[0001] La présente invention concerne les supports d'information, notamment destinés à être
manipulés fréquemment, et plus particulièrement les supports comprenant un substrat,
notamment fibreux, et par exemple destinés à la fabrication de documents de sécurité
ou de valeur tels que des billets de banque, ainsi que les procédés de fabrication
de tels papiers et documents.
[0002] Les billets de banque sont exposés durant leur vie à de nombreuses manipulations
et par conséquent à des dégradations physiques et chimiques ainsi qu'à des risques
de salissures. Afin de leur conférer une meilleure résistance à ces dégradations et
une haute durabilité, le substrat fibreux est protégé par une ou plusieurs couches
d'un revêtement protecteur ayant de plus un effet barrière vis-à-vis des salissures.
Par « salissures » on entend notamment des liquides aqueux ou oléagineux, ou encore
des particules sub-millimétriques, ainsi que leurs mélanges.
[0003] Les dégradations physiques, notamment dues aux froissements, pliages ou tractions,
d'un substrat tel que le papier utilisé pour la fabrication des billets, entraînent
un changement structurel du substrat. Un support d'information soumis à ces dégradations
subit une fragilisation de la surface du support d'information, par exemple d'un revêtement
recouvrant le substrat. En particulier, un substrat fibreux soumis à ces dégradations
de façon répétée subit un processus de déstructuration qui se caractérise notamment
par un déliement des fibres du substrat. Il y a alors une augmentation significative
de l'épaisseur du papier mais aussi de sa porosité, ce qui facilite la pénétration
et l'accroche des salissures.
[0004] Des traitements à base de polymères filmogènes, par exemple de l'alcool polyvinylique
(PVA) et/ou du polyuréthane (PU), comme décrit dans les publications
EP 1 319 104 ou
EP 0 514 455 permettent, entre autres, de réduire les effets de ces dégradations sur la porosité
du substrat fibreux et ainsi d'augmenter la durabilité du papier.
[0005] Le choix du revêtement protecteur est complexe, car celui-ci doit assurer à la fois
une fonction barrière et ne pas nuire outre mesure à l'imprimabilité du papier au
cours de la fabrication des billets.
[0006] De nombreux revêtements protecteurs ont déjà été divulgués dans l'art antérieur.
[0007] Le brevet
EP 514 455 B1 divulgue ainsi d'améliorer la résistance à la circulation de billets de banque en
imprégnant le substrat fibreux, avant l'impression, d'une composition qui contient
un ou plusieurs liants choisis pour leurs caractéristiques mécaniques.
[0008] Selon ce brevet, au moins l'une des faces du substrat fibreux est traitée par une
composition comprenant une ou plusieurs charges choisies parmi les charges minérales
et/ou les pigments plastiques de couchage, et au moins un liant élastomère en une
quantité supérieure à 25 parties pour 100 parties de charge en poids sec. Le liant
élastomère peut être choisi dans le groupe formé par les dispersions aqueuses de polyuréthane,
de copolymère d'acrylate, de copolymère styrène butadiène éventuellement carboxylé,
de polymères dont l'un des monomères est l'acrylonitrile ou l'isoprène ou le néoprène,
ou leurs mélanges. De préférence, un polyuréthane est utilisé. La charge est de préférence
minérale, choisie parmi les silices ou les kaolins.
[0009] WO 96/28610 divulgue l'application d'une composition liquide à base de polyuréthane sur un substrat
fibreux, afin de former un revêtement protecteur.
[0010] US 2006/0127649 indique que l'application d'une composition liquide permet d'obtenir une meilleure
résistance aux salissures mais n'améliore pas la stabilité mécanique du substrat.
[0011] La demande
US 2004/0023008 A1 divulgue un papier de sécurité destiné à la fabrication de billets de banque. Le
papier comporte un substrat fibreux qui est revêtu sur l'une au moins de ses faces
d'une couche de protection transparente ou translucide comportant de la silice colloïdale
et au moins un liant élastomérique transparent ou translucide.
[0012] La publication
WO 2008/054580 A1 divulgue un procédé pour conférer à un substrat fibreux une résistance à l'humidité
et aux salissures, consistant à imprégner le substrat sur deux faces opposées avec
une composition aqueuse comportant une ou plusieurs résines thermoplastiques.
[0013] US 1 499 235 divulgue d'améliorer la résistance à la circulation d'un billet de banque en imprégnant
le substrat fibreux d'un latex comportant un copolymère à base de styrène carboxylé
et de butadiène.
[0014] Le brevet
EP 815 321 B1 divulgue un papier destiné à la fabrication de billets de banque, dans lequel une
dispersion aqueuse de polyuréthane est déposée sur le substrat fibreux, cette dispersion
de polyuréthane étant dépourvue de charges et transparente.
[0015] Même si les papiers ainsi traités présentent une meilleure durabilité, celle-ci gagnerait
à être encore améliorée. En effet, lors de contraintes mécaniques répétées, la structure
fibreuse et le revêtement protecteur s'endommagent quand même de façon permanente
et suffisamment pour générer une porosité qui permet aux salissures de s'insérer dans
le substrat.
[0016] Il existe ainsi un besoin pour améliorer encore la durabilité des supports d'information
ou de valeur vis-à-vis des agressions mécaniques, notamment du froissement.
[0017] L'invention répond à ce besoin grâce à un support d'information, document de sécurité
ou de valeur, ou à un papier destiné à la fabrication d'un tel support d'information,
selon la revendication 1.
[0018] Par « matériau auto-réparant », il faut comprendre un matériau, notamment polymérique,
capable de lui-même ou sous l'effet d'un stimulus énergétique, par exemple mécanique,
lumineux et/ou thermique, de se restructurer localement, notamment par réorganisation
structurelle du matériau ou par une réaction chimique, de façon à réduire les effets
d'un endommagement lié à une agression mécanique.
