[0001] La présente invention concerne un dispositif et un procédé de projection en particulier
sous forme de nappe d'un liquide pouvant être électriquement isolant au moins par
des forces électrostatiques, le dispositif étant conçu pour pulvériser ce liquide
ou pour en contrôler des oscillations en y générant des battements. L'invention concerne
également un injecteur de carburant pour chambre de combustion d'un moteur thermique
incorporant ce dispositif, tant pour les véhicules terrestres qu'aériens ou spatiaux,
ainsi que d'autres utilisations de ce dispositif comme par exemple dans les domaines
des pompes électro-hydrodynamiques pour échangeurs de chaleur, du refroidissement
de systèmes embarqués par pulvérisation de liquides caloporteurs, de la pulvérisation
d'huiles de coupe ou encore du nettoyage de surfaces, à titre non limitatif.
[0002] La pulvérisation d'un carburant est une étape essentielle pour tous les moteurs thermiques,
du fait que le taux de pollution et le rendement d'un moteur thermique sont intimement
liés à la qualité de pulvérisation du carburant. Dans les moteurs aéronautiques de
type turboréacteurs, la pulvérisation est obtenue par désintégration d'une nappe de
carburant. Pour obtenir cette désintégration dans un turboréacteur, on utilise généralement
un jet d'air cisaillant soufflé à grande vitesse (typiquement à 200 m/s) dans la chambre
de combustion qui impacte la nappe de carburant et la pulvérise.
[0003] Pour améliorer ce rendement et réduire la pollution engendrée par ces turboréacteurs,
il est donc nécessaire de bien maîtriser la pulvérisation, ce qui est effectué de
manière relativement satisfaisante en régime de fonctionnement normal étant donné
que le dispositif de pulvérisation est dimensionné pour fonctionner correctement lorsque
l'aéronef est en vitesse de croisière.
[0004] Cependant, il n'en est pas de même pour les autres régimes et notamment à bas régime,
lorsque par exemple l'avion roule sur la piste. A ce moment-là, l'air qui entre dans
la chambre de combustion n'atteint usuellement qu'une vitesse d'environ 30 m/s, insuffisante
pour atomiser correctement le carburant qui donc brûle mal et engendre à la fois perte
de puissance et pollution. La solution adoptée par les constructeurs aéronautiques
consiste alors à disposer de plusieurs systèmes d'injection dans un même aéronef correspondant
à autant de régimes de fonctionnement, ce qui présente l'inconvénient d'une solution
complexe, coûteuse, d'un poids élevé et qui augmente en outre les risques de pannes.
D'autres inconvénients de cette multiplicité d'injecteurs résident dans le manque
de souplesse du dispositif qui ne permet pas de passer continûment d'un régime de
fonctionnement à un autre et dans l'insuffisance des résultats obtenus par les injecteurs
bas régime (la vitesse du jet d'air étant trop faible à bas régime, la pulvérisation
peut n'être alors que partielle).
[0005] Pour apporter une solution à ces problèmes de pollution, de nouveaux injecteurs ont
été développés, toujours sur le même principe précité des jets d'air cisaillant, pour
obtenir des brouillards à faible concentration en carburant. Bien qu'efficaces en
terme de pollution, il arrive néanmoins que la pauvreté du mélange en carburant provoque
l'extinction du moteur. Le réallumage du moteur est alors difficile s'il a lieu en
altitude (où la pression est faible et l'entrée d'air peut par exemple se faire à
-45° C).
[0006] Une autre voie récemment explorée consiste à électriser le carburant avant son atomisation
dans un turboréacteur, par injection électrostatique de charges électriques dans un
jet de carburant circulant à grande vitesse. L'article
Priol L., Baudel P., Louste C., Romat H., "Laser granulometry measurements on electrified
jets for différent lengths of injector", Journal of electrostatics, Vol. 63, pp. 899-904,
2005, enseigne d'utiliser une telle pulvérisation électrostatique d'un carburant circulant
à une vitesse moyenne comprise entre 40 et 100 m/s au moyen d'une buse à symétrie
de révolution incorporant une électrode en forme d'aiguille axiale reliée à une source
de haute tension et une contre-électrode sensiblement radiale reliée à la terre qui
est agencée en aval de l'aiguille dans la buse et qui comme l'autre électrode est
destinée à être en contact avec le carburant. Cette contre-électrode est prévue en
amont d'une conduite axiale terminale de cette buse de longueur L et de diamètre D
(avec L/D variant de 2 à 10) par laquelle s'écoule le carburant électrisé avant d'être
pulvérisé hors de la buse par l'orifice de sortie de cette conduite.
[0007] Le document
WO-A1-2008/052830 présente une buse de pulvérisation d'un carburant électriquement conducteur incorporant
une électrode plane radiale en forme de couronne qui est logée entre deux couches
radiales électriquement isolantes et dont le bord interne est pointu en amont de l'orifice
de projection du carburant hors de la buse. Ce carburant conducteur est au préalable
entraîné en rotation en amont de cette électrode et selon un axe de rotation perpendiculaire
à celle-ci puis entre en contact avec ce bord pointu d'électrode avant d'être projeté
hors de la buse.
[0008] Le document
EP-B1-1 139 021 présente une buse de pulvérisation se terminant par deux électrodes métalliques axiales
qui sont destinées à être en contact avec le carburant et qui définissent à elles
seules le bord de l'orifice de projection du carburant hors de la buse.
[0009] Le document
GB2096022 décrit un dispositif selon le préambule de l'objet de la revendication 1.
[0010] Un inconvénient majeur de ce dernier dispositif de pulvérisation à électrodes qui
sont toutes deux non électriquement isolées réside dans la valeur relativement réduite
de l'intensité du champ électrostatique généré par ces électrodes, ce qui nuit à la
qualité de l'atomisation obtenue.
[0011] Un but de la présente invention est de proposer un dispositif de projection en particulier
sous forme de nappe d'un liquide pouvant être électriquement isolant au moins par
des forces électrostatiques qui remédie à l'ensemble des inconvénients précités, ce
dispositif étant conçu pour pulvériser ce liquide ou pour en contrôler le battement
des oscillations et comprenant une buse qui forme un canal d'amenée du liquide vers
au moins un orifice de projection de ce dernier hors du dispositif et qui incorpore
à proximité de cet orifice une première et une seconde électrodes agencées pour injecter
des charges électriques dans le liquide.
[0012] A cet effet, un dispositif de projection de liquide selon l'invention est tel que
le bord de cet orifice comprend, d'un côté du canal, au moins une extrémité saillante
de la première électrode qui fait saillie dans ce canal et qui est destinée à être
en contact avec le liquide et, d'un autre côté du canal, un corps de buse électriquement
isolant dans lequel est noyée la seconde électrode de manière adjacente à la première
électrode, de telle sorte que l'intensité du champ électrostatique en ladite ou chaque
extrémité saillante soit maximisée.
[0013] On notera en premier lieu qu'un dispositif selon l'invention ainsi défini permet
non seulement de pulvériser de manière optimale sous forme de nappe un liquide qui
peut être initialement non électriquement chargé, tel qu'un carburant Diesel (étant
précisé que par « électriquement isolant » on entend pour ce liquide une résistivité
égale ou supérieure à 10
8 Q.m), mais en outre de contrôler la variation de l'amplitude de l'oscillation de
la nappe projetée à l'état non pulvérisé.
[0014] Par « nappe », on entend dans la présente description un film mince dont l'épaisseur
peut typiquement varier de 200 µm à 500 µm et qui définit une surface pouvant être
plane ou tridimensionnelle, étant avantageusement dans ce dernier cas à symétrie de
révolution et délimitant un espace interne, par opposition à un jet tridimensionnel
de liquide qui par définition est plein et ne définit donc pas d'espace interne.
[0015] On notera que le dispositif selon l'invention, qui peut être uniquement basé sur
l'utilisation de la force de Coulomb, est apte à injecter des charges électriques
dans le carburant simultanément à sa projection hors du dispositif avec obtention
d'un champ électrostatique local d'intensité extrêmement élevée, grâce à l'agencement
spécifique des deux électrodes dont l'une forme l'extrémité de sortie de la buse via
son extrémité saillante (i.e. pointue ou acérée selon un faible rayon de courbure)
et dont l'autre est électriquement isolée en étant immédiatement adjacente à cette
extrémité de sortie et, par conséquent, à l'autre électrode saillante. On obtient
alors localement une véritable injection forcée des charges électriques dans le carburant,
et la Demanderesse a vérifié que les effets électrostatiques intenses ainsi obtenus
sont de nature à perturber la nappe de carburant voire même à provoquer son explosion,
avec une optimisation de la pulvérisation secondaire de la nappe et une homogénéité
du brouillard de gouttelettes obtenu qui est améliorée, en comparaison des pulvérisations
obtenues par les dispositifs connus précités.
