[0001] L'invention a trait au domaine de la reproduction sonore au moyen de haut-parleurs,
également dénommés transducteurs électrodynamiques ou électroacoustiques.
[0002] La reproduction sonore consiste à convertir une énergie (ou puissance) électrique
en énergie (ou puissance) acoustique.
[0003] L'énergie électrique est le plus souvent délivrée par un amplificateur dont la caractéristique
de puissance peut varier de quelques Watts pour les installations audio domestiques
de faible puissance, à plusieurs centaines - ou milliers - de Watts pour certaines
installations de sonorisation professionnelle (studios d'enregistrement, scènes musicales,
espaces publics, etc.).
[0004] L'énergie acoustique est quant à elle rayonnée par une membrane dont les déplacements
entraînent des variations de pression de l'air environnant, qui se propagent dans
l'espace sous forme d'une onde acoustique.
[0005] Bien que relativement jeune, la technologie de la reproduction sonore a donné lieu
à un nombre considérable de conceptions différentes depuis les années 1920 et les
premiers essais conduits par Chester W. RICE et Edward W. KELLOG, de la compagnie
américaine GENERAL ELECTRIC, et dont l'association des noms désigne aujourd'hui encore
le type le plus courant de transducteur électroacoustique : le haut-parleur électrodynamique
« Rice-Kellog ».
[0006] Dans ce type de transducteur, la membrane est mue par une bobine mobile comprenant
un solénoïde plongé dans un champ magnétique et parcouru par un courant (issu de l'amplificateur).
L'interaction entre le courant électrique et le champ magnétique génère une force
connue sous le nom de « force de LAPLACE », qui produit un déplacement de la bobine
mobile laquelle entraîne avec elle la membrane dont les vibrations sont la source
du rayonnement acoustique.
[0007] Bien que chaque individu possède des caractéristiques auditives propres, l'oreille
humaine est considérée comme sensible aux sons sur une gamme de fréquences (appelée
bande audible) comprise entre 20 Hz et 20 000 Hz (20 kHz). Les sons inférieurs à 20
Hz sont appelées « infrasons » ; ceux supérieurs à 20 kHz sont appelés « ultrasons
». Infrasons et ultrasons sont perçus par certains animaux mais sont considérés comme
imperceptibles par l'oreille humaine (on pourra à ce sujet se référer aux ouvrages
généraux, tel que
Le livre des techniques du son, Tome 1, notions fondamentales, 3e édition, chap. 4,
La perception auditive, pp.191-192).
[0008] C'est pourquoi, dans la construction des haut-parleurs, on s'attache généralement
à reproduire les signaux délimités à la bande audible. Par convention, on dénomme
« grave » la gamme des fréquences comprises entre 20 Hz et 200 Hz ; « medium » la
gamme des fréquences comprises entre 200 Hz et 2 000 Hz (2 kHz) ; et « aigu » la gamme
des fréquences comprises entre 2 000 Hz et 20 000 Hz (20 kHz).
[0009] Très nombreuses ont été les tentatives de concevoir un haut-parleur électrodynamique
unique permettant de reproduire de manière satisfaisante la bande audible complète.
Ces tentatives n'ont pas abouti.
[0010] En effet, la reproduction des fréquences graves nécessite un transducteur de grandes
dimensions, et donc une membrane de taille importante capable d'une grande amplitude.
A contrario, la reproduction des fréquences aiguës ne peut être satisfaisante qu'avec
une source de petite taille, donc une petite membrane. De plus, les débattements de
cette petite membrane seront de faible amplitude. Ces caractéristiques étant contradictoires,
on comprend aisément que la construction d'un transducteur unique couvrant toute la
gamme audible de manière satisfaisante soit véritablement très difficile à réaliser.
[0011] C'est pourquoi un haut-parleur électrodynamique est généralement conçu pour reproduire
une gamme réduite de fréquences, au sein de laquelle la réponse du transducteur peut
être optimisée.
[0012] La réponse acoustique en fréquence d'un tel transducteur, mesurée au moyen d'un microphone
de mesure associé à un analyseur de spectre, est habituellement représenté sous la
forme d'une courbe illustrant les variations de niveau de pression acoustique du signal
(exprimé en dB, sur une échelle linéaire généralement comprise entre 60 dB et 110
dB) en fonction de la fréquence du signal (exprimée en Hz, généralement suivant une
échelle logarithmique comprise entre 20 Hz et 20 kHz).
[0013] Si l'on compte en théorie trois familles de transducteurs : grave, medium et aigu,
en pratique toutefois la classification est plus fine, car la réponse d'un transducteur
est une fonction continue qui peut chevaucher plusieurs gammes de fréquences. Ainsi,
à titre d'exemple, un transducteur conçu pour reproduire le grave pourra offrir une
réponse convenable dans la partie basse du medium (bas medium) ; de manière similaire
un transducteur d'aigu pourra offrir une réponse convenable dans la partie haute du
medium (haut medium), de sorte que par abus de langage on a coutume de désigner par
:
- « transducteur de grave » un transducteur apte à reproduire le grave et au moins le
bas medium,
- « transducteur de medium » un transducteur apte à reproduire le medium et au moins
une partie supérieure du grave et/ou au moins une partie inférieure de l'aigu ;
- « transducteur d'aigu » un transducteur apte à reproduire l'aigu et au moins le haut
medium.
[0014] Outre des différences de dimensions, la conception d'un transducteur varie selon
qu'il s'agit d'un transducteur de grave ou de medium, ou d'un transducteur d'aigu.
Ainsi, bien qu'il existe de nombreuses formes de membranes, la forme conique (ou pseudo-conique,
selon le profil de la génératrice) est aujourd'hui la plus utilisée dans les transducteurs
de grave et de medium, tandis que les membranes à dôme sont les plus utilisées dans
les transducteurs d'aigus.
[0015] Pour obtenir une reproduction de la totalité de la bande audible, on a donc coutume
de combiner plusieurs transducteurs pour réaliser un système de reproduction sonore.
Une solution répandue consiste à combiner trois transducteurs spécialisés : un pour
le grave, un pour le medium et un pour l'aigu. Toutefois, pour des raisons principalement
économiques il est courant de se limiter à deux transducteurs, à savoir un transducteur
de grave apte à reproduire le grave et au moins le bas medium, et un transducteur
d'aigu apte à reproduire l'aigu et au moins le haut-medium. Les transducteurs sont
généralement montés sur une même enceinte acoustique, le plus couramment sur une même
face (appelée face avant de l'enceinte). Dans la terminologie des enceintes, le nombre
de « voies » est égal au nombre de segmentations réalisées sur la bande audible. En
pratique, le nombre de voies d'une enceinte correspond au nombre de transducteurs
qu'elle comprend. Ainsi, une enceinte comprenant un transducteur de grave et un transducteur
d'aigu est une enceinte deux voies.
[0016] La spécialisation des transducteurs pose cependant une difficulté, liée à la répartition
électrique du signal, couramment appelée filtrage. On peut aisément comprendre que,
chaque transducteur n'étant optimisé que sur une partie du spectre, on doive filtrer
le signal pour n'aiguiller vers chaque transducteur que la partie du spectre qu'il
peut reproduire convenablement. Un mauvais filtrage peut avoir des conséquences différentes
selon la fréquence. Sans entrer dans le détail, on notera qu'un signal d'aigu aiguillé
vers un transducteur de grave n'est tout simplement pas reproduit, tandis qu'un signal
de grave aiguillé vers un transducteur d'aigu peut facilement détruire le transducteur.
[0017] Pour simplifier, le filtre d'une enceinte deux voies comprend une section de filtrage
de type passe-bas, reliée au transducteur de grave du système et qui ne laisse majoritairement
passer que les fréquences inférieures à une fréquence de coupure prédéterminée, et
une section de filtrage de type passe-haut, reliée au transducteur d'aigus du système
et qui laisse passer de manière prépondérante les fréquences supérieures à la fréquence
de coupure choisie.
[0018] La question du choix de la technologie employée pour le filtrage n'a pas d'impact
sur la conception des transducteurs puisque le filtrage est réalisé en amont. En revanche,
le principe même de la reproduction sonore par une enceinte multivoies pose un problème
physique de fond sur l'agencement spatial des systèmes de haut-parleurs, en raison
de la nécessaire recombinaison des signaux sonores individuels issus des différentes
voies. Cette recombinaison se réalise dans l'air, et la moindre différence de trajet
des ondes en provenance des différents transducteurs du système génère des distorsions
temporelles et crée des interférences qui altèrent le signal recombiné.
[0019] Pour s'affranchir de ces distorsions et interférences, de nombreux constructeurs
tentent de monter les différents transducteurs d'un système composé au plus proche
les uns des autres. L'expérience montre en effet que deux transducteurs juxtaposés
et rayonnant en phase dont l'entraxe est inférieur au quart de la longueur d'onde
considérée se comportent quasiment comme une source acoustique unique. Si un tel critère
dimensionnel apparaît acceptable aux basses fréquences (le calcul préconise un entraxe
maximum de l'ordre de 350 mm pour une fréquence maximum d'utilisation inférieure à
250 Hz, ce qui est aisément réalisable), il ne peut plus être satisfait aux fréquences
élevées par exemple, à une fréquence de 2 kHz l'espacement entre les transducteurs
ne devrait pas dépasser 42,5 mm, ce qui n'est pas réalisable dans la pratique (cf.