[0019] Grâce à l'invention, la durabilité du support d'information est améliorée. L'invention
permet notamment d'améliorer la résistance aux contraintes mécaniques par une restructuration
du matériau auto-réparant dès l'apparition des dégradations dues aux dites contraintes.
[0020] La restructuration du matériau auto-réparant a notamment lieu à la surface du support
d'information ou au moins partiellement au sein du substrat dans une zone proche de
la surface du substrat dudit support d'information.
[0021] Les contraintes successives subies par le support selon l'art antérieur entraînent
des dégradations successives et permanentes du substrat, notamment fibreux, et du
revêtement protecteur qui vont progressivement conduire à l'obtention d'une porosité
non nulle puis à une augmentation de porosité, et par conséquent permettre la pénétration
des salissures dans le substrat du support d'information et à l'accroche des salissures
sur le support d'information.
[0022] A contrario, le matériau auto-réparant d'un support selon l'invention se restructure
dès l'apparition des dégradations successives qui de ce fait ne sont pas permanentes.
La restructuration du matériau auto-réparant empêche par conséquent l'effet cumulatif
des dégradations successives sur la porosité et tend à maintenir une porosité faible,
voire nulle, malgré les contraintes successives subies par le support d'information.
En particulier, ladite restructuration peut tendre à maintenir des propriétés hydrophobes
et oléophobes du support d'information.
[0023] Avantageusement, la réparation permet au document de conserver une porosité nulle
(0 mL/min selon la norme ISO 5636-3) durant sa durée de vie, et donc d'éviter l'insertion
de salissures dans les porosités créées par les contraintes mécaniques successives
ainsi que leur accroche sur les dégradations successives du support d'information,
par exemple dues aux froissements.
[0024] De plus, le matériau auto-réparant peut assurer une protection de la surface du document
et la conservation d'un aspect de surface plat et propre, car les agressions superficielles,
notamment les rayures, tendent à disparaître sous l'effet de la restructuration du
matériau auto-réparant.
[0025] L'invention s'applique notamment aux supports d'information comprenant un substrat
à base de matière thermoplastique, par exemple une feuille de Polyart® commercialisée
par la société Arjobex. Le substrat peut comporter une couche de coeur et au moins
une couche de peau recouvrant la couche de coeur, la couche de coeur étant plus éloignée
de la surface que la couche de peau. La couche de coeur peut comporter, comme dans
le cas du Polyart®, des vides. La couche de coeur peut être prise en sandwich entre
deux couches de peau. Le substrat peut être tel que revendiqué dans les brevets
EP 0 470 760 B1 et
EP 0 703 071 B1. La couche de coeur peut être à base de polyéthylène, étiré de façon à générer des
vides. Les couches de peau peuvent être coextrudées avec la couche de coeur.
[0026] L'invention s'applique plus préférentiellement mais non exclusivement aux supports
comportant un substrat, de préférence fibreux, tels que les billets de banque et papiers
destinés à leur fabrication.
[0027] Le substrat fibreux comporte de préférence des fibres cellulosiques.
[0028] En particulier, dans le cas où le matériau auto-réparant est situé entre les fibres
d'un substrat fibreux, le matériau auto-réparant permet de réparer les dégradations
successives subies par le substrat dès leur apparition. Ainsi le matériau auto-réparant
se restructure spontanément de façon à compenser les dégradations internes du substrat
fibreux.
[0029] Dans un exemple de mise en oeuvre de l'invention, le matériau auto-réparant recouvre
au moins une face du substrat et de préférence ses deux faces. Ainsi, le substrat
est avantageusement pris en sandwich entre deux couches de matériau auto-réparant.
[0030] En particulier, le revêtement de matériau auto-réparant recouvrant le substrat forme
une couche au moins en partie superficielle, notamment totalement superficielle, et
s'auto-répare dès l'apparition des dégradations successives. Lesdites dégradations
successives peuvent notamment être des ruptures, rayures, impacts ou détériorations
du revêtement, et elles sont en particulier dues à des froissements, pliages ou impacts
ponctuels, ou encore à des phénomènes d'abrasion.
[0031] Ainsi, le support d'information selon l'invention comporte de préférence au moins
un revêtement du matériau auto-réparant sous la forme d'un film recouvrant le substrat.
Le substrat s'étend dans un exemple de mise en oeuvre entre deux films du matériau
auto-réparant. Lorsque le matériau auto-réparant forme un film, l'épaisseur de ce
dernier est de préférence comprise entre 1 µm et 15 µm, mieux 5 et 8 µm.
[0032] Selon une variante, le matériau auto-réparant, notamment le revêtement de matériau
auto-réparant, pénètre, au moins partiellement, dans le substrat du support d'information,
notamment dans une zone proche de la surface.
[0033] Plusieurs types de matériaux auto-réparants existent, qui peuvent être utilisés dans
le cadre de l'invention.
[0034] Le matériau auto-réparant peut nécessiter un stimulus énergétique, notamment mécanique,
thermique et/ou lumineux, notamment UV, pour s'auto-réparer. Il peut aussi, selon
le choix qui est fait du matériau auto-réparant, s'auto-réparer sans apport d'énergie,
à température ambiante. L'auto-réparation a par exemple lieu en moins de trente minutes
à température ambiante (entre 20 et 25°C).
[0035] Par température ambiante on entend notamment la température courante moyenne du lieu
de circulation et/ou de fabrication et/ou de stockage dudit substrat comprenant le
matériau auto-réparant. Cette température est par exemple comprise entre 20 et 25°C.
[0036] L'invention a encore pour objet un procédé de traitement d'un support d'information
usagé selon la revendication 10.
[0037] L'exposition au stimulus a par exemple lieu au sein d'une installation de tri destinée
à éliminer des documents ne présentant plus certaines caractéristiques de circulation
requises. Les documents passent par exemple entre des rouleaux chauffés, sont conditionnés
dans des conditions de températures et/ou d'humidité adéquates, et/ou sont exposés
à une lumière intense, par exemple UV.
