DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne un mécanisme de chronographe à trois temps agencé
pour commander une aiguille de chronographe et au moins une aiguille de compteur de
manière à les mettre en marche, à les arrêter, puis à les ramener rapidement à leur
point de départ, à volonté, par des pressions successives sur un même bouton-poussoir.
La présente invention concerne plus spécifiquement un tel mécanisme de chronographe
à trois temps comportant une roue à colonnes et dans lequel les pressions successives
sur le bouton-poussoir ont pour effet d'incrémenter progressivement la position angulaire
de la roue à colonnes.
ART ANTERIEUR
[0003] La figure 1 annexée montre une roue à colonnes connues. Comme on peut le voir sur
la figure, la roue à colonnes est essentiellement constituée d'une roue à rochet «
r » et de six dents ou colonnes « e » portées de chant par le rochet. De nos jours,
la roue à rochet et les colonnes viennent généralement de matière, et comme on peut
le voir sur la figure, les colonnes présentent classiquement une section transversale
sensiblement en forme de triangle tronqué. Cette forme caractéristique est liée à
l'utilisation d'une fraise pour sculpter les colonnes dans l'épaisseur de la planche
de la roue. La roue à colonnes porte généralement cinq ou six colonnes (six dans l'exemple
illustré) et, dans le cas d'un chronographe à trois temps, le rochet comprend 3 dents
pour chaque colonne (le rochet comprend 18 dents dans l'exemple illustré). Lorsqu'elle
n'est pas actionnée, la roue à colonnes est maintenue dans une position angulaire
stable par un ressort sautoir (non représenté) dont l'extrémité appuie contre le rochet.
La roue à colonnes est de plus sous l'action d'un cliquet (non représenté). Le cliquet
est arrangé pour coopérer avec le rochet, et il est commandé par le bouton-poussoir.
Chaque pression exercée sur le poussoir a pour effet de déplacer le cliquet de façon
à faire avancer la roue à colonnes de la valeur angulaire d'une dent de rochet.
[0004] Il faut normalement exercer trois pressions sur le poussoir, pour qu'une colonne
prenne la place de la précédente, ce qui correspond aux trois fonctions classiques
du chronographe : le départ, l'arrêt, et la remise à zéro. Ces fonctions sont déclenchées
par des bascules (ou leviers) de commandes qui sont eux-mêmes agencés pour être actionnés
par les colonnes de la roue à colonnes. Les bascules sont arrangées de manière à ce
que la trajectoire définie par la progression pas à pas des colonnes croise celle
des becs des bascules. Ainsi, lorsqu'une colonne rencontre le bec d'une bascule, elle
force le bec à se soulever. Puis lorsque, avançant encore, la colonne se dégage de
sous le bec, ce dernier peut plonger dans le vide entre deux colonnes, permettant
ainsi à la bascule de s'abaisser. On comprend donc que c'est la position angulaire
de la roue à colonnes qui détermine le déclenchement ou l'interruption des fonctions
du mécanisme de chronographe.
[0005] A fin d'avoir une précision optimale quant au moment précis où le bec de tel ou tel
bascule se soulève ou redescend dans le vide entre deux colonnes, on donne aux becs
des différentes bascules des formes assez complexes. En outre, il est habituellement
nécessaire de retoucher les becs des bascules une fois le mécanisme de chronographe
assemblé, ce qui augmente considérablement le prix de revient des chronographes. De
plus, les becs des bascules de commandes peuvent avoir des formes très variées comme
en témoigne le schéma de la figure 2 tiré du livre déjà mentionné plus haut. Cette
diversité de forme rend difficile la standardisation de la production des chronographes.
Finalement, le schéma de la figure 2 permet également d'observer que la largeur des
becs est supérieure à celles des colonnes. Cette caractéristique très courante a pour
effet de réduire la longueur disponible pour la course des becs dans le vide entre
deux colonnes. En conséquence, les leviers et les colonnes sont soumis à des efforts
mécaniques considérables. Il serait donc utile de réaliser un mécanisme de chronographe
dans lequel l'intensité des efforts mécaniques serait moindre que dans les mécanismes
existants.
