DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] Le présent exposé concerne un dispositif et un procédé de blocage contrôlé d'un ressort
à spires, permettant de bloquer de manière contrôlée un ressort à spires avec une
longueur de compression choisie, potentiellement différente de celle de l'état dit
« à spires jointives ».
[0002] Un tel dispositif ou procédé peut être utilisé pour régler les propriétés d'un ressort
avant son utilisation lorsqu'une compression à spires jointives n'est pas favorable.
Il peut particulièrement s'appliquer au domaine de l'automobile, notamment pour les
suspensions, de l'horlogerie ou de l'outillage, pour ne citer que ces exemples.
ETAT DE LA TECHNIQUE ANTERIEURE
[0003] Dans l'industrie automobile, comme dans d'autres domaines techniques, les ressorts
subissent durant leur fabrication une opération de blocage permettant de les déformer
plastiquement et ainsi de modifier leurs propriétés physiques. En particulier, cette
déformation plastique permet de rehausser la limite élastique du ressort lui permettant
ainsi de mieux résister au fluage.
[0004] Une technique connue est alors de comprimer les ressorts jusqu'à ce que leurs spires
soient jointives et de les bloquer dans cette position quelques secondes. Toutefois,
cette méthode entraîne des contraintes de blocage très élevées qui entraînent dans
certains cas une plastification trop importante avec une perte de longueur conséquente
: le ressort ainsi obtenu peut alors se retrouver trop court pour certaines applications.
A titre d'illustration, les FIG 7A et 7B comparent un même ressort respectivement
avant et après une opération de blocage selon une telle méthode.
[0005] Pour résoudre ce problème, une autre voie a été explorée sans réel succès jusqu'à
présent : il s'agit de bloquer le ressort à une longueur déterminée plus longue que
celle de la position à spires jointives. Le principal défaut de cette méthode est
que la géométrie du ressort est mal contrôlée pendant le blocage : le ressort à tendance
à flamber et à se déformer, générant notamment des distances interspires fluctuantes
ou des déformations latérales, ce qui n'est pas souhaitable. A titre d'illustration,
les FIG 8A et 8B comparent un même ressort respectivement avant et après une opération
de blocage selon une telle méthode. En outre, en raison du caractère chaotique du
flambage, les ressorts obtenus par ce procédé ne plastifient pas tous dans la même
position ce qui génère des géométries parfois très différentes de sorte que ce procédé
est difficilement reproductible.
[0006] Il existe donc un réel besoin pour un dispositif et un procédé de blocage contrôlé
d'un ressort à spires permettant de bloquer de manière contrôlée un ressort à spires
dans un état de compression choisi et qui soient dépourvus, au moins en partie, des
inconvénients inhérents aux méthodes connues précitées.
PRESENTATION DE L'INVENTION
[0007] Le présent exposé concerne un dispositif de blocage contrôlé d'un ressort à spires,
configuré pour comprimer ledit ressort et contrôler sa géométrie durant sa compression,
comprenant un premier support configuré pour maintenir la première extrémité du ressort
et un deuxième support configuré pour maintenir la deuxième extrémité du ressort,
les premier et deuxième supports étant configurés pour se déplacer relativement l'un
par rapport à l'autre. Il comprend en outre au moins un appui intercalaire configuré
pour s'intercaler entre certaines spires du ressort lors de la compression.
[0008] Durant la fabrication d'un ressort à spires, l'opération de blocage contrôlé, ou
de pré-conformation, permet de déformer plastiquement le ressort à spires et ainsi
de modifier ses propriétés physiques.
[0009] Lors de la compression du ressort, certaines de ses spires entrent en contact avec
le ou les appuis intercalaires et se retrouvent ainsi maintenues : ces appuis intercalaires
permettent de contrôler la géométrie du ressort pendant la compression et le blocage,
empêchant ainsi l'apparition d'un flambage ou de toute autre déformation non souhaitée.
[0010] En particulier, les supports peuvent comprimer le ressort jusqu'à ce que les spires
soient jointives, soit avec leurs voisines soit avec les appuis intercalaires, de
telle sorte que l'on retrouve une situation analogue à la méthode connue de blocage
à spires jointives mais avec des éléments intercalaires dont l'épaisseur permet de
régler la longueur de compression du ressort. De cette manière, on peut, d'une part,
régler la longueur à laquelle le ressort est bloqué, et de là régler le niveau de
contrainte et donc le niveau de plastification souhaité, et, d'autre part, profiter
d'une position analogue à la position « à spires jointives » dans laquelle les spires
sont bloquées les unes contre les autres, ou contre les appuis, de telle sorte que
les spires ne disposent pas de l'espace nécessaire pour se déformer autrement que
selon la contrainte imposée. Ainsi, les déformations non souhaitées, latérales notamment,
sont réduites voire supprimées.