[0038] Le cas échéant, une pression est exercée sur le matériau auto-réparant afin de faciliter
le contact entre des zones écartées et favoriser l'action réparatrice.
[0039] L'invention a encore pour objet un procédé de fabrication d'un support d'information
selon la revendication 11.
[0040] Le procédé comprend par exemple la formation d'un revêtement, notamment d'un film
homogène ou d'une couche superficielle, sur les deux faces du substrat à partir d'une
solution base solvant ou d'une dispersion base aqueuse d'un polymère auto-réparant,
par exemple par un traitement d'imprégnation, de surfaçage, d'encollage, d'enduction,
d'impression, de dépose et/ou de couchage, ou la complexation sur les deux faces du
substrat d'un film d'un polymère auto-réparant préalablement formé. Le procédé peut
avoir lieu en ligne, à la sortie d'une machine papetière, ou, en variante, le substrat
fibreux peut être fabriqué puis stocké, et ultérieurement déroulé et revêtu du matériau
auto-réparant.
[0041] Une combinaison des procédés précédemment cités peut être utilisée pour appliquer
des revêtements successifs. En particulier une imprégnation, par exemple au moyen
d'une presse encolleuse (« size press »), suivie d'un couchage, peut être mise en
oeuvre.
[0042] Tous les procédés de formation du revêtement précédemment cités peuvent permettre
la formation d'un film homogène ou d'une couche superficielle qui s'auto-répare dès
l'apparition des dégradations successives, comme décrit précédemment.
[0043] En particulier, les procédés d'imprégnation, de surfaçage ou d'encollage appliqués
à un substrat fibreux peuvent permettre l'application du matériau auto-réparant au
moins en partie au sein du substrat fibreux de façon à compenser les dégradations
internes subies par le support, comme décrit précédemment.
[0044] En particulier, la quantité de matériau auto-réparant sur ou dans le substrat est
comprise entre 1 et 20 g/m
2, de préférence entre 1 et 5 g/m
2.
[0045] Le procédé peut comporter des étapes d'application sur le substrat d'au moins une
couche formant barrière et/ou d'une couche d'imprimabilité, avant ou après le dépôt
du matériau auto-réparant.
[0046] Selon une variante de l'invention, le matériau auto-réparant est imprimable et/ou
présente des propriétés barrières, et notamment ledit matériau auto-réparant est hydrophobe
et/ou oléophobe.
[0047] Selon un exemple de mise en oeuvre de l'invention, on expose le substrat à une composition
pour réaliser une couche formant barrière, on revêt celle-ci d'une couche de matériau
auto-réparant, puis on dépose éventuellement une couche d'imprimabilité sur la couche
de matériau auto-réparant.
[0048] Avant l'application de la couche formant barrière ou du matériau auto-réparant, le
substrat peut être pré-traité, par exemple par imprégnation ou pré-encollage de façon
à en diminuer la porosité, par exemple par une composition à base de PVA ou de tout
autre liant.
[0049] Toutes les couches, notamment celles d'imprégnation, de pré-encollage, formant barrière
et/ou d'imprimabilité, du support d'information ou du papier destiné à la fabrication
de celui-ci peuvent être appliquées selon les procédés et par les outils classiquement
utilisés dans le domaine papetier, notamment par les traitements d'imprégnation, de
surfaçage, d'encollage, de dépose et/ou de couchage.
[0050] La couche formant barrière est appliquée de préférence par imprégnation ou surfaçage.
La couche d'imprimabilité est appliquée de préférence par surfaçage, couchage ou enduction.
Lorsque la couche de matériau auto-réparant est appliquée à l'état fluide, elle l'est
de préférence par surfaçage, couchage, impression ou enduction.
Matériau auto-réparant
[0051] Des matériaux dits auto-réparants (en anglais « Self-healing », « Self-Repairing
», « Self-Restoring » ou « Self-Mendable ») sont déjà connus dans d'autres applications.
Ce sont principalement des revêtements filmogènes à base polymérique employés pour
la protection contre des agressions extérieures dans les domaines de l'automobile
(peinture de carrosserie), de l'électronique (protection de gaine électrique) ou du
bâtiment (renfort ciment).
Matériaux auto-réparants de type réversible
[0053] Le matériau auto-réparant est de type réversible, car avec un matériau auto-réparant
de type irréversible, la capacité du matériau à s'auto-réparer peut diminuer avec
le temps, étant donné que l'auto-réparation peut résulter de réactions chimiques qui
aboutissent à des liaisons covalentes stables. Dans ce cas, au cours du temps, la
capacité de formation de ces liaisons diminue. Il peut, en variante, y avoir un épuisement
progressif en produit actif au sein de la matrice. Par exemple, dans le cas de l'utilisation
de microcapsules, leur nombre diminue au fur et à mesure des agressions extérieures.
[0054] Par « auto-réparation réversible », on entend une auto-réparation qui pourra efficacement
avoir lieu de manière répétée sur une zone ciblée du substrat ayant subi des agressions
successives, notamment espacées dans le temps, la capacité d'autoréparation étant
de préférence sensiblement constante pour différentes agressions successives.
[0055] Les systèmes dit réversibles sont généralement basés sur l'établissement soit de
liaisons covalentes par exemple par des réactions de Diels-Alder et retro Diels-Alder,
soit d'interactions non covalentes (liaisons faibles) telles que des liaisons hydrogène,
des liaisons ioniques, des liaisons de coordination (type métal-ligand) ou interaction
de type « Π-Π stacking ». Les liaisons covalentes ou interactions non-covalentes peuvent
être déclenchées sous l'action d'une source énergétique telle que chaleur, irradiation,
traction, compression ou électrochimie.
