Domaine de l'invention
[0001] L'invention concerne les produits en alliages aluminium-cuivre-lithium, plus particulièrement,
de tels produits, leurs procédés de fabrication et d'utilisation, destinés en particulier
à la construction aéronautique et aérospatiale.
Etat de la technique
[0002] Des produits laminés en alliage d'aluminium sont développés pour produire des pièces
de haute résistance destinées notamment à l'industrie aéronautique et à l'industrie
aérospatiale.
[0003] Les alliages d'aluminium contenant du lithium sont très intéressants à cet égard,
car le lithium peut réduire la densité de l'aluminium de 3 % et augmenter le module
d'élasticité de 6 % pour chaque pourcent en poids de lithium ajouté. Pour que ces
alliages soient sélectionnés dans les avions, leur performance par rapport aux autres
propriétés d'usage doit atteindre celle des alliages couramment utilisés, en particulier
en terme de compromis entre les propriétés de résistance mécanique statique (limite
d'élasticité en traction et en compression, résistance à la rupture) et les propriétés
de tolérance aux dommages (ténacité, résistance à la propagation des fissures en fatigue),
ces propriétés étant en général antinomiques. Pour certaines pièces telles que les
extrados de voilure la limite d'élasticité en compression est une propriété essentielle.
Ces propriétés mécaniques doivent de plus être de préférence stables dans le temps
et présenter une bonne stabilité thermique, c'est à dire ne pas être significativement
modifiées par un vieillissement à température d'utilisation.
[0004] Ces alliages doivent également présenter une résistance à la corrosion suffisante,
pouvoir être mis en forme selon les procédés habituels et présenter de faibles contraintes
résiduelles de façon à pouvoir être usinés de façon intégrale.
[0005] Le brevet
US 5,032,359 décrit une vaste famille d'alliages aluminium-cuivre-lithium dans lesquels l'addition
de magnésium et d'argent, en particulier entre 0,3 et 0,5 pourcent en poids, permet
d'augmenter la résistance mécanique.
[0006] Le brevet
US 5,455,003 décrit un procédé de fabrication d'alliages Al-Cu-Li qui présentent une résistance
mécanique et une ténacité améliorés à température cryogénique, en particulier grâce
à un écrouissage et un revenu appropriés. Ce brevet recommande en particulier la composition,
en pourcentage en poids, Cu = 3,0 - 4,5, Li = 0,7 - 1,1, Ag = 0 - 0,6, Mg = 0,3-0,6
et Zn = 0 - 0,75.
[0007] Le brevet
US 7,438,772 décrit des alliages comprenant, en pourcentage en poids, Cu : 3-5, Mg : 0,5-2, Li
: 0,01-0,9 et décourage l'utilisation de teneur en lithium plus élevées en raison
d'une dégradation du compromis entre ténacité et résistance mécanique.
[0008] Le brevet
US 7,229,509 décrit un alliage comprenant (% en poids) : (2,5-5,5) Cu, (0,1-2,5) Li, (0,2-1,0)
Mg, (0,2-0,8) Ag, (0,2-0,8) Mn, 0,4 max Zr ou d'autres agents affinant le grain tels
que Cr, Ti, Hf, Sc, V.
[0009] La demande de brevet
US 2009/142222 A1 décrit des alliages comprenant (en % en poids), 3,4 à 4,2% de Cu, 0,9 à 1,4 % de
Li, 0,3 à 0,7 % de Ag, 0,1 à 0,6% de Mg, 0,2 à 0,8 % de Zn, 0,1 à 0,6 % de Mn et 0,01
à 0,6 % d'au moins un élément pour le contrôle de la structure granulaire. Cette demande
décrit également un procédé de fabrication de produits filés.
[0010] Il existe un besoin pour des produits laminés en alliage aluminium-cuivre-lithium
présentant des propriétés améliorées par rapport à celles des produits connus, en
particulier en termes de compromis entre les propriétés de résistance mécanique statique,
en particulier la limite d'élasticité en traction et en compression et les propriétés
de tolérance aux dommages, en particulier la ténacité, de stabilité thermique, de
résistance à la corrosion et d'aptitude à l'usinage, tout en ayant une faible densité.
De plus il existe un besoin pour un procédé de fabrication de ces produits fiable
et économique.
Objet de l'invention
[0011] Un premier objet de l'invention est un procédé de fabrication d'un produit laminé
à base d'alliage d'aluminium dans lequel, successivement,
- a) on élabore un bain de métal liquide à base d'aluminium comprenant 4,2 à 4,6 % en
poids de Cu, 0,85 à 0,95 % en poids de Li, 0,50 à 0,70 % en poids de Mg, 0,05 à 0,18
% en poids de Zr, 0,05 à 0,5 % en poids d'Ag, 0,0 à 0,5% en poids de Mn, au plus 0,20
% en poids de Fe + Si, moins de 0,20 % en poids de Zn, au moins un élément choisi
parmi Cr, Sc, Hf et Ti, la quantité dudit élément, s'il est choisi, étant de 0,05
à 0,3 % en poids pour Cr et pour Sc, 0,05 à 0,5 % en poids pour Hf et de 0,01 à 0,15
% en poids pour Ti, les autres éléments au plus 0,05% en poids chacun et 0,15% en
poids au total, le reste aluminium ;
- b) on coule une plaque de laminage à partir dudit bain de métal liquide ;
- c) on homogénéise ladite plaque de laminage de façon à atteindre une température comprise
entre 450°C et 550° et de préférence entre 480 °C et 530°C pendant une durée comprise
entre 5 et 60 heures ;
- d) on lamine à chaud ladite plaque de laminage en une tôle jusqu'à une épaisseur comprise
entre 8 et 50 mm en maintenant la température supérieure à 400 °C et de préférence
supérieure à 420 °C,
- e) on met en solution ladite tôle entre 490 et 530 °C pendant 15 min à 8 h et on trempe
ledit produit ;
- f) on tractionne de façon contrôlée ladite tôle avec une déformation permanente de
2 à 3,0 % et préférentiellement de 2,0 à 3,0 %,
- g) on réalise un revenu dans lequel ladite tôle atteint une température comprise entre
130 et 170°C et de préférence entre 150 et 160°C pendant 5 à 100 heures et de préférence
de 10 à 70h,
étant entendu qu'on ne réalise pas de déformation à froid significative de ladite
tôle, notamment par laminage à froid, entre le laminage à chaud d) et la mise en solution
e).