BREF EXPOSE DE L'INVENTION
[0006] Un but de la présente invention est de remédier aux inconvénients de l'art antérieur
susmentionnés. La présente invention atteint ce but en fournissant une roue à colonnes
conforme à la revendication 1 annexée, ainsi qu'un mécanisme de chronographe conforme
à la revendication 7.
BREVES DESCRIPTION DES FIGURES
[0007] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en plan de dessus d'une roue à colonnes à trois temps de l'art
antérieur ;
- la figure 2 est une vue schématique en plan de dessus illustrant diverses interactions
possibles entre colonnes et becs de bascules dans un mécanisme de chronographe de
l'art antérieur ;
- la figure 3 est une vue en plan d'un mécanisme de chronographe correspondant à un
mode de réalisation particulier de la présente invention, le mécanisme de chronographe
étant mis à zéro, prêt à démarrer ;
- la figure 4 est une vue en plan du mécanisme de chronographe de la figure 3 à l'instant
de la mise en marche ;
- la figure 5 est une vue en plan du mécanisme de chronographe des figures 3 et 4 durant
la marche ;
- la figure 6 est une vue en plan du mécanisme de chronographe des figures 3 à 5, à
l'instant de l'arrêt ;
- la figure 7 est une vue en plan du mécanisme de chronographe des figures 3 à 6, à
l'arrêt ;
- la figure 8 est une vue en plan du mécanisme de chronographe des figures 3 à 7, à
l'instant de la remise à zéro ;
- la figure 9 est une vue en plan de dessus de la roue à colonnes du mécanisme de chronographe
des figures 3 à 8 ;
- la figure 10 est une vue en perspective de la roue à colonnes de la figure 9.
DESCRIPTION DETAILLEE D'UN MODE DE REALISATION
[0008] En se référant tout d'abord aux figures 9 et 10 qui représentent une roue à colonnes
40 conforme à un mode de réalisation particulier de la présente invention, on peut
voir que cette dernière est essentiellement formée d'un rochet 42 et de quatre colonnes
44 réparties de manière régulière à la circonférence du rochet. La roue à colonnes
comporte encore un moyeu 46 prévu pour être monté pivotant autour d'un axe du mécanisme
de chronographe (non représenté sur les figures 9 et 10). La figure 9 contient encore
une flèche référencée R et destinée à indiquer le sens de rotation de la roue à colonnes
40. On notera que, dans le présent exemple, il s'agit du sens horaire.
[0009] Dans l'exemple représenté, la roue à colonnes comporte encore quatre bras 48 qui
relient respectivement les quatre colonnes 44 au moyeu 46 de la roue. Les colonnes
44, les bras 48 et le moyeu 46 forment ainsi une superstructure qui possède une symétrie
de rotation d'ordre 4. Le rochet 42, quant à lui, compte 12 dents espacées de 30°
l'une de l'autre. L'homme du métier comprendra donc que la roue à colonnes du présent
exemple est bien une roue à colonnes à 12/4 de temps (3 temps).
[0010] La vue en perspective de la figure 10 permet de bien visualiser le moyeu 46 et les
bras 48 qui relient les colonnes au moyeu. La présence des bras et du moyeu permet
de rigidifier la structure de la roue en général, et les colonnes en particulier.
On comprendra qu'une roue à colonnes plus rigide permet un fonctionnement avec un
niveau de précision particulièrement élevé. On peut encore observer que la largeur
des bras à leur point le plus étroit est considérablement inférieure à la largeur
des colonnes (on définit ici la largeur d'une colonne comme la distance séparant le
bord d'attaque du bord de fuite de cette colonne). Selon l'invention, la largeur des
bras 48 est inférieure à la moitié de la largeur des colonnes 44. Dans le présent
exemple, la largeur d'un bras est même de l'ordre du tiers de la largeur d'une colonne.
Cette caractéristique de l'invention permet d'aménager des vides 45 dans la superstructure
de la roue à colonnes. Ces vides sont nécessaires pour permettre aux becs des différentes
bascules de plonger suffisamment profondément entre les colonnes.
