[0001] La présente invention concerne un système pour le pilotage d'un engin volant, tel
qu'un missile ou analogue, à l'aide de jets gazeux latéraux.
[0002] On sait que, pour piloter un missile sur une trajectoire, notamment lorsqu'il doit
être soumis à des facteurs de charge importants et soudains, on utilise des systèmes
de pilotage à tuyères latérales qui sont prévues à bord du missile et qui sont susceptibles
d'être alimentées en gaz à partir soit d'un générateur de gaz du propulseur principal,
soit d'un générateur de gaz spécialement prévu à cet effet.
[0003] Ainsi, il en résulte des jets de gaz latéraux engendrant des forces propulsives transversales
aptes à infléchir de façon rapide et importante la trajectoire du missile. On peut
faire en sorte que les lignes d'action de telles forces transversales passent par
le centre de gravité du missile, ou tout au moins au voisinage de ce centre de gravité
et l'on dit alors que le missile est piloté en force, le temps de réponse à la commande
étant alors particulièrement rapide. Cependant, ceci n'est pas une obligation et les
lignes d'action desdites forces transversales peuvent passer en des points de l'axe
du missile différents du centre de gravité. Lesdites forces transversales créent,
alors, de façon semblable à des gouvernes aérodynamiques classiques, des moments permettant
la commande du missile en attitude par rapport au centre de gravité.
[0004] Pour modifier la section de passage des gaz traversant les tuyères latérales et agir
ainsi sur la trajectoire du missile, les systèmes de pilotage comportent également
des dispositifs d'obturation mobiles prévus entre le générateur et les tuyères, et
commandant le passage des gaz issus du générateur.
[0005] Dans les réalisations connues, à chaque tuyère est associé un dispositif d'obturation
comprenant un obturateur lié à la tuyère, et un organe moteur commandant le déplacement
de l'obturateur, de manière à faire varier la section de passage des gaz traversant
le col de la tuyère. Ainsi, ces dispositifs délivrent, selon leur position, une poussée
dans une direction donnée (selon l'axe géométrique de la tuyère concernée) et dans
un seul sens (selon la sortie de la tuyère).
[0006] Les dispositifs d'obturation sont, pour rappel, principalement :
- du type tout ou rien, à modulation de poussée par largeur d'impulsion de type PWM
(pulse width modulation) à actionnement de puissance pneumatique. La variation de
la pression dans la ou les chambres d'un vérin pneumatique s'effectue grâce à des
clapets pilotés par des électroaimants en tout ou rien (de 0 à la poussée maximale
en un temps aussi court que possible, limité par la dynamique des électroaimants et
du vérin d'actionnement de l'obturateur). Cependant, ce principe de fonctionnement
simple induit, de facto, des chocs violents (de plusieurs dizaines de g) et des vibrations
sur les structures et les équipements de l'engin à piloter et ne permet pas, de plus,
une régulation précise de la poussée ; ou
- du type électromécanique, utilisant des moteurs électriques associés à un réducteur
et/ou un dispositif de transformation de mouvement à vis pour piloter la position
de l'obturateur. Ce type de dispositif à déplacement de 'pointeau' rectiligne, compte
tenu des efforts et des puissances en jeu, ne permet pas d'obtenir des performances
dynamiques élevées avec une masse et un encombrement raisonnable comparativement aux
dispositifs pneumatiques précédents.
[0007] Ces dispositifs présentent des inconvénients. Du fait qu'ils sont associés respectivement
aux tuyères, cela implique une réalisation complexe et un encombrement en conséquence.
Fonctionnellement, le déplacement rectiligne d'un obturateur pour fermer plus ou moins
le col d'une tuyère agit certes dans une direction donnée (lacet ou tangage par exemple)
mais selon le sens imposé par la tuyère. Ces dispositifs ont également pour inconvénient
d'engendrer des efforts très importants pour la manoeuvre sur l'obturateur. L'équilibrage
éventuel des efforts pour réduire la puissance nécessaire, le réglage et la motorisation
d'un système différentiel est complexe. De plus, il faut, dans le cas d'une solution
électromécanique, transformer la rotation du moteur en un déplacement rectiligne dans
un environnement très défavorable de gaz chauds.
