[0001] La présente invention se rapporte à une barrière de sécurité pour voie de circulation,
notamment mais non exclusivement les voies de circulation sur des ouvrages d'art tels
que des ponts, et à un procédé pour améliorer l'absorption de l'énergie d'un choc
d'un véhicule léger contre une telle barrière.
[0002] Actuellement, il existe des barrières de sécurité pour voies de circulation permettant
de retenir à la fois les véhicules lourds et les véhicules légers. Ces barrières présentent
un niveau de retenue dit « H2 », correspondant à la résistance nécessaire pour retenir
un bus en cas de percussion de la barrière.
[0003] Les barrières de sécurité sont classées selon leur niveau de retenue: les niveaux
dits H1, H2, H3 ou H4 correspondent, respectivement, à la résistance nécessaire pour
retenir un camion léger, un bus, un poids lourd de 16 tonnes ou un poids lourd de
38 tonnes, en cas de percussion de la barrière. Le niveau H2 correspond à la retenue
d'un bus, c'est le niveau de retenue de la barrière BN4, barrière installée de manière
standard sur les ponts.
[0004] Le document
EP0999310 propose une telle barrière prévue pour retenir à la fois les véhicules lourds et
les véhicules légers. A cette fin, il est proposé de monter, sur une même rehausse,
une glissière basse munie d'un écarteur déformable, et une glissière haute sans écarteur.
Lors d'un choc, la glissière basse est d'abord impactée pour absorber une partie du
choc. Si le choc est important, les deux glissières haute et basse s'alignent et les
rehausses se désolidarisent des supports verticaux auxquels elles sont fixées de manière
calibrée pour obtenir un effet de sangle. Autrement dit, l'absorption du choc est
obtenue non seulement par la déformation des écarteurs, mais également par l'effet
de sangle obtenu par la rupture de la fixation entre la rehausse et les supports verticaux.
[0005] Une telle barrière nécessite donc une largeur de déformation importante pour pouvoir
bénéficier de l'effet de sangle. On entend par « largeur de déformation » la largeur
nécessaire pour amortir un choc d'énergie maximum. Cette largeur de déformation est
mesurée dans la direction perpendiculaire à la direction de circulation des véhicules.
[0006] Or, il existe de nombreux cas dans lesquels on cherche à limiter la largeur de déformation
: par exemple, au droit des piles de ponts, le long des murs des tunnels et, plus
généralement, devant des obstacles rigides disposés à proximité immédiate de la voie
de circulation. Dans ces cas, on ne dispose pas de suffisamment de place pour permettre
une libération des glissières et obtenir l'effet de sangle, car on ne peut pas écarter
la barrière de l'obstacle sans risquer de mettre les glissières en saillie sur la
voie de circulation
[0007] Ce problème se pose également pour les voies de circulation sur les ouvrages d'art.
En effet, leur largeur est limitée au maximum pour limiter les coûts de fabrication.
Il n'est donc pas possible de prévoir des barrières de sécurité utilisant l'effet
de sangle des glissières pour retenir les véhicules lourds ou légers. Les barrières
utilisées sont donc fermement ancrées au sol, de sorte que les glissières et les supports
verticaux ne sont pas désolidarisés en cas de choc, même violent, y compris d'un véhicule
lourd.
[0008] Actuellement, les barrières de sécurité disposées sur les voies de circulation des
ponts sont constituées (voir figure 1) de supports verticaux droits 1, fermement fixés
au sol par des boulons, et munis de trois glissières horizontales 2. Une telle barrière
est illustrée dans le document
US 2008/283806. Ces barrières sont appelées « BN4 ». Avec une barrière BN4, il est impossible d'obtenir
un effet de sangle lors d'un choc d'un petit véhicule. Lors d'un choc de véhicule
lourd, les poteaux se détachent du sol de manière calibrée, tout en restant liés aux
glissières.
[0009] Les niveaux de retenue H1 à H4 sont choisis pour prévenir la traversée de la barrière
par des camions ou des bus et éviter qu'ils ne tombent à l'extérieur du pont. Cependant,
de telles barrières constituent des obstacles extrêmement dangereux pour des véhicules
légers ayant une taille inférieure aux bus et aux camions, c'est-à-dire les voitures.
Le choc d'un véhicule léger contre une telle barrière cause des traumatismes sévères
au véhicule et à ses passagers.