Jacques Foret, Les enceintes acoustiques, in Le livre des techniques du son, Tome
2, La technologie, 3e édition, chap. 3, p.149).
[0020] C'est pourquoi certains constructeurs ont proposé des systèmes dont les transducteurs
sont montés de manière coaxiale, de sorte à faire coïncider les axes de rayonnement
des transducteurs afin de réduire les distorsions et interférences au moment où le
signal audio se recombine.
[0021] Toutefois, à lui seul, le montage coaxial des transducteurs ne résout pas le problème
de la maîtrise de la directivité. En effet, le rayonnement acoustique d'un transducteur
n'est généralement pas homogène spatialement. Dans le grave (c'est-à-dire aux grandes
longueurs d'onde), la membrane, de dimension faible devant la longueur d'onde, peut
être considérée comme une source ponctuelle rayonnant une onde sphérique omnidirectionnelle.
A contrario, dans l'aigu (c'est-à-dire aux petites longueurs d'onde), la membrane,
de grande dimension devant la longueur d'onde, ne peut plus être considérée comme
une source sonore rayonnant de manière omnidirectionnelle, mais tend à devenir directive.
[0022] La directivité des transducteurs variant suivant les fréquences reproduites, le signal
recombiné issu d'un tel système de haut-parleurs peut comprendre à la fois une composante
de signal rayonnée de manière directive en provenance de l'un des transducteurs (par
exemple en provenance du transducteur de grave rayonnant dans le haut de son spectre)
et une composante de signal rayonnée de manière omnidirectionnelle en provenance de
l'autre transducteur (par exemple en provenance du transducteur d'aigu rayonnant dans
le bas de son spectre).
[0023] On comprend aisément que le signal recombiné ne soit pas homogène dans l'espace,
et que la perception par l'oreille humaine puisse s'en trouver altérée. En effet,
le signal acoustique issu de l'enceinte n'étant pas le même dans toutes les directions,
les différents signaux arrivant aux oreilles de l'auditeur (signal direct et signaux
réfléchis sur les murs de la pièce) ne seront pas cohérents, ce défaut de cohérence
étant préjudiciable pour la qualité de reproduction sonore.
[0024] En outre, la directivité de tout transducteur augmente avec la fréquence. Les professionnels
de la sonorisation savent que le public d'un auditorium placé hors de l'axe des haut-parleurs
ne perçoit pas l'aigu.
[0025] Afin de remédier à ces difficultés, certains constructeurs ont la volonté, non pas
de rendre les transducteurs omnidirectionnels quelle que soit la fréquence rayonnée
(ce qui paraît impossible au stade présent de la technologie), mais de
contrôler la directivité des transducteurs en la maintenant relativement constante sur l'ensemble
du spectre émis.
[0026] Une technique bien connue permettant de maîtriser la directivité d'un système de
haut-parleur est d'utiliser un transducteur d'aigu à chambre de compression et pavillon,
monté de manière coaxiale à l'arrière d'un transducteur de grave, alors appelé transducteur
principal, à membrane conique.
[0027] Cette technique, connue de longue date, a donné lieu à de nombreuses variantes d'architecture,
telle que celle proposée par Whiteley dès 1952 (Brevet britannique
GB 701,395), dans laquelle le pavillon du transducteur d'aigu fait saillie au centre du cône
du transducteur de grave. D'autres variantes proposent d'utiliser le cône du transducteur
de grave pour constituer le pavillon du transducteur d'aigu, cf. notamment l'architecture
proposée par Tannoy dans les années 1940 et 1950 (modèles « Dual Concentric », « Twelve
»), perfectionnée jusqu'à à la fin des années 1970 (Brevets américains
US 4,164,631 de 1978, et
US 4,256,930 de 1979). Cette technique permet d'obtenir une bonne cohérence du champ acoustique avec une
directivité conique relativement constante sur l'ensemble du spectre émis dont certains
auteurs prétendent qu'elle peut atteindre 90° (cf.
L. Haidant, Guide pratique de la Sonorisation, ch. 6, pp.64-67).
[0028] L'utilisation d'un transducteur à pavillon et chambre de compression a d'autres avantages.
Dans ce transducteur, la membrane ne rayonne pas directement dans l'espace aérien,
le rayonnement étant contraint à passer dans un espace restreint (dénommé gorge) de
section inférieure à celle de la membrane, d'où l'expression « chambre de compression
».
[0029] Le rendement d'un transducteur à chambre de compression, à rayonnement indirect,
est bien supérieur à celui des transducteurs à rayonnement direct.
[0030] Le rendement d'un transducteur se définit comme le quotient entre l'énergie acoustique
rayonnée dans tout l'espace aérien par le transducteur, et l'énergie électrique absorbée
(ou consommée) par celui-ci. En général, le rendement des transducteurs électrodynamiques
à rayonnement direct et de conception courante du type Rice-Kellog est particulièrement
faible, de l'ordre de quelque pour mille à quelque pour cent (sans dépasser, ou rarement,
5%).
[0031] Le rendement ne pouvant être mesuré directement, la norme IEC 60268-5 recommande
une mesure de puissance acoustique de source. En négligeant la directivité du transducteur,
son niveau d'efficacité, aussi appelé niveau de sensibilité, c'est-à-dire la pression
sonore (en dB) générée par celui-ci en champ libre en demi-espace (« half-space free
field ») à 1 mètre, pour une puissance électrique absorbée de 1 W, permet une bonne
approximation de son rendement. Le niveau d'efficacité est exprimée en dB/W à 1 mètre.
Cette mesure est effectuée dans la bande utile du transducteur et dans l'axe, et peut
constituer la courbe de réponse en fréquence de celui-ci.
[0032] Si de nombreux efforts portent aujourd'hui sur la qualité de la reproduction sonore
(on parle également de fidélité), il semble toutefois que l'époque ne soit pas à la
recherche du meilleur rendement, de nombreux constructeurs estimant qu'un faible rendement
énergétique peut être compensé par l'utilisation d'amplificateurs de forte puissance.
Il est vrai que les installations domestiques peuvent se satisfaire de transducteurs
à faible rendement, compte tenu de la faible portée sonore requise (quelques mètres
tout au plus). En revanche, pour les systèmes professionnels de sonorisation (notamment
dans le cas de concerts donnés dans de vastes salles ou en plein air) qui requièrent
une longue portée sonore, l'expérience montre qu'il est préférable d'utiliser des
transducteurs à rendement élevé alimentés sous une puissance électrique moyenne, plutôt
que des transducteurs à faible rendement alimentés sous une puissance électrique élevée.
D'une part, la majorité de la puissance électrique étant dissipée sous forme de chaleur
au niveau du circuit magnétique, on constate dans le second cas des niveaux thermiques
très élevés, avec des températures de plusieurs centaines de degrés qui peuvent affecter
les performances acoustiques du transducteur et nécessitent de prévoir de complexes
dispositifs de refroidissement. D'autre part, la compensation d'un rendement faible
par l'augmentation de la puissance électrique est restreinte par un phénomène de limitation
du niveau acoustique, appelé compression thermique.
[0033] Nous avons déjà indiqué que les transducteurs à pavillon et chambre de compression
offrent des rendements bien supérieurs aux transducteurs classiques à rayonnement
direct. Ces performances ont été constatées très tôt, dès les années 1920 et les premiers
développements des chambres de compression. Le niveau de sensibilité du célèbre modèle
WE 555 W (commercialisée par la firme américaine WESTERN ELECTRIC à partir de 1928
pour la sonorisation des salles de spectacle et des premiers films parlants), seulement
partiellement décrit dans le brevet de son concepteur
Edward C. WENTE n° US 1,707,545, atteint en effet 118 dB/W/m (mesure faite sur modèle d'origine avec pavillon). Pour
obtenir un tel niveau à fréquence égale au moyen d'un transducteur moderne ordinaire
de sensibilité jugée (de nos jours) plutôt bonne dans le domaine de la haute fidélité
(88 dB/W/m), il serait nécessaire de l'alimenter sous une puissance électrique de
1 000 W (rappelons que, la mesure étant logarithmique, à un écart de 10 dB correspond
un facteur 10 en sensibilité, de sorte qu'à un écart de 30 dB correspond un facteur
10
3=1000).
[0034] On comprend donc que, outre ses performances intéressantes en termes de directivité
et de cohérence spatiale, le système de haut-parleur coaxial à transducteur d'aigu
à pavillon et chambre de compression soit prisé des professionnels de la sonorisation
pour son rendement élevé. C'est ce type de système que l'invention vise à perfectionner.
Malgré ses qualités, il présente en effet un certain nombre de défauts, parmi lesquels
on peut mentionner :
- Un retard temporel du rayonnement du transducteur d'aigu sur celui du transducteur
principal ;
- Les limites imposées à l'ouverture de l'angle de couverture du rayonnement (en d'autres
termes la caractéristique de directivité) par l'architecture dimensionnelle du transducteur
principal, puisque l'on hérite des caractéristiques de directivité imposées par la
géométrie du transducteur principal ;
- L'encombrement du système, principalement axial ainsi que son surcroît de masse ;
- Les difficultés de réalisation d'un circuit magnétique puissant pour le transducteur
principal, en raison de la nécessité de ménager au centre du noyau de celui-ci un
passage faisant office de début de pavillon pour le transducteur d'aigu à chambre
de compression. On peut en effet constater, sur certaines réalisations, un défaut
de concentration du champ magnétique du circuit du transducteur principal (cette perte
est due à la faiblesse de la section de passage du flux magnétique au sein du noyau
ainsi creusé, qui se trouve saturé magnétiquement).