[0008] On connaît, par ailleurs, par le brevet
FR 2 659 734, un système de pilotage d'un missile par jets gazeux latéraux dont le dispositif
d'obturation des tuyères, au nombre de quatre, deux à deux diamétralement opposées,
comporte alors quatre vannes rotatives à obturateurs distribuant le débit de gaz d'un
propulseur à poudre dans les quatre tuyères.
[0009] On peut ainsi obtenir une poussée modulable suivant deux directions perpendiculaires.
Les vannes sont couplées mécaniquement deux à deux pour garantir un débit constant
dans chaque paire de tuyères diamétralement opposées (risque d'explosion du propulseur
à poudre par surpression) et les obturateurs sont actionnés par des pistons de vérins
pneumatiques alimentés par emprunt des gaz du propulseur et asservis en position.
L'asservissement de la position des obturateurs par des vérins pneumatiques à gaz
chauds permet d'obtenir d'excellentes performances dynamiques en raison de leur très
grande puissance massique.
[0010] Bien qu'il soit opérationnel avec succès, ce système est cependant lourd, relativement
complexe et délicat à régler, en particulier, en raison de la nécessité de relier
mécaniquement deux à deux les dispositifs d'obturation, en l'occurrence les obturateurs
des vannes qui sont en liaison avec deux tuyères respectives diamétralement opposées
pour agir dans les deux sens d'une même direction. Il est aussi nécessaire d'utiliser
des matériaux réfractaires soumis à des hautes pressions. De plus, à l'allumage du
propulseur à poudre, il existe nécessairement un instant transitoire d'asservissement
incontrôlé dû à la montée en pression et à la position aléatoire des différents composants
du dispositif (obturateur, bille de régulation). La liaison mécanique permettant de
coupler les obturateurs des vannes est, en outre, source de frottements importants
qui nuisent à la qualité de l'asservissement et obligent à sur-dimensionner la puissance
des vérins d'actionnement.
[0011] On connaît également par le document
WO 96/13694 un système de lancement et d'orientation d'engins volants, pourvu de paires de tuyères
en opposition commandables par des dispositifs d'obturation et situées en partie arrière
de l'engin volant pour placer celui-ci, après son lancement depuis le sol, en direction
de la cible, dans la trajectoire.
[0012] La présente invention a pour but de remédier aux inconvénients ci-dessus et concerne
un système de pilotage d'un engin volant à l'aide de jets latéraux dont la conception
est compacte et modulaire, et est simplifiée de façon, notamment, à obtenir un asservissement
d'un niveau de poussée dans les deux sens d'une direction donnée.
[0013] À cet effet, le système pour le pilotage d'un engin volant, tel qu'un missile et
analogue, à l'aide de jets gazeux latéraux, comporte un générateur de gaz apte à être
relié à des tuyères latérales par l'intermédiaire de dispositifs d'obturation mobiles,
commandant le passage des gaz issus du générateur à travers lesdites tuyères, ces
dernières étant associées en paires de façon que les tuyères de chaque paire soient
alignées sur un même axe et agencées en opposition l'une de l'autre, avec, entre les
deux tuyères alignées de la paire, un unique dispositif d'obturation commandable en
liaison avec ledit générateur et apte à commander le passage des gaz à travers lesdites
tuyères dans les deux sens, le système étant remarquable par le fait que les paires
de tuyères sont contenues dans un plan perpendiculaire à l'axe de l'engin qui passe
par le centre de gravité de celui-ci.
[0014] Ainsi, grâce à l'invention, un même dispositif d'obturation commande deux tuyères
et permet d'agir dans les deux sens d'une même direction imposée par la paire de tuyères
opposées et alignées, de sorte à obtenir l'asservissement d'un niveau de poussée dans
les deux sens selon la direction de la paire de tuyères, et de moduler en continu
la poussée dans cette direction commune.
[0015] Le système s'affranchit donc des inconvénients antérieurs imposant un dispositif
d'obturation par tuyère avec action seulement dans le sens de la tuyère concernée,
et permet de supprimer les liaisons mécaniques entre les vannes, simplifiant la réalisation
du système.
[0016] Par exemple, deux paires de tuyères sont agencées de façon diamétralement opposée
l'une de l'autre dans un plan perpendiculaire à l'axe longitudinal de l'engin. Ainsi,
on peut piloter l'engin selon les axes de roulis et de lacet ou de roulis et de tangage.
