[0001] Le domaine technique de l'invention est celui des projectiles guidés par des gouvernes
orientables en incidence.
[0002] Pour guider un projectile jusqu'à son but il est connu d'avoir recours à des gouvernes
placées sur le pourtour du projectile, soit en empennage soit en position avant (gouvernes
dites canard). L'incidence des gouvernes est adaptée en vol en fonction de la trajectoire
que l'on souhaite donner au projectile. Le pilotage de l'incidence est assuré par
des moteurs électriques le plus souvent. Le brevet
US7246539 décrit ainsi un dispositif de pilotage de gouvernes de projectile comportant quatre
gouvernes ainsi que des trains d'engrenages associés à des moteurs permettant de régler
l'incidence des gouvernes.
[0003] Ce type de dispositif nécessite de connaître la position angulaire exacte tant en
incidence qu'en roulis de chaque gouverne pour lui faire adopter la position convenable
pour faire suivre la trajectoire voulue au projectile. Le projectile étant soumis
à un roulis qui peut être très important, en particulier s'il est tiré depuis une
arme à canon rayé, il est donc nécessaire de réaliser des corrections continuelles
de l'incidence des gouvernes.
[0004] Ces corrections doivent se faire extrêmement rapidement ce qui nécessite des moyens
de calcul rapide et des mouvements rapides des gouvernes. Ceci génère des pics de
courant, provoque une commande par à-coup des moteurs et provoque la génération de
champs magnétiques intenses et irréguliers de la part des moteurs. Ces champs perturbent
les moyens de guidage du projectile tels les autodirecteurs ou d'autres moyens de
détection. En outre la solution proposée par
US7246539 est complexe en terme de nombre d'engrenages et de pièces de transmission des mouvements.
[0005] Ainsi l'invention se propose de résoudre le problème de complexité du réglage de
l'incidence des gouvernes en fonction de leur position angulaire autour du projectile,
[0006] L'invention permet aussi de réduire les sollicitations nombreuses et brutales des
moteurs.
[0007] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description suivante, description
faite en référence aux dessins annexés dans laquelle
La figure 1 représente un projectile en vol selon l'invention.
La figure 2 représente une vue éclatée d'un dispositif de commande selon l'invention.
La figure 3 représente une vue éclatée d'un dispositif de commande selon une variante
de l'invention.
La figure 4 représente une vue en coupe transversale d'un dispositif de commande selon
l'invention dans une configuration neutre.
La figure 5 représente une vue en coupe transversale d'un dispositif de commande selon
l'invention dans une configuration de correction de trajectoire d'amplitude maximale
(gouvernes braquées au maximum).
La figure 6 est une vue analogue à la figure 5 pour une position angulaire du projectile
différente.
La figure 7 est une vue de côté du dispositif de commande dans une configuration de
gouvernes braquées au maximum.
La figure 8 représente une vue éclatée d'un moyen de positionnement.
La figure 9 représente une vue du moyen de positionnement assemblé.
La figure 10 représente une vue en coupe transversale du projectile durant une première
phase de pilotage.
La figure 11 représente une vue en coupe transversale du projectile durant une seconde
phase de pilotage intervenant après la phase de la figure 10.
La figure 12 représente une vue de détails grossie et simplifiée de la figure 11.
La figure 13 représente une vue en coupe longitudinale d'un moyen de positionnement
selon une variante de l'invention.
La figure 14 représente une vue en coupe transversale A-A du moyen de positionnement
de la figure 13, la trace du plan AA étant repérée à la figure 13.
[0008] Ainsi l'invention porte sur un projectile à gouvernes orientables en incidence comportant
au moins trois gouvernes pouvant chacune pivoter par rapport au projectile autour
d'un axe de pivotement perpendiculaire à l'axe longitudinal du projectile, projectile
caractérisé en ce qu'il comporte une bague d'orientation des gouvernes, bague comportant autant de bras qu'il
y a de gouvernes, bague pouvant se translater dans un plan perpendiculaire à l'axe
longitudinal du projectile et suivant au moins deux directions de ce plan, bague d'orientation
pouvant tourner sur elle-même autour de son centre parallèle à l'axe longitudinal
du projectile, chaque bras comportant des moyens coopérant avec un levier d'orientation
solidaire d'une gouverne pour pouvoir entrainer un pivotement de la gouverne autour
de son axe de pivotement lors du déplacement de la bague, la translation de la bague
étant assurée par un moyen de positionnement du centre de la bague dans le plan relativement
à un repère absolu centré sur l'axe longitudinal du projectile.
[0009] Selon un premier mode de réalisation, le moyen de positionnement comporte un disque
positionné dans un alésage central de la bague et qui comporte une ouverture circulaire
excentrée par rapport au centre du disque afin de déplacer le centre de la bague par
la rotation du disque.