[0016] Rappelons que l'on entend de manière connue par « oscillation primaire » d'une nappe
de carburant pulvérisé des ondes longitudinales de petite amplitude par rapport à
l'épaisseur de la nappe et correspondant à une oscillation de l'interface, et qu'en
aval de cette oscillation primaire sont formés des ligaments dans le sens de l'écoulement.
Ces ligaments, qui correspondent à une oscillation dite secondaire, sont régulièrement
espacés dans la direction transversale de la nappe et sont séparés par de fines membranes
qui se rompent rapidement sous l'effet des forces aérodynamiques en formant un brouillard
de petites gouttes. Ces ligaments se rompent à leur tour pour former une population
d'amas liquides de tailles relativement importantes, la création de ces amas correspondant
à la fin du phénomène de pulvérisation primaire. Quant à la pulvérisation secondaire,
elle correspond à la désintégration de ces amas instables en gouttelettes plus petites
du fait de la pression cinétique qui s'oppose aux forces de tension superficielle.
[0017] Selon une autre caractéristique préférentielle de l'invention, ledit canal est délimité
par des premier et second corps de buse électriquement isolants qui sont montés en
regard l'un de l'autre et qui incorporent respectivement lesdites première et seconde
électrodes en des zones profilées de ces corps aboutissant audit orifice de projection,
la première électrode s'étendant sur une première paroi intérieure audit canal définissant
la zone profilée du premier corps et se terminant au-delà de cette paroi par ladite
ou chaque extrémité en saillie dans le canal, et la seconde électrode étant adjacente
à une seconde paroi extérieure au canal définissant la zone profilée du second corps.
[0018] Avantageusement, ladite ou chaque extrémité saillante peut présenter un rayon de
courbure principal compris entre 5 µm et 15 µm et est de préférence en forme de pointe,
ledit orifice de projection présentant une plus petite dimension transversale comprise
entre 100 µm et 500 µm. On notera que ce faible rayon de courbure combiné à l'isolation
de la seconde électrode permet d'obtenir un champ électrostatique local très important,
avec une intensité pouvant être supérieure à 1 MV/cm en ladite ou chaque extrémité
saillante lorsque l'on applique une tension alternative (d'amplitude de préférence
égale à plusieurs kV et par exemple au moins égale à ± 20 kV) entre les première et
seconde électrodes.
[0019] Selon une autre caractéristique de l'invention, ladite première électrode peut être
globalement rectiligne en section longitudinale, ladite seconde électrode pouvant
présenter une surface externe convexe qui est de préférence elliptique ou circulaire
en section longitudinale, cette forme convexe ou arrondie permettant de minimiser
l'intensité du champ électrostatique en cette surface.
[0020] Avantageusement dans le cas de l'utilisation préférentielle d'un carburant à titre
de liquide, le dispositif de l'invention est tel que ledit premier corps de buse présente
une permittivité relative ε
r de préférence inférieure ou égale à 10 (à titre encore plus préférentiel inférieure
ou égale à 5), et que ledit second corps de buse présente une permittivité relative
ε
r égale ou supérieure à 2 (de préférence égale ou supérieure à 5) de sorte à maximiser
encore l'intensité du champ électrostatique au voisinage de ladite première électrode.
Pour éviter le claquage du dispositif, cette seconde électrode est ainsi placée à
l'intérieur d'un matériau isolant de permittivité élevée pour transmettre le champ
électrique mais surtout de forte rigidité diélectrique pour ne pas claquer (les céramiques
répondent à cette double contrainte et sont donc utilisables pour former le second
corps de buse). Cette seconde électrode est ainsi entièrement protégée par ce matériau
isolant et est conçue pour n'être jamais en contact avec le carburant ni avec l'air.
A titre d'exemples de matériaux utilisables pour constituer tout ou partie de ces
deux corps de buse, on peut citer en plus des céramiques le PVC et le « plexiglas
», à titre non limitatif. A titre de matériaux utilisables pour constituer lesdites
première et seconde électrodes, on peut citer tous matériaux électriquement conducteurs
mais en outre chimiquement neutres vis-à-vis du liquide à projeter.
[0021] Pour pulvériser ce carburant sous forme de nappe, on peut pourvoir en outre ce dispositif
selon l'invention de moyens pour amener au moins un flux gazeux, tel qu'un jet d'air,
en aval dudit orifice de projection de sorte à optimiser encore cette pulvérisation.
[0022] Selon un premier mode de réalisation de l'invention, ledit canal présente une section
transversale sensiblement rectangulaire de sorte à projeter le liquide sous forme
de nappe plane, ladite première électrode présentant globalement une forme de lame
plate et ladite seconde électrode une géométrie en forme de barreau, chaque électrode
étant indépendamment continue ou discontinue (par exemple à la manière d'un peigne)
vue en section transversale.
[0023] Selon un second mode de réalisation de l'invention, ledit canal présente une section
transversale globalement annulaire (e.g. elliptique ou circulaire) de sorte à projeter
le liquide sous forme de nappe à symétrie de révolution, ladite première électrode
présentant une forme sensiblement conique divergeant vers ladite ou chaque extrémité
saillante et ladite seconde électrode une forme sensiblement torique entourant concentriquement
la première électrode, chaque électrode étant indépendamment continue ou discontinue
vue en section transversale.
[0024] A titre préférentiel selon ce second mode de l'invention, ledit premier corps de
buse est situé radialement à l'intérieur dudit second corps de buse qui l'entoure
de manière concentrique de manière que lesdites première et seconde parois soient
respectivement divergente et convergente en direction dudit canal, et lesdits moyens
pour amener des flux gazeux sont localisés radialement à l'intérieur de ce premier
corps et radialement à l'extérieur de ce second corps.
[0025] On notera que le dispositif selon ce second mode de l'invention ne nécessite pas
de modifier la géométrie des injecteurs actuels, l'action électrostatique pouvant
être utilisée seule ou bien se superposer à l'action mécanique usuelle du jet d'air
sur la nappe pour en accroître l'efficacité et la sécurité. En effet, il suffit de
pourvoir desdites électrodes cet injecteur actuel à deux corps de buse interne et
externe concentriques ménageant de tels flux d'air radialement interne et externe
et à parois d'extrémité respectivement divergente et convergente, la structure de
ces deux corps de buse pouvant être inchangée par ailleurs.
[0026] On notera également que le dispositif du second mode selon l'invention permet de
simplifier considérablement les systèmes d'injection actuels sur les aéronefs en supprimant
les injecteurs dédiés aux bas régimes de fonctionnement, puisque ce dispositif de
l'invention est apte à assurer cette pulvérisation à bas régime par la force électrostatique
selon l'invention complétée par des entrées d'air dues à un vent cisaillant par exemple
à 30 m/s. Ce dispositif de l'invention est ainsi de structure simple (deux électrodes
seulement sont à prévoir), peu coûteux (les techniques de fabrication classiques avec
jets d'air étant utilisables), est apte à fonctionner à tous les régimes y compris
au sol, consomme une puissance électrique très faible (quelques watts seulement) et
est extrêmement robuste et donc peu soumis à l'usure du fait qu'il est dépourvu de
toute pièce mobile contrairement à certains dispositifs connus mettant en oeuvre une
rotation du carburant.
[0027] De plus, ce dispositif selon le second mode de l'invention permet d'aider au réallumage
du moteur en pulvérisant la quantité importante de carburant nécessaire.
[0028] Un injecteur selon l'invention d'un carburant par exemple électriquement isolant
pour chambre de combustion d'un moteur thermique de véhicule terrestre, aérien ou
spatial, en particulier pour un turboréacteur d'avion, comporte un dispositif apte
à pulvériser ce carburant sous forme de nappe tel que défini ci-dessus et, de préférence,
selon ce second mode préférentiel de l'invention avec lesdits flux gazeux qui sont
localisés radialement à l'intérieur dudit premier corps et radialement à l'extérieur
dudit second corps.
