[0001] La présente invention est relative aux procédés et dispositifs de fabrication de
câbles métalliques à trois couches concentriques, de construction M+N+P, utilisables
notamment pour le renforcement d'articles en caoutchouc, en particulier de pneumatiques.
[0002] Elle est plus particulièrement relative aux procédés et dispositifs de fabrication
de câbles métalliques du type « gommés in situ », c'est-à-dire gommés de l'intérieur,
pendant leur fabrication même, par du caoutchouc ou une composition de caoutchouc,
en vue d'améliorer leur résistance à la corrosion et par voie de conséquence leur
endurance notamment dans les armatures de carcasses des pneumatiques pour véhicules
industriels.
[0003] Un pneumatique radial comporte de manière connue une bande de roulement, deux bourrelets
inextensibles, deux flancs reliant les bourrelets à la bande de roulement et une ceinture
disposée circonférentiellement entre l'armature de carcasse et la bande de roulement.
Cette armature de carcasse est constituée de manière connue d'au moins une nappe (ou
"couche") de caoutchouc renforcée par des éléments de renforcement ("renforts") tels
que des câblés ou des monofilaments, généralement du type métalliques dans le cas
de pneumatiques pour véhicules industriels porteurs de lourdes charges.
[0004] Pour le renforcement des armatures de carcasse ci-dessus, on utilise généralement
des câbles d'acier ("
steel cords") dits "à couches" ("
layered cords") constitués d'une couche centrale et d'une ou plusieurs couches de fils concentriques
disposées autour de cette couche centrale. Les câbles à trois couches les plus utilisés
sont essentiellement des câbles de construction M+N+P, formés d'une couche centrale
de M fil(s), M variant de 1 à 4, entourée d'une couche intermédiaire de N fils, N
variant typiquement de 5 à 15, elle-même entourée d'une couche externe de P fils,
P variant typiquement de 10 à 22, l'ensemble pouvant être éventuellement fretté par
un fil de frette externe enroulé en hélice autour de la couche externe.
[0005] De manière bien connue, ces câbles à couches sont soumis à des contraintes importantes
lors du roulage des pneumatiques, notamment à des flexions ou variations de courbure
répétées induisant au niveau des fils des frottements, notamment par suite des contacts
entre couches adjacentes, et donc de l'usure, ainsi que de la fatigue ; ils doivent
donc présenter une haute résistance aux phénomènes dits de "fatigue-fretting".
[0006] Il est particulièrement important en outre qu'ils soient imprégnés autant que possible
par le caoutchouc, que cette matière pénètre au mieux dans tous les espaces situés
entre les fils constituant les câbles. En effet, si cette pénétration est insuffisante,
il se forme alors des canaux ou capillaires vides, le long et à l'intérieur des câbles,
et les agents corrosifs tels que l'eau ou même l'oxygène de l'air, susceptibles de
pénétrer dans les pneumatiques par exemple à la suite de coupures de leur bande de
roulement, cheminent le long de ces canaux vides jusque dans la carcasse du pneumatique.
La présence de cette humidité joue un rôle important en provoquant de la corrosion
et en accélérant les processus de dégradation ci-dessus (phénomènes dits de "fatigue-corrosion"),
par rapport à une utilisation en atmosphère sèche.
[0007] Tous ces phénomènes de fatigue que l'on regroupe généralement sous le terme générique
de "fatigue-fretting-corrosion" sont à l'origine d'une dégénérescence progressive
des propriétés mécaniques des câbles et peuvent affecter, pour les conditions de roulage
les plus sévères, la durée de vie de ces derniers.
[0008] Pour pallier les inconvénients ci-dessus, la demande
WO 2005/071157 a proposé des câbles à trois couches de construction 1+N+P, en particulier de construction
1+6+12, dont une des caractéristiques essentielles est qu'une gaine constituée d'une
composition de caoutchouc diénique recouvre au moins la couche intermédiaire constituée
des M fils, le noyau (ou fil unitaire) du câble pouvant être lui-même recouvert ou
non de caoutchouc. Grâce à cette architecture spécifique et le remplissage au moins
partiel par le caoutchouc des capillaires ou interstices qui en découle, non seulement
une excellente pénétrabilité par le caoutchouc est obtenue, limitant les problèmes
de corrosion, mais encore les propriétés d'endurance en fatigue-fretting sont notablement
améliorées par rapport aux câbles de l'art antérieur. La longévité des pneumatiques
et celle de leurs armatures de carcasse sont ainsi très sensiblement améliorées.
[0009] Toutefois, les procédés décrits pour la fabrication de ces câbles, ainsi que les
câbles qui en sont issus, ne sont pas dépourvus d'inconvénients.
[0010] Tout d'abord, ces câbles à trois couches sont obtenus en plusieurs étapes qui présentent
l'inconvénient d'être discontinues, d'abord par réalisation d'un câble intermédiaire
1+N (en particulier 1+6), puis par gainage via une tête d'extrusion de ce câble intermédiaire
ou toron d'âme, enfin par une opération finale de câblage des P fils restants autour
du toron d'âme ainsi gainée, pour formation de la couche externe. Pour éviter le problème
de "collant à cru" ou collant parasite inhérent à la gaine de caoutchouc diénique
à l'état cru, avant câblage de la couche externe autour du toron d'âme, doit être
utilisé en outre un film intercalaire en matière plastique lors des opérations intermédiaires
de bobinage et débobinage. Toutes ces manipulations successives sont pénalisantes
du point de vue industriel et antinomiques de la recherche de cadences de fabrication
élevées.
[0011] D'autre part, si l'on veut pouvoir garantir un taux de pénétration élevé par le caoutchouc
à l'intérieur du câble pour l'obtention d'une perméabilité à l'air du câble, selon
son axe, qui soit aussi faible que possible, il s'est avéré nécessaire selon ces procédés
de l'art antérieur, d'utiliser des quantités relativement importantes de caoutchouc
lors du gainage. De telles quantités conduisent à un débordement parasite, plus ou
moins prononcé, du caoutchouc cru à la périphérie du câble terminé de fabrication.
[0012] Or, comme cela a déjà été évoqué ci-dessus, en raison du fort pouvoir collant que
possèdent les caoutchoucs diéniques à l'état cru, un tel débordement parasite génère
à son tour des inconvénients notables lors de la manipulation ultérieure du câble,
en particulier lors des opérations de calandrage qui vont suivre pour l'incorporation
du câble à une bande de caoutchouc diénique elle-même à l'état cru, avant les opérations
ultimes de fabrication du bandage pneumatique et de cuisson finale.
[0013] Tous les inconvénients exposés ci-dessus ralentissent bien entendu les cadences industrielles
et pénalisent le coût final des câbles et des pneumatiques qu'ils renforcent.
[0014] Poursuivant leurs recherches, les Demanderesses ont découvert un procédé de fabrication
amélioré, utilisant un caoutchouc spécifique, qui permet de pallier les inconvénients
précités.
[0015] En conséquence, l'invention concerne un procédé de fabrication d'un câble métallique
à trois couches concentriques (C1, C2, C3), de construction M+N+P, du type gommé in
situ c'est-à-dire gommé de l'intérieur, pendant sa fabrication même, par du caoutchouc
ou une composition de caoutchouc, ledit câble comportant une première couche ou noyau
(C1) de diamètre d
c constitué de M fil(s) de diamètre d
1, noyau autour duquel sont entourés ensemble en hélice selon un pas p
2, en une deuxième couche (C2), N fils de diamètre d
2, deuxième couche autour de laquelle sont entourés ensemble en hélice selon un pas
p
3, en une troisième couche (C3), P fils de diamètre d
3, ledit procédé comportant au moins les étapes suivantes :
- une étape d'assemblage des N fils de la deuxième couche (C2) autour du noyau (C1),
pour formation en un point, dit «point d'assemblage » d'un câble intermédiaire dit
« toron d'âme » de construction M+N ;
- respectivement en amont et/ou en aval dudit point d'assemblage, une étape de gainage
du noyau et/ou du toron d'âme par ledit caoutchouc ou ladite composition de caoutchouc,
par passage à travers au moins une tête d'extrusion ;
- une étape d'assemblage des P fils de la troisième couche (C3) autour du toron d'âme
(M+N) pour formation du câble de construction M+N+P ainsi gommé de l'intérieur,
et étant caractérisé en ce que ledit caoutchouc est un élastomère thermoplastique
insaturé extrudé à l'état fondu.
[0016] Ce procédé de l'invention permet de fabriquer, en ligne et en continu, un câble à
trois couches concentriques qui, comparé aux câbles à trois couches gommés in situ
de l'art antérieur, a pour avantage notable que le caoutchouc utilisé comme gomme
de remplissage est un élastomère du type thermoplastique et non plus diénique, par
définition thermofusible et donc plus facile de mise en oeuvre, dont la quantité peut
être aisément contrôlée ; il est ainsi possible, en jouant sur la température de mise
en oeuvre de l'élastomère thermoplastique, de répartir uniformément ce dernier à l'intérieur
de chacun des interstices du câble, conférant à ce dernier une imperméabilité optimale
selon son axe longitudinal.