[0010] Avantageusement, le moyen de positionnement du centre de la bague dans les deux directions
du plan P comporte une came coopérant avec l'ouverture circulaire excentrée du disque,
cette ouverture circulaire excentrée comportant une couronne à denture intérieure
engrenant avec un pignon centré sur l'axe longitudinal du projectile, les rotations
combinées du pignon et de la came permettant le déplacement du disque.
[0011] Selon un second mode de réalisation, le moyen de positionnement comporte un disque
positionné dans un alésage central de la bague et qui comporte une liaison glissière
orientée parallèlement à un diamètre du disque et destinée à permettre le déplacement
du disque radialement par rapport à un plateau coaxial à l'axe de roulis, le disque
comportant une crémaillère parallèle à la glissière, crémaillère engrénant avec un
pignon porté par un arbre secondaire coaxial à l'axe de roulis.
[0012] L'invention porte également sur un procédé de commande des gouvernes d'un projectile
destiné à orienter le projectile selon une direction donnée D transversale au projectile,
procédé selon un premier mode de réalisation
caractérisé en ce qu'il comporte successivement les étapes suivantes:
- faire tourner le moyen de positionnement en sens inverse du roulis du projectile afin
de compenser la rotation du projectile,
- faire pivoter la came et le disque de manière à ce que leurs points d'excentration
maximale respectifs soient diamétralement opposés et que l'alignement A formé par
ces points soit perpendiculaire à la direction visée,
- faire pivoter simultanément et en sens inverse le disque et la came d'une même valeur
angulaire de manière à rapprocher chacun des points d'excentration de la direction
visée, ce qui déplace le centre de la bague dans la direction voulue et selon une
amplitude de mouvement voulue.
[0013] Selon un autre mode de réalisation de l'invention, le procédé d'orientation du projectile
selon une direction donnée D transversale au projectile, est
caractérisé en ce qu'il comporte successivement les étapes suivantes:
- faire tourner le moyen de positionnement en sens inverse du roulis du projectile afin
de compenser la rotation du projectile,
- faire pivoter le plateau d'un angle Φ de manière à ce que la glissière soit parallèle
à la direction donnée D, tout en compensant la rotation du projectile et en faisant
tourner l'arbre secondaire simultanément d'une même valeur angulaire et dans le même
sens pour conserver le disque centré sur l'axe de roulis X,
- faire glisser le disque dans la direction donnée D par rotation de l'arbre secondaire
jusqu'à ce que l'excentration E entre centre du disque et axe de roulis X donne l'amplitude
de correction voulue.
[0014] Selon la figure 1 un projectile 100 en vol comporte un corps 103 sensiblement cylindrique.
Ce projectile 100 comporte en partie arrière un empennage 101 qui comporte lui-même
des ailerons 102 à incidence fixe destinés à stabiliser le projectile 100 selon ses
axes de tangage Y et lacet Z. Le projectile est animé d'un mouvement de rotation R
autour de son axe longitudinal dit axe de roulis X.
[0015] Situé en partie avant du projectile 100, se trouvent des gouvernes 2 solidaires du
projectile et pouvant chacune pivoter sur un axe de gouverne perpendiculairement à
l'axe de roulis de manière à modifier leur incidence et par voie de conséquence, faire
adopter une trajectoire souhaitée au projectile 100. Les gouvernes 2 étant solidaires
du projectile 100, sont aussi animées du même mouvement de rotation R autour de l'axe
de roulis que le projectile 100.
[0016] En partie avant du projectile 100, au voisinage des gouvernes 2, se situe une ogive
104 abritant un dispositif de pilotage 1 destiné à orienter en incidence les gouvernes
2 du projectile 100 en réponse à une loi de guidage programmée dans un autodirecteur
(non représenté).
[0017] Selon la figure 2, le dispositif de pilotage 1 comporte les éléments suivants: des
gouvernes 2 solidaires du projectile et orientables en incidence par pivotement autour
d'axes 7 perpendiculaires à l'axe longitudinal de roulis X.
[0018] Les gouvernes 2 sont représentées ici dans leur position déployée. Chaque gouverne
2 comporte un plan directeur 2a dont la base est solidaire d'un pied de gouverne 2b
monté pivotant par rapport au corps de projectile. Chaque plan directeur 2a est destiné
à influencer par son pivotement autour de l'axe 7 les appuis aérodynamiques du projectile
pour modifier sa trajectoire. Chaque gouverne 2 comporte perpendiculairement à son
axe de pivotement 7 un levier 3 solidaire du pied de gouverne 2b de la gouverne 2.
L'extrémité libre 3a du levier 3 dirigée vers l'avant du projectile est de forme sphérique.
