[0001] La présente invention concerne l'utilisation de dispersions organiques (organosols)
comme additif de carburant pour moteurs à combustion interne.
[0002] Lors de la combustion de carburant, et notamment de gazole dans un moteur diesel,
les produits carbonés ont tendance à former des particules carbonées, qu'on désignera
dans la suite de la description sous l'expression de "suies", qui sont réputées nocives
tant pour l'environnement que pour la santé. On recherche depuis longtemps des techniques
qui permettent de réduire l'émission de ces suies.
[0003] Une solution satisfaisante consiste à introduire dans la ligne d'échappement un filtre
à particules (ou FAP dans la suite du texte) qui va bloquer les suies dans ses canaux
pour laisser échapper un gaz exempt de suies. Lorsqu'une certaine quantité de suies
accumulées dans le FAP est atteinte, les suies sont brûlées pour libérer les canaux
du FAP. Cette étape de régénération du FAP se fait habituellement à des températures
supérieures à la température du gaz pendant une marche normale du moteur, les suies
brûlant usuellement sous air à des températures supérieures à 650°C.
[0004] Afin d'aider à la régénération du FAP, on emploie généralement un catalyseur qui
a pour but de faciliter l'oxydation des suies directement ou indirectement. On entend
par faciliter l'oxydation des suies le fait de permettre leur oxydation à plus basse
température de façon à ce que cette température soit plus fréquemment atteinte pendant
une marche normale du moteur. Une partie des suies peut ainsi être brûlée en continu
pendant le fonctionnement du moteur.
[0005] Le catalyseur permet aussi d'abaisser la température requise pour régénérer le FAP
afin que la température de régénération soit inférieure à la température de combustion
des suies sans la présence du dit catalyseur. Le catalyseur permet également d'accélérer
la vitesse d'oxydation des suies ce qui permet de réduire la durée nécessaire à la
régénération du FAP.
[0006] L'utilisation d'un additif d'aide à la régénération du FAP, vectorisé par le carburant
alimentant le moteur ou encore Fuel Borne Catalyst (FBC), s'est avéré répondre à de
nombreux critères puisqu'il permet de régénérer le FAP plus rapidement et à plus basse
température que la technologie concurrente appelée Catalysed Soot Filter (CSF, le
catalyseur étant immobilisé dans le FAP), ce qui contribue à réduire la consommation
en carburant pour la régénération du FAP (et ainsi réduire les émissions de CO
2).
[0007] Parmi les additifs d'aide à la régénération du FAP, les dispersions de terres rares,
notamment à base de cérium, sont connues pour être efficaces pour la régénération
du FAP et contribuent à la réduction de la température d'oxydation.
[0008] Des dispersions de composés de fer utilisées comme additif des carburants peuvent
contribuer à la réduction de cette température d'auto-inflammation des suies.
[0009] La demande de brevet
FR 2 913 431 décrit un procédé de fonctionnement d'un moteur diesel en vue de faciliter la régénération
d'un filtre à particules dur la ligne d'échappement.
[0010] La demande de brevet
US 2010/101139 A1 décrit un procédé de préparation d'une dispersion d'oxyde de fer.
[0011] La présence d'un FBC dans le carburant peut parfois conduire à réduire la résistance
du carburant à l'oxydation, notamment lorsqu'il contient des biocarburants.
[0012] On cherche ainsi à obtenir des dispersions présentant une bonne dispersibilité, une
stabilité élevée dans le temps et en outre une compatibilité améliorée dans le milieu
dans lequel elles sont introduites, notamment une résistance améliorée à l'oxydation,
particulièrement en présence de biocarburants.
[0013] On cherche de préférence à obtenir des dispersions présentant une activité catalytique
suffisante à une concentration relativement peu élevée.
[0014] Un des buts de la présente invention est de permettre la régénération de FAP au moyen
d'un additif de carburant.
[0015] Dans ce but, l'invention propose l'utilisation de dispersions colloïdales comprenant
des particules, pour la plupart non agrégées entre elles, et présentant une bonne
monodispersité, en tant qu'additif de carburant.
[0016] Plus précisément, l'invention concerne l'utilisation telle que décrite à la revendication
1.
[0017] Il est également décrit un procédé de préparation d'un carburant additivé, comprenant
une étape de mise en contact et de mélange d'un carburant et d'une dispersion telle
qu'utilisée dans l'invention, ce par quoi on obtient le carburant additivé.
[0018] Les objets solides dispersés dans les dispersions sont des particules solides individualisées
ou des agrégats de telles particules. Lesdites particules peuvent, en outre, éventuellement
contenir des quantités résiduelles d'ions liés ou adsorbés tels que par exemple des
ions sodium ou des ions ammonium.
[0019] La dispersion présente l'avantage d'être très stable. Les particules de la dispersion
ne sédimentent pas, et les dispersions ne décantent pas, même après plusieurs mois.
En outre, elle peut présenter une bonne compatibilité avec les carburants de type
gazole, notamment à base de biocarburants.
[0020] Selon une variante préférée, elle peut présenter en outre une activité catalytique
élevée.
[0021] La dispersion est une dispersion en phase organique.
[0022] Cette phase organique est choisie notamment en fonction de l'utilisation de la dispersion.
[0023] Selon un premier mode de réalisation, la phase organique comprend un solvant apolaire,
de préférence choisi parmi les hydrocarbures apolaires ou leurs mélanges.
[0024] Par « solvant apolaire », on entend un solvant possédant une très faible affinité
pour l'eau, et une miscibilité dans l'eau relativement faible. De manière générale,
un solvant apolaire est un solvant dont le moment dipolaire résultant est nul. Il
peut donc s'agir d'une molécule ne comportant aucun groupement polaire (comme par
exemple le cyclohexane) ou d'une molécule comportant des groupements polaires mais
dont la géométrie fait que le moment dipolaire s'annule (comme par exemple le tétrachlorure
de carbone).
[0025] A cet effet, le plus souvent, la phase organique est constituée d'au moins 80%, de
préférence au moins 90%, de préférence au moins 95% en masse d'un solvant apolaire
ou d'un mélange de solvants apolaires, par rapport à la masse totale de la phase organique.
[0026] Selon ce mode, la phase organique comprend généralement au moins 70%, de préférence
au moins 80%, préférentiellement au moins 90%, avantageusement au moins 95% en masse
d'un hydrocarbure apolaire ou d'un mélange d'hydrocarbures apolaires.
[0027] La phase organique est typiquement constituée uniquement d'un hydrocarbure apolaire
ou d'un mélange d'hydrocarbures apolaires.
[0028] A titre d'exemple de solvant apolaire, on peut citer les hydrocarbures aliphatiques
comme l'hexane, l'heptane, l'octane, le nonane, les hydrocarbures cycloaliphatiques
tels que le cyclohexane, le cyclopentane, le cycloheptane. Conviennent également les
coupes pétrolières du type Isopar, contenant essentiellement des hydrocarbures isoparaffiniques
et paraffiniques en C-11 et C-12.
