[0001] La présente invention concerne un instrument d'écriture comprenant un corps s'étendant
longitudinalement selon un axe central et une agrafe s'étendant sensiblement parallèlement
à l'axe central fixée à au moins une partie du corps jusqu'à une extrémité libre.
ARRIERE PLAN TECHNOLOGIQUE
[0002] Il est connu dans l'art antérieur des instruments d'écriture constitués un instrument
d'écriture comprenant un corps qui s'étend longitudinalement selon un axe central
C entre une extrémité avant et une extrémité arrière . L'extrémité avant comporte
une ouverture par laquelle une pointe d'écriture, non visible puisque rétractée, peut
sortir. A l'extrémité arrière, l'instrument d'écriture présente un bouton poussoir
qui actionner un mécanisme, non représenté, de sortie/rétractation de la pointe. Le
corps peut être réalisé par deux pièces, un nez conique et un fût auquel le nez conique
est fixé.
[0003] Cet instrument d'écriture est également muni d'une agrafe utilisée pour que l'utilisateur
puisse accrocher l'instrument d'écriture à une poche de chemise par exemple. Cette
agrafe consiste en un bras muni à une première extrémité d'une protubérance libre
devant être en contact avec le corps de l'instrument d'écriture et, à une seconde
extrémité, de moyens d'attache pour fixer ladite agrafe au corps de l'instrument d'écriture.
Ces moyens d'attache peuvent être un système de clip c'est-à-dire que le système de
clip vient s'insérer dans un orifice du corps pour fixer ladite agrafe. Les moyens
d'attache peuvent également se présenter sous la forme d'une bague non fermée venant
ceinturer le corps de l'instrument d'écriture.
[0004] Un premier inconvénient est que ce type d'instrument d'écriture est peu esthétique
et fragile. En effet, le fait que l'agrafe soit une pièce rapportée entraîne des risques
d'arrachage de ladite agrafe lors de manipulations.
[0005] De plus, un inconvénient de cette configuration est qu'elle nécessite un procédé
de fabrication dans lequel le corps et l'agrafe sont réalisés chacun de leur côté.
Une étape supplémentaire d'assemblage est alors prévue pour équiper chaque instrument
d'écriture d'une agrafe.
[0006] Par ailleurs, le matériau dans lequel l'agrafe est réalisée est un métal quelconque.
Chaque matériau se caractérise par son module d'Young E également appelé module d'élasticité
(exprimé généralement en GPa), caractérisant sa résistance à la déformation. De plus,
chaque matériau est aussi caractérisé par sa limite élastique σ
e (exprimée généralement en GPa) qui représente la contrainte au-delà de laquelle le
matériau se déforme plastiquement. Ainsi, il est possible, pour une épaisseur donnée,
de comparer les matériaux en établissant pour chacun le rapport de leur limite élastique
sur leur module d'Young σ
e/E, ledit rapport étant représentatif de la déformation élastique de chaque matériau.
Ainsi plus ce rapport est élevé plus la déformation élastique du matériau est élevée.
Or les matériaux cristallins tels qu'utilisés dans l'art antérieur, par exemple, l'alliage
Cu-Be, dont le module d'Young E est égal à 130 GPa et ayant une limite d'élasticité
σ
e valant typiquement 1 GPa, donne un rapport σ
e/E faible c'est-à-dire de l'ordre de 0,007. Ces pièces en alliage cristallin possèdent,
par conséquent, une déformation élastique limitée. Dans le cas d'une agrafe d'instrument
d'écriture, on constate que l'utilisateur a tendance à manipuler fréquemment cette
agrafe et cette dernière finit par se déformer voire se casser.
[0007] De même, l'utilisation de métaux précieux cristallins pour la fabrication d'une telle
agrafe n'est pas envisageable compte tenu des caractéristiques mécaniques insuffisantes
de ces métaux. En effet, ces métaux précieux présentent notamment une limite élastique
faible, de l'ordre de 0.5 GPa pour les alliages d'Au, de Pt, de Pd et d'Ag, contre
environ 1GPa pour les alliages cristallins classiquement utilisés. Etant donné le
module élastique de ces métaux précieux, qui est de l'ordre de 120 GPa, on arrive
à un rapport σ
e/E d'environ 0.004. Or un rapport σ
e/E élevé est nécessaire pour la réalisation d'une telle agrafe comme expliqué précédemment.
