[0001] La présente invention concerne les installations de traitement de bandes métalliques
par du métal fondu tels que les installations de galvanisation. Ces installations
comprennent un ou plusieurs bains de métal fondu, tels qu'un bain de zinc fondu, dans
lesquels les bandes métalliques sont plongés. Conformément au processus industriel,
les bandes métalliques circulent en continu dans toute l'installation et en particulier
dans les bains de métal fondu. A cette effet, chaque bain comprend un ou plusieurs
rouleaux partiellement ou totalement immergés dans le bain de manière à guider et
maintenir la bande métallique immergée dans le métal fondu lors de son passage dans
le bain. Les rouleaux habituellement utilisés dans ce type de bain sont en matériau
métallique, par exemple en acier.
[0002] En outre du métal fondu majoritairement utilisé pour le traitement proprement dit,
comme par exemple du zinc, le bain contient d'autres matériaux métalliques qui sont
ajoutés par exemple pour réguler la réaction entre la bande métallique et le bain,
comme c'est le cas de l'aluminium dans un bain de zinc, ou qui proviennent de la bande
elle-même ou des rouleaux et autres pièces immergées dans le bain, comme par exemple
du fer provenant de l'acier de la bande traitée. Ces matériaux supplémentaires réagissent
avec le métal du bain en formant notamment des précipités ou particules solides intermétalliques
telles que des particules de type Fe/ZN, Fe/Al, ou Fe/Al/Zn (Fe
2Al
5Zn) dans le cas d'un bain de zinc. Ces particules, encore appelées «dross» adhèrent
à la surface des rouleaux métalliques présents dans le bain et conduisent à une abrasion
des rouleaux eux-mêmes (de plusieurs millimètres par mois, voire par semaine) nécessitant
le décapage de ces derniers, par exemple à l'acide chlorhydrique, ou leur usinage
lorsque cela est possible. Une telle maintenance implique l'arrêt de l'installation
et, par conséquent, une baisse de productivité de l'installation. En outre, même en
procédant à un usinage et au dépôt d'un revêtement de protection sur le rouleau toutes
les deux semaines environ, la durée de vie des rouleaux n'excède pas en général 2
à 3 mois, ceux-ci devant alors être remplacés.
[0003] Par ailleurs, l'adhérence des particules solides intermétalliques sur la surface
des rouleaux entraîne la formation de défauts sur la bande (« pick-up »), ce qui détériore
sa qualité.
[0004] Or, il existe un besoin de réduire significativement la fréquence des opérations
de maintenance ou de remplacement des rouleaux utilisés dans les bains de métal fondu
des installations de traitement.
Objet et résumé de l'invention
[0005] La présente invention a, par conséquent, pour but de proposer une nouvelle installation
de traitement de bandes métalliques par trempage dans un métal fondu équipée de rouleaux
moins sensibles aux particules solides intermétalliques présentes dans les bains.
[0006] A cet effet, l'invention propose une installation de traitement de bande métalliques
par trempage dans un bain de métal fondu qui comprend au moins un rouleau partiellement
ou totalement immergé dans le bain, le ou les rouleaux comprenant au moins une virole
destinée à être en contact avec la bande métallique à traiter, installation dans laquelle
la virole est en matériau composite formé d'un renfort en fibres de carbone ou céramique
densifié par une matrice au moins partiellement carbone ou céramique.
[0007] La titulaire a observé que des échantillons réalisés avec des matériaux composites
tels que définis ci-dessus ne comportaient pas ou quasiment pas de particules solides
intermétalliques (« dross ») sur leur surface, et ce même après des longs temps de
séjour dans des bains de métal fondu, tels que des bains de galvanisation ayant différentes
teneurs en aluminium.
[0008] Ainsi, la fréquence des opérations de maintenance des rouleaux, dues à la présence
de particules intermétalliques sur ces derniers habituellement élevée avec les rouleaux
métalliques, peut être considérablement réduite avec l'utilisation de viroles selon
l'invention. L'installation de traitement de l'invention permet, par conséquent, d'en
augmenter la productivité en diminuant les arrêts production nécessaires pour la maintenance
ou le remplacement des rouleaux.
[0009] La durée de vie des rouleaux munis de viroles à renfort en fibres de carbone ou céramique
densifié par une matrice au moins partiellement carbone est en outre accrue par rapport
aux rouleaux métalliques de l'art antérieur.