[0011] En outre, les distances interspires sont mieux contrôlées et ne fluctuent pas de
manière erratique. En particulier, en réglant l'épaisseur des appuis intercalaires
et en tenant compte du taux de plastification attendu, il est possible de régler les
distances interspires du ressort final.
[0012] Dans certains modes de réalisation, ledit au moins un appui intercalaire est une
palette en forme d'anneau tronqué ou de disque tronqué, cette troncature étant configurée
pour permettre le passage d'une spire du ressort. Cette forme permet de suivre, et
donc de maintenir lors du blocage, les spires précédant et suivant l'appui sur une
longueur importante tout en laissant un espace pour le passage de la spire.
[0013] Dans certains modes de réalisation, ladite troncature correspond à un quartier angulaire
de 90°.
[0014] Dans certains modes de réalisation, ladite palette est sensiblement hélicoïdale de
manière à ce que sa géométrie suive sensiblement celle des spires de ressort avec
lesquelles elle est en contact lors de la compression. Le contact est ainsi plus étroit
avec les spires lors du blocage ce qui assure un meilleur maintien. En outre, de cette
façon, en n'allant pas à l'encontre de leur disposition naturelle, on évite de déformer
les spires de manière non souhaitée.
[0015] Dans certains modes de réalisation, ladite palette est biseautée pour, de manière
analogue, adapter sa géométrie à celle des spires du ressort.
[0016] Dans certains modes de réalisation, deux palettes intercalaires voisines ne présentent
pas la même orientation et sont de préférence décalées de plus 90° ou moins 90°. On
alterne de préférence la troncature d'un côté puis de l'autre. De cette manière, le
jeu inter-spires est mieux réparti.
[0017] Dans certains modes de réalisation, ledit au moins un appui intercalaire prend la
forme d'une étoile possédant au moins trois branches afin de coopérer avec le ressort
en au moins trois points. De préférence, ces branches sont disposées angulairement
de manière régulière. Une telle configuration à plusieurs branches offre une géométrie
moins spécifique que la configuration à palettes, ce qui lui permet de s'adapter à
différents modèles de ressorts sans modification importante du dispositif.
[0018] Dans certains modes de réalisation, ledit au moins un appui intercalaire prend la
forme d'une Y dont les trois branches sont disposées à 120° les unes des autres.
[0019] Dans certains modes de réalisation, les au moins trois branches de l'appui ne sont
pas contenues dans un même plan transversal. Ceci permet, à la manière des palettes
hélicoïdales, de suivre la géométrie du ressort.
[0020] Dans d'autres modes de réalisation, les au moins trois branches de l'appui sont coplanaires
: cette configuration est moins spécifique, ce qui lui permet de s'adapter facilement
à différents modèles de ressorts.
[0021] Dans certains modes de réalisation, les au moins trois branches de l'appui ne sont
pas coplanaires.
[0022] Dans certains modes de réalisation, ledit au moins un appui est sensiblement flexible.
Ceci permet de mieux épouser la géométrie du ressort lors de la compression.
[0023] Dans certains modes de réalisation, le dispositif de blocage contrôlé comprend une
pluralité d'appuis intercalaires. De préférence, on place un appui intercalaire dans
chaque intervalle pour lequel on souhaite maîtriser le jeu inter-spire. En particulier,
la présence d'un appui intercalaire entre toutes les spires assure un contrôle de
la géométrie sur toute la longueur utile du ressort. Toutefois, dans d'autres modes
de réalisation, toutes les spires ne sont pas nécessairement en contact avec un appui
ou une spire, en particulier certaines spires situées aux extrémités du ressort peuvent
être libres.
[0024] Dans certains modes de réalisation, certains appuis de la pluralité d'appuis intercalaires
ne possèdent pas une épaisseur égale à celle des autres appuis afin d'imposer un pas,
c'est-à-dire une distance interspires, variable au sein du ressort.
[0025] Dans certains modes de réalisation, au moins un appui intercalaire possède un profil
en coin dont la variation d'épaisseur au sein de l'appui est réglée afin d'imposer
une courbure à l'axe du ressort. De cette manière, il est possible de réaliser des
ressorts dont l'axe est courbe.