[0029] On peut mettre en oeuvre également à titre de solvant apolaire des hydrocarbures
chlorés apolaires.
[0030] Selon un deuxième mode de réalisation, la phase organique comprend un solvant polaire,
de préférence choisi parmi les hydrocarbures polaires ou leurs mélanges.
[0031] Par « solvant polaire », on entend notamment un solvant possédant un moment dipolaire
résultant non nul. Il peut donc s'agir d'une molécule comportant un ou plusieurs groupements
polaires.
[0032] Selon ce mode, la phase organique comprend généralement au moins 70%, de préférence
au moins 80%, préférentiellement au moins 90%, avantageusement au moins 95% en masse
d'un hydrocarbure polaire ou d'un mélange d'hydrocarbures polaires.
[0033] La phase organique est typiquement constituée uniquement d'un hydrocarbure polaire
ou d'un mélange d'hydrocarbures polaires.
[0034] Par « solvant polaire », on désigne plus généralement des solvants qui ont une bonne
affinité pour l'eau, et une bonne miscibilité dans l'eau.
[0035] A titre d'exemple de solvant polaire, on peut citer les hydrocarbures aromatiques
tels que le benzène, le toluène, l'éthylbenzène, les xylènes, les naphtènes liquides.
Conviennent également les coupes pétrolières du type Solvesso (marque déposée par
la Société EXXON), notamment le Solvesso 100 qui contient essentiellement un mélange
de méthyléthyl- et triméthyl-benzène, et le Solvesso 150 qui renferme un mélange d'alkylbenzènes
en particulier de diméthylbenzène et de tétraméthylbenzène.
[0036] On peut mettre en oeuvre également pour la phase organique des hydrocarbures chlorés
polaires tels que le chloro- ou le dichloro-benzène, le chlorotoluène. Les éthers
ainsi que les cétones aliphatiques et cycloaliphatiques comme par exemple l'éther
de diisopropyle, l'éther de dibutyle, la méthylisobutylcétone, la diisobutylcétone,
l'oxyde de mésityle, peuvent être envisagés.
[0037] On peut également envisager des solvants polaires à base d'alcool comme le 2-éthylhexanol.
[0038] Selon une variante, la phase organique comprend un mélange d'un solvant apolaire
et d'un solvant polaire tels que décrits ci-dessus.
[0039] La dispersion comporte au moins un agent amphiphile.
[0040] Cet agent amphiphile a pour effet de stabiliser la dispersion de particules. Il sert
également d'agent de transfert de phase lors de la préparation des dispersions (entre
la phase aqueuse et la phase organique). L'agent amphiphile est un acide carboxylique
qui comporte de 10 à 50 atomes de carbone, de préférence de 10 à 25 atomes de carbone.
[0041] Cet acide peut être linéaire ou ramifié. Il peut être choisi parmi les acides aryliques,
aliphatiques ou arylaliphatiques, portant éventuellement d'autres fonctions à condition
que ces fonctions soient stables dans les milieux où l'on désire utiliser les dispersions
selon la présente invention.
[0042] Ainsi, on peut mettre en oeuvre par exemple des acides carboxyliques aliphatiques,
qu'ils soient naturels ou synthétiques. Il est bien entendu possible d'utiliser des
acides en mélange.
[0043] A titre d'exemple, on peut citer les acides gras de tallol, d'huile de soja, de suif,
d'huile de lin, l'acide oléique, l'acide linoléique, l'acide stéarique et ses isomères,
l'acide pélargonique, l'acide caprique, l'acide laurique, l'acide myristique, l'acide
dodécylbenzènesulfonique, l'acide éthyl-2-hexanoïque, l'acide naphténique, l'acide
hexoïque.
[0044] A titre d'agent amphiphile préféré, on peut citer l'acide stéarique et ses isomères
comme par exemple un mélange d'acides ou des produits qui contiennent des distributions
en longueur de chaîne comme la Prisorine 3501 de Croda.
[0045] Cet agent amphiphile peut également être composé d'un ou plusieurs polyacides comme
les acides succiniques substitués par des groupements polybutényl. Ces polyacides
peuvent être utilisés seuls ou en combinaison avec un ou plusieurs acides monocarboxyliques
aliphatiques contenant entre 10 et 20 atomes de carbone en moyenne.
[0046] A titre d'exemple, on peut citer le mélange acide oléique avec un ou plusieurs acides
succiniques substitués par des groupements polybutényl, dans lesquels les groupements
polybutényl ont un poids moléculaire moyen (mesuré par chromatographie en phase gazeuse)
compris de 500 et 1300 et plus particulièrement entre 700 et 1000 g.mol
-1.
[0047] Selon une caractéristique de l'invention, les particules de la dispersion sont constituées
d'un composé du fer sous forme cristallisée.
[0048] Cette forme cristallisée, qui peut être obtenue par la mise en oeuvre des étapes
du procédé qui sera décrit plus loin, peut notamment être observée par la technique
de diffraction des rayons X (DRX) qui fait met en évidence des pics caractéristiques
d'au moins une structure cristallisée définie du fer.
[0049] Les objets solides de la dispersion sont sous forme de particules, ou d'agrégats
de particules, d'un composé du fer dont la composition correspond essentiellement
à un oxyde de fer sous forme cristallisée.
[0050] Les formes cristallisées de l'oxyde de fer constituant les particules sont les oxydes
de Fe(III) de type maghémite (γ-Fe
2O
3) et/ou des oxydes de Fe(ll) et Fe(III) de type magnétite (Fe
3O
4).
[0051] Le procédé précité permet généralement d'obtenir des particules à base d'oxyde de
Fe(III) de type maghémite et/ou d'oxyde de Fe(ll) et Fe(III) de type magnétite, la
magnétite pouvant ensuite s'oxyder en oxyde de Fe(III) de type maghémite par exemple
au contact de l'oxygène.
[0052] Selon une autre caractéristique de l'invention, la taille moyenne
DDRX mesurée par DRX des particules de la dispersion est inférieure ou égale à 7 nm, de
préférence inférieure ou égale à 6 nm, préférentiellement inférieure ou égale à 5
nm.
[0053] Généralement cette taille est d'au moins 4 nm.
[0054] Le caractère cristallisé des particules peut être notamment mis en évidence par analyse
de DRX. Le diagramme de DRX permet de définir deux caractéristiques de ces particules
:
- la nature de la phase cristalline : la position des pics de diffraction mesurés ainsi
que leur intensité relative sont caractéristiques de la phase magnétite ou maghémite,
la phase cristalline correspondant alors à la fiche ICDD 01-088-0315 ; et
- la taille moyenne DDRX de cristallites (ou domaines cristallisés) : cette taille est calculée à partir de
la largeur à mi hauteur du pic de diffraction du plan cristallographique (440) de
la maghémite/magnétite :

avec :
À : longueur d'onde = 1,54 Å,
k : facteur de forme égal à 0,89,
H : largeur totale à mi-hauteur de la raie considérée, exprimée en degrés,
s : largeur instrumentale à l'angle θ déterminée par analyse de LaB6 = 0,072°,
θ angle de diffraction (en radian) du pic de: diffraction (440) de la magnétite et/ou
maghémite = 0,547 rad.