[0011] On peut encore voir sur la figure 10 que le moyeu 46 et les bras 48 ont une hauteur
inférieure à celle des colonnes 44. La hauteur des bras sera de préférence comprise
entre 20% et 60% de la hauteur des colonnes. Un avantage de cette dernière caractéristique
est qu'elle permet d'allonger encore la course du bec d'un levier en plongée comme
en levée, pour autant que ce levier soit monté suffisamment haut pour permettre le
passage du bec au dessus des bras 48 de la roue à colonnes. De préférence, on fabrique
entièrement la roue à colonnes sur une décolleteuse. Une fabrication sans reprise
sur une décolleteuse permet de donner à la pièce une précision remarquable.
[0012] La figure 9 montre clairement le profil des colonnes 40. On peut observer que le
profil des colonnes correspond de façon générale à une ellipse gauchie, ou plus précisément
peut-être, au profil d'une aile d'avion. On désignera donc par bord d'attaque le côté
avant des colonnes (en se référant au sens de rotation de la roue à colonnes), et
par bord de fuite le bord arrière des colonnes. Les colonnes présentent également
une face extérieure (tournée vers l'extérieure de la roue à colonnes) et une face
intérieure (tournée vers le moyeu 46). La face extérieure et la face intérieure se
rejoigne au niveau du bord d'attaque et au niveau du bord de fuite. On peut observer
qu'en ce qui concerne leur face extérieure, le profil des colonnes dessine un arc
de cercle sensiblement concentrique à la roue à colonnes. Tandis qu'au niveau de la
face intérieure, le profil des colonnes présente un rayon de courbure plus grand dans
la région du bord de fuite que dans la région du bord d'attaque (comme c'est le cas
avec une aile d'avion classique).
[0013] Sur la figure 9, on a désigné par α l'angle que fait la face intérieure avec la face
extérieure d'une colonne dans la région du bord d'attaque, et par β l'angle que fait
la face intérieure avec la face extérieure d'une colonne dans la région du bord de
fuite. On peut voir sur la figure 9 que les deux angles α et β sont en réalité très
arrondis. Le fait que l'angle α soit très arrondi présent l'avantage de faciliter
la progression du bec d'un levier coopérant avec la colonne lors du fonctionnement
du mécanisme de chronographe. Concernant l'angle β, le fait que l'angle soit arrondi
n'a pas vraiment d'effet technique, et selon une variante, l'angle β pourrait être
tranchant. Dans l'exemple illustré, les angles α et β valent respectivement 58 degrés
et 31 degrés. Selon diverses variantes de réalisation, l'angle α peut varier, mais
il est de préférence compris entre 55 et 65 degrés. L'angle β, quant à lui, dépend
du nombre de colonnes que comporte la roue à colonnes, et il sera de préférence plus
petit lorsque les colonnes sont plus nombreuses. Toutefois, l'angle β sera de préférence
compris entre 25 et 35 degrés.
[0014] Finalement, la largeur d'une colonne 44 dépend naturellement du nombre de colonnes
que comporte la roue à colonnes 40. Toutefois, selon l'invention, les colonnes de
la roue à colonnes sont plus larges que les ouvertures aménagées entre les colonnes.
[0015] Les figures 3 à 8 sont des vues côté fond d'un mouvement horloger selon un mode de
réalisation particulier de la présente invention. Le mouvement horloger représenté
est prévu pour être intégré à une montre-bracelet. Dans ces conditions, la couronne-poussoir
qui est représentée en haut sur les figures, se situerait en fait à trois heures si
l'on regardait le côté cadran d'une montre-bracelet contenant le mouvement. On comprendra
donc que, puisque les figures 3 à 8 sont des vues du côté fond, la position « midi
» de la montre se trouve du côté droite des figures, et le tour d'heures s'étend dans
le sens antihoraire sur les figures.
[0016] Les figures 3 à 8 représentent le même mécanisme de chronographe conforme à un mode
de réalisation particulier de la présente invention à différentes phases d'un cycle
complet de son fonctionnement. En plus d'une roue à colonnes 40, le mécanisme de chronographe
représenté comprend notamment une roue de chronographe 1, une bascule d'embrayage
4 présentant un bec prévu pour coopérer avec la roue à colonnes, un pignon oscillant
2 pivoté sur un levier d'embrayage 3, et deux ressorts (référencés respectivement
5a et 5b). Le levier d'embrayage est agencé pour pivoter dans sens ou dans l'autre
de sorte à produire alternativement le dégagement ou l'engagement de la denture du
pignon oscillant 2 d'avec celle de la roue de chronographe 1. Le pivotement du levier
d'embrayage 3 a pour fonction de permettre l'arrêt et la remise en marche du chronographe.