Le fonctionnement des paires de tuyères peut s'effectuer indépendamment l'une de l'autre
ou simultanément avec les dispositifs d'obturation des deux paires dans une même position
ou dans des positions distinctes de façon que l'engin prenne la trajectoire la mieux
appropriée à chaque instant du vol en combinant si nécessaire différents mouvements.
[0017] Dans un autre exemple préféré, quatre paires de tuyères sont agencées de façon régulièrement
répartie les unes des autres, dans un plan perpendiculaire à l'axe de l'engin, les
quatre paires étant deux à deux diamétralement opposées. Le pilotage en force de l'engin
peut se faire selon les axes de roulis, lacet et tangage avec un fonctionnement tel
qu'indiqué ci-dessus. Quels que soient les exemples, le pilotage de l'engin s'effectue
jusqu'à la cible tout au long de la trajectoire, laquelle peut varier.
[0018] De préférence, le système de pilotage comporte deux ensembles de paires de tuyères
alignées et en opposition, lesdits ensembles étant prévus dans des plans parallèles
entre eux et perpendiculaires à l'axe longitudinal de l'engin, l'un desdits plans
passant par le centre de gravité dudit engin. Ainsi, avec un tel agencement, on peut
piloter en force l'engin en lui imprimant des forces transversales par le biais de
l'ensemble de paires de tuyères passant par le centre de gravité, ou faire du contrôle
d'attitude de l'engin selon les axes de roulis, tangage et lacet, par le biais de
l'autre ensemble.
[0019] Plus particulièrement, les paires de tuyères, à chacune desquelles est associé un
dispositif d'obturation unique, sont situées en périphérie du corps cylindrique externe
de l'engin et entourent le générateur de gaz en étant en communication fluidique avec
celui-ci.
[0020] Dans un mode de réalisation préféré, chaque dispositif d'obturation est du type à
obturateur rotatif pour la variation des sections de passage des gaz issus du générateur
à travers les tuyères, de façon inverse l'une de l'autre.
[0021] Par exemple, chaque dispositif d'obturation comporte un corps à passage interne dans
lequel est reçu l'obturateur rotatif et qui présente deux ouvertures diamétralement
opposées raccordées respectivement aux cols des tuyères alignées en opposition, et
une ouverture raccordée au générateur de gaz.
[0022] Chaque obturateur peut occuper une position neutre pour laquelle les ouvertures communiquent
entre elles permettant aux gaz, lorsque le générateur est un bloc de poudre assurant
de plus la poussée axiale de l'engin, de s'écouler à chaque instant avec un débit
constant à travers les paires de tuyères, évitant les risques de surpression. Dans
le cas où le générateur utilise des propergols du type liquide, les obturateurs occupent
alors une position neutre pour laquelle ils ferment les ouvertures raccordées au générateur.
[0023] Par ailleurs, chaque dispositif d'obturation comporte de plus un organe moteur commandable
recevant les ordres de fonctionnement proportionnels et relié à l'obturateur pour
déplacer celui-ci et varier continûment les sections de passage des gaz traversant
les tuyères. Ledit organe moteur est de préférence un moteur couple relié parallèlement
ou coaxialement à un arbre rotatif portant ledit obturateur par l'intermédiaire d'un
mécanisme de liaison.
Les figures du dessin annexé feront bien comprendre comment l'invention peut être
réalisée. Sur ces figures, des références identiques désignent des éléments semblables.
La figure 1 est une vue schématique d'un engin volant tel qu'un missile avec un système
de pilotage conforme à l'invention.
La figure 2 montre un exemple de réalisation du système de pilotage comprenant, dans
ce cas, deux ensembles de tuyères latérales à dispositifs d'obturation associés.
La figure 3 est une vue transversale de l'un des ensembles de tuyères latérales montrant
l'agencement de celles-ci.
La figure 4 représente l'obturateur d'un dispositif d'obturation pilotant la paire
de tuyères latérales associées, alignées en opposition.
Les figures 5 et 6 représentent un dispositif d'obturation avec deux exemples de montage
de l'organe moteur commandant l'obturateur.
[0024] L'engin volant tel le missile 1, schématisé sur la figure 1, comprend un corps allongé
cylindrique 2 d'axe longitudinal A se terminant, à l'arrière, par des empennages 3
par exemple au nombre de quatre, deux à deux diamétralement opposés, et munis éventuellement
de gouvernes non illustrées. Le jet gazeux, sortant d'une tuyère axiale 4 (en trait
pointillé), est symbolisé par une flèche F et est issu de façon usuelle d'un générateur
de gaz 5 interne au corps 2 du missile et imprimant la poussée au missile 1.