Par conséquent, l'homme du métier n'est pas incité à utiliser ces métaux précieux
pour la réalisation d'une telle agrafe.
[0008] Un autre inconvénient des instruments d'écriture existant est le ressort placé dans
la partie inférieure du corps et qui fournit la force de rappel pour sortir/rétracter
la pointe d'écriture. En effet ce ressort est une pièce unique qui parfois s'échappe
du corps de l'instrument d'écriture lors du remplacement de la pointe d'écriture,
ce qui supprime une fonction de base de l'instrument d'écriture.
RESUME DE L'INVENTION
[0009] L'invention concerne un instrument d'écriture qui pallie les inconvénients susmentionnés
de l'art antérieur en proposant un instrument d'écriture réalisé d'un seul tenant
en matériau au moins partiellement amorphe.
[0010] A cet effet, l'invention concerne un instrument d'écriture comprenant
- un corps s'étendant longitudinalement selon un axe central (C) ;
- un élément élastique fixée à au moins une partie du corps;
caractérisé en ce que l'élément élastique et ladite au moins une partie du corps viennent de matière et
sont réalisés en alliage métallique au moins partiellement amorphe.
[0011] Des modes de réalisation avantageux de cet instrument d'écriture font l'objet des
revendications dépendantes.
[0012] Dans un premier mode de réalisation avantageux, l'alliage métallique comporte au
moins un élément qui est du type précieux, compris dans la liste comportant l'or,
le platine, le palladium, le rhénium, le ruthénium, le rhodium, l'argent, l'iridium
ou l'osmium.
[0013] Dans un second mode de réalisation avantageux, l'agrafe et ladite au moins une partie
du corps sont réalisées en matériau totalement amorphe.
[0014] Dans un troisième mode de réalisation avantageux, ledit matériau est exempt de Cobalt,
de Béryllium ou de Nickel.
[0015] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit élément élastique est une agrafe
s'étendant sensiblement parallèlement à l'axe central depuis une première extrémité
fixée à au moins une partie du corps jusqu'à une extrémité libre.
[0016] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit élément élastique est un ressort
comportant au moins un élément s'étendant sensiblement radialement vers l'axe central
à l'intérieur de ladite au moins une partie du corps.
[0017] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit corps comprend à une extrémité
avant une ouverture par laquelle une pointe d'écriture peut sortir.
[0018] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit corps comprend à une extrémité
avant un nez conique fixé audit corps et comprenant une ouverture par laquelle une
pointe d'écriture peut sortir.
[0019] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit corps comprend en outre des organes
complémentaires directement incrustés audit corps lors d'une opération de coulé ou
de formage à chaud.
[0020] L'invention concerne également un procédé de réalisation d'un instrument d'écriture
selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le corps est réalisé par les étapes suivantes :
- a) se munir du matériau constitutif du corps ;
- b) réaliser ledit corps par coulée dudit matériau dans un moule ;
- c) refroidir l'ensemble de sorte à donner audit corps une structure amorphe ; et
- d) récupérer ledit corps.
[0021] Un autre procédé de réalisation d'un instrument d'écriture se
caractérise en ce que le corps est réalisé par les étapes suivantes :
- a) réaliser une préforme avec le dit matériau au moins partiellement amorphe;
- b) chauffer les matrices entre la température de transition vitreuse Tg et la température
de cristallisation Tx dudit matériau;
- c) placer la préforme entre les matrices ; et
- d) exercer une pression sur la préforme à l'aide des matrices pendant un temps prédéterminé
afin de répliquer leur forme sur chacune des faces de la préforme,
- e) refroidir ledit corps de sorte à conserver l'état au moins partiellement amorphe.
[0022] Avantageusement, les matrices ou le moule comprennent des états de surface de sorte
à les répliquer directement lors de l'opération de coulé ou de formage à chaud.