[0010] Par ailleurs, il a été constaté que de telles barrières peuvent être dangereuses
lors de choc de véhicules légers : sévérité, comportement du véhicule en sortie de
barrière
[0011] En effet, selon les normes en vigueur en France (norme NF EN1317-2), le véhicule
doit rester droit pendant et après le choc, bien qu'un faible roulis, tangage et lacet
soient acceptables. Après le choc, le véhicule doit être redirigé dans une zone définissant
un rectangle, également appelée « boîte de sortie CEN », dont les dimensions sont
normées en fonction du véhicule. Par exemple, la boîte de sortie CEN d'un véhicule
de tourisme a une longueur de 10 mètres et une largeur égale à 2,2 mètre augmentée
de la largeur du véhicule et de 16% de sa longueur.
[0012] Ce rectangle débute à l'intersection finale entre les roues arrière du véhicule et
la barrière (« sortie du véhicule »), et s'étend le long de la barrière. Le véhicule
ne doit pas couper la boîte de sortie CEN par le côté parallèle à la barrière pour
satisfaire à la norme.
[0013] Or, avec des barrières prévues pour les poids lourds, les véhicules légers rebondissent
en cas de choc et peuvent sortir de la boîte de sortie CEN par le côté parallèle,
tout en présentant une sortie avec des roulis, tangages et lacets inacceptables. En
outre, on constate souvent des sorties en tonneaux.
[0014] Il n'existe donc actuellement aucune barrière de niveau de retenue H2 permettant
une maîtrise suffisante du comportement d'un véhicule léger au cours et après le choc,
tout en proposant une largeur de déformation limitée, et à un coût économique.
[0015] L'invention vise donc à proposer une barrière de sécurité d'entretien économique,
permettant à la fois de retenir des véhicules de gros gabarits tels que les bus ou
les camions mais également de permettre d'absorber le choc de véhicules de plus petits
gabarits, tels que les voitures, sans risquer que ces dernières ne s'écrasent totalement
contre la barrière, et ce, dans un encombrement général limité permettant une installation
devant et sur des ouvrages existants.
[0016] A cette fin, l'invention a pour objet une barrière de sécurité destinée à être disposée
le long de voies de circulation, comprenant, en position opérationnelle, des supports
destinés à être fixés fermement au sol, et au moins une glissière assujettie aux supports,
dans laquelle la glissière, dite « inférieure », est fixée aux supports par l'intermédiaire
d'écarteurs déformables de manière calibrée, et que les supports comprennent des ailes
de retenue indéformables agencées en position supérieure par rapport à la glissière
(120) inférieure, de telle sorte qu'après un choc, la glissière (120) inférieure puisse
être décalée verticalement par rapport aux ailes de retenue, la glissière inférieure
étant alors plus éloignée de la voie de circulation que les ailes de retenue..
[0017] Selon d'autres modes de réalisations :
- la barrière de sécurité peut comprendre au moins deux glissières assujetties aux supports,
une des glissières dite « inférieure » étant fixée aux supports par l'intermédiaire
d'écarteurs déformables de manière calibrée, et l'autre glissière dite « supérieure
» étant fixée aux supports par l'intermédiaire des ailes de retenue indéformables,
de telle sorte qu'en position opérationnelle, les deux glissières soient alignées
sensiblement verticalement, et qu'après un choc, les deux glissières puissent être
décalées verticalement, la glissière inférieure étant plus éloignée de la voie de
circulation que la glissière supérieure ;
- les supports peuvent avoir une forme générale en V couché, les ailes du V étant dirigées
vers la voie de circulation et constituant une aile dite « aile de fixation » destinée
à être fixée au sol et une aile de retenue, et dans laquelle la glissière inférieure
est fixée au creux du V par l'intermédiaire d'écarteurs déformables de manière calibrée,
et la glissière supérieure est fixée à l'aile de retenue, les deux glissière étant,
en position opérationnelle, alignées sensiblement verticalement par rapport au sol
;
- les supports peuvent présenter une partie de fixation sensiblement verticale ayant
une forme générale en « I » et destinée à être fixée au sol, la partie de fixation
étant munie d'une aile de retenue indéformable sur laquelle est fixée la glissière
supérieure, et d'un écarteur déformable sur lequel est fixée la glissière inférieure,
les deux glissières étant alignées sensiblement verticalement en position opérationnelle
;
- la barrière de sécurité peut comprendre, en outre, une troisième glissière ;
- la troisième glissière peut être associée à la glissière supérieure par une entretoise
fixée sur l'aile de retenue du support ; et/ou
- l'entretoise peut être déformable de manière calibrée pour absorber une partie d'un
choc.
