[0001] La présente invention concerne un procédé de fabrication d'un acier martensitique
inoxydable comportant une étape de refusion sous laitier d'un lingot de cet acier
puis une étape de refroidissement de ce lingot.
[0002] Dans la présente invention, les pourcentages de composition sont des pourcentages
massiques, à moins qu'il en soit précisé autrement.
[0003] Un acier martensitique inoxydable est un acier dont la teneur en chrome est supérieure
à 10,5%, et dont la structure est essentiellement martensitique.
[0004] Il est important que la tenue en fatigue d'un tel acier soit la plus élevée possible,
afin que la durée de vie de pièces élaborées à partir de cet acier soit maximale.
[0005] Pour cela, on cherche à augmenter la propreté inclusionnaire de l'acier, c'est-à-dire
à diminuer la quantité d'inclusions indésirables (certaines phases alliées, oxydes,
carbures, composés intermétalliques) présentes dans l'acier. En effet, ces inclusions
agissent comme des sites d'amorces de fissures qui conduisent, sous sollicitation
cyclique, à une ruine prématurée de l'acier.
EP0577997A1 décrit un procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable comportant une
étape de refusion sous laitier d'un lingot dudit acier puis une étape de refroidissement
dudit lingot et puis une étape de traitement thermique.
[0006] Expérimentalement, on observe une dispersion importante des résultats d'essais en
fatigue sur des éprouvettes de test de cet acier, c'est-à-dire que pour chaque niveau
de sollicitation en fatigue à déformation imposée, la durée de vie (correspondant
au nombre de cycles conduisant à la rupture d'une éprouvette de fatigue dans cet acier)
varie sur une plage large. Les inclusions sont responsables des valeurs minimales,
dans le sens statistique, de durée de vie en fatigue de l'acier (valeurs basses de
la plage).
[0007] Pour diminuer cette dispersion de la tenue en fatigue, c'est-à-dire remonter ces
valeurs basses, et également augmenter sa valeur moyenne en tenue à la fatigue, il
est nécessaire d'augmenter la propreté inclusionnaire de l'acier. On connaît la technique
de refusion sous laitier, ou ESR (Electro Slag Refusion). Dans cette technique, on
place le lingot en acier dans un creuset dans lequel on a versé un laitier (mélange
minéral, par exemple chaux, fluorures, magnésie, alumine, spath) de telle sorte que
l'extrémité inférieure du lingot trempe dans le laitier. Puis on fait passer un courant
électrique dans le lingot, qui sert d'électrode. Ce courant est suffisamment élevé
pour chauffer et liquéfier le laitier et pour chauffer l'extrémité inférieure de l'électrode
d'acier. L'extrémité inférieure de cette électrode étant en contact avec le laitier,
fond et traverse le laitier sous forme de fines gouttelettes, pour se solidifier en
dessous de la couche de laitier qui surnage, en un nouveau lingot qui croît ainsi
progressivement. Le laitier agit, entre autres comme un filtre qui extrait les inclusions
des gouttelettes d'acier, de telle sorte que l'acier de ce nouveau lingot situé en
dessous de la couche de laitier contient moins d'inclusions que le lingot initial
(électrode). Cette opération s'effectue à la pression atmosphérique et à l'air.
[0008] Bien que la technique de l'ESR permette de réduire la dispersion de la tenue en fatigue
dans le cas des aciers martensitiques inoxydables par élimination des inclusions,
cette dispersion en terme de durée de vie des pièces reste néanmoins encore trop importante.
[0009] Des contrôles non-destructifs par ultrasons, effectués par les inventeurs, ont montré
que ces aciers ne comportaient pratiquement pas de défauts hydrogènes connus (flocons).
[0010] La dispersion des résultats de tenue en fatigue, spécifiquement les valeurs basses
de la plage de résultats, est donc due à un autre mécanisme indésirable d'amorçage
prématuré de fissures dans l'acier, qui conduit à sa rupture prématurée en fatigue.
[0011] La présente invention vise à proposer un procédé de fabrication qui permette de remonter
ces valeurs basses, et donc de réduire la dispersion de la tenue en fatigue des aciers
martensitiques inoxydables, et également d'augmenter sa valeur moyenne en tenue à
la fatigue.
[0012] Ce but est atteint grâce au fait que le lingot issu de la refusion sous laitier est,
avant que la température de peau de ce lingot soit inférieure à la température de
transformation martensitique Ms de l'acier, placé dans un four dont la température
initiale T
0 est alors supérieure à la température de fin de transformation perlitique en refroidissement
Ar1 dudit acier, ce lingot étant soumis dans ce four à un traitement d'homogénéisation
pendant au moins un temps de maintien t après que la température du point le plus
froid du lingot a atteint une température d'homogénéisation T, ce temps de maintien
t étant égal à au moins une heure, et la température d'homogénéisation T variant entre
environ 900°C et la température de brûlure de l'acier.