[0026] Dans certains modes de réalisation, chaque appui intercalaire possède le même profil
de coin. Par exemple, en intercalant plusieurs appuis dont le coin est toujours identique,
on peut réaliser des ressorts dont l'axe est en forme de C.
[0027] Dans certains modes de réalisation, les différents appuis intercalaires possèdent
des profils de coin différents. On peut ainsi régler localement la courbure de l'axe
du ressort. Par exemple, en intercalant plusieurs appuis dont le coin est d'abord
dans une direction puis dans la direction opposée, on peut réaliser des ressorts dont
l'axe est en forme de S.
[0028] Dans certains modes de réalisation, chaque appui intercalaire est monté sur un chariot
configuré pour permettre audit appui intercalaire de suivre le mouvement des spires
du ressort pendant sa compression. Le chariot peut se déplacer, sur un rail par exemple,
pour suivre le mouvement du ressort depuis la position initiale de l'appui jusqu'à
sa position lors du blocage en compression.
[0029] Dans certains modes de réalisation, chaque chariot coopère avec un taquet configuré
pour définir une position initiale du chariot, ce taquet étant de préférence réglable
pour régler la position initiale du chariot. Il est ainsi facile et très rapide de
ramener chaque chariot dans sa position initiale pour préparer le dispositif au blocage
d'un nouveau ressort.
[0030] Dans certains modes de réalisation, chaque chariot coopère avec un ressort de rappel
configuré pour rappeler ledit chariot vers sa position initiale.
[0031] Dans certains modes de réalisation, le dispositif de compression comprend en outre
un châssis muni d'une barre pour chaque chariot, chaque chariot comprenant un perçage
traversant et une butée, ledit perçage traversant coulissant le long de sa barre respective
et ladite butée étant configurée pour coopérer avec son taquet respectif ; chaque
ressort de rappel est monté autour de sa barre respective et prend appui d'une part
sur une surface interne du châssis et d'autre part sur une surface latérale du chariot.
[0032] Dans certains modes de réalisation, le chariot est libre et ce sont les spires du
ressort qui, lorsqu'elles sont mises en mouvement par les supports, poussent sur les
appuis pour les déplacer.
[0033] Dans d'autres modes de réalisation, chaque chariot est entraîné par des moyens d'entraînement.
Il peut par exemple s'agir d'un mécanisme à vis sans fin, chaque barre pouvant être
munie d'un filetage et d'un mécanisme d'entraînement tandis qu'un des desdits perçages
traversant de chaque chariot peut être muni d'un taraudage adapté. Il peut également
s'agir d'un mécanisme d'entraînement par piston, le taquet destiné à chaque chariot
pouvant être entraîné par un tel piston.
[0034] Dans certains modes de réalisation, le premier support est immobile tandis que le
deuxième support est mobile et configuré pour se rapprocher du premier support lors
de la compression.
[0035] Dans certains modes de réalisation, les premier et deuxième supports sont coaxiaux
et se font face, et le deuxième support est déplacé en ligne droite vers le premier
support de sorte que la compression du ressort est purement axiale.
[0036] Dans d'autres modes de réalisation, le deuxième support peut se rapprocher du premier
support selon une trajectoire courbe : cela est particulièrement favorable en association
avec les appuis intercalaires en forme de coin pour réaliser des ressorts dont l'axe
est courbe.
[0037] Dans certains modes de réalisation, le dispositif de blocage contrôlé comprend en
outre des moyens de préhension configurés pour saisir et convoyer le ressort, ces
moyens de préhension étant de préférence une pince. La pince saisit le ressort, de
préférence déjà convenablement orienté, le dispose entre les premier et deuxième supports
de manière à ce que les appuis intercalaires s'insèrent entre les spires du ressort,
s'écarte le temps de la compression, puis revient chercher le ressort final et le
convoie hors du dispositif.
[0038] Le présent exposé concerne également un procédé de blocage contrôlé d'un ressort
à spires comprenant les étapes suivantes : fourniture d'un ressort à spire, mise en
place du ressort entre un premier et un deuxième support, compression du ressort par
déplacement relatif des premier et deuxième supports l'un par rapport à l'autre, décompression
du ressort, et évacuation du ressort ainsi traité. Il comprend en outre la mise en
place d'au moins un appui intercalaire dans certaines positions correspondant à certains
des espaces s'étendant entre les spires du ressort ; le ressort est comprimé jusqu'à
ce que l'ensemble des spires et dudit au moins un appui intercalaire soient en contact
jointif les uns avec les autres.