[0025] Au voisinage du centre de gravité G du missile 1 est prévu, dans le corps cylindrique
2, un système de pilotage 6 qui, comme le montrent les figures 1 à 3, se compose de
tuyères latérales 7, de dispositifs d'obturation commandables 8 et d'un générateur
de gaz. Dans cet exemple, le générateur est le générateur de gaz 5 fournissant la
poussée axiale au missile, mais il va de soi que le générateur du système pourrait
être différent du générateur principal. Le système de pilotage 6 ainsi agencé permet,
comme on le verra ci-après, d'agir sur l'attitude du missile 1 selon les axes de roulis,
lacet et tangage (voir le référentiel Oxyz, figure 1), et d'appliquer des forces en
y et z passant par le centre de gravité G. Il est donc du type à pilotage en force.
[0026] Le générateur de gaz 5 du système 6 et du missile 1 est constitué, comme le montre
la figure 2, d'un bloc de poudre solide 10 logé dans un boîtier ou bidon cylindrique
11 qui est rapporté de façon usuelle à l'intérieur du corps cylindrique du missile.
[0027] Dans cet exemple de réalisation non limitatif, le système 6 comprend deux ensembles
E1, E2 de tuyères latérales 7, les ensembles ayant le même nombre de tuyères et étant
disposés dans deux plans parallèles PL1 et PL2, perpendiculaires à l'axe longitudinal
A du missile (axe x du référentiel).
[0028] Le système de pilotage 6 de l'invention consiste à associer en paires des tuyères
latérales 7 en opposition l'une de l'autre, de sorte que les deux tuyères de chaque
paire sont commandables à partir d'un même dispositif d'obturation 8 prévu entre celles-ci.
Pour cela, les deux tuyères latérales 7 de chaque paire sont alignées sur un même
axe A1 (figures 3 et 4) et sont agencées en opposition l'une de l'autre avec les cols
12 de ces tuyères en regard l'un de l'autre et fixés au dispositif d'obturation commun
8, au centre des deux tuyères.
[0029] Comme on le voit sur les figures 2 et 3, chaque ensemble E1, E2 comporte, dans cet
exemple, quatre paires identiques P1, P2, P3, P4 de deux tuyères latérales et opposées
7, les quatre paires étant diamétralement opposées deux à deux et situées proches
de la périphérie du corps cylindrique 2 du missile 1. Ainsi, dans cet exemple, deux
paires se trouvent parallèles à l'axe y du référentiel et deux autres paires sont
parallèles à l'axe z. Les deux ensembles E1 et E2 comprennent alors seize tuyères
7 formant huit doubles tuyères ou paires de tuyères.
[0030] Par ailleurs, toujours dans cet exemple, le plan PL1 du premier ensemble E1 de quatre
paires de tuyères latérales opposées passe au moins sensiblement par le centre de
gravité G du missile 1, de sorte à assurer le pilotage en force de celui-ci. Quant
au plan PL2 du second ensemble E2, il est décalé parallèlement du plan PL1 et les
paires de tuyères latérales assurent notamment le pilotage en attitude du missile.
[0031] Bien évidemment, le fonctionnement des ensembles E1, E2 peut s'effectuer indépendamment
l'un de l'autre ou simultanément, avec la mise en action, par la commande des dispositifs
d'obturation concernés 8, de l'une ou de plusieurs paires P1, P2, P3, P4 de tuyères
latérales 7 quelles qu'elles soient. Le système de pilotage 6 n'est pas non plus limité
à cette disposition spécifique de deux plans de quatre paires de tuyères opposées
chacun. Au moins une paire de tuyères latérales opposées 7, commandable par un dispositif
d'obturation commun 8 et contenue dans un plan perpendiculaire à l'axe longitudinal
du missile, est suffisante pour piloter le missile dans les deux sens d'une seule
et même direction donnée par l'axe d'alignement commun A1 des tuyères en opposition.
Bien évidemment, il est préférable d'avoir au moins deux paires de tuyères, agencées
symétriquement par rapport à l'axe du missile pour éviter les effets parasites si
une seule paire était présente.