[0023] De façon surprenante, les métaux précieux sous forme amorphe présentent un rapport
σ
e/E élevé permettant la réalisation de pièces comme l'agrafe ou le ressort selon la
présente invention.
[0024] Un premier avantage de la présente invention est qu'elle possède des caractéristiques
élastiques plus intéressantes. En effet, dans le cas d'un matériau amorphe, le rapport
σ
e/E est augmenté par élévation de la limite élastique σ
e. Ainsi, le matériau voit donc la contrainte, au-delà de laquelle il ne reprend pas
sa forme initiale, augmenter. Cette amélioration du rapport σ
e/E permet alors une déformation plus importante. Cela permet d'optimiser les dimensions
de l'agrafe selon que l'on veuille augmenter la plage de mesure de l'agrafe ou alors
réduire la taille de ladite agrafe pour une plage de mesure équivalente. De même pour
le ressort, la force de rappel peut être ajustée en modifiant les dimensions dudit
ressort.
[0025] Un autre avantage de ces matériaux amorphes est qu'ils ouvrent de nouvelles perspectives
de mise en forme permettant l'élaboration de pièces aux formes compliquées avec une
plus grande précision. En effet, les métaux amorphes ont la caractéristique particulière
de se ramollir tout en restant amorphe dans un intervalle de température [Tx - Tg]
donné propre à chaque alliage (avec Tx : température de cristallisation et Tg : température
de transition vitreuse). Il est ainsi possible de les mettre en forme sous une contrainte
relativement faible et à une température peu élevée. Cela permet alors de reproduire
très précisément des géométries fines car la viscosité de l'alliage diminue fortement
et ce dernier épouse ainsi tous les détails du moule.
[0026] La présente invention concerne également un élément de protection d'une pointe d'écriture
d'un instrument comprenant un capuchon s'étendant longitudinalement selon un axe central
et agencé pour s'emboîter sur le corps dudit instrument, et une agrafe s'étendant
sensiblement parallèlement à l'axe central depuis une première extrémité fixée au
capuchon jusqu'à une extrémité libre
caractérisé en ce que l'agrafe et ledit capuchon viennent de matière et sont réalisés en alliage métallique
au moins partiellement amorphe.
[0027] Dans un premier mode de réalisation avantageux, l'alliage métallique comporte au
moins un élément qui est du type précieux, compris dans la liste comportant l'or,
le platine, le palladium, le rhénium, le ruthénium, le rhodium, l'argent, l'iridium
ou l'osmium.
[0028] Dans un second mode de réalisation avantageux, ladite agrafe et ledit capuchon sont
réalisés en matériau totalement amorphe.
[0029] Dans un troisième mode de réalisation avantageux, ledit matériau est exempt de Cobalt,
de Béryllium ou de Nickel.
[0030] Dans un autre mode de réalisation avantageux, ledit capuchon comprend en outre des
organes complémentaires directement incrustés audit corps lors d'une opération de
coulé ou de formage à chaud.
[0031] L'invention concerne aussi un procédé de réalisation d'un instrument d'écriture qui
se
caractérise en ce que le capuchon est réalisé par les étapes suivantes :
- a) se munir du matériau constitutif du capuchon;
- b) réaliser ledit capuchon par coulée dudit matériau dans un moule ;
- c) refroidir l'ensemble de sorte à donner audit capuchon une structure amorphe ; et
- d) récupérer ledit capuchon.
[0032] Le procédé de réalisation d'un instrument d'écriture se caractérise aussi en ce que
le capuchon est réalisé par les étapes suivantes :
- a) réaliser une préforme avec ledit matériau au moins partiellement amorphe;
- b) chauffer les matrices entre la température de transition vitreuse Tg et la température
de cristallisation Tx dudit matériau;
- c) placer la préforme entre les matrices ; et
- d) exercer une pression sur la préforme à l'aide des matrices pendant un temps prédéterminé
afin de répliquer leur forme sur chacune des faces de la préforme,
- e) refroidir ledit capuchon de sorte à conserver l'état au moins partiellement amorphe.