[0018] Cette barrière permet une absorption de choc acceptable pour les véhicules légers,
tout en garantissant un comportement de sortie sans à coup, sans roulis, tangages
ni lacets, et sans tonneaux.
[0019] Une barrière selon l'invention permet de mieux sécuriser les ouvrages d'art et les
obstacles ponctuels (piles de pont, murs, arbres) le long de voies de circulation
classiques. La barrière selon l'invention permet également d'être utilisée d'une manière
plus générale (pas nécessairement devant un obstacle ou sur un pont) pour permettre
l'absorption de chocs de tout véhicule tout en limitant le nombre de pièces à changer
en cas de choc.
[0020] L'invention propose également un procédé pour améliorer l'absorption de l'énergie
d'un choc d'un véhicule léger contre une barrière de sécurité selon l'invention, consistant
à absorber au moins une partie de l'énergie d'un choc d'un véhicule léger par une
déformation plastique des écarteurs supportant la glissière inférieure, de sorte que
la glissière inférieure se décale vers les supports, alors que les ailes de retenue
indéformables restent en position d'utilisation au-dessus du véhicule léger pendant
le choc.
[0021] Le procédé peut consister à absorber au moins une partie de l'énergie d'un choc d'un
véhicule léger par une déformation plastique des écarteurs supportant la glissière
inférieure, de sorte que la glissière inférieure se décale vers les supports, alors
que la glissière supérieure reste en position d'utilisation, les deux glissières étant
alors décalées verticalement, la glissière inférieure étant plus éloignée de la voie
de circulation que la glissière supérieure.
[0022] Dans l'état de la technique, le document
DE 20 2008 011203 décrit une barrière de sécurité temporaire, par référence aux documents
WO 2008/062196 et
DE 20 2008 003 111. La barrière comprend un profilé de protection qui n'est pas indéformable, et il
assure la fonction de retenue latérale d'une simple glissière, incompatible avec la
polyvalence de retenue (véhicule léger/poids-lourd) permise par la barrière selon
l'invention.
[0023] De même, le document
GB 1 417 109 décrit une barrière comprenant des supports fixés fermement au sol, et une glissière
fixée aux supports par l'intermédiaire d'écarteurs déformables. La glissière est agencée
de telle sorte qu'avant le choc, la glissière est décalée verticalement par rapport
à la partie supérieure du support, la glissière étant alors plus proche de la voie
de circulation que la partie supérieure du support. Compte-tenu des dimensions données
dans ce document, cette barrière concerne uniquement les véhicules légers. Ainsi,
il est expliqué que la partie supérieure de la voiture entre en contact avec la glissière
supérieure, après avoir percuté la glissière médiane qui a amorti une partie du choc.
La voiture ne passe donc jamais sous la glissière supérieure. Il n'y a donc pas de
retenue verticale de la voiture. Une telle barrière ne peut absorber à la fois le
choc d'un véhicule léger et le choc d'un poids-lourd.
[0024] Par ailleurs, les documents
DE 20 2008 009832 et
CH 693 640 décrivent une barrière de sécurité avec laquelle, lors du choc, le véhicule percute
d'abord la glissière inférieure puis la glissière supérieure, de sorte que la glissière
n'est pas décalée verticalement par rapport à la glissière supérieure. Il n'y a donc
pas de retenue verticale. Une telle barrière ne peut absorber à la fois le choc d'un
véhicule léger et le choc d'un poids-lourd. Le document
CH 693 640 précise que la barrière peut comprendre un capot solidaire des glissières et des
supports, et recouvrant les glissières de manière à former un écran uniforme sans
interruption verticale.