[0035] Dans les systèmes de sonorisation professionnelle de haut de gamme, le retard de
la voie d'aigu sur la voie de grave peut être compensé par un filtrage actif de type
numérique (connu sous l'acronyme anglais DSP, Digital Signal Processing). Mais cette
compensation ne peut être que partielle, généralement dans l'axe. Par ailleurs, les
technologies plus conventionnelles (et moins onéreuses) de filtrage passif à inductances
et condensateurs ne peuvent pas compenser le retard important que l'on mesure sur
les systèmes coaxiaux connus, qui peut atteindre 250 µs. Un tel retard, bien que faible
en apparence, a un effet psycho-acoustique non négligeable, et dégrade la qualité
de la restitution sonore. Il contribue, entre autres raisons, à la réputation de «
mauvais réalisme sonore » ou de « mauvaise qualité sonore » que les ingénieurs du
son ont coutume d'associer à la sonorisation professionnelle.
[0036] Les documents
EP 1 755 357 et
EP 0 341 926 divulguent des systèmes dont plusieurs transducteurs électrodynamiques sont montés
de manière coaxiale et ayant pour objectif d'améliorer la caractéristique de directivité.
[0037] L'invention vise à apporter une contribution à la résolution des problèmes évoqués
ci-dessus, en apportant des perfectionnements aux systèmes de haut-parleurs coaxiaux
à chambre de compression.
[0038] A cet effet, l'invention propose, selon un premier mode de réalisation, un système
de haut-parleur coaxial à au moins deux voies comprenant un transducteur électrodynamique
principal pour la reproduction de fréquences graves et/ou medium, qui comprend :
- un circuit magnétique principal définissant un entrefer principal,
- un équipage mobile comprenant une membrane solidaire d'une bobine mobile plongée dans
l'entrefer principal ;
ce système comprenant en outre un transducteur électrodynamique secondaire pour la
reproduction de fréquences aiguës, monté de manière coaxiale et frontale par rapport
au transducteur électrodynamique principal et qui comprend :
- un circuit magnétique secondaire distinct du circuit magnétique principal et définissant
un entrefer secondaire ;
- un équipage mobile comprenant un diaphragme solidaire d'une bobine mobile plongée
dans l'entrefer secondaire ;
- un guide d'onde monté au voisinage du diaphragme, et présentant une face située en
regard et au voisinage de celui-ci et délimitant une chambre de compression, ce guide
d'onde définissant une amorce de pavillon dans le prolongement de laquelle s'étend
la membrane du transducteur principal, de forme conique.
[0039] Un tel système procure les avantages suivants, grâce au montage coaxial frontal du
transducteur d'aigu par rapport au transducteur de grave :
- le retard temporel du premier par rapport au second peut être minimisé, au bénéfice
de l'homogénéité acoustique ;
- de même, il est possible de repousser les limites imposées à la directivité des systèmes
traditionnels caractérisés par le montage traversant du pavillon au centre du circuit
magnétique du transducteur de grave ;
- l'encombrement axial du système est égal à celui du transducteur de grave, et le surcroît
de masse devient négligeable ;
- la section de passage du flux magnétique est moins limitée et il est possible de maximiser
la valeur et la concentration du champ magnétique du transducteur principal, car il
n'est plus nécessaire de percer le circuit magnétique de celui-ci pour ménager un
passage constituant un début de pavillon pour le transducteur d'aigu.
[0040] Le transducteur secondaire peut être monté sur une face avant d'une pièce polaire
du circuit magnétique principal. Plus précisément, le circuit magnétique principal
inclut par exemple une pièce polaire arrière comprenant un noyau central ayant une
face avant sur laquelle est monté le transducteur secondaire.
[0041] Selon un mode de réalisation, la bobine mobile du transducteur principal comprend
un support et un solénoïde bobiné sur ce support, le transducteur secondaire peut
être reçu dans un espace du transducteur principal, délimité vers l'arrière par la
face avant de la pièce polaire du circuit magnétique principal, et latéralement par
la paroi cylindrique du support de bobine mobile, soit en position coaxiale « frontale
».
[0042] Le montage des transducteurs est de préférence réalisé de manière que les centres
acoustiques des transducteurs soient coïncidents ou quasiment coïncidents.
[0043] Selon un mode de réalisation, la tangente à l'amorce de pavillon, au niveau de la
jonction avec la membrane, forme avec un plan perpendiculaire à l'axe du transducteur
un angle compris entre 30° et 70°.
[0044] Par ailleurs, l'architecture du transducteur secondaire peut être avantageusement
de type « à endosquelette » et présenter un châssis interne fixe appelé endosquelette
sur lequel l'équipage mobile du transducteur secondaire est monté par l'intermédiaire
d'une suspension interne au diaphragme, l'équipage mobile du transducteur secondaire
étant de préférence dépourvu de suspension externe au diaphragme.
[0045] Le transducteur secondaire peut être fixé sur le transducteur principal par l'intermédiaire
de son endosquelette. Cet endosquelette comprend par exemple une platine, fixée au
circuit magnétique secondaire, et une tige solidaire de la platine et par laquelle
le transducteur est fixé sur le circuit magnétique principal.
[0046] Le guide d'onde du transducteur secondaire comprend par exemple une paroi latérale
externe et des ailettes qui font saillie radialement vers l'intérieur à partir de
cette paroi latérale.
[0047] En outre, cette paroi latérale peut être munie d'alvéoles extérieures dans lesquelles
s'étendent radialement des ailettes.
[0048] L'invention propose, en second lieu, une enceinte acoustique comprenant un système
de haut-parleur coaxial tel que décrit ci-dessus.
[0049] D'autres objets et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description
faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en coupe montrant un système de haut-parleur coaxial comprenant
un transducteur principal de grave, et un transducteur d'aigu à chambre de compression
;
- la figure 2 est une vue en coupe du transducteur d'aigu ;
- la figure 3 est une vue de dessus du transducteur d'aigu ;
- la figure 4 est une vue d'un détail de la figure 2 ;
- la figure 5 est une vue en coupe montrant un détail du transducteur d'aigu ;
- la figure 6 est une vue similaire à la figure 5, montrant une variante de réalisation
du transducteur d'aigu ;
- la figure 7 est une vue en perspective montrant une variante de réalisation d'un guide
d'onde pour un transducteur tel que représenté sur les figures 2 à 5 ;
- la figure 8 est une vue similaire à la figure 1, illustrant une variante de réalisation
;
- la figure 9 est une vue en perspective montrant une enceinte incluant un système de
haut-parleur coaxial tel que représenté sur la figure 1.
[0050] Sur la figure 1 est représenté un système
1 de haut-parleur coaxial à plusieurs voies. Dans l'exemple représenté, le système
1 comprend deux voies, mais on pourrait imaginer un système à trois voies ou plus.
[0051] Le système
1 est conçu pour couvrir un spectre acoustique étendu, dans l'idéal la totalité de
la bande audible. Il comprend un transducteur de grave
2, conçu pour reproduire une partie inférieure du spectre et que l'on dénommera « transducteur
principal », et un transducteur d'aigu
3, conçu pour reproduire une partie supérieure du spectre et que l'on dénommera « transducteur
secondaire ».
[0052] En pratique, le transducteur principal
2 peut être conçu pour reproduire le grave et/ou le medium, et éventuellement une partie
de l'aigu. A cet effet son diamètre sera de préférence compris entre 10 et 38 cm.
Bien que l'objet principal de la présente invention ne soit pas de définir des préconisations
concernant le spectre couvert par les différents transducteurs du système
1, précisons toutefois que le spectre couvert par le transducteur principal
2 peut couvrir le grave, c'est-à-dire la bande de 20 Hz à 200 Hz, ou bien le medium,
c'est-à-dire la bande de 200 Hz à 2 kHz, ou bien encore une partie au moins du grave
et du medium (et par exemple la totalité du grave et du medium), et éventuellement
une partie de l'aigu. A titre d'exemple, le transducteur principal peut être conçu
pour couvrir une bande de 20 Hz à 1 kHz ou de 20 Hz à 2 kHz, ou encore de 20 Hz à
5 kHz.
[0053] Le transducteur secondaire
3 est préférentiellement conçu pour que sa bande passante soit au moins complémentaire
dans l'aigu de celui du transducteur principal
2. Ainsi, on pourra veiller à ce que celle du transducteur secondaire
3 couvre au moins en partie le medium et la totalité de l'aigu, jusqu'à 20 kHz.
[0054] Il est préférable que les bandes de fréquence où la réponse en amplitude des transducteurs
2,3 est de niveau constant se chevauchent en partie et que le niveau de sensibilité du
transducteur d'aigu soit au moins égal à celui du transducteur de grave, afin d'éviter
une chute de la réponse globale du système
1 à certaines fréquences correspondant à la partie haute du spectre du transducteur
principal
2 et à la partie basse du spectre du transducteur secondaire
3.
