Domaine de l'invention
[0001] L'invention concerne les produits en alliages aluminium-magnésium-lithium, plus particulièrement,
de tels produits, leurs procédés de fabrication et d'utilisation, destinés en particulier
à la construction aéronautique et aérospatiale.
Etat de la technique
[0002] Des produits laminés en alliage d'aluminium sont développés pour produire des pièces
de haute résistance destinées notamment à l'industrie aéronautique et à l'industrie
aérospatiale.
[0003] Les alliages d'aluminium contenant du lithium sont très intéressants à cet égard,
car le lithium peut réduire la densité de l'aluminium de 3 % et augmenter le module
d'élasticité de 6 % pour chaque pourcent en poids de lithium ajouté. Pour que ces
alliages soient sélectionnés dans les avions, leur performance par rapport aux autres
propriétés d'usage doit atteindre celle des alliages couramment utilisés, en particulier
en terme de compromis entre les propriétés de résistance mécanique statique (limite
d'élasticité en traction et en compression, résistance à la rupture) et les propriétés
de tolérance aux dommages (ténacité, résistance à la propagation des fissures en fatigue),
ces propriétés étant en général antinomiques.
Ces alliages doivent également présenter une résistance à la corrosion suffisante,
pouvoir être mis en forme selon les procédés habituels et présenter de faibles contraintes
résiduelles de façon à pouvoir être usinés de façon intégrale.
Les alliages d'aluminium contenant simultanément du magnésium et du lithium permettent
d'atteindre des densités particulièrement faibles et ont donc été extensivement étudiés.
[0004] Le brevet
GB 1,172,736 enseigne un alliage contenant 4 à 7% en poids Mg, 1,5 - 2,6 % Li, 0,2 - 1% Mn et/ou
0,05 - 0,3 % Zr, reste aluminium utiles pour des utilisations nécessitant une résistance
mécanique élevée, une bonne résistance à la corrosion, une faible densité et un module
d'élasticité élevé.
[0005] La demande internationale
WO 92/03583 décrit un alliage utile pour les structures aéronautiques ayant une faible densité
de formule générale Mg
aLi
bZn
cAg
dAl
bal, dans lequel a est compris entre 0,5 et 10%, b est compris entre 0,5 et 3%, c est
compris entre 0,1 et 5%, d est compris entre 0,1 et 2% et bal indique que le reste
est de l'aluminium.
[0006] Le brevet
US 5,431,876 enseigne un groupe d'alliages ternaire d'aluminium lithium et magnésium ou cuivre,
incluant au moins un additif tel que le zirconium, le chrome et/ou le manganèse.
[0007] Le brevet
US 6,551,424 décrit un procédé de fabrication de produits en alliage aluminium-magnésium-lithium
de composition (en % en poids) Mg : 3,0 - 6,0, Li : 0,4 - 3,0, Zn jusque 2,0, Mn jusque
1,0, Ag jusque 0,5, Fe jusque 0,3, Si jusque 0,3, Cu jusque 0,3, 0,02 - 0,5 d'un élément
sélectionné dans le groupe consistant en Sc, Hf, Ti, V, Nd, Zr, Cr, Y, Be, incluant
un laminage à froid dans le sens de la longueur et dans le sens de la largeur.
Le brevet
US 6,461,566 décrit un alliage de composition (en % en poids) Li : 1,5 - 1,9, Mg : 4,1 - 6,0,
Zn 0,1 - 1,5, Zr 0,05 - 0,3, Mn 0,01 - 0,8 H, 0,9 10
-5 - 4,5 10
-5 et au moins un élément sélectionné dans le groupe Be 0,001 - 0.2, Y 0,001 - 0.5 et
Sc 0,01 - 0,3.
Le brevet
RU 2171308 décrit un alliage comprenant (en % en poids) Li : 1,5 - 3,0, Mg : 4,5 - 7,0, Fe 0,01
- 0,15, Na : 0,001 - 0,0015, H, 1,7 10
-5 - 4.5 10
-5 et au moins un élément sélectionné dans le groupe Zr 0,05- 0,15, Be 0,005 - 0,1,
et Sc 0,05 - 0,4 et au moins un élément sélectionné dans le groupe Mn 0,005- 0,3,
Cr 0,005 - 0,2, et Ti 0,005 - 0,2, reste aluminium.