[0026] D'autres caractéristiques de l'invention seront énoncées dans la description détaillée
ci-après faite en référence aux figures annexées qui représentent, respectivement
:
- la figure 1, une vue schématique de profil d'une barrière de sécurité BN4 selon l'état
de la technique ;
- la figure 2, une vue schématique de profil d'un premier mode de réalisation d'une
barrière selon l'invention avant un choc d'une voiture ;
- la figure 3, une vue schématique de profil du mode de réalisation de la figure 2,
après un choc d'une voiture ;
- la figure 4, un diagramme illustrant l'intensité d'un choc au cours du temps ressenti
par une voiture contre une barrière de l'état de la technique et contre une barrière
selon l'invention ;
- les figures 5 à 7, des vues schématiques de profil de trois variantes du mode de réalisation
de la figure 2 d'une barrière selon l'invention ; et
- les figures 8 à 10, des vues schématiques de profil de trois variantes d'un deuxième
mode de réalisation d'une barrière selon l'invention.
[0027] Les termes de la famille « horizontal » et « vertical » doivent être compris par
rapport à la position opérationnelle de la barrière de sécurité, c'est-à-dire lorsqu'elle
est placée le long d'une voie de circulation, prête à être utilisée. Les termes des
familles « transversal » ou « longitudinal » doivent être compris, respectivement,
comme « perpendiculaire » ou « parallèle » au sens de circulation des véhicules lorsque
la barrière est en position opérationnelle.
[0028] D'une manière générale, l'invention concerne une barrière de sécurité comprenant
des supports fixés fermement au sol, et au moins une glissière assujettie aux supports,
de préférence au moins deux glissières assujetties aux supports. On entend par « fixé
fermement au sol » le fait que les supports ne sont pas destinés à plier et à se séparer
de la glissière en cas de choc d'un véhicule léger, contrairement aux barrières de
sécurités connues et utilisées le long des voies de circulation classiques (type autoroute),
et qui utilisent des supports ayant une résistance au choc calibrée pour céder en
cas d'accident, ce qui permet d'obtenir un effet de sangle lorsque la glissière se
sépare des supports.
[0029] Selon l'invention, la glissière est fixée aux supports par l'intermédiaire d'écarteurs
déformables de manière calibrée. En outre, les supports comprennent des ailes de retenue
indéformables agencées en position supérieure par rapport à la glissière.
[0030] C'est pourquoi la glissière est dite « inférieure », car elle est agencée sous les
ailes de retenue, et à une hauteur adaptée pour recevoir un choc d'un véhicule léger.
Elle est disposée à niveau (environ) du centre de gravité des véhicules légers, elle
assure sa retenue et participe à l'absorption de l'énergie. Les ailes de retenues
sont donc disposées à une hauteur supérieure à la hauteur du centre de gravité des
véhicules légers.
[0031] On entend par « indéformable » le fait que la ou les ailes de retenue ne se déforment
pas lors d'un choc d'un véhicule léger, et restent en position d'utilisation au-dessus
du véhicule léger pendant le choc, permettant ainsi une retenue sensiblement verticale
du véhicule léger. Par exemple, les supports fixés fermement au sol et les ailes indéformables
sont réalisée en béton, éventuellement armé.
[0032] Ainsi, le caractère « indéformable » ne doit pas être interprété de manière absolue,
mais de manière relative par rapport au caractère déformable des écarteurs. Ainsi,
l'homme du métier comprendra de ce qui suit, que les écarteurs déformables doivent
se déformer en cas de choc d'un véhicule léger, alors que les ailes « indéformables
» doivent garder leur forme pour maintenir verticalement le véhicule léger.
[0033] Autrement dit, la norme NF EN 1317-2 précisant les conditions d'impact pour les différents
types de barrière, l'homme du métier sera capable de dimensionner les structures en
fonction du degré de retenue souhaité, afin que l'écarteur se déforme lors de l'impact
d'un véhicule léger, alors que l'aile de retenue reste en place, sans déformation,
lorsque le véhicule entre en contact vertical avec elle. En termes d'essais d'homologation,
on considèrera que les ailes de retenue sont indéformables lors de l'essai d'acceptation
considéré, lorsque leur déflexion dynamique (déplacement en cas de choc) est nulle.
[0034] En cas de choc d'un véhicule léger, la partie haute de l'aile de retenue va toucher
le haut du côté du véhicule léger et plaquer le véhicule léger au sol sans se déformer.