Le pied de gouverne 2b pourra comporter ou être associé à des moyens de déploiement
non représentés (tels que décrit dans le brevet
FR2955653 ou dans le brevet
EP1550837 par exemple).
[0019] Le dispositif de pilotage comporte une bague 5 dite bague d'orientation des gouvernes.
Cette bague 5 comporte une partie annulaire 5a et autant de bras 6 que le projectile
comporte de gouvernes 2. Chaque bras 6 est solidaire de la partie annulaire 5a et
s'étend radialement à la partie annulaire 5a. La bague d'orientation 5 et chaque bras
sont situés dans un plan P perpendiculaire à l'axe de roulis X du projectile. La bague
5 est maintenue dans son plan P par des moyens de guidage non représentés, par exemple
entre deux plaques fixes solidaires du corps de projectile.
[0020] Chaque bras 6 de la bague 5 comporte une rainure longitudinale 77 destinée à recevoir
l'extrémité sphérique 3a des leviers 3. La rainure 77 laisse coulisser la sphère 3
dans le sens de la longueur de la rainure 77 et dans le sens de l'épaisseur du bras
6.
[0021] Selon une variante illustrée à la figure 3, chaque sphère 3a est destinée à correspondre
avec une ouverture 4a d'un chariot 4. Le chariot 4 comporte des moyens de guidage
4b destinés à coopérer avec des rainures (non représentées) fixes par rapport au corps
de projectile et destinées à former des liaisons glissières orthogonales à l'axe de
roulis X du projectile.
[0022] Le premier moyen de guidage comporte ainsi une barrette prismatique 4b destinée à
correspondre avec une rainure du corps du projectile 100 (rainure non représentée).
La barrette 4b peut librement coulisser dans la rainure, perpendiculairement à l'axe
de pivotement 7 de la gouverne et parallèlement au plan P de la bague 5.
[0023] Le second moyen de guidage 4c est solidaire du premier moyen de guidage 4b et comporte
une paire de rails 4c orientés parallèlement à l'axe de pivotement 7 de la gouverne
2 et guidant un bras 6 de la bague 5. Chaque chariot 4 est destiné à faciliter les
mouvements de la sphère 3a du levier 3 par rapport aux bras 6. En particulier, il
permet à l'extrémité sphérique de coulisser avec une plus grande amplitude dans le
sens de l'épaisseur du bras 6.
[0024] La bague 5 peut être translatée dans toutes les directions du plan P (voir figure
2) perpendiculairement à l'axe de roulis X.
[0025] La figure 4 montre le positionnement de la bague 5 lorsque les gouvernes 2 sont au
neutre (plan des gouvernes parallèle à l'axe de roulis X). La bague 5 est alors coaxiale
à l'axe de roulis X. Sur la figure 5, cette position dite neutre ou position initiale
de la bague 5 au départ du coup, est représentée en pointillés. La translation dans
une direction D de la bague 5 depuis la position neutre jusqu'à la position de la
bague 5 représentée en traits pleins, engendre une composante d'efforts normaux aux
bras 6b qui sont perpendiculaires au déplacement D. Cette composante entraine alors
le pivotement des gouvernes 2b via les leviers 3 (leviers 3 mieux vus à la figure
2).
[0026] Les rainures 77 des bras 6a (figure 5) qui sont orientées parallèlement à la direction
D de déplacement de la bague 5 coulissent par rapport aux leviers 3, n'entrainant
ainsi aucun pivotement des gouvernes 2a associées.
[0027] Comme on peut le voir à la figure 6, la rotation en vol du projectile autour de son
axe de roulis X (ou axe longitudinal) engendre la rotation des gouvernes 2 autour
de cet axe X. La bague 5 est de fait entrainée en rotation autour de son propre axe
par les leviers 3 des gouvernes 2.
[0028] Un moyen de positionnement 8 détaillé plus loin, permet de modifier la position du
centre 5b de la bague 5 dans le plan P par rapport à un repère absolu centré sur l'axe
X (repère fourni par un système de positionnement par satellites ou GPS ou par une
centrale de navigation inertielle embarquée par exemple).
[0029] Ainsi un décalage entre le centre de rotation 5b de la bague 5 et l'axe longitudinal
X du projectile pourra être établi. Ce décalage T correspond à une distance radiale
entre l'axe X du projectile et le centre 5b de la bague 5, il est représenté sur la
figure 6.
[0030] Au fur et à mesure de la rotation des bras 6 de la bague 5, lorsque ceux ci se rapprochent
de la direction D, les gouvernes sont progressivement mises au neutre. A l'inverse
lorsque les bras tournent jusqu'à un angle de 90° par rapport à la direction D, les
gouvernes 2 pivotent jusqu'à l'angle de braquage maximal qui est directement relié
à l'amplitude du décalage T entre le centre 5b de la bague 5, dans sa position centrale
d'origine, et la position actuelle du centre de la bague 5.