[0033] Avantageusement, les matrices ou le moule comprennent des états de surface de sorte
à les répliquer directement lors de l'opération de coulée ou de formage à chaud.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0034] Les buts, avantages et caractéristiques de l'instrument d'écriture selon la présente
invention apparaîtront plus clairement dans la description détaillée suivante d'au
moins une forme de réalisation de l'invention donnée uniquement à titre d'exemple
non limitatif et illustrée par les dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1 représente de manière schématique une vue en coupe longitudinale d'un
instrument d'écriture selon un premier mode de réalisation de la présente invention
;
- la figure 2 représente de manière schématique une vue de côté d'un instrument d'écriture
selon la présente invention ; et
- la figure 2a représente de manière schématique une vue en coupe radiale d'un instrument
d'écriture selon la présente invention ; et
- la figure 3 représente de manière schématique une vue de côté d'un instrument d'écriture
selon un second mode de réalisation de la présente invention.
DESCRIPTION DETAILLEE
[0035] Les figures 1 et 2 représentent une vue en coupe d'un instrument d'écriture 1 selon
un premier mode de réalisation. Cet instrument d'écriture 1 comprend un corps 2 qui
s'étend longitudinalement selon un axe central C entre une extrémité avant 3 et une
extrémité arrière 4. L'extrémité avant comporte une ouverture 5 par laquelle une pointe
d'écriture 6, non visible puisque rétractée, peut sortir. Cette pointe d'écriture
6 peut être une pointe à mine ou une pointe à plume ou à bille ou un feutre disposée
à l'extrémité d'une recharge (non représentée) s'étendant longitudinalement dans le
corps 2. A l'extrémité arrière 4, l'instrument d'écriture présente un bouton poussoir
7 qui peut actionner un mécanisme, non représenté, de sortie/rétractation de la pointe.
[0036] Cet instrument d'écriture est également muni d'un élément élastique 10 telle une
agrafe 8 utilisée pour que l'utilisateur puisse accrocher l'instrument d'écriture
par exemple à une poche de chemise. Cette agrafe 8 consiste en un bras 81 muni à une
première extrémité 82 d'une protubérance 83 devant être en contact avec le corps de
l'instrument d'écriture. Cette agrafe est fixée, par une seconde extrémité 84, au
corps 2 de l'instrument d'écriture.
[0037] Dans une variante, le corps 2 peut être réalisé par deux pièces, un nez conique 9
et un fût auquel le nez conique est fixé. Il peut également être réaliser en trois
pièces, une première partie au niveau de laquelle l'agrafe est fixée, une seconde
partie servant à la préhension dudit instrument et une troisième partie qui est le
nez conique fixé à la seconde partie. Ces trois parties forment ainsi ledit corps
2.
[0038] Avantageusement selon l'invention, au moins la première partie du corps 2 et l'agrafe
8 viennent de matière et sont réalisées en un matériau totalement amorphe ou partiellement
amorphe. En particulier, on utilise des verres métalliques c'est-à-dire des alliages
métalliques amorphes. Cette configuration d'avoir au moins la première partie du corps
2 et l'agrafe 8 monobloc offre un aspect plus solide et de meilleure qualité.
[0039] En effet, l'avantage, en termes de déformation de ces alliages métalliques amorphes,
vient du fait que lors de leur fabrication, les atomes composant ce matériau amorphe
ne s'arrangent pas selon une structure particulière comme c'est le cas pour les matériaux
cristallins. Ainsi même si le module d'Young E d'un matériau cristallin et d'un matériau
amorphe est identique, la limite élastique, σ
e, est différente. En effet, le matériau amorphe se différencie par une limite élastique
σ
ea plus élevée que celle du matériau cristallin d'un rapport sensiblement égal à deux.
Cela permet aux matériaux amorphes de pouvoir subir une plus forte contrainte avant
d'arriver à la limite élastique σ
e, la contrainte ainsi supportée étant quatre à huit fois supérieure à celle supportée
par un matériau équivalent cristallin.
[0040] En premier lieu, cette configuration permet d'améliorer la fiabilité de l'agrafe
8 sur l'instrument d'écriture. En effet, la limite élastique σ
ea est plus élevée ce qui rend la région plastique plus éloignée et donc diminue le
risque de déformer plastiquement l'agrafe 8 lorsque l'utilisateur manipule l'instrument
d'écriture.