[0010] Par ailleurs, même dans le cas où des particules intermétalliques se déposent sur
la surface d'une telle virole, ces particules n'adhèrent pas au matériau composite
de la virole et peuvent, par conséquent, être retirées facilement, par exemple par
raclage, ce qui n'entraîne pas de perte de matière de la virole. Cette faible adhérence
est notamment due à l'absence d'interactions chimiques entre le matériau composite
de la virole et celui des particules, ce qui n'est pas le cas avec des rouleaux en
matériau métallique.
[0011] La virole d'un rouleau de l'installation de l'invention peut notamment être formée
en un des matériaux composites suivants : matériau composite carbone-carbone (C-C)
avec éventuellement sur sa surface externe une couche de carbure de silicium, matériau
composite carbone-carbone/carbure de silicium (C-C/SiC) et matériau composite carbure
de silicium-carbure de silicium (SiC-SiC).
[0012] Selon une particularité de l'invention, chaque rouleau comprend au moins une fusée
en matériau métallique et un élément de maintien de la virole sur chaque fusée, l'élément
comprenant une couronne ou une pluralité de segments de couronne fixés sur une extrémité
de la virole, chaque couronne ou segment de couronne étant prolongé par au moins une
languette élastique dont l'extrémité est en appui sur la fusée. La liaison élastique
ainsi réalisée entre la virole et les fusées permet de compenser les dilatations différentielles
entre ces éléments aussi bien axialement que radialement.
[0013] Selon une autre particularité de l'invention, chaque fusée comprend en outre un mandrin
comportant une pluralité de dents et de cannelures, la virole comprenant elle aussi
une pluralité de dents et de cannelures en prise respectivement avec les cannelures
et les dents de chaque mandrin. Dans ce cas, on ménage de préférence un premier jeu
radial à froid entre le sommet des dents de chaque mandrin et le fond des cannelures
de la virole ainsi qu'un deuxième jeu radial à froid entre le sommet des dents de
la virole et le fond des cannelures de chaque mandrin.
[0014] Selon encore une autre particularité, chaque rouleau comprend en outre un élément
annulaire de renfort placé autour de chaque couronne ou chaque pluralité de segments
de couronne. L'élément annulaire de renfort permet d'assurer la fixation des couronnes
sur la virole notamment vis-à-vis des forces centrifuges et des efforts auxquels peut
être soumis le rouleau en fonctionnement (par exemple efforts de contact avec la bande).
Chaque élément annulaire de renfort peut être formé d'un collier élastique en matériau
métallique précontraint ou d'un collier ou d'une bague en un matériau présentant un
coefficient de dilatation thermique identique ou légèrement supérieur au matériau
des couronnes.
[0015] Selon une variante de réalisation, chaque rouleau comprend un mandrin en matériau
métallique prolongé à chaque extrémité par une fusée, le mandrin comportant une pluralité
de dents et de cannelures. La virole est dans ce cas disposée autour du mandrin et
comprend également une pluralité de dents et de cannelures en prise respectivement
avec les cannelures et les dents du mandrin. Des premier et second jeux radiaux à
froid sont de préférence ménagés entre, d'une part, le sommet des dents du mandrin
et le fond des cannelures de la virole et, d'autre part, entre le sommet des dents
de la virole et le fond des cannelures de chaque mandrin.
[0016] Selon une autre variante de réalisation, chaque rouleau comprend deux fusées fixées
de chaque côté de la virole, chaque fusée étant prolongée par un arbre en matériau
métallique, les arbres et les fusées ayant une surface de contact de forme tronconique.
[0017] Selon un aspect particulier de l'invention, le bain de métal fondu contient du zinc
liquide pour la réalisation d'un traitement de galvanisation.
Brève description des dessins
[0018] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description
suivante de modes particuliers de réalisation de l'invention, donnés à titre d'exemples
non limitatifs, en référence aux dessins annexés, sur lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique en coupe d'une installation de traitement de bandes
métalliques par trempage conformément à l'invention,
- la figure 2 est une vue schématique en perspective d'un rouleau d'une installation
de traitement selon un mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 3 est une vue schématique en perspective d'un rouleau d'une installation
de traitement selon un autre mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 4 est vue une éclatée du rouleau de la figure 3 ;
- la figure 5 est une vue schématique d'un rouleau selon un autre mode de réalisation
de l'invention ;
- la figure 6 est une vue schématique d'un rouleau selon un autre mode de réalisation
de l'invention ;
- la figure 7 est vue une éclatée d'une partie du rouleau de la figure 6 montrant le
montage d'une fusée à une extrémité du rouleau.