[0039] Tel qu'expliqué plus haut, en mettant en place de tels appuis intercalaires, on parvient
à reproduire une situation analogue au blocage à spires jointives avec une longueur
du ressort, lors du blocage, plus importante. On peut donc régler le niveau de contrainte
et donc le niveau de plastification souhaité tout en contrôlant la géométrie du ressort
durant le blocage pour éviter des déformations non souhaitées.
[0040] Dans certains modes de mise en oeuvre, la force de compression exercée par les supports
est limitée à celle nécessaire pour amener l'ensemble des spires et dudit au moins
un appui intercalaire en contact jointif : ils n'exercent aucune contrainte supplémentaire
une fois cette position atteinte. Autrement dit, le ressort ne subit que les contraintes
dues à sa raideur : le dispositif n'exerce aucune autre force significative sur le
ressort. De cette manière, les efforts s'exerçants sur les appuis intercalaires sont
très faibles : les appuis ne nécessitent donc pas un dimensionnement spécifique pour
résister à ces efforts.
[0041] Dans certains modes de mise en oeuvre, le procédé de blocage contrôlé comprend une
étape d'orientation du ressort permettant de fournir le ressort avec une orientation
préétablie. Ce faisant, le ressort est mis en place dans le dispositif directement
dans la bonne position.
[0042] Dans certains modes de mise en oeuvre, l'étape de mise en place dudit au moins un
appui intercalaire est antérieure à l'étape de mise en place du ressort. Dans sa position
initiale, le dispositif est en place et prêt à recevoir le ressort ; le dispositif
retrouve sa position initiale après l'opération de blocage terminée.
[0043] Dans certains modes de mise en oeuvre, la compression du ressort a lieu à chaud,
c'est-à-dire à une température supérieure à 150°C. Une telle compression à chaud permet
une meilleure tenue en fluage du ressort final.
[0044] Dans d'autres modes de mise en oeuvre, la compression du ressort a lieu à froid,
c'est-à-dire à une température inférieure à 150°C, de préférence à température ambiante.
Ce mode de mise en oeuvre est plus économique.
[0045] Dans certains modes de mise en oeuvre, le ressort est bloqué en compression durant
un minimum de 0,5 s.
[0046] Dans certains modes de mise en oeuvre, le dispositif utilise un dispositif de blocage
contrôlé selon un des modes de réalisation exposés ci-avant.
[0047] Les caractéristiques et avantages précités, ainsi que d'autres, apparaîtront à la
lecture de la description détaillée qui suit, d'exemples de réalisation du dispositif
et du procédé proposés. Cette description détaillée fait référence aux dessins annexés.
BREVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0048] Les dessins annexés sont schématiques et visent avant tout à illustrer les principes
de l'invention.
[0049] Sur ces dessins, d'une figure (FIG) à l'autre, des éléments (ou parties d'élément)
identiques sont repérés par les mêmes signes de référence. En outre, des éléments
(ou parties d'élément) appartenant à des exemples de réalisation différents mais ayant
une fonction analogue sont repérés sur les figures par des références numériques incrémentées
de 100, 200 etc.
[0050] La FIG 1 est une vue d'ensemble d'un premier exemple de dispositif dans son état
initial.
[0051] La FIG 2 est une vue d'ensemble du dispositif de la FIG 1 dans son état de blocage.
[0052] La FIG 3 est une vue d'ensemble du dispositif de la FIG1 dans son état final.
[0053] La FIG 4 est une vue d'ensemble d'un deuxième exemple de dispositif.
[0054] La FIG 5 est un schéma illustrant le principe d'un troisième exemple de dispositif.
[0055] Les FIG 6A et 6B sont des vues schématiques comparant les états initial et final
d'un ressort bloqué par un dispositif selon l'invention.
[0056] Les FIG 7A et 7B sont des vues schématiques comparant les états initial et final
d'un ressort bloqué par un premier dispositif de l'art antérieur.
[0057] Les FIG 8A et 8B sont des vues schématiques comparant les états initial et final
d'un ressort bloqué par un deuxième dispositif de l'art antérieur.
DESCRIPTION DETAILLEE D'EXEMPLES DE REALISATION
[0058] Afin de rendre plus concrète l'invention, des exemples de dispositifs sont décrits
en détail ci-après, en référence aux dessins annexés. Il est rappelé que l'invention
ne se limite pas à ces exemples.
