[0001] La présente invention se rapporte à des éléments de construction modulaires incorporant
des matériaux d'origine végétale pour réaliser notamment des bâtiments pour l'habitat.
[0002] La mise en oeuvre de matériaux d'origine végétale dans les constructions à vocation
d'habitation est connue depuis l'origine des temps. Le torchis par exemple, un mélange
d'argile et de fibres végétales permet de lier entre elles des pierres pour élever
des murs ou pour former le hourdis d'une construction en colombage.
[0003] Depuis une époque récente, on a imaginé de construire des habitations en utilisant
des résidus de matériaux végétaux, dont la destination était toute autre mais dont
les propriétés et le conditionnement sont appropriés. Il en est par exemple de la
paille de blé ou d'orge conditionnée en ballots parallélépipédiques d'une dizaine
de kilogrammes. Ces ballots de paille sont relativement compacts mais emprisonnent
néanmoins beaucoup d'air ce qui est un atout pour l'isolation thermique. Ainsi, entre
des montants verticaux, les ballots de paille sont montés les uns sur les autres pour
réaliser des panneaux. Ces panneaux sont ensuite recouverts d'un enduit pour les étanchéifier.
Ces ballots de paille sont formés de brins de paille relativement long, pressés et
ligaturés à l'intérieur de presses standards. Aussi, les ballots de paille présentent
une longueur réglable d'environ 90 cm, et une section constante ; leur largeur est
d'environ 50 cm et leur épaisseur de 36 cm. Aussi, ils sont installés horizontalement
flancs contre flancs entre les montants verticaux et décalés d'une demi-longueur à
chaque couche. De la sorte, l'épaisseur du panneau ainsi réalisé correspond à l'épaisseur
des ballots de paille additionnée des épaisseurs d'enduit.
[0004] Toujours en utilisant le même matériau, la paille, conditionnée sous la même forme,
il a été imaginé de préfabriquer les panneaux de manière à venir ensuite les assembler
pour former des bâtiments. On pourra se référer notamment au document
W02009/106793, lequel décrit un procédé de fabrication de tels panneaux. Selon ce document, on
réalise tout d'abord un cadre à l'intérieur duquel on installe des ballots de paille
parallélépipédiques de manière à garnir entièrement l'espace intérieur du cadre, et
on enfonce ensuite, selon un plan sensiblement parallèle au plan moyen du cadre, des
tiges à travers les ballots de paille pour les maintenir en place et rigidifier l'ensemble.
Puis on recouvre ensuite les deux faces opposées du panneau pour l'étanchéifier notamment.
[0005] Ainsi, l'épaisseur des panneaux est conditionnée à l'épaisseur des ballots de paille.
Cette épaisseur standard est due aux presses existantes pour réaliser ces ballots.
Par ailleurs, cette épaisseur doit être minimale pour permettre leur manipulation
aisée et pour conserver leur forme parallélépipédique.
[0006] Aussi, un problème qui se pose et que vise à résoudre la présente invention est de
fournir un élément de construction modulaire dont les épaisseurs peuvent être ajustées
librement et dont les propriétés thermiques sont améliorées.
[0007] Dans ce but, la présente invention propose un élément de construction modulaire comprenant
deux parois rigides maintenues à distance l'une de l'autre et une cavité s'étendant
entre lesdites deux parois, ledit élément de construction modulaire comprenant un
matériau isolant d'origine végétale logé à l'intérieur de ladite cavité. Selon l'invention,
lesdites parois rigides sont réalisées dans un matériau composite fait d'un mélange
de granulats végétaux et de liant à base de composés issus d'organismes vivants.
[0008] Ainsi, une caractéristique de l'invention réside dans la mise en oeuvre de parois
rigides incluant des granulats végétaux et présentant donc ainsi des propriétés mécaniques
et notamment thermiques. En effet, grâce aux granulats végétaux, on vient emprisonner
de l'air dans les parois rigides, ce qui permet d'abaisser leur conductivité thermique,
et partant, d'améliorer la résistance thermique de l'élément de construction. Au surplus,
ces parois rigides sont réalisées à un coût avantageux avec des liants et des granulats
peu coûteux.