Description détaillée d'un mode de réalisation
[0019] L'invention s'applique d'une manière générale aux installations de traitement de
bandes métalliques utilisant un ou plusieurs de bains de métal fondu dans lesquels
la bande est trempée. Un domaine particulier, mais non exclusif, d'application de
l'invention est celui des installations de galvanisation comprenant un ou plusieurs
bains de zinc dans lesquels sont trempées des bandes d'acier pour être traitées.
[0020] La figure 1 illustre une installation ou ligne de galvanisation en continu 10 qui
comprend une cuve 11 remplie de zinc fondu 12 maintenu à une température de 450°C
environ, le bain comprenant typiquement une teneur en aluminium de 0,20%. On réalise
le trempage d'une bande d'acier 13 dans le bain en faisant circuler la bande entre
une entrée 11a et une sortie 11b du bain suivant un parcours qui est défini au moyen
de trois rouleaux 14, 15 et 16 immergés dans le bain de zinc.
[0021] Conformément à l'invention, l'installation de traitement comprend un ou plusieurs
rouleaux, tels que les rouleaux 14, 15 et 16 illustrés dans la figure 1, dont la partie
destinée à être en contact avec la bande à traiter, à savoir la virole, est réalisée
en matériau composite formé d'un renfort en fibres de carbone ou céramique densifié
par une matrice qui peut être partiellement ou totalement carbone ou céramique.
[0022] La virole peut être notamment réalisée en matériau composite carbone-carbone (C-C)
qui, de façon connue, est un matériau formé d'un renfort en fibres de carbone densifié
par une matrice en carbone ou en matériau composite à matrice céramique (CMC) qui
est un matériau formé d'un renfort en fibres de carbone ou céramique densifié par
une matrice au moins partiellement céramique. La virole peut être notamment formée
en un des matériaux composite CMC suivants :
- carbone-carbone/carbure de silicium (C-C/SiC) correspondant à un matériau formé d'un
renfort en fibres de carbone et densifié par une matrice comprenant une phase carbone
et une phase carbure de silicium,
- carbone-carbure de silicium (C-SiC) qui est un matériau formé d'un renfort en fibres
de carbone densifié par une matrice en carbure de silicium,
- carbure de silicium-carbure de silicium (SiC/SiC) correspondant à un matériau formé
d'un renfort en fibres de carbure de silicium densifié par une matrice en carbure
de silicium.
[0023] La virole en matériau composite peut être en outre recouverte d'une couche de carbure
de silicium.
[0024] La fabrication de pièces en matériau composite constituées d'un renfort fibreux densifié
par une matrice est bien connue. Elle comprend principalement la réalisation d'une
structure fibreuse, ici en fibres de carbone ou céramique, la mise en forme de la
structure dans une forme voisine de celle de la pièce à fabriquer (préforme fibreuse)
et la densification de la préforme par la matrice.
[0025] La structure fibreuse constitue le renfort de la pièce dont le rôle est essentiel
vis-à-vis des propriétés mécaniques. En particulier, la structure fibreuse doit être
une structure cohérente pour conférer au matériau composite un caractère structural
qui permet d'obtenir une virole autoporteuse. Par structure ou renfort fibreux cohérent,
on entend ici un renfort ou une structure capable de conserver sa cohésion lors de
manipulations par opposition aux fibres mélangées sous forme dispersée, c'est-à-dire
de manière non cohérente, dans un matériau tel qu'une céramique. En effet, dans ce
dernier cas, les fibres correspondent à des charges et ne constituent pas un renfort
fibreux cohérent au sens de la présente invention.
