[0001] L'invention se rapporte au domaine des balais destinés à assurer un contact électrique
entre une pièce / élément fixe et une pièce / élément en rotation dans une machine
électrique tournante. Cette pièce tournante peut par exemple être une partie de collecteur
d'un moteur électrique ou une bague d'une génératrice d'éolienne.
[0002] Ces balais sont généralement composés de graphite. Il est connu, notamment pour des
applications correspondant à des courants forts, ou à des signaux précis, de fabriquer
des balais à partir d'un mélange de poudres de graphite et d'argent.
[0003] L'argent permet de conférer aux contacts électriques glissants une relativement faible
chute de tension au contact avec la pièce tournante et une résistivité électrique
faible, ce qui améliore la dissipation thermique. En outre, pendant le fonctionnement,
il se forme des oxydes d'argent qui ont la particularité d'être de bons conducteurs
électriques (en comparaison aux autres oxydes métalliques). Grâce à ces propriétés,
les matériaux permettant le contact électrique glissant, tels que les balais, sont
avantageusement mis en oeuvre notamment dans les domaines de l'aéronautique ou éolien,
fonctionnant dans des conditions extrêmes (atmosphères corrosives, chaudes, humides
ou sous vide partiel). Par conséquent, on s'assure habituellement que le composant
argent de ces matériaux est exempt d'impuretés métalliques qui pourraient en altérer
les qualités et performances par une oxydation indésirable ou par perte des propriétés
électriques. Toutefois, il est bien connu que des matériaux de contact électrique,
en particulier les balais, contenant un métal autre que l'argent, tel que le cuivre,
sont utilisés pour des usages différents de ceux des balais à base d'argent.
[0004] Néanmoins, l'argent est une matière première relativement chère et peu disponible
sur le marché. De plus, il s'est avéré que les propriétés du balai dépendent relativement
étroitement de la qualité de la poudre d'argent utilisée.
[0005] Le document
US-A-2005/02 12376 décrit un balai composé principalement de carbone et d'argent.
[0006] Il existe donc un besoin pour un matériau de contact électrique glissant, tel qu'un
balai, meilleur marché, et pour lequel la reproductibilité serait améliorée.
[0007] Il est proposé un balai d'après la revendication 1 destiné à assurer un contact électrique
entre une pièce fixe et une pièce en mouvement d'une machine électrique de transfert
de puissance, ce balai comprenant une couche composée principalement de carbone, d'argent
et d'un autre métal distinct de l'argent.
[0008] Par carbone, on entend tout composé contenant l'élément carbone, avantageusement
le graphite, qui est le carbone présentant à la fois des propriétés électriques et
des propriétés de friction adaptées aux contacts électriques glissants.
[0009] Ainsi, ce balai est moins onéreux que les balais de l'art antérieur, et l'approvisionnement
en argent est moins déterminant pour les propriétés du balai que dans l'art antérieur
pour lequel, en cas de difficulté d'approvisionnement chez un fournisseur donné et
de choix d'un autre fournisseur, il existe un risque de non reproductibilité des propriétés
du balai.
[0010] Avantageusement, l'autre métal, distinct de l'argent, est apte à se substituer partiellement
à celui-ci, tout en respectant, d'une part, les propriétés physiques du matériau constitutif
du balai, qui déterminent les performances fonctionnelles des balais et, d'autre part,
en limitant le coût du matériau balai final. En particulier, la nature de l'autre
métal, la proportion massique relative argent/autre métal et/ou la température de
frittage lors de la fabrication des balais conditionnent les propriétés électriques
et mécaniques, que ces métaux soient alliés ou non alliés. Par exemple, certains métaux
soit s'oxydent de façon rédhibitoire, soit ne présentent pas les propriétés de résistivité
électrique voulues. Autrement dit, l'autre métal est choisi de façon à ce que le balai
présente au moins les mêmes propriétés électriques et mécaniques qu'un balai composé
principalement d'argent et de carbone.
[0011] Selon des modes de réalisation avantageux de l'invention, l'autre métal est choisi
dans le groupe constitué par les métaux conducteurs ayant typiquement des résistivités
électriques comprises entre 1.7 et 700 x10
-8 Ohm.m, à 20°C.
[0012] Très avantageusement et de façon non limitative, cet autre métal peut être choisi
parmi l'aluminium, le zinc, le fer, le nickel, l'acier, l'étain et le cuivre.