[0029] Comme indiqué précédemment, il est à noter que cet injecteur est notamment caractérisé
par la position des deux électrodes qui sont situées le plus près possible de la sortie
de l'injecteur (i.e. de la lèvre d'injection de la buse), étant précisé que de préférence
cette lèvre d'injecteur est constituée en partie par la première électrode injectant
les charges dans le carburant l'atteignant, avec la création des forces électrostatiques
intenses précitées qui déstabilisent le film de carburant pour le pulvériser sous
forme de nappe.
[0030] On notera également que les moyens électrostatiques de pulvérisation inclus dans
un injecteur selon l'invention peuvent être utilisés seuls pour pulvériser le carburant,
i.e. sans moyens de soufflage mécanique, mais que la combinaison de ces deux moyens
permet d'accroître la performance et la fiabilité de l'aéronef notamment en cas de
défaillance de l'un de ces deux moyens électrostatiques et mécaniques, l'autre prenant
le relais.
[0031] On notera en outre qu'un injecteur selon l'invention présente un faible encombrement,
du fait que l'espace nécessaire à l'installation de ces moyens électrostatiques (i.e.
essentiellement les deux électrodes, la source de haute tension et un dispositif de
contrôle électronique) est réduit, et représente un gain écologique puisque l'optimisation
de la pulvérisation s'accompagne d'une meilleure combustion, donc d'une consommation
plus faible et par conséquent d'une baisse de la pollution générée.
[0032] D'autres utilisations selon l'invention d'un dispositif tel que défini ci-dessus
peuvent consister, à titre non limitatif, à pulvériser un liquide choisi dans le groupe
constitué par les liquides caloporteurs, les huiles de coupe pour machines-outils
et les liquides de nettoyage de surfaces souillées, ou bien à réaliser une pompe électro-hydrodynamique
pour un échangeur de chaleur sans partie tournante par exemple destiné à équiper un
véhicule aérien ou spatial à moteur thermique.
[0033] Un procédé selon l'invention pour projeter au moins par des forces électrostatiques
et en particulier sous forme de nappe un liquide pouvant être électriquement isolant,
tel qu'un carburant, en le pulvérisant ou en en contrôlant le battement des oscillations,
consiste à utiliser un dispositif tel que défini ci-dessus en appliquant entre lesdites
première et seconde électrodes un signal alternatif de tension dont l'amplitude est
de préférence de plusieurs kV et est par exemple au moins égale à ± 20 kV, pour l'obtention
d'un champ électrostatique local en ladite ou chaque extrémité saillante en contact
avec le liquide d'intensité supérieure à 1 MV/cm et pouvant atteindre 10 MV/cm, des
charges électriques étant ainsi directement injectées dans le liquide quittant le
dispositif en cette extrémité.
[0034] On notera que l'utilisation d'un signal alternatif est indispensable au bon fonctionnement
du dispositif selon l'invention, pour éviter l'accumulation de charges électriques
à la surface du diélectrique solide qui sépare les première et seconde électrodes.
[0035] Selon une autre caractéristique de l'invention, la Demanderesse a découvert qu'une
utilisation de signaux électriques particuliers permet une modulation fine et rapide
de l'action électrique selon les besoins de l'injecteur de carburant et selon que
l'on recherche une pulvérisation du carburant ou bien un contrôle du battement de
ce dernier lorsqu'il n'est pas pulvérisé.
[0036] De plus, la modulation du signal électrique permet d'obtenir une variation immédiate
ou progressive du comportement de l'injecteur par ces moyens électrostatiques, cette
modulation permettant d'adapter de façon continue le fonctionnement de l'injecteur
lors des changements de régime, grâce à un dispositif de contrôle électronique utilisé
en relation avec l'injecteur.
[0037] Pour pulvériser ce liquide, on peut avantageusement utiliser une fréquence de ce
signal au moins égale à 1 kHz, ce signal étant de préférence carré avec, par exemple,
une fréquence égale ou supérieure à 2 kHz et un temps de montée voisin de 400 V/µs.
On notera néanmoins que toutes les autres formes existantes de signaux alternatifs
sont utilisables pour obtenir cette pulvérisation, comme par exemple des signaux sinusoïdaux,
triangulaires ou même sous forme d'impulsions.
[0038] Pour contrôler le battement des oscillations de ce liquide sans le pulvériser, on
peut avantageusement utiliser une fréquence de ce signal comprise entre 5 Hz et 100
Hz, ce signal étant de préférence de type sinusoïdal ou triangulaire et de fréquence
sensiblement égale à 50 Hz. On notera que ce contrôle du battement est notamment utile
en cas d'association d'un ou de plusieurs jets d'air en plus de ces moyens électrostatiques.
[0039] Selon une autre caractéristique préférentielle de l'invention, l'on met en mouvement
le liquide dans ledit canal avec une vitesse comprise entre 0,5 m/s et 2 m/s, et l'on
obtient une nappe sensiblement plane ou à symétrie de révolution pour le liquide projeté
d'épaisseur comprise entre 200 µm et 500 µm, de préférence en amenant en outre au
moins un flux gazeux, tel qu'un jet d'air, en aval dudit orifice de projection et
à une vitesse par exemple comprise entre 30 m/s et 200 m/s, pour optimiser la pulvérisation
du carburant projeté par le dispositif.
[0040] Les caractéristiques précitées de la présente invention, ainsi que d'autres, seront
mieux comprises à la lecture de la description suivante de plusieurs exemples de réalisation
de l'invention, donnés à titre illustratif et non limitatif, ladite description étant
réalisée en relation avec les dessins joints, parmi lesquels :
la figure 1 est une vue schématique partielle et en section axiale d'un dispositif
de projection d'une nappe selon l'invention à symétrie de révolution pour injecteur
de carburant,
la figure 2 est une vue schématique partielle et en section longitudinale suivant
le plan II-II de la figure 9, d'un dispositif de projection selon l'invention d'une
nappe plane de carburant correspondant à une variante simplifiée de la figure 1,
la figure 3 est une vue schématique en agrandissement de l'extrémité de projection
du dispositif de la figure 2 montrant notamment un exemple de forme et d'agencement
des deux électrodes équipant ce dispositif,
la figure 4 est une vue de dessous du premier corps de buse du dispositif de projection
de la figure 2 (sans la première électrode à extrémité saillante prolongeant ce premier
corps),
la figure 5 est une vue latérale de ce premier corps de buse de la figure 2 montré
dépourvu de sa première électrode,
la figure 6 est une vue frontale de ce premier corps de buse de la figure 2 montré
dépourvu de sa première électrode,
la figure 7 est une vue de dessous du second corps de buse du dispositif de projection
de la figure 2, montrant le logement pratiqué dans ce corps de buse pour y recevoir
la seconde électrode électriquement isolée,
la figure 8 est une vue latérale de ce second corps de buse de la figure 2,
la figure 9 est une vue frontale de ce second corps de buse de la figure 2,
la figure 10 est une juxtaposition de deux photographies montrant en vues de face
deux nappes obtenues par le dispositif de la figure 2, la photographie de gauche montrant
la nappe non pulvérisée obtenue sans les moyens électrostatiques de l'invention, et
celle de droite la nappe pulvérisée selon l'invention qui est obtenue par ces moyens,
la figure 11 est une juxtaposition de deux autres photographies montrant en vue de
profil deux nappes obtenues par le dispositif de la figure 2, la photographie de gauche
montrant la nappe non pulvérisée et sans battement obtenue sans les moyens électrostatiques
de l'invention, et celle de droite la nappe non pulvérisée mais soumise au battement
qui est obtenue par ces moyens,
la figure 12 est une juxtaposition de deux rangées de quatre photographies chacune
montrant en vue de face, pour quatre vitesses différentes de nappes, ces dernières
à l'état non pulvérisé à la rangée du haut (i.e. sans les moyens électrostatiques)
et à l'état pulvérisé à la rangée du bas (i.e. avec ces moyens, via un signal électrique
carré de fréquence 2kHz et ± 30 kV d'amplitude),
la figure 13 est une juxtaposition de deux rangées de quatre photographies chacune
montrant les nappes de la figure 12 en vue de profil, (i.e. pour les mêmes vitesses
de nappes, à l'état non pulvérisé à la rangée du haut et à l'état pulvérisé à la rangée
du bas via ce même signal électrique),
la figure 14 est une juxtaposition de six rangées de deux photographies chacune montrant
en vue de face (pour les photographies de gauche) et en vue de profil (pour celles
de droite) l'influence, sur la pulvérisation de la nappe, de la fréquence du signal
électrique carré d'amplitude ± 30 kV utilisé en relation avec ces moyens, la vitesse
de la nappe étant de 1 m/s,
la figure 15 est une juxtaposition de quatre rangées de deux photographies chacune
(à l'exception de la seconde rangée) montrant en vue de face (pour les photographies
de gauche) et en vue de profil (pour celles de droite) l'influence, sur la pulvérisation
de la nappe, de l'amplitude du signal électrique carré de fréquence 1 kHz utilisé
en relation avec ces moyens,
la figure 16 est une juxtaposition de quatre rangées de deux photographies chacune
(à l'exception de la première rangée) montrant l'influence, sur le battement de la
nappe, de la forme du signal (sinusoïdale pour les photographies de gauche et triangulaire
pour celles de droite) et de la fréquence de ce signal d'amplitude ± 30 kV utilisé
en relation avec ces moyens, la vitesse de la nappe étant de 1 m/s, et
la figure 17 est une juxtaposition de deux rangées de trois photographies chacune
montrant l'influence, sur le battement de la nappe, de la forme du signal (sinusoïdale
pour la rangée supérieure et triangulaire pour la rangée inférieure) et de la fréquence
de ce signal (avec trois fréquences pour chaque rangée) d'amplitude ± 30 kV utilisé
en relation avec ces moyens, la vitesse de la nappe étant de 1 m/s.