Système réversible à liaisons non covalentes
[0056] Les systèmes formant des liaisons covalentes nécessitent un apport énergétique, par
exemple thermique pour les réactions de Diels-Alder, pour casser et reformer des liaisons
covalentes.
[0057] Par opposition à ceux-ci, les systèmes qui mettent à profit des liaisons non covalentes
comme les liaisons de type ionique, coordination métallique et les liaisons hydrogène
permettent d'accéder à des assemblages avec une énergie beaucoup plus réduite.
[0058] Au regard de cet avantage, des matériaux auto-réparants de type réversible mais reposant
sur la génération de liaisons non covalentes ont été développés.
[0059] A titre illustratif des composés convenant à la formation de tels matériaux peuvent
notamment être cités les élastomères interagissant par des liaisons supramoléculaires,
les élastomères réticulant via la formation de liaison hydrogène, et tout particulièrement
les polymères à chaînes mobiles et les polymères thermoplastiques ioniques dits encore
ionomères.
[0060] De plus, certains de ces composés, notamment à base acrylique ou uréthane, présentent
des propriétés anti-salissures intrinsèques, en raison par exemple de leur caractère
hydrophobe ou oléophobe.
1 - Ionomères
[0061] Les ionomères sont des élastomères thermoplastiques disposant de charges ioniques
dans leur structure. Plus précisément, il s'agit le plus souvent de chaînes hydrocarbonées
portant des fonctions acides qui sont en totalité ou partiellement neutralisées par
des sels d'ammonium quaternaires ou métalliques. Les charges ainsi créées forment
des clusters ioniques qui réticulent par interactions électrostatiques les chaînes
hydrocarbonées entre elles. Lors de l'agression mécanique, cette réticulation est
endommagée mais peut se reformer rapidement à température ambiante grâce à l'attraction
électrostatique des groupements chargés.
[0062] La demande
US20100174041 décrit un exemple de matériau auto-réparant de ce type.
[0063] Le Surlyn®, en particulier les références 8940 et 8140, de la société DuPont est
un exemple commercial.
2 - Polymère à chaînes mobiles
[0064] Le mécanisme d'auto-réparation est dans ce cas basé sur une diffusion moléculaire
des chaînes mobiles de polymère fixées sur la structure principale de ce polymère.
Après diffusion des chaînes mobiles l'auto-réparation est complétée par des interactions
chimiques ou physiques du polymère avec les chaînes mobiles. Un polymère à chaînes
mobiles, peut notamment être un polymère à faible température de transition vitreuse
Tg, notamment inférieure ou égale à 20 °C. La température de transition vitreuse Tg
est mesurée selon la norme ISO 11357-2. Le mouvement des chaînes (« flowability »)
d'un polymère de faible Tg peut faciliter la restructuration du polymère après détérioration
suite à une agression mécanique. Lorsque le matériau est endommagé, les chaînes disposent
d'une grande liberté de mouvement et tendent à retrouver leur place initiale. La durée
nécessaire à la réparation diminue avec la température. Il est à noter que le mouvement
de ces chaînes peut en outre être facilité par la présence de groupements répulsifs
entre eux, par exemple fluoré ou siliconé, sur la structure principale du polymère.
[0065] Des polymères de ce type relevant de la famille des polyuréthanes et des acryliques
peuvent convenir.
3 - Liaisons supramoléculaires
[0067] Ce type de composé est généralement figuré par des élastomères formant un réseau
supramoléculaire et associés par des liaisons hydrogène, faibles et réversibles. Une
fois mis en forme par moulage ou pressage, ces élastomères supramoléculaires présentent
des surfaces faiblement autoadhésives. En revanche, le simple fait de mettre en contact
les surfaces d'une fracture permet au matériau de se réparer et de retrouver ses propriétés
mécaniques d'origine.
[0068] La réparation est obtenue via l'établissement de liaisons supramoléculaires par exemple
de type liaison hydrogène ou encore de type « Π-Π stacking » via ou non la migration
de monomères libres vers l'interface des deux parties de la déchirure.
[0069] On peut utiliser par exemple des polymères dont la structure chimique favorise les
liaisons supramoléculaires, par exemple des polymères comportant des fonctions amine
pour créer des liaisons hydrogène. Un exemple commercial de ce type de matériau est
le polymère Reverlin™ de la société Arkema.
[0070] La demande
CN 101671474 décrit également un exemple de matériau de ce type.
[0071] Le matériau auto-réparant peut comporter un polymère dont la structure chimique favorise
les assemblages en feuillets par les cycles aromatiques via les doubles liaisons Π.
[0072] Par opposition aux ionomères et polymères à chaînes mobiles, ces composés bien que
de mise en oeuvre aisée, ont toutefois l'inconvénient de requérir une action mécanique,
par exemple une mise en contact des deux faces de la déchirure ou l'apposition d'une
pression pour permettre la réparation.
[0073] Le matériau auto-réparant peut comporter un polymère dont la structure chimique favorise
les assemblages en feuillets par les cycles aromatiques via les doubles liaisons Π.
Substrat fibreux
[0074] Un support d'information selon l'invention ou un papier destiné à la fabrication
d'un tel support comporte de préférence un substrat fibreux. Un tel substrat est souple
et serait, en l'absence de matériau auto-réparant, susceptible de se déstructurer,
avec génération de porosité, sous l'action d'un froissement. Le substrat est alors
qualifié de froissable.
[0075] Le substrat fibreux selon l'invention peut être d'origine naturelle ou synthétique.
[0076] Le substrat peut comporter des fibres cellulosiques, plus préférentiellement de coton,
notamment lorsqu'il est destiné à la fabrication des billets de banque. D'autres fibres
végétales de plantes annuelles pourront entrer dans la composition du substrat fibreux.