[0026] La structure fibreuse cohérente est obtenue à partir de textures fibreuses en fibres
de carbone ou céramique. Les textures fibreuses utilisées peuvent être de diverses
natures et formes telles que notamment:
- tissu bidimensionnel (2D),
- tissu tridimensionnel (3D) obtenu par tissage 3D ou multicouches,
- tresse,
- tricot,
- feutre,
- nappe unidirectionnelle (UD) de fils ou câbles ou nappes multidirectionnelle (nD)
obtenue par superposition de plusieurs nappes UD dans des directions différentes et
liaison des nappes UD entre elles par exemple par couture, par agent de liaison chimique
ou par aiguilletage.
[0027] On peut aussi utiliser une structure fibreuse formée de plusieurs couches superposées
de tissu, tresse, tricot, feutre, nappes, câbles ou autres, lesquelles couches sont
liées entre elles par exemple par couture, par implantation de fils ou d'éléments
rigides ou par aiguilletage.
[0028] La mise en forme est réalisée par bobinage filamentaire, enroulage de nappe UD sur
un mandrin, tissage, empilage, aiguilletage de strates bidimensionnelles/tridimensionnelles
ou de nappes de câbles, etc.
[0029] La préforme fibreuse est ensuite densifiée, de façon bien connue, par voie liquide
et/ou gazeuse.
[0030] La densification par voie liquide consiste à imprégner la préforme par une composition
liquide contenant un précurseur du matériau de la matrice. Le précurseur se présente
habituellement sous forme d'un polymère, tel qu'une résine, éventuellement dilué dans
un solvant. La transformation du précurseur en carbone ou céramique est réalisée par
traitement thermique, après élimination du solvant éventuel et réticulation du polymère.
Plusieurs cycles d'imprégnation successifs peuvent être réalisés pour parvenir au
degré de densification souhaité.
[0031] Une résine précurseur de carbone peut être par exemple une résine de type phénolique.
[0032] Une résine précurseur de céramique peut être par exemple une résine polycarbosilane
précurseur de carbure de silicium (SiC), ou une résine polysiloxane précurseur de
SiCO, ou une résine polyborocarbosilazane précurseur de SiCNB, ou une résine polysilazane
(SiCN).
[0033] Dans le cas d'un matériau C-C/SiC, la préforme fibreuse est d'abord imprégnée avec
une résine précurseur de la phase carbone de la matrice, telle qu'une résine de type
phénolique, puis d'une résine précuseur de SiC, telle qu'une résine polycarbosilane.
Après imprégnation, une préforme fibreuse destinée à constituer le renfort fibreux
de la pièce à réaliser, et ayant une forme correspondant sensiblement à celle de cette
pièce, est maintenue en forme par conformation de la texture fibreuse à l'aide d'un
outillage de maintien. La mise en forme de la préforme fibreuse peut être accompagnée
d'un compactage de la structure fibreuse afin d'augmenter le taux volumique de fibres
dans le matériau composite de la pièce à réaliser. Après mise en forme de la préforme,
la réticulation de la résine est réalisée, ou achevée s'il y a eu pré-réticulation,
la préforme étant dans un outillage. La résine polymérisée est alors transformée en
carbone par traitement thermique. Après la formation de cette phase carbone de la
matrice, la préforme fibreuse est ensuite imprégnée avec une résine précurseur de
céramique. Après polymérisation, la résine est traitée thermiquement pour être transformée
en céramique. En général, aucun outillage de maintien de l'ébauche n'est nécessaire,
celle-ci étant suffisamment solidifiée par la matrice carbone précédemment déposée.
[0034] Les opérations d'imprégnation et de polymérisation de résine précurseur de carbone
et/ou de résine précurseur de céramique peuvent être répétées plusieurs fois si nécessaire
pour obtenir des caractéristiques mécaniques déterminées.
[0035] La densification de la préforme fibreuse peut-être également réalisée, de façon connue,
par voie gazeuse par infiltration chimique en phase vapeur de la matrice (CVI). La
préforme fibreuse correspondant à la structure à réaliser est placée dans un four
dans lequel est admise une phase gazeuse réactionnelle. La pression et la température
régnant dans le four et la composition de la phase gazeuse sont choisies de manière
à permettre la diffusion de la phase gazeuse au sein de la porosité de la préforme
pour y former la matrice par dépôt, au coeur du matériau au contact des fibres, d'un
matériau solide résultant d'une décomposition d'un constituant de la phase gazeuse
ou d'une réaction entre plusieurs constituants, contrairement aux conditions de pression
et températures propres aux procédés CVD ("Chemical Vapor Déposition") qui conduisent
exclusivement à un dépôt à la surface du matériau.