[0017] En outre, l'élastomère thermoplastique ci-dessus ne pose pas de problème de collant
parasite en cas d'un léger débordement à l'extérieur du câble après sa fabrication.
Enfin, le caractère insaturé et donc (co)vulcanisable de cet élastomère thermoplastique
insaturé offre au câble une excellente compatibilité avec les matrices de caoutchoucs
diéniques insaturés tels que du caoutchouc naturel, utilisées habituellement comme
gomme de calandrage dans les tissus métalliques destinés au renforcement des pneumatiques.
[0018] L'invention ainsi que ses avantages seront aisément compris à la lumière de la description
et des exemples de réalisation qui suivent, ainsi que des figures 1 à 3 relatives
à ces exemples qui schématisent, respectivement :
- un exemple de dispositif de retordage et gommage in situ utilisable pour la fabrication
d'un câble à trois couches selon un procédé conforme à l'invention (Fig. 1) ;
- en coupe transversale, un exemple de câble de construction 1+6+12 du type compact,
, gommé in situ, susceptible d'être fabriqué par le procédé de l'invention (Fig. 2)
;
- en coupe transversale, un câble de construction 1+6+12 conventionnel, également du
type compact, non gommé in situ (Fig. 3).
I. DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0019] Dans la présente description, sauf indication expresse différente, tous les pourcentages
(%) indiqués sont des % massiques.
[0020] D'autre part, tout intervalle de valeurs désigné par l'expression "entre a et b"
représente le domaine de valeurs allant de plus de a à moins de b (c'est-à-dire bornes
a et b exclues) tandis que tout intervalle de valeurs désigné par l'expression "de
a à b" signifie le domaine de valeurs allant de a jusqu'à b (c'est-à-dire incluant
les bornes strictes a et b).
[0021] Le procédé de l'invention est donc destiné à la fabrication d'un câble métallique
à trois couches concentriques (C1, C2, C3), de construction M+N+P, comportant une
première couche ou noyau (C1) de diamètre de constitué de M fil(s) de diamètre d
1, noyau autour duquel sont entourés ensemble en hélice selon un pas p
2, en une deuxième couche (C2), N fils de diamètre d
2, deuxième couche autour de laquelle sont entourés ensemble en hélice selon un pas
p
3, en une troisième couche (C3), P fils de diamètre d
3, ledit procédé comportant au moins les étapes suivantes :
- tout d'abord, une étape d'assemblage des N fils de la deuxième couche (C2) autour
du noyau (C1), pour formation en un point, dit « point d'assemblage » d'un câble intermédiaire
dit « toron d'âme » de construction M+N (ou C1+C2) ;
- respectivement en amont et/ou en aval dudit point d'assemblage, une étape de gainage
du noyau et/ou du toron d'âme par un caoutchouc (ou composition de caoutchouc) spécifique
(dénommé « gomme de remplissage ») qui est extrudé à l'état fondu par passage à travers
une ou plusieurs tête(s) d'extrusion ;
- puis une étape d'assemblage des P fils de la troisième couche (C3) autour du toron
d'âme (M+N) pour formation du câble de construction M+N+P ainsi gommé de l'intérieur.
[0022] Par définition, dans la présente demande, la première couche ou couche centrale (C1)
est aussi appelée le noyau ("
core") du câble, alors que la première (C1 et la deuxième (C2) couches une fois assemblées
(C1+C2) constituent ce que l'on a coutume d'appeler le toron d'âme du câble.
[0023] Lorsque M est supérieur à 1, il faut bien entendu comprendre que le procédé de l'invention
comporte une étape préalable d'assemblage (quelle que soit la direction S, ou Z) des
fils du noyau (C1). Le diamètre d
c du noyau (C1) représente alors le diamètre du cylindre de révolution imaginaire (ou
diamètre d'encombrement) qui entoure les M fils centraux de diamètre d
1.
[0024] Selon un mode de réalisation préférentiel, les P fils de la troisième couche (C3)
sont enroulés en hélice au même pas et dans le même sens de torsion que les N fils
de la deuxième couche (C2) et que les M fils de la première couche (C1) lorsque M
est supérieur à 1.
[0025] Dans le procédé de l'invention, la gomme dite de remplissage est donc introduite
in situ dans le câble en cours de fabrication, par gainage soit du noyau seul, soit
du toron d'âme seul, soit à la fois du noyau et du toron d'âme, ledit gainage en soi
étant opéré de manière connue par exemple par passage à travers au moins une (c'est-à-dire
une ou plusieurs) tête(s) d'extrusion délivrant la gomme de remplissage à l'état fondu.
[0026] On rappellera ici qu'il existe deux techniques possibles d'assemblage de fils métalliques
:
- soit par câblage : dans un tel cas, les fils ne subissent pas de torsion autour de
leur propre axe, en raison d'une rotation synchrone avant et après le point d'assemblage
;
- soit par retordage : dans un tel cas, les fils subissent à la fois une torsion collective
et une torsion individuelle autour de leur propre axe, ce qui génère un couple de
détorsion sur chacun des fils et sur le câble lui-même.
[0027] Les deux techniques ci-dessus sont applicables, bien que l'on utilise préférentiellement
une étape de retordage pour chacune des étapes d'assemblage ci-dessus.
[0028] Selon un mode de réalisation préférentiel, l'étape d'assemblage des M fils de la
première couche (C1) lorsque M est supérieur à 1, l'étape d'assemblage des N fils
de la deuxième couche (C2) et l'étape d'assemblage des P fils de la première couche
(C3) sont réalisées par retordage.
[0029] En aval du « point d'assemblage » défini ci-dessus, la contrainte de tension exercée
sur le toron d'âme est de préférence comprise entre 10 et 25% de sa force à la rupture.
[0030] La tête ou chaque tête d'extrusion est portée à une température appropriée, ajustable
aisément en fonction de la nature spécifique de l'élastomère TPE utilisé et de ses
propriétés thermiques. De préférence, la température d'extrusion de l'élastomère TPE
insaturé est comprise entre 100°C et 250°C, plus préférentiellement entre 150°C et
200°C. Typiquement, la tête d'extrusion définit une zone de gainage ayant par exemple
la forme d'un cylindre de révolution dont le diamètre est compris de préférence entre
0,15 mm et 1,2 mm, plus préférentiellement entre 0,20 et 1,0 mm, et dont la longueur
est de préférence comprise entre 1 et 10 mm.
[0031] La quantité de gomme de remplissage délivrée par la tête d'extrusion est ajustée
dans un domaine préférentiel compris entre 5 et 40 mg par gramme de câble final (i.e.,
terminé de fabrication, gommé in situ). En dessous du minimum indiqué, il est plus
difficile de garantir que la gomme de remplissage soit bien présente, au moins en
partie, dans chacun des interstices ou capillaires du câble, tandis qu'au-delà du
maximum indiqué, on s'expose à un risque de débordement excessif de la gomme de remplissage
à la périphérie du câble. Pour toutes ces raisons, on préfère que le taux de gomme
de remplissage soit compris entre 5 et 35 mg, notamment entre 5 et 30 mg, plus particulièrement
dans un domaine de 10 à 25 mg par gramme de câble.
[0032] L'élastomère thermoplastique insaturé à l'état fondu recouvre ainsi le noyau et/ou
toron d'âme par le biais de la tête de gainage, à une vitesse de défilement typiquement
de quelques mètres à quelques dizaines de m/min, pour un débit de pompe d'extrusion
typiquement de plusieurs cm
3/min à plusieurs dizaines de cm
3/min. Le noyau ou le toron d'âme, selon le cas applicable, est avantageusement préchauffé
avant passage dans la tête d'extrusion, par exemple par passage à travers un générateur
HF ou à travers un tunnel chauffant.
[0033] Selon un premier mode de réalisation préférentiel, le gainage est réalisé sur le
noyau (C1) seul, c'est-à-dire en amont du point d'assemblage des N fils de la deuxième
couche (C2) autour du noyau ; dans un tel cas, le noyau une fois gainé est recouvert
d'une épaisseur minimale d'élastomère TPE insaturé qui est de préférence supérieure
à 20 µm, typiquement comprise entre 20 et 100 µm, en quantité suffisante pour pouvoir
enrober ultérieurement les fils de la deuxième couche (C2) du câble une fois cette
deuxième couche mise en place.