[0008] Le brevet
RU2163938 décrit un alliage contenant (en % en poids) Mg : 2,0 - 5,8, Li : 1,3-2,3, Cu : 0,01
- 0,3, Mn : 0,03- 0,5, Be : 0,0001 - 0,3, au moins un élément parmi Zr et Sc : 0,02
- 0,25 et au moins un élément parmi Ca et Ba : 0,002 - 0.1, reste aluminium.
[0009] La demande de brevet
DE 1 558 491 décrit notamment un alliage contenant (en % en poids) Mg : 4 - 7, Li : 1,5 - 2,6,
Mn : 0,2- 1,0, Zr 0,05 - 0,3 et/ou Ti 0,05 - 0,15 ou Cr 0,05 - 0,3.
[0010] Ces alliages n'ont pas résolu certains problèmes et en particulier leur performance
en termes de tolérance aux dommages n'a pas permis leur utilisation significative
dans l'aviation commerciale. Il est à noter également que la fabrication de produits
corroyés à partir de ces alliages est restée difficile et que le taux de rebut est
trop élevé.
[0011] Il existe un besoin pour des produits corroyés en alliage aluminium-magnésium-lithium
présentant des propriétés améliorées par rapport à celles des produits connus, en
particulier en termes de compromis entre les propriétés de résistance mécanique statique
et les propriétés de tolérance aux dommages, en particulier la ténacité, de résistance
à la corrosion tout en ayant une faible densité.
De plus il existe un besoin pour un procédé de fabrication de ces produits fiable
et économique.
Objet de l'invention
[0012] Un premier objet de l'invention est un produit corroyé en alliage d'aluminium de
composition, en % en poids,
Mg : 4,0 - 5,0
Li : 1,0 - 1,6
Zr : 0,05 - 0,15
Ti: 0,01 - 0,15
Fe : 0,02 - 0,2
Si : 0,02 - 0,2
Mn : ≤ 0,5
Cr ≤ 0,5
Ag : ≤ 0,5
Cu ≤ 0,5
Zn ≤ 0,5
Sc < 0,01
autres éléments < 0,05
reste aluminium.
[0013] Un autre objet de l'invention est un procédé de fabrication d'un produit corroyé
selon l'invention comprenant successivement
- l'élaboration d'un bain de métal liquide de façon à obtenir un alliage d'aluminium
de composition selon l'invention,
- la coulée dudit alliage sous forme brute,
- optionnellement l'homogénéisation du produit ainsi coulé,
- la déformation à chaud et optionnellement à froid,
- optionnellement un traitement thermique à une température comprise entre 300 et 420
°C en un ou plusieurs paliers,
- la mise en solution du produit ainsi déformé, et la trempe,
- optionnellement la déformation à froid du produit ainsi mis en solution et trempé,
- le revenu à une température inférieure à 150 °C.
[0014] Encore un autre objet de l'invention est l'utilisation d'un produit l'invention pour
réaliser des éléments de structure d'aéronef.
Description des figures
[0015]
Figure 1 : Courbe R dans le sens L-T (éprouvette CCT760).
Figure 2 : Courbe R dans le sens T-L (éprouvette CCT760).
Figure 3 : Ténacité Kapp (L-T) en fonction de la limite d'élasticité Rp0,2(L) pour les alliages A, C et D.
Description de l'invention
[0016] Sauf mention contraire, toutes les indications concernant la composition chimique
des alliages sont exprimées comme un pourcentage en poids basé sur le poids total
de l'alliage. L'expression 1,4 Cu signifie que la teneur en cuivre exprimée en % en
poids est multipliée par 1,4. La désignation des alliages se fait en conformité avec
les règlements de The Aluminium Association, connus de l'homme du métier. La densité
dépend de la composition et est déterminée par calcul plutôt que par une méthode de
mesure de poids. Les valeurs sont calculées en conformité avec la procédure de The
Aluminium Association, qui est décrite pages 2-12 et 2-13 de « Aluminum Standards
and Data ». Les définitions des états métallurgiques sont indiquées dans la norme
européenne EN 515.
Les caractéristiques mécaniques statiques en traction, en d'autres termes la résistance
à la rupture R
m, la limite d'élasticité conventionnelle à 0,2% d'allongement R
p0,2, et l'allongement à la rupture A%, sont déterminés par un essai de traction selon
la norme NF EN ISO 6892-1, le prélèvement et le sens de l'essai étant définis par
la norme EN 485-1.