[0009] Ces parois peuvent être maintenues écartées l'une de l'autre à une distance prédéterminée.
De plus, ledit matériau isolant d'origine végétale est avantageusement un mélange
de particules libres. De la sorte, la cavité entre les deux parois peut être remplie
avec le mélange de particules libres sans contrainte d'épaisseur. On obtient de la
sorte, un élément de construction en sandwich, présentant deux parois faites de granulats
végétaux et d'un liant pour les rendre rigides, le liant étant issu d'organismes vivants,
et les parois étant maintenues à distance l'une de l'autre pour recevoir dans la cavité
qui les sépare le matériau isolant d'origine végétale. Par conséquent, l'épaisseur
des éléments de construction modulaires peut être ajustée en adaptant l'épaisseur
des parois elles-mêmes et la distance qui les sépare.
[0010] Selon une première variante de réalisation de l'invention, ledit matériau isolant
d'origine végétale comprend un mélange de particules libres. De la sorte, dès lors
que les deux parois sont maintenues en position fixe à distance l'une de l'autre,
le matériau isolant est déversé en vrac entre les deux parois de manière à venir s'étendre
entièrement dans toute la cavité.
[0011] Préférentiellement, ledit matériau isolant d'origine végétale comprend des tiges
et des feuilles de céréale ; plus précisément de la paille. Ces tiges et feuilles
de céréale présentent l'avantage d'être obtenues à un coût très avantageux, et au
surplus elles permettent d'emprisonner de grandes quantités d'air. Grâce à cet air
emprisonné, les capacités d'isolation thermique notamment en sont accrues. On observera
également, que l'emprisonnement d'une lame d'air entre deux parois rigides permet
de mieux atténuer la transmission des ondes acoustiques.
[0012] Selon une deuxième variante de réalisation de l'invention, lesdites tiges et feuilles
de céréales sont essentiellement constituées de brins longs. Au surplus elles sont
enchevêtrées de manière à former un tapis homogène relativement lié. On observera
qu'un tel tapis peut être obtenu directement à partir de paille conditionnée en bottes
rondes au moyen d'une presse de type : « round-baller ». Ces bottes rondes sont ensuite
déroulées pour former ledit tapis. Ce tapis homogène peut alors être avantageusement
maintenu en étau entre les deux parois rigides sans qu'il soit besoin de former un
caisson étanche.
[0013] Ainsi qu'on l'expliquera plus en détail dans la suite de la description, le liant
est avantageusement à base de composés protéiques, par exemple de caséine ou d'hémoglobine.
L'hémoglobine par exemple est également obtenue à un coût avantageux auprès des abattoirs
où le sang des animaux est recueilli. Lorsque les composés protéiques sont utilisés
sous forme déshydratée, on y ajoute bien évidemment de l'eau pour former un liant
homogène sous forme de pâte.
[0014] Préférentiellement, on ajoute au liant à base de protéines un acide organique, par
exemple de l'acide acétique qui permet de faire coaguler ces protéines qui finalement
prennent en masse. Les granulats végétaux sont alors enchevêtrés dans les protéines
prises en masse, et en séchant l'ensemble durcit.
[0015] En outre, ledit liant comprend de préférence de la chaux hydraulique, en particulier
lorsqu'on utilise de la caséine, et qui présente l'avantage de durcir en présence
d'eau, et partant, d'améliorer la rigidité des parois après qu'elles ont été séchées.
[0016] De manière avantageuse, lesdits granulats végétaux comprennent des tiges et des feuilles
de céréale à brins courts. De la sorte la résistance mécanique des parois est alors
grandement améliorée en compression. D'ailleurs, les éléments de construction selon
l'invention travaillent essentiellement en compression pour supporter leur propre
poids. Ils sont en cela autoporteurs, et ne nécessitent aucun élément de renfort complémentaire.