[0034] Puis les N fils de la deuxième couche (C2) sont câblés ou retordus ensemble (direction
S ou Z) autour du noyau (C1) pour formation du toron d'âme (C1+C2), de manière connue
en soi ; les fils sont délivrés par des moyens d'alimentation tels que des bobines,
une grille de répartition, couplée ou non à un grain d'assemblage, destinés à faire
converger autour du noyau les N fils en un point de torsion commun (ou point d'assemblage).
[0035] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, le gainage est réalisé sur le toron
d'âme (C1+C2) lui-même, c'est-à-dire en aval (et non plus en amont) du point d'assemblage
des N fils de la deuxième couche (C2) autour du noyau ; dans un tel cas, le toron
d'âme une fois gainé est recouvert d'une épaisseur minimale d'élastomère thermoplastique
insaturé qui est préférentiellement supérieure à 5 µm, typiquement comprise entre
5 et 30 µm.
[0036] Ainsi, dans les deux cas préférentiels ci-dessus (gainage soit du noyau, soit du
toron d'âme), la gomme de remplissage peut être délivrée en un point fixe, unique
et de faible encombrement, au moyen d'une tête d'extrusion unique.
[0037] Toutefois, le gommage in situ du câble selon l'invention pourrait être réalisé également
en deux opérations successives de gainage, une première opération de gainage sur le
noyau (donc en amont du point d'assemblage) et une seconde opération de gainage sur
le toron d'âme (donc en aval du point d'assemblage).
[0038] Préférentiellement, toutes les étapes du procédé de l'invention sont opérées en ligne
et en continu, quel que soit le type de câble fabriqué (câble compact comme câble
à couches cylindriques), tout ceci à haute vitesse. Le procédé ci-dessus peut être
mis en oeuvre à une vitesse (vitesse de défilement du câble sur la ligne de fabrication)
supérieure à 50 m/min, préférentiellement supérieure à 70 m/min, notamment supérieure
à 100 m/min.
[0039] Mais il est bien entendu également possible de fabriquer le câble selon l'invention
en discontinu, par exemple par gainage préalable du toron d'âme (C1+C2), solidification
de la gomme de remplissage, puis bobinage et stockage de ce dernier avant l'opération
finale d'assemblage de la troisième et dernière couche (C3) ; la solidification de
la gaine élastomère est aisée, elle peut être conduite par tout moyen de refroidissement
approprié, par exemple par un refroidissement à l'air ou à l'eau, suivi dans ce dernier
cas d'une opération de séchage.
[0040] Au cours d'une troisième étape, on procède à l'assemblage final, par câblage ou retordage
(direction S ou Z), des P fils de la troisième couche ou couche externe (C3) autour
du toron d'âme (M+N ou C1+C2). Au cours de cet assemblage final, les P fils viennent
s'appuyer sur la gomme de remplissage à l'état fondu, s'incruster dans cette dernière.
La gomme de remplissage, en se déplaçant sous la pression exercée par ces P fils externes,
a alors naturellement tendance à pénétrer dans chacun des interstices ou cavités laissés
vides par les fils, entre le toron d'âme (C1+C2) et la couche externe (C3).
[0041] A ce stade, la fabrication du câble selon l'invention est terminée. Toutefois, lorsque,
conformément à un mode de réalisation préférentiel de l'invention, les différentes
couches du câble sont assemblées par retordage, on préfère alors ajouter une étape
d'équilibrage de torsion pour obtention d'un câble dit équilibré (ou stabilisé) en
torsion ; par "équilibrage de torsion", on entend ici de manière connue l'annulation
des couples de torsion résiduels (ou du retour élastique de détorsion) s'exerçant
sur le câble. Les outils d'équilibrage de la torsion sont bien connus de l'homme du
métier du retordage ; ils peuvent consister par exemple en des dresseurs et/ou des
retordeurs et/ou des retordeurs-dresseurs constitués soit de poulies pour les retordeurs,
soit de galets de petit diamètre pour les dresseurs, poulies et/ou galets à travers
lesquels circule le câble.
[0042] Préférentiellement, dans ce câble terminé, l'épaisseur de gomme de remplissage entre
deux fils adjacents du câble, quels qu'ils soient, varie de 1 à 10 µm. Ce câble peut
être enroulé sur une bobine de réception, pour stockage, avant d'être traité par exemple
à travers une installation de calandrage, pour préparation d'un tissu composite métal-caoutchouc
diénique utilisable par exemple comme armature de carcasse, ou encore comme armature
de sommet d'un pneumatique.
[0043] Ce câble fabriqué selon le procédé de l'invention peut être qualifié de câble gommé
in situ, c'est-à-dire qu'il est gommé de l'intérieur, pendant sa fabrication même,
par du caoutchouc ou une composition de caoutchouc dénommé(e) gomme de remplissage.
[0044] En d'autres termes, à l'état brut de fabrication, ses "capillaires" ou "interstices"
(les deux termes, interchangeables, désignant les espaces vides , libres, formés par
des fils adjacents, en l'absence de gomme de remplissage), pour une partie ou préférentiellement
la totalité d'entre eux, situés d'une part entre le ou les M fil(s) noyau (C1) et
les N fils de la seconde couche (C2), d'autre part entre les N fils de la seconde
couche (C2) et les P fils de la troisième couche (C3), voire entre les M fils noyau
eux-mêmes lorsque M est supérieur à 1, comportent déjà un caoutchouc spécifique à
titre de gomme de remplissage qui remplit au moins en partie lesdits interstices,
de manière continue ou non selon l'axe du câble. Par câble à l'état brut de fabrication,
on entend bien entendu un câble qui n'a pas encore été mis au contact d'une matrice
de caoutchouc diénique (e.g. caoutchouc naturel) d'un produit semi-fini ou d'un article
fini en caoutchouc tel qu'un pneumatique, que ledit câble serait destiné à renforcer
ultérieurement.
[0045] Ce caoutchouc, spécifique est un élastomère thermoplastique insaturé, utilisé seul
ou avec d'éventuels additifs (c'est-à-dire dans ce cas sous forme d'une composition
d'élastomère thermoplastique insaturé) pour constituer la gomme de remplissage.
[0046] On rappellera tout d'abord ici que les élastomères thermoplastiques (en abrégé "TPE")
sont des élastomères thermoplastiques se présentant sous la forme de copolymères blocs
à base de blocs thermoplastiques. De structure intermédiaire entre polymères thermoplastiques
et élastomères, ils sont constitués de manière connue de séquences rigides thermoplastiques,
notamment polystyrène, reliées par des séquences souples élastomère, par exemple polybutadiène
ou polyisoprène pour des TPE insaturés ou poly(éthylène/butylène) pour des TPE saturés.
[0047] C'est la raison pour laquelle, de manière connue, les copolymères blocs TPE ci-dessus
se caractérisent généralement par la présence de deux pics de transition vitreuse,
le premier pic (température la plus basse, généralement négative) étant relatif à
la séquence élastomère du copolymère TPE, le second pic (température la plus haute,
positive, typiquement supérieure à 80°C pour des élastomères préférentiels du type
TPS) étant relatif à la partie thermoplastique (par exemple blocs styrène) du copolymère
TPE.
[0048] Ces élastomères TPE sont souvent des élastomères triblocs avec deux segments rigides
reliés par un segment souple. Les segments rigides et souples peuvent être disposés
linéairement, en étoile ou branchés. Ces élastomères TPE peuvent être aussi des élastomères
diblocs avec un seul segment rigide relié à un segment souple. Typiquement, chacun
de ces segments ou blocs contient au minimum plus de 5, généralement plus de 10 unités
de base (par exemple unités styrène et unités isoprène pour un copolymère blocs styrène/
isoprène/ styrène).
[0049] Ceci étant rappelé, une caractéristique essentielle de l'élastomère TPE utilisé conformément
à l'invention est qu'il est insaturé. Par élastomère TPE insaturé, on entend par définition
et de manière bien connue un élastomère TPE qui est pourvu d'insaturations éthyléniques,
c'est-à-dire qui comporte des doubles liaisons carbone-carbone (conjuguées ou non)
; réciproquement, un élastomère TPE dit saturé est bien entendu un élastomère TPE
qui est dépourvu de telles doubles liaisons.
[0050] Le caractère insaturé de l'élastomère TPE insaturé fait que ce dernier est (co)réticulable,
(co)vulcanisable au soufre, ce qui le rend avantageusement compatible avec les matrices
de caoutchoucs diéniques insaturés, telles que celles à base de caoutchouc naturel,
utilisées habituellement comme gomme de calandrage dans les tissus métalliques destinés
au renforcement des pneumatiques. Ainsi, un éventuel débordement de la gomme de remplissage
à l'extérieur du câble, lors de la fabrication de ce dernier, ne sera pas préjudiciable
à son adhésion ultérieure à la gomme de calandrage dudit tissu métallique, ce défaut
étant en effet susceptible d'être corrigé lors de la cuisson finale du pneumatique
par la co-réticulation possible entre l'élastomère TPE insaturé et l'élastomère diénique
de la gomme de calandrage.