[0013] Grâce à ces dispositions, on diminue la formation de phases gazeuses de taille microscopique
(non détectables par les moyens de contrôle non destructifs industriels) et constituées
d'éléments légers au sein de l'acier, et on évite donc l'amorce prématurée de fissures
à partir de ces phases microscopiques qui conduit à la ruine prématurée de l'acier
en fatigue.
[0014] L'invention sera bien comprise et ses avantages apparaîtront mieux, à la lecture
de la description détaillée qui suit, d'un mode de réalisation représenté à titre
d'exemple non limitatif. La description se réfère aux dessins annexés sur lesquels
:
- la figure 1 compare des courbes de durée de vie en fatigue pour un acier selon l'invention
et un acier selon l'art antérieur,
- la figure 2 montre une courbe de sollicitation en fatigue,
- la figure 3 est un schéma illustrant les dendrites et les régions interdendritiques,
- la figure 4 est une photographie prise au microscope électronique d'une surface de
fracture après fatigue, montrant la phase gazeuse ayant initié cette fracture.
- la figure 5 montre schématiquement des courbes de refroidissement sur un diagramme
temps-température pour une région plus riche en éléments alphagènes et moins riche
en élément gammagènes,
- la figure 6 montre schématiquement des courbes de refroidissement sur un diagramme
temps-température pour une région moins riche en éléments alphagènes et plus riche
en élément gammagènes.
[0015] Au cours du processus d'ESR, l'acier qui a été filtré par le laitier se refroidit
et se solidifie progressivement pour former un lingot. Cette solidification intervient
pendant le refroidissement et s'effectue par croissance de dendrites 10, comme illustré
en figure 3. En accord avec le diagramme de phases des aciers martensitiques inoxydables,
les dendrites 10, correspondant aux premiers grains solidifiés sont par définition
plus riches en éléments alphagènes tandis que les régions interdendritiques 20 sont
plus riches en éléments gammagènes (application de la règle connue des segments sur
le diagramme de phases). Un élément alphagène est un élément qui favorise une structure
de type ferritique (structures plus stables à basse température : bainite, ferrite-perlite,
martensite). Un élément gammagène est un élément qui favorise une structure austénitique
(structure stable à haute température). Il se produit donc une ségrégation entre dendrites
10 et régions interdendritiques 20.
[0016] Cette ségrégation locale de composition chimique se conserve ensuite tout le long
de la fabrication, même pendant les opérations ultérieures de mise en forme à chaud.
Cette ségrégation se retrouve donc aussi bien sur le lingot brut de solidification
que sur le lingot déformé ultérieurement.
[0017] Les inventeurs ont pu montrer que les résultats dépendent du diamètre du lingot issu
directement du creuset ESR ou du lingot après déformation à chaud. Cette observation
peut s'expliquer par le fait que les vitesses de refroidissement décroissent avec
un diamètre croissant. Les figures 5 et 6 illustrent différents scénarii qui peuvent
se produire.
[0018] La figure 5 est un diagramme température (T) - temps (t) connu pour une région plus
riche en éléments alphagènes et moins riche en éléments gammagènes, telle que les
dendrites 10. Les courbes D et F marquent le début et la fin de la transformation
d'austénite (région A) en structure ferrito-perlitique (région FP). Cette transformation
s'effectue, partiellement ou pleinement, lorsque la courbe de refroidissement que
suit le lingot passe respectivement dans la région entre les courbes D et F ou dans
la région FP. Elle ne s'effectue pas lorsque la courbe de refroidissement se situe
entièrement dans la région A.
[0019] La figure 6 est un diagramme équivalent pour une région plus riche en éléments gammagènes
et moins riche en éléments alphagènes, telle que les régions interdendritiques 20.
On note que par rapport à la figure 5, les courbes D et F sont décalées vers la droite,
c'est-à-dire qu'il faudra refroidir plus lentement le lingot pour obtenir un structure
ferrito-perlitique.
[0020] Chacune des figures 5 et 6 montre trois courbes de refroidissement depuis une température
austénitique, correspondant à trois vitesses de refroidissement : rapide (courbe C1),
moyenne (courbe C2), lente (courbe C3).