[0077] Le substrat fibreux comporte outre les fibres papetières tous additifs convenant
à sa fabrication. En particulier, un substrat fibreux de nature principalement cellulosique
pourra être renforcé par l'ajout de fibres synthétiques.
[0078] Le substrat peut ainsi comporter un mélange de fibres cellulosiques et synthétiques,
avec de préférence moins de 30 % en masse de fibres synthétiques, par exemple 75 %
en masse de cellulose et 25 % en masse de fibres synthétiques.
[0079] Le substrat peut comprendre des adjuvants, par exemple des agents de rétention, biocides,
charges et pigments, lesquels sont en masse ou déposés par imprégnation, et des liants.
[0080] Le substrat peut subir tout traitement de surface, notamment un traitement de surfaçage,
encollage, couchage, enduction, impression, dépôt, extrusion, lamination (complexage)
ou imprégnation.
[0081] Le traitement peut être effectué par tout outil adapté, imprégnatrice, presse encolleuse
(« size press »), coucheuse à racles, coucheuse à lame d'air, coucheuse rideau, extrudeuse,
presse à lamination, héliogravure, sérigraphie...
[0082] Le substrat peut être exposé à diverses solutions de traitement, et en particulier
à l'application d'une solution organique ou d'une dispersion aqueuse du matériau auto-réparant.
Une dispersion aqueuse du matériau auto-réparant est préférée pour une meilleure compatibilité
avec les procédés papetiers.
[0083] De préférence, le substrat fibreux est pré-traité, notamment par imprégnation, surfaçage
ou encollage, avec une composition comprenant un liant permettant de réduire sa porosité,
de préférence à base de polyvinyl alcool (PVA) comme détaillé plus loin. Ce pré-traitement
est de préférence effectué avant l'application du matériau auto-réparant sur le substrat.
[0084] Le substrat fibreux peut présenter un ou plusieurs jets de papier assemblés à l'état
humide.
[0085] Le substrat fibreux peut présenter, en tant que papier fini et sec, un grammage compris
entre 30 et 180, de préférence entre 80 et 120 g/m
2 et une épaisseur comprise entre 30 et 180, de préférence entre 80 et 120 µm, avant
et/ou après dépôt du matériau auto-réparant.
[0086] Le document, et notamment le substrat fibreux, peut comporter un ou plusieurs filigranes
éventuels ainsi qu'un ou plusieurs autres éléments de sécurité.
Eléments de sécurité
[0087] Parmi les éléments de sécurité pouvant être incorporés dans le support d'informations,
et notamment dans le papier destiné à la fabrication du support, certains sont détectables
à l'oeil, en lumière du jour ou en lumière artificielle, sans utilisation d'un appareil
particulier. Ces éléments de sécurité comportent par exemple des fibres ou planchettes
colorées, des fils imprimés ou métallisés totalement ou partiellement. Ces éléments
de sécurité sont dits de premier niveau.
[0088] D'autres types d'éléments de sécurité sont détectables seulement à l'aide d'un appareil
relativement simple, tel qu'une lampe émettant dans l'ultraviolet (UV) ou l'infrarouge
(IR). Ces éléments de sécurité comportent par exemple des fibres, des planchettes,
des bandes, des fils ou des particules. Ces éléments de sécurité peuvent être visibles
à l'oeil nu ou non, étant par exemple luminescents sous un éclairage d'une lampe de
Wood émettant dans une longueur d'onde de 365 nm. Ces éléments de sécurité sont dits
de deuxième niveau.
[0089] D'autres types d'éléments de sécurité nécessitent pour leur détection un appareil
de détection plus sophistiqué. Ces éléments de sécurité sont par exemple capables
de générer un signal spécifique lorsqu'ils sont soumis, de manière simultanée ou non,
à une ou plusieurs sources d'excitation extérieure. La détection automatique du signal
permet d'authentifier, le cas échéant, le support d'informations. Ces éléments de
sécurité comportent par exemple des traceurs se présentant sous la forme de matières
actives, de particules ou de fibres, capables de générer un signal spécifique lorsque
ces traceurs sont soumis à une excitation optronique, électrique, magnétique ou électromagnétique.
Ces éléments de sécurité sont dits de troisième niveau.
[0090] Des réactifs peuvent également être incorporés dans le support d'informations, notamment
dans le papier destiné à la fabrication du support. Il s'agit par exemple de réactifs
chimiques ou biochimiques d'infalsification et/ou d'authentification et/ou d'identification
pouvant notamment réagir respectivement avec au moins un agent de falsification et/ou
d'authentification et/ou d'identification.
[0091] Le ou les éléments de sécurité présents au sein du support d'informations, notamment
du papier destiné à sa fabrication, peuvent présenter des caractéristiques de sécurité
de premier, de deuxième ou de troisième niveau.
Couches additionnelles
[0092] Le support d'information peut comporter des couches additionnelles recouvrant le
substrat, notamment fibreux.
Couche formant barrière
[0093] Si les propriétés « barrières » du matériau auto-réparant sont insuffisantes, il
est possible d'appliquer une couche formant barrière (par exemple à base de PVA, PU...)
entre le substrat et le matériau auto-réparant. La couche formant barrière est de
préférence, de par la structure chimique du polymère utilisé pour la réalisation de
cette couche, au moins hydrophobe et oléophobe et également filmogène, et peut faciliter
le dépôt du matériau auto-réparant.
[0094] La couche formant barrière peut comporter tout polymère adapté à conférer des propriétés
barrière au revêtement, afin de protéger le substrat fibreux des salissures.
[0095] La couche formant barrière est présente, de préférence, par face à raison de 1 à
24 g/m
2 en poids sec, mieux 1 à 15 g/m
2, encore mieux 2 à 5 g/m
2.