[0051] De préférence, l'élastomère TPE insaturé est un élastomère thermoplastique styrénique
(en abrégé "TPS") c'est-à-dire comportant, à titre de blocs thermoplastiques, des
blocs styrène (polystyrène).
[0052] Plus préférentiellement, l'élastomère TPS insaturé est un copolymère comportant des
blocs polystyrène (c'est-à-dire formés de monomère styrénique polymérisé) et des blocs
polydiène (c'est-à-dire formés de monomère diénique polymérisé), préférentiellement
parmi ces derniers des blocs polyisoprène et/ou des blocs polybutadiène.
[0053] Par blocs polydiène, notamment polyisoprène et blocs polybutadiène, on entend également
par extension, dans la présente demande, des blocs de copolymère diène statistique,
notamment d'isoprène ou de butadiène comme par exemple des blocs de copolymère statistique
styrène/ isoprène (SI) ou styrène-butadiène (SB), ces blocs polydiène étant particulièrement
associés à des blocs thermoplastiques polystyrène pour constituer les élastomères
TPS insaturés préférentiels qui ont été décrits précédemment.
[0054] Par monomère styrénique doit être entendu tout monomère à base de styrène, non substitué
comme substitué ; parmi les styrènes substitués peuvent être cités par exemple les
méthylstyrènes (par exemple l'o-méthylstyrène, le m-méthylstyrène ou le p-méthylstyrène,
l'alpha-méthylstyrène, l'alpha-2-diméthylstyrène, l'alpha-4-diméthylstyrène ou le
diphényléthylène), le para-tertio-butylstyrène, les chlorostyrènes (par exemple l'o-chlorostyrène,
le m-chlorostyrène, le p-chlorostyrène, le 2,4-dichlorostyrène, le 2,6-dichlorostyrène
ou le 2,4,6-trichlorostyrène), les bromostyrènes (par exemple l'o-bromostyrène, le
m-bromostyrène, le p-bromostyrène, le 2,4-dibromostyrène, le 2,6-dibromostyrène ou
les 2,4,6-tribromostyrène), les fluorostyrènes (par exemple l'o-fluorostyrène, le
m-fluorostyrène, le p-fluorostyrène, le 2,4-difluorostyrène, le 2,6-difluorostyrène
ou les 2,4,6-trifluorostyrène), le para-hydroxy-styrène, et les mélanges de tels monomères.
[0055] Par monomère diénique doit être entendu tout monomère porteur de deux doubles liaisons
carbone-carbone, conjuguées ou non, en particulier tout monomère diène conjugué ayant
de 4 à 12 atomes de carbone choisi notamment dans le groupe constitué par l'isoprène,
le butadiène, le 1-méthylbutadiène, le 2- méthylbutadiène, le 2,3-diméthyl-1,3-butadiène,
le 2,4-diméthyl-1,3-butadiène, le 1,3-pentadiène, le 2-méthyl-1,3-pentadiène, le 3-méthyl-1,3-pentadiène,
le 4-méthyl-1,3-pentadiène, le 2,3-diméthyl-1,3-pentadiène, le 2,5-diméthyl-1,3-pentadiène,
le 1,3-hexadiène, le 2-méthyl-1,3-hexadiène, le 3-méthyl-1,3-hexadiène, le 4-méthyl-1,3-hexadiène,
le 5-méthyl-1,3-hexadiène, le 2,5-diméthyl-1,3-hexadiène, le 2-néopentylbutadiène,
le 1,3-cyclopentadiène, le 1,3-cyclohexadiène, 1-vinyl-1,3-cyclohexadiène, et les
mélanges de tels monomères.
[0056] Un tel élastomère TPS insaturé est choisi en particulier dans le groupe constitué
par les copolymères blocs styrène/ butadiène (SB), styrène/ isoprène (SI), styrène/
butadiène/ butylène (SBB), styrène/ butadiène/ isoprène (SBI), styrène/ butadiène/
styrène (SBS), styrène/ butadiène/ butylène/ styrène (SBBS), styrène/ isoprène/ styrène
(SIS), styrène/ butadiène/ isoprène/ styrène (SBIS) et les mélanges de ces copolymères.
[0057] Plus préférentiellement encore, cet élastomère TPS insaturé est un copolymère comportant
au moins trois blocs, ce copolymère étant plus particulièrement choisi dans le groupe
constitué par les copolymères blocs styrène/ butadiène/ styrène (SBS), styrène/ butadiène/
butylène/ styrène (SBBS), styrène/ isoprène/ styrène (SIS), styrène/ butadiène/ isoprène/
styrène (SBIS) et les mélanges de ces copolymères.
[0058] Selon un mode de réalisation particulier et préférentiel de l'invention, le taux
de styrène, dans l'élastomère TPS insaturé ci-dessus, est compris entre 5 et 50%.
En dessous de 5%, le caractère thermoplastique de l'élastomère TPS risque d'être insuffisant
tandis qu'au-delà de 50% il existe un risque d'une part de rigidification excessive
de ce dernier et d'autre part d'une diminution de son aptitude à la (co)réticulation.
[0059] Selon un autre mode de réalisation particulier et préférentiel de l'invention, la
masse moléculaire moyenne en nombre (notée Mn) de l'élastomère TPE (notamment TPS)
est préférentiellement comprise entre 5 000 et 500 000 g/mol, plus préférentiellement
comprise entre 7 000 et 450 000. La masse moléculaire moyenne en nombre (Mn) des élastomères
TPS est déterminée de manière connue, par chromatographie d'exclusion stérique (SEC).
L'échantillon est préalablement solubilisé dans du tétrahydrofuranne à une concentration
d'environ 1 g/l; puis la solution est filtrée sur filtre de porosité 0,45 µm avant
injection. L'appareillage utilisé est une chaîne chromatographique "WATERS alliance".
Le solvant d'élution est le tétrahydrofuranne, le débit de 0,7 ml/min, la température
du système de 35°C et la durée d'analyse de 90 min. On utilise un jeu de quatre colonnes
WATERS en série, de dénominations commerciales "STYRAGEL" ("HMW7", "HMW6E" et deux
"HT6E"). Le volume injecté de la solution de l'échantillon de polymère est de 100
µl. Le détecteur est un réfractomètre différentiel "WATERS 2410" et son logiciel associé
d'exploitation des données chromatographiques est le système "WATERS MILLENIUM". Les
masses molaires moyennes calculées sont relatives à une courbe d'étalonnage réalisée
avec des étalons de polystyrène.
[0060] Selon un autre mode de réalisation particulier et préférentiel de l'invention, la
Tg de l'élastomère TPE (notamment TPS) insaturé (pour rappel, première Tg relative
à la séquence élastomère) est inférieure à 0°C, plus particulièrement inférieure à
-15°C, cette grandeur étant mesurée de manière connue par DSC (
Differential Scanning Calorimetry), par exemple selon la norme ASTM D3418-82.
[0061] Selon un autre mode de réalisation particulier et préférentiel de l'invention, la
dureté Shore A (mesurée selon ASTM D2240-86) de l'élastomère TPE (notamment TPS) insaturé
est comprise entre 10 et 100, plus particulièrement comprise dans un domaine de 20
à 90.
[0062] Des élastomères TPS insaturés tels que par exemple SB, SI, SBS, SIS, SBBS ou SBIS
sont bien connus et disponibles commercialement, par exemple auprès de la société
Kraton sous la dénomination "Kraton D" (e.g., produits D1161, D1118, D1116, D1163),
auprès de la société Dynasol sous la dénomination "Calprene" (e.g., produits C405,
C411, C412), auprès de la société Polimeri Europa sous la dénomination "Europrene"
(e.g., produit SOLT166), auprès de la société BASF sous dénomination "Styroflex" (e.g.,
produit 2G66), ou encore auprès de la société Asahi sous la dénomination "Tuftec"
(e.g., produit P1500).
[0063] L'élastomère thermoplastique insaturé précédemment décrit est suffisant à lui seul
pour que la gomme de remplissage remplisse totalement sa fonction d'obturation des
capillaires ou interstices du câble selon l'invention. Toutefois, divers autres additifs
peuvent être ajoutés, typiquement en faible quantité (préférentiellement à des taux
pondéraux inférieurs à 20 parties, plus préférentiellement inférieurs à 10 parties
pour 100 parties d'élastomère thermoplastique insaturé), comme par exemple des plastifiants,
des charges renforçantes tels que du noir de carbone ou de la silice, des charges
non renforçantes ou inertes, des charges lamellaires, des agents de protection tels
que des anti-oxydants ou anti-ozonants, divers autres stabilisants, des agents colorants
destinés par exemple à colorer la gomme de remplissage. La gomme de remplissage pourrait
aussi comporter, selon une fraction pondérale minoritaire par rapport à la fraction
d'élastomère thermoplastique insaturé, des polymères ou élastomères autres que des
élastomères thermoplastiques insaturés.