[0041] Le dispositif 1 de projection de liquide 2 illustré à la figure 1 représente un mode
de réalisation préférentiel d'une buse pour injecteur de carburant selon l'invention.
Comme cela sera expliqué ci-après, la buse 1 peut être utilisée au choix pour pulvériser
le carburant 2 ou pour contrôler le battement de son oscillation, et elle comporte
essentiellement :
- un premier corps de buse 3 radialement interne, électriquement isolant et en forme
de tube creux à surface externe 4 cylindrique dont l'espace interne est avantageusement
conçu pour acheminer un jet d'air central 5 radialement à l'intérieur de la nappe
de carburant 2 projetée par la buse 1 (cylindrique dans le schéma de la figure 1,
étant entendu que cette nappe pourrait être conique) de sorte à en améliorer la pulvérisation
par exemple, ce premier corps 3 se terminant par une surface interne conique 6 qui
diverge radialement vers l'extérieur et qui est recouverte d'une première électrode
7 (par exemple métallique) épousant cette surface 6 et de section axiale rectiligne
se terminant par une pointe en saillie 7a radialement à l'extérieur de la surface
externe 4 de sorte à être au contact du carburant 2 projeté,
- un second corps de buse 8 radialement externe, électriquement isolant et en forme
de tube creux à surface interne 9 cylindrique dont l'espace externe est avantageusement
conçu pour acheminer un autre jet d'air périphérique 10 radialement à l'extérieur
de la nappe projetée de carburant 2, ce second corps 8 se terminant par une surface
externe conique 11 qui converge radialement vers l'intérieur pour se terminer sensiblement
en regard de la pointe 7a de la première électrode 7, et qui renferme dans sa masse
une seconde électrode 12 (par exemple métallique) à proximité immédiate de l'extrémité
aval de ce second corps 8 et donc de la première électrode 7, et
- des moyens 13 de génération et de contrôle d'un signal électrique alternatif appliqué
entre les électrodes 7 et 12 (de forme, d'amplitude et de fréquence réglables, comme
expliqué ci-dessous), lesquelles sont reliées à une source de haute tension HT incluse
dans ces moyens 13.
[0042] Le positionnement relatif des deux corps de buse 3 et 8 définit un étroit canal 14
d'amenée du carburant 2 à projeter de section annulaire, avec un espacement E entre
ces deux corps 3 et 8 par exemple compris entre 100 µm et 500 µm, déterminant ainsi
l'épaisseur de la nappe de carburant 2 projetée (avec une vitesse de sortie par exemple
de l'ordre de 1 m/s).
[0043] Plus précisément, la première électrode 7 est conçue pour injecter directement des
charges électriques dans le carburant 2 dans lequel sa pointe 7a est immergée en fonctionnement,
en servant de lèvre d'injecteur à la buse 1 du fait que cette électrode 7 constitue
partiellement le bord 15 de l'orifice de projection de la buse 1. Cette injection
directe au niveau de la pointe 7a est réalisée grâce à un champ électrostatique d'intensité
très élevée (plusieurs MV/cm pouvant aller jusqu'à 10 MV/cm) que l'on génère en cette
pointe 7a par la haute tension HT appliquée entre les deux électrodes 7 et 12, grâce
au rayon de courbure suffisamment faible de cette pointe 7a qui est par exemple d'environ
10 µm. Quant au matériau du premier corps 3 constituant le support isolant de cette
première électrode 7, il est choisi de permittivité ε
r faible pour maximiser l'intensité du champ électrostatique au voisinage de la pointe
7a, cette permittivité étant de préférence inférieure à celle du liquide 2 à projeter
soit inférieure à 2,2 pour un carburant diesel de type « GASOIL », par exemple.
[0044] La seconde électrode 12 est entièrement noyée dans le second corps de buse 8 qui
l'isole électriquement pour empêcher la formation d'arcs électriques entre les deux
électrodes 7 et 12. L'électrode 12 présente une géométrie dépourvue d'angles ou d'arêtes
(avantageusement convexe ou arrondie, étant globalement en forme de tore dans l'exemple
de la figure 1) qui limite le champ électrique à sa surface ainsi que les contraintes
sur le matériau isolant qui est au contact de cette électrode 12. Ce matériau isolant
présente une rigidité diélectrique choisie la plus élevée possible, et une permittivité
également élevée (ε
r > 5 de préférence) pour maximiser l'intensité du champ électrostatique au voisinage
de la première électrode 7.
[0045] Quant aux deux jets d'air 5 et 10 précités qui sont conçus pour venir souffler sur
les faces respectivement interne et externe de la nappe 2 émise, leur vitesse peut
varier de 30 m/s à 200 m/s à titre d'exemple.
[0046] On notera que l'injecteur électrostatique 1 selon l'invention de la figure 1 se distingue
uniquement d'un injecteur de l'état antérieur de la technique par l'ajout et l'agencement
spécifique des deux électrodes 7 et 12 en relation avec les moyens 13 de génération
et de contrôle du signal électrique alternatif entre ces électrodes 7 et 12. En d'autres
termes, l'architecture générale d'un tel injecteur connu n'a pas été modifiée, l'effet
électrostatique se superposant avantageusement ou non à l'effet aéromécanique, ce
qui permet de disposer d'une action mécanique seule, d'une action électrostatique
seule ou bien de ces deux actions de façon simultanée pour la pulvérisation du carburant
2.
[0047] Comme expliqué précédemment, il est à noter que la nappe de carburant 2 ainsi chargée
subit l'action des forces électrostatiques qui engendrent au choix soit sa pulvérisation,
soit son oscillation contrôlée, selon le signal électrique appliqué entre les électrodes
7 et 12, et que cette pulvérisation ou le contrôle de cette oscillation sont optimisées
par les géométries respectives de ces électrodes 7 et 12 qui sont conçues pour maximiser
le champ électrostatique sur la première électrode 7 et donc l'injection directe des
charges électriques dans le carburant 2.
[0048] On a testé, en référence aux figures 2 à 9 (cotes exprimées en mm), une buse 101
de projection de carburant à canal de projection 114 plan, cette géométrie ayant été
retenue pour des raisons de simplicité et du fait qu'elle est représentative des résultats
obtenus avec un dispositif à symétrie de révolution (i.e. axisymétrique du type de
celui de la figure 1) à canal de projection 14 de section annulaire. On a utilisé
pour ces essais deux prototypes plans de même structure mais réalisés avec des matériaux
électriquement isolants différents, le premier ayant ses deux corps de buse 103 et
108 en PVC et le second en « plexiglas » (avec une permittivité ε
r de 4,5, une résistivité de 10
15 Ω.m et une rigidité diélectrique > 40 kV/mm en courant alternatif). Quant au carburant
utilisé, il s'agit de « GASOIL » de masse volumique égale à 860 kg/m
3, de permittivité relative ε
r =2,2, de résistivité allant compris entre 10
9 et 10
10 Ω.m et de viscosité cinématique égale à 4,3 10
-6 m
2/s.