[0013] En particulier, cet autre métal peut être du cuivre. Les expériences préliminaires
effectuées par la Demanderesse sur le mélange argent-cuivre ont en effet montré que
ce mélange permettait de conserver, voire d'améliorer les propriétés mécaniques et
électriques. En outre, l'utilisation d'argent et de cuivre dans un balai a permis
un meilleur respect de l'état de surface de la pièce tournante comparativement à l'argent
seul.
[0014] Très avantageusement, l'argent et l'autre métal ne sont pas alliés.
[0015] Dans ces conditions, l'analyse de la microstructure des matériaux obtenus à partir
d'un mélange carbone, argent et cuivre a permis de confirmer que lors de la fabrication
du matériau, selon ces modes de réalisation préférés, le cuivre ne forme pas d'alliage
avec l'argent. Ceci s'explique par une température de frittage inférieure à celle
de l'eutectique argent-cuivre (779°C). Cette absence d'alliage permet de tirer parti
des propriétés les plus avantageuses de chacun des métaux. Par exemple, l'argent est
reconnu comme étant plus ductile que le cuivre mais le cuivre présente une plus grande
ténacité que l'argent.
[0016] En outre, l'analyse de la microstructure a montré que le matériau obtenu par la substitution
partielle d'argent par du cuivre présentait un réseau métallique particulièrement
fin et interconnecté par rapport au matériau constitué du seul métal argent, autrement
dit permettant une meilleure percolation dans le matériau constitutif du balai, bénéfique
pour le passage du courant électrique.
[0017] Cette différence s'expliquerait par les caractéristiques initiales des grains d'argent
et de cuivre, leur forte ductilité respective et par l'affinité chimique particulière
entre ces deux métaux. La morphologie, la taille, la masse volumique et la ductilité
des grains sont dues à la fois à la nature chimique du matériau les constituants et
à leur méthode d'obtention. Ces aspects déterminent les propriétés d'emploi des mélanges
au travers de leur comportement en cours d'écoulement, de remplissage, de réarrangement,
de compressibilité et de compactibilité. Ce comportement influence considérablement
la densification dudit matériau pendant la phase de compression. Par ailleurs, pour
des matériaux ductiles, cette densification conditionne les propriétés finales dudit
matériau après l'étape du frittage.
[0018] Avantageusement, et sur la base des observations précédentes basées sur le mélange
argent-cuivre, la Demanderesse a sélectionné certains des paramètres susmentionnés,
tels que la nature chimique, la densité tassée, la distribution de la taille des particules
et la surface spécifique de chaque poudre, pour produire un matériau comprenant l'argent
et l'autre métal présentant un taux de densification optimal durant la phase de compression.
Ceci permet d'obtenir un matériau après frittage présentant des performances mécaniques
et électriques similaires, voire supérieures, à celles des matériaux dans lequel le
métal est seulement l'argent, du fait de la spécificité de la microstructure obtenue.
Cette sélection s'est effectuée en particulier sur la base des propriétés des différentes
poudres.
[0019] Dans d'autres modes de réalisation, l'argent et l'autre métal sont alliés sous la
condition que les effets recherchés, mentionnés précédemment, soient obtenus.
[0020] Avantageusement, le balai comporte en outre au moins une couche supplémentaire, ce
qui peut permettre d'adapter au mieux le balai aux diverses contraintes de fabrication
et d'utilisation.
[0021] Par exemple, la couche supplémentaire peut être dénuée d'argent, ou bien comprendre
de l'argent en relativement faible quantité, par exemple moins de 5% en masse. Limiter
ainsi encore la quantité d'argent dans le balai peut permettre de diminuer le prix
et la dépendance à la qualité de la matière première argent.
[0022] On peut par exemple prévoir d'utiliser la couche décrite ci-dessus, avec du carbone,
de l'argent et l'autre métal, en tant que couche d'usure, en contact avec une pièce
tournante, tandis que la couche supplémentaire constituera une couche d'ancrage ou
de connexion, permettant le raccordement électrique à la pièce fixe. On peut ainsi
bénéficier des propriétés que l'argent apporte aux contacts glissants, notamment une
relativement faible chute de tension au contact. Dans ce cas, la couche supplémentaire
est située au-dessus de la couche d'usure, selon un axe vertical par rapport à un
plan de contact balai/pièce tournante. La taille de cette couche est choisie par l'homme
du métier au regard du plan du balai étudié. Dans un mode de réalisation, le balai
peut comporter plus de deux couches, par exemple trois couches ou davantage. Outre
une couche d'usure et une couche de connexion, le balai peut ainsi comprendre une
couche de commutation, une couche de rodage pour roder un collecteur, ou autre. Avantageusement
une ou plusieurs couches intermédiaires entre la couche d'usure et de connexion permettent
de constituer un gradient de proportion massique de l'autre métal dans le balai, gradient
qui serait croissant de la couche d'usure vers la couche de connexion, ce qui permet
une meilleure cohésion mécanique dans le balai.