[0059] La FIG 1 représente un premier exemple d'un dispositif 1 de blocage contrôlé d'un
ressort 2. Ce dispositif 1 comprend des premier 11 et deuxième 12 supports, un châssis
20 permettant le déplacement de chariots 30a, 30b sur lesquels sont montées des palettes
40a, 40b, et une pince de convoyage 50. Dans cet exemple, le dispositif est principalement
adapté au blocage d'un ressort dont l'axe est rectiligne.
[0060] Les premier et deuxième supports 11, 12 prennent chacun la forme d'un cylindre 13
muni à son extrémité d'un disque transversal 14, formant une surface de retenue 14a
dirigée vers l'intérieur du dispositif 1, et une saillie de support 15, coaxiale au
cylindre 13, faisant saillie de quelques centimètres sur la surface de retenue 14a.
Le diamètre de la saillie de support 15 est sensiblement égal ou légèrement inférieur
au diamètre intérieur (c'est-à-dire le diamètre du cercle inscrit) des spires d'extrémité
2e du ressort 2. Le diamètre du disque transversal 14, et donc de la surface de retenue
14a, est environ égal au diamètre extérieur (c'est-à-dire le diamètre du cercle circonscrit)
du ressort 2 et en tout état de cause supérieur au diamètre extérieur des spires d'extrémité
2e du ressort 2.
[0061] Dans cet exemple, les supports 11 et 12 sont coaxiaux et se font face. Le premier
support 11 est fixe tandis que le deuxième support 12 est mobile et entraîné par des
moyens d'entraînement non représentés. Dans un autre exemple le premier support 11
pourrait être mobile également.
[0062] Dans cet exemple de réalisation, les supports 11 et 12 présentent un diamètre identique.
Toutefois, dans d'autres exemples de réalisation, un 11 des deux supports peut présenter
un diamètre différent de l'autre support 12. Ceci est notamment le cas pour des applications
dans lesquelles le ressort 2 n'a pas un diamètre de corps constant comme, par exemple,
le ressort en double queue de cochon dans lequel les spires d'extrémité 2e présentent
des diamètres qui sont réduits par rapport au diamètre des spires 2s du corps du ressort
2 et qui peuvent différer l'un de l'autre..
[0063] Le châssis 20 supporte ici deux chariots 30a, 30b mais pourrait supporter de manière
tout à fait analogue un seul ou plus de deux chariots en fonction de la longueur du
ressort 2. Deux barres 22 sont fixées entre les montants d'extrémités arrière 21 et
avant 21' du châssis 20. Chaque chariot 30a, 30b possède un bloc coulissant 31 muni
de deux perçages traversant 32 configurés pour permettre le passage des deux barres
22 du châssis 20 : les blocs coulissants 31 des chariots 30 peuvent ainsi coulisser
le long des barres 22 d'arrière en avant du châssis 20 et vice-versa.
[0064] Les chariots 30 comprennent également chacun un socle 33 sensiblement en forme de
L. Chaque socle 33 possède à une de ses extrémités une portion d'ancrage 33a par laquelle
le socle est fixé à son bloc coulissant respectif 31, à l'aide de vis par exemple.
Chaque socle 33 possède à son autre extrémité une portion de fixation 33b sur laquelle
est fixée une palette 40. Entre ces portions d'ancrage 33a et de fixation 33b, chaque
socle 33 possède une portion de déport 33c permettant de décaler la palette 40 de
son bloc coulissant 31 respectif dans la direction principale avant/arrière du dispositif
1. De cette manière, on peut rapprocher à loisir les palettes 40 sans être gêné par
l'épaisseur des blocs coulissant 31 des chariots 30.
[0065] Les hauteurs des blocs coulissants 31 varient entre les chariots 30 et sont réglées
pour permettre aux socles 33 des chariots postérieurs 30b de passer au moins partiellement
au-dessus des socles 33 des chariots antérieurs 30a.
[0066] Afin de régler la position initiale de chaque palette 40, le châssis 20 comporte,
pour chaque chariot 30a, 30b, un taquet 23a, 23b fixé au montant arrière 21 du châssis
20. Ce taquet 23a, 23b coopère avec une saillie de butée 34a, 34b faisant saillie
sous le bloc coulissant 31 de chaque chariot 30. Ces taquets 23a, 23b sont réglables,
par un mécanisme de vis sans fin ou à piston par exemple, pour régler facilement la
position initiale des palettes 40.