[0049] La buse de projection 101 visible à ces figures 2 à 9 comporte deux premier et second
corps de buse 103 et 108 qui sont respectivement pourvus des première et seconde électrodes
107 et 112 et qui se différencient essentiellement de ceux de la figure 1 en ce que
ces corps 103 et 108 présentent chacun une même géométrie de section transversale
rectangulaire, en lieu et place de la section transversale annulaire de ceux de la
figure 1 (cette forme rectangulaire est visible aux figures 4 et 6 pour le premier
corps 103 et aux figures 7 et 9 pour le second 108).
[0050] L'extrémité amont de ces deux corps 103 et 108 est dans l'exemple de la figure 2
surmontée d'un chapeau 116 venant fermer une chambre de tranquillisation 117 du carburant
qui présente une section longitudinale rectangulaire et qui est délimitée par les
faces internes respectives des deux corps 103 et 108, symétriques l'une de l'autre
par rapport au canal central 114 de projection du carburant. Plus précisément, la
chambre 117 et ce canal 114 sont centrés sur l'axe longitudinal de symétrie X de la
buse 101, et un orifice central 116a ménagé dans le chapeau 116 permet l'arrivée du
carburant dans la chambre 117, laquelle se rétrécit à angle droit à proximité de l'extrémité
aval de la buse 101 par deux épaulements 103a et 108a que présentent les faces internes
des corps 103 et 108. Ce canal 114 forme un tronçon terminal de faible largeur l (1
mm, voir figure 3) qui communique en amont avec la chambre 117 et aboutit à l'extrémité
aval profilée de la buse 101 formée par les surfaces externes obliques respectives
103b et 108b des deux corps 103 et 108.
[0051] La première électrode 107 (réalisée en acier chromé) est en forme de lame plate qui
s'étend sur la majeure partie de la surface externe oblique 103b du premier corps
103 et qui se termine par une extrémité pointue 107a faisant obliquement saillie dans
le canal 114, de telle manière que cette extrémité saillante 107a définisse partiellement
le bord 115 de l'orifice aval de projection de la buse 101 (voir figure 3) conjointement
à l'arête terminale aigue du second corps 108, la largeur e entre cette extrémité
saillante 107a et cette arête en regard étant dans cet exemple de 300 µm.
[0052] Quant à la seconde électrode 112 (également réalisée en acier chromé), elle est noyée
dans cet exemple de réalisation dans une résine isolante 112a de type époxy qui vient
remplir une cavité débouchant sur la surface externe oblique 108b du second corps
108 dans la zone profilée de ce dernier et à proximité immédiate de ladite arête.
On voit aux figures 2 et 3 que cette résine isolante 112a forme ainsi une partie de
la surface oblique 108b et est en contact avec le matériau isolant (e.g. PVC ou «
plexiglas ») du second corps 108. Cette seconde électrode 112 présente dans cet exemple
une section longitudinale oblongue et arrondie qui est sensiblement elliptique.
[0053] On notera que la connectique des électrodes 107 et 112 n'a pas été représentée sur
ces figures 2 à 9 pour des raisons de clarté.
[0054] On a ainsi obtenu des nappes projetées sensiblement planes avec des vitesses de nappes
comprises entre 0,5 m/s et 2 m/s, chaque nappe ayant une section rectangulaire de
longueur environ égale à 8 cm (dans la direction transversale des figures 6 et 9)
et de largeur environ égale à 4 cm (dans la direction longitudinale de ces figures),
avec une épaisseur de nappe d'environ 300 µm (correspondant à la largeur e précitée
de l'orifice de projection).
[0055] Les figures 11 à 17 présentent les nappes obtenues lors d'essais réalisés en l'absence
d'écoulement d'air (i.e. seulement par les moyens électrostatiques comprenant ces
électrodes 107 et 112), au moyen du dispositif de projection 101 selon ces figures
2 à 9 dont les corps de buse 103 et 108 sont réalisés en « plexiglas » (à l'exception
de la résine en époxy 112a précitée).
[0056] Sur l'image de gauche de la figure 10, on voit que la nappe projetée de carburant
non pulvérisé (du fait de l'absence de signal électrique généré entre les électrodes)
est parfaitement stable en vue de face, alors que l'image de droite de cette figure
10 illustre la pulvérisation efficace obtenue par la seule injection forcée de charges
électriques selon l'invention (via un signal électrique alternatif), les moyens électrostatiques
étant ainsi capables à eux seuls de pulvériser la nappe.
[0057] Sur l'image de gauche de la figure 11, on voit que la nappe projetée de carburant
non pulvérisé (du fait de l'absence de signal électrique) est parfaitement linéaire
(i.e. sans battement) vue de profil, alors que l'image de droite de cette figure 11
montre que la génération d'un signal alternatif adéquat entre les électrodes (voir
ci-dessous) permet de contraindre la nappe de carburant avec un battement donné d'oscillations.
[0058] Sur la rangée supérieure d'images de la figure 12, sont illustrées en vue de face
quatre nappes projetées sans pulvérisation (du fait de l'absence de signal électrique)
à des vitesses respectives de 0,6 m/s, 1 m/s, 1,5 m/s et 2 m/s, alors que la rangée
inférieure d'images de cette figure 12 montre la pulvérisation obtenue selon l'invention
à ces quatre vitesses de nappe via un signal électrique carré de 2 kHz et d'amplitude
± 30 kV.
[0059] Sur la rangée supérieure d'images de la figure 13, sont illustrées en vue de profil
quatre nappes projetées sans pulvérisation (du fait de l'absence de signal électrique)
à ces quatre mêmes vitesses, alors que la rangée inférieure d'images de cette figure
13 montre la pulvérisation obtenue selon l'invention à ces vitesses de nappe via ce
même signal électrique carré de 2 kHz et d'amplitude ± 30 kV. On voit à cette rangée
inférieure que les grosses gouttes (de 1 mm à 3 mm de diamètre) qui proviennent pour
la plupart des bords de la nappe sont visibles au centre, et qu'une multitude de petites
gouttes de très faible diamètre (inférieur à 100 µm) sont également visibles de part
et d'autre du jet central.
[0060] La figure 14 montre l'influence sur la qualité de la pulvérisation obtenue (avec
une vitesse de nappe de 1 m/s) de la fréquence d'un signal électrique carré d'amplitude
± 30 kV, cette fréquence variant de 0 Hz à la rangée du haut (i.e. en l'absence de
signal) à la fréquence maximale de 2 kHz à la rangée du bas. On voit que l'utilisation
de hautes fréquences (i.e. d'au moins 500 Hz) et de préférence comprises entre 1 et
2 kHz procure une pulvérisation satisfaisante de la nappe.
[0061] La figure 15 montre l'influence sur la qualité de la pulvérisation obtenue de l'amplitude
du signal électrique carré de 1 kHz. On voit que cette amplitude doit être dans cet
exemple supérieure à ± 20 kV pour l'obtention d'une nappe finement pulvérisée.
[0062] Les deux colonnes d'images de la figure 16 (vues de face) montrent l'influence sur
le battement de nappe obtenu de la forme et de la fréquence du signal alternatif,
pour une même amplitude de signal égale à ±30 kV et pour une vitesse du carburant
de 1 m/s. A la colonne de gauche sont illustrées les nappes obtenues pour un signal
sinusoïdal et à celle de droite pour un signal triangulaire, dans les deux cas pour
des fréquences allant de 5 Hz à 100 Hz.
[0063] Les deux rangées d'images de la figure 17 (vues de profil) complètent ces vues de
la figure 16 pour trois de ces fréquences (5 Hz, 10 Hz et 50 Hz) et permettent de
visualiser le battement obtenu pour les signaux sinusoïdaux (rangée supérieure) et
triangulaires (rangée inférieure).