[0031] Sur la figure 6 on voit donc qu'avec un tel déplacement de la bague 5 dans la direction
D, les leviers 3 de chaque gouverne 2 sont ou non entraînés en pivotement par le bras
6 de la bague 5 associé audit levier.
[0032] Ainsi sur la figure 5 on voit que lorsque l'axe de pivotement 7 d'une gouverne 2a
se trouve aligné avec la direction D de déplacement de la bague 5 (direction considérée
radialement à l'axe de roulis X), cette gouverne 2a n'est pas pivotée par rapport
à son axe 7 (elle est au neutre). Ceci est donc le cas pour les deux gouvernes horizontales
2a sur la figure 5.
[0033] Inversement les deux autres gouvernes 2b qui sont perpendiculaires aux gouvernes
2a, ont leur axe de pivotement 7 qui est décalé d'un écart E par rapport à la direction
du bras 6 associé porté par la bague 5. Dans la position angulaire des gouvernes de
la figure 5, l'écart E est égal au décalage T donné à la bague 5. Il en résulte un
pivotement de ces gouvernes 2b qui est commandé par les bras 6. L'incidence α, est
maximale pour ces gouvernes 2b dont les axes sont perpendiculaires à la direction
D (figures 5, 6 et 7).
[0034] Ainsi, comme on le voit aux figures 5 et 6, lorsque les gouvernes tournent autour
de l'axe de roulis X, plus l'angle formé par l'axe de pivotement 7 de la gouverne
et la direction D s'approche de 90° plus le décalage E entre le bras 6 de la bague
5 et l'axe de pivotement 7 de la gouverne associée 2 augmente jusqu'à la valeur maximale
E=T. Ceci entrainant ainsi une rotation de la gouverne 2 autour de son axe de pivotement
7, ce qui donne une incidence non nulle α aux gouvernes 2 comme on le voit à la figure
7. L'incidence maximale est obtenue pour les positions des gouvernes avec leur axe
7 perpendiculaire à la direction D. L'incidence diminue lorsque l'angle α passe de
90° à 180° et croît à nouveau lorsque l'angle α passe de 180° à 270°.
[0035] On perçoit nettement en comparant la figure 5 et la figure 6 que l'angle d'incidence
α maximal pour une gouverne 2b sera atteint (pour une position donnée de la bague
5) lorsqu'un angle de 90 degrés entre l'axe de pivotement 7 de la gouverne 2b et la
direction D sera atteint.
[0036] Ainsi chaque gouverne étant animée d'un mouvement de rotation R autour du projectile
va de manière cyclique passer par une incidence nulle puis une incidence maximale
et ceci deux fois de suite durant un seul tour autour du projectile 100.
[0037] On a noté que la direction D de déplacement de la bague 5 correspond à la direction
de la correction de trajectoire souhaitée pour le projectile.
[0038] Plus le décalage T à la figure 5 entre le centre 5b de la bague 5 et l'axe de roulis
X est important et plus l'incidence maximale apportée à chaque gouvernes 2 lors de
son passage à la perpendiculaire de la direction D est également important (c'est
à dire plus l'angle α de la figure 7 est important).
[0039] Ce dispositif permet ainsi un réglage aisé de la correction à apporter à la trajectoire
du projectile sans nécessiter de connaître à tout moment la position angulaire de
chaque gouverne par rapport à la direction que l'on souhaite donner au projectile.
[0040] Ainsi l'orientation du projectile dans une direction D est déterminée par le vecteur
passant par le centre 5b de la bague 5 et l'axe de roulis X du projectile.
[0041] L'amplitude du décalage radial T suivant cette direction D (décalage du centre 5b
de la bague par rapport à l'axe de roulis X) donne l'amplitude de la correction donnée
(valeur de l'angle de braquage α donné aux gouvernes).
[0042] Ce positionnement est obtenu comme cela va maintenant être décrit à l'aide d'un moyen
de positionnement 8.
[0043] Selon la figure 2, le dispositif de commande 1 comporte un moyen de positionnement
8 destiné à déplacer et positionner le centre 5b de la bague 5 avec un décalage T
plus ou moins important par rapport au centre du projectile X et dirigé dans la direction
ou l'on souhaite orienter le projectile.
[0044] Le moyen de positionnement 8 est représenté de façon éclatée à la figure 8 et assemblée
à la figure 9. Il comporte un moyen de positionnement excentrique primaire 16 et un
moyen de positionnement excentrique secondaire 19.