[0067] En outre, des ressorts de rappel 24 sont montés autour de chaque barre 22, d'une
part entre le montant antérieur 21' et la surface antérieur du bloc coulissant 31
du chariot 30a le plus antérieur, d'autre part entre les blocs coulissants 31 de chacun
des chariots 30a, 30b. De cette manière, les chariots 30a, 30b sont en permanence
repoussés vers l'arrière, c'est-à-dire vers leur taquet 23a, 23b respectif. Les raideurs
et les longueurs à vide des ressorts de rappel 24 sont réglées pour que ceci reste
vrai même si certains des chariots postérieurs 30b sont appuyés contre leur taquet
23b.
[0068] Les palettes 40 comportent chacune un anneau 41 dont un quartier angulaire de 90°
a été tronqué. Plus précisément, la troncature débute à la verticale au sommet de
la palette 40 et se termine à l'horizontale sur le côté droit ou le côté gauche de
la palette 40. Ici, le côté de la troncature alterne entre les palettes 40 successives.
[0069] Comme cela est plus clairement visible sur le FIG 2, l'anneau 41 est légèrement hélicoïdal
de telle sorte que son extrémité supérieure 41S ne se trouve pas dans le même plan
transversal que son extrémité latérale 41L : l'anneau 41 suit ainsi sensiblement l'hélice
du ressort 2 lors du blocage.
[0070] En outre, les extrémités supérieure 41S et latérale 41L peuvent être légèrement biseautées
afin de ne pas présenter d'arête vive risquant de marquer ou d'endommager le ressort
2.
[0071] En outre, les palettes 40 présentent chacune un pied 42 permettant la fixation de
la palette 40 sur la portion de fixation 33b du socle 33 de son chariot respectif
30.
[0072] Le fonctionnement du dispositif 1 va maintenant être décrit en référence aux FIG
1, 2 et 3 représentant le dispositif 1 respectivement avant le blocage, pendant le
blocage et après le blocage.
[0073] Dans l'état initial du dispositif 1, tous les éléments mobiles se trouvent dans leur
état de repos, cet état ayant été réglé, par l'intermédiaire des taquets réglables
23a et 23b des chariots 30 d'une part et des moyens d'entraînement du deuxième support
12 d'autre part, en fonction de la géométrie, et principalement de la longueur, du
ressort 2 initial. Ainsi, les chariots 30 sont en appui, grâce aux ressorts de rappel
24, contre leur taquet respectif 23a, 23b, et le deuxième support 12 est dans sa position
reculée.
[0074] En amont du dispositif 1, des ressorts 2 sont fournis pour que la pince de convoyage
50 puisse venir les prendre. La disposition des ressorts 2 ainsi fournis, et notamment
leur orientation angulaire, est réglée en amont pour que la pince 50 puisse les saisir
facilement et les mettre en place dans le dispositif 1 directement dans la position
adéquate.
[0075] La pince 50 dépose donc le ressort 2 entre les deux supports 11 et 12 : chaque spire
d'extrémité 2e du ressort 2 se retrouve alors bloquée, d'une part, par la saillie
de support 15 qui s'engage à l'intérieur de la spire d'extrémité 2e et la bloque radialement
et, d'autre part, par la surface de retenue 14a qui la bloque axialement. A cette
occasion, le deuxième support 12 peut éventuellement effectuer une manoeuvre, en avançant
de quelques centimètres par exemple, pour faciliter puis verrouiller l'engagement
des saillies de support 15 au sein des spires d'extrémité 2e du ressort 2.
[0076] La position initiale des palettes 40 ayant été réglée de manière idoine par les taquets
réglables 23a et 23b, ces dernières se retrouvent directement dans la bonne position,
c'est-à-dire entre les spires 2s visées, lorsque le ressort 2 est mis en place dans
le dispositif 1. Cet état est représenté en FIG 1.
[0077] La compression peut alors commencer : le deuxième support 12 se rapproche à cet effet
du premier support 11, ici en ligne droite, pour comprimer le ressort 2. Pendant ladite
compression, les spires 2s se rapprochent les unes des autres d'une part, et du premier
support 11 resté fixe d'autre part. Les spires 2s entraînent alors dans leur mouvement
les palettes 40 qui, grâce à leurs chariots 30 coulissant sur les barres 22 du châssis
20, se rapprochent également du premier support 11.
[0078] Le deuxième support 12 comprime le ressort 2 jusqu'à ce que les spires 2s soient
toutes jointives, soit entre elles, soit avec certaines des palettes 40. Une fois
cet état jointif atteint, représenté en FIG 2, le deuxième support 12 s'immobilise
sans comprimer plus avant le ressort 2 pour ne pas charger les palettes 40. Cet état
de blocage est maintenu approximativement 1 seconde.