[0064] Il ressort de ces figures 10 à 17 que les dispositifs de projection selon l'invention
fonctionnent de manière satisfaisante avec tous les types de signaux alternatifs classiques
(i.e. de type carré, sinusoïdal, triangulaire et même à impulsions). Plus précisément,
l'utilisation spécifique d'une basse fréquence (supérieure à 50 Hz) associée à un
signal « doux » de type sinusoïdal ou triangulaire permet d'obtenir un battement de
la nappe sans pulvérisation, alors que l'utilisation de hautes fréquences (jusqu'à
2 kHz) permet d'obtenir une pulvérisation fine de la nappe (des pulvérisations d'excellente
qualité ont été obtenues avec un signal carré de 2 kHz). On peut néanmoins envisager
de pulvériser les nappes de manière satisfaisante (i.e. avec une pulvérisation secondaire
optimisée) avec un dispositif selon l'invention à des fréquences de signaux alternatifs
supérieures à 2 kHz.
1. Dispositif de projection (1, 101) en particulier sous forme de nappe d'un liquide
(2) pouvant être électriquement isolant au moins par des forces électrostatiques,
le dispositif étant conçu pour pulvériser ce liquide ou pour en contrôler le battement
des oscillations, ce dispositif comprenant une buse qui forme un canal d'amenée (14,
114) du liquide vers au moins un orifice de projection (15, 115) de ce dernier hors
du dispositif et qui incorpore à proximité de cet orifice une première et une seconde
électrodes (7, 107 et 12, 112) agencées pour injecter des charges électriques dans
le liquide, caractérisé en ce que le bord (15, 115) de cet orifice comprend, d'un côté du canal, au moins une extrémité
saillante (7a, 107a) de la première électrode (7, 107) qui fait saillie dans ce canal
et qui est destinée à être en contact avec le liquide et, d'un autre côté du canal,
un corps de buse (8, 108) électriquement isolant dans lequel est noyée la seconde
électrode (12, 112) de manière adjacente à la première électrode, de telle sorte que
l'intensité du champ électrostatique en ladite ou chaque extrémité saillante soit
maximisée.
2. Dispositif (1, 101) selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit canal (14, 114) est délimité par des premier et second corps de buse (3, 103
et 8, 108) électriquement isolants qui sont montés en regard l'un de l'autre et qui
incorporent respectivement lesdites première et seconde électrodes (7, 107 et 12,
112) en des zones profilées de ces corps aboutissant audit orifice de projection (15,
115), la première électrode s'étendant sur une première paroi (6, 103b) intérieure
audit canal définissant la zone profilée du premier corps et se terminant au-delà
de cette paroi par ladite ou chaque extrémité en saillie (7a, 107a) dans le canal,
et la seconde électrode étant adjacente à une seconde paroi extérieure (11, 108b)
au canal définissant la zone profilée du second corps.
3. Dispositif (1, 101) selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ladite ou chaque extrémité saillante (7a, 107a) présente un rayon de courbure principal
compris entre 5 µm et 15 µm et est de préférence en forme de pointe, ledit orifice
de projection (15, 115) présentant une plus petite dimension transversale comprise
entre 100 µm et 500 µm.
4. Dispositif (1, 101) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite première électrode (7, 107) est globalement rectiligne en section longitudinale,
ladite seconde électrode (12, 112) présentant une surface externe convexe qui est
de préférence elliptique ou circulaire en section longitudinale de sorte à minimiser
l'intensité du champ électrostatique en cette surface.
5. Dispositif (1, 101) selon la revendication 2 et l'une des revendications 3 et 4, ce
dispositif étant apte à projeter un carburant à titre de liquide (2), caractérisé en ce que ledit premier corps de buse (3, 103) présente une permittivité relative εr inférieure ou égale à 10, et en ce que ledit second corps de buse (8, 108) présente une permittivité relative εr égale ou supérieure à 2 de sorte à maximiser encore l'intensité du champ électrostatique
au voisinage de ladite première électrode (7, 107), et de préférence en ce que ce dispositif est apte à générer ledit champ électrostatique local avec une intensité
supérieure à 1 MV/cm en ladite ou chaque extrémité saillante (7a, 107a) lorsque l'on
applique une tension alternative entre lesdites première et seconde électrodes (7,
107 et 12, 112).
6. Dispositif (1) selon une des revendications précédentes, ce dispositif étant apte
à pulvériser sous forme de nappe un carburant à titre de liquide (2), caractérisé en ce qu'il comporte en outre des moyens pour amener au moins un flux gazeux (5, 10), tel qu'un
jet d'air, en aval dudit orifice de projection (15) de sorte à optimiser la pulvérisation
du carburant projeté par le dispositif.
7. Dispositif (101) selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit canal (114) présente une section transversale sensiblement rectangulaire de
sorte à projeter le liquide sous forme de nappe plane, ladite première électrode (107)
présentant globalement une forme de lame plate et ladite seconde électrode (112) une
géométrie en forme de barreau, chaque électrode étant indépendamment continue ou discontinue
vue en section transversale.
8. Dispositif (1) selon une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que ledit canal (14) présente une section transversale globalement annulaire de sorte
à projeter le liquide (2) sous forme de nappe à symétrie de révolution, ladite première
électrode (7) présentant une forme sensiblement conique divergeant vers ladite ou
chaque extrémité saillante (7a) et ladite seconde électrode (12) une forme sensiblement
torique entourant concentriquement la première électrode, chaque électrode étant indépendamment
continue ou discontinue vue en section transversale.
9. Dispositif (1) selon les revendications 2, 6 et 8, caractérisé en ce que ledit premier corps de buse (3) est situé radialement à l'intérieur dudit second
corps de buse (8) qui l'entoure de manière concentrique de manière que lesdites première
et seconde parois (6 et 11) soient respectivement divergente et convergente en direction
dudit canal (14), et en ce que lesdits moyens pour amener des flux gazeux (5, 10) sont localisés radialement à l'intérieur
de ce premier corps et radialement à l'extérieur de ce second corps.
10. Dispositif selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il forme une pompe électro-hydrodynamique pour un échangeur de chaleur sans partie
tournante par exemple destiné à équiper un véhicule aérien ou spatial à moteur thermique.
11. Injecteur d'un carburant (2) pouvant être électriquement isolant pour chambre de combustion
d'un moteur thermique de véhicule terrestre, aérien ou spatial, en particulier pour
un turboréacteur d'avion, caractérisé en ce qu'il comporte un dispositif (1) apte à pulvériser ce carburant sous forme d'une nappe
selon une des revendications 1 à 9 et, de préférence, selon la revendication 9.
12. Utilisation d'un dispositif selon une des revendications 1 à 9 pour pulvériser un
liquide choisi dans le groupe constitué par les liquides caloporteurs, les huiles
de coupe pour machines-outils et les liquides de nettoyage de surfaces souillées.
13. Procédé pour projeter au moins par des forces électrostatiques et en particulier sous
forme de nappe un liquide (2) pouvant être électriquement isolant, tel qu'un carburant,
en le pulvérisant ou en en contrôlant le battement des oscillations, caractérisé en ce qu'il consiste à utiliser un dispositif (1, 101) selon une des revendications 1 à 10
en appliquant entre lesdites première et seconde électrodes (7, 107 et 12, 112) un
signal alternatif de tension dont l'amplitude est de préférence de plusieurs kV, pour
l'obtention d'un champ électrostatique local en ladite ou chaque extrémité saillante
(7a, 107a) d'intensité supérieure à 1 MV/cm, des charges électriques étant ainsi directement
injectées dans le liquide quittant le dispositif en cette extrémité.
14. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que pour pulvériser ce liquide (2), on utilise une fréquence de ce signal au moins égale
à 1 kHz, ce signal étant de préférence carré et de fréquence de préférence égale ou
supérieure à 2 kHz, ou bien en ce que pour contrôler le battement des oscillations de ce liquide (2) sans le pulvériser,
on utilise une fréquence de ce signal comprise entre 5 Hz et 100 Hz, ce signal étant
de préférence de type sinusoïdal ou triangulaire et de fréquence sensiblement égale
à 50 Hz.
15. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'on met en mouvement le liquide (2) dans ledit canal (14, 114) avec une vitesse
comprise entre 0,5 m/s et 2 m/s, et en ce que l'on obtient une nappe sensiblement plane ou à symétrie de révolution pour le liquide
projeté d'épaisseur comprise entre 200 µm et 500 µm, de préférence en amenant en outre
au moins un flux gazeux (5, 10), tel qu'un jet d'air, en aval dudit orifice de projection
(15) et à une vitesse par exemple comprise entre 30 m/s et 200 m/s, pour optimiser
la pulvérisation du carburant projeté par le dispositif (1, 101).