[0045] Le moyen de positionnement excentrique primaire 16 comporte une came 9 en forme de
portion de disque solidaire d'une première extrémité d'un arbre primaire 10 tubulaire
d'axe X, donc coaxial au projectile. La came 9 est excentrée d'une valeur R1 par rapport
à l'axe de roulis X et comporte un évidement 51 à profil cylindrique d'axe X. La seconde
extrémité de l'arbre primaire 10 comporte une denture externe 18 destinée à faire
tourner l'arbre primaire 10 autour de l'axe de roulis X au moyen d'un premier moteur
non représenté.
[0046] Le moyen de positionnement excentrique secondaire 19 comporte un disque 12 comportant
lui-même une ouverture circulaire 13. L'ouverture circulaire 13 comporte une couronne
à denture intérieure 23. L'ouverture circulaire 13 est destinée à recevoir la came
9 du moyen de positionnement primaire 16 précédemment décrit.
[0047] L'ouverture circulaire 13 a son centre confondu avec celui de la came 9, et elle
est excentrée par rapport au centre du disque 12 d'une valeur R2.
[0048] Le moyen de positionnement excentrique secondaire 19 comporte un arbre secondaire
20 qui porte à chacune de ses extrémités des pignons 21 et 22. L'arbre secondaire
20 est destiné à être ajusté dans un alésage 52 de l'arbre primaire 10. Un des pignons
22 est destiné à être placé dans l'évidement 51 de la came 9 et sa denture est destinée
à correspondre avec la couronne dentée 23 du disque 12.
[0049] L'autre pignon 21 est positionné au voisinage de la denture 18 de l'arbre primaire
10. Ce dernier pignon 21 est destiné à engrener avec un second moteur (non représenté).
[0050] La figure 9 permet de voir le moyen de positionnement 8 assemblé avec les moyens
de positionnement primaire et secondaire en place l'un par rapport à l'autre.
[0051] Les deux moyens de positionnement excentriques 16 et 19 comportent chacun un point
d'excentration maximale. Ce point est localisé par un cercle C1 sur la came 9 et donne
l'excentration maximale de la came 9 vis à vis de l'axe de roulis X. Sur le disque
12, le cercle C2 donne le point d'excentration maximal du disque 12 vis à vis du centre
de la came 9.
[0052] Sur les figures 4,5,6,9,10,12 on notera que l'alésage intérieur 5c de la bague 5
coopère avec la circonférence du disque 12. La bague 5 et le disque 12 sont ajustés
l'un par rapport à l'autre de manière à permettre la rotation de la bague 5 par glissement
autour du disque 12. Le centre 5b de la bague 5 est confondu avec celui du disque
12. De ce fait, la bague 5, tout comme le disque 12 est excentrée d'une valeur R2
par rapport au centre de la came 9.
[0053] Afin d'orienter le projectile, la translation de la bague 5 dans le plan P s'opère
en trois phases depuis une position dite neutre correspondant au vol rectiligne du
projectile. Dans une telle position représentée à la figure 4, les points d'excentration
maximale C1 et C2 de la came 9 et du disque 12 sont diamétralement opposés par rapport
l'axe de roulis X du projectile 100 formant ainsi un alignement A avec le centre du
pignon 22 (centré sur l'axe de roulis X).
[0054] Dans cette configuration, le centre 5b de la bague 5 est confondu avec l'axe de roulis
X. Les gouvernes sont alors au neutre.
[0055] En vol, les gouvernes (non représentées), tournent avec le projectile autour de l'axe
longitudinal X et entraînent en rotation la bague 5. Le maintien de cette position
neutre des gouvernes est assuré par un entraînement par les moteurs de l'arbre primaire
10 et de l'arbre secondaire 20 de manière à compenser en continu la rotation du projectile.
Les arbres primaires 10 et secondaires 20 tournent alors tous deux à la même vitesse
-Ω qui est égale et opposée à la vitesse de rotation Ω du projectile. Ainsi le disque
12 et la came 9 sont immobiles dans le repère absolu tel qu'à la figure 4 et leur
position est en permanence connue de l'autodirecteur. En l'absence de décalage du
centre 5b de la bague 5 par rapport à l'axe de roulis X du projectile, les gouvernes
sont ainsi maintenues au neutre.
[0056] Dans une seconde phase, illustrée à la figure 10, une correction de trajectoire suivant
une direction D doit être commandée. Les deux moteurs vont tout d'abord orienter,
selon un mouvement de rotation M, le disque 12 et la came 9 de telle façon que l'alignement
A formé par les points d'excentration maximale C1 et C2 et l'axe de roulis X soient
perpendiculaires à la direction D qui est visée. Cette orientation se fait en donnant
un différentiel aux vitesses de rotation des moteurs par rapport à la vitesse de rotation
du projectile sur lui-même. On donnera à ces moteurs une vitesse égale à -Ω±θ avec
un projectile tournant à la vitesse Ω. Cette orientation est obtenue par rotation
simultanée, dans le même sens et à une même vitesse angulaire ±θ du disque 12 et de
la came 9. L'Homme du métier choisira les vitesses de rotation des moteurs et leur
sens de rotation en fonction des rapports de transmission entre les différents pignons
et couronnes et en fonction du sens de montage relatif de chaque moteur.