[0021] Au cours du refroidissement, la température commence à décroître depuis une température
austénitique. A l'air, pour les diamètres concernés dans notre cas, les vitesses de
refroidissement de la surface et du coeur du lingot sont très proches. La seule différence
vient du fait que la température en surface est plus faible que celle du coeur car
la surface a été la première à se refroidir par rapport au coeur.
[0022] Dans le cas des refroidissements plus rapide qu'un refroidissement rapide (courbe
C1) (figures 5 et 6), les transformations ferrito-perlitiques ne se font pas.
[0023] Dans le cas d'un refroidissement rapide selon la courbe C1, les transformations ne
sont que partielles, uniquement dans les dendrites (Figure 5).
[0024] Dans le cas d'un refroidissement moyen selon la courbe C2, les transformations ne
sont que partielles dans les espaces interdendritiques 20 (Figure 6) et quasi-complètes
dans les dendrites 10 (Figure 5).
[0025] Dans le cas d'un refroidissement lent selon la courbe C3 et de refroidissements encore
plus lents, les transformations sont quasiment complètes à la fois dans les espaces
interdendritiques 20 et dans les dendrites 10.
[0026] Dans le cas de refroidissements rapide (C1) ou moyen (C2), il y a cohabitation plus
ou moins marquée entre des régions ferritiques et des régions austénitiques.
[0027] En effet, une fois la matière solidifiée, les dendrites 10 se transforment en premier
en structures ferritiques au cours du refroidissement (en traversant les courbes D
et F de la figure 5). Tandis que les régions interdendritiques 20 soit ne se transforment
pas (cas du refroidissement rapide selon la courbe C1) soit se transforment ultérieurement,
en tout ou partie (cas des refroidissements moyen selon la courbe C2 ou lent selon
la courbe C3), à des températures inférieures (voir figure 6).
[0028] Les régions interdendritiques 20 conservent donc plus longtemps une structure austénitique.
[0029] Durant ce refroidissement à l'état solide, localement, il y a une hétérogénéité structurale
avec cohabitation de microstructure austénitique et de type ferritique. Dans ces conditions,
les éléments légers (H, N, O), qui sont davantage solubles dans l'austénite que dans
les structures ferritiques, ont donc tendance à se concentrer dans les régions interdendritiques
20. Cette concentration est augmentée par la teneur plus élevée en éléments gammagènes
dans les régions interdendritiques 20. Aux températures inférieures à 300°C, les éléments
légers ne diffusent plus qu'à des vitesses extrêmement faibles et restent piégés dans
leur région. Après transformation en structure ferritique, totale à partielle, des
zones interdendritiques 20, la limite de solubilité de ces phases gazeuses est atteinte
dans certaines conditions de concentration et ces phases gazeuses forment des poches
de gaz (ou d'une substance dans un état physique permettant une grande malléabilité
et incompressibilité).
[0030] Pendant la phase de refroidissement, plus le lingot en sortie d'ESR (ou le lingot
ultérieurement déformé) a un diamètre important (ou, plus généralement, plus la dimension
maximale du lingot est importante) ou plus la vitesse de refroidissement du lingot
est faible, plus les éléments légers sont aptes à diffuser des dendrites 10 de structure
ferritique vers les régions interdendritiques 20 de structure tout ou partie austénitique
et à s'y concentrer pendant la période de cohabitation des structures ferritiques
et austénitiques. Le risque que la solubilité en ces éléments légers soit dépassée
localement dans les régions interdendritiques est accentué. Lorsque la concentration
en éléments légers dépasse cette solubilité, il apparaît alors au sein de l'acier
des poches gazeuses microscopiques contenant ces éléments légers.
[0031] De plus, durant la fin de refroidissement, l'austénite des régions interdendritiques
a tendance à se transformer localement en martensite lorsque la température de l'acier
passe en dessous de la température de transformation martensitique Ms, qui se situe
légèrement au dessus de la température ambiante (Figures 5 et 6). Or la martensite
a un seuil de solubilité en éléments légers encore plus faible que les autres structures
métallurgiques et que l'austénite. Il apparaît donc davantage de phases gazeuses microscopiques
au sein de l'acier durant cette transformation martensitique.
[0032] Au cours des déformations ultérieures que subit l'acier durant des mises en forme
à chaud (par exemple forgeage), ces phases s'aplatissent en forme de feuille.
[0033] Sous une sollicitation en fatigue, ces feuilles agissent comme des sites de concentration
de contraintes, qui sont responsables de l'amorce prématurée de fissures en réduisant
l'énergie nécessaire à l'amorçage de fissures. Il se produit ainsi une ruine prématurée
de l'acier, qui correspond aux valeurs basses des résultats de tenue en fatigue.