En effet, le pignon oscillant 2 est entraîné en permanence par le mobile de seconde
du rouage du mouvement (non représenté). Dans ces conditions, lorsque la roue de chronographe
est en prise avec le pignon 2, elle est entraînée, et lorsque le pignon oscillant
est désengagé de sa denture, la roue de chronographe est débrayée.
[0017] Le ressort 5a a pour fonction de rappeler le levier d'embrayage, et le pignon oscillant
qu'il porte, contre la roue de chronographe. Quant au ressort 5b, il est agencé pour
rappeler le bec de la bascule d'embrayage contre la roue à colonnes. On peut voir
en outre sur les figures que la bascule d'embrayage 4 porte, à l'extrémité opposée
au bec, une goupille 6 prévue pour coopérer avec une extrémité correspondante du levier
d'embrayage 3. On peut voir tout d'abord que lorsque le bec de la bascule 4 est abaissé
entre deux colonnes, comme représenté sur les figures 4 et 5 notamment, la goupille
6 est écartée du levier d'embrayage. Dans ces conditions, rien ne s'oppose à ce que
le ressort 5a fasse engrener le pignon oscillant 2 avec la denture de la roue de chronographe
1. A l'inverse, lorsque le bec de la bascule d'embrayage est soulevé par une colonne
de la roue à colonnes, comme représenté à la figure 3 notamment, la goupille 6 force
le levier d'embrayage 3 à pivoter, ce qui a pour effet d'écarter le pignon oscillant
2 de la denture de la roue de chronographe. C'est donc la roue à colonnes 40 qui commande
l'embrayage et le débrayage de la roue de chronographe 1.
[0018] Le mécanisme de chronographe représenté comprend encore une roue de compteur de minutes
15 et une roue intermédiaire 12. La roue de compteur 15 est entraînée par la roue
de chronographe 1 par l'intermédiaire de la roue 12. On peut voir encore que l'axe
de la roue de chronographe est celui de la roue de compteur des minutes portent tout
deux un coeur de remise à zéro (référencés respectivement 7 et 17). Un marteau à deux
inclinés est prévu pour coopérer avec les deux coeurs. Ce marteau est formé d'une
bascule de remise à zéro 10 et d'une panne mobile en forme de palonnier 9. La panne
mobile est articulée sur une extrémité de la bascule 10 et elle présente deux inclinés
8a, 8b qui sont prévus pour coopérer chacun avec l'un des deux coeurs 7, 17. De façon
connue en soi, la bascule de remise à zéro 10 est agencée pour pivoter, soit dans
un sens pour abaisser le marteau contre les coeurs, soit dans l'autre sens pour soulever
le marteau. Un ressort 19 est encore agencé pour rappeler le marteau contre les coeurs
7, 17 en position de repos. Enfin, c'est également la roue à colonnes 40 qui commande
le basculement du marteau.
[0019] Le mécanisme de chronographe du présent exemple comprend encore un frein constitué
par une bascule de frein 30 dont l'une des extrémités porte un patin 32 prévu pour
immobiliser la roue de chronographe 1 en agissant sur son pourtour. De façon conventionnelle,
la bascule de frein 30 est agencée pour pivoter alternativement entre une position
levée où le patin 32 est tenu écarté de la roue de chronographe est une position abaissée
où le patin bloque la roue de chronographe. Un ressort (non représenté) est encore
arrangé pour rappeler le patin 32 contre la roue de chronographe en position de repos.
D'autre part, c'est également la roue à colonnes 40 qui commande le pivotement de
la bascule de frein 30.
[0020] Le mécanisme de chronographe de l'invention comporte encore un mécanisme pour commander
la roue à colonnes. Ce mécanisme est un mécanisme à poussoir. De façon classique,
le mécanisme à poussoir est agencé pour faire s'incrémenter progressivement la position
angulaire de la roue à colonnes 40, lorsqu'un utilisateur actionne le bouton du poussoir
de façon répétée. D'autre part, la roue à colonnes 40 est sous l'action d'un sautoir
de roue à colonnes (référencé 50 dans les figures 3 et 6) qui presse contre les dents
du rochet (référencées 42 dans les figures 9 et 10) de manière à maintenir la roue
à colonnes dans une position stable.