[0055] L'analyse DRX peut être par exemple réalisée sur un appareil commercial de type X'Pert
PRO MPD PANalytical composé notamment d'un goniomètre θ-θ, permettant la caractérisation
d'échantillons liquides. L'échantillon reste horizontal pendant l'acquisition et ce
sont la source et le détecteur qui se déplacent.
[0056] Cette installation est pilotée par le logiciel X'Pert Datacollector fourni par le
constructeur et l'exploitation des diagrammes de diffraction obtenus peut être réalisée
à l'aide du logiciel X'Pert HighScore Plus version 2.0 ou supérieure (fournisseur
PANalytical).
[0057] Selon une autre caractéristique de l'invention, l'essentiel des particules, à savoir
au moins 80% en nombre, présentent une taille
DMET inférieure ou égale à 7 nm, plus particulièrement inférieure ou égale 6 nm.
[0058] Typiquement, au moins 90% et plus particulièrement au moins 95% des particules présentent
une taille
DMET inférieure ou égale aux valeurs précitées.
[0059] Cette taille
DMET peut être mise en évidence par analyse de la dispersion par microscopie électronique
à transmission (MET), utilisée dans un mode imagerie permettant de visualiser à fort
grossissement les particules et d'en mesurer leur taille.
[0060] De façon préférée et pour une meilleure précision de la mesure de la taille des particules,
on peut procéder selon le protocole suivant.
[0061] La dispersion est préalablement diluée par son solvant de façon à atteindre une teneur
massique en fer d'environ 0,035%. La dispersion ainsi diluée est alors disposée sur
une grille d'observation (comme une membrane polymère carbonée supportée sur une grille
de cuivre), et le solvant est évaporé.
[0062] On peut utiliser par exemple un microscope électronique à transmission donnant accès
à des grandissements allant jusque 800 000, la tension d'accélération étant choisie
de préférence égale à 120 kV.
[0063] Le principe de la méthode consiste à examiner sous microscope différentes régions
(environ 10) et à mesurer les dimensions de 250 particules, en considérant ces particules
comme des particules sphériques. Une particule est jugée comme identifiable lorsqu'au
moins la moitié de son périmètre peut être défini. La taille
DMET correspond alors au diamètre du cercle reproduisant correctement la circonférence
de la particule. L'identification des particules exploitables peut se faire à l'aide
d'un logiciel tel que : ImageJ, Adobe Photoshop ou Analysis.
[0064] On en déduit une répartition granulométrique cumulée des particules que l'on regroupe
en 40 classes granulométriques allant de 0 à 20 nm, la largeur de chaque classe étant
de 0,5 nm. Le nombre de particules dans chaque classe ou pour chaque
DMET est la donnée de base pour représenter la répartition granulométrique différentielle
en nombre.
[0065] Par ailleurs, les particules de la dispersion présentent une granulométrie fine telle
qu'observée par MET.
[0066] Elles possèdent un diamètre médian Φ
50 compris de préférence entre 2 nm et 6 nm, plus particulièrement entre 3 nm et 5 nm.
[0067] Le diamètre médian en nombre Φ
50 est le diamètre tel que 50% des particules comptées sur les clichés de MET ont un
diamètre plus petit que cette valeur, et 50% des particules comptées ont un diamètre
plus grand que cette valeur.
[0068] Les particules présentent généralement un indice de polydispersité P
n compris de 0,1 à 0,5.
[0069] Cet indice de polydispersité P
n est calculé à partir de la répartition granulométrique en nombre déterminée par MET
selon la formule suivante :

Φ
16 étant le diamètre pour lequel 16% des particules ont un diamètre inférieur à cette
valeur, et le Φ
84 étant le diamètre pour lequel 84% des particules ont un diamètre inférieur à cette
valeur.
[0070] Cette mesure reflète que les particules présentent une bonne monodispersité.
[0071] L'état de dispersion des objets solides peut être caractérisé par la diffusion dynamique
de la lumière (DDL), encore appelée diffusion quasi-élastique de lumière (DQEL), ou
encore de spectroscopie de corrélation de photons. Cette technique permet de mesurer
un diamètre hydrodynamique
Dh des objets solides dont la valeur est très fortement affectée par la présence d'agrégats
de particules.
[0072] De préférence, les objets solides présentent un diamètre hydrodynamique
Dh inférieur ou égal à 30 nm, de préférence inférieur ou égal à 20 nm, préférentiellement
inférieur ou égal à 16 nm, mesuré par diffusion dynamique de la lumière (DDL).
[0073] Le diamètre hydrodynamique
Dh des objets solides d'une dispersion peut être mesuré sur la dispersion, après dilution
de celle-ci par son solvant de façon à atteindre une concentration en fer comprise
de 1 à 4 g.L
-1.
[0074] On peut utiliser un appareil de diffusion de lumière de type ALV CGS 3 (Malvern)
muni d'un corrélateur ALV série 5000 et du logiciel ALV Correlator V3.0 ou supérieure.
Cet appareil utilise la méthode de traitement des données dite des « cumulants de
Koppel », ce qui permet d'accéder à la valeur du diamètre hydrodynamique
Dh.
[0075] Il est important de faire la mesure à la température (typiquement à 25°C) correspondant
aux valeurs de viscosité et d'indice de réfraction utilisées pour le solvant dans
le calcul du diamètre hydrodynamique et d'utiliser un angle de mesure fixé, typiquement
à 90°.
[0076] Il est également recommandé d'effectuer les préparations de la dilution ainsi que
les manipulations sous une hotte à flux laminaire pour éviter la contamination des
échantillons par des poussières et fausser la mesure.
[0077] On considère que les données expérimentales sont validées si l'intensité diffusée
est stable et si la fonction d'autocorrélation est dépourvue d'anomalies.
[0078] Enfin, l'intensité diffusée doit être comprise dans des limites définies pour chaque
appareil.
[0079] Cette caractéristique des objets de la dispersion contribue à sa stabilité. Le caractère
individualisé des particules augmente également la surface globale de contact disponible
entre celles-ci et les suies et contribue ainsi à l'amélioration de l'activité catalytique
de la dispersion.
[0080] Les dispersions peuvent en outre comprendre dans la phase organique des particules
d'un composé du fer sous forme amorphe, notamment des particules dont la taille est
supérieure ou égale à 4 nm.
[0081] Le caractère amorphe d'un composé du fer peut être mis en évidence par analyse de
DRX de ce composé, lorsque l'on n'observe aucun pic caractéristique d'aucune phase
cristalline du fer.
[0082] Les dispersions présentent une concentration massique en composé du fer qui peut
être d'au moins 2%, plus particulièrement d'au moins 5%, cette concentration étant
exprimée en masse de fer métal par rapport à la masse totale de la dispersion.