[0096] De préférence, le matériau utilisé pour la couche formant barrière et la quantité
de couche formant barrière permettent d'atteindre des propriétés hydrophobes et/ou
oléophobes telles que l'angle de contact d'une goutte, respectivement d'eau, d'hexadécane,
de diiodométhane, d'éthylèneglycol et de glycérol, mesuré avec un goniomètre Digidrop,
notamment commercialisé par GBX est supérieur à 90°, de préférence supérieur à 100°.
[0097] L'épaisseur par face de la couche formant barrière va par exemple de 1 à 24 µm, mieux
de 1 à 15 µm, encore mieux de 2 à 7 µm.
[0098] La couche formant barrière est déposée de préférence sur chaque face à l'état liquide
par enduction ou imprégnation, de préférence en ligne sur la machine à papier, de
préférence à l'aide d'une imprégnatrice.
[0099] La couche formant barrière est initialement, de préférence, une préparation en phase
aqueuse, notamment une émulsion ou une dispersion.
[0100] La couche formant barrière est de préférence à base de PU. En variante, un polymère
acrylique ou styrénique peut être utilisé.
Exemple de couche formant barrière à base de PU (dit formule PU pour la suite)
[0101]
| Composé |
Fournisseur |
Famille / Fonction |
Quantité pour 100 g |
| Cromelastic SE871 |
Cromogenia Units |
Polyuréthanne / Liant |
38 g |
| Cab-O-Sperse PG002 |
Cabot |
Silice colloïdale pyrogénée / Charge d'imprimabilité |
59 g |
| Polyaziridine |
|
Polyaziridine / Réticulant |
3 g |
Pré-traitement
[0102] De préférence, comme mentionné plus haut, le substrat fibreux est pré-traité, par
exemple par imprégnation, surfaçage ou pré-encollage avant enduction, nouvelle imprégnation,
surfaçage, couchage, extrusion, impression, dépôt ou complexage avec la composition
destinée à former la couche formant barrière et/ou le matériau auto-réparant.
[0103] Le pré-traitement s'effectue de préférence avec un liant à base de PVA et un insolubilisant,
par exemple de type polycarbodiimide. Le polyvinyl alcool est de préférence dissous
dans l'eau à hauteur de 1 % à 10 % en masse, mieux entre 3 % et 6 %, avant imprégnation
du substrat papier, et l'insolubilisant est de préférence dissous à hauteur de 0,05
à 1 % en masse avant imprégnation du substrat papier. D'autres liants peuvent être
envisagés en complément ou en remplacement du PVA, comme les dispersions à base de
polymères styréniques ou acryliques.
[0104] De préférence le pré-traitement est réalisé de manière à déposer une quantité de
PVA comprise entre 2 et 3,5 g/m
2.
Couche d'imprimabilité externe
[0105] Si l'imprimabilité de la couche de matériau auto-réparant n'est pas suffisante, une
couche d'imprimabilité externe peut être appliquée sur la couche du matériau auto-réparant.
[0106] Le support d'information peut ainsi comporter une couche d'imprimabilité externe,
laquelle comporte avantageusement une charge, de préférence minérale, qui permet d'améliorer
l'imprimabilité.
[0107] La couche d'imprimabilité externe est de préférence transparente ou translucide.
[0108] La charge minérale comporte avantageusement de la silice et/ou du kaolin et/ou du
talc et/ou du carbonate de calcium. De préférence, la charge minérale est non opacifiante
grâce à sa transparence naturelle et/ou ses dimensions de l'ordre du micron, notamment
inférieures à 10 µm.
[0109] La couche d'imprimabilité externe comporte dans un exemple particulier de mise en
oeuvre de l'invention une charge de particules polymériques, de préférence organique,
par exemple une poudre de polyéthylène, de polyamide, de polypropylène, d'un polymère
acrylique ou styrénique.
[0110] La couche d'imprimabilité externe peut être déposée au contact du matériau auto-réparant
ou non.
[0111] Le dépôt de la couche d'imprimabilité externe a de préférence lieu sur les deux faces
du substrat, en recouvrant le matériau auto-réparant.
[0112] On peut utiliser pour déposer la ou les couches d'imprimabilité externe tout système
de couchage adapté, notamment de couchage deux faces (C-2-S). De préférence, on utilise
un système de couchage à lame d'air. Le dépôt peut aussi être réalisé, entre autres,
par couchage rideau, par couchage crayon, par couchage à l'aide de rouleaux, en particulier
prédosés, gravés ou à transfert, ou encore par trempage, par imprégnation, par surfaçage,
par enduction, par couchage, par héliogravure ou par pulvérisation.
[0113] La couche externe est initialement, de préférence, une préparation en phase aqueuse,
notamment une émulsion ou une dispersion, par exemple.
[0114] Par exemple, du polyuréthane est appliqué, de préférence sous forme de dispersion
aqueuse de particules de polyuréthane ou pro polyuréthane.
[0115] La composition destinée à former la couche externe peut comporter un réticulant choisi
parmi les isocyanates, les carbodiimides ou les aziridines. Le réticulant peut être
en une teneur massique, en poids sec, comprise entre 1 et 15 % mieux 1 à 3 %, par
rapport au poids total de la composition avant couchage.
[0116] Exemple de couche d'imprimabilité externe : même formule PU que ci-dessus.
Moyens d'application
[0117] Lorsque le matériau auto-réparant est appliqué sous forme fluide, notamment de dispersion
aqueuse ou solvant, on utilise de préférence des moyens de trempage, d'encollage,
d'imprégnation, de surfaçage, de couchage, d'impression ou d'enduction pour l'appliquer.
[0118] Pour appliquer la couche formant barrière on utilise de préférence, comme mentionné
précédemment, une imprégnatrice en ligne, comportant notamment des rouleaux de prédosage,
des rouleaux gravés, des rouleaux à transfert avant dosage en sortie.
[0119] Pour appliquer la couche externe d'imprimabilité, on utilise de préférence une coucheuse
double face à lame d'air, par exemple de type TWIN™ ABC.