[0032] Comme on le voit plus particulièrement en regard de la figure 4, les parois latérales
1 3 délimitant les deux tuyères latérales 7 alignées en opposition de la paire représentée
P1 sont rapportées sur un corps 14 du dispositif d'obturation commandable 8, commun
aux deux tuyères, par tout moyen approprié (vissage, soudage, etc..). Dans le corps
14 est ménagé un passage axial 15 dans lequel est logé l'obturateur proprement dit
16 qui est du type rotatif, tournant autour d'un axe A2 parallèle à l'axe A du missile
et, donc, perpendiculaire à l'axe commun A1 des tuyères alignées.
[0033] Ce passage interne 15 présente une forme cylindrique pour la rotation de l'obturateur
et fait office de chambre intermédiaire entre le générateur 5 et les deux tuyères
latérales 7, avec l'obturateur 16 qui permet de régler, selon sa position et de façon
inverse l'une de l'autre, la section de passage des gaz issus du générateur 5, avec
un débit constant dans le cas d'un générateur à poudre, à travers les cols 12 des
tuyères, et par suite, d'agir sur la trajectoire du missile.
[0034] Pour cela, pour assurer la communication fluidique entre le passage ou chambre interne
15 du corps 14 et les cols 12 des tuyères 7 alignées en opposition, deux ouvertures
17 sont pratiquées, de façon diamétralement opposée, dans le corps et débouchent,
une fois les tuyères solidaires du corps, respectivement en regard des cols desdites
tuyères.
[0035] Et, pour assurer la communication fluidique entre le passage interne 15 du corps
du dispositif 8 et le bloc de poudre 10 du générateur de gaz 5, une ouverture radiale
18 est prévue dans le corps, perpendiculairement, d'une part, à l'axe commun A1 des
tuyères 7 et des ouvertures diamétrales 17 et, d'autre part, à l'axe de rotation A2
de l'obturateur, c'est-à-dire du passage axial 15 du corps 14.
[0036] En particulier, l'obturateur représenté 16 a une forme appropriée pour permettre
le libre passage des gaz du générateur 5 lorsque le bloc de poudre 10 est initié,
et varier la section de passage des gaz à travers les ouvertures 17 en direction du
col des tuyères opposées 7 de la paire en question P1, par suite de la commande de
l'obturateur. Il permet donc la modulation de la poussée par la position qu'il occupe.
Dans cet exemple, l'obturateur 16 couvre sensiblement 180° du passage interne 15 et
se présente sous forme d'un secteur angulaire en demi-couronne (ou haricot) prévu
sur un arbre rotatif 19 autour de l'axe A2. L'obturateur 16 et l'arbre 19 sont, de
préférence, réalisés en une seule et même pièce.
[0037] Ainsi, dans la position illustrée sur la figure 4, position qualifiée de neutre,
pour laquelle aucun ordre de pilotage n'est envoyé en direction de cette paire P1
de tuyères latérales en opposition 7, l'obturateur 16 obstrue la moitié des deux ouvertures
diamétrales 17 du corps 14 donnant dans les cols 12 des tuyères (dans le cas où le
générateur est à propergol liquide, la section angulaire de l'obturateur sera de l'ordre
de 240° pour fermer simultanément les cols des deux tuyères). Le fonctionnement du
système 6 et de ses dispositifs 8 sera décrit ci-après.
[0038] La commande en rotation de l'arbre 19 de l'obturateur du dispositif concerné 8 est
réalisée par un organe moteur 20 qui est agencé, dans les deux exemples de réalisation
illustrés respectivement sur les figures 5 et 6, soit parallèlement à l'axe de rotation
A2 de l'arbre 19 (figure 5), ou coaxialement à l'axe A2 de celui-ci (figure 6).
[0039] Dans la réalisation représentée sur les figures 2 et 5 notamment, l'organe moteur
20 de chaque dispositif d'obturation 8 commun à la paire de tuyères concernée P1,
P2, P3, P4, est décalé parallèlement de l'obturateur 16. Pour assurer la transmission
de mouvement, l'arbre de sortie 21 de l'organe moteur et l'arbre 19 de l'obturateur
sont reliés l'un à l'autre par un mécanisme de liaison, tel qu'un secteur denté 23,
formant étage réducteur entre le pignon de l'arbre de sortie 21 et l'arbre 19 du corps