[0083] Cette concentration peut généralement aller jusqu'à 20%.
[0084] La teneur en fer peut être déterminée par toute technique connue de l'homme de l'art
comme par la mesure par spectroscopie de fluorescence X appliquée directement sur
la dispersion.
[0085] Les dispersions peuvent être préparées selon un procédé comportant les étapes suivantes
:
- a) mise en contact, en phase aqueuse, d'une base et d'un mélange comprenant un sel
de Fe(ll) et un sel de Fe(III), selon un rapport molaire Fe(II)/Fe(III) compris de
0,45 à 0,55, de préférence environ égal à 0,5, avantageusement égal à 0,5, en maintenant
le pH de la phase aqueuse à une valeur de pH supérieure à 11,5, ce par quoi on obtient
un précipité ; et
- b) mise en contact du précipité ainsi obtenu, éventuellement séparé de la phase aqueuse,
avec une phase organique à base d'un solvant, en présence d'un agent amphiphile, ce
par quoi on obtient la dispersion en phase organique.
[0086] Dans l'étape a) du procédé, on met en contact une base et un mélange comprenant un
sel de Fe(ll) et un sel de Fe(III), selon un rapport molaire Fe(II)/Fe(III) compris
de 0,45 à 0,55, de préférence environ égal à 0,5, avantageusement égal à 0,5, dans
une phase aqueuse, typiquement une solution aqueuse de la base et des sels de fer.
[0087] Comme base, on peut utiliser notamment des composés de type hydroxyde. On peut citer
les hydroxydes d'alcalins ou d'alcalino-terreux et l'ammoniaque. On peut aussi utiliser
les amines secondaires, tertiaires ou quaternaires.
[0088] Comme sel de fer on peut utiliser tout sel soluble dans l'eau. A titre de sel de
Fe(II), on peut mentionner le chlorure ferreux FeCl
2. A titre de sel de Fe(III), on peut mentionner le nitrate ferrique Fe(NO
3)
3.
[0089] Lors de l'étape a), la réaction ayant lieu entre le sel de Fe(II), le sel de Fe(III)
et la base se fait généralement dans des conditions telles que le pH du mélange réactionnel
formé reste supérieur ou égale à 11,5 lors de la mise en contact des sels de fer et
de la base dans le milieu réactionnel.
[0090] De préférence, lors de l'étape a), le pH du mélange réactionnel est maintenu à une
valeur supérieure ou égale à 12. Cette valeur de pH est typiquement comprise de 12
et 13.
[0091] La mise en contact des sels de fer et de la base en phase aqueuse peut se faire par
introduction d'une solution des sels de fer dans une solution contenant la base, dont
le pH est d'au moins 11,5. On peut aussi introduire les sels de fer et la base dans
une solution contenant des sels, à une concentration typiquement inférieure ou égale
à 3 mol.L
-1, comme par exemple du nitrate de sodium, et dont le pH est préalablement ajusté à
une valeur supérieure ou égale à 11,5. Il est possible de réaliser la mise en contact
en continu, la condition de pH étant réalisée en réglant les débits respectifs de
la solution des sels de fer et de la solution contenant la base.
[0092] Il est possible, de travailler dans des conditions telles que lors de la réaction
entre les sels de fer et la base on maintienne constant le pH de la phase aqueuse.
Par maintien constant du pH on entend une variation du pH de ± 0,2 unité de pH par
rapport à la valeur fixée. De telles conditions peuvent être obtenues en ajoutant
lors de la réaction entre les sels de fer et la base, par exemple lors de l'introduction
de la solution des sels de fer dans la solution de la base, une quantité supplémentaire
de base dans la phase aqueuse.
[0093] Les inventeurs ont observé que la taille des particules peut être modulée en fonction
du pH auquel est maintenue la phase aqueuse. Typiquement, et sans vouloir être lié
à une théorie particulière, la taille des particules est d'autant plus faible que
le pH de la phase aqueuse est élevé.
[0094] La réaction de l'étape a) est généralement effectuée à température ambiante. Cette
réaction peut avantageusement être réalisée sous atmosphère d'air ou d'azote ou d'un
mélange azote-air.
[0095] A l'issue de la réaction de l'étape a), on obtient un précipité. Il est éventuellement
possible de faire subir un mûrissement au précipité en le maintenant pendant un certain
temps, par exemple quelques heures, dans la phase aqueuse.
[0096] Selon une première variante avantageuse du procédé, le précipité n'est pas séparé
de la phase aqueuse à l'issue de l'étape a) et est laissé en suspension dans la phase
aqueuse de la réaction de l'étape a).
[0097] Selon une autre variante du procédé, le procédé comporte, après l'étape a) et avant
l'étape b), une étape a) de séparation du précipité formé à l'issue de l'étape a)
de la phase aqueuse.
[0098] Cette étape a) de séparation est effectuée par tout moyen connu.
[0099] Le précipité séparé peut ensuite être lavé par de l'eau par exemple. De préférence,
le précipité n'est soumis à aucune étape de séchage ou de lyophilisation ou toute
opération de ce type.
[0100] Le précipité peut éventuellement être remis en suspension dans une seconde phase
aqueuse.
[0101] Pour obtenir une dispersion en phase organique, lors de l'étape b), on met en contact
le précipité obtenu à l'issue de l'étape a), qu'il soit séparé de la phase aqueuse
ou non, avec la phase organique dans laquelle on souhaite obtenir la dispersion.
[0102] Cette phase organique est du type de celle qui a été décrite plus haut.
[0103] La mise en contact de l'étape b) se fait en présence de l'agent amphiphile précité,
éventuellement après neutralisation de la suspension obtenue à l'issue de l'étape
a).
[0104] De préférence, le rapport molaire entre le nombre de moles d'agent amphiphile et
le nombre de moles de fer est compris de 0,2 à 1, préférentiellement comprise de 0,2
à 0,8.
[0105] La quantité de phase organique à incorporer est ajustée de manière à obtenir une
concentration en oxyde telle que mentionnée plus haut.
[0106] L'ordre de l'introduction lors de l'étape b) des différents éléments de la dispersion
est indifférent.
[0107] On peut mettre en contact simultanément le précipité obtenu, l'agent amphiphile,
et la phase organique.
[0108] On peut également faire le prémélange de l'agent amphiphile et de la phase organique.
[0109] La mise en contact entre le précipité et la phase organique peut se faire dans un
réacteur qui est sous une atmosphère d'air, d'azote, ou un mélange d'air-azote.
[0110] Bien que la mise en contact entre le précipité et la phase organique puisse se faire
à température ambiante, environ 20°C, il est préférable d'opérer à une température
choisie dans un intervalle allant de 30 °C à 150 °C, avantageusement entre 40 °C et
100°C.
[0111] Dans certains cas, en raison de la volatilité de la phase organique, il y a lieu
de condenser ses vapeurs par refroidissement à une température inférieure à son point
d'ébullition.