[0017] Selon un mode de réalisation particulièrement avantageux lesdites deux parois rigides
présentent des bordures, et lesdites bordures sont reliées entre elles par des parois
périphériques pour refermer ladite cavité. De la sorte, et notamment lorsque le matériau
isolant d'origine végétale est sous forme de brins courts, il est aisé de le déverser
à l'intérieur de la cavité sans perte.
[0018] De plus, l'élément de construction selon l'invention, comprend en outre des entretoises
pour maintenir lesdites deux parois à distance l'une de l'autre. Cela permet en outre
de rigidifier l'élément de construction.
[0019] Les éléments de construction du type précité sont bien évidemment réalisés en série
de manière à pouvoir standardiser la production et ainsi réduire les coûts. Bien évidemment,
les bâtiments pour l'habitat ou pour toute autre utilisation sont montés au moyen
d'une pluralité d'éléments de construction du type précité.
[0020] D'autres particularités et avantages de l'invention ressortiront à la lecture de
la description faite ci-après de modes de réalisation particuliers de l'invention,
donnés à titre indicatif mais non limitatif, en référence aux dessins annexés sur
lesquels :
- la Figure 1 est une vue en élévation de face d'un élément modulaire selon un premier
mode de mise en ouvre de l'invention;
- la Figure 2 est une vue de côté de l'élément modulaire représenté sur la figure 1
;
- la Figure 3 est une vue schématique en coupe droite horizontale de l'élément modulaire
représenté sur la figure 1 ; et,
- la Figure 4 est une vue schématique en perspective d'un élément modulaire selon un
second mode de mise en oeuvre.
[0021] Les figures 1 et 2 illustrent un élément de construction modulaire 10 selon un premier
mode de mise en oeuvre de l'invention, la première présentant sa paroi avant 12, la
deuxième, ses parois avant 12 et arrière 14. En outre, sur la figure 2, sont également
représentées des parois périphériques, une paroi supérieure 16 opposée à une paroi
inférieure 18 et une première latérale 20. Sur la figure 3 apparaît la seconde paroi
latérale 22 opposée à la première 20 on y retrouve la paroi avant 12 opposée à la
paroi arrière 14.
[0022] Les deux parois, avant 12 et arrière 14 sont maintenues à distance l'une de l'autre
et elles définissent entre les deux, une cavité 24 refermée par les parois, inférieure
18, supérieure 16, et latérales 20, 22 de manière à former un caisson étanche.
[0023] Comme on l'expliquera ci-après, la cavité 24 est remplie de matériaux isolants d'origine
végétale, tandis que les parois avant 12, arrière 14 et latérales 20, 22, sont réalisées
dans un matériau composite fait d'un mélange de granulats végétaux et de liant à base
de composés issus d'organismes vivants et préférentiellement, de composés protéiques.
[0024] S'agissant des granulats végétaux, ils permettent à la fois d'emprisonner de l'air,
ce qui est avantageux pour l'isolation thermique. La paille de céréales est un granulat
végétal avantageux, car c'est un sous-produit des cultures céréalières et il est donc
disponible à un coût avantageux, sous forme de brins longs ou bien courts. II en va
de même des produits de défibrage du lin ou du chanvre, des pulpes de betterave recueillie
dans les sucreries, des miscanthus ou de tout autre produit ligno-cellulosique. Les
résidus de l'exploitation forestière ou du bois sont également avantageusement utilisés
comme granulats.
[0025] Afin de réaliser le matériau composite, les granulats végétaux du type précité, subissent
tout d'abord un broyage à l'intérieur d'un broyeur à couteau par exemple. Ce broyage
permet de leur donner une granulométrie présentant une taille dont la distribution
est comprise, par exemple, entre 2 mm et 10 mm.