14. Un carter commun 24 réunit, par ailleurs, l'organe moteur 20 au corps 14 du dispositif.
[0040] De plus, pour minimiser les couples de frottement, l'arbre 1 9 de l'obturateur est
monté sur des roulements à aiguilles 25 prévus entre le corps 14 du dispositif et
l'arbre 19, respectivement de part et d'autre de l'obturateur 16. Un joint d'étanchéité
torique 26 est, par ailleurs, prévu entre le corps et l'arbre protégeant l'intérieur
du dispositif d'obturation 8 du milieu extérieur (flux thermiques). Et une butée à
billes 27 est aussi disposée entre le support 28 du joint et un épaulement 29 ménagé
sur l'arbre 19 de l'obturateur.
[0041] Dans une autre réalisation illustrée sur la figure 6, l'organe moteur 20 est coaxial
au dispositif d'obturation 8. Pour cela, un réducteur planétaire 30 ou tout autre
mécanisme de réduction approprié est rapporté en sortie de l'organe moteur et est
relié, par son arbre 21, à l'arbre 19 de l'obturateur. Un carter cylindrique 31 associe
également le réducteur 30 au corps 14 du dispositif. Là aussi, l'arbre rotatif 19
est monté, par rapport au corps fixe 14, sur des roulements à aiguilles 25 et par
une butée à billes axiale 27. Le joint d'étanchéité 26 est, également, prévu.
[0042] Le rapport de réduction doit, cependant, rester suffisamment faible pour conserver
au dispositif une dynamique élevée (vitesse et accélération) compatible avec le pilotage
du missile.
[0043] Quelle que soit la réalisation adoptée, grâce notamment au montage de roulements
et butée à billes, l'organe moteur 20 peut être un simple moteur-couple électrique,
de dimension compacte et fournissant un couple suffisant pour entraîner l'obturateur.
A ce moteur-couple est avantageusement associé, à l'arrière de celui-ci, un boîtier
32 renfermant une électronique de puissance et d'asservissement appropriée, non représentée,
pour le fonctionnement de chaque dispositif d'obturation 8 à commander. L'organe moteur
est asservi en position et intègre un capteur de position angulaire ou tout autre
dispositif approprié. La connaissance précise de la position de chaque obturateur
par le capteur de recopie et d'une mesure de la pression des gaz de propulsion permet
de déterminer, de façon relativement précise, le niveau de poussée (amplitude et signe)
en fonction de la position commandée de l'obturateur.
[0044] On remarque, également, la réalisation particulièrement simple du dispositif d'obturation
commun 8, tant du point de vue structurel (assemblage) que fonctionnel (réglage et
valeur de l'angle du secteur angulaire de l'obturateur nécessaire pour l'ouverture
et la fermeture des tuyères associées).
[0045] Bien qu'il soit préférable d'utiliser un obturateur rotatif, on pourrait envisager
un obturateur déplaçable en translation, mais cela impliquerait un montage plus complexe.
[0046] Le fonctionnement du système de pilotage 6 équipant un tel missile 1 est le suivant.
[0047] On suppose que le missile suit la trajectoire imposée, le bloc de poudre 10 du générateur
5 étant en cours de combustion procurant la poussée axiale F au missile, sans intervention
du système de pilotage.
[0048] Dans cette configuration, les obturateurs 16 des dispositifs d'obturation 8 associés
aux paires P1, P2, P3, P4 de tuyères opposées 7 occupent tous une position neutre
telle qu'illustrée sur les figures 3 et 4. C'est-à-dire que les sections des cols
12 des tuyères par lesquelles passent les jets gazeux latéraux J après avoir franchi
l'ouverture 18, le passage ou chambre 1 5 et les deux ouvertures diamétrales 1 7 de
chaque dispositif, sont égales. Ainsi, les jets J sortant, dans l'exemple décrit,
des quatre paires de tuyères opposées 7 des deux ensembles E1, E2 s'équilibrent et
n'influent pas sur la trajectoire axiale du missile.
[0049] Lorsque l'on veut modifier la trajectoire du missile pour une quelconque raison,
un ordre est donné pour agir, via l'électronique de commande 32, sur l'obturateur
16 de la paire de tuyères du dispositif choisi 8 ou, bien entendu, sur les électroniques
de commande de plusieurs obturateurs des paires choisies si l'on veut par exemple
imprimer au missile des mouvements selon les axes de roulis, tangage et lacet (référentiel
Oxyz) autour du centre de gravité, et/ou des forces dans un plan yz perpendiculaire
à l'axe x, passant par le centre de gravité G.