[0023] L'invention n'est donc pas limitée par le nombre de couches, ni par leur disposition.
[0024] En particulier, le balai peut être constitué d'une seule couche argentée, telle que
décrite ci-dessus.
[0025] L'invention n'est pas limitée par la composition de la couche supplémentaire. Cette
couche peut, par exemple, être composée essentiellement de métal, par exemple de cuivre.
[0026] Avantageusement, la couche supplémentaire peut être composée principalement de carbone
et de métal, avantageusement de l'autre métal. L'utilisation du même métal, dit autre
métal, d'une couche à l'autre, permet d'avoir des qualités mécaniques et électriques
relativement satisfaisantes, mais il n'est bien entendu pas exclu de choisir un tiers
métal pour cette couche supplémentaire.
[0027] Outre le carbone et le métal, la couche peut comprendre au moins un liant et/ou au
moins un additif, dans des proportions habituelles pour l'homme du métier, variant
de 1 à 20% en masse, le liant pouvant être typiquement une résine de type phénolique
et les additifs choisis notamment parmi les familles des lubrifiants solides, abrasifs
et additifs anti-oxydants habituellement utilisés dans le domaine des contacts électriques
glissants. Avantageusement, la couche supplémentaire peut avoir une composition proche
de la couche décrite ci-dessus, en ce sens que les proportions massiques de métal
et de carbone peuvent être relativement proches d'une couche à l'autre. La couche
supplémentaire peut notamment avoir une proportion de métal sensiblement identique
à la proportion de métal (c'est-à-dire de l'ensemble argent et l'autre métal) de la
couche argentée décrite ci-dessus.
[0028] Avantageusement, dans le balai comportant la couche supplémentaire et la couche d'usure,
comprenant de l'argent et de l'autre métal, lesdites couches comportent en outre au
moins un liant et/ou au moins un additif, où le carbone, ledit au moins un liant et/ou
ledit au moins un additif sont de nature identique et dans des proportions massiques
relatives sensiblement égales d'une couche à l'autre. On utilise ainsi pour ces deux
couches le ou les mêmes liant(s), le ou les même(s) additif(s) et par exemple le même
graphite, et dans des proportions sensiblement égales d'une couche à l'autre.
[0029] Par sensiblement identique, on entend que la différence des proportions massiques
de carbone dans l'une et l'autre couche représente moins de 5% de la masse de carbone
de la couche d'usure ou de la couche d'ancrage, avantageusement moins de 2%. Cette
composition permet en effet une meilleure cohésion mécanique entre les deux couches
après cuisson.
[0030] Ceci permet d'avoir une relativement bonne cohésion mécanique entre ces deux couches,
et de conférer au balai une durée de vie relativement élevée. Sans vouloir être lié
par une théorie, il est possible que les coefficients de dilatation thermique des
deux couches soient relativement proches, ce qui pourrait limiter la formation de
contraintes à l'interface entre ces couches.
[0031] Au sein de la couche argentée, les proportions massiques relatives de l'argent et
autre métal sont avantageusement de 20/80 à 80/20.
[0032] Par exemple, les proportions massiques relatives en argent métal et autre métal vont
de préférence de 70/30 à 30/70. Avantageusement, les proportions relatives en argent
métal et en l'autre métal sont comprises dans la plage de valeurs allant de 40/60
à 60/40, de préférence 45/55 à 55/45, en particulier 50/50. Dans certains cas, les
proportions massiques relatives de l'argent et autre métal sont de 70/30, 50/50 ou
30/70.
[0033] Par « couche composée principalement de tel et/ou tel composant », on comprendra
que la masse de l'ensemble de ces tel et/ou tel composant représente plus de 70% de
la masse de la couche, avantageusement plus de 80% de la masse de la couche et avantageusement
environ 90% de la masse de la couche. Par « environ 90% », on entend entre 85% et
95%, et avantageusement entre 88 et 92%.