[0026] Ensuite, ces granulats végétaux sont mélangés à un liant dans des proportions massiques
comprises, par exemple, entre un pour un et un pour deux. On donnera ci-après des
exemples de liants appropriés. Le mélange est alors soumis à un malaxage pour être
homogénéisé. Dans certaines circonstances, le mélange est chauffé, par exemple à des
températures comprises entre 70° et 90°C, de manière à y promouvoir les réactions
chimiques le cas échéant. Au surplus, le chauffage permet de diminuer la viscosité
du mélange et par conséquent accélère l'homogénéisation. Ce chauffage est par exemple
réalisé au moyen de micro-ondes.
[0027] Le mélange homogène est alors coulé dans des moules présentant la forme de parois
que l'on souhaite obtenir, et les moules sont maintenues à 50°C pendant 24 heures
aux termes desquelles s'effectuent le démoulage. Les moules, sont par exemple constitués
de bac rectangulaire à fond plat de 250 cm de long sur 120 cm de large et on vient
les refermer au moyen d'une plaque de même dimension qui vient s'encastrer à l'intérieur
du bac rectangulaire. Les pièces démoulées sont alors conservées dans une enceinte
ventilée à une température comprise par exemple entre 30 ° et 70°C.
[0028] S'agissant du liant à base de composés issus d'organismes vivants, on en donnera
quelques exemples ci-après.
[0029] Un premier exemple de liant, est réalisé à base de substances protéiques du lait
et plus particulièrement à la caséine. Aussi, de la caséine est mélangée à de la chaux
hydraulique, dans des proportions variables. La proportion de chaux hydraulique est
de préférence inférieure à 50 % du mélange en poids. Préférentiellement, le rapport
en poids caséine/chaux hydraulique est voisin de 80/20. On ajoute ensuite à ce premier
mélange de l'acide acétique sous la forme de vinaigre d'alcool dans des proportions
voisines du double de la matière sèche dudit premier mélange.
[0030] Un deuxième exemple de liant est réalisé à partir d'hémoglobine déshydratée à laquelle
on ajoute de l'eau et de l'acide acétique. On observera que l'hémoglobine provenant
de sang d'animaux peut être obtenu à un coût très avantageux auprès des abattoirs.
[0031] On donnera à présent des exemples de mélange conduisant à l'obtention de matériaux
composites destinés à former les parois rigides de l'élément de construction modulaire
conforme à l'invention.
Exemple 1 :
[0032] Le premier liant mentionné ci-dessus, à base de caséine, est mélangé à de la paille
de blé broyée dont les brins calibrés mesurent environ 2 mm. Ce calibrage est obtenu
en tamisant la paille après broyage. La proportion massique de liant par rapport à
la paille est de trois pour deux. Le mélange est homogénéisé et chauffé au moyen de
micro-ondes. II est ensuite coulé dans un moule selon le mode opératoire précité.
[0033] Le composite alors obtenu présente une masse volumique apparente de 430 kg/m
3, tandis que son module d'élasticité dynamique, déterminée par auscultation sonique
est de 1,25 GPa. Les résistances à la compression et à la flexion du composite sont
respectivement de 5,08 et de 3,8 MPa. S'agissant de la conductivité thermique elle
est de 0,12 W/m/K. On obtient ainsi un composite rigide présentant une grande résistance
mécanique doublée d'une faible conductivité thermique.
Exemple 2 :
[0034] Le même premier liant est mélangé à de la paille de blé broyée et tamisée dont la
longueur moyenne de brins est ici de 10 mm. Les proportions du mélange en poids sont
identiques. Le matériau composite alors obtenu présente une masse volumique apparente
de 388 kg/m
3 et un module d'élasticité dynamique de 0,7 GPa. Les résistances mécaniques à la compression
et à la flexion sont respectivement de 2,78 MPa et 2,5 MPa. S'agissant des caractéristiques
thermiques et thermodynamiques, la conductivité thermique est de 0,10 W/m/K.