[0034] Ces conclusions sont corroborées par les observations des inventeurs, comme le montre
la photographie au microscope électronique de la figure 4.
[0035] Sur cette photographie d'une surface de fracture d'un acier martensitique inoxydable,
on distingue une zone sensiblement globulaire P d'où rayonnent des fissures F. Cette
zone P est l'empreinte de la phase gazeuse constituée des éléments légers, et qui
est à l'origine de la formation de ces fissures F qui, en se propageant et en s'agglomérant,
ont créé une zone de fracture macroscopique.
[0036] Les inventeurs ont réalisé des essais sur des aciers martensitiques inoxydables,
et ont trouvé que lorsqu'on réalise, immédiatement après l'étape d'ESR, un traitement
d'homogénéisation particulier sur le lingot sorti du creuset d'ESR, on diminue la
formation de phases gazeuses d'éléments légers.
[0037] En effet, par diffusion des éléments d'alliage des zones à forte concentration vers
les zones à faible concentration, on permet une réduction de l'intensité des ségrégations
en éléments alphagènes dans les dendrites 10, et une réduction de l'intensité des
ségrégations en éléments gammagènes dans les régions interdendritiques 20. La réduction
de l'intensité des ségrégations en ces éléments gammagènes a les conséquences suivantes
: un moindre décalage vers la droite des courbes D et F de transformation en structure
ferrito-perlitique (Figure 6), une moindre différence structurale entre les dendrites
10 et les régions interdendritiques 20, et une moindre différence de solubilité en
éléments légers (H, N, O) entre les dendrites et les régions interdendritiques, permettant
une meilleure homogénéité en terme de structure (moins de cohabitation de structures
austénitiques et ferritiques) et de composition chimique y compris les éléments légers.
[0038] En outre, le traitement d'homogénéisation entraîne aussi une homogénéisation de la
température de transformation martensitique Ms.
[0039] Quand la température de l'acier est à une température supérieure à 300°C, la diffusion
des éléments d'alliage est loin d'être négligeable. De plus, si le gradient de température
permet d'avoir une surface plus chaude que le centre du lingot, ce que les conditions
de reprise proposées par les inventeurs permettent, les éléments légers diffusent
vers la surface, ce qui réduit leur teneur globale dans l'acier.
[0040] En ce qui concerne les particularités du traitement d'homogénéisation, les inventeurs
ont trouvé que des résultats satisfaisants sont obtenus lorsque le lingot est soumis
dans ce four à un traitement d'homogénéisation pendant un temps de maintien t après
que la température du point le plus froid de ce lingot a atteint une température d'homogénéisation
T, ce temps t étant égal à au moins une heure, et la température d'homogénéisation
T variant entre une température T
min et la température de brûlure de cet acier.
[0041] La température T
min est environ égale à 900°C. La température de brûlure d'un acier est définie comme
la température à l'état brut de solidification à laquelle les joints de grains dans
l'acier se transforment (voire se liquéfient), et est supérieure à T
min. Ce temps t de maintien de l'acier dans le four varie donc inversement à cette température
d'homogénéisation T.
[0042] Par exemple, dans le cas d'un acier martensitique inoxydable Z12CNDV12 (norme AFNOR)
utilisé par les inventeurs dans les essais, la température d'homogénéisation T est
950°C, et le temps de maintien t correspondant est égal à 70 heures. Lorsque la température
d'homogénéisation T est de 1250°C qui est légèrement inférieure à la température de
brûlure, alors le temps de maintien t correspondant est égal à 10 heures.
[0043] Par exemple, la température d'homogénéisation T est choisie dans une plage choisie
dans le groupe comprenant les plages suivantes : 950°C à 1270°C, 980°C à 1250°C, 1000°C
à 1200°C.
[0044] Par exemple, le temps de maintien minimal t est choisie dans une plage choisie dans
le groupe comprenant les plages suivantes : 1 heure à 70 heures, 10 heures à 30 heures,
30 heures à 150 heures.
[0045] Par ailleurs, les inventeurs ont trouvé que des résultats satisfaisants sont obtenus
lorsque le lingot en sortie du creuset d'ESR est placé dans un four dont la température
initiale T
0 est supérieure à la température de fin de transformation perlitique en refroidissement
Ar1 de cet acier, et lorsque la température de peau de ce lingot reste supérieure
à la température de transformation martensitique Ms de cet acier.