[0034] Le reste de la masse de la couche est constitué d'additifs et/ou de liants. La proportion
massique du ou des additif(s) peut représenter moins de 10% de la masse de la couche,
avantageusement moins de 5% de la masse de la couche, et avantageusement plus de 2%
de la masse de la couche. La proportion massique du ou des liant(s) peut représenter
moins de 20% de la masse de la couche, avantageusement moins de 10% de la masse de
la couche, et avantageusement plus de 4% de la masse de la couche.
[0035] Selon l'invention, chacun de ces tel ou tel composant est présent dans la couche
à plus de 15% en masse par rapport à la masse de la couche, avantageusement à plus
de 20% en masse par rapport à la masse de la couche et avantageusement à moins de
80% en masse par rapport à la masse de la couche.
[0036] Par exemple, la masse de l'ensemble argent/cuivre/carbone peut représenter 90% de
la masse de la couche d'usure, et la masse du cuivre seul peut représenter entre 20%
et 40% de la masse de la couche d'usure. Par exemple, la masse de l'ensemble cuivre-graphite
peut représenter 90% de la masse de la couche d'ancrage.
[0037] Parmi les avantages des balais réalisés selon l'invention, on peut citer les suivants.
[0038] Dans des conditions de fabrication similaires et des conditions d'essais identiques,
il a été observé qu'un balai en argent/carbone, comprenant classiquement 65% en masse
d'argent, pouvait présenter un taux d'usure et un coefficient de frottement sensiblement
identiques par rapport à un balai à base de carbone/argent/autre métal, en particulier
l'autre métal étant le cuivre.
[0039] La Demanderesse a également observé un meilleur respect de l'état de surface de la
pièce tournante, en particulier une déformation moindre (faux-rond). Sans être lié
par une quelconque théorie, la Demanderesse suppose que l'obtention d'une microstructure
particulière du matériau constitué d'argent et autre métal, lequel est en particulier
le cuivre, pourrait l'expliquer, du moins en partie.
[0040] En outre, il n'est pas observé d'augmentation de la température de la pièce tournante
avec l'emploi du balai selon l'invention qui reste dans la gamme de 70 à 90°C selon
les proportions massiques relatives utilisées. Cette observation pourrait paraître
surprenante, car, étant donné que l'argent est meilleur conducteur électrique que
l'autre métal selon l'invention, la substitution d'une partie d'argent par cet autre
métal pourrait conduire à une augmentation de la température par effet Joule. Toutefois
il a été observé d'une part que les propriétés électriques étaient conservées, et
d'autre part, que le réseau métallique présentait une meilleure percolation.
[0041] Ainsi les pertes totales (électriques et mécaniques) sont donc conservées.
[0042] Il est également proposé un procédé de fabrication d'un balai selon l'invention,
comprenant une étape de mélange d'une poudre de carbone, en particulier, le graphite,
d'une poudre métallique, cette poudre métallique étant composée principalement d'argent
et d'un autre métal différent de l'argent. Cette poudre métallique peut par exemple
avoir elle-même été obtenue en mélangeant une poudre d'argent et une poudre de cet
autre métal.
[0043] Selon des modes de réalisation, les poudres sont ensuite comprimées, éventuellement
dans un moule approprié à la forme du balai souhaitée, puis le matériau cru obtenu,
c'est-à-dire non fritté, est ensuite fritté à une température inférieure à celle de
l'eutectique argent/autre métal, ce qui conduit à l'obtention d'un matériau non-allié.
[0044] Les poudres des différents constituants sont de granulométries voisines et habituellement
choisies par l'homme du métier en vue de l'obtention des caractéristiques physiques
souhaitées pour le matériau final.
[0045] Ce procédé peut permettre d'obtenir un balai tel que décrit ci-dessus.
[0046] Il est en outre proposé d'utiliser le balai obtenu pour une machine électrique utilisée
pour le transfert de puissance, laquelle machine est en particulier un générateur,
tel qu'une génératrice d'éolienne.
[0047] L'invention n'est pas limitée par une application donnée. On peut notamment citer
:
- des applications liées au transfert de puissance électrique, par exemple dans le domaine
des génératrices d'éoliennes, des machines spéciales, ou autres,
- des applications sous atmosphère très peu humide, par exemple dans le domaine de l'aéronautique
ou de l'aérospatial.