[0012] Un deuxième objet de l'invention est un produit laminé d'épaisseur comprise entre
8 et 50 mm et de structure granulaire essentiellement non-recristallisée susceptible
d'être obtenu par le procédé selon l'invention ayant à mi-épaisseur au moins une des
combinaisons de caractéristiques suivantes :
- (i) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en traction
Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 28 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 32 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥ 73 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 79 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,
- (ii) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 640 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 640 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 650 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 30 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥63 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 69 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,,
- (iii) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 610 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 620 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 22 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m,
- (iv) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 580 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 590 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m.
[0013] Un autre objet de l'invention est élément de structure d'avion, de préférence une
peau de voilure extrados, comprenant un produit selon l'invention.
[0014] Encore un autre objet de l'invention est l'utilisation d'un produit selon l'invention
ou d'un élément de structure selon l'invention pour la construction aéronautique.
Description des figures
[0015]
Figure 1 : Exemple de courbe de revenu et de détermination de la pente de la tangente
PN.
Figure 2 : Evolution de la limite d'élasticité en compression et de la limite d'élasticité
en traction avec la déformation permanente lors de la traction contrôlée.
Figure 3 : Compromis de propriété entre la limite d'élasticité en compression et la
ténacité Kapp pour les alliages N°2 à N°5 de l'exemple 2.
Description de l'invention
[0016] Sauf mention contraire, toutes les indications concernant la composition chimique
des alliages sont exprimées comme un pourcentage en poids basé sur le poids total
de l'alliage. L'expression 1,4 Cu signifie que la teneur en cuivre exprimée en % en
poids est multipliée par 1,4. La désignation des alliages se fait en conformité avec
les règlements de The Aluminium Association, connus de l'homme du métier. La densité
dépend de la composition et est déterminée par calcul plutôt que par une méthode de
mesure de poids. Les valeurs sont calculées en conformité avec la procédure de
The Aluminium Association, qui est décrite pages 2-12 et 2-13 de « Aluminum Standards
and Data ». Les définitions des états métallurgiques sont indiquées dans la norme européenne
EN 515.
[0017] Les caractéristiques mécaniques statiques en traction, en d'autres termes la résistance
à la rupture R
m, la limite d'élasticité conventionnelle à 0,2% d'allongement R
p0,2, et l'allongement à la rupture A%, sont déterminés par un essai de traction selon
la norme NF EN ISO 6892-1, le prélèvement et le sens de l'essai étant définis par
la norme EN 485-1. La limite d'élasticité en compression a été mesurée à 0,2% de compression
selon la norme ASTM E9.
[0018] Le facteur d'intensité de contrainte (K
Q) est déterminé selon la norme ASTM E 399. La norme ASTM E 399 donne les critères
qui permettent de déterminer si K
Q est une valeur valide de K
1C. Pour une géométrie d'éprouvette donnée, les valeurs de K
Q obtenues pour différents matériaux sont comparables entre elles pour autant que les
limites d'élasticité des matériaux soient du même ordre de grandeur.
Une courbe de l'intensité de contrainte en fonction de l'extension de fissure, connue
comme la courbe R, est déterminée selon la norme ASTM E 561. Le facteur d'intensité
de contrainte critique K
C, en d'autres termes le facteur d'intensité qui rend la fissure instable, est calculé
à partir de la courbe R. Le facteur d'intensité de contrainte K
CO est également calculé en attribuant la longueur de fissure initiale à la charge critique,
au commencement de la charge monotone. Ces deux valeurs sont calculées pour une éprouvette
de la forme requise. K
app représente le facteur K
CO correspondant à l'éprouvette qui a été utilisée pour effectuer l'essai de courbe
R.
Sauf mention contraire, les définitions de la norme EN 12258 s'appliquent.
[0019] On appelle ici « élément de structure » ou « élément structural » d'une construction
mécanique une pièce mécanique pour laquelle les propriétés mécaniques statiques et/ou
dynamiques sont particulièrement importantes pour la performance de la structure,
et pour laquelle un calcul de structure est habituellement prescrit ou réalisé. Il
s'agit typiquement d'éléments dont la défaillance est susceptible de mettre en danger
la sécurité de ladite construction, de ses utilisateurs, des ses usagers ou d'autrui.
Pour un avion, ces éléments de structure comprennent notamment les éléments qui composent
le fuselage (tels que la peau de fuselage, fuselage skin en anglais), les raidisseurs
ou lisses de fuselage (stringers), les cloisons étanches (bulkheads), les cadres de
fuselage (circumferential frames), les ailes (tels que la peau de voilure extrados
ou intrados (upper or lower wing skin), les raidisseurs (stringers ou stiffeners),
les nervures (ribs) et longerons (spars)) et l'empennage composé notamment de stabilisateurs
horizontaux et verticaux (horizontal or vertical stabilisers), ainsi que les profilés
de plancher (floor beams), les rails de sièges (seat tracks) et les portes.
[0020] Selon la présente invention, une classe sélectionnée d'alliages d'aluminium qui contiennent
des quantités spécifiques et critiques de lithium, de cuivre, de magnésium, d'argent
et de zirconium permet de préparer dans certaines conditions de transformation des
produits laminés présentant un compromis amélioré entre ténacité, limite d'élasticité
en traction et limite d'élasticité en compression.
Les présents inventeurs ont constaté que de manière surprenante, il est possible d'améliorer
pour ces alliages la limite d'élasticité en compression en choisissant des paramètres
de procédé de transformation spécifiques, en particulier lors de la déformation à
chaud et du détentionnement par traction contrôlée.
[0021] La teneur en cuivre des produits selon l'invention est comprise entre 4,2 et 4,6
% en poids. Dans une réalisation avantageuse de l'invention, la teneur en cuivre est
au moins de 4,3% en poids. Une teneur en cuivre maximale de 4,4 % en poids est préférée.
La teneur en lithium des produits selon l'invention est comprise entre 0,85% et 0,95%
en poids.
L'augmentation de la teneur en cuivre et dans une moindre de mesure de la teneur en
lithium contribue à améliorer la résistance mécanique statique, cependant, le cuivre
ayant un effet néfaste notamment sur la densité, il est préférable de limiter la teneur
en cuivre à la valeur maximale préférée. L'augmentation de la teneur en lithium a
un effet favorable sur la densité, cependant les présents inventeurs ont constaté
que pour les alliages selon l'invention, la teneur en lithium comprise entre 0,85
% et 0,95 % en poids permet une amélioration du compromis entre résistance mécanique
(limite d'élasticité en traction et en compression) et ténacité et, de plus, la ténacité
atteinte pour un revenu au pic ou proche du pic est plus élevée.