Une courbe donnant le facteur d'intensité de contrainte effectif en fonction de l'extension
de fissure effective, connue comme la courbe R, est déterminée selon la norme ASTM
E 561. Le facteur d'intensité de contrainte critique K
C, en d'autres termes le facteur d'intensité qui rend la fissure instable, est calculé
à partir de la courbe R. Le facteur d'intensité de contrainte K
CO est également calculé en attribuant la longueur de fissure initiale au commencement
de la charge monotone, à la charge critique. Ces deux valeurs sont calculées pour
une éprouvette de la forme requise. K
app représente le facteur K
CO correspondant à l'éprouvette qui a été utilisée pour effectuer l'essai de courbe
R. K
Ceff représente le facteur K
C correspondant à l'éprouvette qui a été utilisée pour effectuer l'essai de courbe
R. Δa
eff(max) représente l'extension de fissure du dernier point valide de la courbe R. La longueur
de la courbe R - à savoir l'extension de fissure maximale de la courbe - est un paramètre
en lui-même important, notamment pour la conception de fuselage.
[0017] Sauf mention contraire, les définitions de la norme EN 12258 s'appliquent.
[0018] On appelle ici « élément de structure » ou « élément structural » d'une construction
mécanique une pièce mécanique pour laquelle les propriétés mécaniques statiques et/ou
dynamiques sont particulièrement importantes pour la performance de la structure,
et pour laquelle un calcul de structure est habituellement prescrit ou réalisé. Il
s'agit typiquement d'éléments dont la défaillance est susceptible de mettre en danger
la sécurité de ladite construction, de ses utilisateurs, des ses usagers ou d'autrui.
Pour un avion, ces éléments de structure comprennent notamment les éléments qui composent
le fuselage (tels que la peau de fuselage, fuselage skin en anglais), les raidisseurs
ou lisses de fuselage (stringers), les cloisons étanches (bulkheads), les cadres de
fuselage (circumferential frames), les ailes (tels que la peau de voilure extrados
ou intrados (upper or lower wing skin), les raidisseurs (stringers ou stiffeners),
les nervures (ribs) et longerons (spars)) et l'empennage composé notamment de stabilisateurs
horizontaux et verticaux (horizontal or vertical stabilisers), ainsi que les profilés
de plancher (floor beams), les rails de sièges (seat tracks) et les portes.
[0019] Selon la présente invention, une classe sélectionnée d'alliages d'aluminium qui contiennent
des quantités spécifiques et critiques de magnésium, de lithium, de zirconium, de
titane, de fer et de silicium permet de fabriquer des produits corroyés ayant un compromis
de propriétés amélioré, en particulier entre la résistance mécanique et la tolérance
aux dommages, tout en présentant une bonne performance en corrosion. La teneur en
magnésium des produits selon l'invention est comprise entre 4,0 et 4,7 % en poids.
Dans une réalisation avantageuse de l'invention, la teneur en magnésium est au moins
de 4,3 % en poids ou préférentiellement 4,4 % en poids. La teneur maximale de 4,7%
en poids ou avantageusement de 4,6 % en poids de magnésium est préférée. La teneur
en lithium des produits selon l'invention est comprise entre 1,0 et 1,5 % en poids.
Les présents inventeurs ont constaté qu'une teneur en lithium limitée, en présence
de certains éléments d'addition, permet d'améliorer très significativement la ténacité
et la vitesse de propagation des fissures en fatigue, ce qui compense largement la
légère augmentation de densité et la diminution des propriétés mécaniques statiques.
La teneur maximale en lithium est 1,5% en poids et de préférence 1,45 % en poids ou
préférentiellement 1,4 % en poids. Une teneur minimale en lithium de 1,1 % en poids
et de préférence de 1,2 % en poids est avantageuse, notamment pour améliorer la résistance
à la corrosion intergranulaire.