1. Sprühvorrichtung (1, 101) zum insbesondere schichtförmigen Versprühen einer etwaig
elektrisch isolierenden Flüssigkeit (2) zumindest durch elektrostatische Kräfte, wobei
die Vorrichtung dazu ausgelegt ist, diese Flüssigkeit zu zerstäuben bzw. deren Schwingungsausschlag
zu steuern, wobei diese Vorrichtung eine Düse umfasst, die einen Zuführkanal (14,
114) zum Zuführen der Flüssigkeit zu zumindest einer Sprühöffnung (15, 115) desselben
aus der Vorrichtung bildet und in der Nähe von dieser Öffnung eine erste und eine
zweite Elektrode (7, 107 und 12, 112) umfasst, die dazu ausgebildet sind, elektrische
Ladungen in die Flüssigkeit einzuspritzen, dadurch gekennzeichnet, dass der Rand (15, 115) dieser Öffnung auf einer Seite des Kanals zumindest ein vorspringendes
Ende (7a, 107a) der ersten Elektrode (7, 107) aufweist, das in diesen Kanal vorspringt
und dazu bestimmt ist, mit der Flüssigkeit in Kontakt zu sein, und auf der anderen
Seite des Kanals einen elektrisch isolierenden Düsenkörper (8, 108) aufweist, in den
die zweite Elektrode (12, 112) angrenzend an die erste Elektrode eingebettet ist,
so dass die Stärke des elektrostatischen Feldes an dem oder jedem vorspringenden Ende
maximiert ist.
2. Vorrichtung (1, 101) nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Kanal (14, 114) von einem ersten und einem zweiten elektrisch isolierenden Düsenkörper
(3, 103 und 8, 108) begrenzt wird, die einander gegenüberliegend angebracht sind und
jeweils eine erste bzw. zweite Elektrode (7, 107 und 12, 112) in profilierten Bereichen
dieser Körper umfassen, die an der Sprühöffnung (15, 115) enden, wobei die erste Elektrode
sich über eine erste Wand (6, 103b) innerhalb des Kanals erstreckt, die den profilierten
Bereich des ersten Körpers definiert, und über diese Wand hinaus mit dem bzw. jeden
vorspringenden Ende (7a, 107a) in diesem Kanal endet, und wobei die zweite Elektrode
an eine zweite Wand (11, 108b) außerhalb des Kanals angrenzt, die den profilierten
Bereich des zweiten Körpers definiert.
3. Vorrichtung (1, 101) nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass das bzw. jedes vorspringende Ende (7a, 107a) einen Hauptkrümmungsradius zwischen
5 µm und 15 µm aufweist und vorzugsweise in Form einer Spitze vorliegt, wobei die
Sprühöffnung (15, 115) eine kleinere Querabmessung zwischen 100 µm und 500 µm aufweist.
4. Vorrichtung (1, 101) nach einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die erste Elektrode (7, 107) im Längsschnitt insgesamt geradlinig ist, wobei die
zweite Elektrode (12, 112) eine konvexe Außenfläche hat, die im Längsschnitt vorzugsweise
elliptisch oder kreisförmig ist, so dass die Stärke des elektrostatischen Feldes in
dieser Fläche minimiert ist.
5. Vorrichtung (1, 101) nach Anspruch 2 und einem der Ansprüche 3 und 4, wobei diese
Vorrichtung dazu geeignet ist, einen Kraftstoff als Flüssigkeit (2) zu versprühen,
dadurch gekennzeichnet, dass der erste Düsenkörper (3, 103) eine relative Dielektrizitätskonstante εr kleiner oder gleich 10 aufweist und dass der zweite Düsenkörper (8, 108) eine relative
Dielektrizitätskonstante εr gleich oder größer als 2 aufweist, so dass die Stärke des elektrostatischen Feldes
benachbart zur ersten Elektrode (7, 107) weiter maximiert ist, und dass vorzugsweise
diese Vorrichtung dazu geeignet ist, das lokale elektrostatische Feld mit einer Stärke
über 1 MV/cm an dem bzw. jedem vorspringenden Ende (7a, 107a) zu erzeugen, wenn eine
Wechselspannung zwischen der ersten und der zweiten Elektrode (7, 107 und 12, 112)
angelegt wird.
6. Vorrichtung (1) nach einem der vorangehenden Ansprüche, wobei diese Vorrichtung dazu
geeignet ist, einen Brennstoff als Flüssigkeit (2) in Form einer Schicht zu zerstäuben,
dadurch gekennzeichnet, dass sie ferner Einrichtungen zum Zuführen von zumindest einer Gasströmung (5, 10), wie
etwa einen Luftstrahl, hinter die Sprühöffnung (15) enthält, so dass das Zerstäuben
des von dieser Vorrichtung versprühten Brennstoffs optimiert wird.
7. Vorrichtung (101) nach einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Kanal (114) einen im Wesentlichen rechteckförmigen Querschnitt aufweist, so dass
die Flüssigkeit in Form einer flachen Schicht versprüht wird, wobei die erste Elektrode
(107) insgesamt die Form eines flachen Stegs aufweist und die zweite Elektrode (112)
eine stabförmige Geometrie hat, wobei im Querschnitt betrachtet jede Elektrode unabhängig
durchgehend oder unterbrochen ausgeführt ist.
8. Vorrichtung (101) nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass der Kanal (14) einen im Wesentlichen ringförmigen Querschnitt aufweist, so dass die
Flüssigkeit (2) in Form einer rotationssymmetrischen Schicht versprüht wird, wobei
die erste Elektrode (7) eine im Wesentlichen konische Form aufweist, die zu dem bzw.
jedem vorspringenden Ende (7a) hin divergiert, und die zweite Elektrode (12) eine
im Wesentlichen torische Form aufweist, die die erste Elektrode konzentrisch umgibt,
wobei im Querschnitt betrachtet jede Elektrode unabhängig durchgehend oder unterbrochen
ausgeführt ist.
9. Vorrichtung (1) nach den Ansprüchen 2, 6 und 8, dadurch gekennzeichnet, dass der erste Düsenkörper (3) radial innerhalb des zweiten Düsenkörpers (8) liegt, der
diesen konzentrisch umgibt, so dass die erste und die zweite Wand (6 und 11) divergierend
bzw. konvergierend in Richtung des Kanals (14) verlaufen, und dass die Einrichtungen
zum Zuführen der Gasströmungen (5, 10) radial innerhalb dieses ersten Körpers und
radial außerhalb dieses zweiten Körpers liegen.
10. Vorrichtung nach einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass sie eine elektro-hydrodynamische Pumpe für einen drehteilfreien Wärmetauscher bildet,
der beispielweise dazu bestimmt ist, in einem Luft- oder Raumfahrzeug mit Verbrennungsmotor
montiert zu werden.
11. Injektor für einen Kraftstoff (2), der elektrisch isolierend sein kann, für einen
Brennraum eines Verbrennungsmotors eines Land-, Luft- oder Raumfahrzeugs, insbesondere
für ein Flugzeug-Strahltriebwerk, dadurch gekennzeichnet, dass er eine Vorrichtung (1) zum schichtförmigen Zerstäuben dieses Kraftstoffs nach einem
der Ansprüche 1 bis 9 und vorzugsweise nach Anspruch 9 enthält.
12. Verwendung einer Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 9 zum Zerstäuben einer
Flüssigkeit, ausgewählt aus der Gruppe umfassend Wärmeträgerflüssigkeiten, Kühlschmierstofföl
für Werkzeugmaschinen und Reinigungsflüssigkeiten für verschmutze Flächen.