La teneur en magnésium des produits selon l'invention est comprise entre 0,50% et
0,70 % en poids. Les présents inventeurs ont constaté que la combinaison d'une teneur
en magnésium comprise entre 0,50% ou préférentiellement 0,53% et 0,70% ou préférentiellement
0,65 % en poids et une teneur en lithium comprise entre 0,85 % et 0,95 % en poids
conduit à un compromis entre résistance mécanique (limite d'élasticité en traction
et en compression) et ténacité particulièrement avantageux, tout en gardant un taux
d'échec lors de la transformation acceptable, et donc une fiabilité satisfaisante
du procédé de fabrication.
La teneur en zirconium est comprise entre 0,05 et 0,18 % en poids et de préférence
entre 0,08 et 0,14% en poids. Dans un mode de réalisation avantageux de l'invention,
la teneur en zirconium est au moins égale à 0,11 % en poids.
La teneur en manganèse est comprise entre 0,0 et 0,5 % en poids. Dans un mode de réalisation
de l'invention, la teneur en manganèse est comprise entre 0,2 et 0,4 % en poids. Dans
un autre mode de réalisation de l'invention, la teneur en manganèse est inférieure
à 0,1 % en poids et de préférence inférieure à 0,05 % en poids, ce qui permet pour
les produits obtenus par le procédé selon l'invention de diminuer la quantité de phases
métalliques insolubles et d'améliorer encore la tolérance au dommage.
La teneur en argent est comprise entre 0,05 % et 0,5 % en poids. Dans une réalisation
avantageuse de l'invention, la teneur en argent est comprise entre 0,10 et 0,40 %
en poids. L'addition d'argent contribue à améliorer le compromis de propriétés mécaniques
des produits obtenus par le procédé selon l'invention.
[0022] La somme de la teneur en fer et de la teneur en silicium est au plus de 0,20 % en
poids. De préférence, les teneurs en fer et en silicium sont chacune au plus de 0,08
% en poids. Dans une réalisation avantageuse de l'invention les teneurs en fer et
en silicium sont au plus de 0,06 % et 0,04 % en poids, respectivement. Une teneur
en fer et en silicium contrôlée et limitée contribue à l'amélioration du compromis
entre résistance mécanique et tolérance aux dommages.
L'alliage contient également au moins un élément pouvant contribuer au contrôle de
la taille de grain choisi parmi Cr, Sc, Hf et Ti, la quantité de l'élément, s'il est
choisi, étant de 0,05 à 0,3 % en poids pour Cr et pour Sc, 0,05 à 0,5 % en poids pour
Hf et de 0,01 à 0,15 % en poids pour Ti. De manière préférée on choisit d'ajouter
entre 0,01 et 0,10 % en poids de titane et on limite la teneur en Cr, Sc et Hf à au
maximum 0,05 % en poids, ces éléments pouvant avoir un effet défavorable, notamment
sur la densité et n'étant ajoutés que pour favoriser encore l'obtention d'une structure
essentiellement non-recristallisée si nécessaire. Le zinc est une impureté indésirable,
notamment en raison de sa contribution à la densité de l'alliage. La teneur en zinc
est inférieure à 0,20 % en poids, de préférence Zn ≤ 0,15 % en poids et de manière
préférée Zn ≤ 0,05 % en poids. La teneur en zinc est avantageusement inférieure à
0,04 % en poids.
Il est possible de sélectionner la teneur des éléments d'alliage pour minimiser la
densité. De préférences, les éléments d'additions contribuant à augmenter la densité
tels que Cu, Zn, Mn et Ag sont minimisés et les éléments contribuant à diminuer la
densité tels que Li et Mg sont maximisés de façon à atteindre une densité inférieure
à 2.73 g/cm
3 et de préférence inférieure à 2.70 g/cm
3.
[0023] Le procédé de fabrication des produits selon l'invention comprend les étapes d'élaboration,
coulée, homogénéisation, laminage avec une température supérieure à 400 °C, mise en
solution, trempe, traction entre 2 et 3,0% et revenu.
Dans une première étape, on élabore un bain de métal liquide de façon à obtenir un
alliage d'aluminium de composition selon l'invention.
Le bain de métal liquide est ensuite coulé sous forme de plaque de laminage.
La plaque de laminage est ensuite homogénéisée de façon à atteindre une température
comprise entre 450°C et 550° et de préférence entre 480 °C et 530°C pendant une durée
comprise entre 5 et 60 heures. Le traitement d'homogénéisation peut être réalisé en
un ou plusieurs paliers.
[0024] Après homogénéisation, la plaque de laminage est en général refroidie jusqu'à température
ambiante avant d'être préchauffée en vue d'être laminée à chaud. Le préchauffage a
pour objectif d'atteindre une température permettant de maintenir une température
d'au moins 400 °C et de préférence d'au moins 420 °C lors du laminage à chaud. Un
réchauffage intermédiaire est réalisé si au cours du laminage à chaud la température
diminue de façon excessive. Le laminage à chaud est réalisé jusqu'à une épaisseur
comprise entre 8 et 50 mm et de manière préférée entre 12 et 40 mm.
On ne réalise pas de déformation à froid significative, notamment par laminage à froid,
entre le laminage à chaud et la mise en solution. En effet, une telle étape de laminage
à froid risquerait de conduire à une structure recristallisée qui est indésirable
dans le cadre de l'invention. Une déformation à froid significative est typiquement
une déformation d'au moins environ 5% ou 10%.
[0025] Le produit ainsi obtenu est ensuite mis en solution par traitement thermique permettant
d'atteindre une température comprise entre 490 et 530 °C pendant 15 min à 8 h, puis
trempé typiquement avec de l'eau à température ambiante ou préférentiellement de l'eau
froide.
La combinaison de la composition choisie, en particulier de la teneur en zirconium,
et de la gamme de transformation, en particulier la température de déformation à chaud
et l'absence de déformation à froid avant mise en solution, permet d'obtenir une structure
granulaire essentiellement non-recristallisée. Par structure granulaire essentiellement
non-recristallisée, on entend un taux de structure granulaire non-recristallisée à
mi-épaisseur supérieur à 70 % et de préférence supérieur à 85%.
Le produit subit ensuite une traction contrôlée avec une déformation permanente de
2 à 3,0 % et préférentiellement de 2,0% à 3,0%. Une traction contrôlée avec une déformation
permanente maximale d'environ 2,5 % est préférée. Les présents inventeurs ont constaté
que, de manière surprenante, la limite d'élasticité en compression diminue avec les
déformations permanentes croissantes lors de la traction contrôlée tandis que la limite
d'élasticité en traction augmente dans ces conditions. Il existe donc une déformation
permanente par traction contrôlée optimale permettant d'obtenir une limite d'élasticité
en compression élevée tout en maintenant une limite d'élasticité en traction suffisante.