[0112] Le mélange réactionnel résultant du précipité, de la phase organique et de l'agent
amphiphile est maintenu sous agitation pendant toute la durée du chauffage.
[0113] Dans le cas de la première variante où le précipité n'a pas été séparé de la phase
aqueuse à l'issue de l'étape a), lorsque l'on arrête le chauffage, on note la présence
de deux nouvelles phases : une phase organique contenant la dispersion de particules,
et une phase aqueuse résiduelle. On sépare ensuite la phase organique contenant la
dispersion de particules et la phase aqueuse résiduelle selon les techniques classiques
de séparation, comme par exemple la décantation ou la centrifugation.
[0114] Quelle que soit la variante du procédé, on obtient à l'issue de l'étape b) des dispersions
organiques présentant les caractéristiques précitées.
[0115] Les dispersions peuvent être utilisées comme additif de carburant pour moteurs à
combustion interne, plus particulièrement comme additif des gazoles pour moteur diesel
ou comme additifs des essences pour certains moteurs à essence émettant des suies
ou des particules carbonées, et par exemple comme additifs de biocarburants.
[0116] Elles peuvent plus généralement être utilisées comme additifs de combustion dans
les combustibles ou carburants liquides des générateurs énergétiques tels que moteurs
à combustion interne (moteurs à explosion), groupes électrogènes, brûleurs à mazout,
ou propulseurs à réaction.
[0117] Les carburants additivés peuvent être utilisés en association avec un FAP ne contenant
pas de catalyseur, ou bien avec un FAP contenant un catalyseur, comme un CSF.
[0118] La nature du catalyseur composant le CSF peut être de tout type notamment à base
de métaux précieux comme le platine ou le palladium associé à différents matériaux
support ou liant comme l'alumine. Des matériaux réductibles comme les oxydes à base
de terres rares, comme l'oxyde de cérium ou les oxydes à base de manganèse peuvent
être également associés.
[0119] Les dispersions organiques ont la particularité, une fois additivées au carburant,
de ne pas réduire de façon conséquente la stabilité dudit carburant, en particulier
lorsque celui-ci contient des fractions peu stables comme des fractions de biocarburants
comme les esters méthyliques d'huiles végétales. La stabilité du carburant peut se
mesurer au travers de sa résistance à l'oxydation.
[0120] Pour cela plusieurs types de test sont connus de la profession. On peut citer le
test basé sur la norme NF EN 15751 (Carburants pour automobiles - Esters méthyliques
d'acides gras (EMAG) et mélanges avec gazole - Détermination de la stabilité à l'oxydation
par méthode d'oxydation accélérée) consistant à oxyder le carburant chauffé par un
bullage d'air. Les vapeurs produites durant le processus d'oxydation sont condensées
dans de l'eau. Une augmentation de la conductivité électrique de cette eau traduit
une solubilisation de composés acides volatiles formés lors du processus d'oxydation
du carburant et par là son oxydation. On parle alors de temps de d'induction, temps
représentant la durée de chauffage nécessaire pour voir apparaître une augmentation
rapide de la conductivité électrique. Plus ce temps d'induction est élevée, plus le
carburant résiste à l'oxydation. Ce test est aussi appelé test RANCIMAT.
[0121] Il a été observé que les dispersions sont stables, compatibles avec les carburants,
notamment biocarburants, efficaces pour régénérer les FAP à bas dosage et basse température
et présentent un très bon compromis entre compatibilité carburant, notamment le maintien
de bonnes propriétés de résistance à l'oxydation du (bio)carburant, et efficacité
pour régénérer le FAP.
[0122] Les dispersions, ou Fuel Borne Catalyst (FBC), peuvent être additivées aux carburants
selon tout moyen connu de l'homme de l'art, aussi bien par un dispositif de vectorisation
embarqué sur le véhicule mais aussi additivé directement dans le carburant avant que
celui-ci ne soit introduit sur le véhicule. Ce dernier cas peut être avantageusement
utilisé dans le cas de flottes de véhicules équipés de FAP et disposant de leur propre
station service pour refaire les pleins de carburant.
[0123] Les dispositifs embarqués sur le véhicule peuvent notamment être des dispositifs
comprenant un réservoir, permettant d'embarquer un volume de la dispersion selon l'invention
et permettant de couvrir une certaine autonomie, ainsi qu'un moyen de vectorisation
de la dispersion vers le carburant comme une pompe doseuse injectant une quantité
définie de la dispersion dans le réservoir à carburant du véhicule et un outil de
pilotage du moyen de vectorisation.
[0124] Le moteur peut être alimenté en continu par un carburant additivé en FBC, la concentration
pouvant être stable ou variable dans le temps. Le moteur peut aussi être alimenté
alternativement par un carburant additivé et non-additivé. La quantité de FBC à ajouter
au carburant peut varier grandement en fonction de différents paramètres comme les
caractéristiques du moteur et de ses équipements, ses émissions polluantes, notamment
la quantité de suies émises, l'architecture de la ligne d'échappement et de dépollution,
notamment l'utilisation d'un FAP ou d'un CSF contenant un catalyseur et sa promixité
du collecteur du moteur, les moyens permettant d'augmenter la température pour déclencher
la régénération ou encore la zone géographique dans laquelle le véhicule circulera,
cette dernière définissant la qualité du carburant qu'utilisera le véhicule.
[0125] Le FBC peut aussi être injecté dans la ligne d'échappement en amont du FAP, de préférence
par un moyen permettant de disperser au final les particules dans le lit de suies.
Ce cas est particulièrement adapté au cas où la régénération du FAP se fait par injection
directe de carburant dans la ligne d'échappement en amont du FAP, que ce carburant
soit brûlé sur un catalyseur d'oxydation en amont du FAP ou bien par un brûleur ou
par tout autre moyen.
[0126] Les carburants appropriés à la préparation d'un carburant additivé comprennent notamment
les carburants disponibles dans le commerce et, dans certains modes de réalisation,
tous les carburants gazoles et/ou biocarburants disponibles dans le commerce.
[0127] De préférence, le carburant compris dans le carburant additivé est choisi parmi le
groupe constitué des gazoles et des biocarburants.
[0128] Les carburants gazoles peuvent aussi être appelés carburants diesels.
[0129] Les biocarburants sont également appelés biofuels.
[0130] Les carburants appropriés à la mise en oeuvre de la présente invention ne sont pas
trop limités, et sont généralement liquides à température ambiante, par exemple de
20 à 30 °C.
[0131] Le carburant liquide peut être un carburant de type hydrocarbure, un carburant de
type autre qu'un hydrocarbure, ou un de leurs mélanges.
[0132] Le carburant de type hydrocarbure peut être un distillat pétrolier, notamment une
essence selon la définition donnée par la norme ASTM D4814, ou un carburant gazole,
selon la définition donnée par la norme ASTM D975 ou la norme européenne EN590+A1.
[0133] Dans un mode de réalisation, le carburant liquide est une essence, et dans un autre
mode de réalisation le carburant liquide est une essence sans plomb.
