[0001] L'invention se rapporte à la fabrication des récipients, tels que bouteilles ou pots,
obtenus par soufflage ou étirage soufflage à partir de préformes en matière thermoplastique.
[0002] L'étirage soufflage conventionnel induit une bi-orientation de la matière (axiale
et radiale) qui confère au récipient final une bonne rigidité structurelle. Toutefois,
la bi-orientation induit dans la matière des contraintes résiduelles qui, lors d'un
remplissage à chaud (notamment avec un liquide ayant une température supérieure à
la température de transition vitreuse de la matière), sont libérées en provoquant
une déformation du récipient pouvant le rendre impropre à la vente.
[0003] Afin de minimiser les déformations du récipient lors de la rétraction du liquide
accompagnant son refroidissement consécutif à un remplissage à chaud, il est connu
soit de munir le corps du récipient de panneaux déformables qui, lors du refroidissement
du liquide, fléchissent sous l'effet de la rétraction, soit de reporter sur le fond
la capacité du récipient à se déformer (ou à être déformé de manière forcée).
[0004] Le brevet américain
US7451886 (AMCOR) et la demande internationale
WO 2009/050346 (SIDEL) illustrent tous deux la technique du fond déformable : sous l'effet de la dépression
accompagnant la rétraction du liquide, le fond remonte vers l'intérieur du récipient.
[0005] La technique du fond déformable présente, par rapport à la technique des panneaux
déformables, l'avantage de minimiser les déformations du corps, au bénéfice notamment
de l'aspect esthétique du récipient.
[0006] Toutefois, lorsque la dépression est trop forte (par exemple lorsque la température
de remplissage est élevée), les déformations du fond sont insuffisantes pour compenser
la variation de volume du récipient, et il est fréquent que le corps se déforme aussi,
de manière non souhaitée (et non contrôlée).
[0007] Afin d'accroître la course du fond, il est connu (cf. le document
WO 2006/068511, CO2PAC) de concevoir le fond de manière que celui-ci puisse adopter deux positions distantes
l'une de l'autre, à savoir une position déployée dans laquelle le fond s'étend en
saillie à l'extérieur du récipient, et une position rétractée dans laquelle le fond
s'étend vers l'intérieur du récipient. La position déployée est adoptée par le fond
avant le remplissage du récipient, tandis que la position rétractée est adoptée après
le remplissage, pour accompagner la rétraction du liquide due à son refroidissement.
[0008] Mais cette technique suppose le retournement du fond depuis sa position déployée
vers sa position rétractée. Pour que ce retournement se produise spontanément, on
comprend que la dépression dans le récipient doive être élevée. A défaut, le retournement
ne se produit pas, et c'est par conséquent sur le corps que se reportent les déformations.
[0009] Afin d'éviter cette situation, le document CO2PAC prévoit de forcer le passage du
fond de sa position déployée à sa position rétractée au moyen d'un outil à l'aide
duquel il est fait pression sur le fond vers l'intérieur du récipient (cf. les figures
12a à 12d). Cette solution suppose donc qu'un tel outil soit interposé sur la chaîne
de fabrication, au détriment de la simplicité et de la cadence de production.
[0010] On connaît par ailleurs du document
WO 2010/078341 un récipient selon le préambule de la revendication 1, dont le fond comprend une
structure annulaire munie de formations séquentielles (appelées dents). Cette structure
annulaire est censée former une articulation et distribuer de manière uniforme les
contraintes résultant d'un vide de refroidissement. Dans cette conception, la formation
des dents (en forme de diamant) pose toutefois des problèmes de soufflabilité du fond,
et il est en pratique nécessaire de recourir à des pressions de soufflage élevées
pour obtenir la structure présentée.
[0011] L'invention vise donc à proposer un récipient dont le fond puisse se déformer facilement
(en particulier sans qu'il soit nécessaire de recourir à des outils), et qui présente
une bonne soufflabilité.
[0012] A cet effet, il est proposé un récipient en matière plastique, comprenant un corps
et un fond, le fond présentant une assise externe annulaire définissant un plan de
pose principal pour le récipient, et une membrane déformable qui s'étend radialement
à l'intérieur de l'assise externe annulaire et qui est agencée pour pouvoir adopter
deux configurations :
- une configuration rétractée, dans laquelle la membrane s'étend axialement au-dessus
du plan principal de pose ;
- une configuration déployée, dans laquelle la membrane comprend une assise interne
annulaire sous forme d'un bourrelet annulaire en saillie vers l'extérieur du récipient,
qui s'étend axialement au-dessous du plan de pose principal et définit un plan de
pose secondaire,
le fond comprenant en outre une série de réserves en creux dans l'assise interne annulaire,
qui forment des discontinuités locales du plan de pose secondaire, l'assise interne
comprenant une section externe et une section interne tronconiques, jointives au niveau
de l'assise interne, les réserves en creux s'étendant radialement à cheval sur l'assise
interne et formant une jonction entre la section externe et la section interne de
la membrane au travers de l'assise interne, l'extension L radiale des réserves en
creux étant supérieure à la largeur F de l'assise interne.