[0064] Par câble métallique, on entend par définition dans la présente demande un câble
formé de fils constitués majoritairement (c'est-à-dire pour plus de 50% en nombre
de ces fils) ou intégralement (pour 100% des fils) d'un matériau métallique. Indépendamment
les uns des autres et d'une couche à l'autre, le fil ou les M fils du noyau (C1),
les N fils de la deuxième couche (C2) et les P fils de la troisième couche (C3) sont
de préférence en acier, plus préférentiellement en acier au carbone. Mais il est bien
entendu possible d'utiliser d'autres aciers, par exemple un acier inoxydable, ou d'autres
alliages. Lorsqu'un acier au carbone est utilisé, sa teneur en carbone (% en poids
d'acier) est de préférence comprise entre 0,2% et 1,2%, notamment entre 0,5% et 1,1%
; ces teneurs représentent un bon compromis entre les propriétés mécaniques requises
pour le pneumatique et la faisabilité des fils. Il est à noter qu'une teneur en carbone
comprise entre 0,5% et 0,6% rend de tels aciers finalement moins coûteux car plus
faciles à tréfiler. Un autre mode avantageux de réalisation de l'invention peut consister
aussi, selon les applications visées, à utiliser des aciers à faible teneur en carbone,
comprise par exemple entre 0,2% et 0,5%, en raison notamment d'un coût plus bas et
d'une plus grande facilité de tréfilage.
[0065] Le métal ou l'acier utilisé, qu'il s'agisse en particulier d'un acier au carbone
ou d'un acier inoxydable, peut être lui-même revêtu d'une couche métallique améliorant
par exemple les propriétés de mise en oeuvre du câble métallique et/ou de ses éléments
constitutifs, ou les propriétés d'usage du câble et/ou du pneumatique eux-mêmes, telles
que les propriétés d'adhésion, de résistance à la corrosion ou encore de résistance
au vieillissement. Selon un mode de réalisation préférentiel, l'acier utilisé est
recouvert d'une couche de laiton (alliage Zn-Cu) ou de zinc ; on rappelle que lors
du procédé de fabrication des fils, le revêtement de laiton ou de zinc facilite le
tréfilage du fil, ainsi que le collage du fil avec le caoutchouc. Mais les fils pourraient
être recouverts d'une fine couche métallique autre que du laiton ou du zinc, ayant
par exemple pour fonction d'améliorer la résistance à la corrosion de ces fils et/ou
leur adhésion au caoutchouc, par exemple une fine couche de Co, Ni, Al, d'un alliage
de deux ou plus des composés Cu, Zn, Al, Ni, Co, Sn.
[0066] Les câbles fabriqués selon le procédé de l'invention sont préférentiellement en acier
au carbone et possèdent une résistance en traction (Rm) de préférence supérieure à
2500 MPa, plus préférentiellement supérieure à 3000 MPa. L'allongement total à la
rupture (At) du câble, somme de ses allongements structural, élastique et plastique,
est de préférence supérieur à 2,0%, plus préférentiellement au moins égal à 2,5%.
[0067] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, le noyau ou couche centrale (C1)
de diamètre d
c est constitué de 1 à 4 fils de diamètre d
1 (c'est-à-dire que M est compris dans un domaine 1 à 4), N est compris dans un domaine
de 5 à 15, et P est compris dans un domaine de 10 à 22. Plus préférentiellement encore,
M est égal à 1, N est compris dans un domaine de 5 à 7, et P est compris dans un domaine
de 10 à 14.
[0068] Lorsque le noyau (C1) est constitué d'un seul fil (M égal à 1), le diamètre d
1 du fil noyau est alors préférentiellement compris dans un domaine de 0,08 à 0,40
mm.
[0069] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, les caractéristiques suivantes sont
vérifiées (d
1, d
2, d
3, p
2 et p
3 étant exprimés en mm) :
- 0,08 ≤ d1 ≤ 0,40 ;
- 0,08 ≤ d2 ≤ 0,35 ;
- 0,08 ≤ d3 ≤ 0,35 ;
- 5 π (d1 + d2) < p2 ≤ p3 < 10 π (d1 + 2d2 + d3).
[0070] Le noyau (C1) du câble selon l'invention est préférentiellement constitué d'un seul
fil unitaire ou au plus de 2 ou 3 fils, ces derniers pouvant être par exemple parallèles
ou bien retordus ensemble. Toutefois, plus préférentiellement, le noyau (C1) du câble
selon l'invention est constitué d'un seul fil, N est compris dans un domaine de 5
à 7, et P est compris dans un domaine de 10 à 14.
[0071] On rappelle ici que de manière connue le pas « p » représente la longueur, mesurée
parallèlement à l'axe du câble, au bout de laquelle un fil ayant ce pas effectue un
tour complet autour dudit axe du câble.
[0072] Pour un compromis optimisé entre résistance, faisabilité, rigidité et endurance en
flexion du câble, on préfère que les diamètres des fils des couches C1, C2 et C3,
que ces fils aient un diamètre identique ou non d'une couche à l'autre, vérifient
les relations suivantes (d
1, d
2, d
3 étant exprimés en mm):
- 0,10 ≤ d1 ≤ 0,35;
- 0,10 ≤ d2 ≤ 0,30;
- 0,10 ≤ d3 ≤ 0,30.
[0073] Plus préférentiellement encore, les relations suivantes sont vérifiées :
- 0,10 ≤ d1 ≤ 0,28;
- 0,10 ≤ d2 ≤ 0,25 ;
- 0,10 ≤ d3 ≤ 0,25.
[0074] Selon un autre mode de réalisation particulier, les caractéristiques suivantes sont
vérifiées :
- pour N = 5 : 0,6 < (d1 / d2) < 0,9 ;
- pour N = 6 : 0,9 < (d1 / d2) < 1,3 ;
- pour N = 7 : 1,3 < (d1 / d2) < 1,6.
[0075] Les fils des couches C2 et C3 peuvent avoir un diamètre identique ou différent d'une
couche à l'autre ; on utilise de préférence des fils de même diamètre d'une couche
à l'autre (soit d
2 = d
3), ce qui simplifie notamment la fabrication et réduit le coût des câbles.
[0076] De préférence, on a la relation suivante qui est vérifiée:

[0077] Les pas p
2 et p
3 sont choisis plus préférentiellement dans un domaine de 5 à 30 mm, plus préférentiellement
encore dans un domaine de 5 à 20 mm, en particulier lorsque d
2 = d
3.
[0078] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, le diamètre d
2 est compris dans un domaine de 0,08 à 0,35 mm et le pas de retordage p
2 est compris dans un domaine de 5 à 30 mm.
[0079] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, le diamètre d
3 est compris dans un domaine de 0,08 à 0,35 mm et le pas de retordage p
3 est supérieur à ou égal à p
2.
[0080] Selon un autre mode de réalisation préférentiel, les p
2 et p
3 sont égaux. C'est notamment le cas pour des câbles à couches du type compacts tels
que schématisés par exemple à la figure 2, dans lesquels les deux couches C2 et C3
ont pour autre caractéristique d'être enroulées dans le même sens de torsion (S/S
ou Z/Z). Dans de tels câbles à couches dits compacts, la compacité est très élevée,
telle que la section transversale de ces câbles a un contour qui est polygonal et
non cylindrique, comme illustré à titre d'exemple à la figure 2 (câble compact 1+6+12
selon l'invention) ou à la figure 3 (câble compact 1+6+12 témoin, c'est-à-dire non
gommé in situ).
[0081] Lorsque le noyau (C1) est constitué de plus d'un fil (M différent de 1), les M fils
sont de préférence assemblés, notamment retordus, selon un pas p
1 qui est plus préférentiellement compris dans un domaine de 3 à 30 mm, en particulier
dans un domaine de 3 à 20 mm.
[0082] La troisième couche ou couche externe C3 a pour caractéristique préférentielle d'être
une couche saturée, c'est-à-dire que, par définition, il n'existe pas suffisamment
de place dans cette couche pour y ajouter au moins un (P
max+1)ème fil de diamètre d
3, P
max représentant le nombre maximal de fils enroulables en une couche autour de la deuxième
couche C2. Cette construction a pour avantage notable de limiter encore le risque
de débordement de gomme de remplissage à sa périphérie et d'offrir, pour un diamètre
donné du câble, une résistance plus élevée.
[0083] Ainsi, le nombre P de fils peut varier dans une très large mesure selon le mode de
réalisation particulier de l'invention, étant entendu que le nombre maximal de fils
P sera augmenté si leur diamètre d
3 est réduit comparativement au diamètre d
2 des fils de la deuxième couche, afin de conserver préférentiellement la couche externe
dans un état saturé.