[0021] Le mécanisme à poussoir qui, dans l'exemple représenté, relie le bouton 67 d'une
couronne-poussoir 65 à la roue à colonnes 40 comprend un cliquet 52, un ressort de
cliquet 54, une bascule de commande 56, un levier intermédiaire de commande 58 et
un ressort de commande 60. Dans le présent exemple, la couronne-poussoir 65 est disposée
à « 3 heures » à la périphérie du mouvement et elle est associée à une tige de remontage
et de mise à l'heure (non représentée) qui s'étend en direction du centre du mouvement.
Le levier intermédiaire 58 est pivoté sur le bâti à « 4 heures » et sa forme légèrement
recourbée lui permet de s'étendre sensiblement le long de la périphérie du mouvement
dans l'intervalle entre « 4 à 2 heures ». Le levier intermédiaire porte à 3 heures
une languette 62 qui est tournée en direction de la couronne-poussoir. Cette languette
est recourbée selon un angle d'environ 90° en direction du côté cadran du mouvement.
La languette forme ainsi un drapeau qui fait approximativement face à la couronne-poussoir.
Comme on le verra plus en détail plus loin, le poussoir comporte une surface d'appui
69 qui est agencée pour venir presser contre le drapeau de manière à actionner le
levier intermédiaire du mécanisme de commande lorsque le bouton-poussoir est actionné.
[0022] La bascule de commande 56 est pivotée sur le bâti à 1 heure et sa forme légèrement
recourbée lui permet de s'étendre sensiblement le long de la périphérie du mouvement
jusqu'à proximité de la couronne-poussoir. Le ressort de commande 60 est agencé pour
coopérer avec la bascule de commande 56 de manière à rappeler l'extrémité libre de
cette dernière en direction de la périphérie du mouvement. On voit de plus que l'extrémité
libre de la bascule 56 porte un tenon étagé 57 arrangé pour coopérer avec l'extrémité
distale du levier intermédiaire 58. On comprendra donc que le tenon 57 permet au ressort
60 de repousser en permanence l'extrémité distale du levier 58 vers l'extérieur du
mouvement. On comprendra de plus, qu'inversement, lorsque un utilisateur fait pivoter
le levier 58 en pressant sur le poussoir, cela a également pour effet de faire pivoter
la bascule de commande 56.
[0023] De manière connue en soi, l'extrémité libre de la bascule de commande 56 porte le
cliquet de bascule de commande (référencé 52). Le cliquet 52 est pivoté librement
sur l'extrémité de la bascule et il est rappelé contre la denture rochet 42 de la
roue à colonnes par le ressort de cliquet 54. Le cliquet 52 est donc agencé pour coopérer
avec les dents du rochet 42, et lorsque sous l'effet d'une pression sur le poussoir,
l'extrémité de la bascule de commande 56 est amenée à pivoter en direction du centre
du mouvement, le cliquet 52 accompagne le mouvement en faisant avancer la roue à colonnes
de la valeur d'une dent du rochet. Puis, sitôt que la pression sur le poussoir est
relâchée, le ressort de commande 60 fait reprendre leur position de repos à la bascule
56 et au levier 58. Le cliquet 52 revient également en arrière en glissant sur l'incliné
d'une dent de rochet. Le cliquet se trouve ainsi prêt à actionner la dent suivante,
lors de la prochaine pression sur le poussoir.
[0024] De manière classique, dans le présent exemple, Il faut exercer trois pressions sur
le poussoir, pour qu'une colonne prenne la place de la précédente, ce qui correspond
aux trois fonctions du chronographe : le départ, l'arrêt, et la remise à zéro. La
figure 3 montre le mécanisme de chronographe à l'arrêt, après avoir été remis à zéro.
Tous les éléments du mécanisme de chronographe sont arrêtés à l'exception du pignon
oscillant 2 qui est entraîné en permanence par le rouage du mouvement de la montre
(le sens de rotation du pignon oscillant est indiqué par la flèche).