[0079] Le deuxième support 12 recule ensuite pour reprendre sa position de repos initiale
et détendre ainsi le ressort 2. Les palettes 40, ainsi libérées, sont repoussées,
par l'intermédiaire des ressorts de rappel 24 et des chariots 30, vers leurs positions
initiales définies par les taquets réglables 23a, 23b.
[0080] La pince 50 vient alors saisir le ressort final 2' pour le convoyer en aval du dispositif
1. Cet état est représenté en FIG 3. Une autre pince 50 ou la même pince 50 va alors
chercher un nouveau ressort 2 et le cycle recommence. La durée d'un tel cycle n'excède
pas plus de 5 secondes environ. Le dispositif 1 peut en outre comprendre des moyens
de chauffage pour imposer une certaine température au sein du dispositif 1, la température
à laquelle est mené le blocage pouvant influer sur les propriétés mécaniques du ressort
final 2'.
[0081] Les FIG 6A et 6B représentent respectivement le ressort initial 2 et le ressort final
2'. Grâce à ce blocage à hauteur contrôlée, le ressort final 2' a subit une certaine
plastification qui a rehaussé sa limite élastique et n'a perdu que peu de sa longueur
initiale (à comparer avec le ressort final 3' de l'art antérieur à spires jointives
représenté à la FIG 7B). En outre, grâce aux palettes 40 qui ont permis de contrôler
la géométrie du ressort 2 pendant le blocage, le ressort final 2' n'est pas déformé
latéralement et conserve une distance interspires régulière (à comparer avec le ressort
final 4' de l'art antérieur à hauteur contrôlée sans palette représenté à la FIG 8B).
[0082] La FIG 4 représente un deuxième exemple de dispositif 100 tout à fait analogue au
dispositif 1 du premier exemple si ce n'est que les palettes 40 ont été remplacées
par des appuis 140 en forme de Y. Ces appuis comprennent donc trois branches 141a,
141b, 141c disposées à 120° les unes des autres. L'extrémité de la branche verticale
141a est prolongée par un pied 142 qui se fixe dans la portion de fixation 133b du
socle 133 du chariot 130 associé. Dans cet exemple, les appuis 140 coopèrent donc
avec les spires du ressort 2 uniquement en trois points, ce qui est suffisant pour
contrôler la géométrie du ressort 2. Dans cet exemple, on peut remarquer que les trois
branches 141a, 141b et 141c du Y ne sont pas contenues dans un même plan transversal
à l'axe commun des supports 11, 12 : à la manière des palettes 40 du premier exemple
qui étaient sensiblement hélicoïdales, ceci permet d'épouser au mieux la géométrie
du ressort 2 lors du blocage.
[0083] La FIG 5 représente schématiquement le principe d'un troisième exemple de dispositif
200 tout à fait analogue aux dispositifs 1 et 100 des deux premiers exemples, si ce
n'est que les palettes 240 (il pourrait également s'agir d'appuis en forme de Y) ont
un profil en forme de coin, l'épaisseur de la palette 240 étant plus importante à
son sommet qu'à sa base. Dans cet exemple, trois palettes 240 en coin sont utilisées
: elles permettent de déformer le ressort transversalement de manière différentielle
afin d'imposer une courbure à l'axe A du ressort 202. Dans cet exemple, on obtient
un ressort courbé en forme de C mais il est possible d'imaginer d'autre configuration
pour imposer une courbure plus compliquée, en S notamment. Le ressort peut être déjà
courbe initialement ou bien peut être rectiligne initialement et devenir courbe à
la suite du blocage.
[0084] Dans un tel dispositif 200 pour ressort courbe, il peut être nécessaire d'adapter
le deuxième support pour qu'il effectue une trajectoire courbe en se rapprochant du
premier support. De même, comme c'est le cas ici, il peut être nécessaire d'incliner
les palettes 240 pour tenir compte de la courbure de « l'axe A » du ressort 202. A
cet effet, on peut soit garder un châssis rectiligne et utiliser des palettes marquant
un certain angle avec leur chariot au niveau de leur pied, soit utiliser un châssis
tout à fait analogue mais courbe.
[0085] Les modes ou exemples de réalisation décrits dans le présent exposé sont donnés à
titre illustratif et non limitatif, une personne du métier pouvant facilement, au
vu de cet exposé, modifier ces modes ou exemples de réalisation, ou en envisager d'autres,
tout en restant dans la portée de l'invention.