[0041] De plus, de manière avantageuse, on constate qu'une agrafe 8 en matériau amorphe
permet également pour une même contrainte, l'optimisation de son dimensionnement afin
de supporter les mêmes contraintes. En effet, les dimensions de l'agrafe 8, telle
que l'épaisseur modifient sa déformation. Avantageusement, avec une limite élastique
qui augmente, la contrainte pouvant être appliquée à l'agrafe 8, sans déformation
plastique, augmente. Il devient alors possible de garder la même résistance à la contrainte
en réduisant son épaisseur. L'agrafe 8 devient, par conséquent, plus fine et donc
moins visible ce qui peut apporter un plus en terme d'esthétique.
[0042] Par ailleurs, les matériaux amorphes ou alliages métalliques amorphes ont la caractéristique
d'être plus durs que leurs équivalents cristallins. De ce fait, le corps 2 réalisé
dans un tel matériaux sera plus dur et donc plus résistant.
[0043] On pourra alors citer comme exemples de matériaux amorphes pouvant être utilisés
: le Zr41Ti14Cu12Ni10Be23 dont le module d'Young E vaut 105 GPa et la limite élastique
vaut σ
e= 1,9 GPa, et qui a un rapport σ
e/E = 0,018 et le Pt57.5Cu14.7Ni5.3P22.3 dont le module d'Young E vaut 98 GPa et la
limite élastique vaut σ
e= 1,4 GPa avec un rapport σ
e/E = 0,014. On comprendra que les alliages cités dans les brevets suivants :
US 5,288,344 ;
US5,618,359 et
US 7,368,022 sont incorporés par référence dans ladite demande.
[0044] Bien sûr, il existe d'autres caractéristiques qui peuvent être intéressantes telles
que l'aspect allergène de l'alliage. En effet, on peut remarquer que les matériaux
qu'ils soient cristallins ou amorphes utilisent souvent des alliages comprenant des
éléments allergènes. Par exemple, de tels types d'alliages comportent du Cobalt, du
Béryllium ou du Nickel. Ainsi, des variantes de l'invention peuvent être réalisées
avec des alliages ne contenant pas ces éléments allergènes. On peut aussi prévoir
que des éléments allergènes soient présents mais que ceux-ci ne provoquent pas de
réaction allergène.
[0045] Selon une autre variante de l'invention, il peut être prévu que la au moins première
partie du corps 2 et l'agrafe 8 soient réalisées en matériau noble. Effectivement,
à l'état cristallin, les matériaux nobles tels que l'or ou le platine sont trop mous
pour permettre la réalisation d'une agrafe 8 flexible et robuste. Mais dès lors qu'ils
se présentent sous la forme de verre métallique, c'est-à-dire à l'état amorphe, ces
métaux précieux sont alors dotés de caractéristiques telles que leur utilisation devient
possible tout en proposant un aspect précieux et esthétique. De façon préférentielle,
le platine 850 (Pt 850) et l'or 750 (Au 750) sont les métaux précieux qui seront utilisés
pour la réalisation de l'ensemble formé par ladite au moins première partie du corps
2 et l'agrafe 8. Bien sûr, d'autres métaux précieux pourront être utilisés tels que
du palladium, rhénium, ruthénium, rhodium, argent, iridium et osmium. On comprendra
que les alliages cités dans les brevets suivant:
WO 2006/045106 et
WO 2004/059019 sont incorporés par référence dans ladite demande.
[0046] On peut également constater que les alliages métalliques amorphes possèdent une facilité
de mise en forme. En effet, les métaux amorphes ont la caractéristique particulière
de se ramollir tout en restant amorphe dans un intervalle de température (Tx - Tg)
donné propre à chaque alliage. Il est ainsi possible de les mettre en forme sous une
contrainte relativement faible et à une température pas trop élevée.