[0048] L'invention est décrite plus en détail en référence à un mode de réalisation décrit
ci-dessous, en référence à la Figure 1 qui représente un exemple de microstructure
de la couche d'usure d'un balai, (A) selon l'art antérieur comprenant 65% d'argent
et du graphite, (B) selon l'invention avec une proportion massique relative Ag/Cu
de 50/50, également contenant du graphite.
[0049] Dans ce mode de réalisation, un balai comportant deux couches, dit balai bicouche,
comporte :
- une couche d'usure dite couche argentée, couche fonctionnelle, ou bien encore couche
de contact, et
- une couche supplémentaire, dite également couche de connexion ou d'ancrage.
[0050] La couche d'usure comprend principalement du carbone sous forme graphite, de l'argent,
et du cuivre.
[0051] La masse de l'argent présent dans la couche d'usure représente prés de 32% de la
masse de la couche d'usure.
[0052] La masse du cuivre présent dans la couche d'usure représente prés de 32% de la masse
de la couche d'usure.
[0053] La masse restante, soit 36% de la masse de la couche d'usure, est constituée principalement
de graphite et comprend en outre un ou des liant(s) et additifs, dans des proportions
habituelles pour l'homme du métier. Comme liant, on choisi ici une résine phénolique.
Par exemple, le graphite est présent à 26% en masse par rapport à la masse de la couche
d'usure, le ou les additifs à 3,5% en masse, et la résine phénolique à 6,5% en masse.
[0054] La couche de connexion comprend principalement du graphite et du cuivre.
[0055] La masse du cuivre présent dans la couche d'ancrage représente prés de 64% de la
masse de la couche d'ancrage.
[0056] La masse restante, soit 36% de la masse de cette couche d'ancrage est constituée
principalement de graphite et peut aussi comprendre un ou des liant(s) et additif(s)
du type et dans des proportions habituelles pour l'homme du métier. Par exemple, le
graphite est présent à 26% en masse par rapport à la masse de la couche de connexion,
le ou les additifs à 3,5% en masse, et la résine phénolique à 6,5% en masse.
[0057] Le graphite, les liants et additifs sont les mêmes d'une couche à l'autre. On peut
par exemple prévoir un approvisionnement de chacun de ces matériaux chez le même fournisseur.
[0058] On peut relever que la proportion en masse du cuivre dans la couche de connexion
est sensiblement identique à la proportion en masse de métal (c'est-à-dire ici d'argent
et de cuivre) dans la couche d'usure. Dans cet exemple, on a ainsi 64 % en masse de
métal dans l'une et l'autre couche.
[0059] Autrement dit, la proportion en masse du graphite additionné au(x) liant(s) et additif(s)
est sensiblement identique dans la couche de connexion et dans la couche d'usure.
[0060] Par sensiblement identique, on entend que la différence des masses de carbone dans
l'une et l'autre couche représente moins de 5% de la masse de carbone de la couche
d'usure ou de la couche de connexion, avantageusement moins de 2%. Cette composition
permet en effet une meilleure cohésion mécanique entre les deux couches après cuisson.
[0061] La couche d'ancrage ou couche de connexion n'est pas destinée à être en contact avec
la pièce tournante durant la durée de vie du balai. Sa fonction est d'assurer le logement
des câbles ou autres éléments de connexion électrique et d'avoir les propriétés électriques
et mécaniques nécessaires au bon fonctionnement du balai. Cette couche de connexion
n'a donc pas besoin de comporter de l'argent dans sa composition. Cette couche est
donc composée principalement de graphite et de cuivre. Cette couche de connexion présente
le même taux de métal et le même taux de carbone que la couche d'usure dite également
couche fonctionnelle ou couche de contact.
[0062] Dans ce mode de réalisation, au sein de la couche d'usure l'argent et le cuivre sont
présents dans des proportions massiques relatives de 50/50. En variante, on peut prévoir
qu'au sein de cette couche d'usure, la proportion relative d'argent rapportée à la
proportion massique relative de cuivre soit de 70/30.
[0063] Selon une autre variante, on peut prévoir qu'au sein de cette couche d'usure, la
proportion massique relative d'argent rapportée à la proportion relative de cuivre
soit de 30/70.
[0064] Les proportions massiques relatives 50/50 sont particulièrement avantageuses en ce
sens qu'elles permettent une réduction de 68 % du coût du balai par rapport à un balai
de l'art antérieur composé principalement de graphite et d'argent. Lorsque les proportions
massiques relatives d'argent et de cuivre sont de 70/30, la réduction de coût est
d'environ 30 % par rapport à l'art antérieur.