[0134] Dans un autre mode de réalisation, le carburant liquide est un carburant gazole.
[0135] Le carburant de type hydrocarbure peut être un hydrocarbure préparé par un procédé
de transformation d'un gaz en liquide pour inclure, par exemple, des hydrocarbures
préparés par un procédé tel que le procédé de Fischer-Tropsch.
[0136] Dans certains modes de réalisation, le carburant mis en oeuvre dans la présente invention
est un carburant gazole, un biocarburant gazole, ou des combinaisons de ceux-ci.
[0137] Le carburant de type autre qu'un hydrocarbure peut être une composition contenant
des atomes d'oxygène, que l'on appelle souvent un produit d'oxygénation, qui comprend
un alcool, un éther, une cétone, un ester d'un acide carboxylique, un nitroalcane,
ou un de leurs mélanges. Le carburant de type autre qu'un hydrocarbure peut comprendre
par exemple du méthanol, de l'éthanol, du méthyl-t-butyléther, de la méthyléthylcétone,
des huiles et/ou des graisses trans-estérifiées d'origine végétale ou animale comme
l'ester méthylique de colza et l'ester méthylique de soja, et le nitrométhane.
[0138] Les mélanges de carburants de type hydrocarbure et de type autre qu'un hydrocarbure
peuvent comprendre, par exemple, de l'essence et du méthanol et/ou de l'éthanol, du
carburant gazole et de l'éthanol, et du carburant gazole et une huile végétale trans-estérifiée
comme l'ester méthylique de colza et d'autres carburants bio-dérivés.
[0139] Dans un mode de réalisation, le carburant liquide est une émulsion d'eau dans un
carburant de type hydrocarbure, un carburant de type autre qu'un hydrocarbure, ou
un de leurs mélanges.
[0140] Le carburant liquide peut avoir une teneur en soufre, sur une base pondérale, qui
est de 5 000 ppm ou moins, de 1 000 ppm ou moins, de 300 ppm ou moins, de 200 ppm
ou moins, de 30 ppm ou moins, ou de 10 ppm ou moins.
[0141] Le carburant liquide est présent dans un carburant additivé en quantité prépondérante,
c'est-à-dire généralement supérieure à 95% en poids, et dans d'autres modes de réalisation
il est présent en quantité supérieure à 97% en poids, supérieure à 99,5% en poids,
ou supérieure à 99,9% en poids.
[0142] Les carburants appropriés dans le cadre de la présente invention comprennent éventuellement
un ou plusieurs additifs de performance supplémentaires, des solvants ou des diluants.
Ces additifs de performance peuvent être de tout type et permettent par exemple l'amélioration
de la distribution du carburant dans le moteur et/ou l'amélioration des performances
du fonctionnement du moteur et/ou l'amélioration de la stabilité du fonctionnement
du moteur.
[0143] On peut citer à titre d'exemple sans être limitatif les antioxydants comme le phénol
stériquement encombré, les additifs détergents et/ou dispersants comme les détergents
azotés ou les succinimides ou encore les agents améliorant l'écoulement à froid tel
qu'un copolymère d'anhydride maléique et de styrène estérifié.
[0144] Selon une caractéristique avantageuse des carburants additivés, la teneur en fer,
exprimée sous la forme de ppm poids en fer métal par rapport au poids total du carburant,
est comprise de 1 à 30 ppm, et de préférence de 2 à 20 ppm en fer métal.
[0145] Des exemples vont maintenant être donnés.
EXEMPLES
Exemple 1 : Préparation d'une dispersion de particules de fer sous forme cristallisée (conforme
à l'invention)
Préparation de la solution de précurseurs de fer
[0146] Un litre de solution est préparé de la manière suivante : 576 g de Fe(NO
3)
3 sont mélangés avec 99,4 g de FeCl
2, 4 H
2O. Le mélange est complété avec de l'eau distillée pour obtenir un litre de solution.
La concentration finale de cette solution de précurseurs de fer est de 1,5 mol.L
-1 en Fe.
Préparation de la solution de soude
[0147] Une solution de NaOH à 6 mol.L
-1 est préparée de la manière suivante : 240 g de pastilles de soude sont dilués dans
de l'eau distillée pour obtenir un litre de solution.
[0148] Dans un réacteur d'un litre équipé d'un système d'agitation, un pied de cuve composé
de 400 mL de solution de nitrate de sodium NaNO
3 à 3 mol.L
-1 est introduit. Le pH de la solution est ajusté à 13 à l'aide de quelques gouttes
de soude à 6 mol/L. La formation du précipité se fait par ajout simultané de la solution
de précurseurs de fer et de la solution de soude préparées précédemment. Les débits
d'introduction de ces deux réactifs sont ajustés de sorte que le pH soit maintenu
constant et égal à 13 à température ambiante.
[0149] 823,8 g de la solution obtenue par précipitation (soit 21,75 g d'un équivalent Fe
2O
3 ou encore 0,27 mol de Fe) préalablement neutralisée sont redispersés dans une solution
contenant 24,1 g d'acide isostéarique (Prisorine 3501, coupe fournie par Croda) et
106,4 g d'Isopar L. La suspension est introduite dans un réacteur double enveloppe
équipé d'un bain thermostaté et muni d'un agitateur. L'ensemble réactionnel est porté
à 90°C pendant 4h.
[0150] Après refroidissement, on transfère le mélange dans une éprouvette. On observe une
démixtion et on recueille une phase aqueuse de 500 mL et une phase organique de 100
mL. Cette dispersion organique possède une teneur massique en fer de 10%, exprimée
en masse de fer métal par rapport à la masse totale de la dispersion recueillie. Le
produit obtenu est stable pendant au moins un mois de stockage à température ambiante,
aucune décantation n'étant observée.
Exemple comparatif 2 : Préparation d'une dispersion de particules de fer sous forme cristallisée (non
conforme à l'invention)
[0151] On suit le même protocole que celui de l'Exemple 1, à ceci près que, avant l'introduction
des réactifs dans le pied de cuve, le pH de la solution de nitrate de sodium est ajusté
à 11 et que, lors de la formation du précipité, les débits d'introduction de la solution
de précurseurs de fer et de la solution de soude sont ajustés de sorte que le pH soit
maintenu constant et égal à 11 à température ambiante.
Exemple comparatif 3 : Préparation d'une dispersion de particules de fer sous forme amorphe
Préparation d'une solution d'acétate de fer
[0152] 412,2 g de Fe(NO
3)
3, 5H
2O à 98% sont introduits dans un bêcher et on y ajoute de l'eau distillée jusqu'à un
volume de 2 litres. La solution est à 0,5M en Fe. On additionne goutte à goutte sous
agitation et à température ambiante, 650 ml d'ammoniaque à 10% pour atteindre un pH
de 7.