[0055] Bien visible sur la figure
1, le transducteur principal
2 comprend un circuit magnétique principal
4 qui inclut un aimant
5 annulaire, pris en sandwich entre deux pièces polaires en acier doux formant des
plaques de champ, à savoir une pièce polaire arrière
6 et une pièce polaire avant
7, fixées sur deux faces opposées de l'aimant
5 par collage.
[0056] L'aimant
5 et les pièces polaires
6,
7 sont symétriques de révolution autour d'un axe commun
A1 formant l'axe général du transducteur principal
2 et que l'on dénomme ci-après « axe principal ».
[0057] Dans le mode de réalisation illustré, la pièce polaire arrière
6 est monobloc. Elle comprend un fond
8 annulaire fixé à une face arrière
9 de l'aimant
5, et un noyau
10 central cylindrique, qui présente à l'opposé du fond
8 une face avant
11 et est percé d'un alésage
12 central débouchant de part et d'autre de la culasse
6.
[0058] La pièce polaire ou plaque avant
7, possède une forme de rondelle annulaire. Elle présente une face arrière
13, par laquelle elle est fixée à une face avant
14 de l'aimant
5, et une face avant
15 opposée qui s'étend dans le même plan que la face avant
11 du noyau
10.
[0059] La plaque avant
7 présente en son centre un alésage
16 dont le diamètre interne est supérieur au diamètre externe du noyau
10, de sorte qu'entre cet alésage
16 et le noyau
10 qui s'y trouve logé est défini un entrefer
17 dit principal dans lequel règne une partie du champ magnétique généré par l'aimant
5.
[0060] Le transducteur principal
2 comprend par ailleurs un châssis
18 appelé saladier, qui inclut une embase
19 par laquelle le saladier
18 est fixé sur le circuit magnétique principal
4 - et plus précisément sur la face avant
15 de la plaque avant
7 -, une couronne
20 par laquelle le transducteur
2 est fixé à une structure porteuse, et une pluralité de branches
21 reliant l'embase
19 à la couronne
20.
[0061] Le transducteur principal
2 comprend en outre un équipage mobile
22 incluant une membrane
23 et une bobine mobile
24 comprenant un solénoïde
25 enroulé sur un support
26 cylindrique solidaire de la membrane
23.
[0062] La membrane
23 est réalisée dans un matériau rigide et léger tel que de la pulpe de cellulose imprégnée,
et présente une forme conique ou pseudo-conique de révolution autour de l'axe
A1 principal, à génératrice curviligne (par exemple suivant une loi circulaire, exponentielle
ou hyperbolique).
[0063] La membrane
23 est fixée sur le pourtour de la couronne
20 par l'intermédiaire d'une suspension périphérique
27 (encore appelée bord) qui peut être constituée par une pièce torique rapportée et
collée à la membrane
23. La suspension
27 peut être réalisée en élastomère (par exemple caoutchouc naturel ou synthétique),
en polymère (alvéolaire ou non) ou dans un tissu ou un non-tissé imprégné et enduit.
[0064] En son centre, la membrane
23 définit une ouverture
28 sur le bord interne de laquelle le support
26 est fixé par une extrémité avant par collage. Le centre géométrique de l'ouverture
28 est considéré, en première approximation, comme étant le centre acoustique
C1 du transducteur principal
2, c'est-à-dire la source ponctuelle équivalente à partir de laquelle est émis le rayonnement
acoustique du transducteur principal
2.
[0065] Un cache-noyau
29 hémisphérique, réalisé dans un matériau non émissif acoustiquement, peut être fixé
à la membrane
23 au voisinage de l'ouverture
28 pour protéger celle-ci de l'intrusion de poussières.
[0066] Le solénoïde
25, réalisé dans un fil métallique conducteur (par exemple en cuivre ou en aluminium)
est bobiné sur le support
26, à une extrémité arrière de celui-ci plongeant dans l'entrefer principal
17. Suivant le diamètre du transducteur principal
2, le diamètre du solénoïde
25 peut être compris entre 25 mm et plus de 100 mm.
[0067] Le centrage, le rappel élastique et le guidage axial de l'équipage mobile
22 sont assurés conjointement par la suspension périphérique
27 et par une suspension centrale
30, encore appelée spider, de forme généralement annulaire, à corrugations concentriques,
présentant un bord périphérique
31 par lequel le spider
30 est fixé (par collage) à un rebord
32 du saladier
18 voisin de l'embase
19, et un bord intérieur
33 par lequel le spider
30 est fixé (également par collage) au support
26 cylindrique.
[0068] L'apport du signal électrique au solénoïde
25 est réalisé de manière classique au moyen de deux conducteurs électriques (non représentés)
reliant chacune des deux extrémités du solénoïde
25 à une borne du transducteur
2 où s'effectue le raccord avec un amplificateur de puissance.
[0069] Comme cela est illustré sur la figure 1, le transducteur secondaire
3 est logé dans le transducteur principal
2 en étant reçu dans un espace central frontal (c'est-à-dire du côté avant du circuit
magnétique
4) délimité vers l'arrière par la face avant
11 du noyau
10, et latéralement par la paroi interne du support
26.
[0070] Le transducteur secondaire
3 comprend un circuit magnétique
34 secondaire, distinct du circuit magnétique principal
4, qui inclut un aimant permanent
35 annulaire central, pris en sandwich entre deux pièces polaires formant des plaques
de champ, à savoir une pièce polaire arrière
36 et une pièce polaire avant
37, fixées sur deux faces opposées de l'aimant
35 par collage.
[0071] L'aimant
35 et les pièces polaires
36,
37 sont symétriques de révolution autour d'un axe
A2 commun formant l'axe général du transducteur secondaire
3 et que l'on dénomme ci-après « axe secondaire».
[0072] L'aimant
35 est de préférence réalisé dans un alliage de terre rare néodyme-fer-bore, qui présente
l'avantage d'offrir une densité énergétique élevée (jusqu'à 12 fois plus importante
que celle d'un aimant permanent de ferrite de baryum de taille équivalente).
[0073] Comme cela est bien visible sur la figure 2, la pièce polaire arrière
36, dénommée culasse, est en l'occurrence monobloc et réalisée en acier doux. Elle présente
une forme de coupe de section diamétrale en U, et comprend un fond
38 fixé à une face arrière
39 de l'aimant
35, et une paroi latérale
40 périphérique s'étendant axialement à partir du fond
38. La paroi latérale
40 se termine, à une extrémité avant opposée au fond
38, par une face avant
41 annulaire. Le fond
38 présente une face arrière
42 appliquée contre la face avant
11 du noyau
10, de manière coaxiale, c'est-à-dire de telle sorte que l'axe secondaire
A2 soit sensiblement confondu avec l'axe principal
A1.
[0074] La pièce polaire avant
37, dénommée noyau, est également réalisée en acier doux. Elle est de forme annulaire
et présente une face arrière
44, par laquelle elle est fixée à une face avant
45 de l'aimant
35, et une face avant
46 opposée qui s'étend dans le même plan que la face avant
41 de la paroi latérale
40 de la culasse
36.
[0075] Comme cela est visible sur la figure 2, le circuit magnétique
34 est extra-plat, c'est-à-dire que son épaisseur est faible comparée à son diamètre
hors tout. Par ailleurs, le circuit magnétique
34 s'étend jusqu'au diamètre extérieur du transducteur
3. En d'autres termes, la taille du circuit magnétique
34 est maximalisée par rapport au diamètre hors tout du transducteur
3, ce qui augmente sa tenue en puissance ainsi que la valeur du champ magnétique, et
donc la sensibilité du transducteur
3.
[0076] Le noyau
37 présente un diamètre hors tout inférieur au diamètre interne de la paroi latérale
40 de la culasse
36, de sorte qu'entre le noyau
37 et la paroi latérale
40 de la culasse
36 est défini un entrefer
47 secondaire dans lequel est concentrée la majeure partie du champ magnétique généré
par l'aimant
35.
[0077] Au niveau de l'entrefer
47, les arêtes du noyau
37 et de la culasse
36 peuvent être chanfreinées, ou de préférence et comme cela est illustré sur la figure
2, arrondies de manière à éviter les bavures néfastes.
[0078] Le transducteur secondaire
3 comprend en outre un équipage mobile
48 incluant un diaphragme
49 en forme de dôme et une bobine mobile
50 solidaire du diaphragme
49.
[0079] Le diaphragme
49 est réalisé dans un matériau rigide et léger, par exemple en polymère thermoplastique
ou encore dans un alliage léger à base d'aluminium, en magnésium ou titane. Il est
positionné de sorte à recouvrir le circuit magnétique
34 du côté du noyau
37, et de manière que son axe de symétrie de révolution soit confondu avec l'axe secondaire
A2. Dans ces conditions, le sommet du diaphragme
49, situé sur l'axe secondaire
A2, peut être considéré comme le centre acoustique
C2 de celui-ci, c'est-à-dire la source ponctuelle équivalente à partir de laquelle est
émis le rayonnement acoustique du transducteur secondaire
3.
[0080] Le diaphragme
49 présente un bord périphérique
51 circulaire légèrement relevé pour faciliter la fixation de la bobine mobile
50.
[0081] La bobine mobile
50 comprend un solénoïde en fil (de section circulaire ou rectangulaire) métallique,
conducteur (par exemple en cuivre ou en aluminium), d'une largeur préférée de 0,3
mm, enroulé en spirale pour former un cylindre dont une extrémité supérieure est fixée
par collage au bord périphérique
51 relevé du diaphragme
49. La bobine
50 est ici dépourvue de support (mais pourrait en comporter un).