[0025] La figure 4 illustre l'instant de la mise en marche du mécanisme de chronographe.
Le bouton 67 de la couronne-poussoir est enfoncé et le levier intermédiaire 58 ainsi
que la bascule de commande 56 ont pivotés en direction du centre du mouvement en entraînant
le cliquet 52. Ce déplacement du cliquet fait avancer la roue à colonnes 40 de 30°
dans le sens horaire. La rotation de 30° de la roue à colonnes a pour effet, d'une
part, de faire se soulever le bec de la bascule de remise à zéro 10, la faisant pivoter
de manière à soulever le marteau et à libérer les coeurs 7, 17. D'autre part, la rotation
de la roue à colonnes a également pour effet de faire plonger le bec de la bascule
d'embrayage 4 dans l'espace entre deux colonnes (référencé 44 sur les figures 9 et
10). Comme on l'a vu plus haut, en permettant ainsi à la bascule d'embrayage de pivoter
sous l'action du ressort 5, l'incrémentation de la roue à colonnes conduit également
la denture du pignon oscillant à embrayer avec celle de la roue de chronographe 1.
Finalement, la rotation de 30°, n'a pas d'effet sur le frein dont le bec reste levé.
[0026] La figure 5 montre le mécanisme de chronographe en marche. Le bouton 67 de la couronne-poussoir
65 est revenu à sa position de repos, comme le sont également le levier intermédiaire
58 et la bascule de commande 56. Le cliquet 52 est également revenu en arrière, et
se trouve prêt pour actionner la dent suivante lorsque le poussoir sera actionné à
nouveau. La roue de chronographe 1, la roue intermédiaire 12 et le roue de compteur
de minutes 15 sont entraînées en rotation par le pignon oscillant 2 dans le sens indiqué
par les flèches sur la figure.
[0027] La figure 6 illustre l'instant de l'arrêt du mécanisme de chronographe. Suite à un
nouvel actionnement de la couronne-poussoir, le bouton-poussoir 67 est enfoncé et
le levier intermédiaire 58 ainsi que la bascule de commande 56 ont à nouveau pivotés
en direction du centre du mouvement en entraînant le cliquet 52 et en faisant tourner
une nouvelle fois la roue à colonnes de 30°. Cette nouvelle incrémentation de la roue
à colonnes a pour effet, d'une part, de faire se soulever le bec de la bascule d'embrayage
4, conduisant le pignon oscillant 2 à se désengager de la roue de chronographe 1.
D'autre part, la rotation de la roue à colonnes a également pour effet de faire plonger
le bec de la bascule de frein 30 dans l'espace entre deux colonnes 44 en faisant pivoter
la bascule. Comme on l'a vu plus haut, le pivotement de la bascule 30 fait s'abaisser
le patin 32 contre la roue chronographe 1, de sorte que le patin bloque la roue de
chronographe.
[0028] La figure 7 montre le mécanisme de chronographe arrêté. Le bouton de la couronne-poussoir
65 est revenu à sa position de repos, comme le sont également le levier intermédiaire
58 et la bascule de commande 56. Le cliquet 52 est également revenu en arrière, et
se trouve prêt pour actionner la dent suivante lorsque le poussoir sera actionné à
nouveau. Le patin 32 de la bascule de frein 30 retient la roue de chronographe 1,
et la roue de compteur de minutes 15, dans la position dans laquelle le mécanisme
de chronographe a été arrêté, permettant la lecture du temps écoulé entre la mise
en marche et l'arrêt du mécanisme de chronographe.
[0029] La figure 8 illustre l'instant de la remise à zéro du mécanisme de chronographe.
Suite à un nouvel actionnement de la couronne-poussoir, le bouton 67 est enfoncé et
le levier intermédiaire 58 ainsi que la bascule de commande 56 ont à nouveau pivotés
en direction du centre du mouvement en entraînant le cliquet 52 et en incrémentant
une nouvelle fois la roue à colonnes de 30°. Ce nouveau déplacement de la roue à colonnes
a pour effet, d'une part, de faire se soulever le bec de la bascule de frein 30, conduisant
le patin 32 à s'écarter de la roue de chronographe 1. D'autre part, la rotation de
la roue à colonnes a également pour effet de faire plonger le bec de la bascule de
remise à zéro 10 dans l'espace entre deux colonnes 44, faisant ainsi pivoter la bascule.