[0047] Ce procédé, décrit précisément dans le brevet
US 2003/0047248 incorporé par référence dans la présente demande, consiste en un formage à chaud
d'une préforme amorphe. Cette préforme est obtenue par fusion des éléments métalliques
constituant l'alliage amorphe dans un four. Cette fusion est faite sous contrôle avec
pour but d'obtenir une contamination de l'alliage en oxygène aussi faible que possible.
Une fois ces éléments fondus, ils sont coulés sous forme de semi produit, puis refroidis
rapidement afin de conserver l'état amorphe. Une fois la préforme réalisée, le formage
à chaud est réalisé dans le but d'obtenir une pièce définitive. Ce formage à chaud
est réalisé par pressage dans une gamme de température comprise entre Tg et Tx durant
un temps déterminé pour conserver une structure totalement ou partiellement amorphe.
Ceci est fait dans le but de conserver les propriétés élastiques caractéristiques
des métaux amorphes. Les différentes étapes de mise en forme définitive sont alors
:
i. Chauffage des matrices ayant la forme négative de l'ensemble formé de la au moins
première partie du corps 2 et de l'agrafe 8 jusqu'à une température choisie,
ii. Introduction de la préforme en métal amorphe entre les matrices chaudes,
iii. Application d'une force de fermeture sur les matrices afin de répliquer la géométrie
de ces dernières sur la préforme en métal amorphe,
iv. Attente durant un temps maximal choisi,
v. Ouverture des matrices,
vi. Refroidissement rapide de l'ensemble formé de la au moins première partie du corps
2 et de l'agrafe 8 en dessous de Tg, et
vii. Sortie de l'ensemble formé de la au moins première partie du corps 2 et de l'agrafe
8 des matrices.
[0048] Ce mode de mise en forme permet de reproduire très précisément des géométries fines
car la viscosité de l'alliage diminue fortement, ce dernier épousant ainsi tous les
détails du moule. L'avantage de cette méthode est qu'il n'y a pas de retrait de solidification
ce qui permet d'avoir une pièce plus précise, réalisée à une température moins élevée
que par injection. De plus, cela permet de réaliser au moins une première partie du
corps 2 et l'agrafe dans une seule et même étape. De plus, le fait d'avoir au moins
la première partie du corps 2 et l'agrafe 8 venant de matière permet de diminuer les
risques d'arrachage.
[0049] Bien entendu, d'autres types de mise en forme sont possibles comme la mise en forme
par injection. Ce procédé, décrit précisément dans le brevet
US 5,711,363 incorporé par référence dans la présente demande, consiste à mouler l'alliage obtenu
par fusion des éléments métalliques dans un four, sous la forme d'une pièce quelconque
tel qu'un barreau et cela dans un état cristallin ou amorphe, peu importe. Puis cette
pièce de forme quelconque en alliage est de nouveau fondue pour être injectée dans
un moule possédant la forme de la pièce définitive. Une fois le moule rempli, celui-ci
est refroidi rapidement jusqu'à une température inférieure à Tg afin d'éviter la cristallisation
de l'alliage et ainsi obtenir l'ensemble formé de la au moins première partie du corps
2 et de l'agrafe 8 en métal amorphe ou semi-amorphe.
[0050] Ainsi, il est donc possible de former l'ensemble formé de la au moins première partie
du corps 2 et de l'agrafe 8 selon la géométrie désirée.
[0051] Une variante consiste à réaliser des décorations directement lors de la fabrication
de l'ensemble formée par la au moins première partie du corps 2 et de l'agrafe 8.
Pour cela, les décorations de l'instrument d'écriture 1 telles que du type côte de
Genève, perlage, satinage ou guillochage sont réalisées directement dans les empreintes
négatives dudit moule ou desdites matrices utilisés pour, respectivement la coulée
et le formage à chaud. Ainsi, en plus des avantages cités précédemment, cette variante
permet également de se passer du lourd outillage utilisé actuellement pour réaliser
ces décorations en série. On comprend que le procédé permet donc la réalisation d'un
instrument d'écriture décoré de manière plus rapide et, incidemment, de manière moins
chère.
[0052] Avantageusement, il peut être prévu que des organes complémentaires tels que des
inserts nacrés ou des pierres précieuses soient incrustés dans l'instrument d'écriture.
