The steel sheet according to claim 4, said local portion of which with lesser mechanical
resistance has a martensite level at least four times smaller than that of the remainder
of the sheet.
7. A method for manufacturing a steel sheet, according to any of claims 1 to 6, comprising
the steps according to which:
- an austenitic, martensitic or austeno-martensitic steel sheet is supplied, said
steel being a stainless steel containing a minimum of 10.5% by weight of Cr and a
maximum of 1.2% by weight of C.
- optionally, all or part of said sheet is work-hardened so that the microstructure
comprises at least 2% by volume of martensite.
- said sheet is treated so as to obtain at least one local portion of lesser mechanical
resistance, having a martensite content at least 10% lower than that of the remainder
of said sheet; said local portion being at least partly with a thickness equal to
that of said steel sheet.
8. The method according to claim 7, wherein said local portion of lesser mechanical resistance
is obtained:
- either by local heat treatment of a martensitic or austeno-martensitic steel sheet
of homogeneous mechanical resistance, the heat treatment resulting from a thermal
rise in temperature by laser, by induction, by an electron beam or by seam welding
- or by differential work-hardening of an austenitic or austeno-martensitic steel
sheet of homogeneous mechanical resistance.
9. A steel part which may be obtained by deformation of a steel sheet according to any
of claims 1 to 6 or of a sheet obtained by the method according to any of claims 7
to 8, said deformation occurring in at least one of said local portions of lesser
mechanical resistance.
10. The steel part according to claim 9, obtained by bending, profiling or stamping of
at least one of said local portions of lesser mechanical resistance.
11. A steel part which may be obtained by cutting a steel sheet according to any of claims
1 to 6 or a sheet obtained by the method according to any of claims 7 to 8.
12. The use of a part according to any of claims 9 to 11 for manufacturing metal structures
withstanding dynamic stresses.