[0050] Dans l'exemple rapporté aux figures 3, 4 et 5 ou 6, le dispositif d'obturation 8
est mis sous tension par une source appropriée non représentée alimentant l'électronique
de commande. L'organe moteur 20 alors excité entraîne, par l'intermédiaire du mécanisme
de liaison 23 (figures 2 et 5) ou 30 (figure 6), le pivotement angulaire de l'arbre
19 dans le sens et l'angle choisis. De la sorte, l'obturateur 16 en forme de secteur
angulaire tourne autour de l'axe A2 quittant la position neutre. Une nouvelle position
prise alors par l'obturateur est illustrée à titre d'exemple en trait pointillé sur
la figure 4, et on voit alors que l'ouverture 17 donnant vers la tuyère de gauche
sur cette figure est davantage obturée par rapport à la position initiale où cette
ouverture est à moitié ouverte et à moitié fermée. En revanche, simultanément et inversement,
l'ouverture 17 donnant vers la tuyère de droite est davantage ouverte.
[0051] On comprend donc que, dans cette nouvelle position en trait pointillé, la section
de passage du jet gazeux J sortant par la tuyère de droite est plus importante que
la section de passage du jet gazeux sortant par la tuyère de gauche.
[0052] Si l'on considère que la paire de tuyères du dispositif en question 8 appartient
à l'ensemble E2 destiné au contrôle de l'attitude du missile, et correspond à celle
P1 située en partie haute de la figure 3, il résulte de la rotation de l'obturateur
(sur environ 20°), une action des jets gazeux J dans les deux sens selon l'axe commun
A1 aux deux tuyères, ce qui entraîne un déplacement en roulis du missile autour de
l'axe A et de contrôler le degré de liberté dans les deux sens par une seule paire
de tuyères. Si l'on n'agit que sur ce degré de liberté (axe de roulis), pour ne pas
perturber les autres degrés de liberté (axes de tangage et de lacet), il est préférable
d'agir de la même façon sur la paire P3 de tuyères en partie basse de la figure 3
par la rotation de l'obturateur du dispositif correspondant. De la sorte, on obtient
une symétrie d'action des deux paires P1, P3 de tuyères 7 et donc un couple pur pour
effectuer du roulis.
[0053] Dans le cas où la paire P1 de tuyères appartient à l'ensemble E1 destiné au pilotage
en force, par la mise en oeuvre du dispositif 8 ayant entraîné la rotation de l'obturateur
vers la gauche, on engendre une force vers la droite, selon l'axe y, déplaçant en
translation le missile de ce côté.
[0054] Si l'on revient aux paires de tuyères de l'ensemble E2, on peut aussi bien agir de
la même façon sur les obturateurs que différemment.
[0055] Par exemple, en considérant toujours les deux paires P1, P3 de tuyères opposées 7
en parties haute et basse de la figure 3, on contrôle deux degrés de liberté avec
celles-ci, à savoir roulis et lacet. Si on fait tourner les obturateurs des deux dispositifs
8 dans le même sens avec une rotation identique, on engendre une force vers la gauche
ou vers la droite perpendiculaire au plan xz formé par les axes de roulis x et de
lacet z, tandis que, si on les fait tourner dans des sens opposés, on engendre un
couple de roulis autour de l'axe A (axe x du référentiel).
[0056] On peut aussi combiner l'action des deux paires de tuyères ci-dessus en tournant
par exemple de 20° vers la gauche l'obturateur 16 de la paire P1 pour créer du roulis
et de 10° vers la droite l'obturateur 16 de la paire P3 pour créer du lacet. Bien
évidemment cela se fait dans les limites du pilotage du missile.
[0057] Un tel fonctionnement est aussi atteint par les deux paires P2, P4 de tuyères 7,
situées en parties gauche et droite de la figure 3, où on peut contrôler deux degrés
de liberté, à savoir roulis et tangage. Si on fait tourner les obturateurs 16 des
deux paires P2, P4 dans le même sens avec une rotation identique, on engendre une
force vers le haut ou vers le bas perpendiculaire au plan xy formé par les axes de
roulis x et de tangage y, tandis que, si on les fait tourner dans des sens opposés,
on engendre un couple de roulis autour de l'axe A (axe x).