Exemple 3 :
[0035] Le même premier liant est ici mélangé à de la paille de blé présentant des brins
de longueurs différentes et plus précisément les deux longueurs de la paille utilisée
dans les exemples précédents. Ainsi, la paille de blé présente en poids, 50 % de paille
avec des brins courts de 2 mm et 50 % de paille avec des brins longs de 10 mm. Le
liant et la paille sont mélangés dans des proportions analogues aux exemples précédents
de trois pour deux. La masse volumique apparente du composite ainsi obtenu est alors
de 415 kg/m
3 et le module d'élasticité de 1,1 GPa. Les résistances mécaniques à la compression
et à la traction sont respectivement de 3,7 MPa et 3,1 MPa. La conductivité thermique
est égale à 0,11 W/m/K.
Exemple 4 :
[0036] Par rapport aux exemples précédents, la paille de blé est ici remplacée par des étoupes
de lin broyées et calibrées par tamisage à 2 mm. Les proportions de liant et d'étoupes
sont analogues aux précédents exemples. La masse volumique apparente est de 602 kg/m
3 et les résistances à la compression et à la traction sont voisines de 6,15 MPa. Le
coefficient de conductivité thermique est de 0,19 W/m/K.
Exemple 5 :
[0037] Dans cet exemple, la paille est remplacée par des anas de lin broyés et calibrés
par tamisage à 2 mm. Ils sont mélangés dans des proportions analogues aux exemples
précédents au même premier liant. Après coulage dans le moule, le mélange est pressé
au moyen d'une presse hydraulique avec une pression voisine de 1 bar. On obtient alors
un matériau de masse volumique apparente de 590 kg/m
3. Les résistances mécaniques en flexion et en compression sont respectivement de 10,5
MPa et de 7,5 MPa, tandis qu'en traction la résistance est de 3 MPa. Les modules de
flexion, de traction et de compressions sont respectivement de 1480 MPa, 1725 MPa
et 128 MPa. En outre, les déformations à la rupture sont de 0,18 % en traction et
de 15 % en compression, tandis que le coefficient de poisson est voisin de 0,4. Au
vu de ces caractéristiques mécaniques détaillées, on constate que le matériau composite
ainsi obtenu est plus rigide que pour les exemples précédents notamment grâce à l'application
d'une pression durant le moulage. S'agissant des propriétés thermodynamiques, la conductivité
thermique du composite obtenu est de 0,15 W/m/K.
[0038] Quel que soit le matériau composite, on obtient des parois rigides, dont les dimensions
peuvent être avec un choix de moule approprié, de 1,20 m sur 2,50 m pour une épaisseur
de 7,5 cm. Compte tenu des propriétés mécaniques du matériau composite, ces parois
sont rigides et elles peuvent être ajustées en regard l'une de l'autre pour ménager
une cavité entre les deux.
[0039] Le choix de tel ou tel composite est conditionné par la hauteur et la largeur des
parois rigides nécessaires à la réalisation de l'élément de construction modulaire.
En effet, plus la paroi désirée est grande, et plus la résistance mécanique du matériau
composite doit être élevée pour résister notamment à la flexion. En revanche, la conductivité
thermique est une fonction inverse de la résistance thermique. Aussi, pour réaliser
des éléments de construction formant de bons isolants thermiques, il est nécessaire
de privilégier des matériaux composites présentant le plus bas coefficient de conductivité
thermique possible.
[0040] En reprenant l'élément de construction modulaire présenté sur les figures 1 à 3,
les parois avant 12 et arrière 14, présentent des dimensions précitées de 1,20 m par
2,50 m pour une épaisseur de 7,5 cm chacune et sont maintenues espacées l'une de l'autre
d'une distance D de 25 cm par l'intermédiaire des parois latérales 20, 22, inférieure
18 et supérieure 16. Les parois 12, 14, 16, 18, 20, 22 sont maintenues ensemble par
collage et/ou par des fixations métalliques.
[0041] La cavité 24 et alors ici remplie avec de la paille de blé broyée dont les brins
présentent une longueur comprise essentiellement entre 1 mm et 10 mm, et qui est introduite
en vrac. La conductivité thermique de la paille broyée est ici de 0,06 W/m/K, et on
aboutit pour l'élément de construction modulaire représenté sur les figures 1 à 3,
à une résistance thermique de 5,6 K/W.