[0036] La formation d'une matrice carbone peut être obtenue avec des gaz hydrocarbures tels
que méthane et/ou propane donnant le carbone par craquage tandis qu'une matrice SiC
peut être obtenue avec du méthyltrichlorosilane (MTS) donnant du SiC par décomposition
du MTS.
[0037] Dans le cas d'un matériau C-C/SiC, la première phase carbone peut être formée avec
des gaz hydrocarbures donnant le carbone par craquage, la deuxième phase SiC étant
ensuite déposée sur la première phase carbone, par exemple par décomposition du MTS.
[0038] Une densification combinant voie liquide et voie gazeuse peut être également utilisée
pour faciliter la mise en oeuvre, limiter les coûts et les cycles de fabrication tout
en obtenant des caractéristiques satisfaisantes pour l'utilisation envisagée.
[0039] Comme illustré sur la figure 2, un rouleau 50 conforme à l'invention peut être constitué
d'une simple virole 51 réalisée en un matériau composite comme décrit ci-avant et
maintenue dans le bain par des paliers internes ou externes fixés sur les parois de
la cuve (non représentés sur la figure 2). La virole 51 est autoporteuse en ce qu'elle
présente une structure suffisamment résistante pour supporter les efforts auxquels
est soumis le rouleau sans support intérieur.
[0040] Selon une variante de réalisation illustrée sur les figures 3 et 4, un rouleau 100
conforme à l'invention comprend une virole 120 réalisée en un matériau composite comme
décrit ci-avant et deux fusées 130 et 140 montées à chacune des extrémités de la virole
120 et destinés à être supportés par des paliers présents sur les parois de la cuve
contenant le bain de métal fondu (non représentés sur les figures 3 et 4). Les fusées
130 et 140 sont réalisées en matériau métallique, par exemple en acier du type Inox.
Chaque fusée 130, respectivement 140, comprend un mandrin 131, respectivement 141,
une portion tronconique 132, respectivement 142, qui est prolongée par un arbre 133,
respectivement 143.
[0041] Comme illustrée sur la figure 4, la fusée 130 comprend une série de cannelures 1310
réparties de façon annulaire sur la surface externe du mandrin 131 et délimitant une
série de dents 1320. De même, le mandrin 141 de la fusée 140 comporte une série de
cannelures 1410 uniformément réparties sur la surface externe de ce dernier et délimitant
une série de dents 1420.
[0042] La virole 120 comporte des cannelures 1210 et des dents 1220 réparties de façon annulaire
sur sa surface interne et destinées à être engagées avec les dents 1320 et 1420 et
les cannelures 1310 et 1410 respectivement des fusées 130 et 140. Les cannelures 1210
peuvent être directement formées lors de la fabrication de la pièce en matériau composite
par conformation du renfort fibreux ou après la fabrication de la pièce en usinant
sa surface interne.
[0043] Afin d'accommoder la différence des coefficients de dilatation thermique entre le
matériau métallique des fusées et le matériau composite de la virole, un jeu radial
à « froid », c'est-à-dire un jeu seulement présent lorsque le rouleau est à température
ambiante, peut être ménagé entre le sommet des dents de chaque mandrin et le fond
des cannelures de la virole, d'une part, et entre le sommet des dents de la virole
et le fond des cannelures de chaque mandrin, d'autre part.
[0044] La virole 120 peut en outre être bridée en translation sur les fusées 130 et 140
au moyen d'éléments de maintien élastiques 150 et 160 disposés à chaque extrémité
de la virole 120 et chacun formés, dans l'exemple décrit ici, de deux segments de
couronne 151 et 152, respectivement 161 et 162 prolongés par des languettes ou pattes
élastiques 153, respectivement 163. Chaque segment de couronne 151, 152, 161 et 162
peut être formé à partir d'une pièce métallique conformée et usinée de manière à former
les languettes élastiques 153 et 163.
[0045] Les éléments de maintien élastiques 150 et 160, à savoir dans le mode de réalisation
décrit ici les segments de couronne 151, 152 et 161, 162, sont fixés respectivement
aux deux extrémités 120a et 120b de la virole 120 tandis que les languettes élastiques
de ces éléments exercent une pression de maintien respectivement sur la portion tronconique
132 de la fusée 130 et sur la portion tronconique 142 de la fusée 140.