[0153] On centrifuge le mélange pendant 10 minutes à 4500 t/min puis on élimine les eaux
mères. Le solide est remis en suspension dans de l'eau distillée à un volume total
de 2650 mL. On agite le mélange pendant 10 min, puis on centrifuge pendant 10 min
à 4500 t/min. On élimine les eaux mères et le solide est remis en suspension dans
de l'eau distillée à un volume total de 2650 mL. On laisse 30 min sous agitation.
On additionne alors 206 mL d'acide acétique concentré. On laisse une nuit sous agitation.
La solution d'acétate de fer obtenue est limpide.
[0154] La formation du précipité est ensuite réalisée dans un montage en continu comprenant
:
- un réacteur d'un litre équipé d'un agitateur à pales avec un pied de cuve initial
constitué de 500 mL d'eau distillée, ce volume réactionnel étant conservé constant
à l'aide d'une surverse; et
- deux flacons d'alimentation contenant d'une part la solution d'acétate de fer précédemment
préparée et d'autre part, une solution d'ammoniaque à 10%.
[0155] On additionne la solution d'acétate de fer et la solution d'ammoniaque à 10%. Les
débits des deux solutions sont fixés de telle manière que le pH soit maintenu constant
et égal à 8.
[0156] Le précipité obtenu est séparé des eaux mères par centrifugation à 4500 t/min durant
10 min. 95,5 g d'hydrate sont recueillis à 21,5 % d'extrait sec (soit 20,0 g équivalent
de Fe
2O
3 ou 0,25 mol en Fe) puis sont redispersés dans une solution contenant 39,2 g d'acide
isostéarique et 80,8 g d'Isopar L. La suspension est introduite dans un réacteur double
enveloppe équipé d'un bain thermostaté et muni d'un agitateur. L'ensemble réactionnel
est porté à 90 °C pendant 5h30.
[0157] Après refroidissement, on transfère dans une éprouvette. On observe une démixtion
et on recueille une phase aqueuse de 50 mL et une phase organique de 220 mL. La dispersion
organique recueillie possède une teneur massique en fer de 10%, exprimée en masse
de fer métal par rapport à la masse totale de la dispersion recueillie.
Exemple 4 : Caractérisation des dispersions de particules de fer
Exemple 4.1 : Diffraction des rayons X (DRX)
[0158] L'analyse par DRX a été réalisée selon les indications données dans la description.
[0159] On constate que les pics des diffractogrammes de la dispersion de l'Exemple 1 et
de la dispersion de l'Exemple 2 correspondent bien aux pics de diffraction DRX caractéristiques
de la phase cristallisée magnétite et/ou maghémite (fiche ICDD 01-088-0315).
[0160] Le diffractogramme de la dispersion de l'Exemple 3 ne présente aucun pic de DRX significatif,
ce qui permet de conclure que la phase de fer est sous forme amorphe.
[0161] Le calcul de la taille de cristallite suivant la méthode présentée précédemment conduit
à des tailles de cristallites respectivement de 4 nm pour l'Exemple 1 conforme et
9 nm pour l'Exemple 2 non conforme.
Exemple 4.2 : Microscopie électronique en transmission (MET)
[0162] L'analyse par MET a été réalisée selon les indications données dans la description.
[0163] Les caractéristiques issues de ce comptage en MET : pourcentage de particules inférieures
à 7 nm, Φ
50, indice de polydispersité P
n sont reportées dans le Tableau 1.
Tableau 1
| |
% de particules < 7 nm |
Φ50 (nm) |
Pn |
| Exemple 1 |
95% |
3,8 nm |
0,35 |
| Exemple 2 |
72% |
5,7 nm |
0,35 |
| Exemple 3 |
98% |
3,5 nm |
0,22 |
Exemple 4.3 : Diffusion dynamique de la lumière (DDL)
[0164] L'analyse par DDL a été réalisée selon les indications données dans la description.
[0165] Les diamètres hydrodynamiques moyens
Dh en intensité sont reportés dans le Tableau 2.
Tableau 2
| |
Dh |
| Exemple 1 |
11,6 |
| Exemple 2 |
22 |
| Exemple 3 |
13,5 |
Exemple 5 : Compatibilité des dispersions de particules de fer avec les carburants gazole
[0166] Un carburant additivé est préparé afin de mesurer la compatibilité des dispersions
selon l'invention avec ledit carburant.
[0167] Pour cela, on additionne au carburant une certaine quantité de dispersion afin d'atteindre
une concentration massique de 7 ppm en fer métal dans le carburant. Le carburant utilisé
ici est un carburant contenant approximativement 11% massique de biocarburant (ester
méthylique d'acide gras ou EMAG) (Tableau 3).
Tableau 3: Caractéristiques principales du carburant B10
| Carburant |
|
B10 |
| composition |
|
|
| Aromatique |
% masse |
24 |
| Poly-aromatique |
% masse |
4 |
| EMAG |
% volume/volume |
10,8 |
| Soufre |
mg/kg |
5 |
| Résidu de carbone (sur le résidu 1 0% de distillation) |
% masse/ % masse |
< 0,2 |
| Cuivre |
mg/kg |
0 |
| Zinc |
mg/kg |
0 |
[0168] Le test est basé sur la norme NF EN 15751 (Carburants pour automobiles - Esters méthyliques
d'acides gras (EMAG) et mélanges avec gazole - Détermination de la stabilité à l'oxydation
par méthode d'oxydation accélérée).
[0169] Pour ce test, un flux d'air sec (10 L/h) bulle dans 7,5 g du carburant chauffé à
110°C. Les vapeurs produites durant le processus d'oxydation sont entrainées par l'air
dans une cellule contenant de l'eau déminéralisée et une électrode mesurant la conductivité
de l'eau. Cette électrode est connectée à un système de mesure et d'enregistrement.
Ce système indique la fin de la période d'induction lorsque la conductivité de l'eau
augmente rapidement. Cette augmentation rapide de la conductivité est causée par la
solubilisation dans l'eau des acides carboxyliques volatiles formés lors du processus
d'oxydation du carburant.
[0170] Le Tableau 4 montre que la dégradation du carburant est très faible lorsqu'une dispersion
de particules de fer sous forme cristallisée est utilisée, des temps d'induction proche
de 33 à 35h sont mesurés pour un carburant additivé de la dispersion de l'Exemple
1 (particules sous forme cristallisée, taille de 4 nm), et pour un carburant additivé
de la dispersion de l'Exemple 2 (particules sous forme cristallisée, taille de 9 nm).
[0171] A l'inverse, le temps d'induction d'un carburant additivé de la dispersion de l'Exemple
3 (particules sous forme amorphe) conduit à une dégradation supérieure, le temps d'induction
dans ces conditions chutant à 19,8 h.