[0065] Dans ce mode de réalisation, on a choisi d'utiliser du cuivre. Ce métal est avantageux
car relativement conducteur. Néanmoins, on peut envisager de choisir un autre métal,
en particulier de l'aluminium, du fer, de l'étain, de l'acier ou du zinc qui peuvent
se révéler avantageux d'un point de vue coûts.
[0066] Est maintenant décrit succinctement un procédé de fabrication de ce balai, selon
un mode de réalisation préféré de l'invention.
[0067] Pour obtenir la couche d'usure, on peut par exemple mélanger dans un premier temps
la résine phénolique au graphite. La résine phénolique enrobe alors les particules
de graphite. Dans un deuxième temps, le graphite ainsi enrobé est broyé et tamisé
de manière à obtenir une répartition granulométrique habituelle pour l'homme du métier.
Enfin ce prémix est mélangé de manière homogène à de la poudre d'argent, à de la poudre
de cuivre et à un ou des additif(s).
[0068] Pour réaliser la couche de connexion, on pourra là aussi prévoir de mélanger le même
prémix à de la poudre de cuivre.
[0069] Le balai bicouche peut ensuite être réalisé en utilisant un procédé tel que décrit
dans le document
FR 2 709 611. Par exemple, le mélange composé principalement de cuivre et de graphite d'une part,
et le mélange composé principalement de cuivre, d'argent et de graphite d'autre part,
sont amenés dans un moule via une trémie cloisonnée, guidée par un fond mobile de
type piston. Les poudres dans le moule sont ensuite comprimées à l'aide d'un piston
supérieur en utilisant une force de compression permettant d'obtenir la densité souhaitée,
puis le matériau obtenu est fritté à une température comprise entre 200 et 779°C.
Il est ainsi obtenu un balai ou les métaux sont non alliés.
[0070] La Demanderesse a effectué des essais sur une machine électrique tournante avec des
balais comportant en tant que couche d'usure :
Echantillon A : 70/30 (proportion massique relative Ag/Cu),
Echantillon B : 60/40 (Ag/Cu),
Echantillon C : 50/50(Ag/Cu),
Echantillon D ; 30/70 (Ag/Cu)
Echantillon comparatif : 100/0 (Ag/Cu)
[0071] Les conditions d'essai sont les suivantes :
La pièce tournante est constituée d'une bague collectrice en bronze d'un diamètre
de 200 mm, d'une largeur adaptée par rapport aux dimensions des balais, dans ce cas
précis de 27 mm et tournant à une vitesse périphérique de 20m/s.
[0072] Trois balais identiques sont en contact avec la bague, ces balais ayant des dimensions
txaxr, « t », « a », et « r » étant définis selon la nomenclature de la Commission
Electrotechnique Internationale (Suisse), de 20X10X32 mm. On exerce une pression de
380 g/cm
2 sur les balais et la densité de courant est de 15A/cm
2. L'ambiance de l'ensemble est maintenue à une température fixe de 55°C pendant la
totalité de l'essai grâce à un dispositif approprié. L'ensemble des paramètres susnommés
étant retenus comme typiques pour l'application visée.
Le Tableau 1 présente les résultats obtenus.
Tableau 1
| Echantillon |
Proportion massique relative Ag/Cu |
Pourcentage massique* |
Usure (mm/1000h) |
Température (T°C) |
| Comparatif |
100/0 |
65% Ag / 0% Cu |
2.6 |
81 |
| A |
70/30 |
45% Ag / 20% Cu |
2,6 |
76 |
| B |
60/40 |
39% Ag / 26% Cu |
2,1 |
83 |
| C |
50/50 |
32% Ag / 32% Cu |
1,2 |
91 |
| D |
30/70 |
20% Ag / 45% Cu |
1,7 |
77 |
| Remarque : dans certains cas, les valeurs des pourcentages massiques ont été approximées |
[0073] Le Tableau 1 montre que les balais de l'invention présentent non seulement une usure
comparable à celle obtenue avec des balais classiques, mais que cette usure peut être
moins importante d'un facteur 2.
De façon surprenante, la température de surface de la bague est sensiblement identique
d'un échantillon à l'autre, les valeurs mesurées étant conformes aux préconisations
recommandées par l'homme du métier, c'est-à-dire un intervalle de 60 à 100°C, afin
d'obtenir la formation du troisième corps, appelé patine, nécessaire pour un fonctionnement
tribologique optimal de l'ensemble balais/bague.
