Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie mécanique. Elle concerne,
plus particulièrement, une pièce de commande d'un mécanisme horloger, comprenant :
- une portion d'entraînement agencée pour recevoir une action de commande, et
- une zone de positionnement agencée pour coopérer avec un organe de positionnement
de manière à définir des positions stables de la pièce de commande.
Etat de la technique
[0002] Dans le domaine des chronographes, il est connu notamment du document
WO2009/098307 de commander les fonctions START, STOP et RESET au moyen de navettes qui, selon leurs
positions, permettent d'embrayer ou de débrayer une roue de chronographe, d'actionner
ou non un frein, d'actionner ou de relever des marteaux de remise à zéro. Dans ce
document, les différentes fonctions sont réalisées au moyen d'une couronne mobile
en rotation. La couronne est ainsi entraînée, à partir d'une position initiale, dans
une première direction pour réaliser le START. Puis, on revient la position initiale
pour réaliser le STOP et on entraîne la couronne dans une deuxième direction pour
réaliser le RESET.
[0003] Il est donc nécessaire, pour redémarrer une mesure, de passer à nouveau par la position
initiale, correspondant à la fonction STOP. Un retour manuel à cette position peut
ne pas être pratique. Par exemple, si une deuxième mesure doit être déclenchée rapidement
après une première, il faut d'abord passer de la position RESET à la position STOP.
Un retour automatique pose également des problèmes au niveau du fonctionnement pour
ramener la couronne et, dans l'exemple du mécanisme décrit dans le document précité,
pour relever les marteaux.
[0004] La présente invention a pour but de résoudre les inconvénients susmentionnés.
Divulgation de l'invention
[0005] De façon plus précise, l'invention concerne une pièce de commande d'un mécanisme
horloger, comprenant :
- une portion d'entraînement agencée pour recevoir une action de commande,
- une zone de positionnement agencée pour coopérer avec un organe de positionnement
de manière à définir des positions stables de la pièce de commande.
[0006] Selon l'invention, la pièce de commande comprend un levier mobile dont une extrémité
libre participe à la zone de positionnement, ledit levier étant susceptible d'évoluer
entre une première position dans laquelle la zone de positionnement définit deux positions
stables de la pièce de commande, par coopération avec l'organe de positionnement,
et une deuxième position dans laquelle la zone de positionnement définit trois positions
stables de la pièce de commande, par coopération avec l'organe de positionnement.
[0007] L'invention concerne également un système de commande comprenant une telle pièce
de commande.
Brève description des dessins
[0008] D'autres détails de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description
qui suit, faite en référence aux dessins annexés, dans lesquels :
- les figures 1 à 4 illustrent différentes position d'une pièce de commande selon l'invention,
et
- les figures 5 à 8 représentent ces différentes positions dans le cadre d'un système
de commande, particulièrement adapté pour un mécanisme de chronographe
Mode(s) de réalisation de l'invention
[0009] Les figures 1 à 4 ne représentent que les pièces principales d'un mode de réalisation
d'une pièce de commande 10 d'un mécanisme horloger selon l'invention. Cette pièce
de commande 10 comprend une portion d'entraînement 12 agencée pour recevoir une action
de commande. Selon l'exemple proposé, cette portion d'entraînement 12 est disposée
à la périphérie d'une bascule 14 destinée à être montée pivotante sur un bâti. Cette
portion d'entraînement 12 est typiquement une denture susceptible d'être actionnée
par une couronne de commande, telle que proposée dans le document
WO2009/098307, incorporé par référence, pour commander un mécanisme de chronographe. La portion
d'entraînement 12 pourrait également être prévue pour être actionnée par un ou plusieurs
poussoirs.
[0010] La pièce de commande 10 comprend également une zone de positionnement 16 agencée
pour coopérer avec un organe de positionnement 18 de manière à définir des positions
stables de la pièce de commande 10. L'organe de positionnement 18 est, typiquement,
un ressort sautoir dont l'extrémité biseautée est agencée pour coopérer avec la zone
de positionnement 16. On retrouve une telle zone de positionnement 16 dans les systèmes
de came de l'état de la technique.
[0011] Selon l'invention, la pièce de commande 10 comprend un levier mobile 20 dont une
extrémité libre participe à la zone de positionnement 16. Dans le mode de réalisation
proposé, le levier mobile 20 est disposé sur la bascule 14 de manière à pivoter en
référence à elle. Le levier mobile 20 est disposé dans une échancrure 22 de la bascule
14, dont les bords 22a, 22b forment des butées définissant une première et une deuxième
positions du levier mobile 20. La première position est représentée sur la figure
2 et correspond à une mise en butée du levier mobile 20 sur le bord 22a de l'échancrure
22. La deuxième position est représentée sur les figures 1, 3 et 4 et correspond à
une mise en butée du levier mobile 20 sur le bord 22b de l'échancrure 22.