[0046] Comme illustré sur les figures 3 et 4, le rouleau 100 comprend en outre deux éléments
annulaires de renfort 156 et 166 disposés respectivement autour des segments de couronne
151, 152 et 161, 162. Dans l'exemple présenté ici, chaque élément annulaire de renfort
156, respectivement 166, est constitué d'un collier ou bague élastique 1560, respectivement
1660, réalisé à partir d'une bande de feuillard métallique, par exemple en acier à
hautes caractéristiques élastiques. Chaque collier élastique est monté en précontrainte
sur les segments de couronne correspondants.
[0047] Dans une variante de réalisation, l'élément annulaire de renfort peut être formé
d'un collier ou bague fendu monté en précontrainte sur les couronnes, le collier ou
la bague étant réalisé en matériau métallique (par exemple en acier). Dans ce cas,
les extrémités de chaque collier ne se chevauchent pas mais s'écartent plus ou moins
l'une de l'autre suivant les températures rencontrées.
[0048] Selon encore une autre variante de réalisation, l'élément de renfort peut être formé
d'un collier ou bague réalisé en un matériau ayant un coefficient de dilatation thermique
similaire ou très légèrement supérieur à celui du matériau des couronnes. Dans ce
cas, il n'est pas nécessaire de prévoir la possibilité d'une déformation élastique
pour l'élément de maintien en raison de l'absence de dilatations différentielles entre
les couronnes et l'élément annulaire de renfort.
[0049] D'autres dispositifs tels que des colliers de type "serflex" peuvent être envisagés.
[0050] Les éléments de maintien élastiques 150 et 160 permettent de maintenir de façon équilibrée
la virole 120 en position longitudinale sur les portions tronconiques 132 et 142 des
fusées 130 et 140 tout en absorbant les variations axiales dues aux dilatations thermiques
différentielles entre les fusées et la virole. Lors de montées en température, les
fusées 130 et 140 se dilatent tandis que a virole 120 conserve son volume en raison
de son faible coefficient de dilatation. Toutefois, grâce aux portions tronconiques
132 et 142 et les languettes élastiques 153 et 163 en appui sur ces dernières, les
dilatations des fusées n'entraînent pas de déformation de a virole. En effet, lors
de la dilatation des fusées, les languettes élastiques se déforment légèrement et
glissent sur les portions tronconiques des fusées avec lesquelles elles sont en contact
et assurent ainsi un maintien en position axiale de la virole tout en compensant les
dilatations différentielles. Lors du refroidissement, c'est-à-dire lors de la rétractation
des fusées, le maintien axial de la virole est toujours assuré grâce au retour élastique
des languettes.
[0051] Les éléments de maintien élastiques de l'invention ne sont pas limités à une structure
formée de deux segments de couronne. Ces derniers peuvent être peuvent être par exemple
formés d'une seule couronne comportant des languettes élastiques réparties uniformément
autour d'une extrémité de ladite couronne ou de quatre segments de couronne comportant
chacun des languettes élastiques.
[0052] La figure 5 illustre un rouleau 300 conformément à un autre mode de réalisation d'un
rouleau selon l'invention.
[0053] Le rouleau 300 comprend un mandrin 310 dont chaque extrémité est prolongée par une
fusée 311, respectivement 312. Le rouleau 300 comprend en outre une virole 320 réalisée
conformément à l'invention en matériau composite comme décrit ci-avant. La virole
320 est en outre bridée en translation sur le mandrin 310 au moyen d'éléments de maintien
élastiques 316 disposés à chaque extrémité de la virole 320. Comme illustrée sur la
figure 5, la virole 320 présente sur sa surface interne des dents 3210 et 3220 engagés
dans des cannelures 313 formées sur la surface externe du mandrin 410, par exemple
par usinage. La virole 320 est positionnée autour du mandrin 310 en ménageant un jeu
radial à froid entre les surfaces en regard de ces deux éléments afin de compenser
à chaud les dilatations différentielles entre ces deux éléments.