[0013] Ainsi configuré, le fond présente une déformabilité accrue sous l'effet d'une dépression
dans le récipient rempli, tout en permettant un transport facile du récipient vide
reposant sur l'assise interne, et tout en présentant une bonne soufflabilité.
[0014] De préférence, l'assise interne comprend une section interne et une section externe
tronconique, jointives au niveau de l'assise interne, et les réserves en creux forment
une jonction entre les sections interne et externe au travers de l'assise interne.
[0015] Chaque réserve en creux s'étend par exemple sur une extension angulaire J telle que
:

où
n est le nombre de réserves sur le fond, et J l'extension angulaire de chaque réserve
exprimée en degrés.
[0016] Selon un mode de réalisation, chaque réserve en creux s'étend sur une extension angulaire
sensiblement égale à une extension angulaire d'une section d'arc de l'assise interne
située entre deux réserves en creux successives.
[0017] De préférence, chaque réserve en creux s'étend radialement sur une extension supérieure
à une largeur de l'assise interne.
[0018] Avantageusement, chaque réserve en creux s'étend radialement sur une extension comprise
entre le septième et le tiers du diamètre de l'assise interne.
[0019] Chaque réserve en creux présente par exemple une forme en selle de cheval et possède
une courbure double.
[0020] D'autres objets et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description
faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en perspective de dessous d'un récipient conforme à l'invention
;
- la figure 2 est vue à échelle agrandie du fond du récipient de la figure 1 ;
- la figure 3 est une vue en plan de dessous du fond de la figure 2 ;
- la figure 4 est un vue de côté du fond de la figure 3, représenté posé sur une surface
plane ;
- la figure 5 est une vue en coupe du fond de la figure 3, suivant le plan de coupe
V-V.
[0021] Sur les figures est représenté un récipient
1 - en l'occurrence une bouteille - réalisé par étirage soufflage à partir d'une préforme
en matière thermoplastique tel que PET (polyéthylène téréphtalate), préalablement
chauffée à une température supérieure à la température de transition vitreuse de la
matière.
[0022] Ce récipient
1 est de préférence de type HR (acronyme de heat résistant : résistant à la chaleur)
; dans ce cas il peut être fabriqué par étirage soufflage au sein d'un moule dont
la paroi est chauffée de sorte à augmenter le taux de cristallinité de la matière
par apport calorifique.
[0023] Ce récipient
1 comprend, à une extrémité supérieure, un col
2 fileté, muni d'un buvant
3. Dans le prolongement du col
2, le récipient
1 comprend dans sa partie supérieure une épaule
4 prolongée par une paroi latérale ou corps
5, qui présente une forme globalement symétrique de révolution autour d'un axe
X principal du récipient
1.
[0024] Le récipient
1 comprend en outre un fond
6 qui s'étend à une extrémité inférieure du récipient
1 dans le prolongement du corps
5.
[0025] Le corps
5 est, dans une partie inférieure, sensiblement cylindrique et s'étend vers le bas
jusqu'à une extrémité
7 inférieure où il fait jonction avec le fond
6.
[0026] Le fond
6 comprend, dans le prolongement axial de la jonction
7, une assise
8 externe sous forme d'un bourrelet annulaire, qui définit un plan
9 de pose principal pour le récipient
1, par lequel celui-ci peut reposer à plat sur une surface plane telle qu'une table.
[0027] Le fond
6 comprend en outre une membrane
10 qui s'étend radialement à partir de l'assise externe
8 en direction de l'axe
X du récipient
1, jusqu'à une région
11 centrale du fond
6, comprenant successivement, radialement de l'extérieur vers l'intérieur, une section
12 centrale annulaire sensiblement plane et perpendiculaire à l'axe
X puis, au centre du fond
6 dans le prolongement de la section
12, un pion
13 faisant saillie axialement vers l'intérieur du récipient
1.