[0012] Le levier mobile 20 est disposé dans le plan général défini par la bascule 14 et
reste dans ce plan pendant ses déplacements. Typiquement, le levier mobile 20 est
situé dans l'épaisseur de la bascule 14.
[0013] La bascule 14 comprend, à sa périphérie, une première encoche 24 conformée pour coopérer
avec l'organe de positionnement 18. La première encoche 24 définit encore un rebord
26 dont le rôle apparaîtra plus loin.
[0014] Le levier mobile 20 comprend, à son extrémité libre, une deuxième encoche 28 également
conformée pour coopérer avec l'organe de positionnement 18. La deuxième encoche 28
définit également un bec 30 dont le rôle apparaîtra plus loin. Lorsque le levier mobile
20 est dans sa deuxième position, représentée sur les figures 1, 3 et 4, on peut voir
sur ces figures qu'une troisième encoche 32 est définie entre la première et la deuxième
encoches 28. Cette troisième encoche 32 est plus précisément définie, d'une part,
par le rebord 26 de la première encoche 24 et, d'autre part, par le bec 30 de la deuxième
encoche 28.
[0015] De manière particulièrement intéressante, on constate que le bec 30 est dimensionné
de manière à ce que le rebord 26 puisse se loger sous le bec 30 et que ce dernier
puisse recouvrir le rebord 26. Lorsque le levier mobile 20 est dans sa première position
représentée sur la figure 2, le rebord 26 n'est plus exposé à l'organe de positionnement
18. Ainsi, dans cette première position du levier mobile 20, la zone de positionnement
16 définit deux positions de la pièce de commande 10, par coopération avec l'organe
de positionnement 18. De manière avantageuse, on peut prévoir que le bec 30 déborde
au-delà du rebord 26 de manière à s'assurer que l'organe de positionnement 18 ne puisse
coopérer qu'avec la première ou la deuxième encoches 28.
[0016] Le levier mobile 20 est donc susceptible d'évoluer entre une première position dans
laquelle la zone de positionnement 16 définit deux positions de la pièce de commande
10, par coopération avec l'organe de positionnement 18, et une deuxième position dans
laquelle la zone de positionnement 16 définit trois positions de la pièce de commande
10, par coopération avec l'organe de positionnement 18.
[0017] Une telle pièce de commande 10 peut avantageusement être mise en oeuvre dans un mécanisme
de chronographe proposé dans le document
WO2009/098307. Le fonctionnement d'un tel chronographe est représenté schématiquement sur les figures
5 à 8 qui vont maintenant être décrites.
[0018] Après une remise à zéro, un mécanisme de chronographe incorporant une pièce de commande
10 selon l'invention, est dans la position de la figure 5, correspondant à la figure
1. Le levier mobile 20 est dans sa première position. Bien que nous ne décrirons pas
ici en détails les éléments composant un mécanisme de chronographe, on peut voir que
deux navettes 34 sont agencées solitairement et de manière coaxiale sur la pièce de
commande 10. Pour réaliser les fonctions du chronographe, ces navettes 34 commandent
le positionnement :
- d'un frein 36 prévu pour appuyer sur une roue de compteur,
- d'une bascule d'embrayage 38 prévue pour positionner un mobile d'embrayage, et
- d'une bascule de marteaux 40 prévue pour positionner un ou plusieurs marteaux de remise
à zéro.
[0019] En position de remise à zéro, l'organe de positionnement 18 est dans la deuxième
encoche 28. Les marteaux sont en appui sur leur compteur respectif, le mobile d'embrayage
est débrayé et le frein n'est pas en appui sur la roue de compteur.
[0020] Pour enclencher une mesure, un utilisateur va exercer une action sur la portion d'entraînement
12, ce qui va faire pivoter la bascule 14 autour de son axe dans une première direction.
Sous l'action de !'organe de positionnement 18, le levier mobile 20 va alors venir
dans sa deuxième position et s'appuyer sur le bord 22b de l'échancrure 22. On est
alors dans la position illustrée sur la figure 6, correspondant à la figure 2, juste
avant le START. Une fois que le levier mobile 20 est dans sa deuxième position, la
poursuite du pivotement de la bascule 14 permet que l'organe de positionnement 18
tombe directement dans la première encoche 24, sans passer par la troisième encoche
32. On passe donc directement d'une position RESET à une position START (figure 7,
correspondant à la figure 3). Les marteaux sont levés, le mobile d'embrayage est embrayé
et le frein n'est pas en appui sur la roue de compteur. On remarque que, le levier
étant librement mobile, une fois que l'organe de positionnement 18 est dans la première
encoche 24, il va être repoussé en direction de sa première position par l'organe
de positionnement 18 mais ne sera pas nécessairement maintenu dans cette première
position.