De manière avantageuse, la déformation permanente par traction contrôlée est choisie
de manière à obtenir une limite d'élasticité en compression au moins égale à la limite
d'élasticité en traction. Les présents inventeurs ont par ailleurs constaté que de
manière surprenante l'effet du taux de déformation permanente sur la limite d'élasticité
en compression est spécifique aux produits laminés, des essais sur les produits filés
ont montré qu'un tel effet n'est pas observé dans ce cas.
Des étapes connues telles que le laminage, le planage, le redressage la mise en forme
peuvent être optionnellement réalisées après mise en solution et trempe et avant ou
après la traction contrôlée. Dans un mode de réalisation de l'invention on réalise
une étape de laminage à froid d'au moins 7 % et de préférence d'au moins 9% et d'au
plus 15% après mise en solution et trempe et avant traction contrôlée. Cependant compte
tenu notamment du coût de cette étape de laminage à froid supplémentaire, il est avantageux
dans un autre mode de réalisation de réaliser directement la traction contrôlée après
mise en solution et trempe.
Un revenu est réalisé dans lequel le produit atteint une température comprise entre
130 et 170°C et de préférence entre 150 et 160°C pendant 5 à 100 heures et de préférence
de 10 à 70h. Le revenu peut être réalisé en un ou plusieurs paliers.
Il est connu que pour les alliages à durcissement structural tels que les alliages
Al-Cu-Li la limite d'élasticité augmente avec la durée de revenu à une température
donnée jusqu'à une valeur maximale appelée le pic de durcissement ou « pic » puis
diminue avec la durée de revenu. Dans le cadre de la présente invention, on appelle
courbe de revenu l'évolution de la limite d'élasticité en fonction de la durée équivalente
de revenu à 155 °C. Un exemple de courbe de revenu est présenté sur la Figure 1. Dans
le cadre de la présente invention, on détermine si un point N de la courbe de revenu,
de durée équivalente à 155 °C t
N et de limite d'élasticité R
p0,2 (N) est proche du pic en déterminant la pente P
N de la tangente à la courbe de revenu au point N. On considère dans le cadre de la
présente invention que la limite d'élasticité d'un point N de la courbe de revenu
est proche de la limite d'élasticité au pic si la valeur absolue de la pente P
N est au plus de 3 MPa/h. Comme illustré par la figure 1, un état sous-revenu est un
état pour lequel P
N est positif et un état sur-revenu est un état pour lequel P
N est négatif.
[0026] Pour obtenir une valeur approchée de P
N, pour un point N de la courbe dans un état sous-revenu, on peut déterminer la pente
de la droite passant par le point N et par le point précédent N-1, obtenu pour une
durée t
N-1 < t
N et présentant une limite d'élasticité R
p0,2 (N-1), on a ainsi P
N ≈ (R
p0,2 (N) - R
p0,2 (N-1))/(t
N - t
N-1). En théorie, la valeur exacte de P
N est obtenue lorsque t
N-1 tend vers t
N. Cependant, si la différence t
N - t
N-1 est faible, la variation de limite élastique risque d'être peu significative et la
valeur imprécise. Les présents inventeurs ont constaté qu'une approximation satisfaisante
de P
N est en général obtenue lorsque la différence t
N - t
N-1 est comprise entre 2 et 20 heures et de préférence est de l'ordre de 3 heures.
Le temps équivalent t
i à 155 °C est défini par la formule :

où T (en Kelvin) est la température instantanée de traitement du métal, qui évolue
avec le temps t (en heures), et T
ref est une température de référence fixée à 428 K. t
i est exprimé en heures. La constante Q/R = 16400 K est dérivée de l'énergie d'activation
pour la diffusion du Cu, pour laquelle la valeur Q = 136100 J/mol a été utilisée.
On peut utiliser la limite d'élasticité en traction ou en compression pour déterminer
si le revenu permet d'atteindre un état proche du pic, cependant les résultats ne
sont pas nécessairement identiques. Dans le cadre de l'invention, on préfère utiliser
les valeurs de limite d'élasticité en compression pour l'optimisation du revenu.
[0027] En général, pour les alliages de type Al-Cu-Li, les états nettement sous-revenus
correspondent à des compromis entre la résistance mécanique statique (Rp
0,2, R
m) et la tolérance aux dommages (ténacité, résistance à la propagation des fissures
en fatigue) plus intéressant qu'au pic et a fortiori qu'au-delà du pic. Toutefois,
les présents inventeurs ont constaté qu'un état proche du pic permet à la fois d'obtenir
un compromis entre résistance mécanique statique et tolérance aux dommages intéressant
mais également d'améliorer la performance en termes de résistance à la corrosion et
de stabilité thermique.
De plus, l'utilisation d'un état proche du pic permet d'améliorer la robustesse du
procédé industriel : une variation des conditions de revenu conduit à une faible variation
des propriétés obtenues.
[0028] Ainsi, il est avantageux de réaliser un état essentiellement sous-revenu proche du
pic de limite d'élasticité en compression, c'est à dire un état essentiellement sous-revenu
avec les conditions de durée et de température équivalente à celles d'un point N de
la courbe de revenu en compression à 155 °C tel que la tangente à la courbe de revenu
en ce point a une pente P
N, exprimée en MPa/h, telle que -1 < P
N ≤ 3 et de préférence - 0,5 < P
N ≤ 2,3.
[0029] Les produits laminés obtenus par le procédé selon l'invention ont, une épaisseur
comprise entre 8 et 50 mm, et à mi-épaisseur au moins une des combinaisons de caractéristiques
suivantes :
- (i) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en traction
Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 28 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 32 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥73 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 79 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,
- (ii) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 640 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 640 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 650 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 30 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥63 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 69 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,
- (iii) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 610 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 620 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 22 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m,
- (iv) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 580 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 590 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m.
[0030] Des éléments de structure d'avion selon l'invention comprennent des produits selon
l'invention. Un élément de structure d'avion préféré est une peau de voilure extrados.
[0031] L'utilisation, d'un élément de structure incorporant au moins un produit selon l'invention
ou fabriqué à partir d'un tel produit est avantageux, en particulier pour la construction
aéronautique. Les produits selon l'invention sont particulièrement avantageux pour
la réalisation d'éléments extrados d'aile d'avion.
[0032] Ces aspects, ainsi que d'autres de l'invention sont expliqués plus en détail à l'aide
des exemples illustratifs et non limitatifs suivants.
Exemples
Exemple 1.
[0033] L'exemple 1 ne fait pas partie de l'invention mais est utile à la compréhension de
l'invention.
[0034] Dans cet exemple, une plaque de section 406 x 1520 mm en alliage dont la composition
est donnée dans le tableau 1 a été coulée.