Ainsi, les ailes de retenues permettent une très bonne maitrise du comportement de
sortie du véhicule léger qui est redirigé le long de la barrière selon l'invention
sans à coup, sans roulis, tangages ni lacets. Le véhicule accidenté ne coupe donc
pas la trajectoire des autres véhicules et ne risque pas de générer des nouveaux accidents
(sur accidents).
[0035] Si la barrière est prévue pour retenir également des véhicules lourds, la partie
haute de l'aile de retenue est équipée d'une glissière qui assurera la retenue du
véhicule lourd qui est plus haut qu'un véhicule léger.
[0036] Après un choc, la glissière inférieure est décalée verticalement par rapport aux
ailes de retenue, la glissière inférieure étant alors plus éloignée de la voie de
circulation que les ailes de retenue. Un angle se forme donc entre la lisse et l'extrémité
de l'aile de retenue.
[0037] Un premier mode de réalisation de la barrière selon l'invention est illustré en figure
2. Sur cette figure la barrière est en position d'utilisation, c'est-à-dire qu'elle
est installée le long des bords d'une voie de circulation, et qu'elle n'a subi encore
aucun choc.
[0038] La barrière 100 selon l'invention comprend des supports 110 présentant une forme
générale en V couché. Sur la figure, les ailes 111 et 112 du V sont dirigées vers
la voie de circulation 200 à droite sur la figure 2. Autrement dit, le creux 113 du
V est dirigé vers la gauche de la figure 2. L'une des ailes 112 est dite « aile de
fixation » car elle est destinée à être fixée au sol.
[0039] En général, mais non exclusivement, ce sol est constitué par un trottoir 210. Alternativement,
les supports 110 peuvent être scellés dans le sol.
[0040] Selon l'invention, une glissière inférieure 120 est fixée au creux 113 du support
en V. Cette fixation est réalisée par l'intermédiaire d'un écarteur 121 déformable
de manière calibrée. Ceci signifie que la déformation est maîtrisée tant dans son
intensité que dans sa direction générale, et ce grâce à la structure (agencement et/ou
épaisseur des matériaux utilisés). De tels écarteurs sont déjà connus en soi de l'homme
du métier.
[0041] Une glissière supérieure 130 est fixée à l'autre aile du support. Cette aile est
appelée « aile de retenue » car elle est conformée pour permettre de retenir des camions
en cas de choc contre la barrière de sécurité et contre la glissière supérieure.
[0042] Les deux glissières 120 et 130 sont, en position opérationnelle, alignées sensiblement
verticalement par rapport au sol. Ainsi, en cas de choc d'un camion, les deux glissières
participent à la retenue du camion.
[0043] Le cas de figure d'un choc d'une voiture contre la barrière selon l'invention est
illustrée en figure 3.
[0044] Sur cette figure, l'écarteur déformable 121 s'est compressé au cours du choc avec
la voiture participant ainsi à l'absorption de ce choc permettant de diminuer son
intensité ressentie par les passagers de la voiture.
[0045] Après le choc, les glissières supérieure et inférieure sont décalées verticalement,
c'est-à-dire qu'elles forment un angle α entre elles. Le côté opposé à l'angle α présente
une longueur L
f égale à la largeur de déformation, c'est-à-dire L1-L2 (L1 « moins » L2).
[0046] Grâce à la forme en V couchée, on constate que le comportement de sortie d'une voiture
est optimal (sans à coup, sans roulis, tangages ni lacets et sans tonneaux), la boite
de sortie CEN étant respectée, car l'aile de retenue maintient la voiture sur le sol.
Les risques de sur accident sont donc limités.
[0047] Comme précisé précédemment, la barrière selon l'invention peut être installée sur
un trottoir 210. Cette installation est réalisée de manière à ce que la glissière
inférieure 120 soit disposée à une distance L1 du bord du trottoir cette distance
est la même que celle à laquelle sont disposées les glissières des barrières de sécurité
de l'état de la technique.
[0048] Comme le montre la figure 4, l'intensité du choc ressentie par les passagers d'une
voiture est très inférieure avec une barrière de sécurité selon l'invention par rapport
à une barrière de sécurité de l'état de la technique représentée en figure 1. En effet,
avec les barrières de sécurité de l'état de la technique (représentées par la courbe
en tirets sur la figure 4) les passagers ressentent un premier choc lorsque la voiture
percute le bord du trottoir. Ce premier choc est matérialisé sur la courbe par le
premier sommet S1. Puis cette intensité diminue, le temps que la voiture parcourt
la distance L1 entre le bord du trottoir et la glissière 2 portée par les supports
1. Dès que la voiture percute la glissière, l'intensité du choc augmente jusqu'à un
maximum S2 où la voiture est arrêtée par le support 1 qui reste fixe et vertical.