[0057] Dans une troisième phase, illustrée à la figure 11, les deux moteurs vont tourner
dans le but de rapprocher chacun des points d'excentration maximale C1 et C2 de la
direction D choisie. Pour cela les moteurs sont actionnés simultanément avec des vitesses
identiques mais de sens opposés de façon à orienter le point d'excentration C2 du
disque 12 d'un angle α1 par rapport à la direction D et à orienter le point d'excentration
C1 de la came 9 d'un angle -α1 par rapport à la direction D (voir figures 11 et 12).
On donnera pour cela à un moteur une vitesse égale à -Ω+b tandis que l'autre moteur
aura une vitesse égale à -Ω-b. Ω est la valeur absolue de la vitesse de rotation instantanée
du projectile et b est une valeur absolue d'une vitesse retranchée ou ajoutée à Ωpour
faire pivoter le disque 12 et la came 9. Les vitesses θ et b seront choisies constantes
ou variables par l'homme du métier en fonction de la vivacité de la correction à apporter
à la trajectoire du projectile.
[0058] Ce faisant, le centre 5b de la bague 5 va alors glisser dans le plan P selon la direction
D avec un décalage T par rapport à l'axe de roulis X.
[0059] Ce décalage a pour valeur T = R1cosαl+ R2cosαl et il donne l'amplitude de la correction
qui est apportée suivant la direction D (figure 12).
[0060] L'essentiel est donc de pouvoir déplacer la bague 5 dans les deux directions du plan
P par un moyen de positionnement 8. On évite ainsi l'emploi d'un moteur pour chaque
gouverne. On évite surtout les sollicitations rapides et intempestives de ces moteurs
et les calculs complexes et relativement longs pour déterminer les corrections d'incidence
à assurer en permanence.
[0061] Bien entendu pour assurer l'asservissement des moteurs commandant les pignons 18
et 21 (donc la commande du moyen de positionnement 8) il est nécessaire de maîtriser
la position angulaire dans un repère absolu des points d'excentration C1 (pour la
came 9) et C2 (pour le disque 12). Une autre solution décrite ci après consiste à
maîtriser la position angulaire dans un repère absolu d'un premier point d'excentration
et de maîtriser la position angulaire de l'autre point d'excentration relativement
au premier point d'excentration maximale.
[0062] Concernant la position angulaire de C1, celle ci est obtenue aisément par la mesure
de l'angle de rotation du moteur entraînant le pignon 18, donc la came 9. Ainsi pour
connaître la position angulaire de la came 9 dans le repère absolu il est possible
de recourir à l'utilisation d'un capteur optique solidaire du corps du projectile
et tournant avec celui ci. La position de ce capteur est précisément connue par rapport
au repère absolu fourni par la centrale inertielle du projectile. La position angulaire
précise de l'excentration maximale C1 de la came 9 sera lue par le capteur par exemple
sur une graduation optique O entourant l'arbre 10 (figure 9). La position angulaire
de la came 9 étant ainsi connue, la position angulaire de C2 peut donc être obtenue
relativement à la position angulaire de la came 9, par exemple par une mesure magnétique
de la rotation du disque 12 autour de la came 9. Pour cela une bande magnétique B
est placé au voisinage de la couronne à denture intérieure 13 et une tête de lecture
C apte à lire cette bande B est solidaire de la came 9 et collecte l'information de
position angulaire entre le disque 12 et la came 9. Cette information angulaire est
transmise à un calculateur embarqué chargé de l'asservissement et des commandes via
des pistes conductrices P placées sur l'arbre primaire 10 et reliées au curseur C.
Ces pistes seront lues par exemple par un capteur inductif ou par des balais. Ces
moyens sont illustrés à titre d'exemple à la figure 9.
[0063] Diverses variantes sont possibles sans sortir du cadre de l'invention. Il est en
particulier possible de définir un dispositif commandant un nombre de gouvernes différent
de quatre, par exemple trois gouvernes ou bien cinq ou six gouvernes. Seul le nombre
de bras de la bague 5 devra alors être modifié. Tous les autres moyens de commande
seront inchangés.
[0064] Il est possible également de définir un dispositif dans lequel les déplacements de
la bague d'orientation 5 sont commandés par un moyen de positionnement 8 de structure
différente.