[0046] Dans le cas où la température initiale T
0 du four est inférieure à la température d'homogénéisation T, la température du four
est, après que le lingot ait été placé dans ce four, augmentée jusqu'à une température
au moins égale à la température d'homogénéisation. Ainsi, pendant cette remontée en
température, on tend vers une structure austénitique homogène, ceci afin d'homogénéiser
la teneur en hydrogène, et on tend vers un gradient croissant de température du centre
de la pièce vers la surface. La température au centre du lingot reste donc plus faible
que la température de peau du lingot pendant toute la remontée en température. On
permet ainsi un dégazage global et plus efficace du lingot.
[0047] Alternativement, la température initiale T
0 du four peut être supérieure à la température d'homogénéisation, auquel cas la température
du four est simplement maintenue au dessus de cette température d'homogénéisation.
[0048] Les inventeurs ont constaté que le traitement d'homogénéisation était spécialement
nécessaire lorsque :
- La dimension maximale du lingot est inférieure à environ 910 mm, et la teneur en H
du lingot avant refusion sous laitier est supérieure à 10 ppm, et
- La dimension maximale du lingot est supérieure à environ 910 mm et la dimension minimale
du lingot est inférieure à environ 1500 mm, et la teneur en H du lingot avant refusion
sous laitier est supérieure à 3 ppm, et
- La dimension minimale du lingot est supérieure à 1500 mm et la teneur en H du lingot
avant refusion sous laitier est supérieure à 10 ppm.
[0049] La dimension maximale du lingot est celle des mesures dans sa partie la plus massive,
et la dimension minimale du lingot est celle des mesures dans sa partie la moins massive
:
- immédiatement après refusion sous laitier lorsque le lingot ne subit pas de mise en
forme à chaud avant son refroidissement ultérieur.
- Lorsque le lingot subit une mise en forme à chaud après refusion sous laitier, juste
avant son refroidissement ultérieur.
[0050] Comme indiqué ci-dessus, les inventeurs ont constaté que les concentrations en éléments
légers peuvent être plus importantes (supérieures à 10 ppm) quand la dimension minimale
du lingot ou du lingot déformé est supérieure à un seuil important de dimension (en
l'espèce 1500 mm). L'explication de l'existence d'un seuil élevé (1500 mm) pour la
dimension minimale du lingot est la suivante : lorsque la dimension minimale du lingot
est supérieure à ce seuil, on se rapproche du cas du refroidissement lent (courbe
C3) dans lequel il n'y a quasiment plus de différence structurale entre les dendrites
et les régions interdendritiques au cours du refroidissement. De plus, la vitesse
de refroidissement est suffisamment faible pour que la température soit sensiblement
homogène entre le coeur la peau du lingot, donc pour que la diffusion des éléments
légers vers la surface soit facilitée, ce qui permet un dégazage plus important. En
revanche, lorsque la dimension minimale du lingot est inférieure à ce seuil, le coeur
du lingot est, pendant le refroidissement, nettement plus chaud que sa surface, ce
qui privilégie une diffusion des éléments légers vers le coeur et freine le dégazage.
[0051] Par ailleurs, il est préférable que le laitier soit préalablement déshydraté avant
son utilisation dans le creuset d'ESR, car on minimise ainsi la quantité d'hydrogène
présente dans le laitier, et donc on minimise la quantité d'hydrogène qui pourrait
passer du laitier au lingot durant le procédé d'ESR.
[0052] Les inventeurs ont réalisés des essais sur des aciers Z12CNDV12 élaborés avec le
procédé selon l'invention, c'est-à-dire avec une homogénéisation effectuée immédiatement
après la sortie du lingot du creuset d'ESR selon les paramètres suivants :
Essai n°1 : Température en peau du lingot à 250°C, mise au four à 400°C, montée du
four à la température d'homogénéisation de 1250°C, maintien métallurgique (dès que
la température la plus froide du lingot atteint la température d'homogénéisation)
de 75h, refroidissement jusqu'à la température ambiante.
Essai n°2 : Température en peau du lingot à 600°C, mise au four à 450°C, montée du
four à la température d'homogénéisation de 1000°C, maintien métallurgique (dès que
la température la plus froide du lingot atteint la température d'homogénéisation)
de 120h, refroidissement jusqu'à la température ambiante.
[0053] Les résultats de ces essais sont présentés ci-dessous.
[0054] La composition des aciers Z12CNDV12 est la suivante (norme DMD0242-20 indice E) :
C (0,10 à 0,17%) - Si (<0,30%) - Mn (0,5 à 0,9%) - Cr (11 à 12,5%) - Ni (2 à 3%) -
Mo (1,50 à 2,00%) - V (0,25 à 0,40%) - N
2 (0,010 à 0,050%) - Cu (<0,5%) - S (<0,015%) - P (<0,025%) et satisfaisant le critère
4,5 ≤ (Cr - 40.C - 2.Mn - 4.Ni + 6.Si + 4.Mo + 11.V - 30.N) < 9
[0055] La température de transformation martensitique Ms mesurée est 220°C.