[0049] Au contraire, avec une barrière selon l'invention, l'intensité du choc ressentie
par les passagers d'une voiture est très inférieure. En effet, comme le montre la
courbe C2 (en traits pleins sur la figure 4), les passagers subissent un premier choc
identique à celui ressenti avec une barrière selon l'invention (voir sommet S1 de
la courbe). Ceci s'explique par le fait que généralement, la barrière selon l'invention
doit être installée à la même distance L1 du bord trottoir que les barrières de l'art
antérieur. Comme avec ces dernières, l'intensité du choc diminue ensuite, le temps
que la voiture percute la glissière 120 de la barrière selon l'invention. À cet instant,
l'écarteur déformable 121 commence sa déformation en absorbant le choc. Contrairement
à la courbe C1, la courbe C2 continue donc de décroître après le sommet S1. Après
avoir été totalement déformé (voir figure 3), l'écarteur 121 ne peut plus absorber
l'énergie du choc. A cet instant, l'intensité du choc augmente puisque la voiture
est arrêtée par les supports 113 de la barrière selon l'invention qui ne se déforment
pas et reste fixés au sol. Cependant, une partie du choc ayant été absorbée par l'écarteur
121, l'intensité maximale du choc ressentie par les passagers au moment où la voiture
est arrêtée par les supports 113 (voir sommet S3 de la courbe C2) est très inférieure
à l'intensité du choc ressentie avec une barrière selon l'état de la technique (sommet
S2 de la courbe C1) de la figure 4.
[0050] Ainsi, grâce à l'enfoncement différentiel de la barrière selon l'invention, et le
décalage obtenu entre la glissière inférieure, proche du support, et la glissière
supérieure plus éloignée du support, une barrière selon l'invention permet non seulement
de diminuer l'intensité du choc ressentie par les passagers mais également de maîtriser
le comportement de sortie du véhicule léger car l'aile de retenue maintien la voiture
au sol. En outre, ces effets sont obtenus avec une barrière pouvant être installée
conformément à la règlementation en vigueur, notamment mais non exclusivement sur
un ouvrage d'art sans avoir à élargir les trottoirs et/ou le pont.
[0051] En outre, après le choc d'une voiture, seuls les écarteurs déformables 121 et la
glissière inférieure 120 doivent être changés. Il est inutile de changer les supports
110 et la glissière supérieure 130. La barrière selon l'invention est donc d'entretien
économique et peut être disposée le long de toute voie de circulation (pas uniquement
sur les ouvrages d'art ou le long d'obstacles ponctuels ou de murs).
[0052] D'autres variantes d'une barrière selon l'invention sont illustrées, à titre d'exemple,
aux figures 5 à 7.
[0053] Sur les figures 5 et 6, la barrière de sécurité selon l'invention comprend une troisième
glissière 140 associée à la glissière supérieure 130 par l'intermédiaire d'une entretoise
150-151. Dans la variante de la figure 5, la glissière 140 est disposée au-dessus
de la glissière 130 par l'entretoise 150. Dans cette variante, il est possible de
retenir des véhicules de très gros gabarit. Dans la variante de la figure 6, il est
possible de retenir des véhicules de gabarit intermédiaire entre la voiture et le
camion, tels qu'une camionnette. Dans cette dernière variante, avantageusement, l'entretoise
151 peut être déformable de manière calibrée pour se plaquer contre le support 110
en cas de choc d'une camionnette. Cette déformation calibrée de l'entretoise 151 permet
d'améliorer l'absorption du choc d'un tel véhicule, qui devrait également percuter
la glissière inférieure 120.
[0054] Bien entendu, il est possible de combiner les variantes des figures 5 et 6 en prévoyant
deux glissières supplémentaires 140, l'une au-dessus de la glissière 130 l'autre en-dessous
de la glissière 130, ces deux glissières 140 étant associées à la glissière supérieure
130 par l'intermédiaire d'une entretoise.