[0082] La bobine mobile
50 est plongée dans l'entrefer secondaire
47. Le diamètre intérieur de la bobine mobile 50 est très légèrement supérieur au diamètre
extérieur du noyau
37, de sorte que le jeu fonctionnel intérieur ménagé entre la bobine mobile
50 et le noyau
37 soit faible devant la largeur de l'entrefer
47. En variante, les jeux fonctionnels pourraient être dimensionnés de manière conventionnelle.
[0083] Selon un mode préféré de réalisation, le pourtour au moins du noyau
37 est de préférence revêtu d'une fine couche de polymère à bas coefficient de frottement,
tel que polytétrafluoroéthylène (PTFE ou téflon) d'une épaisseur voisine au centième
de millimètre (ou inférieure), et de préférence de quelques dizaines de µm (par exemple
environ 20 µm).
[0084] Il en résulte qu'en dépit du faible jeu entre le noyau
37 et la bobine mobile
50, d'une part, que la mise en place de la bobine mobile
50 dans l'entrefer
47 est relativement aisée et, d'autre part, qu'en fonctionnement le mouvement axial
de la bobine mobile
50 n'est pas contrarié par la proximité du noyau
37, même dans l'hypothèse où ces deux éléments viendraient accidentellement et temporairement
au contact l'un de l'autre.
[0085] En pratique, la bobine mobile
50 et l'entrefer
47 sont de préférence dimensionnés de manière que :
- le jeu entre la bobine mobile 50 et le noyau 37 (revêtement compris) soit inférieur au dixième de millimètre, et par exemple compris
entre 0,05 et 0,1 mm. Selon un mode préféré de réalisation, le jeu intérieur est de
0,08 mm (sans qu'il soit exclu de dimensionner ce jeu de manière classique) ;
- le jeu extérieur ménagé entre la bobine mobile 50 et la paroi latérale 40 de la culasse 36 soit inférieur à 0,2 mm, et par exemple compris entre 0,1 mm et 0,2 mm. Selon un
mode préféré de réalisation, le jeu extérieur est de 0,17 mm.
[0086] Ainsi, la largeur maximale de l'entrefer
47, pour une bobine mobile
50 de 0,3 mm de large, est de 0,6 mm (avec un jeu intérieur de 0,1 mm et un jeu extérieur
de 0,2 mm). Dans cette configuration, le taux d'occupation de la bobine mobile
50 dans l'entrefer
47, égal au rapport des sections de la bobine mobile
50 et de l'entrefer
47, est voisin de 50%. Dans la configuration préférée, pour une largeur d'entrefer de
0,55 mm, un jeu intérieur de 0,08 mm et un jeu extérieur de 0,17 mm, le taux d'occupation
de la bobine mobile
50 dans l'entrefer
47 est de l'ordre de 55%.
[0087] Ces valeurs sont à comparer aux taux d'occupation des transducteurs de l'art antérieur,
inférieurs à 35% environ.
[0088] Il résulte de la largeur réduite de l'entrefer
47 une augmentation de la densité de flux magnétique dans l'entrefer
47, et une augmentation subséquente du niveau de sensibilité du transducteur
3, la sensibilité variant comme le carré de la densité de flux magnétique dans l'entrefer
47.
[0089] On peut avoir avantage à garnir l'entrefer
47 d'une huile minérale chargée de particules magnétiques, par exemple du type commercialisé
par la société FERROTEC sous la dénomination commerciale Ferrofluid (marque déposée).
Une telle garniture a les avantages suivants :
- elle favorise le centrage de la bobine mobile 50 dans l'entrefer 47,
- elle a une fonction de lubrification dynamique, au bénéfice du silence de fonctionnement
du transducteur 3,
- grâce à sa conductivité thermique très supérieure à celle de l'air, elle favorise
l'évacuation vers le circuit magnétique 34, et en particulier vers la culasse 36, de la chaleur produite par effet Joule dans la bobine mobile 50.
[0090] Le transducteur secondaire
3 comprend en outre un support
52 fixé au circuit magnétique
34 secondaire, et auquel est suspendu l'équipage mobile
48. Le support
52, réalisé dans un matériau diamagnétique et électriquement isolant, par exemple un
matériau thermoplastique tel que polyamide ou polyoxyméthylène (chargé verre ou non),
présente une forme générale symétrique de révolution autour d'un axe confondu avec
l'axe secondaire
A2, à section en forme de T.
[0091] Le support
52, monobloc, forme un endosquelette pour le transducteur
3, comprenant une platine
53 annulaire appliquée contre la face avant
46 du noyau
37, et une tige
54 cylindrique qui s'étend en saillie vers l'arrière à partir du centre de la platine
53, et qui vient se loger dans un emplacement
55 cylindrique complémentaire pratiqué dans le circuit magnétique
34 et formé par une succession de perçages coaxiaux pratiqués dans la culasse
36, l'aimant
35 et le noyau
37.
[0092] Comme illustré sur la figure 2, l'endosquelette
52 est rigidement fixé au circuit magnétique
34 au moyen d'un écrou
56 vissé sur une portion filetée de la tige
54 et serré contre la culasse
36, à l'intérieur d'un lamage
57 pratiqué sur la face arrière
42, en son centre. De la sorte, la platine
53 est fermement plaquée contre la face avant
46 du noyau
37, sans possibilité de rotation. Cette fixation peut éventuellement être complétée par
l'application d'un film de colle entre la platine
53 et le noyau
37.
[0093] Compte tenu de sa localisation frontale par rapport au circuit magnétique
34, la platine
53 s'étend dans le volume interne lenticulaire délimité par le diaphragme
49. La platine
53 comprend une jante annulaire
58 périphérique et un disque
59 central auquel se raccorde la tige
54. Le disque
59 peut être percé de trous
60 dont une fonction est de maximiser le volume d'air sous le diaphragme
49, de manière à diminuer la fréquence de résonance de l'équipage mobile
48.
[0094] La jante
58 a sensiblement le profil d'une poulie et comprend une gorge
61 annulaire périphérique qui débouche radialement vers l'extérieur, en regard d'une
portion annulaire
62 périphérique de la surface interne du diaphragme
49, située à proximité du bord
51.
[0095] La gorge
61 sépare la jante
58 en deux flasques en vis-à-vis formant les parois latérales de la gorge
61, à savoir un flasque arrière
63, en appui contre la face avant
46 du noyau
37, et un flasque avant
64. Les flasques
63,64 sont reliés par une âme
65 cylindrique formant le fond de la gorge
61.
[0096] L'équipage mobile
48 est monté sur l'endosquelette
52 au moyen d'une suspension
66 intérieure qui assure la liaison entre le diaphragme
49 et la platine
53. Cette suspension
66 se présente sous forme d'une pièce de révolution réalisée dans un matériau léger,
élastique et non émissif acoustiquement (on peut à cet effet choisir un matériau poreux).
Ce matériau est de préférence résistant à la chaleur régnant dans le transducteur,
et son élasticité est choisie pour que la fréquence de résonance de l'équipage mobile
48 soit inférieure à la fréquence la plus basse reproduite par le transducteur
3 (en l'espèce 500 Hz à 2 kHz).
[0097] Du fait de la non émissivité acoustique de la suspension
66, seul le diaphragme en dôme
49 émet un rayonnement acoustique. De la sorte, on évite modes propres, résonances,
et plus généralement le rayonnement acoustique parasite de la suspension
66, qui viendrait interférer avec celui du diaphragme
49 et altérer les performances du transducteur
3.
[0098] Selon un mode de réalisation préféré, dénommé ici « montage flottant » et illustré
notamment sur les figures 2, 4 et 5, la suspension
66 présente une section de forme sensiblement polygonale et comprend un bord interne
67 droit, c'est-à-dire cylindrique de révolution autour de l'axe secondaire
A2, et un bord externe
68 périphérique sensiblement tronconique.
[0099] La suspension peut être réalisée dans un tissu de fibres naturelles (par exemple
coton) ou synthétiques (par exemple polyester, polyacrylique, nylon, et plus particulièrement
les aramides, dont le Kevlar, marque déposée) ou dans un mélange de fibres naturelles
et synthétiques (par exemple coton-polyester), ces fibres étant imprégnées d'une résine
thermodurcissable ou thermoplastique, qui confère tenue et raideur et élasticité à
la suspension
66. Mais la suspension -sera de préférence réalisée dans une mousse de polymère réticulée
(par exemple de polyester ou de mélamine), particulièrement bien adaptée car présentant
une porosité élevée.
[0100] Par son bord externe
68 tronconique, la suspension
66 est fixée, par collage, sur la portion périphérique
62 de la surface intérieure du diaphragme
49. En variante, dans l'hypothèse où la bobine mobile
50 comprendrait un support cylindrique solidaire du diaphragme
49 et sur lequel serait monté le solénoïde, la suspension
66 pourrait être fixée, par son bord périphérique externe (qui serait alors cylindrique),
sur la surface intérieure de ce support.
[0101] Comme illustré sur la figure 2, l'épaisseur de la suspension
66 (mesurée suivant l'axe secondaire
A2), bien qu'inférieure à sa longueur libre (mesurée radialement entre les flasques
63,
64 et la surface
62 interne du diaphragme
49), n'est pas négligeable par rapport à celle-ci, mais est du même ordre de grandeur.