[0054] On décrit maintenant en relation avec les figures 6 et 7, un autre mode de réalisation
d'un rouleau selon l'invention. Les figures 6 et 7 illustrent un rouleau 200 qui diffère
notamment du rouleau 200 décrit précédemment en ce qu'il comprend une virole 220 réalisée
en un matériau composite tel que décrit ci-avant et qui est autoporteuse, c'est-à-dire
qui présente, comme la virole 51 décrite ci-avant, une structure suffisamment résistante
pour supporter les efforts auxquels est soumis le rouleau sans support intérieur.
Le rouleau 200 comprend deux fusées 213 et 214 respectivement reliées à la virole
220 et réalisées en un même matériau composite que la virole 220. Plus précisément,
comme représenté sur la figure 7, la fusée 214 comprend à son extrémité de grand diamètre
un filetage 2141 destiné à coopérer avec un filetage 2210 réalisé sur la paroi interne
de la virole 220. La fusée 214 est vissé sur la virole 220 puis solidarisée avec cette
dernière par une goupille 224 fixée dans des orifices 2211 et 2140 formés respectivement
dans la virole 220 et dans la fusée 214. Il en est de même pour la fixation de la
fusée 213 à la virole 220.
[0055] Chaque fusée 213, respectivement 214, est munie d'un arbre 211, respectivement 212
réalisé en matériau métallique. Plus précisément, comme illustré sur la figure 7,
l'arbre 212 présente à une extrémité une portion évasée 2120 qui joue le rôle de butée
et, à l'autre extrémité, une portion filetée 2122 et une rainure 2123 dépassant à
l'extérieur de la fusée 214. L'arbre 212 est solidarisé en rotation avec la fusée
214, par exemple, par un crabot 215 qui est engagé à la fois avec la rainure 2123
de l'arbre 212 et avec un ergot 2142 de la fusée 214. Le serrage du crabot 215 ainsi
que de l'arbre 212 est assuré par deux écrous 216 coopérant avec le filetage 2122
de l'arbre. Il en est de même pour le montage et la solidarisation de l'arbre 211
sur la fusée 213.
[0056] Grâce aux éléments tronconiques, les dilatations des arbres n'entraînent pas de déformation
de la virole cylindrique. En effet, les surfaces de contact entre les arbres et les
éléments tronconiques ont chacune un centre de symétrie (génératrice) qui coïncide
avec l'axe de la virole et, par conséquent, du rouleau. Comme les arbres se dilatent
à la fois radialement et axialement, leur augmentation de volume se fait vers l'intérieur
des fusées qui présentent un volume interne croissant en raison de leur forme tronconique.
Ainsi, la dilatation des arbres n'entraîne pas de déformation de la virole.
[0057] Des moyens permettant au volume interne de la virole de se remplir du métal du bain
sont prévus le cas échéant afin de faciliter l'immersion et le maintien du rouleau
dans le bain. Ces moyens peuvent par exemple correspondre à des évents ou ouvertures
ménagés sur les fusées des rouleaux permettant de faire communiquer le volume interne
du rouleau avec l'extérieur, c'est-à-dire le métal fondu du bain.
[0058] La Titulaire a réalisé des essais consistant à immerger dans différents bains de
galvanisation des éprouvettes réalisées dans les mêmes matériaux composites que ceux
décrits ci-avant pour la fabrication de la virole du ou des rouleaux de l'installation
selon l'invention. Ces essais ont été réalisés des bains de galvanisation maintenu
à une température d'environ 450°C et composé majoritairement de zinc fondu avec une
teneur en aluminium variable suivant les bains, du fer étant apporté dans le bain
lors du trempage des bandes.
[0059] Le premier essai a consisté à tremper pendant plusieurs jours consécutifs dans les
bains décrits ci-avant des éprouvettes réalisées en matériau carbone-carbone/carbure
de silicium (C-C/SiC), à savoir une pièce formée d'un renfort en fibres de carbone
et densifié par une matrice comprenant une phase carbone et une phase carbure de silicium.
Après plusieurs jours d'immersion dans le bain, l'éprouvette ne comportait pratiquement
aucune particule solide intermétallique sur sa surface.
[0060] Des résultats très similaires ont également été obtenus avec des éprouvettes réalisées
matériau composite carbone-carbone, c'est-à-dire une pièce formée d'un renfort en
fibres de carbone densifié par une matrice carbone.