[0065] Ainsi, selon la figure 13, un moyen de positionnement 8 comporte un disque 12 destiné
à coopérer avec l'alésage 5c de la bague 5 décrite précédemment. On n'a pas représenté
sur cette figure la bague 5 mais les caractéristiques structurelles de celle-ci et
sa coopération avec les gouvernes sont identiques à ce qui a été décrit précédemment
en référence aux figures 2 et 3.
[0066] Conformément à l'invention, le positionnement de la bague 5 dans un plan perpendiculaire
à l'axe longitudinal du projectile va permettre de commander les gouvernes. Ce positionnement
de la bague 5, donc de son centre 5b, est assuré par la commande du déplacement du
disque 12 qui est coaxial à la bague 5 et autour duquel cette bague va pouvoir tourner.
[0067] Le disque 12 comporte une liaison glissière 60 correspondant avec un plateau 61 solidaire
de l'arbre primaire 10. La liaison glissière pourra être par exemple du type queue
d'aronde. Comme on le voit mieux à la figure 14, la liaison glissière 60 est orientée
parallèlement à un diamètre du disque 12. Le disque 12 comporte par ailleurs une crémaillère
62 orientée parallèlement à la liaison glissière 60. L'arbre primaire 10 est coaxial
à l'axe de roulis X du projectile, il est solidaire du plateau 61 par une de ses extrémités
et comporte un pignon primaire 18 à sa seconde extrémité, pignon qui, comme dans le
mode de réalisation précédent, engrène avec une motorisation (non représentée).
[0068] Coaxialement à cet arbre primaire 10 se trouve un arbre secondaire 20 comportant
un pignon (63 ou 21) à chacune de ses extrémités. Le pignon 21 est entraîné comme
dans le mode de réalisation précédent par une motorisation (non représentée). Le pignon
63 engrène avec la crémaillère 62.
[0069] Selon la figure 14, pour déplacer le disque 12 dans le plan P, on opèrera tout d'abord
une rotation de l'arbre primaire 10 de manière à positionner la glissière 60 parallèlement
à la direction D voulue pour une correction de trajectoire donnée, puis une rotation
de l'arbre secondaire 20 pour déplacer la crémaillère 62.
[0070] La rotation des arbres primaire 10 et secondaire 20 se fera par des moteurs électriques.
[0071] Dans une première phase on compense la vitesse de rotation Ω du projectile en faisant
tourner l'arbre primaire 10 et l'arbre secondaire 20 ensemble d'un angle -Ω (comme
dans le mode de réalisation précédent) Ceci permet de fixer la position du dispositif
8 donc de la crémaillère 62 dans le repère absolu de façon à maintenir le disque 12
coaxial au plateau 61 et à l'axe X de roulis du projectile. Cette position du disque
12 correspondant à une position neutre des gouvernes (sans incidence). On notera que
si l'arbre primaire et l'arbre secondaire tournent ensemble avec le projectile et
que le disque 12 est centré, alors les gouvernes sont tout de même au neutre et la
trajectoire du projectile n'est pas affectée. Cette première phase d'immobilisation
du moyen de positionnement dans le repère absolu est là pour donner une référence
angulaire aux phases suivantes.
[0072] Dans une seconde phase, une correction de trajectoire suivant une direction D doit
être commandée. On commande alors la rotation de l'arbre primaire 10 pour positionner
la crémaillère 62 parallèlement à la direction D de la correction de trajectoire souhaitée.
Afin que le disque 12 reste coaxial à X durant l'orientation de la crémaillère, l'opération
d'orientation de la crémaillère 62 devra donc donner lieu au niveau de l'arbre secondaire
20 à une compensation de la rotation de la crémaillère 62 autour de X. Donc pour une
rotation du plateau 61 d'un angle Φ, l'arbre secondaire 20 devra tourner simultanément
de la même valeur et dans le même sens.
[0073] Dans une troisième phase enfin, on commande l'axe secondaire 20 pour déplacer la
crémaillère 62 dans la direction D souhaitée (figure 14). On excentre ainsi le disque
12 d'une valeur E par rapport à l'axe de roulis X. Le disque 12 étant entouré par
la bague 5 (non représentée sur les figures 13 et 14) fait glisser celle ci dans le
plan P agissant ainsi sur l'inclinaison des gouvernes du projectile.
[0074] Bien entendu pour assurer l'asservissement des moteurs commandant les pignons 18
et 21 (donc la commande du moyen de positionnement 8) il est nécessaire de maîtriser
la position angulaire dans un repère absolu de la crémaillère 62 ainsi que l'amplitude
(E) du déplacement de cette crémaillère.
[0075] La position angulaire est obtenue aisément comme dans le mode de réalisation précédent
par des capteurs de mesure optiques de la rotation des moteurs entraînant ces pignons.