Tableau 1. Composition en % en poids et densité de l'alliage N°1
| Alliage |
Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Zn |
Ag |
Li |
Zr |
Ti |
Densité (g/cm3) |
| N°1 |
0,03 |
0,05 |
4,56 |
0,38 |
0,42 |
0,02 |
0,31 |
1,09 |
0,13 |
0,03 |
2.727 |
[0035] La plaque a été homogénéisée à environ 500 °C pendant environ 20 heures. La plaque
a été laminée à chaud à une température supérieure à 445 °C pour obtenir des tôles
d'épaisseur 25 mm. Les tôles ont été mises en solution à environ 510 °C pendant 5h,
trempées avec de l'eau à 20 °C. Les tôles ont ensuite été tractionnées avec un allongement
permanent compris entre 2% et 6%.
[0036] Les tôles ont subi un revenu mono palier de 40 h à 155 °C pour les tractions à 2
et 3%, 30h pour 4% et 20h pour 6%, ce revenu permettant d'atteindre une limite d'élasticité
en traction et en compression au pic ou proche du pic. Des échantillons ont été prélevés
à mi-épaisseur pour mesurer les caractéristiques mécaniques statiques en traction
et en compression ainsi que la ténacité K
Q. Les éprouvettes utilisées pour la mesure de ténacité avaient une largeur W = 40
mm et une épaisseur B = 20 mm. Les mesures effectuées étaient valides selon la norme
ASTM E399. Les résultats sont présentés dans le Tableau 2.
[0037] La structure des tôles obtenues était essentiellement non-recristallisée. Le taux
de structure granulaire non-cristallisée à mi-épaisseur était de 90%.
Tableau 2. Propriétés mécaniques obtenues pour les différentes tôles.
| Alliage |
Revenu |
Allongement permanent lors de la traction contrôlée |
Rp0,2 L Traction (Mpa) |
Rp0,2 L Compression (Mpa) |
K1C (MPa.m1/2) L-T |
| N°1 |
40h 155°C |
2% |
621 |
639 |
24,2 |
| 40h 155°C |
3% |
627 |
633 |
|
| 30h 155 °C |
4% |
633 |
629 |
|
| 20h 155 °C |
6% |
635 |
622 |
23.4 |
[0038] La figure 2 présente l'évolution de la limite d'élasticité en traction et en compression
en fonction de l'allongement permanent lors de la traction contrôlée. Pour un allongement
permanent lors de la traction compris entre 2 et 3,5 % un compromis favorable est
obtenu entre la limite d'élasticité en compression et la limite d'élasticité en traction.
Ainsi dans ces conditions, la limite d'élasticité en compression est supérieure à
la limite d'élasticité en traction, la d'élasticité en traction restant supérieure
à 620 MPa.
Exemple 2
[0039] Dans cet exemple, plusieurs plaques de section 120 x 80 mm dont la composition est
donnée dans le tableau 3 ont été coulées.
Tableau 3. Composition en % en poids et densité des alliages Al-Cu-Li coulés sous
forme de plaque.
| Alliage |
Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Zn |
Ag |
Li |
Zr |
Ti |
Densité (g/cm3) |
| N°2 |
0,03 |
0,04 |
4,34 |
- |
0,30 |
- |
0,37 |
0,91 |
0,14 |
0,02 |
2,717 |
| N°3 |
0,03 |
0,06 |
4,37 |
- |
0,58 |
- |
0,36 |
0,89 |
0,14 |
0,03 |
2,715 |
| N°4 |
0,03 |
0,05 |
4,31 |
- |
0,33 |
- |
0,37 |
1,14 |
0,14 |
0,03 |
2,698 |
| N°5 |
0,03 |
0,05 |
4,37 |
- |
0,58 |
- |
0,36 |
1,15 |
0,13 |
0,03 |
2,694 |
[0040] Les plaques ont été homogénéisées par un traitement bi-palier de 8h à 500°C suivi
de 12h à 510°C puis scalpées. Après homogénéisation, les plaques ont été laminées
à chaud pour obtenir des tôles ayant une épaisseur de 9,4 mm avec réchauffage intermédiaire
au cas où la température diminue à moins 400 °C. Les tôles ont été mises en solution
5h à environ 510 °C, trempées à l'eau froide et tractionnées avec un allongement permanent
de 3%.
[0041] La structure des tôle obtenues était essentiellement non-recristallisée. Le taux
de structure granulaire non-cristallisée à mi-épaisseur était de 90%.
[0042] Les tôles ont subi un revenu compris entre 15 h et 50 h à 155 °C. Des échantillons
ont été prélevés à mi-épaisseur pour mesurer les caractéristiques mécaniques statiques
en traction, en compression ainsi que la ténacité K
Q. Les éprouvettes utilisées pour la mesure de ténacité avaient une largeur W=25 mm
et une épaisseur B = 8 mm. Les critères de validité de K
1C ont été remplis pour certains échantillons. Des mesures de ténacité ont également
été obtenues sur des échantillons CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6.35 mm. Les
résultats obtenus sont présentés dans le tableau 4.
Tableau 4 Propriétés mécaniques obtenues pour les différentes tôles
| |
|
Propriétés en tension |
Propriété en compression |
Ténacité |
| Alliage |
durée de revenu à 155°C |
Rm MPa |
Rp0,2 MPa Tension |
A (%) |
Rp0,2 MPa Compression |
PN (MPa/h) |
KQ (MPa.m1/2) L-T |
Kapp (MPa.m1/2) L-T CCT 300 |
| N°2 |
8 |
582 |
525 |
11,8 |
504 |
|
|
|
| 15 |
625 |
588 |
10,3 |
603 |
14,2 |
41,6 |
|
| 20 |
640 |
609 |
10,7 |
631 |
5,6 |
38,6 (K1C) |
|
| 30 |
635 |
606 |
9,6 |
622 |
-1,0 |
37,6 |
|
| 50 |
645 |
618 |
9,7 |
641 |
0,9 |
31,5 (K1C) |
76 |
| N°3 |
8 |
592 |
545 |
10,5 |
536 |
|
|
|
| 15 |
633 |
602 |
9,4 |
613 |
11,0 |
41,9 |
|
| 20 |
640 |
613 |
8,0 |
625 |
2,3 |
39,7(K1C) |
|
| |
30 |
640 |
613 |
9,6 |
623 |
-0,2 |
40,9 |
|
| 50 |
649 |
626 |
8,9 |
647 |
1,2 |
35,3 (K1C) |
82 |
| N°4 |
8 |
619 |
571 |
9,7 |
591 |
|
|
|
| 15 |
657 |
629 |
10,0 |
634 |
6,1 |
36,4 (K1C) |
|
| 20 |
668 |
642 |
9,7 |
649 |
3,0 |
31,5 |
|
| 30 |
671 |
647 |
8,0 |
652 |
0,3 |
33,6 (K1C) |
66 |
| 50 |
674 |
653 |
8,2 |
668 |
0,8 |
28.1 (K1C) |
|
| N°5 |
8 |
622 |
588 |
7,7 |
576 |
|
|
|
| 15 |
645 |
620 |
8,3 |
631 |
7,8 |
35,7 |
|
| 20 |
667 |
643 |
9,4 |
658 |
5,4 |
32,6 |
|
| 30 |
669 |
650 |
7,0 |
654 |
-0,4 |
30,9 |
72 |
| 50 |
665 |
645 |
8,6 |
|
|
29,1 (K1C) |
|
[0043] La Figure 3 illustre le compromis obtenu entre la limite d'élasticité en compression
et la ténacité K
app.