[0042] Selon un autre mode de mise en oeuvre de l'invention, le matériau isolant d'origine
végétale destiné à être logé à l'intérieur de la cavité est relativement homogène
et lié pour pouvoir être maintenu entre les deux parois rigides sans nécessité de
paroi latérale de retenue.
[0043] Pour ce faire, on utilise des pailles à brin long, enchevêtrées les unes avec les
autres et formant tapis.
[0044] Sur la Figure 4, où les références des éléments analogues à ceux des figures précédentes
sont identiques et affectées d'un signe « ' » on retrouve illustré un élément de construction
10' présentant une paroi avant 12' et une paroi arrière 14'. Ces parois sont bien
évidemment obtenues conformément à l'un des exemples précités. Entre les deux parois
12', 14', s'étend un tapis 30 fait de paille à brins longs enchevêtrés. A la différence
du précédent mode de mise en oeuvre, l'élément de construction 10' ne présente pas
de parois latérales et le tapis de paille 30 affleure des bords des parois 12', 14'.
De la sorte, les éléments de construction de 10' peuvent être ajustés bord à bord
tandis que les tapis de paille sont en appui les uns contre les autres et assurent
une continuité entre les parois. Par ailleurs, une rainure longitudinale non représentée
ici, est ménagée dans les bords des éléments de construction pour pouvoir y insérer
un joint d'étanchéité qui s'étend alors en saillie desdits bords. Aussi, lorsque les
éléments de construction sont ajustés bord à bord, les joints viennent respectivement
en appui contre le bord opposé, ce qui rend la jointure étanche.
[0045] Ces tapis sont obtenus directement à partir de paille conditionnée en bottes rondes.
Ces bottes rondes sont réalisées en plein champ, après le battage des céréales, au
moyen d'une presse de type : « round-baller » avec laquelle on vient ramasser les
pailles étendue en andin sur le sol. Ces bottes rondes sont ensuite récupérées et
stockées pour être transportées sur le lieu de production des éléments de construction.
Elles sont alors déroulées pour former les tapis. Les tapis sont homogènes car durant
le pressage, les moyens de ramassage et des aiguilles permettent d'enchevêtrer les
brins de paille.
[0046] Aussi, le tapis est maintenu en étau entre les deux parois rigides au moyen d'assemblages
vissés par exemple.
1. Elément de construction modulaire (10 ; 10') comprenant deux parois rigides (12, 14
; 12', 14') maintenues à distance l'une de l'autre et une cavité (24) s'étendant entre
lesdites deux parois, ledit élément de construction modulaire (10 ; 10') comprenant
un matériau isolant d'origine végétale logé à l'intérieur de ladite cavité ;
caractérisé en ce que lesdites parois rigides (12, 14 ; 12', 14') sont réalisées dans un matériau composite
fait d'un mélange de granulats végétaux et de liant à base de composés issus d'organismes
vivants.
2. Elément de construction selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit matériau isolant d'origine végétale comprend un mélange de particules libres.
3. Elément de construction selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit matériau isolant d'origine végétale comprend des tiges et des feuilles de céréale.
4. Elément de construction selon la revendication 3, caractérisé en ce lesdites tiges
et feuilles de céréales sont essentiellement constituées de brins longs.
5. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que lesdits composés issus d'organismes vivants comprennent des composés protéiques.
6. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit liant comprend un acide organique.
7. Elément de construction selon la revendication 6, caractérisé en ce que ledit liant comprend de l'acide acétique.
8. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que ledit liant comprend de la chaux hydraulique.
9. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que lesdits granulats végétaux comprennent des tiges et des feuilles de céréale à brins
courts.
10. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que lesdites deux parois rigides (12, 14) présentent des bordures, et en ce que lesdites bordures sont reliées entre elles par des parois périphériques (20, 22)
pour refermer ladite cavité.
11. Elément de construction selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'il comprend en outre des entretoises pour maintenir lesdites deux parois à distance
l'une de l'autre.