[0055] La variante de la figure 7 comprend une troisième glissière 160 fixée sur le support
110 par l'intermédiaire d'un écarteur 161, avantageusement déformable.
[0056] Bien entendu, il est également possible de combiner les variantes des figures 5 et
7 en prévoyant une quatrième glissière 140 associée à la glissière supérieure 130
par l'intermédiaire d'une entretoise 150.
[0057] Trois variantes d'un deuxième mode de réalisation sont illustrées aux figures 8 à
10.
[0058] Dans ce mode de réalisation, les supports 210 présentent une partie de fixation 212
sensiblement verticale ayant une forme générale en « I » et destinée à être fixée
au sol. La partie de fixation 212 étant munie d'une aile de retenue indéformable 211
sur laquelle est fixée une glissière 130 supérieure. Une glissière 120 inférieure
est fixée à un écarteur déformable 221, les deux glissières étant alignées sensiblement
verticalement en position opérationnelle. Après un choc (non illustré), les deux glissières
120-130 sont décalées verticalement, la glissière inférieure 120 étant plus éloignée
de la voie de circulation que la glissière supérieure 130. Grâce à cet angle α formé
entre les deux glissières, un véhicule léger est retenu lors d'un choc par l'aile
de retenue 211, de sorte que le comportement de sortie du véhicule est maîtrisé et
les risques de suraccident limités.
[0059] Par analogie aux figures 5 et 6, le deuxième mode de réalisation peut également comprendre
au moins une troisième glissière 140, associée à la glissière supérieure 130 par l'intermédiaire
d'une entretoise 150-151. Dans la variante de la figure 9, la glissière 140 est disposée
au-dessus de la glissière 130 par l'entretoise 250. Dans la variante de la figure
10, il est possible de retenir des véhicules de gabarit intermédiaire entre la voiture
et le camion, tels qu'une camionnette. Dans cette dernière variante, avantageusement,
l'entretoise 251 peut être déformable de manière calibrée pour se plaquer contre le
support 210 en cas de choc d'une camionnette.
[0060] Bien entendu, il est également possible de combiner les variantes des figures 9 et
10 en prévoyant deux glissières supplémentaires 140, l'une au-dessus de la glissière
130 l'autre en-dessous de la glissière 130, ces deux glissières 140 étant associées
à la glissière supérieure 130 par l'intermédiaire d'une entretoise.
[0061] Ce deuxième mode de réalisation est utile dans les lieux où la place manque. Néanmoins,
l'absorption du choc peut être légèrement inférieure au premier mode de réalisation
des figures 2 à 7. Dans ce premier mode de réalisation, le fait que l'aile de maintien
forme un angle avec le sol, et donc la direction de circulation des véhicules, permet
un contrôle optimal du comportement de sortie des véhicules légers.
[0062] Alternativement, la forme du V couché peut être arrondie pour devenir une forme proche
du C.
[0063] L'absorption du choc par une barrière selon l'invention peut être mesurée à l'aide,
par exemple, d'accéléromètres utilisés classiquement dans l'industrie automobile pour
mesurer les impacts sur les véhicules, notamment au cours de « crash test ». Ainsi,
l'homme du métier connaît de nombreuses techniques et matériels lui permettant de
mesurer l'efficacité de la barrière selon l'invention par rapport à une barrière connue
illustrée en figure 1.
[0064] Selon d'autres variantes de réalisation :
- la barrière peut ne comprendre qu'une glissière. Dans ce cas, cette barrière est destinée
à ne prévenir que les chocs des véhicules légers. Cependant, de préférence, la barrière
comprend deux glissières, même si la glissière supérieure peut être de faible résistance.
Il s'agit alors d'une barrière destinée à la retenue des véhicules légers uniquement,
le rôle de la glissière supérieure étant uniquement de plaquer la voiture au sol,
et faire office accessoirement de main courante pour piétons.
La présence des ailes de retenue indéformables au dessus de la glissière inférieure
assujettie à des écarteurs déformables permet, en cas de choc, un enfoncement différentiel
de la barrière puisque la partie supérieure de la barrière ne se déforme pas, alors
que les écarteurs portant la glissière se déforment. De cette manière, les ailes de
retenue restent au dessus du véhicule léger pendant le choc et permet de maîtriser
son comportement de sortie tout en absorbant une partie du choc.