La position de la crémaillère 62 par rapport au plateau 61 est obtenu à l'aide par
exemple d'un capteur solidaire du plateau 61 et lisant la position de repères réalisés
sur le de disque 12 (par exemple des dents de la crémaillère 62).
1. Projectile (100) à gouvernes (2) orientables en incidence comportant au moins trois
gouvernes (2) pouvant chacune pivoter par rapport au projectile (100) autour d'un
axe de pivotement (7) perpendiculaire à l'axe longitudinal (X) du projectile (100),
projectile caractérisé en ce qu'il comporte une bague d'orientation (5) des gouvernes (2), bague (5) comportant autant
de bras (6) qu'il y a de gouvernes (2), bague (5) pouvant se translater dans un plan
(P) perpendiculaire à l'axe longitudinal (X) du projectile et suivant au moins deux
directions de ce plan (P), bague d'orientation pouvant tourner sur elle-même autour
de son centre (5b) parallèle à l'axe longitudinal (X) du projectile, chaque bras (6)
comportant des moyens (77) coopérant avec un levier d'orientation (3) solidaire d'une
gouverne (2) pour pouvoir entrainer un pivotement de la gouverne (2) autour de son
axe de pivotement (7) lors du déplacement de la bague (5), la translation de la bague
(5) étant assurée par un moyen de positionnement (8) du centre de la bague (5b) dans
le plan (P) relativement à un repère absolu centré sur l'axe longitudinal (X) du projectile.
2. Projectile à gouvernes orientables en incidence, selon la revendication 1, caractérisé en ce que le moyen de positionnement (8) comporte un disque (12) positionné dans un alésage
central (5c) de la bague (5) et qui comporte une ouverture circulaire (13) excentrée
par rapport au centre du disque (12) afin de déplacer le centre (5b) de la bague (5)
par la rotation du disque (12).
3. Projectile à gouvernes orientables en incidence, selon la revendication 2, caractérisé en ce que le moyen de positionnement du centre de la bague dans les deux directions du plan
P comporte une came coopérant avec l'ouverture circulaire excentrée (13) du disque
12, cette ouverture circulaire excentrée (13) comportant une couronne à denture intérieure
(23) engrenant avec un pignon (22) centré sur l'axe longitudinal (X) du projectile,
les rotations combinées du pignon (22) et de la came (9) permettant le déplacement
du disque (12).
4. Projectile à gouvernes orientables en incidence, selon la revendication 1, caractérisé en ce que le moyen de positionnement (8) comporte un disque (12) positionné dans un alésage
central (5c) de la bague (5) et qui comporte une liaison glissière (60) orientée parallèlement
à un diamètre du disque (12) et destinée à permettre le déplacement du disque (12)
radialement par rapport à un plateau (61) coaxial à l'axe de roulis (X), le disque
(12) comportant une crémaillère (62) parallèle à la glissière (60), crémaillère (62)
engrénant avec un pignon (63) porté par un arbre secondaire (20) coaxial à l'axe de
roulis (X).
5. Procédé de commande des gouvernes d'un projectile selon la revendication 3 destiné
à orienter le projectile selon une direction donnée D transversale au projectile,
procédé
caractérisé en ce qu'il comporte successivement les étapes suivantes:
- faire tourner le moyen de positionnement (8) en sens inverse du roulis du projectile
(100) afin de compenser la rotation du projectile (100),
- faire pivoter la came et le disque de manière à ce que leurs points d'excentration
maximale (C1,C2) respectifs soient diamétralement opposés et que l'alignement A formé
par ces points (C1,C2) soit perpendiculaire à la direction (D) visée,
- faire pivoter simultanément et en sens inverse le disque (12) et la came (9) d'une
même valeur angulaire de manière à rapprocher chacun des points d'excentration (C1,C2)
de la direction (D) visée, ce qui déplace le centre (5b) de la bague (5) dans la direction
voulue et selon une amplitude de mouvement voulue.
6. Procédé de commande des gouvernes d'un projectile selon la revendication 4 destiné
à orienter le projectile selon une direction donnée D transversale au projectile,
procédé
caractérisé en ce qu'il comporte successivement les étapes suivantes:
- faire tourner le moyen de positionnement (8) en sens inverse du roulis du projectile
(100) afin de compenser la rotation du projectile (100),
- faire pivoter le plateau (61) d'un angle Φ de manière à ce que la glissière (62)
soit parallèle à la direction donnée D, tout en compensant la rotation du projectile
et en faisant tourner l'arbre secondaire (20) simultanément d'une même valeur angulaire
et dans le même sens pour conserver le disque (12) centré sur l'axe de roulis X.
- faire glisser le disque (12) dans la direction donnée D par rotation de l'arbre
secondaire (20) jusqu'à ce que l'excentration E entre centre du disque (12) et axe
de roulis X donne l'amplitude de correction voulue.