13. Verfahren zum zumindest durch elektrostatische Kräfte erfolgenden und insbesondere
schichtförmigen Versprühen einer Flüssigkeit (2), die elektrisch isolierend sein kann,
wie etwa eines Kraftstoffs, indem diese zerstäubt wird bzw. deren Schwingungsausschlag
gesteuert wird, dadurch gekennzeichnet, dass es darin besteht, eine Vorrichtung (1, 101) nach einem der Ansprüche 1 bis 10 zu
verwenden, indem zwischen der ersten und der zweiten Elektrode (7, 107 und 12, 112)
ein Wechselspannungssignal angelegt wird, dessen Amplitude vorzugsweise mehrere kV
beträgt, um ein lokales elektrostatisches Feld an dem bzw. jedem vorspringenden Ende
(7a, 107a) mit einer Stärke von über 1 MV/cm zu erhalten, wobei die elektrischen Ladungen
so direkt in die Flüssigkeit eingeleitet werden, welche die Vorrichtung an diesem
Ende verlässt.
14. Verfahren nach Anspruch 13, dadurch gekennzeichnet, dass zum Zerstäuben dieser Flüssigkeit (2) eine Frequenz dieses Signals von zumindest
1 kHz verwendet wird, wobei dieses Signal vorzugsweise quadratisch ist und eine Frequenz
vorzugsweise gleich oder mehr als 2 kHz hat, oder dass zum Steuern des Schwingungsausschlags
dieser Flüssigkeit (2), ohne diese zu zerstäuben, eine Frequenz dieses Signals zwischen
5 Hz und 100 Hz verwendet wird, wobei dieses Signals vorzugsweise sinusförmig oder
dreieckförmig ist und die Frequenz im Wesentlichen gleich 50 Hz ist.
15. Verfahren nach Anspruch 13, dadurch gekennzeichnet, dass die Flüssigkeit (2) in dem Kanal (14, 114) mit einer Geschwindigkeit zwischen 0,5
m/s und 2 m/s in Bewegung versetzt wird und dass eine im Wesentlichen flache oder
rotationssymmetrische Schicht für die versprühte Flüssigkeit mit einer Dicke zwischen
200 µm und 500 µm erhalten wird, indem vorzugsweise ferner zumindest eine Gasströmung
(5, 10), wie etwa ein Luftstrahl, hinter der Sprühöffnung (15) mit einer Geschwindigkeit
beispielsweise zwischen 30 m/s und 200 m/s zugeführt wird, um das Zerstäuben des von
der Vorrichtung (1, 101) versprühten Kraftstoffs zu optimieren.
1. A device for spraying (1,101), in particular in the form of a sheet, a liquid (2)
that can be electrically insulating at least through electrostatic forces, the device
being designed to atomize this liquid or to control the beat of the oscillations thereof,
this device comprising a nozzle which forms a channel for feeding (14,114) the liquid
to at least one orifice for spraying (15,115) said liquid out of the device and which
incorporates, in proximity to this orifice, a first electrode and a second electrode
(7,107 and 12,112) configured to inject electric charges into the liquid, characterized in that the edge of this orifice comprises, on one side of the channel, at least one protruding
end (7a,107a) of the first electrode which protrudes into this channel and which is
configured to be in contact with the liquid and, on another side of the channel, an
electrically insulating nozzle body (8,108) in which the second electrode (12,112)
is embedded adjacent to the first electrode, so that the intensity of the electrostatic
field at said or each protruding end is maximized.
2. The device (1,101) according to claim 1, wherein said channel (14,114) is delimited
by a first and a second electrically insulating nozzle bodies (3,103 and 8,108) which
are mounted facing one another and which respectively incorporate said first and second
electrodes (7,107 and 12,112) in profiled regions of these bodies ending at said spraying
orifice (5,115), the first electrode extending on a first wall (6, 103b) inside said
channel defining the profiled region of the first body and ending beyond this wall
by said or each end protruding(7a,107) into the channel, and the second electrode
being adjacent to a second wall (11,108b) outside the channel defining the profiled
region of the second body.
3. The device (1,101) according to claim 1 or 2, wherein said or each protruding end
(7a,107) has a main radius of curvature of between 5 µm and 15 µm and is preferably
pointed, said spraying orifice (15,115) having a smaller transversal dimension of
between 100 µm and 500 µm.
4. The device (1,101) according to any of preceding claims, wherein said first electrode
(7,107) is overall rectilinear in longitudinal section, said second electrode (12,112)
having a convex outer surface which is preferably elliptical or circular in longitudinal
section so as to minimize the intensity of the electrostatic field at this surface.
5. The device (1,101) according to claim 2 and any of claims 3 and 4, this device being
suitable for spraying a fuel as liquid (2), wherein said first nozzle body (3,103)
has a relative permittivity εr less than or equal to 10, and in that said second nozzle body (8,108) has a relative
permittivity εr equal to or greater than 2, so as to further maximize the intensity of the electrostatic
field in the vicinity of said first electrode (7,107), and preferably wherein said
device is capable of generating said local electrostatic field with an intensity greater
than 1 MV/cm at said or each protruding end (7a,107a) when an alternating voltage
is applied between said first and second electrodes (7,107 and 12,112).
6. The device (1) according to any of preceding claims, this device being suitable for
atomizing a fuel as liquid (2) in the form of a sheet, wherein it also comprises means
for feeding at least one gaseous flow (5,10), such as a jet of air, downstream of
said spraying orifice (15) so as to optimize the atomization of the fuel sprayed by
the device.
7. The device (101) according to any of preceding claims, wherein said channel (114)
has a substantially rectangular transversal section so as to spray the liquid in the
form of a flat sheet, said first electrode (107) having overall the form of a flat
plate and said second (112) electrode having a bar-shaped geometry, each electrode
being independently continuous or discontinuous seen in transversal section.
8. The device (1) according to any of claims 1 to 6, wherein said channel (14) has an
overall annular transversal section so as to spray the liquid (2) in the form of a
sheet with symmetry of revolution, said first electrode (7) having a substantially
divergent tapered form toward said or each protruding end (7a) and said second electrode
(12) having a substantially toroidal form concentrically surrounding the first electrode,
each electrode being independently continuous or discontinuous seen in transversal
section.
9. The device (1) according to any of claims 2, 6 and 8, wherein said first nozzle body
(3) is situated radially inside said second nozzle body (8) which surrounds it concentrically
so that said first and second walls (6 and 11) are respectively divergent and convergent
toward said channel (14), and in that said means for feeding the gaseous flows (5,10)
are located radially inside this first body and radially outside this second body.
10. The device according to any of preceding claims, wherein it forms an electro-hydrodynamic
pump for a heat exchanger with no rotating parts, for example intended to equip an
air or space vehicle with heat engine.
11. An injector of a fuel (2) that can be electrically insulating for a combustion chamber
of a heat engine of a land, airborne or space vehicle, in particular for an airplane
jet engine, wherein it comprises a device suitable for atomizing this fuel in the
form of a sheet according to any of claims 1 to 9 and, preferably according claim
9.
12. The use of a device according to any of claims 1 to 9 for atomizing a liquid chosen
from the group consisting of heat-transfer liquids, cutting oils for machine tools
and liquids for cleaning soiled surfaces.
13. A method for spraying, at least by electrostatic forces and in particular in sheet
form, a liquid (2) that can be electrically insulating, such as a fuel, by atomizing
it or by controlling the beat of the oscillations thereof, wherein it consists in
using a device according to any of claims 1 to 10 by applying, between said first
and second electrodes (7,107 and 12,112), an alternating voltage signal, the amplitude
of which is preferably several kV, to obtain a local electrostatic field at said or
each protruding end (7a,107a) with an intensity greater than 1 MV/cm, electrical charges
thus being directly injected into the liquid leaving the device at this end.
14. The method according to claim 13, wherein, to atomize this liquid, a frequency of
this signal at least equal to 1 kHz is used, this signal preferably being square and
preferably having a frequency equal to or greater than 2 kHz, or wherein to control
the beat of the oscillations of this liquid without atomizing it, a frequency of this
signal of between 5 Hz and 100 Hz is used, this signal preferably being of sinusoidal
or triangular type and with a frequency substantially equal to 50 Hz.
15. The method according to claim 13, wherein, liquid (2) is set in motion in said channel
(4,14) with a speed of between 0.5 m/s and 2 m/s, and in that a sheet that is substantially
flat or with symmetry of revolution for the sprayed liquid with a thickness of between
200 µm and 500 µm is obtained, preferably by also feeding at least one gaseous flow
(5,10), such as a jet of air, downstream of said spraying orifice (15) and at a speed
for example of between 30 m/s and 200 m/s, to optimize the atomization of the fuel
sprayed by the device (1,101).