[0028] La membrane
10 est déformable ; elle est agencée pour pouvoir adopter deux configurations :
- une configuration déployée, représentée en traits pleins sur les figures, dans laquelle
la membrane 10 s'étend au moins en partie au-delà (ou au-dessous, lorsque le récipient est orienté
col en haut) du plan 9 de pose principal - en d'autres termes en saillie vers l'extérieur du récipient 1,
- une configuration rétractée, représentée en traits interrompus sur la section de la
figure 5, dans laquelle la membrane 10 s'étend axialement en deçà (ou au-dessus, lorsque le récipient est orienté col en
haut) du plan 9 de pose principal - en d'autres termes en saillie vers l'intérieur du récipient 1 et forme ainsi une voûte sensiblement tronconique.
[0029] Le récipient
1 est formé dans la configuration déployée de la membrane
10. Dans cette position, la membrane
10 comprend un bourrelet annulaire en saillie vers l'extérieur du récipient, formant
une assise
14 interne annulaire, qui s'étend axialement au-delà (ou au-dessous) du plan
9 de pose principal et définit un plan
15 de pose secondaire par lequel le récipient peut reposer à plat sur une surface plane
(notamment sur un tapis de transport au sortir du moule). On note
A le diamètre du plan de pose secondaire (en trait mixte sur la figure 3),
B la distance, mesurée axialement, entre le plan
9 de pose principal et le plan
15 de pose secondaire (figure 5).
[0030] L'assise
8 externe est bordée intérieurement par une marche
16 annulaire qui s'étend axialement sur une faible hauteur, suivie d'un retour
17 annulaire qui, en position déployée de la membrane
10, s'étend radialement dans un plan sensiblement perpendiculaire à l'axe
X.
[0031] Comme cela est bien visible sur la figure 5, la membrane
10 comprend :
- une section 18 externe tronconique, qui s'étend radialement vers l'intérieur à partir du retour
17, et axialement vers l'extérieur (c'est-à-dire vers le bas) jusqu'à l'assise interne
14;
- une section 19 interne également tronconique, qui s'étend radialement vers l'extérieur à partir
de la section 12 centrale annulaire, et axialement vers l'extérieur (c'est-à-dire vers le bas) jusqu'à
l'assise interne 14, qui forme ainsi un congé de raccordement entre la section 18 externe et la section 19 interne, à concavité tournée vers le haut.
[0032] L'assise
14 interne forme ainsi la partie la plus saillante (c'est-à-dire la plus basse) de la
membrane
10.
[0033] Comme cela est bien visible sur les figures, en particulier sur les figures 2 et
3, le fond
6 comprend une série de réserves
20 formées en creux dans l'assise
14 interne.
[0034] Les réserves
20 s'étendent radialement à cheval sur l'assise
14 interne, et forment une jonction entre la section
18 externe et la section
19 interne de la membrane
10 au travers de l'assise
14.
[0035] Les réserves
20 en creux ont pour principale fonction de permettre un retournement progressif et
en souplesse de la membrane
10 depuis sa configuration déployée (adoptée dès l'issue du formage dans le moule, et
conservée pendant l'éventuel transport du récipient
1 puis lors du remplissage de celui-ci), vers sa configuration rétractée (adoptée sous
l'effet d'une dépression dans le récipient
1 accompagnant le refroidissement du contenu après bouchage).
[0036] Chaque réserve
20 a globalement la forme d'une selle de cheval, et présente par conséquent une courbure
double, à savoir :
- vue de côté, une première courbure à concavité orientée vers le bas, de rayon noté
C (visible au centre sur la figure 4).
- en section radiale, une deuxième courbure à concavité orientée vers le haut, de rayon
noté D (visible à gauche sur la figure 5),
[0037] Les réserves
20 en creux forment ainsi dans l'assise
14 interne des ondulations, qui génèrent des discontinuités locales du plan
15 de pose secondaire. Le plan
15 de pose secondaire est par conséquent formé d'une série discrète de sections
21 d'arcs coplanaires à l'extrémité de l'assise
14 interne, qui s'étendent entre les réserves
20 en creux et dont on note
E le rayon de courbure (figure 5, à droite), lequel est par conséquent le rayon de
courbure de l'assise
14 interne au niveau du plan
15 de pose secondaire. On note par ailleurs
F la largeur de l'assise interne
14, c'est-à-dire la largeur (mesurée radialement au niveau des sections
21 d'arcs) de la jonction entre la section
18 externe et la section
19 interne de la membrane
10, où le rayon de courbure est constant et égal à
E.
[0038] On note
G la profondeur, mesurée axialement, de chaque réserve
20 en creux (c'est-à-dire la distance, mesurée axialement, du fond de chaque réserve
20 au plan
15 de pose secondaire).