[0056] La quantité d'Hydrogène mesurée sur les lingots avant refusion sous laitier varie
de 3,5 à 8,5ppm.
[0057] La figure 1 montre qualitativement les améliorations apportées par le procédé selon
l'invention. On obtient expérimentalement la valeur du nombre N de cycles à rupture
nécessaire pour rompre une éprouvette en acier soumise à une sollicitation cyclique
en traction en fonction de la pseudo contrainte alternée C (il s'agit de la contrainte
subie par l'éprouvette sous déformation imposée, selon la norme DMC0401 de Snecma
utilisée pour ces essais).
[0058] Une telle sollicitation cyclique est représentée schématiquement en figure 2. La
période T représente un cycle. La contrainte évolue entre une valeur maximale C
max et une valeur minimale C
min.
[0059] En testant en fatigue un nombre statistiquement suffisant d'éprouvettes, les inventeurs
ont obtenu des points N=f(C) à partir desquels ils ont tracé une courbe statistique
moyenne C-N (contrainte C en fonction du nombre N de cycles de fatigue). Les écarts
types sur les contraintes sont ensuite calculés pour un nombre de cycle donné.
[0060] Sur la figure 1, la première courbe 15 (en trait fin) est (schématiquement) la courbe
moyenne obtenue pour un acier élaboré selon l'art antérieur. Cette première courbe
moyenne C-N est entourée par deux courbes 16 et 14 en trait fin pointillé. Ces courbes
16 et 14 sont situées respectivement à une distance de +3 σ
1 et -3 σ
1 de la première courbe 15, σ
1 étant l'écart-type de la distribution des points expérimentaux obtenus lors de ces
essais en fatigue, et ±3σ
1 correspond en statistique à un intervalle de confiance de 99,7%. La distance entre
ces deux courbes 14 et 16 en trait pointillé est donc une mesure de la dispersion
des résultats. La courbe 14 est le facteur limitant pour le dimensionnement d'une
pièce.
[0061] Sur la figure 1, la deuxième courbe 25 (en trait épais) est (schématiquement) la
courbe moyenne obtenue à partir des résultats d'essais en fatigue effectués sur un
acier élaboré selon l'invention sous une sollicitation selon la figure 2. Cette deuxième
courbe moyenne C-N est entourée par deux courbes 26 et 24 en trait épais pointillé,
situées respectivement à une distance de +3 σ
2 et -3 σ
2 de la deuxième courbe 25, σ
2 étant l'écart-type de la distribution des points expérimentaux obtenus lors de ces
essais en fatigue. La courbe 24 est le facteur limitant pour le dimensionnement d'une
pièce.
[0062] On note que la deuxième courbe 25 est située au dessus de la première courbe 15,
ce qui signifie que sous une sollicitation en fatigue à un niveau de contrainte C,
les éprouvettes en acier élaboré selon l'invention se rompent en moyenne à un nombre
N de cycles plus élevé que celui où les éprouvettes en acier selon l'art antérieur
se rompent.
[0063] De plus, la distance entre les deux courbes 26 et 24 en trait épais pointillé est
plus faible que la distance entre les deux courbes 16 et 14 en trait fin pointillé,
ce qui signifie que la dispersion en tenue à la fatigue de l'acier élaboré selon l'invention
est plus faible que celle d'un acier selon l'art antérieur.
[0064] La figure 1 illustre les résultats expérimentaux résumés dans le tableau 1 ci-dessous.
[0065] Le tableau 1 donne les résultats pour une sollicitation en fatigue oligocyclique
selon la figure 2 avec une contrainte C
min nulle, à une température de 250°C, à N = 20 000 cycles, et N = 50 000 cycles. Une
fatigue oligocyclique signifie que la fréquence de sollicitation est de l'ordre de
1 Hz (la fréquence étant définie comme le nombre de périodes T par seconde).
Tableau 1
| Conditions d'essai en fatigue oligocyclique |
Acier selon l'art antérieur |
Acier élaboré selon l'invention |
| N |
Température |
Cmin |
Dispersion |
Cmin |
Dispersion |
| 2·105 |
200°C |
100%=M |
120% M |
130% M |
44% M |
| 5·104 |
400°C |
100%=M |
143% M |
130% M |
90% M |
[0066] On note que pour une valeur donnée du nombre N de cycles, la valeur minimale de contrainte
en fatigue nécessaire pour rompre un acier selon l'invention est supérieure à la valeur
minimale M de contrainte en fatigue (fixée à 100%) nécessaire pour rompre un acier
selon l'art antérieur. La dispersion (=6 σ) des résultats à ce nombre N de cycles
pour un acier selon l'invention est inférieure à la dispersion des résultats pour
un acier selon l'art antérieur (dispersions exprimées en pourcentage de la valeur
minimale M).