[0084] Selon un mode de réalisation particulièrement préférentiel, la première couche (C1)
comporte un seul fil (M égal à 1), la deuxième couche (C2) comporte 6 fils (N égal
à 6) et la troisième couche (C3) comporte 11 ou 12 fils (P égal à 11 ou 12) ; en d'autres
termes, le câble selon l'invention a pour constructions préférentielles 1+6+11 ou
1+6+12. Parmi ces câbles sont en particulier préférés ceux constitués de fils ayant
sensiblement le même diamètre de la deuxième couche (C2) à la troisième couche (C3)
(soit d
2 = d
3).
[0085] Le câble fabriqué selon le procédé de l'invention, comme tous les câbles à couches,
peut être de deux types, à savoir du type à couches compactes ou du type à couches
cylindriques.
[0086] Préférentiellement, les deux couches C2 et C3, ainsi que la couche C1 dans le cas
où M est supérieur à 1, sont enroulées dans le même sens de torsion, c'est-à-dire
soit dans la direction S (disposition "S/S"), soit dans la direction Z (disposition
"Z/Z"). L'enroulement dans le même sens de ces couches permet avantageusement de minimiser
les frottements entre ces deux couches et donc l'usure des fils qui les constituent.
Plus préférentiellement, elles sont enroulées dans le même sens de torsion et au même
pas (soit p
2 = p
3 ou p
1 = p
2 = p
3 si M est supérieur à 1), pour l'obtention d'un câble du type compact tel que représenté
par exemple à la figure 2.
[0087] Le procédé de l'invention rend possible la fabrication de câbles qui peuvent être,
selon un mode de réalisation particulièrement préférentiel, dépourvus ou quasiment
dépourvus de gomme de remplissage à leur périphérie ; par une telle expression, on
entend qu'aucune particule de gomme de remplissage n'est visible, à l'oeil nu, à la
périphérie du câble, c'est-à-dire que l'homme du métier ne fait pas de différence
en sortie de fabrication, à l'oeil nu et à une distance de trois mètres ou plus, entre
une bobine de câble fabriqué conformément à l'invention et une bobine de câble conventionnel
non gommé in situ.
[0088] Toutefois, comme indiqué précédemment, un éventuel débordement de la gomme de remplissage
à la périphérie du câble ne sera pas préjudiciable à son adhésion ultérieure à une
gomme de calandrage de tissu métallique, grâce au caractère co-réticulable de l'élastomère
thermoplastique insaturé et de l'élastomère diénique de ladite gomme de calandrage.
[0089] Le procédé de l'invention s'applique bien entendu à la fabrication de câbles du type
compacts (pour rappel et par définition, ceux dont les couches C1 (si M est supérieur
à 1), C2 et C3 sont enroulées au même pas et dans le même sens) comme à la fabrication
de câbles du type à couches cylindriques (pour rappel et par définition, ceux dont
les couches C1 (si M est supérieur à 1), C2 et C3 sont enroulées soit à des pas différents
(quels que soient leurs sens de torsion, identiques ou pas), soit dans des sens opposés
(quels que soient leurs pas, identiques ou différents)).
[0090] Un dispositif d'assemblage et gommage utilisable préférentiellement pour la mise
en oeuvre du procédé de l'invention précédemment décrit, est un dispositif comportant
d'amont en aval, selon la direction d'avancement d'un câble en cours de formation
:
- des moyens d'alimentation d'une part du fil ou des M fils de la première couche ou
noyau (C1), d'autre part des N fils de la deuxième couche (C2) ;
- des premiers moyens d'assemblage des N fils pour mise en place de la deuxième couche
(C2) autour de la première couche (C1), en un point dit « point d'assemblage », pour
formation d'un câble intermédiaire dit « toron d'âme » de construction M+N ;
- des seconds moyens d'assemblage des P fils autour du toron d'âme ainsi gainé, pour
mise en place de la troisième couche (C3) ;
- des moyens d'extrusion délivrant l'élastomère thermoplastique à l'état fondu, disposés
respectivement en amont et/ou en aval des premiers moyens d'assemblage, pour gainage
du noyau et/ou du toron d'âme M+N.
[0091] Bien entendu, lorsque M est supérieur à 1, le dispositif ci-dessus comporte également
des moyens d'assemblage des M fils de la couche centrale (C1), disposés entre les
moyens d'alimentation de ces M fils et les moyens d'assemblage des N fils de la deuxième
couche (C2). Dans le cas d'un double gainage (noyau et âme), les moyens d'extrusion
sont donc disposés à la fois en amont et en aval des premiers moyens d'assemblage.
[0092] On voit sur la figure 1 annexée un exemple de dispositif (10) d'assemblage par retordage,
du type à alimentation fixe et à réception tournante, utilisable pour la fabrication
d'un câble du type compact (p
2 = p
3 et même sens de torsion des couches C2 et C3). Dans ce dispositif (10), des moyens
d'alimentation (110) délivrent, autour d'un fil noyau unique (C1), N fils (11) à travers
une grille (12) de répartition (répartiteur axisymétrique), couplée ou non à un grain
d'assemblage (13), grille au-delà de laquelle convergent les N (par exemple six) fils
de la deuxième couche en un point d'assemblage (14), pour formation du toron d'âme
(C1+C2) de construction 1+N (par exemple 1+6).
[0093] Le toron d'âme (C1+C2), une fois formé, traverse ensuite une zone de gainage consistant
par exemple en une tête d'extrusion unique (15) constituée par exemple par une extrudeuse
bi-vis (alimentée par une trémie contenant l'élastomère TPE sous forme de granules)
alimentant une filière de calibrage par l'intermédiaire d'une pompe. La distance entre
le point de convergence (14) et le point de gainage (15) est par exemple comprise
entre 50 cm et 1 m. Autour du toron d'âme ainsi gommé (16) et progressant dans le
sens de la flèche, sont ensuite assemblés par retordage les P fils (17) de la couche
externe (C3), par exemple au nombre de douze, délivrés par des moyens d'alimentation
(170). Le câble final (C1+C2+C3) ainsi formé est finalement collecté sur la réception
tournante (19), après traversée des moyens d'équilibrage de torsion (18) consistant
par exemple en un dresseur et/ou un retordeur-dresseur.
[0094] On rappelle ici que, de manière bien connue de l'homme du métier, pour la fabrication
d'un câble du type à couches cylindriques (pas p
2 et p
3 différents et/ou sens de torsion différents des couches C2 et C3), on utilise un
dispositif comportant deux organes (alimentation ou réception) tournants, et non un
seul comme décrit ci-dessus (Fig. 3) à titre d'exemple.
[0095] La figure 2 schématise, en coupe perpendiculaire à l'axe du câble (supposé rectiligne
et au repos), un exemple d'un câble préférentiel 1+6+12 gommé in situ, susceptible
d'être obtenu à l'aide du procédé conforme à l'invention précédemment décrit.
[0096] Ce câble (noté C-1) est du type compact, c'est-à-dire que ses deuxième et troisième
couches (respectivement C2 et C3) sont enroulées dans le même sens (S/S ou Z/Z selon
une nomenclature reconnue) et de plus au même pas (p
2 = p
3). Ce type de construction a pour conséquence que les fils (21, 22) de ces deuxième
et troisième couches (C2, C3) forment autour du noyau ou première couche (C1) deux
couches sensiblement concentriques qui ont chacune un contour (E) (représenté en pointillés)
qui est sensiblement polygonal (plus précisément hexagonal) et non cylindrique comme
dans le cas de câbles à couches dits cylindriques.
[0097] Ce câble C-1 peut être qualifié de câble gommé in situ : chacun des capillaires ou
interstices (espaces vides en l'absence de gomme de remplissage) formés par les fils
adjacents, pris trois par trois, de ses trois couches C1, C2 et C3, est rempli, au
moins en partie (de manière continue ou non selon l'axe du câble), par la gomme de
remplissage de telle manière que pour toute longueur de câble de 2 cm, chaque capillaire
comporte au moins un bouchon de gomme.
[0098] Plus précisément, la gomme de remplissage (23) remplit chaque capillaire (24) (symbolisé
par un triangle) formé par les fils adjacents (pris trois à trois) des différentes
couches (C1, C2, C3) du câble, en écartant ces derniers très légèrement. On voit que
ces capillaires ou interstices sont naturellement formés soit par le fil noyau (20)
et les fils (21) de la deuxième couche (C2) qui l'entourent, soit par deux fils (21)
de la deuxième couche (C2) et un fil (23) de la troisième couche (C3) qui leur est
immédiatement adjacent, soit encore par chaque fil (21) de la deuxième couche (C2)
et les deux fils (22) de la troisième couche (C3) qui lui sont immédiatement adjacents
; au total, 24 capillaires ou interstices (24) sont ainsi présents dans ce câble 1+6+12.