1. Balai destiné à assurer un contact électrique entre une pièce fixe et une pièce en
mouvement d'une machine électrique de transfert de puissance, caractérisé en ce que ledit balai comprend une couche composée principalement de carbone, d'argent, et
d'un autre métal différent de l'argent, le carbone étant présent à plus de 15% en
masse par rapport à la masse de la couche, l'argent étant présent à plus de 15% en
masse par rapport à la masse de la couche, et ledit autre métal différent de l'argent
étant présent à plus de 15% en masse par rapport à la masse de la couche, et en ce que ladite couche est obtenue par mélange d'une poudre de carbone et d'une poudre métallique,
ladite poudre métallique étant composée principalement d'argent et dudit autre métal
différent de l'argent.
2. Balai selon la revendication 1, dans lequel l'autre métal est choisi de façon à ce
que le balai présente au moins les mêmes propriétés électriques et mécaniques qu'un
balai composé principalement d'argent et de carbone.
3. Balai selon la revendication 1 ou 2, dans lequel l'autre métal est choisi dans le
groupe constitué par les métaux conducteurs ayant des résistivités électriques comprises
entre 1.7 et 700 ×10-8 Ohm.m à 20°C.
4. Balai selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel l'autre métal est
choisi parmi l'aluminium, le zinc, le fer, le nickel, l'acier, l'étain et le cuivre.
5. Balai selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dans lequel l'argent et l'autre
métal ne sont pas alliés.
6. Balai selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans lequel les proportions
massiques relatives en argent métal et en l'autre métal sont comprises dans la plage
de valeurs allant de 30/70 à 70/30, en particulier entre 40/60 et 60/40.
7. Balai selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, comportant en outre au moins
une couche supplémentaire.
8. Balai selon la revendication 7, dans lequel la couche supplémentaire est dénuée d'argent.
9. Balai selon l'une des revendications 7 ou 8, dans lequel la couche supplémentaire
est composée principalement de carbone et de métal.
10. Balai selon la revendication 9, dans lequel la couche supplémentaire et la couche
d'usure, comprenant de l'argent et de l'autre métal, comportent en outre au moins
un liant et/ou au moins un additif,
caractérisé en ce que le carbone, ledit au moins un liant et/ou ledit au moins un additif sont de nature
identique et dans des proportions massiques relatives sensiblement égales d'une couche
à l'autre.
11. Utilisation du balai selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, pour une machine
électrique de transfert de puissance, laquelle machine est en particulier un générateur.
12. Procédé de fabrication d'un balai, tel que défini selon l'une quelconque des revendications
1 à 10, comprenant une étape de mélange de la poudre de carbone et de la poudre métallique.
13. Procédé selon la revendication 12, dans lequel les poudres sont ensuite comprimées,
puis le matériau cru obtenu est ensuite fritté à une température inférieure à celle
de l'eutectique argent/autre métal.
1. Bürste, welche für die Gewährleistung eines elektrischen Kontaktes zwischen einem
festen Teil und einem Teil in Bewegung einer elektrischen Maschine zur Leistungsübertragung
vorgesehen ist, dadurch gekennzeichnet, dass die Bürste eine Schicht umfasst, welche vorwiegend aus Kohlenstoff, Silber und einem
weiteren, von Silber verschiedenen Metall zusammengesetzt ist, wobei der Kohlenstoff
zu über 15 Ma% in Bezug auf die Masse der Schicht vorhanden ist, wobei das Silber
zu über 15 Ma% in Bezug auf die Masse der Schicht vorhanden ist, und das andere, von
Silber verschiedene Metall zu über 15 Ma% in Bezug auf die Masse der Schicht vorhanden
ist, und dadurch, dass die Schicht durch Mischen eines Kohlenstoffpulvers und eines
Metallpulvers erhalten wird, wobei das Metallpulver vorwiegend aus Silber und dem
weiteren, von Silber verschiedenen Metall zusammengesetzt ist.
2. Bürste nach Anspruch 1, wobei das weitere Metall derart ausgewählt ist, dass die Bürste
zumindest die gleichen elektrischen und mechanischen Eigenschaften wie eine vorwiegend
aus Silber und Kohlenstoff zusammengesetzte Bürste aufweist.
3. Bürste nach Anspruch 1 oder 2, wobei das weitere Metall aus der Gruppe, bestehend
aus leitenden Metallen mit elektrischen Widerständen von 1,7 bis 700 x 10-8 Ohm.m bei 20 °C, ausgewählt ist.
4. Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 3, wobei das weitere Metall aus Aluminium, Zink,
Eisen, Nickel, Stahl, Zinn und Kupfer ausgewählt ist.
5. Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 4, wobei das Silber und das weitere Metall nicht
legiert sind.
6. Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 5, wobei die relativen Massenanteile an Silbermetall
und an dem weiteren Metall innerhalb des Wertebereichs, der von 30/70 bis 70/30 reicht,
insbesondere zwischen 40/60 und 60/40, liegen.
7. Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 6, welche des Weiteren mindestens eine Zusatzschicht
umfasst.
8. Bürste nach Anspruch 7, wobei die Zusatzschicht frei von Silber ist.
9. Bürste nach einem der Ansprüche 7 oder 8, wobei die Zusatzschicht vorwiegend aus Kohlenstoff
und aus Metall zusammengesetzt ist.
10. Bürste nach Anspruch 9, wobei die Zusatzschicht und die Verschleißschicht, enthaltend
das Silber und das weitere Metall, des Weiteren mindestens ein Bindemittel und/oder
mindestens einen Zusatzstoff enthalten,
dadurch gekennzeichnet, dass der Kohlenstoff, das mindestens eine Bindemittel und/oder der mindestens eine Zusatzstoff
identischer Natur sind und in unter den Schichten in etwa gleichen relativen Massenanteilen
vorliegen.
11. Verwendung der Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 10 für eine elektrische Maschine
zur Leistungsübertragung, wobei die Maschine insbesondere ein Generator ist.
12. Verfahren zur Herstellung einer Bürste nach einem der Ansprüche 1 bis 10, umfassend
einen Schritt des Mischens des Kohlenstoffpulvers und des Metallpulvers.
13. Verfahren nach Anspruch 12, wobei die Pulver anschließend komprimiert werden, dann
das erhaltene Rohmaterial anschließend bei einer Temperatur unterhalb der des Eutektikums
Silber/weiteres Metall gesintert wird.
1. A brush intended to ensure electrical contact between a stationary part and a moving
part of an electric machine for transferring power, characterized in that said brush comprises a layer mainly made of carbon, silver and another metal different
from silver, the carbon being present in a proportion higher than 15 wt % relative
to the weight of the layer, the silver being present in a proportion higher than 15
wt % relative to the weight of the layer, and said another metal different from silver
being present in a proportion higher than 15 wt % relative to the weight of the layer,
and in that said layer is obtained by mixing a carbon powder and a metal powder, said metal powder
being mainly made of silver and of said another metal different from silver.
2. The brush as claimed in claim 1, in which the other metal is chosen so that the brush
has at least the same electrical and mechanical properties as a brush mainly made
of silver and carbon.
3. The brush as claimed in either of claims 1 and 2, in which the other metal is chosen
from the group consisting of conductive metals having electrical resistivities between
1.7 and 700×10-8 ohm.m at 20°C.
4. The brush as claimed in any one of claims 1 to 3, in which the other metal is chosen
from aluminum, zinc, iron, nickel, steel, tin and copper.
5. The brush as claimed in any one of claims 1 to 4, in which the silver and the other
metal are not alloyed.
6. The brush as claimed in any one of claims 1 to 5, in which the relative weight proportions
of silver metal and other metal lie in the range of values extending from 30/70 to
70/30, and in particular between 40/60 and 60/40.
7. The brush as claimed in any one of claims 1 to 6, furthermore comprising at least
one additional layer.
8. The brush as claimed in claim 7, in which the additional layer contains no silver.
9. The brush as claimed in claim 7 or 8, in which the additional layer is mainly made
of carbon and metal.
10. The brush as claimed in claim 9, in which the additional layer and the wear layer
comprising silver and the other metal furthermore comprise at least one binder and/or
at least one additive, characterized in that the carbon, said at least one binder and/or said at least one additive have identical
natures and are present in substantially equal relative weight proportions from one
layer to the other.
11. The use of the brush as claimed in any one of claims 1 to 10 in an electric machine
for transferring power, which machine is in particular a generator.
12. A process for manufacturing a brush such as claimed in any one of claims 1 to 10,
comprising a step of mixing carbon powder and metal powder, said metal powder being
mainly made of silver and of another metal different from silver.
13. The process as claimed in claim 12, wherein the powders are then compressed, and then
the green material obtained is then sintered at a temperature below that of the eutectic
silver/other metal system.