- la barrière selon l'invention peut être réalisée en différents matériaux tels que
l'acier, le bois des matériaux plastiques ou des combinaisons de ceux-ci.
1. Barrière de sécurité destinée à être disposée le long de voies de circulation, comprenant,
en position opérationnelle, des supports (110) destinés à être fixés fermement au
sol, et au moins une glissière (120-130) assujettie aux supports, caractérisée en ce que la glissière (120), dite « inférieure », est fixée aux supports (110) par l'intermédiaire
d'écarteurs (121) déformables de manière calibrée, et que les supports (110) comprennent
des ailes de retenue indéformables agencées en position supérieure par rapport à la
glissière (120) inférieure, de telle sorte qu'après un choc, la glissière (120) inférieure
puisse être décalée verticalement par rapport aux ailes de retenue, alors que les
ailes de retenue indéformables restent en position d'utilisation au-dessus du véhicule
léger, la glissière inférieure étant alors plus éloignée de la voie de circulation
que les ailes de retenue.
2. Barrière de sécurité selon la revendication 1, comprenant au moins deux glissières
(120-130) assujetties aux supports, une des glissières (120) dite « inférieure » étant
fixée aux supports (110) par l'intermédiaire d'écarteurs (121) déformables de manière
calibrée, et l'autre glissière (130) dite « supérieure » étant fixée aux supports
(110) par l'intermédiaire des ailes de retenue indéformables, de telle sorte qu'en
position opérationnelle, les deux glissières soient alignées sensiblement verticalement,
et qu'après un choc, les deux glissières puissent être décalées verticalement, la
glissière inférieure étant plus éloignée de la voie de circulation que la glissière
supérieure.
3. Barrière de sécurité selon la revendication 2, dans laquelle les supports ont une
forme générale en V couché, les ailes (111-112) du V étant dirigées vers la voie de
circulation et constituant une aile (112) dite « aile de fixation » destinée à être
fixée au sol et une aile (111) de retenue, et dans laquelle la glissière (120) inférieure
est fixée au creux (113) du V par l'intermédiaire d'écarteurs (121) déformables de
manière calibrée, et la glissière (130) supérieure est fixée à l'aile de retenue (111),
les deux glissière (120-130) étant, en position opérationnelle, alignées sensiblement
verticalement par rapport au sol.
4. Barrière de sécurité selon la revendication 1, dans laquelle les supports présentent
une partie de fixation sensiblement verticale ayant une forme générale en « I » et
destinée à être fixée au sol, la partie de fixation étant munie d'une aile de retenue
indéformable sur laquelle est fixée la glissière (130) supérieure, et d'un écarteur
déformable sur lequel est fixée la glissière (120) inférieure, les deux glissières
étant alignées sensiblement verticalement en position opérationnelle.
5. Barrière de sécurité selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, comprenant,
en outre, une troisième glissière (140-160).
6. Barrière de sécurité selon la revendication précédente, dans laquelle la troisième
glissière (140) est associée à la glissière supérieure (130) par une entretoise (150-151)
fixée sur l'aile de retenue (111) du support (130).
7. Barrière de sécurité selon la revendication précédente, dans laquelle l'entretoise
(151) est déformable de manière calibrée pour absorber une partie d'un choc.
8. Procédé pour améliorer l'absorption de l'énergie d'un choc d'un véhicule léger contre
une barrière de sécurité selon la revendication 1, consistant à absorber au moins
une partie de l'énergie d'un choc d'un véhicule léger par une déformation plastique
des écarteurs supportant la glissière inférieure, de sorte que la glissière inférieure
se décale vers les supports, alors que les ailes de retenue indéformables restent
en position d'utilisation au-dessus du véhicule léger pendant le choc.
9. Procédé pour améliorer l'absorption de l'énergie d'un choc d'un véhicule léger circulant
sur une voie de circulation contre une barrière de sécurité selon l'une quelconque
des revendications 2 à 7, consistant à absorber au moins une partie de l'énergie d'un
choc d'un véhicule léger par une déformation plastique des écarteurs supportant la
glissière inférieure, de sorte que la glissière inférieure se décale vers les supports,
alors que la glissière supérieure reste en position d'utilisation, les deux glissières
étant alors décalées verticalement, la glissière inférieure étant plus éloignée de
la voie de circulation que la glissière supérieure.