[0120] De plus, des unités de couchage simultanée par exemple de type TWIN™ ABC, ou à rouleaux,
par exemple de type TWIN™ sizer Gravure ou TWIN™ Sizer HSM, peuvent être envisagées
pour coucher les deux faces en un seul passage.
[0121] L'application de chaque couche, ou éventuellement de l'ensemble des couches, peut
être suivie d'un séchage, par exemple par air chaud ou infrarouge, possiblement secondé
par des rouleaux chauffeurs. La température de surface atteinte sera au minimum de
30 °C et au maximum de 180 °C, et ce en relation avec le temps de séjour du papier
couché dans l'unité de chauffage.
[0122] Le matériau auto-réparant peut encore être appliqué sous forme de film déjà formé
par complexage sur le substrat.
Exemples proposés
[0123] On a réalisé les exemples 1 à 3 ci-après à partir d'un substrat fibreux composé de
fibres cellulosiques et synthétiques, à savoir de polyamide pour l'exemple 1 et l'exemple
comparatif et de polyester pour l'exemple 2, à proportions respectives de 75 % et
25 % en masse. Le substrat fibreux contient les adjuvants conventionnels. Pour tous
les exemples, le substrat fibreux est encollé à la sortie de la cuve de formation
du papier par trempage dans un bain de PVA et d'insolubilisant dissous respectivement
à 3 et 0,25 % en masse dans l'eau de façon à déposer 2 g/m
2 de PVA en poids sec.
[0124] Les caractéristiques des couches additionnelles déposées sur le substrat papetier
et les propriétés obtenues sont détaillées ci-après.
[0125] Sur le dessin, les proportions réelles n'ont pas été respectées dans un souci de
clarté.
Exemple 1 selon l'invention
[0127] Dans cet exemple, illustré à la figure 2, le substrat 11 pré-traité avec la couche
12 de PVA est ainsi protégé efficacement par la couche 14 de matériau auto-réparant.
[0128] Le test de porosité BENDTSEN avant et après froissement selon le test de froissement
décrit ci-après donne 0 mL/min.
[0129] Selon une variante le substrat fibreux est remplacé par une feuille plastique de
Polyart®.
Exemple 2 selon l'invention
[0130] Dans cet exemple, illustré à la figure 3, une couche formant barrière 17 de même
formulation que celle donnée dans l'exemple 1 du brevet
EP 514 455, est appliquée par surfaçage sur la couche 12 de pré-traitement à base de PVA. La
couche de matériau auto-réparant Reverlink™ commercialisé par la société Arkema est
déposée par héliogravure en milieu solvant éthyl méthyl cétone (MEK) sur la couche
formant barrière 17 de façon à obtenir une couche de 5 g/m
2 par face de polymère auto-réparant.
[0131] La couche 14 de matériau auto-réparant est recouverte par une couche d'imprimabilité
externe 16 selon la formule PU décrite précédemment.
[0132] Le test de froissement donne une porosité après froissement de 0 mL/min. Selon une
variante le substrat est une feuille plastique de Polyart®.
Exemple comparatif
[0133] On enduit le substrat papetier pré-encollé de PVA ci-dessus, d'une couche à base
de PU en une quantité de 5 g/m
2/face en poids sec. La couche à base de PU présente la formulation de l'exemple 2
du brevet
EP 1 319 104, avec 39 % en masse en poids sec de polyuréthane.
[0134] On obtient la structure 10 illustrée en coupe de façon schématique et partielle à
la figure 1, où le substrat 11 recouvert de la couche 12 de pré-encollage est protégé
par la couche formant barrière 13 à base de PU.
[0135] Le test de froissement donne 0 mL/min avant froissement et 35 mL/min après.
Test de froissement
[0136] La porosité Bendtsen est mesurée selon la norme ISO 5636-3.
[0137] Le test de froissement permet de déterminer la résistance au froissement des papiers
tels que les papiers à billets de banque et les papiers d'emballage.
[0139] L'appareil comprend :
- a) un dispositif pour rouler l'éprouvette de papier en un cylindre. Ce dispositif
est constitué d'un manchon fendu à l'intérieur duquel est placée une fourche mobile
à deux dents.
- b) un tube dont l'une des extrémités est pourvue d'un couvercle mobile.
- c) un guide cylindre glissant à l'intérieur du tube.
- d) un guide cylindrique permettant de maintenir à l'intérieur et en position verticale
le piston dont la base inférieure repose à l'extrémité d'un levier. Le guide cylindrique
est conçu de telle manière que le tube peut coulisser entre ce guide et le piston.
- e) un levier monté sur un pivot.
- f) un poids à l'extrémité du bras long du levier, opposée à celle du bras court qui
supporte le piston.
[0140] La force de froissage est réglée par la position du poids sur le bras du levier,
de manière à ce que la pression sur le piston soit de 10 kg/cm
2 ± 0,1 kg/ cm
2.
[0141] Les différentes pièces cylindriques : guide, tube, piston doivent pouvoir coulisser
librement et notamment glisser sous leur poids.
[0142] Tube et piston étant en place dans le guide, le piston doit tomber ou se lever selon
que l'on soulève ou que l'on rabaisse le poids à l'extrémité du levier.
Echantillonnage et conditionnement
[0143] L'échantillonnage et le conditionnement des éprouvettes se font selon les normes
NFQ 03-009 et NFQ 03-010. Dans un but particulier, les éprouvettes peuvent être mesurées
telles quelles. Etant donné que l'éprouvette est constamment manipulée, il est nécessaire,
pour éviter des échanges d'humidité avec l'opérateur, que ce dernier porte des gants
d'un matériau barrière à l'humidité, pendant la préparation des éprouvettes et l'exécution
du test.
Préparation des éprouvettes
[0144] Des éprouvettes de 67 mm de côté sont découpées en utilisant un gabarit. Le sens
marche est repéré sur chaque éprouvette.