Plus précisément, le rapport entre la longueur libre et l'épaisseur de la suspension
66 est préférentiellement inférieur à 5 (en l'occurrence ce rapport est inférieur à
3). Le fait de minimiser ainsi la longueur libre de la suspension
66 permet de stabiliser l'équipage mobile
48 et l'empêcher de basculer (effet anti-tangage).
[0102] Du côté de son bord interne
67, la suspension
66 est logée dans la gorge
61 en étant légèrement comprimée entre les flasques
63,
64 de manière à éviter les bruits parasites, mais sans toutefois être fixée à ceux-ci.
En outre, le diamètre interne de la suspension
66 est supérieur au diamètre interne de la gorge
61 (c'est-à-dire au diamètre externe de l'âme
65 de la jante), de sorte qu'un espace annulaire
69 est ménagé entre la suspension
66 et l'âme
65.
[0103] De la sorte, la suspension
66 est flottante par rapport à la jante
58 de la platine
53, avec une possibilité de débattement radial, la suspension
66 pouvant glisser par rapport aux flasques
63,
64. Afin de favoriser ce glissement, on peut appliquer sur les flasques
63,
64 une couche de lubrifiant pâteux tel que de la graisse. Le jeu radial défini par l'espace
annulaire
69 entre la suspension
66 et l'âme
65 (c'est-à-dire le fond de la gorge
61) est de préférence inférieure à 1 mm. Suivant un mode préféré de réalisation, ce
jeu est d'environ 0,5 mm. Sur les figures on a exagéré ce jeu à des fins de clarté.
[0104] Selon une variante de montage dit « non flottant », la suspension
66 peut être collée à l'intérieur des flasques
63,
64 au lieu d'être simplement graissée. Dans ce cas, le dimensionnement des jeux radiaux
seront du type conventionnel et non réduits comme dans le montage flottant décrit
ci-dessus. En montage non flottant, l'équipage mobile
48 sera centré par rapport à l'entrefer au moyen d'un outil de centrage (encore appelé
« fausse culasse »), de la manière décrite ci-après à propos de la variante de suspension
66 de type « spider » représentée sur la figure 6.
[0105] En outre, il est préférable que la partie de la suspension
66 logée dans la gorge
61 soit de largeur (mesurée radialement) supérieure ou égale à son épaisseur, de manière
à garantir une liaison mécanique de type appui-plan et minimiser tout effet néfaste
de basculement de la suspension
66 par rapport à la platine
53.
[0106] La suspension
66 s'étend ainsi intérieurement au diaphragme
49. La suppression d'une suspension périphérique externe permet de supprimer les interférences
acoustiques existant dans les transducteurs connus entre le rayonnement du diaphragme
et celui de sa suspension.
[0107] En outre, la suspension
66 n'exerçant aucune contrainte radiale sur le diaphragme
49, elle n'impose pas de fonction de centrage de celui-ci par rapport au circuit magnétique
34 secondaire, au bénéfice de la simplicité d'assemblage du transducteur secondaire
3, ou du remplacement du diaphragme
49 en cas de défaillance.
[0108] Le centrage du diaphragme
49 est réalisé au niveau de la bobine mobile
50, qui est ajustée avec faible jeu sur le noyau
37 et se centre automatiquement par rapport à celui-ci dès lors que la bobine mobile
50, plongée dans le champ magnétique de l'entrefer
47, est mise en mouvement par un courant électrique de modulation.
[0109] En revanche, la suspension
66 assure une fonction de rappel de l'équipage mobile
48 vers une position médiane de repos, adoptée en l'absence de contrainte axiale s'exerçant
sur la bobine mobile
50 (c'est-à-dire, en pratique, en l'absence de courant parcourant celle-ci). C'est dans
cette position médiane que l'on a représenté le transducteur secondaire
3 sur les figures.
[0110] La suspension
66 assure également une fonction de maintien de l'assiette du diaphragme
49, c'est-à-dire de maintien du bord périphérique
51 du diaphragme
49 dans un plan perpendiculaire à l'axe secondaire
A2, afin d'éviter tout basculement ou tangage du diaphragme
49 qui grèverait son fonctionnement.
[0111] On a représenté sur la figure 6 une variante de réalisation du transducteur secondaire
3, dite « non flottante » qui se distingue du mode de réalisation préféré qui vient
d'être décrit par la conception de la suspension
66 et la forme de l'endosquelette
52.
[0112] La suspension
66 est en effet de type spider et réalisée dans un tissu de fibres naturelles (par exemple
coton) ou synthétiques (par exemple polyester, polyacrylique, nylon, et plus particulièrement
les aramides, dont le Kevlar, marque déposée) ou dans un mélange de fibres naturelles
et synthétiques (par exemple coton-polyester), ces fibres étant imprégnées d'une résine
thermodurcissable ou thermoplastique, qui, après conformation par thermoformage, confère
tenue, raideur et élasticité à la suspension
66.
[0113] La suspension comprend une portion interne
98 annulaire, plane, fixée par collage sur une face supérieure
99 de la platine
53, et une portion périphérique
100 qui s'étend autour de la portion interne
98. La portion périphérique
100 s'étend radialement librement au-delà de la platine
53 et comprend des ondulations
101 qui peuvent être obtenues par thermoformage.
[0114] Par un bord externe
102, la suspension
66 est fixée, par collage, sur la surface intérieure du diaphragme
49, à proximité du bord périphérique
51 de celui-ci. En variante, dans l'hypothèse où la bobine mobile
50 comprendrait un support cylindrique solidaire du diaphragme
49 et sur lequel serait monté le solénoïde, la suspension
66 pourrait être fixée, par son bord externe, sur la surface intérieure de ce support.
[0115] Il est à noter que l'équipage mobile
48 doit être parfaitement centré par rapport au circuit magnétique
34, et plus précisément par rapport à l'entrefer
47 dans lequel la bobine mobile
50 est logée. A cet effet, on utilise un montage de centrage (-encore appelé fausse
culasse) dans lequel est positionné l'endosquelette
52. Le montage de centrage comprend un alésage (d'un diamètre égal à celui du logement
55) dans lequel est introduite la tige
54 de l'endosquelette
52. Le collage de la suspension
66 sur la platine
53 est réalisé ensuite. Avant que la colle n'ait pris, on assure le centrage du diamètre
intérieur de la bobine mobile
50 par rapport à l'alésage du montage de centrage, ce qui assure le centrage de l'équipage
mobile
48 par rapport à l'endosquelette
52. Après séchage de la colle, l'ensemble comprenant l'équipage mobile
48 et l'endosquelette
52 peut alors être monté en étant parfaitement centré dans le circuit magnétique
34, en fabrication comme en cas de réparation par remplacement de l'équipage mobile
48.
[0116] Le courant électrique est amené à la bobine mobile
50 par deux circuits électriques
70 qui relient les extrémités de la bobine mobile
50 à deux bornes électriques (non représentées) d'alimentation du transducteur
3.
[0117] Comme cela est illustré sur la figure 2, chaque circuit électrique
70 comprend :
- un conducteur 71 de forte section, comprenant un fil de cuivre isolé par une gaine plastique, traversant
le circuit magnétique 34 en étant logé dans une rainure pratiquée longitudinalement dans la tige 54 de l'endosquelette 52, et dont une extrémité avant dénudée 72 débouche dans le volume interne au diaphragme 49 en faisant saillie du circuit magnétique 34 au niveau de l'un des trous 60 du disque ;
- un élément de -jonction électrique sous forme, par exemple d'un oeillet 73 métallique (en cuivre ou en laiton) serti dans ce trou 60 et auquel l'extrémité dénudée 72 du conducteur 71 est raccordée électriquement (par exemple par l'intermédiaire d'un point de soudure,
non représenté) ;
- un conducteur 74 de faible section, sous forme d'une tresse métallique très souple et convenablement
conformée, qui s'étend dans le volume interne du diaphragme 49 en enjambant la jante 58 et la suspension 66, dans le cas du mode de réalisation préféré dit « montage flottant » et dont une
extrémité interne 75 est raccordée électriquement à l'oeillet 73 (par exemple par l'intermédiaire d'une soudure, non représentée), et dont une extrémité
externe opposée est raccordée électriquement à une extrémité de la bobine mobile 50.
[0118] Un seul conducteur
74 de faible section est visible sur la figure 2, le deuxième conducteur de faible section,
diamétralement opposé au premier, étant situé en avant du plan de coupe de la figure.
[0119] La forme arquée (en U), ajoutée à la grande souplesse de ces conducteurs
74, leur permet de se déformer sans difficulté et de suivre les mouvements de débattement
du diaphragme
49 accompagnant les vibrations de la bobine mobile
50, sans appliquer de contrainte mécanique radiale ou axiale pouvant compromettre la
liberté de positionnement de l'équipage mobile
48.
[0120] Le transducteur secondaire
3 comprend enfin un guide
76 d'onde acoustique, solidaire du circuit magnétique
34.
[0121] Le guide d'onde
76 se présente sous forme d'une pièce monobloc réalisée dans un matériau ayant une conductivité
thermique élevée, supérieure à 50 W.m
-1.K
-1, par exemple en aluminium (ou dans un alliage d'aluminium).