[0058] Toute combinaison des quatre paires de tuyères selon le sens de rotation des obturateurs
et l'angle donné est bien entendu possible pour moduler les sections de passage des
jets gazeux dans les tuyères et obtenir alors la trajectoire souhaitée et réalisable
par le missile. Cela est valable aussi bien pour l'ensemble E1 que pour l'ensemble
E2.
[0059] Une telle disposition en quatre paires de deux ensembles implique une certaine redondance
entre les paires de tuyères dans les mouvements selon les axes. Bien que celle-ci
ne soit pas contraignante, on pourrait envisager, sans sortir du cadre de l'invention,
une disposition avec trois paires de tuyères régulièrement réparties à 120° les unes
des autres autour de l'axe A du corps.
[0060] Le système de pilotage 6 selon l'invention permet de guider le missile tout au long
de sa trajectoire jusqu'à la cible en agissant sur les trois degrés de liberté du
missile par un contrôle d'attitude autour des axes xyz du référentiel et/ou en exerçant
des efforts sur celui-ci passant par son centre de gravité.
1. Système pour le pilotage d'un engin volant, tel qu'un missile et analogue, à l'aide
de jets gazeux latéraux, comportant un générateur de gaz (5) apte à être relié à des
tuyères latérales (7) par l'intermédiaire de dispositifs d'obturation mobiles (8),
commandant le passage des gaz issus du générateur à travers lesdites tuyères, ces
dernières étant associées en paires (P1, P2, P3, P4) de façon que les tuyères de chaque
paire soient alignées sur un même axe (A1) et agencées en opposition l'une de l'autre,
avec, entre les deux tuyères alignées de la paire, un unique dispositif d'obturation
commandable (8) en liaison avec ledit générateur (5) et apte à commander le passage
des gaz à travers lesdites tuyères (7) dans les deux sens, caractérisé par le fait que les paires (P1, P2, P3, P4) de tuyères (7) sont contenues dans un plan perpendiculaire
à l'axe de l'engin qui passe par le centre de gravité (G) de celui-ci.
2. Système selon la revendication 1,
caractérisé par le fait que quatre paires (P1, P2, P3, P4) de tuyères (7) sont agencées de façon régulièrement
répartie les unes des autres, les quatre paires étant deux à deux diamétralement opposées.
3. Système selon l'une des revendications 1 ou 2,
caractérisé par le fait que deux ensembles (E1, E2) de paires (P1, P2, P3, P4) de tuyères (7) alignées et en
opposition sont prévus dans des plans (PL1, PL2) parallèles entre eux et perpendiculaires
à l'axe longitudinal de l'engin, l'un (PL1) desdits plans passant par le centre de
gravité (G) dudit engin.
4. Système selon l'une des revendications 1 à 3,
caractérisé par le fait que les paires de tuyères, à chacune desquelles est associé un dispositif d'obturation
unique (8), sont situées en périphérie du corps cylindrique externe (2) de l'engin
et entourent le générateur de gaz (5) en étant en communication fluidique avec celui-ci.
5. Système selon l'une des revendications 1 à 4,
caractérisé par le fait que chaque dispositif d'obturation (8) est du type à obturateur rotatif (16) pour la
variation des sections de passage des gaz issus du générateur à travers les tuyères,
de façon inverse l'une de l'autre.
6. Système selon la revendication 5,
caractérisé par le fait que chaque dispositif d'obturation (8) comporte un corps (14) à passage interne (15)
dans lequel est reçu l'obturateur rotatif (16) et qui présente deux ouvertures diamétralement
opposées (17) raccordées respectivement aux cols des tuyères (7) alignées en opposition,
et une ouverture (18) raccordée au générateur de gaz (5).
7. Système selon l'une des revendications 4 ou 5,
caractérisé par le fait que chaque dispositif d'obturation (8) comporte de plus un organe moteur commandable
(20) recevant les ordres de fonctionnement proportionnels et relié à l'obturateur
(16) pour déplacer celui-ci et varier continûment les sections de passage des gaz
traversant les tuyères (7).
8. Système selon la revendication 7,
caractérisé par le fait que ledit organe moteur (20) est un moteur couple relié parallèlement ou coaxialement
à un arbre rotatif (19) portant ledit obturateur par l'intermédiaire d'un mécanisme
de liaison (23, 30).