On pourra prévoir que cet organe complémentaire est directement placé dans le moule
ou sur les matrices et incrusté lors des étapes de coulée ou de formage à chaud. Cet
organe complémentaire fait ainsi partie intégrante de l'instrument d'écriture et n'est
pas une partie rapportée.
[0053] Dans un second mode de réalisation visible à la figure 3, l'instrument d'écriture
1 comprend un élément de protection ou capuchon 20 destiné à se fixer sur le corps
2 et à protéger l'extrémité avant 3. En effet, la pointe d'écriture 6 est agencée
au niveau de cette extrémité avant 3 et il est parfois nécessaire de protéger cette
pointe d'écriture, notamment dans le cas d'une pointe à plume ou feutre. Ce capuchon
20 comprend un composant s'étendant longitudinalement selon l'axe central C. Ce composant
est agencé pour s'emboîter sur le corps 2 dudit instrument. Il est envisageable que
ledit élément de protection comprenne une agrafe 80. Cette agrafe 80 s'étend sensiblement
parallèlement à l'axe central (C) depuis une première extrémité fixée au composant
jusqu'à une extrémité libre.
[0054] Avantageusement, l'agrafe 80 et ledit capuchon 20 viennent de matière et sont réalisés
en alliage métallique au moins partiellement amorphe. Bien entendu, les variantes
décrites pour le premier mode de réalisation sont également possibles pour ce second
mode de réalisation.
[0055] Dans le cas d'un instrument d'écriture à poussoir et mine ou bille rétractable, on
notera également que le corps 2 peut comprendre en outre un ressort de rappel 11 de
l'ensemble pointe d'écriture-recharge comme cela est visible aux figures 2 et 2a.
Avantageusement, ce ressort vient de matière avec le corps 2 et peut prendre la forme
d'une rondelle ajourée s'étendant radialement en direction du centre du corps 2 garantissant
l'effet ressort. Alternativement cette rondelle peut être remplacée par une pluralité
de languettes s'étendant radialement en direction du centre du corps 2. Une légère
inclinaison peut être présente pour assurer un meilleur fonctionnement. L'utilisation
d'alliage métallique amorphe permet d'obtenir un ressort supportant une contrainte
supérieure garantissant une fiabilité supérieure. Ce ressort de rappel 11 peut également
être réalisé directement avec le corps 2 lors d'une opération de formage à chaud ou
de coulée.
[0056] On comprendra que diverses modifications et/ou améliorations et/ou combinaisons évidentes
pour l'homme du métier peuvent être apportées aux différents modes de réalisation
de l'invention exposée ci-dessus sans sortir du cadre de l'invention définie par les
revendications annexées.
1. Instrument d'écriture (1) comprenant
- un corps (2) s'étendant longitudinalement selon un axe central (C) ;
- un élément élastique (10) fixée à au moins une partie du corps; caractérisé en ce que l'élément élastique (10) et ladite au moins une partie du corps (2) viennent de matière
et sont réalisés en alliage métallique au moins partiellement amorphe.
2. Instrument d'écriture selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'alliage métallique comporte au moins un élément qui est du type précieux, compris
dans la liste comportant l'or, le platine, le palladium, le rhénium, le ruthénium,
le rhodium, l'argent, l'iridium ou l'osmium.
3. Instrument d'écriture selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'agrafe et ladite au moins une partie du corps sont réalisées en matériau totalement
amorphe.
4. Instrument d'écriture selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que ledit matériau est exempt de Cobalt, de Béryllium ou de Nickel.
5. Instrument d'écriture selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que ledit élément élastique est une agrafe (8) s'étendant sensiblement parallèlement
à l'axe central (C) depuis une première extrémité fixée à au moins une partie du corps
jusqu'à une extrémité libre.
6. Instrument d'écriture selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que ledit élément élastique (10) est un ressort (11) comportant au moins un élément s'étendant
sensiblement radialement vers l'axe central (C) à l'intérieur de ladite au moins une
partie du corps (2).
7. Instrument d'écriture selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit corps comprend à une extrémité avant une ouverture par laquelle une pointe
d'écriture peut sortir.