[0067] Avantageusement, la teneur en carbone de l'acier martensitique inoxydable est inférieure
à la teneur en carbone en dessous de laquelle l'acier est hypoeutectoïde, par exemple
une teneur de 0,49%. En effet, une telle teneur faible en carbone permet une meilleure
diffusion des éléments d'alliage et un abaissement des températures de remise en solution
des carbures primaires ou nobles, ce qui entraine une meilleure homogénéisation.
[0068] Par exemple, l'acier martensitique a, avant sa refusion sous laitier, été élaboré
à l'air.
1. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable comportant une étape de
refusion sous laitier d'un lingot dudit acier puis une étape de refroidissement dudit
lingot, caractérisé en ce que le lingot issu de la refusion sous laitier est, avant que la température de peau
dudit lingot soit inférieure à la température de transformation martensitique Ms dudit
acier, placé dans un four dont la température initiale T0 est alors supérieure à la température de fin de transformation perlitique en refroidissement
Ar1 dudit acier, ledit lingot étant soumis dans ce four à un traitement d'homogénéisation
pendant au moins un temps de maintien t après que la température du point le plus
froid dudit lingot a atteint une température d'homogénéisation T, ce temps de maintien
t étant égal à au moins une heure, et la température d'homogénéisation T variant entre
environ 900°C et la température de brûlure dudit acier, et
dans lequel ladite température initiale T0 du four est inférieure à ladite température d'homogénéisation T, la température du
four étant augmentée depuis sa température initiale T0 jusqu'à une température au moins égale à la température d'homogénéisation T.
2. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon la revendication
1, caractérisé en ce que la température d'homogénéisation T appartient à une plage choisie dans le groupe
comprenant les plages suivantes : 950°C à 1270°C, 980°C à 1250°C, 1000°C à 1200°C.
3. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon la revendication
1, caractérisé en ce que temps de maintien t minimal appartient à une plage choisie dans le groupe comprenant
les plages suivantes : 1 heure à 70 heures, 10 heures à 30 heures, 30 heures à 150
heures.
4. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon la revendication
1, caractérisé en ce que le laitier utilisé dans ladite étape de refusion a été préalablement déshydraté.
5. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon la revendication
1, caractérisé en ce que ledit temps de maintien t varie inversement à la variation de ladite température
d'homogénéisation T.
6. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon l'une quelconque
des revendications 1 à 5,
caractérisé en ce qu'il est effectué sur ledit acier dans l'un des cas suivants :
- La dimension maximale dudit lingot avant refroidissement est inférieure à environ
910 mm, et la teneur en H du lingot avant refusion sous laitier est supérieure à 10
ppm,
- La dimension maximale dudit lingot avant refroidissement est supérieure à environ
910 mm et sa dimension minimale inférieure à environ 1500 mm, et la teneur en H du
lingot avant refusion sous laitier est supérieure à 3 ppm.
- La dimension minimale du lingot est supérieure à 1500 mm et la teneur en H du lingot
avant refusion sous laitier est supérieure à 10 ppm.
7. Procédé de fabrication d'un acier martensitique inoxydable selon l'une quelconque
des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la teneur en carbone dudit acier est inférieure à la teneur en carbone en dessous
de laquelle l'acier est hypoeutectoïde.
1. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls, umfassend einen
Schritt des Umschmelzens unter einer Schlacke eines Blocks des Stahls und dann einen
Schritt des Abkühlens des Blocks, dadurch gekennzeichnet, dass der Block, der aus dem Umschmelzen unter Schlacke resultiert, bevor die Manteltemperatur
des Blocks niedriger ist als die martensitische Umwandlungstemperatur Ms des Stahls,
in einen Ofen gebracht wird, dessen Anfangstemperatur T0 dann höher ist als die Endtemperatur der perlitischen Umwandlung bei Abkühlung Ar1
des Stahls, wobei der Block in diesem Ofen einer Homogenisierungsbehandlung für mindestens
eine Haltezeit t unterzogen wird, nachdem die Temperatur des kältesten Punktes des
Blocks eine Homogenisierungstemperatur T erreicht hat, wobei die Haltezeit t mindestens
eine Stunde beträgt und die Homogenisierungstemperatur T zwischen etwa 900 °C und
der Verbrennungstemperatur des Stahls variiert, und
wobei die Anfangstemperatur T0 des Ofens niedriger ist als die Homogenisierungstemperatur T, wobei die Ofentemperatur
von ihrer Anfangstemperatur T0 auf eine Temperatur erhöht wird, die mindestens gleich der Homogenisierungstemperatur
T ist.
2. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass die Homogenisierungstemperatur T zu einem Bereich gehört, der ausgewählt ist aus
der Gruppe, welche die folgenden Bereiche umfasst: 950 °C bis 1270 °C, 980 °C bis
1250 °C, 1000 °C bis 1200 °C.
3. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass die minimale Haltezeit t zu einem Bereich gehört, der ausgewählt ist aus der Gruppe,
welche die folgenden Bereiche umfasst: 1 Stunde bis 70 Stunden, 10 Stunden bis 30
Stunden, 30 Stunden bis 150 Stunden.
4. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass die in dem Schritt des Umschmelzens verwendete Schlacke zuvor dehydriert wurde.
5. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass die Haltezeit t umgekehrt zur Änderung der Homogenisierungstemperatur T variiert.
6. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach einem der Ansprüche
1 bis 5,
dadurch gekennzeichnet, dass es an diesem Stahl in einem der folgenden Fälle ausgeführt wird:
- die maximale Größe des Blocks vor dem Abkühlen beträgt weniger als etwa 910 mm und
der Gehalt an H des Blocks vor dem Umschmelzen unter Schlacke beträgt mehr als 10
ppm,
- die maximale Größe des Blocks vor dem Abkühlen beträgt mehr als etwa 910 mm und
seine minimale Größe weniger als etwa 1500 mm, und der Gehalt an H des Blocks vor
dem Umschmelzen unter Schlacke beträgt mehr als 3 ppm,
- die minimale Größe des Blocks beträgt mehr als 1500 und der Gehalt an H des Blocks
vor dem Umschmelzen unter Schlacke beträgt mehr als 10 ppm.
7. Verfahren zur Herstellung eines rostfreien martensitischen Stahls nach einem der Ansprüche
1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass der Kohlenstoffgehalt des Stahls niedriger ist als der Kohlenstoffgehalt, unterhalb
dessen der Stahl hypoeutektoid ist.
1. A method of fabricating a stainless martensitic steel, comprising a step of electroslag
remelting of an ingot of said steel then a step of cooling said ingot,
characterized in that, before the temperature of the skin of said ingot falls below the martensitic transformation
temperature Ms of the steel, the ingot from electroslag remelting is placed in a furnace
in which the initial temperature T0 is then greater than the pearlite transformation completion temperature on cooling,
Arl, of said steel, said ingot undergoing a homogenization treatment in said furnace
for at least a holding time t after which the temperature of the coldest point of
said ingot has reached a homogenization temperature T, said holding time t being equal to at least one hour, with the homogenization temperature T being in
the range approximately 900°C to the burning temperature of said steel, and
wherein said initial temperature T0 of the furnace is lower than said homogenization temperature T, the temperature of
the furnace being increased from its initial temperature T0 to a temperature at least equal to the homogenization temperature T.
2. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to claim 1, characterized in that the homogenization temperature T is in the range selected from the group comprising
the following ranges: 950°C to 1270°C, 980°C to 1250°C, 1000°C to 1200°C.
3. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to claim 1, characterized in that the minimum holding time is in a range selected from the following ranges: 1 hour
to 70 hours, 10 hours to 30 hours, and 30 hours to 150 hours.
4. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to claim 1, characterized in that the slag used in said remelting step has been dehydrated in advance.
5. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to claim 1, characterized in that said holding time t varies inversely with the variation in said homogenization temperature
T.
6. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to any one of claims
1 to 5,
characterized in that it is carried out on said steel in one of the following circumstances:
• the maximum dimension of said ingot before cooling is less than approximately 910
mm, and the H content of the ingot before electroslag remelting is more than 10 ppm;
• the maximum dimension of said ingot before cooling is more than approximately 910
mm and its minimum dimension is less than approximately 1500 mm, and the H content
of the ingot before electroslag remelting is more than 3 ppm;
• the minimum dimension of the ingot is more than 1500 mm and the H content of the
ingot before electroslag remelting is more than 10 ppm.
7. A method of fabricating a stainless martensitic steel according to any one of claims
1 to 6, characterized in that the carbon content of said steel is less than the carbon content below which the
steel is hypoeutectoid.