[0086] De plus, les différentes caractéristiques de ces modes ou exemples de réalisation
peuvent être utilisées seules ou être combinées entre elles. Lorsqu'elles sont combinées,
ces caractéristiques peuvent l'être comme décrit ci-dessus ou différemment, l'invention
ne se limitant pas aux combinaisons spécifiques décrites dans le présent exposé. En
particulier, sauf précision contraire, une caractéristique décrite en relation avec
un mode ou exemple de réalisation peut être appliquée de manière analogue à un autre
mode ou exemple de réalisation.
1. Dispositif de blocage contrôlé pour la fabrication d'un ressort à spires, configuré
pour comprimer ledit ressort et contrôler sa géométrie durant sa compression, comprenant
un premier support (11) configuré pour maintenir la première extrémité (2e) du ressort
(2) et un deuxième support (12) configuré pour maintenir la deuxième extrémité (2e)
du ressort (2), les premier et deuxième supports (11, 12) étant configurés pour se
déplacer relativement l'un par rapport à l'autre,
caractérisé en ce qu'il comprend en outre au moins un appui intercalaire (40) configuré pour s'intercaler
entre certaines spires (2s) du ressort (2) lors de la compression.
2. Dispositif de blocage contrôlé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit au moins un appui intercalaire (40) est une palette en forme d'anneau (41)
tronqué ou de disque tronqué, cette troncature étant configurée pour permettre le
passage d'une spire (2s) du ressort (2), ladite palette étant en outre de préférence
sensiblement hélicoïdale.
3. Dispositif de blocage contrôlé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit au moins un appui intercalaire (140) prend la forme d'une étoile possédant
au moins trois branches (141a, 141b, 141c) afin de coopérer avec le ressort (102)
en au moins trois points.
4. Dispositif de blocage contrôlé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'au moins un appui intercalaire (240) possède un profil en coin dont la variation d'épaisseur
est réglée afin d'imposer une courbure à l'axe (A) du ressort (202).
5. Dispositif de blocage contrôlé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il comprend une pluralité d'appuis intercalaires (40), et
en ce que chaque appui intercalaire (40) est monté sur un chariot (30) configuré pour permettre
audit appui intercalaire (40) de suivre le mouvement des spires (2s) du ressort (2)
pendant sa compression.
6. Dispositif de blocage contrôlé selon la revendication 5, caractérisé en ce que chaque chariot (30) coopère avec un taquet (23) configuré pour définir une position
initiale du chariot (30), ce taquet (23) étant de préférence réglable pour régler
la position initiale du chariot (30).
7. Dispositif de blocage contrôlé selon la revendication 6, caractérisé en ce que chaque chariot (30) coopère avec au moins un ressort de rappel (24) configuré pour
rappeler ledit chariot (30) vers sa position initiale.
8. Dispositif de blocage contrôlé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le premier support (11) est immobile tandis que le deuxième support (12) est mobile
et configuré pour se rapprocher du premier support (11) lors de la compression.
9. Dispositif de blocage contrôlé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il comprend en outre des moyens de préhension (50) configurés pour saisir et convoyer
le ressort (2), ces moyens de préhension (50) étant de préférence une pince.
10. Procédé de blocage contrôlé d'un ressort à spires comprenant les étapes suivantes
:
fourniture d'un ressort à spire (2),
mise en place du ressort (2) entre un premier (11) et un deuxième (12) support,
compression du ressort (2) par déplacement relatif des premier et deuxième supports
(11, 12) l'un par rapport à l'autre,
décompression du ressort (2'), et
évacuation du ressort (2') ainsi traité,
le procédé étant caractérisé en ce qu'il comprend en outre la mise en place d'au moins un appui intercalaire (40) dans certaines
positions correspondant à certains des espaces s'étendant entre les spires (2s) du
ressort (2), et
en ce que le ressort (2) est comprimé jusqu'à ce que l'ensemble des spires (2s) et dudit au
moins un appui intercalaire (40) soient en contact jointif les uns avec les autres.
11. Procédé de blocage contrôlé selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'il comprend une étape d'orientation du ressort (2) permettant de fournir le ressort
(2) avec une orientation préétablie.
12. Procédé de blocage contrôlé selon la revendication 10 ou 11, caractérisé en ce que l'étape de mise en place dudit au moins un appui intercalaire (40) est antérieure
à l'étape de mise en place du ressort (2).