8. Instrument d'écriture selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que ledit corps comprend à une extrémité avant un nez conique fixé audit corps et comprenant
une ouverture par laquelle une pointe d'écriture peut sortir.
9. Instrument d'écriture selon l'une des revendication précédentes, caractérisé en ce que ledit corps comprend en outre des organes complémentaires directement incrustés audit
corps lors d'une opération de coulé ou de formage à chaud.
10. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le corps (2) est réalisé par les étapes suivantes :
a) se munir du matériau constitutif du corps (2) ;
b) réaliser ledit corps par coulée dudit matériau dans un moule ;
c) refroidir l'ensemble de sorte à donner audit corps une structure amorphe ; et
d) récupérer ledit corps.
11. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon l'une des revendication 1
à 9,
caractérisé en ce que le corps (2) est réalisé par les étapes suivantes :
a) réaliser une préforme avec ledit matériau au moins partiellement amorphe;
b) chauffer les matrices entre la température de transition vitreuse Tg et la température
de cristallisation Tx dudit matériau;
c) placer la préforme entre les matrices ; et
d) exercer une pression sur la préforme à l'aide des matrices pendant un temps prédéterminé
afin de répliquer leur forme sur chacune des faces de la préforme,
e) refroidir ledit corps (2) de sorte à conserver l'état au moins partiellement amorphe.
12. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon les revendications 10 ou 11,
caractérisé en ce que les matrices ou le moule comprennent des états de surface de sorte à les répliquer
directement lors de l'opération de coulée ou de formage à chaud.
13. Elément de protection d'une pointe d'écriture d'un instrument comprenant un capuchon
(20) s'étendant longitudinalement selon un axe central et agencé pour s'emboîter sur
le corps dudit instrument, et une agrafe (80) s'étendant sensiblement parallèlement
à l'axe central (C) depuis une première extrémité fixée au capuchon jusqu'à une extrémité
libre caractérisé en ce que l'agrafe et ledit capuchon viennent de matière et sont réalisés en alliage métallique
au moins partiellement amorphe.
14. Elément de protection selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'alliage métallique comporte au moins un élément qui est du type précieux, compris
dans la liste comportant l'or, le platine, le palladium, le rhénium, le ruthénium,
le rhodium, l'argent, l'iridium ou l'osmium.
15. Elément de protection selon la revendication 13, caractérisé en ce que ladite agrafe (80) et ledit capuchon (20) sont réalisés en matériau totalement amorphe.
16. Elément de protection selon l'une des revendications 13 à 15 caractérisé en ce que ledit matériau est exempt de Cobalt, de Béryllium ou de Nickel.
17. Elément de protection selon les revendications 13 à 15, caractérisé en ce que ledit capuchon (20) comprend en outre des organes complémentaires directement incrustés
audit corps lors d'une opération de coulé ou de formage à chaud.
18. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon l'une des revendications 13
à 17,
caractérisé en ce que le capuchon (20) est réalisé par les étapes suivantes :
a) se munir du matériau constitutif du capuchon (20);
b) réaliser ledit capuchon (20) par coulée dudit matériau dans un moule ;
c) refroidir l'ensemble de sorte à donner audit capuchon (20) une structure amorphe
; et
d) récupérer ledit capuchon (20).
19. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon l'une des revendications 13
à 17,
caractérisé en ce que le capuchon (20) est réalisé par les étapes suivantes :
a) réaliser une préforme avec le dit matériau au moins partiellement amorphe;
b) chauffer les matrices entre la température de transition vitreuse Tg et la température
de cristallisation Tx dudit matériau;
c) placer la préforme entre les matrices ; et
d) exercer une pression sur la préforme à l'aide des matrices pendant un temps prédéterminé
afin de répliquer leur forme sur chacune des faces de la préforme,
e) refroidir ledit capuchon (20) de sorte à conserver l'état au moins partiellement
amorphe.
20. Procédé de réalisation d'un instrument d'écriture selon les revendications 18 ou 19,
caractérisé en ce que les matrices ou le moule comprennent des états de surface de sorte à les répliquer
directement lors de l'opération de coulé ou de formage à chaud.