[0099] Selon un mode de réalisation préférentiel, dans ce câble M+N+P, la gomme de remplissage
s'étend d'une manière continue autour de la deuxième couche (C2) qu'elle recouvre.
[0100] Ainsi préparé, le câble M+N+P peut être qualifié d'étanche à l'air : au test de perméabilité
à l'air décrit au paragraphe II-1-B qui suit, il se caractérise par un débit d'air
moyen qui est préférentiellement inférieur à 2 cm
3/min, plus préférentiellement inférieur ou au plus égal à 0,2 cm
3/min.
[0101] Pour comparaison, la figure 3 rappelle la coupe d'un câble 1+6+12 (noté C-2) conventionnel
(i.e., non gommé in situ), également du type compact. L'absence de gomme de remplissage
fait que pratiquement tous les fils (30, 31, 32) sont au contact l'un de l'autre,
ce qui conduit à une structure particulièrement compacte, par ailleurs très difficilement
pénétrable (pour ne pas dire impénétrable) de l'extérieur par du caoutchouc. La caractéristique
de ce type de câble est que les différents fils forment trois à trois des canaux ou
capillaires (34) qui pour un nombre important d'entre eux restent fermés et vides
et donc propices, par effet "de mèche", à la propagation de milieux corrosifs tels
que l'eau.
II. EXEMPLES DE REALISATION DE L'INVENTION
[0102] Les essais qui suivent démontrent la capacité de l'invention à fournir des câbles
à trois couches qui, comparés aux câbles à trois couches gommés in situ de l'art antérieur
avec un caoutchouc diénique conventionnel (non thermofusible), ont l'avantage notable
de comporter une quantité réduite et contrôlée de gomme de remplissage, ce qui leur
garantit une meilleure compacité, cette gomme étant en outre préférentiellement répartie
uniformément à l'intérieur du câble, en particulier à l'intérieur de chacun de ses
capillaires, leur conférant ainsi une imperméabilité longitudinale optimale ; en outre,
cette gomme de remplissage a comme avantage essentiel d'être dépourvue de collant
parasite à l'état cru (i.e., non réticulé).
II-1. Mesures et tests utilisés
II-1-A. Mesures dynamométriques
[0103] Pour ce qui concerne les fils et câbles métalliques, les mesures de force à la rupture
notée Fm (charge maximale en N), de résistance à la rupture notée Rm (en MPa) et d'allongement
à la rupture noté At (allongement total en %) sont effectuées en traction selon la
norme ISO 6892 de 1984.
[0104] Concernant les compositions de caoutchouc diénique, les mesures de module sont effectuées
en traction, sauf indication différente selon la norme ASTM D 412 de 1998 (éprouvette
"C") : on mesure en seconde élongation (c'est-à-dire après un cycle d'accommodation)
le module sécant "vrai" (c'est-à-dire ramené à la section réelle de l'éprouvette)
à 10% d'allongement, noté E10 et exprimé en MPa (conditions normales de température
et d'hygrométrie selon la norme ASTM D 1349 de 1999).
II-1-B. Test de perméabilité à l'air
[0105] Ce test permet de déterminer la perméabilité longitudinale à l'air des câbles testés,
par mesure du volume d'air traversant une éprouvette sous pression constante pendant
un temps donné. Le principe d'un tel test, bien connu de l'homme du métier, est de
démontrer l'efficacité du traitement d'un câble pour le rendre imperméable à l'air
; il a été décrit par exemple dans la norme ASTM D2692-98.
[0106] Le test est ici réalisé soit sur des câbles extraits des pneumatiques ou des nappes
de caoutchouc qu'ils renforcent, donc déjà enrobés de l'extérieur par du caoutchouc
à l'état cuit, soit sur des câbles bruts de fabrication.
[0107] Dans le second cas, les câbles bruts doivent être préalablement noyés, enrobés de
l'extérieur par une gomme dite d'enrobage. Pour cela, une série de 10 câbles disposés
parallèlement (distance inter-câble : 20 mm) est placée entre deux skims (deux rectangles
de 80 x 200 mm) d'une composition de caoutchouc diénique à l'état cru, chaque skim
ayant une épaisseur de 3,5 mm ; le tout est alors bloqué dans un moule, chacun des
câbles étant maintenu sous une tension suffisante (par exemple 2 daN) pour garantir
sa rectitude lors de la mise en place dans le moule, à l'aide de modules de serrage
; puis on procède à la vulcanisation (cuisson) pendant 40 min à une température de
140°C et sous une pression de 15 bar (piston rectangulaire de 80 x 200 mm). Après
quoi, on démoule l'ensemble et on découpe 10 éprouvettes de câbles ainsi enrobés,
sous forme de parallélépipèdes de dimensions 7x7x20 mm, pour caractérisation.
[0108] On utilise comme gomme d'enrobage une composition de caoutchouc conventionnelle pour
pneumatique, à base de caoutchouc naturel (peptisé) et de noir de carbone N330 (65
pce), comportant en outre les additifs usuels suivants: soufre (7 pce), accélérateur
sulfénamide (1 pce), ZnO (8 pce), acide stéarique (0,7 pce), antioxydant (1,5 pce),
naphténate de cobalt (1,5 pce) ; le module E10 de la gomme d'enrobage est de 10 MPa
environ.
[0109] Le test est réalisé sur 2 cm de longueur de câble, enrobé donc par sa composition
de caoutchouc (ou gomme d'enrobage) environnante à l'état cuit, de la manière suivante
: on envoie de l'air à l'entrée du câble, sous une pression de 1 bar, et on mesure
le volume d'air à la sortie, à l'aide d'un débitmètre (calibré par exemple de 0 à
500 cm
3/min). Pendant la mesure, l'échantillon de câble est bloqué dans un joint étanche
comprimé (par exemple un joint en mousse dense ou en caoutchouc) de telle manière
que seule la quantité d'air traversant le câble d'une extrémité à l'autre, selon son
axe longitudinal, est prise en compte par la mesure ; un contrôle d'étanchéité préalable
du joint étanche est fait à l'aide d'une éprouvette de caoutchouc pleine, i.e., sans
câble.
[0110] Le débit mesuré est d'autant plus faible que l'imperméabilité longitudinale du câble
est élevée. La mesure étant faite avec une précision de ± 0,2 cm
3/min, les valeurs mesurées égales ou inférieures à 0,2 cm
3/min sont considérées comme nulles ; elles correspondent à un câble qui peut être
qualifié d'étanche à l'air selon son axe (i.e., selon sa direction longitudinale).
II-1-C. Taux de gomme de remplissage
[0111] La quantité de gomme de remplissage est mesurée par différence entre le poids du
câble initial (donc gommé in situ) et le poids du câble (donc celui de ses fils) dont
la gomme de remplissage a été éliminée par un traitement dans un solvant d'extraction
approprié.
[0112] On procède par exemple comme suit. Un échantillon de câble de longueur donnée (par
exemple un mètre), bobiné sur lui-même pour réduire son encombrement, est placé dans
un flacon étanche contenant un litre de toluène. Puis le flacon est agité (125 aller-retour
par min) pendant 24 heures à température ambiante (20°C), à l'aide d'un agitateur
"va-et-vient" ("Ping-Pong 400" de la société Fischer Scientific) ; après élimination
du solvant, l'opération est répétée une fois. Le câble ainsi traité est récupéré et
le solvant résiduel évaporé sous vide pendant 1 heure à 60°C. Puis le câble ainsi
débarrassé de sa gomme de remplissage est pesé. On en déduit par le calcul le taux
de gomme de remplissage dans le câble, exprimé en mg (milligramme) de gomme de remplissage
par g (gramme) de câble initial, et moyenne sur 10 mesures (c'est-à-dire sur 10 mètres
de câble au total).
II-2. Fabrication des câbles et tests
[0113] On fabrique dans les essais qui suivent des câbles à couches de constructions 1+6+12
constitués de fils fins en acier au carbone revêtus de laiton.
[0114] Les fils en acier au carbone sont préparés de manière connue, en partant par exemple
de fils machine (diamètre 5 à 6 mm) que l'on écrouit tout d'abord, par laminage et/ou
tréfilage, jusqu'à un diamètre intermédiaire voisin de 1 mm. L'acier utilisé est un
acier au carbone connu (norme USA AISI 1069) dont la teneur en carbone est de 0,70%.