[0044] La combinaison de la composition selon l'invention (Alliage N°3) avec le procédé
selon l'invention conduit, en particulier pour un revenu de 50 heures à 155 °C, revenu
étant le plus favorable du point de vue du de la stabilité thermique, à un compromis
particulièrement favorable entre limite d'élasticité en compression, limite d'élasticité
en traction et ténacité.
Exemple 3.
[0045] Dans cet exemple, une plaque de section 406 x 1525 mm en alliage du procédé selon
l'invention dont la composition est donnée dans le tableau 5 a été coulée.
Tableau 5. Composition en % en poids et densité de l'alliage N°1
| Alliage |
Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Zn |
Ag |
Li |
Zr |
Ti |
Densité (g/cm3) |
| N°6 |
0,02 |
0,03 |
4,3 |
- |
0,58 |
<0,01 |
0,34 |
0,88 |
0,13 |
0,04 |
2.714 |
[0046] La plaque a été homogénéisée à environ 500 °C pendant environ 30 heures. La plaque
a été laminée à chaud à une température supérieure à 400 °C pour obtenir des tôles
d'épaisseur 25 mm. Les tôles ont été mises en solution à environ 510 °C pendant 5h,
trempées avec de l'eau à 20 °C. Les tôles ont ensuite été tractionnées avec un allongement
permanent de 2% ou 3%.
[0047] Les tôles ont subi un revenu mono palier de 10 h à 30h à 155 °C. Des échantillons
ont été prélevés à mi-épaisseur pour mesurer les caractéristiques mécaniques statiques
en traction et en compression ainsi que la ténacité K
Q. Les éprouvettes utilisées pour la mesure de ténacité avaient une largeur W = 40
mm et une épaisseur B = 20 mm. Les mesures effectuées étaient valides selon la norme
ASTM E399. Les résultats sont présentés dans le Tableau 6
[0048] La structure des tôles obtenues était essentiellement non-recristallisée. Le taux
de structure granulaire non-cristallisée à mi-épaisseur était supérieur à 90%.
Tableau 6. Propriétés mécaniques obtenues pour les différentes tôles.
| |
|
|
Propriétés en tension |
Propriété en compression |
Ténacité |
| Alliage |
Allongement permanent lors de la traction contrôlée |
durée de revenu à 155°C |
Rm MPa |
Rp0,2 MPa |
A (%) |
Rp0,2 MPa Compression |
PN (MPa/h) |
KQ (MPa.m1/2) L-T |
| 6 |
2 % |
10h |
585 |
532 |
12,6 |
527 |
|
52,3 |
| 2 % |
20h |
622 |
590 |
10,1 |
593 |
6,6 |
33,4 (K1C) |
| 2 % |
30h |
630 |
604 |
9,1 |
610 |
1,7 |
28,4 (K1C) |
| 3 % |
10h |
604 |
569 |
11,7 |
560 |
|
44,4 |
| 3 % |
20h |
630 |
606 |
9,9 |
599 |
3,9 |
30,4 (K1C) |
| 3 % |
30h |
635 |
612 |
9,3 |
609 |
1,1 |
26,4 (K1C) |
1. Procédé de fabrication d'un produit laminé à base d'alliage d'aluminium dans lequel,
successivement,
a) on élabore un bain de métal liquide à base d'aluminium comprenant 4,2 à 4,6 % en
poids de Cu, 0,85 à 0,95 % en poids de Li, 0,50 à 0,70 % en poids de Mg, 0,05 à 0,18
% en poids de Zr, 0,05 à 0,5 % en poids d'Ag, 0,0 à 0,5% en poids de Mn, au plus 0,20
% en poids de Fe + Si, moins de 0,20 % en poids de Zn, au moins un élément choisi
parmi Cr, Sc, Hf et Ti, la quantité dudit élément, s'il est choisi, étant de 0,05
à 0,3 % en poids pour Cr et pour Sc, 0,05 à 0,5 % en poids pour Hf et de 0,01 à 0,15
% en poids pour Ti, les autres éléments au plus 0,05% en poids chacun et 0,15% en
poids au total, le reste aluminium ;
b) on coule une plaque de laminage à partir dudit bain de métal liquide ;
c) on homogénéise ladite plaque de laminage de façon à atteindre une température comprise
entre 450°C et 550° et de préférence entre 480 °C et 530°C pendant une durée comprise
entre 5 et 60 heures ;
d) on lamine à chaud ladite plaque de laminage en une tôle jusqu'à une épaisseur comprise
entre 8 et 50 mm en maintenant la température supérieure à 400 °C et de préférence
supérieure à 420 °C,
e) on met en solution ladite tôle entre 490 et 530 °C pendant 15 min à 8 h et on trempe
ledit produit ;
f) on tractionne de façon contrôlée ladite tôle avec une déformation permanente de
2 à 3,0 % et préférentiellement de 2,0 à 3,0 %,
g) on réalise un revenu dans lequel ladite tôle atteint une température comprise entre
130 et 170°C et de préférence entre 150 et 160°C pendant 5 à 100 heures et de préférence
de 10 à 70h,
étant entendu qu'on ne réalise pas de déformation à froid significative de ladite
tôle, notamment par laminage à froid, entre le laminage à chaud d) et la mise en solution
e).
2. Procédé selon la revendication 1 dans lequel la teneur en Cu est comprise entre 4,3
et 4,4 % en poids.
3. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 2 dans lequel la teneur en Mg
est comprise entre 0,53 et 0,65 % en poids.
4. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 3 dans lequel la teneur en Mn
est inférieure à 0,1 % en poids et de préférence inférieure à 0,05 % en poids.
5. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 4 dans lequel
les teneurs en Fe et en Si sont chacune au plus de 0,08 % en poids et/ou
la teneur en Ti est comprise entre 0,01 et 0,10 % en poids et la teneur en Cr, Sc
et Hf est au maximum 0,05 % en poids et/ou
la teneur en Zn est au plus de 0,15 % en poids et de manière préférée au plus de 0,05
% en poids.
6. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 5 dans lequel la déformation permanente
par traction contrôlée est choisie de manière à obtenir une limite d'élasticité en
compression au moins égale à la limite d'élasticité en traction.
7. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 6 dans lequel on réalise la traction
contrôlée directement après mise en solution et trempe.
8. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 7 dans lequel le revenu est un
sous-revenu proche du pic de limite d'élasticité en compression.
9. Produit laminé d'épaisseur comprise entre 8 et 50 mm et de structure granulaire essentiellement
non-recristallisée susceptible d'être obtenu par le procédé selon une quelconque des
revendications 1 à 8 ayant à mi-épaisseur au moins une des combinaisons de caractéristiques
suivantes :
(i) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en traction
Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 28 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 32 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥73 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 79 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,
(ii) pour des épaisseurs de 8 à 15 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 640 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 640 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 650 MPa et une ténacité telle que K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 30 MPa√m et/ou Kapp (L-T) ≥63 MPa√m et de préférence Kapp (L-T) ≥ 69 MPa√m, pour des éprouvettes CCT de largeur 300 mm et d'épaisseur 6,35
mm,
(iii) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 610 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 620 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 620 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 630 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 22 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m,
(iv) pour des épaisseurs de 15 à 50 mm, à mi-épaisseur, une limite d'élasticité en
traction Rp0,2(L) ≥ 580 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 590 MPa, une limite d'élasticité en compression Rp0,2(L) ≥ 600 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 610 MPa et une ténacité K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m et de préférence K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m.
10. Elément de structure d'avion, de préférence une peau de voilure extrados, comprenant
un produit selon la revendication 9.
11. Utilisation produit selon la revendication 9 ou d'un élément de structure selon la
revendication 10 pour la construction aéronautique.
1. Verfahren zur Herstellung eines Walzerzeugnisses aus einer Legierung auf Aluminiumbasis,
bei dem nacheinander
a) ein Flüssigmetallbad auf Aluminiumbasis hergestellt wird, enthaltend 4,2 bis 4,6
Gew.-% Cu, 0,85 bis 0,95 Gew.-% Li, 0,50 bis 0,70 Gew.-% Mg, 0,05 bis 0,18 Gew.-%
Zr, 0,05 bis 0,5 Gew.-% Ag, 0,0 bis 0,5 Gew.-% Mn, maximal 0,20 Gew.-% Fe + Si, weniger
als 0,20 Gew.-% Zn, wenigstens ein Element ausgewählt unter Cr, Sc, Hf und Ti, wobei
die Menge des Elements, falls ausgewählt, 0,05 bis 0,3 Gew.-% für Cr und für Sc, 0,05
bis 0,5 Gew.-% für Hf und 0,01 bis 0,15 Gew.-% für Ti beträgt, weitere Elemente jeweils
maximal 0,05 Gew.-% und insgesamt 0,15 Gew.-%, Rest Aluminium;
b) aus dem Flüssigmetallbad ein Walzbarren gegossen wird;
c) der Walzbarren so homogenisiert wird, dass eine Temperatur zwischen 450 °C und
550 °C und vorzugsweise zwischen 480 °C und 530 °C für eine Dauer von 5 bis 60 Stunden
erreicht wird;
d) der Walzbarren zu einem Blech bis zu einer Dicke zwischen 8 und 50 mm warmgewalzt
und dabei die Temperatur oberhalb von 400 °C und vorzugsweise oberhalb von 420 °C
gehalten wird,
e) das Blech zwischen 490 °C und 530 °C während 15 Minuten bis 8 Stunden lösungsgeglüht
wird und das Erzeugnis abgeschreckt wird;
f) das Blech kontrolliert gereckt wird, mit einer bleibenden Verformung von 2 bis
3,0 % und vorzugsweise 2,0 bis 3,0 %,
g) eine Auslagerungsbehandlung durchgeführt wird, bei der das Blech eine Temperatur
zwischen 130 und 170 °C und vorzugsweise zwischen 150 und 160 °C für 5 bis 100 Stunden
und vorzugsweise 10 bis 70 Stunden erreicht,
wobei keine signifikante Kaltumformung des Blechs, insbesondere durch Kaltwalzen,
zwischen dem Warmwalzen d) und dem Lösungsglühen e) durchgeführt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, wobei der Gehalt an Cu zwischen 4,3 und 4,4 Gew.-% beträgt.
3. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 2, wobei der Gehalt an Mg zwischen
0,53 und 0,65 Gew.-% beträgt.
4. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, wobei der Gehalt an Mn weniger als
0,1 Gew.-% und vorzugsweise weniger als 0,05 Gew.-% beträgt.
5. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 4, wobei
die Gehalte an Fe und Si jeweils maximal 0,08 Gew.-% betragen, und/oder
der Gehalt an Ti zwischen 0,01 und 0,10 Gew.-% und der Gehalt an Cr, Sc und Hf maximal
0,05 Gew.-% beträgt, und/oder
der Gehalt an Zn maximal 0,15 Gew.-% und bevorzugt maximal 0,05 Gew.-% beträgt.
6. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 5, bei dem die bleibende Verformung
durch kontrolliertes Recken so gewählt wird, dass eine Druckstreckgrenze erhalten
wird, die mindestens gleich der Zugstreckgrenze ist.
7. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 6, bei dem das kontrollierte Recken
unmittelbar nach dem Lösungsglühen und Abschrecken durchgeführt wird.
8. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 7, bei dem die Auslagerungsbehandlung
eine Unteralterung nahe der maximalen Druckstreckgrenze ist.
9. Walzerzeugnis mit einer Dicke zwischen 8 und 50 mm und einer im Wesentlichen nichtrekristallisierten
Kornstruktur, welches durch das Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 8 herstellbar
ist und auf halber Dicke mindestens eine der folgenden Eigenschaftskombinationen aufweist:
(i) bei Dicken von 8 bis 15 mm, auf halber Dicke, eine Zugstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 600 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, eine Druckstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 620 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 630 MPa, und eine solche Zähigkeit, dass KlC(L-T) ≥ 28 MPa√m und vorzugsweise KlC(L-T) ≥ 32 MPa√m und/oder Kapp(L-T) ≥ 73 MPa√m und vorzugsweise Kapp(L-T) ≥ 79 MPa√m, für CCT-Proben von 300 mm Breite und 6,35 mm Dicke,
(ii) bei Dicken von 8 bis 15 mm, auf halber Dicke, eine Zugstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 630 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 640 MPa, eine Druckstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 640 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 650 MPa, und eine solche Zähigkeit, dass KlC(L-T) ≥ 26 MPa√m und vorzugsweise KlC(L-T) ≥ 30 MPa√m und/oder Kapp(L-T) ≥ 63 MPa√m und vorzugsweise Kapp(L-T) ≥ 69 MPa√m, für CCT-Proben von 300 mm Breite und 6,35 mm Dicke,
(iii) bei Dicken von 15 bis 50 mm, auf halber Dicke, eine Zugstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 610 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 620 MPa, eine Druckstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 620 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 630 MPa, und eine Zähigkeit KlC(L-T) ≥ 22 MPa√m und vorzugsweise KlC(L-T) ≥ 24 MPa√m,
(iv) bei Dicken von 15 bis 50 mm, auf halber Dicke, eine Zugstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 580 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 590 MPa, eine Druckstreckgrenze Rp0,2(L) ≥ 600 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 610 MPa, und eine Zähigkeit KlC(L-T) ≥ 24 MPa√m und vorzugsweise KlC(L-T) ≥ 26 MPa√m.