Mode opératoire
[0145] L'entrefourche et les deux fentes du manchon étant alignées, introduire l'éprouvette
selon le sens marche jusqu'à sa moitié, puis la rouler par rotation de la fourche.
[0146] Le tube, couvercle fermé, est alors glissé en continuité du manchon et l'éprouvette
roulée y est transférée par un mouvement aller-retour de la fourche.
[0147] Le tube, tenu par le couvercle avec une main, est alors placé en position verticale
sur le piston. Le froissage est effectué en pressant sur le couvercle jusqu'à ce que
l'extrémité du bras long du levier se soulève au-dessus de sa position de repos. Il
est important que la pression exercée soit suffisante pour lever le poids, mais ni
trop forte ni trop rapide pour que le levier vienne en butée. Un moyen de contrôler
l'effort est d'utiliser les deux mains l'une sur l'autre pour appuyer sur le couvercle.
[0148] Le couvercle est ouvert et l'éprouvette est froissée en forme de petit accordéon,
et sortie du tube. Elle est remise plane en effectuant de la main de prudents étirements
agir trop brutalement pourrait produire, sur le côté, des entailles qui conduiraient
à la déchirure de l'éprouvette.
[0149] L'éprouvette redressée est présentée à nouveau pour roulage devant la fente du manchon
mais tournée de 90° par rapport à la première introduction ; le cycle complet est
répété.
[0150] On effectue ainsi huit cycles, avec rotation à chaque fois de 90°, et en retournant
l'éprouvette après la quatrième fois.
[0151] On peut en particulier attendre un certain temps entre chaque cycle, par exemple
trente minutes, pour permettre au matériau auto-réparant de se restructurer. Cela
permet de se rapprocher des conditions de circulation réelles que cherche à reproduire
le test de résistance au froissement. En effet, lors de la circulation des supports
d'information, les contraintes sont appliquées de façon répétée mais épisodiquement.
Mesure de la résistance au froissement
[0152] La perméabilité à l'air de chaque éprouvette est mesurée avant et après froissage
à l'aide d'un porosimètre BENDTSEN selon la norme ISO 5636-3.
[0153] La mesure devant être faite dans les mêmes conditions avant et après froissage, il
est nécessaire dans les deux cas d'enlever la butée de la tête du porosimètre si la
course normale est insuffisante pour pouvoir glisser l'éprouvette froissée.
[0154] Après froissage, la porosité est mesurée comme suit : chaque éprouvette est redressée
jusqu'à ce qu'elle soit raisonnablement plane. Ceci peut-être facilement réalisé en
tenant entre le pouce et l'index, l'éprouvette par deux côtés opposés puis en l'étirant
en trois ou quatre endroits. Cette opération est répétée par les deux autres côtés
; faire cette opération en tout quatre fois est généralement suffisant pour obtenir
une éprouvette suffisamment plane.
[0155] Afin de former sur l'éprouvette une surface circulaire dont la planéité soit telle
que les fuites de surface soient négligeables face à la mesure de porosité, chaque
éprouvette est introduite entre les mâchoires du dispositif de serrage d'un éclatomètre
et l'on applique durant deux secondes une pression suffisante pour marquer le papier.
La porosité est mesurée en s'assurant que la tête du porosimètre BENDTSEN est centrée
sur la surface pressée à l'éclatomètre.
Fidélité
[0156] Le nombre d'éprouvettes à tester est fonction de l'échantillonnage étudié. La reproductibilité
du test est telle qu'une éprouvette par feuille-échantillon est suffisante.
Autres tests
[0157] On peut utiliser d'autres méthodes permettant de mesurer la haute-durabilité d'un
support d'information et en particulier la restructuration du matériau auto-réparant.
[0158] En particulier un support d'information de référence selon l'art antérieur et un
support selon l'invention peuvent être soumis à des opérations de pliage, d'abrasion,
de traction ou à des impacts. De même que précédemment on peut attendre un certain
temps entre les différentes opérations auxquelles sont soumis les supports d'information.
[0159] La mesure peut être réalisée par mesure de la porosité comme décrit précédemment,
ou par imagerie, notamment par microscopie, en particulier microscopie électronique
à balayage, éventuellement couplée à un procédé de traitement d'image, afin de mesurer
la détérioration du document et l'effet de restructuration apporté au support d'information
selon l'invention par le matériau auto-réparant.
[0160] Lorsque le document comprend un revêtement du matériau auto-réparant, ladite mesure
peut être réalisée par topographie, par exemple au moyen d'un appareil Altisurf commercialisé
par la société Altimed. Dans ce cas on pourra vérifier la réparation ou non des dégradations
du revêtement, respectivement selon l'invention ou selon l'art antérieur, par exemple
grâce à une mesure de rugosité ou à un profil de surface
[0161] On a représenté à la figure 4 un billet de banque selon l'invention. Ce billet a
été réalisé à partir d'un papier comportant un matériau auto-réparant selon l'invention.
[0162] Le billet présente au moins une impression 20, par exemple taille douce. Le billet
comporte également au moins un élément de sécurité 21, par exemple un fil de sécurité
visible dans des fenêtres.
[0163] L'invention n'est pas limitée aux exemples illustrés.
[0164] On peut remplacer les polymères auto-réparants des exemples 1 et 2 par les polymères
Surlyn® 8940, 8920 ou 8140 de la société Dupont De Nemours.
[0165] L'invention s'applique à tous types de supports d'information, par exemple les livres,
les documents d'identité, les cartes d'identité, passeports, titres de séjour, les
billets de banque, en papier ou en matière plastique, les titres de transport, de
paiement, d'accès à des manifestations sportives ou culturelles, les cartes à jouer,
cette liste n'étant pas limitative.
[0166] L'expression « comportant un » est synonyme de « comportant au moins un ».