[0021] Lorsqu'un utilisateur va ensuite exercer une action sur la portion d'entraînement
12 pour stopper la mesure, la bascule 14 va être entraînée autour de son axe dans
une deuxième direction. Sous l'action de l'organe de positionnement 18, le levier
mobile 20 va alors venir dans sa première position et s'appuyer sur le bord 22a de
l'échancrure 22. La troisième encoche 32 ainsi défine peut recevoir l'organe de positionnement
18 pour positionner la pièce de commande 10 dans une position correspondant au STOP.
Les marteaux sont levés, le mobile d'embrayage est débrayé et le frein est en appui
sur la roue de compteur. On peut alors soit redémarrer la mesure ou remettre les compteurs
à zéro. Dans ce dernier cas, on revient à la position initiale et une nouvelle mesure
peut être immédiatement commencée, sans devoir revenir à la position STOP. De plus,
c'est bien l'utilisateur qui fournit l'énergie nécessaire à relever les marteaux lors
de l'enclenchement d'une mesure, assurant un fonctionnement précis.
[0022] La présente description est proposée à titre d'illustration non limitative. L'homme
du métier pourra envisager différentes adaptations sans sortir du cadre défini par
les revendications. Par exemple, le levier mobile 20 pourrait également être solidaire
de la bascule 14 et être monté mobile élastiquement en référence à cette bascule.
1. Pièce de commande (10) d'un mécanisme horloger, comprenant :
- une portion d'entraînement (12) agencée pour recevoir une action de commande,
- une zone de positionnement (16) agencée pour coopérer avec un organe de positionnement
(18) de manière à définir des positions stables de la pièce de commande (10),
caractérisée en ce que la pièce de commande (10) comprend un levier mobile (20) dont une extrémité libre
participe à la zone de positionnement (16), ledit levier étant susceptible d'évoluer
entre une première position dans laquelle la zone de positionnement (16) définit deux
positions de la pièce de commande (10), par coopération avec l'organe de positionnement
(18), et une deuxième position dans laquelle la zone de positionnement (16) définit
trois positions de la pièce de commande (10), par coopération avec l'organe de positionnement
(18).
2. Pièce de commande (10) selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend une bascule (14) sur laquelle est disposé le levier mobile (20).
3. Pièce de commande (10) selon la revendication 2, dans laquelle ladite bascule (14)
définit un plan général, caractérisée en ce que le levier mobile (20) est agencé essentiellement dans ledit plan général et en ce qu'il se déplace entre sa première et sa deuxième position parallèlement audit plan général.
4. Pièce de commande (10) selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisée en ce que la bascule (14) comprend, à sa périphérie, une première encoche (24) conformée pour
coopérer avec l'organe de positionnement (18).
5. Pièce de commande (10) selon la revendication 3, caractérisée en ce que le levier mobile comprend, à son extrémité libre, une deuxième encoche (28) conformée
pour coopérer avec l'organe de positionnement (18).
6. Pièce de commande (10) selon les revendications 3 et 4, caractérisée en ce qu'une troisième encoche 32 est définie entre la première et la deuxième encoches (28),
lorsque le levier mobile (20) est dans sa deuxième position.
7. Pièce de commande (10) selon la revendication 6, dans laquelle la première encoche
(24) définit un rebord (26), la deuxième encoche (28) définit un bec (30), caractérisée en ce que le bec (30) recouvre le rebord (26) lorsque le levier est dans sa première position
et en ce que la troisième encoche (32) est définie par le rebord (26) et par une face du bec (30).
8. Pièce de commande (10) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le levier mobile (20) est disposé dans une échancrure (22) de la bascule (14), dont
les bords forment des butées définissant les première et deuxième positions du levier
mobile (20).
9. Pièce de commande (10) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le levier mobile (20) est solidaire de la bascule (14) et est monté mobile élastiquement
en référence à la bascule (14).
10. Pièce de commande (10) selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le levier mobile (20) est monté pivotant sur la bascule (14).
11. Pièce de commande (10) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la portion d'entrainement comprend une denture.
12. Système de commande comprenant une pièce de commande (10) selon l'une des revendications
précédentes, et un organe de positionnement (18) agencé pour coopérer avec la zone
de positionnement (16), caractérisé en ce que le levier mobile (20) passe de l'une de ses positions à l'autre sous l'action de
l'organe de positionnement (18), lors des déplacements de la pièce de commande (10).
13. Système de commande selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la pièce de commande (10) porte au moins une navette (34) pour commander les fonctions
d'un chronographe.