[0039] Chaque réserve
20 comprend une zone
22 centrale, dont le contour vu de dessous dans la direction axiale (figure 3) est en
forme de losange, et qui présente la double courbure évoquée ci-dessous. La jonction
de cette zone
22 centrale avec les sections
21 d'arcs adjacents est réalisée au moyen de congés
23 de raccordement à concavité orientée vers le haut, et dont le rayon de courbure,
noté
H, est comparable au rayon
C (en valeur absolue). La jonction de la zone
22 centrale avec les sections
18,
19 externe et interne de la membrane
10 est réalisée au moyen de congés
24 de raccordement à concavité orientée vers le haut, et dont le rayon de courbure,
noté
I, est comparable aux rayons
C et
D, bien que légèrement inférieur en valeur absolue.
[0040] On note
J l'extension angulaire de chaque réserve
20 et
K l'extension angulaire des sections
21 d'arcs, toutes deux mesurées dans le plan
15 de pose secondaire autour de l'axe
X.
[0041] Le nombre n de réserves
20 est de préférence compris entre 3 et 7, et l'extension
J angulaire (exprimée en degrés) vérifie préférentiellement l'inégalité suivante :

[0042] Selon un mode de réalisation illustré sur la figure 3, l'extension
J angulaire des réserves
20 est comparable à l'extension
K angulaire des sections
21 d'arc. Les extensions angulaires
J,
K sont, de préférence, sensiblement égales. Dans le mode de réalisation illustré, où
le fond
6 comprend cinq réserves
20 en creux (
n = 5) réparties uniformément sur le périmètre de l'assise
14 interne, les extensions angulaires
J et
K sont de 35° environ.
[0043] On note par ailleurs
L l'extension radiale des réserves
20 en creux. Cette extension
L est supérieure à la largeur
F de l'assise (et même de préférence supérieure ou égale au triple de la largeur
F de l'assise) ; par ailleurs, l'extension
L est de préférence comprise entre un septième et un quart du diamètre
A de l'assise
14 interne. Dans le mode de réalisation illustré sur la figure 3,
L est environ égale au sixième du diamètre
A.
[0044] On notera que les traits visibles sur les figures sont destinés à mieux suggérer
le contour des réserves
20 (et plus précisément des zones
22 centrales et des congés
23,
24 de raccordement qui les encadrent), mais ne signifient nullement qu'il existe une
discontinuité entre ces différentes zones
22,
23,
24. La présence d'arêtes vives aurait pour effet, en introduisant de fortes variations
locales de la courbure de la matière au voisinage de l'assise interne, de favoriser
l'apparition de fissures lors du retournement de la membrane. Cet écueil est évité
grâce aux réserves
20 en creux dont les variations de courbure sont progressives, ce qui améliore en outre
la soufflabilité du récipient.
[0045] On voit sur la figure 5 que la course de la membrane
10 dans son retournement depuis sa configuration déployée (en trait plein) vers sa configuration
rétractée (en traits interrompus), mesurée au niveau de l'assise intérieure, est relativement
importante. Plus précisément, cette course, notée
M, est sensiblement égale au double de la distance
B entre les deux plans
9,
15 de pose ou, de préférence, au double de la somme de la distance
B et de la hauteur, notée
N, de la marche
16. Cette course
M importante est permise par la configuration de la membrane
10, et plus particulièrement la progressivité de son retournement induit par la forme
et les dimensions des réserves
20 en creux.
[0046] Cette course importante permet d'éviter au maximum le report sur le corps
5 de déformations accompagnant la diminution du volume interne du récipient
1 due au refroidissement du liquide et de l'air présent dans l'espace de tête (défini
entre le liquide et le bouchon fermant le récipient
1).
[0047] Afin de fabriquer le récipient
1 qui vient d'être décrit, on aura de préférence recours à une technique d'étirage
soufflage au sein d'un moule comprenant une paroi latérale définissant une ouverture
inférieure et d'un fond de moule mobile par rapport à la paroi du moule entre :
- une position basse, adoptée en début de soufflage, dans laquelle le fond de moule
est écarté de l'ouverture vers le bas, et
- une position haute, adoptée en fin de soufflage, dans laquelle le fond de moule obture
l'ouverture et repousse vers le haut la matière du fond 6 du récipient 1.
[0048] Cette technique, appelée boxage, permet d'une part d'augmenter le taux d'étirage
du fond, au bénéfice de sa rigidité mécanique, et d'autre part de faciliter la prise
d'empreinte de la membrane
10, surtout au niveau des réserves en creux
20.