[0122] Le guide d'onde
76, de forme de révolution, est fixé sur la culasse
36 et comprend une paroi latérale
77 externe sensiblement cylindrique qui s'étend dans le prolongement de la paroi latérale
40 de la culasse
36. La fixation est de préférence effectuée par vissage, au moyen d'un nombre de vis
égal ou supérieur à 3. Afin de maximiser le contact thermique entre les deux pièces,
il est avantageux de compléter ce vissage par une enduction de pâte thermoconductrice.
[0123] Comme cela est visible sur les figures 2 et 5, le guide d'onde
76 présente, sur un bord périphérique arrière, une jupe
78 qui vient s'ajuster sur un décrochement
79 pratiqué dans la culasse
36, de profil complémentaire. Il en résulte un centrage précis du guide d'onde
76 par rapport à la culasse
36 et, plus généralement, par rapport au circuit magnétique
34 et au diaphragme
49. De plus, la conduction thermique entre les deux pièces
36,
76 s'en trouve améliorée.
[0124] Le guide d'onde
76 présente une face arrière
80 ayant une forme en calotte sensiblement sphérique, qui s'étend de manière concentrique
au diaphragme
49, en regard et au voisinage d'une face externe de celui-ci qu'elle couvre partiellement.
[0125] Selon un mode préféré de réalisation illustré sur les figures 1 à 5, la face arrière
80 est ajourée et comprend une portion périphérique
81 continue qui s'étend au voisinage du bord arrière du guide d'onde
76, et une portion centrale
82 discontinue portée par une série d'ailettes
83 faisant saillie radialement depuis la paroi latérale
77 vers l'intérieur (c'est-à-dire vers l'axe
A2 du transducteur
3). La face arrière
80 est délimitée intérieurement - c'est-à-dire du côté du diaphragme
49 - par une arête
84 de forme pétaloïde.
[0126] Comme cela est visible sur la figure 3, les ailettes
83 ne se rejoignent pas sur l'axe
A2 mais s'interrompent à une extrémité interne située à distance de l'axe
A2. A leur sommet, les ailettes
83 présentent chacune une arête
85 curviligne.
[0127] La paroi latérale
77 du guide d'onde
76 est délimitée intérieurement par une face avant
86 tronconique discontinue répartie sur une pluralité de secteurs angulaires
87 qui s'étendent entre les ailettes
83. Cette face avant
86 forme une amorce de pavillon s'étendant de l'intérieur vers l'extérieur et depuis
un bord arrière, formé par l'arête pétaloïde
84 constituant une gorge de l'amorce de pavillon
86, jusqu'à un bord avant
88 qui constitue une bouche de l'amorce de pavillon
86. Les secteurs angulaires
87 de l'amorce de pavillon
86 sont des portions d'un cône de révolution dont l'axe de symétrie est confondu avec
l'axe secondaire
A2, et dont la génératrice est curviligne (par exemple suivant une loi circulaire, exponentielle
ou hyperbolique). L'amorce de pavillon
86 assure une adaptation continue d'impédance acoustique entre le milieu aérien délimité
par la gorge
84 et le milieu aérien délimité par la bouche
88.
[0128] Selon un mode de réalisation, la tangente à l'amorce de pavillon
86 sur la bouche
88 forme avec un plan perpendiculaire à l'axe
A2 du transducteur
3 secondaire un angle compris entre 30° et 70°. Dans l'exemple illustré sur les dessins,
cet angle est de 50° environ.
[0129] Les ailettes
83, dont la fonction sera décrite plus loin, présentent chacune latéralement deux joues
89 qui se raccordent extérieurement aux secteurs angulaires
87 de l'amorce de pavillon
86 par l'intermédiaire de congés
90.
[0130] Dans la variante de réalisation illustrée sur la figure 7, le guide d'onde
76 forme non une amorce de pavillon mais un pavillon complet (par exemple symétrique
de révolution autour de l'axe secondaire
A2), dont la gorge
84 est de contour circulaire et dont la longueur est telle que, lorsque le transducteur
secondaire
3 est monté dans le transducteur principal
2, la bouche
88 peut s'étendre, comme sur la figure 8, au delà du niveau de la suspension périphérique
27 de la membrane
23.
[0131] Le guide d'onde
76 délimite sur le diaphragme
49 deux zones distinctes et complémentaires, à savoir :
- une zone interne 91 découverte, de forme pétaloïde, délimitée extérieurement par la gorge 84,
- une zone externe 92 couverte, de forme complémentaire de la zone couverte 91, délimitée intérieurement par la gorge 84.
[0132] La face arrière
80 du guide d'onde
76 et la zone externe
92 couverte correspondante du diaphragme
49 définissent entre elles un volume d'air
93 appelé chambre de compression, dans laquelle le rayonnement acoustique du diaphragme
49 vibrant entraîné par la bobine mobile
50 se déplaçant dans l'entrefer
47 n'est pas libre, mais comprimé. La zone interne
91 découverte communique directement avec la gorge
84 en regard, qui concentre le rayonnement acoustique de la totalité du diaphragme
49.
[0133] Le taux de compression du transducteur
3 est défini par le quotient de sa surface émissive, correspondant à la surface plane
délimitée par le diamètre hors tout de la membrane
49 (mesuré sur le bord
51) par la surface délimitée par la projection, dans un plan perpendiculaire à l'axe
A2, de la gorge
84. Ce taux de compression est de préférence supérieur à 1,2:1, et par exemple d'environ
1,4:1. Des taux de compression supérieurs, par exemple jusqu'à 4:1, sont envisageables.
[0134] Comme cela est représenté sur la figure 1, le transducteur secondaire
3 est monté dans le transducteur principal
2 à la fois :
- de manière coaxiale, c'est-à-dire que l'axe principal A1 et l'axe secondaire A2 sont confondus,
- de manière frontale, c'est-à-dire que le transducteur secondaire 3 est placé à l'avant
du circuit magnétique 4 principal (autrement dit du côté du circuit magnétique 4 où s'étend la membrane 23).
[0135] En pratique, le transducteur secondaire
3 est fixé sur le circuit magnétique principal
4 à l'avant de celui-ci en étant reçu, comme nous l'avons déjà vu, dans l'espace délimité
vers l'arrière par la face avant
11 du noyau
10, et latéralement par la paroi interne du support cylindrique
26, la culasse
36 du circuit magnétique secondaire
34 étant plaquée directement ou par l'intermédiaire d'une entretoise contre la face
avant
11 du noyau
10. A cet effet, le transducteur secondaire
3 présente un diamètre hors tout inférieur au diamètre intérieur du support cylindrique
26. Toutefois il est préférable de minimiser le jeu entre le transducteur secondaire
3 et le support
26, de manière à réduire l'effet acoustique néfaste produit par la cavité annulaire
ménagée entre eux. Ce jeu doit toutefois être suffisant pour éviter les frottements
du support
26 sur le transducteur secondaire 3. Un jeu faible, de quelques dixièmes de millimètres
(par exemple compris entre 0,2 mm et 0,6 mm) constitue un bon compromis (sur les figures
1 et 7 on a exagéré ce jeu, à des fins de clarté des dessins).
[0136] La tige
54 de l'endosquelette
52 est reçue dans l'alésage
12 du noyau
10, et le transducteur secondaire
3 est rigidement fixé au circuit magnétique
4 du transducteur principal
2 au moyen d'un écrou
94 vissé sur une portion filetée de la tige
54 et serré contre la culasse 6 avec interposition éventuelle d'une rondelle, comme
cela est illustré sur la figure 1.
[0137] Ce montage, qualifié de « frontal » par opposition au montage à l'arrière dans lequel
le transducteur est monté sur la face arrière de la culasse (cf. par exemple le brevet
Tannoy
US 4,164,631), est rendu possible grâce à l'architecture particulière du transducteur d'aigu
3 qui est de type dit « à endosquelette ».
[0138] Premièrement, la localisation de la suspension
66 à l'intérieur du diaphragme
49 en forme de dôme et la réalisation de la suspension
66 dans un matériau non émissif acoustiquement supprime les interférences acoustiques
entre la suspension
66 et le diaphragme
49.
[0139] Deuxièmement, le fait que la suspension
66 s'étende à l'intérieur du diaphragme
49 et non à l'extérieur de celui-ci permet d'augmenter la surface émissive à 100% du
diamètre hors tout du diaphragme
49.
[0140] Cette augmentation de la surface émissive du diaphragme
49 permet un gain substantiel en sensibilité du transducteur
3, puisque ce gain est proportionnel au carré de la surface émissive. En pratique,
l'architecture du transducteur
3 permet, à diamètre hors tout du transducteur égal, une augmentation de la surface
émissive pouvant s'élever à 17%. Il en résulte pour cette valeur un gain en sensibilité
de 1,4 dB environ.
[0141] Troisièmement, grâce à l'absence de suspension externe au diaphragme, le diamètre
de la bobine mobile
50 peut être augmenté, en étant rendu égal au diamètre du diaphragme
49. Il en résulte une augmentation de la puissance admissible de la bobine mobile
50, proportionnelle à l'augmentation de son diamètre. Plus précisément, une augmentation
du diamètre de la bobine mobile de 20% induit un gain équivalent de la tenue en puissance.