Les fils de diamètre intermédiaire subissent un traitement de dégraissage et/ou décapage,
avant leur transformation ultérieure. Après dépôt d'un revêtement de laiton sur ces
fils intermédiaires, on effectue sur chaque fil un écrouissage dit "final" (i.e.,
après le dernier traitement thermique de patentage), par tréfilage à froid en milieu
humide avec un lubrifiant de tréfilage qui se présente par exemple sous forme d'une
émulsion ou d'une dispersion aqueuse. Le revêtement de laiton qui entoure les fils
a une épaisseur très faible, nettement inférieure au micromètre, par exemple de l'ordre
de 0,15 à 0,30 µm, ce qui est négligeable par rapport au diamètre des fils en acier.
[0115] Les fils en acier ainsi tréfilés ont le diamètre et les propriétés mécaniques suivantes
:
Tableau 1
| Acier |
φ (mm) |
Fm (N) |
Rm (MPa) |
| NT |
0,18 |
68 |
2820 |
| NT |
0,20 |
82 |
2620 |
[0116] Ces fils sont ensuite assemblés sous forme de câbles à couches 1+6+12 dont la construction
est conforme à la représentation de la figure 1 et dont les propriétés mécaniques
sont données dans le tableau 2.
Tableau 2
| Câble |
p2 (mm) |
p3 (mm) |
Fm (daN) |
Rm (MPa) |
At (%) |
| C-1 |
10 |
10 |
120 |
2550 |
2,4 |
[0117] Les câbles selon l'invention 1+6+12 (C-1), tels que schématisés à la Fig. 1, sont
donc formés de 19 fils au total, un fil noyau de diamètre 0,20 mm et 18 fils autour,
tous de diamètre 0,18 mm, qui ont été enroulés en deux couches concentriques au même
pas (p
2 = p
3 = 10,0 mm) et dans la même direction de torsion (S/S) pour l'obtention d'un câble
du type compact. Le taux de gomme de remplissage, mesuré selon la méthode indiquée
précédemment au paragraphe I-3, est égal à environ 18 mg par g de câble. Cette gomme
de remplissage est présente dans chacun des 24 capillaires ou interstices formés par
les différents fils pris trois à trois, c'est-à-dire qu'elle remplit en totalité ou
au moins en partie chacun de ces capillaires de telle manière qu'il existe au moins,
sur toute longueur de câble de longueur égale à 2 cm, un bouchon de gomme dans chaque
capillaire ou interstice.
[0118] Pour la fabrication de ces câbles, on a utilisé un dispositif tel que décrit précédemment
et schématisé à la figure 1, en gainant le toron d'âme (1+6) puis en assemblant par
retordage la couche externe des 12 fils sur le toron d'âme gainé. Le toron d'âme a
été ainsi recouvert d'une couche d'élastomère TPS d'environ 15 µm. La gomme de remplissage
était constituée d'un élastomère TPS insaturé qui a été extrudé à une température
de 180°C environ, au moyen d'une extrudeuse bi-vis (longueur 960 mm, L/D = 40) alimentant
une filière de calibrage de diamètre 0,570 mm par l'intermédiaire d'une pompe ; le
toron d'âme (1+6) se déplaçait pendant son gainage perpendiculairement à la direction
d'extrusion et de façon rectiligne.
[0119] Trois élastomères TPS insaturés (produits commerciaux) ont été testés lors de ces
essais : un copolymère blocs SBS (blocs styrène-butadiène-styrène), un copolymère
blocs SIS (blocs styrène-isoprène-styrène) et un copolymère blocs S(SB)S (blocs styrène-butadiène-styrène
dont le bloc polydiène central (noté SB) était un copolymère diène statistique styrène-butadiène),
de dureté Shore A respectivement égale à environ 70, 25 et 90.
[0120] Puis les câbles C-1 ainsi fabriqués ont été soumis au test de perméabilité à l'air
décrit au paragraphe II-1, en mesurant le volume d'air (en cm
3) traversant les câbles en 1 minute (moyenne de 10 mesures pour chaque câble testé).
[0121] Pour chaque câble C-1 testé et pour 100% des mesures (soit dix éprouvettes sur dix),
quel que soit l'élastomère TPS insaturé testé, on a mesuré un débit nul ou inférieur
à 0,2 cm
3/min ; en d'autres termes, les câbles préparés selon le procédé de l'invention peuvent
être qualifiés d'étanches à l'air selon leur axe longitudinal.
[0122] D'autre part, des câbles gommés in situ témoins, de même construction que les câbles
C-1 précédents, mais gommés in situ par une composition de caoutchouc diénique conventionnelle
(à base de caoutchouc naturel), ont été préparés conformément au procédé décrit dans
la demande
WO 2005/071557 précitée, en plusieurs étapes discontinues, par gainage via une tête d'extrusion
du toron d'âme intermédiaire 1+6, puis dans un deuxième temps par câblage des 12 fils
restants autour de l'âme ainsi gainée, pour formation de la couche externe. Ces câbles
témoins ont été ensuite soumis au test de perméabilité à l'air du paragraphe 1-2.
[0123] On a constaté tout d'abord qu'aucun de ces câbles témoins ne présentait 100% des
mesures (soit dix éprouvettes sur dix) avec un débit nul ou inférieur à 0,2 cm
3/min, en d'autres termes qu'aucun de ces câbles témoins ne pouvait être qualifié d'étanche
(totalement étanche) à l'air selon son axe. On a observé d'autre part que, parmi ces
câbles témoins, ceux présentant les meilleurs résultats d'imperméabilité (soit un
débit moyen d'environ 2 cm
3/min), présentaient tous une quantité relativement importante de gomme de remplissage
(caoutchouc diénique) parasite débordant à leur périphérie, les rendant inaptes à
une opération de calandrage satisfaisante en conditions industrielles, en raison du
problème de collant à cru évoqué en introduction du présent mémoire.
[0124] En conclusion, les câbles préparés selon le procédé conforme à l'invention présentent
donc un taux de pénétration optimal par l'élastomère thermoplastique insaturé, avec
une quantité de gomme de remplissage maîtrisée, qui garantit la présence de cloisons
internes (continues ou discontinues dans l'axe du câble) ou bouchons de gomme dans
les capillaires ou interstices en un nombre suffisant ; ainsi, le câble devient étanche
à la propagation, le long du câble, de tout fluide corrosif tel que l'eau ou l'oxygène
de l'air, supprimant ainsi l'effet de mèche décrit en introduction du présent mémoire.
En outre, l'élastomère thermoplastique utilisé ne pose pas de problème de collant
parasite en cas d'un léger débordement à l'extérieur du câble après sa fabrication
grâce à son caractère insaturé et donc (co)vulcanisable avec une matrice de caoutchouc
diénique insaturé tel que du caoutchouc naturel.
[0125] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux exemples de réalisation précédemment
décrits.
[0126] C'est ainsi par exemple que le noyau (C1) des câbles pourrait être constituée d'un
fil à section non circulaire, par exemple déformé plastiquement, notamment un fil
de section sensiblement ovale ou polygonale, par exemple triangulaire, carrée ou encore
rectangulaire ; le noyau pourrait aussi être constitué d'un fil préformé, de section
circulaire ou non, par exemple un fil ondulé, vrillé, tordu en forme d'hélice ou en
zig-zag. Dans de tels cas, il faut bien sûr comprendre que le diamètre d
c du noyau (C1) représente le diamètre du cylindre de révolution imaginaire qui entoure
le fil central (diamètre d'encombrement), et non plus le diamètre (ou toute autre
taille transversale, si sa section n'est pas circulaire) du fil central lui-même.
[0127] Pour des raisons de faisabilité industrielle, de coût et de performance globale,
on préfère toutefois mettre en oeuvre l'invention avec un seul fil central (couche
C1) linéaire conventionnel, de section circulaire.
[0128] D'autre part, le fil central étant moins sollicité lors de la fabrication du câble
que les autres fils, compte tenu de sa position dans le câble, il n'est pas nécessaire
pour ce fil d'employer par exemple des compositions d'acier offrant une ductilité
en torsion élevée ; on pourra avantageusement utiliser tout type d'acier, par exemple
un acier inoxydable.
[0129] En outre, un (au moins un) fil linéaire d'une des deux autres couches (C2 et/ou C3)
pourrait lui aussi être remplacé par un fil préformé ou déformé, ou plus généralement
par un fil de section différente de celle des autres fils de diamètre d
2 et/ou d
3, de manière par exemple à améliorer encore la pénétrabilité du câble par le caoutchouc
ou toute autre matière, le diamètre d'encombrement de ce fil de remplacement pouvant
être inférieur, égal ou supérieur au diamètre (d
2 et/ou d
3) des autres fils constitutifs de la couche (C2 et/ou C3) concernée.
[0130] Sans que l'esprit de l'invention soit modifié, une partie des fils constituant le
câble pourrait être remplacé par des fils autres que des fils en acier, métalliques
ou non, notamment des fils en matière minérale ou organique à haute résistance mécanique,
par exemple des mono filaments en polymères organiques cristaux liquides.