Ce pivotement de la bascule a pour effet d'abaisser les deux inclinés 8a et 8b du
marteau respectivement contre les deux coeurs 7, 17, de sorte à ramener la roue de
chronographe 1 et la roue de compteur de minutes 15 à leurs positions de départ respectives.
[0030] En se référant encore au figures 3 à 8, on notera que, si on compare le bec de la
bascule d'embrayage 4 et celui de la bascule de remise à zéro 10 aux becs qui sont
représentés dans la figure 2, On constate immédiatement que les becs des bascules
du mouvement de chronographe conforme à la présente invention peuvent être beaucoup
plus effilés que ceux de l'art antérieur. Un avantage de cette caractéristique est
qu'un bec effilé (dont la pointe fait un angle inférieur à 40°; de préférence un angle
inférieur à 30°), permet aux bascules du mécanisme de chronographe du présent exemple
de s'abaisser même dans l'espace relativement étroit constitué par l'interstice entre
deux colonnes de la roue à colonnes illustrée à la figure 10 par exemple. Corolairement,
on comprendra également que l'utilisation de becs effilés comme ceux des bascules
du mécanisme de chronographe du présent exemple, nécessite en retour d'avoir des colonnes
plus larges pour éviter que les becs ne s'abaissent à mauvais escient.
1. Roue à colonnes (40) pour mécanisme de chronographe à trois temps comportant :
- un rochet (42) pourvu de 3*n dents (n >=3) ;
- un moyeu central (46) ;
- une superstructure co-axiale à la roue à colonnes et présentant une symétrie de
rotation d'ordre n, la superstructure comprenant n bras radiaux (48) et n colonnes
(44) parallèles à l'axe de rotation de la roue à colonnes, les colonnes étant réparties
de manière régulière le long de la circonférence de la roue à colonnes et étant séparées
l'une de l'autre par n vides constituant autant d'ouvertures entre les colonnes, chaque
colonne comportant une face extérieure et une face intérieure reliées l'une à l'autre
par un bord d'attaque et par un bord de fuite, la face extérieure ayant une forme
arrondie concentriquement à l'axe de rotation de la roue à colonnes, et la face intérieure
étant reliée au moyeu (46) par un bras radial (48),
caractérisée en ce que la largeur des colonnes (44) mesurée entre le bord d'attaque et le bord de fuite
est plus grande que largeur des ouvertures entre les colonnes, et
en ce que la largeur des bras (48) à leur point le plus étroit est inférieure à la moitié de
la largeur des colonnes (44).
2. Roue à colonnes selon la revendication 1, caractérisée en ce que la hauteur du moyeu (46) et des bras (48) est comprise entre 20 et 60% de la hauteur
des colonnes (44).
3. Roue à colonnes selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'en section transversale, la face intérieure des colonnes (44) a une forme convexe
dans la partie des colonnes qui dépassent la hauteur des bras (48), le rayon de courbure
de la face intérieure étant plus grand dans la région du bord de fuite que dans la
région du bord d'attaque.
4. Roue à colonnes selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que l'angle que fait la face intérieure d'une colonne avec la face extérieure dans la
région du bord d'attaque est compris entre 55° et 65°.
5. Roue à colonnes selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que l'angle que fait la face intérieure d'une colonne avec la face extérieure dans la
région du bord de fuite est compris entre 25° et 35°.
6. Roue à colonnes selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que n=4.
7. Mécanisme de chronographe comportant une roue à colonnes (40) selon l'une quelconque
des revendications 1 à 6, et au moins une bascule (4, 10 ,30) dont le bec est agencé
pour coopérer avec les colonnes (44) de la roue à colonnes.
8. Mécanisme de chronographe selon la revendication 7, caractérisé en ce que ledit bec de la bascule à une pointe qui fait un angle inférieur à 40°.
9. Mécanisme de chronographe selon la revendication 8, caractérisé en ce que ladite pointe fait un angle inférieur à 30°.
10. Mécanisme de chronographe selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que ladite bascule est une bascule d'embrayage (4).
11. Mécanisme de chronographe selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que ladite bascule est une bascule de remise à zéro (10).