[0061] Par conséquent, l'utilisation de rouleaux dont au moins la virole est en matériau
composite formé d'un renfort en fibres de carbone ou céramique densifié par une matrice
au moins partiellement carbone dans des bains de métal fondu d'une installation de
traitement permet de réduire considérablement la fréquence des opérations de maintenance
ou de remplacement des rouleaux liées à la formation de particules solides intermétalliques
(« dross ») sur la surface de ces derniers et d'accroître, par conséquent, la productivité
de l'installation.
1. Installation de traitement (10) comprenant un bain (11) de métal fondu (12) dans lequel
une bande métallique (13) est destinée à être trempée et au moins un rouleau (50)
partiellement ou totalement immergé dans ledit bain, ledit rouleau comprenant au moins
une virole (51) destinée à être en contact avec la bande métallique (13) à traiter,
caractérisée en ce qu'au moins ladite virole (51) est en matériau composite formé d'un renfort en fibres
de carbone ou céramique densifié par une matrice au moins partiellement carbone ou
céramique.
2. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que la virole est réalisée en matériau composite carbone-carbone/carbure de silicium
(C-C/SiC).
3. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que la virole est réalisée en matériau composite carbone-carbone (C-C).
4. Installation selon la revendication 3, caractérisée en ce que la virole comprend sur sa surface externe une couche de carbure de silicium.
5. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que la virole est réalisée en matériau composite carbure de silicium-carbure de silicium
(SiC-SiC).
6. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que chaque rouleau (100) comprend au moins une fusée (130) en matériau métallique et
au moins un élément de maintien (150) de la virole sur chaque fusée, ledit élément
comprenant une couronne ou une pluralité de segments de couronne (151, 152) fixés
sur une extrémité de la virole (120), chaque couronne ou segment de couronne (151
; 152) étant prolongé par au moins une languette élastique (153) dont l'extrémité
est en appui sur la fusée (130).
7. Installation selon la revendication 6, caractérisée en ce que chaque fusée (130) comprend en outre un mandrin (13) comportant une pluralité de
dents (1320) et de cannelures (1310) et en ce que la virole (120) comprend une pluralité de dents (1220) et de cannelures (1210) en
prise respectivement avec les cannelures et les dents de chaque mandrin.
8. Installation selon la revendication 7, caractérisée en ce qu'un premier jeu radial à froid est ménagé entre le sommet des dents (1320) de chaque
mandrin (131) et le fond des cannelures (1210) de la virole (120) et en ce qu'un deuxième jeu radial à froid est ménagé entre le sommet des dents (1220) de la virole
(120) et le fond des cannelures (1310) de chaque mandrin (130).
9. Installation selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisée en ce que chaque rouleau comprend en outre un élément annulaire de renfort (156) placé autour
de chaque couronne ou chaque pluralité de segments de couronne (151, 152).
10. Installation selon la revendication 9, caractérisée en ce que l'élément annulaire de renfort (156) comprend un collier élastique en matériau métallique
précontraint.
11. Installation selon la revendication 9, caractérisée en ce que l'élément annulaire de renfort comprend un collier réalisé en un matériau présentant
un coefficient de dilatation égale ou légèrement supérieur au coefficient de dilatation
thermique de la couronne ou des segments de couronne.
12. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que chaque rouleau (300) comprend un mandrin (310) en matériau métallique prolongé à
chaque extrémité par une fusée (311 ; 312), ledit mandrin comportant une pluralité
de cannelures (313) et en ce que la virole (320) est disposée autour du mandrin (311) et comprend une pluralité de
dents (3110, 3120) en prise respectivement avec les cannelures (313) du mandrin.
13. Installation selon la revendication 12, caractérisée en ce qu'un premier jeu radial à froid est ménagé entre le sommet des dents (3110, 3120) de
la virole (320) et le fond des cannelures (313) du mandrin (310).
14. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que ledit rouleau (200) comprend deux fusées (213, 214) fixées de chaque côté de la virole
(220), chaque fusée (213 ; 214) étant prolongée par un arbre en matériau métallique
(211 ; 212), les arbres et les fusées ayant une surface de contact de forme tronconique.
15. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 14, caractérisée en ce que le bain (11) de métal fondu (12) contient du zinc liquide pour la réalisation d'un
traitement de galvanisation.