[0142] Quatrièmement, la fixation de l'équipage mobile
48 étant réalisée à l'intérieur du diaphragme
49, via la suspension
66 et l'endosquelette
52, le transducteur
3 est délivré de l'encombrement radial d'un support externe au diaphragme
49. Compte tenu du caractère émissif à 100% du diaphragme
49, on accroît ainsi significativement le ratio Surface émissive / Encombrement radial
hors tout (égal au quotient des carrés des rayons du diaphragme et du transducteur),
qui peut s'élever à 70% environ.
[0143] Ce ratio permet de réaliser une amorce de pavillon
86 courte axialement, ce qui autorise effectivement le montage du transducteur
3 de manière axiale et frontale dans le transducteur de grave
2, avec raccordement tangentiel de l'amorce de pavillon
86 au profil de la membrane
23 du transducteur de grave
2.
[0144] En outre, l'absence d'exosquelette évite le confinement thermique du circuit magnétique
34. Cet aspect, combiné au contact thermique direct entre la culasse
36 et le guide d'onde
76, réalisé dans un matériau bon conducteur de la chaleur, permet d'améliorer significativement
la capacité de dissipation thermique du transducteur
3, et donc sa tenue en puissance.
[0145] Comme nous l'avons déjà indiqué, le transducteur
3 est délivré de l'encombrement radial d'un support externe au diaphragme
49 puisque ce support est réalisé au moyen d'un endosquelette
52. Cet aspect, combiné à l'augmentation du diamètre de la bobine mobile
50, égal à celui du diaphragme
49, permet d'augmenter le diamètre du circuit magnétique
34, qui peut égaler le diamètre hors tout du transducteur
3, comme cela apparaît sur la figure 2 et la figure 6.
[0146] Il en résulte un gain en produit BL (produit du champ magnétique dans l'entrefer
47 par la longueur de fil du solénoïde
50, auquel est proportionnelle la force de Laplace générant les déplacements de l'équipage
mobile
48), d'où un gain en sensibilité du transducteur (proportionnel au carré de l'augmentation
du produit BL), En pratique, on peut obtenir avec l'architecture de type « à endosquelette
» du transducteur
3 une augmentation du produit BL supérieure à 40% environ, et donc un gain en sensibilité
pouvant s'élever à 3 dB environ.
[0147] Outre le positionnement coaxial frontal du transducteur secondaire
3 par rapport au transducteur principal 2, leurs géométries respectives, en particulier
(mais non seulement) les épaisseurs des circuits magnétiques
4,34 et la courbure (et par conséquent la profondeur) de la membrane
23, sont de préférence adaptées pour permettre une coïncidence au moins approximative
des centres acoustiques
C1 et
C2 des transducteurs
2,3, telle que le décalage temporel entre les rayonnements acoustiques des transducteurs
2,3 soit imperceptible (on parle alors d'alignement temporel des transducteurs
2,3)
. Le système
1 peut alors être considéré comme parfaitement cohérent malgré la dualité des sources
sonores.
[0148] On peut raisonnablement considérer qu'un décalage temporel 8 inférieur à 25 µs environ
est tout à fait imperceptible. Concrètement, un tel décalage temporel se traduit,
le long de l'axe
A1, par un décalage physique d entre les centres acoustiques
C1,C2 inférieur à
10 mm environ, en vertu de la formule de conversion suivante :

[0149] Où Cair est la célérité du son dans l'air.
[0150] La bonne cohérence du système
1 élimine la nécessité d'introduire une compensation du décalage temporel, impossible
à corriger en filtrage passif et dont la correction en filtrage actif peut introduire
des défauts de cohérence temporelle hors de l'axe acoustique.
[0151] En outre, dans le mode de réalisation principal, le positionnement axial du transducteur
secondaire
3 par rapport au transducteur principal
2, et la géométrie du guide d'onde
76, sont tels que la membrane
23 s'étend dans le prolongement de l'amorce de pavillon
86, comme cela est illustré sur la figure 1. En d'autres termes, la tangente à l'amorce
de pavillon
86 sur la bouche
88 est confondue avec la tangente à la membrane
23 sur son ouverture centrale
28. Dans cette configuration, le guide d'onde
76 et la membrane
23 du transducteur principal
2 forment conjointement un pavillon complet pour le transducteur secondaire
3, permettant aux deux transducteurs
2,3 de présenter des caractéristiques de directivité homogènes.
[0152] Dans la variante de réalisation de la figure 7, le guide d'onde
76 formant un pavillon complet est indépendant de la membrane
23 du transducteur principal
2. Dans cette configuration, les caractéristiques de directivité des deux transducteurs
2,
3 sont distinctes et peuvent être optimisées séparément, ce qui est avantageux dans
certaines applications telles que les haut-parleurs de retour de scène.
[0153] Le guide d'onde
76 assure, outre l'adaptation d'impédance acoustique du transducteur secondaire
3 entre la gorge
84 et la bouche
88, une fonction de dissipation de la chaleur produite au niveau du circuit magnétique
34, grâce notamment à la présence des ailettes
83.
[0154] Selon un mode de réalisation optionnel illustré sur la figure 8, le guide d'onde
76 faisant office de radiateur peut comporter, dans des alvéoles
96 pratiquées dans le pourtour extérieur de la paroi latérale
77 en regard de chaque ailette
83, des reliefs
97 complémentaires formés par des ailettes radiales externes qui s'étendent radialement
jusqu'au diamètre hors tout du transducteur
3, sans le dépasser.
[0155] Ces ailettes externes
97 contribuent efficacement au refroidissement du transducteur
3 compte tenu de leur position dans l'espace annulaire entre celui-ci et la face interne
du support
26 de la bobine mobile
24 du transducteur principal
2, espace dans lequel circule un flux d'air pulsé produit par les déplacements de l'équipage
mobile
22 du transducteur
1.
[0156] Dans l'architecture coaxiale frontale décrite ci-dessus, une partie de la chaleur
rayonnée par le solénoïde
25 vers l'intérieur est évacuée vers l'arrière du circuit magnétique
4, mais une partie de cette chaleur est aussi communiquée au transducteur secondaire
3. Cette chaleur provoque un échauffement exogène du transducteur secondaire
3, qui s'ajoute à son échauffement endogène produit par effet Joule par sa propre bobine
mobile
50. Même si l'échauffement endogène du transducteur secondaire
3 est moins important que celui du transducteur principal
2, il est toutefois nécessaire d'assurer la dissipation de la chaleur produite au niveau
du transducteur secondaire
3 : telle est la seconde fonction du guide d'onde
76, grâce :
- premièrement à sa réalisation dans un matériau dont la conductivité thermique est
élevée (c'est-à-dire supérieure à 50 W.m-1.K-1, et même de préférence supérieure à 100, voire même 200 W.m-'.K-1),
- deuxièmement (pour le mode de réalisation principal illustré sur les figures 1 à 5)
à la présence des ailettes 83 (et éventuellement à celle des ailettes externes 97) qui augmentent la surface d'échange avec l'air ambiant,
- troisièmement à la suspension 66 interne du diaphragme 49 et l'absence de suspension externe, qui ont pour conséquences :
- d'une part l'augmentation du diamètre de la bobine mobile 50, source de chaleur, et donc son déport vers la périphérie du transducteur 3,
- d'autre part la fixation directe du guide d'onde 76 sur la culasse 36 (l'existence d'une suspension périphérique externe aurait entraîné l'interposition,
entre le guide d'onde 76 et la culasse 36, d'une pièce en matériau thermiquement isolant qui aurait freiné la dissipation thermique),
- quatrièmement à la réduction des jeux de fonctionnement entre la bobine mobile 50 et l'entrefer 47 du circuit magnétique 34, résultant du mode préférentiel de montage dit « flottant » et en particulier du
jeu extérieur, réduisant ainsi l'épaisseur de la lame d'air annulaire (par nature
isolante) entre la bobine mobile 50 et la culasse 36 et favorisant par conséquent la conduction de la chaleur depuis la bobine mobile
50 vers le guide d'onde 76 via la culasse 36.
[0157] De la sorte, la chaleur accumulée au niveau du transducteur secondaire
3 peut être au moins partiellement évacuée par rayonnement et convection, par l'avant
du système
1. En pratique, lorsque le système
1 est fixé par la couronne
20 de son saladier
18 sur la paroi verticale d'une enceinte acoustique (l'axe s'étend donc horizontalement),
la chaleur dégagée frontalement par le guide d'onde
76 échauffe l'air ambiant qui a tendance à monter, créant ainsi un appel d'air frais
et un mouvement convectif ascendant de circulation d'air évacuant les calories et
assurant le refroidissement du transducteur secondaire
3.
[0158] Dans le mode de réalisation principal, la réalisation effilée et arrondie de chaque
ailette
83, dont les joues
89, d'une part sont inclinées à partir de la base de l'ailette
83 située du côté du diaphragme (et portant la portion centrale
82 de la face arrière
80) vers son arête
85 sommitale, située à l'avant, et d'autre part se raccordent à l'amorce de pavillon
86 par des congés
90 à section circulaire, vise à minimiser l'influence des ailettes
83 sur le rayonnement acoustique du diaphragme
49.
[0159] Le système
1 peut être monté sur tout type d'enceinte acoustique, par exemple une enceinte
95 de retour de scène, à face frontale inclinée, comme cela est illustré à titre d'exemple
sur la figure 9.