Tableau 4 : Temps d'induction
| |
Temps d'induction (h) |
| Carburant additivé de la dispersion de l'Exemple 1 |
33,5 |
| Carburant additivé de la dispersion de l'Exemple 2 |
35,6 |
| Carburant additivé de la dispersion de l'Exemple 3 |
19,8 |
Exemple 6 : Test moteur de régénération d'un Filtre à Particules
[0172] L'efficacité des dispersions décrites dans les exemples précédents pour régénérer
un filtre à particules (FAP) a été mesurée au travers d'essais moteur de régénération
de FAP. Pour cela un moteur diesel fourni par le groupe Volkswagen (4 cylindres, 2
litres, turbocompresseur avec refroidissement d'air, 81 kW) a été utilisé sur un banc
d'essai moteur.
[0173] La ligne d'échappement montée en aval est une ligne commerciale composée d'un catalyseur
d'oxydation contenant un washcoat à base de platine et d'alumine suivi d'un FAP en
carbure de silicium (FAP : volume total 2,52 L, diamètre 5,66 pouces, longueur 5,87
pouces).
[0174] Le carburant utilisé est un carburant commercial répondant à la norme EN590 DIN 51628
contenant moins de 10 ppm de soufre et contenant 7% en volume d'EMAG.
Pour ces tests, le carburant est additivé des différentes dispersions des Exemples
1, 2 et 3. La teneur ajoutée est ajustée de façon à ajouter dans le carburant une
quantité de dispersion correspondant à 5 ppm poids (Exemples 1 et 3) ou 7 ppm poids
(Exemple 2) de fer exprimé sous la forme de fer métal par rapport à la masse totale
de carburant. A titre de comparaison un quatrième test a été conduit avec le même
carburant mais non additivé de dispersion.
[0175] Le test est réalisé en deux étapes successives : une étape de chargement du FAP,
suivie d'une étape de régénération de celui-ci. Les conditions de ces deux étapes
sont rigoureusement identiques pour les quatre tests, mis à part le carburant utilisé
(additivé ou non).
[0176] La phase de chargement est effectuée en opérant le moteur à un régime de 3000 tours/min
(trm) et en utilisant un couple de 45 Nm pendant approximativement 6 heures. Cette
phase de chargement est stoppée quand 12 g de phase particulaire sont chargés dans
le FAP. Pendant cette phase la température des gaz en amont du FAP est de 230 à 235°C.
Dans ces conditions les émissions de particules sont d'environ 2 g/h.
Après cette phase de chargement, le FAP est démonté et pesé afin de contrôler la masse
de particules chargées pendant cette phase (quantité de phase particulaire dans le
FAP après chargement du Tableau 5).
[0177] Le FAP est ensuite remonté sur le banc et réchauffé par le moteur qui est remis 30
minutes dans les conditions de fonctionnement du chargement (3000 trm / 45 Nm).
[0178] Les conditions du moteur sont ensuite modifiées (couple 80 Nm / 2000 trm) et une
post-injection est demandée à l'unité électronique centrale du moteur (ECU), ce qui
permet de monter la température en amont du FAP à 450°C et de démarrer la régénération
du FAP. Ces conditions sont maintenues pendant 35 minutes (2100 secondes), ce temps
étant décompté à partir du démarrage de la post-injection.
[0179] L'efficacité de régénération du FAP est mesurée au travers de deux paramètres:
- le % suies brûlées, qui correspond au taux de combustion des suies calculé à chaque
instant t en fonction de la réduction de la perte de charge ΔP(t) :

100% de suies brûlées correspondant à la stabilisation de la perte de charge au niveau
le plus bas observé dans ces conditions avec un FAP ne contenant pas de suies. Dans
le cas des tests conduits avec le carburant additivé, la perte de charge se stabilise
avant la fin du test de régénération ce qui permet de calculer ce critère. Dans le
cas du test avec le carburant non additivé, la perte de charge reste élevée et non
stabilisée ce qui ne permet pas de calculer ce critère.
- la masse de particules brûlées pendant la régénération, calculée à partir des pesées
du FAP avant chargement, après chargement et en fin de régénération.
[0180] De manière générale, plus ces paramètres sont élevés, plus la régénération est efficace.
[0181] Les résultats sont regroupés dans le Tableau 5.
Tableau 5
| Présence d'un additif dans le carburant |
aucun |
Ex. 1 |
Ex. 2 |
Ex. 3 |
| Teneur en fer dans le carburant (Fe ppm poids) |
0 |
5 |
7 |
5 |
| Quantité de phase particulaire dans le FAP après chargement (g) |
12,2 |
12,0 |
12,4 |
12,1 |
| Quantité de Fer dans le FAP résultant de l'additif (g)* |
0 |
0,12 |
0,18 |
0,13 |
| Particules brûlées pendant la régénération (35 minutes) (g) |
2,2 |
11,5 |
12,0 |
11,4 |
| Particules brûlées pendant la régénération (35 minutes) (%) |
18 |
96 |
97 |
94 |
| Perte de Charge en début de régénération (mbars) |
87,1 |
85,9 |
82,1 |
86,9 |
| Perte de Charge au bout de 35 minutes à 450°C (mbars) |
65,6 |
30,3 |
30,4 |
31,0 |
| % suies brûlées après 5 minutes de régénération |
- |
45,9 |
43,4 |
45,5 |
| % suies brûlées après 10 minutes de régénération |
- |
83,7 |
82,8 |
83,1 |
| % suies brûlées après 15 minutes de régénération |
- |
95,0 |
95,3 |
96,0 |
| % suies brûlées après 20 minutes de régénération |
- |
98,1 |
98,7 |
99,1 |
| % suies brûlées après 35 minutes de régénération |
- |
100 |
100 |
100 |
| calcule considérant un chargement du FAP pendant 6 heures avec une consommation de
carburant de 4 kg/h |
[0182] On constate que la présence d'un additif dans le carburant permet d'obtenir la régénération
du FAP à 450°C puisque 94 à 97% des suies sont brûlés au bout de 35 minutes à 450°C
alors qu'en absence d'additif seuls 18% des suies sont brûlés. Il en est de même si
l'on observe la perte de charge sur le FAP qui est plus largement réduite en présence
d'additif : elle chute dans les deux cas d'environ 85 mbars à environ 30 mbars alors
que sans additif la perte de charge au bout de 35 minutes à 450°C reste supérieure
à 65 mbars traduisant une régénération non complète.
[0183] Lorsque l'on compare les dispersions, on constate que la dispersion de l'Exemple
1 (dispersion de particules cristallisées de 4 nm) conduit à une cinétique de régénération
voisine de celle de l'Exemple 3 (dispersion de particules amorphes) et ceci pour un
faible dosage correspondant à 5 ppm poids de Fer. A l'opposé pour avoir la même cinétique
avec la dispersion de l'Exemple 2 (dispersion de particules cristallisées de 9 nm),
il faut augmenter la quantité additivée et atteindre l'équivalent de 7 ppm poids de
Fer métal dans le carburant ce qui démontre la plus faible efficacité des dispersions
de particules cristallisées de grande taille.
[0184] L'ensemble des Exemples illustre que les dispersions de particules cristallisées
de magnétite et/ou maghémite de petite taille (ici 4 nm) peuvent être très efficaces
à bas dosage tout en ne dégradant pas de façon notable le carburant.