10. Strukturbauteil eines Flugzeugs, vorzugsweise eine Außenhaut für die Flügelsaugseite,
welches ein Erzeugnis nach Anspruch 9 umfasst.
11. Verwendung eines Erzeugnisses nach Anspruch 9 oder eines Strukturbauteils nach Anspruch
10 für den Flugzeugbau.
1. Process for manufacturing a rolled product containing aluminium alloy wherein, the
following steps are performed in succession,
a) a molten metal bath containing aluminium is produced comprising 4.2 to 4.6% Cu
by weight, 0.85 to 0.95% Li by weight, 0.50 to 0.70% Mg by weight, 0.05 to 0.18% Zr
by weight, 0.05 to 0.5% Ag by weight, 0.0 to 0.5% Mn by weight, at the most 0.20%
Fe + Si by weight, less than 0.20% Zn by weight, at least one element chosen from
Cr, Sc, Hf and Ti, the quantity of said element, if it is chosen, being from 0.05
to 0.3% by weight for Cr and for Sc, 0.05 to 0.5% by weight for Hf and from 0.01 to
0.15% by weight for Ti, other elements at most 0.05% by weight each and 0.15% by weight
in total, the rest aluminium;
b) a rolling ingot is cast from said molten metal bath;
c) said rolling ingot is homogenised in order to reach a temperature ranging between
450°C and 550° and preferably between 480°C and 530°C for a period ranging between
5 and 60 hours;
d) said rolling ingot is hot rolled into a plate up to a thickness between 8 and 50
mm, maintaining the temperature higher than 400°C and preferably higher than 420°C,
e) said plate undergoes solution heat treatment between 490 and 530°C for 15 min to
8 hours and said product is quenched;
f) said plate undergoes controlled stretching with a permanent set of 2 to 3.0% and
preferably of 2.0 to 3.0%,
g) aging is performed wherein said plate reaches a temperature ranging between 130
and 170°C and preferably between 150 and 160°C for 5 to 100 hours and preferably from
10 to 70 hours,
given that no significant cold working is carried out on said plate, in particular
by cold rolling, between hot rolling d) and solution heat treatment e).
2. Process according to claim 1 wherein the Cu content ranges between 4.3 and 4.4% by
weight.
3. Process according to any one of claims 1 to 2 wherein the Mg content ranges between
0.53 and 0.65% by weight.
4. Process according to any of claims 1 to 3 wherein the Mn content is lower than 0.1%
by weight and preferably lower than 0.05% by weight.
5. Process according to any one of claims 1 to 4 wherein
the Fe and Si contents are each at the most 0.08% by weight and/or
the Ti content ranges between 0.01 and 0.10% by weight and the Cr, Sc and Hf content
is at the most 0.05% by weight and/or
the Zn content is at the most 0.15% by weight and preferably at the most 0.05% by
weight.
6. Process according to any one of claims 1 to 5 wherein the permanent set by controlled
traction is selected so as to obtain a compressive yield strength at least equal to
the tensile yield strength.
7. Process according to any one of claims 1 to 6 wherein controlled stretching is carried
out directly after solution treatment and quenching.
8. Process according to any one of claims 1 to 7 wherein the aging is under-aging close
to the peak compressive yield strength.
9. Rolled product of thickness between 8 and 50 mm and essentially unrecrystallised granular
structure likely to be obtained by the process according to any one of claims 1 to
8 having at mid-thickness at least one of the following combinations of characteristics:
(i) for thicknesses from 8 to 15 mm, at mid-thickness, a tensile yield strength Rp0.2(L) ≥ 600 MPa and preferably Rp0.2(L) ≥ 610 MPa, a compressive yield strength Rp0.2 (L) ≥ 620 MPa and preferably Rp0.2 (L) ≥ 630 MPa and toughness such that K1C (L-T) ≥ 28 MPa√m and preferably K1C (L-T) ≥ 32 MPa√m and/or Kapp (L-T) ≥73 MPa√m and preferably Kapp (L-T) ≥ 79 MPa√m, for 300 mm wide and 6.35 mm thick CCT test specimens,
(ii) for thicknesses from 8 to 15 mm, at mid-thickness, a tensile yield strength Rp0.2(L) ≥ 630 MPa and preferably Rp0.2 (L) ≥ 640 MPa, a compressive yield strength Rp0.2 (L) ≥ 640 MPa and preferably Rp0.2 (L) ≥ 650 MPa and toughness such that K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m and preferably K1C (L-T) ≥ 30 MPa√m and/or Kapp (L-T) ≥63 MPa√m and preferably Kapp (L-T) ≥ 69 MPa√m, for 300 mm wide and 6.35 mm thick CCT test specimens,
(iii) for thicknesses from 15 to 50 mm, at mid-thickness, a tensile yield strength
Rp0.2 (L) ≥ 610 MPa and preferably Rp0.2(L) ≥ 620 MPa, a compressive yield strength Rp0.2 (L) ≥ 620 MPa and preferably Rp0.2 (L) ≥ 630 MPa and toughness such that K1C (L-T) ≥ 22 MPa√m and preferably K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m,
(iv) for thicknesses from 15 to 50 mm, at mid-thickness, a tensile yield strength
Rp0.2(L) ≥ 580 MPa and preferably Rp0.2(L) ≥ 590 MPa, a compressive yield strength Rp0.2 (L) ≥ 600 MPa and preferably Rp0.2 (L) ≥ 610 MPa and toughness such that K1C (L-T) ≥ 24 MPa√m and preferably K1C (L-T) ≥ 26 MPa√m.
10. Airplane structural element, preferably an upper wing skin, including a product according
to claim 9.
11. Use of the product according to claim 9 or of a structural element according to claim
11 for aircraft construction.