La teneur en zirconium des produits selon l'invention est comprise entre 0,05 et 0,15
% en poids et la teneur en titane est comprise entre 0,01 et 0,15 % en poids. La présence
de ces éléments associée aux conditions de transformation utilisées permet avantageusement
de maintenir une structure granulaire substantiellement non recristallisée. Contrairement
à certains enseignements de l'art antérieur, les présents inventeurs ont constaté
qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter du scandium dans ces alliages pour obtenir la
structure granulaire substantiellement non-recristallisée désirée et que l'addition
de scandium pouvait même s'avérer néfaste en rendant l'alliage particulièrement fragile
et difficile à laminer à froid jusqu'à des épaisseurs inférieures à 3 mm. La teneur
en scandium est donc inférieure à 0,01 % en poids. Dans un mode de réalisation de
l'invention la teneur en titane est comprise entre 0,01 et 0,05 % en poids. Le manganèse
et/ou le chrome peuvent également être ajoutés pour contribuer notamment au contrôle
de la structure granulaire, leur teneur restant au maximum de 0,5 % en poids. Dans
un mode de réalisation avantageux de l'invention, présentant notamment une ductilité
à chaud améliorée, l'alliage contient au moins un élément parmi Mn et Cr avec pour
teneur, en % en poids Mn : 0,05 - 0,5 ou 0,05 - 0,3 et Cr : 0,05 - 0,3 , un élément
non choisi parmi Mn et Cr ayant une teneur inférieure à 0,05 % en poids. L'amélioration
de la ductilité à chaud facilite notamment la déformation à chaud ce qui permet de
diminuer le taux de rebut lors de la transformation.
[0020] Le cuivre et/ou l'argent peuvent également être ajoutés pour améliorer les performances
des produits corroyés selon l'invention leur teneur restant au maximum de 0,5 % en
poids. Dans un mode de réalisation avantageux de l'invention, l'alliage contient au
moins un élément parmi Ag et Cu avec pour teneur s'il est choisi, en % en poids Cu
: 0,05 - 0,3 et Ag : 0,05 - 0,3 , un élément non choisi parmi Ag et Cu ayant une teneur
inférieure à 0,05 % en poids. Ces éléments peuvent contribuer notamment aux propriétés
mécaniques statiques. Cependant dans un mode de réalisation avantageux pour améliorer
la résistance à la corrosion intergranulaire la teneur en Ag et/ou la teneur en Cu
sont inférieures à 0,05 % en poids.
[0021] Les produits corroyés selon l'invention contiennent une faible quantité de fer et
de silicium, la teneur de ces éléments étant comprise entre 0,02 et 0,2 % en poids.
Les présents inventeurs pensent que la présence de ces éléments peut contribuer, en
formant des phases intermétalliques et/ou en contribuant à la formation des dispersoïdes
notamment en présence de manganèse, à améliorer les propriétés de tolérance aux dommages
en évitant la localisation de la déformation. Dans un mode de réalisation de l'invention
la teneur en Fe et/ou la teneur en Si sont en % en poids Fe : 0,04 - 0,15 ; Si : 0,04
- 0,15.. Dans un mode de réalisation de l'invention la teneur en Fe et/ou la teneur
en Si est inférieure à 0,15% en poids et de préférence inférieure à 0,1 % en poids.
[0022] La teneur en Zn est au maximum de 0,5 % en poids. Dans un mode de réalisation avantageux
de l'invention la teneur en Zn est inférieure à 0,2 % en poids et de préférence inférieure
à 0,05 % en poids. L'addition délibérée de Zn n'est typiquement pas souhaitable car
cet élément peut contribuer à dégrader la ductilité à chaud tout en n'apportant pas
d'avantage pour la résistance à la corrosion intergranulaire. De plus l'addition de
Zn contribue à augmenter la densité de l'alliage ce qui n'est le plus souvent pas
souhaitable. Les autres éléments ont une teneur inférieure à 0,05% en poids, chacun.
[0023] Certains éléments peuvent être néfaste pour les alliages selon l'invention, en particulier
pour des raisons de transformation de l'alliage telles que la toxicité et/ou les casses
lors de la déformation et il est préférables de les limiter à un niveau très faible,
i.e. inférieure à 0,05 % en poids ou même moins. Dans un mode de réalisation avantageux
les produits selon l'invention ont une teneur maximale de 5 ppm de Be et de préférence
de 2 ppm de Be et/ou une teneur maximale de 10 ppm de Na et/ou une teneur maximale
de 20 ppm de Ca.
[0024] Les produits corroyés selon l'invention sont préférentiellement des produits filés
tels que des profilés, des produits laminés tels que des tôles ou des tôles épaisses
et/ou des produits forgés.
[0025] Le procédé de fabrication des produits selon l'invention comprend les étapes successives
d'élaboration d'un bain de métal liquide de façon à obtenir un alliage d'aluminium
de composition selon l'invention, la coulée dudit alliage sous forme brute, optionnellement
l'homogénéisation du produit ainsi coulé, la déformation à chaud et optionnellement
à froid, la mise en solution du produit ainsi déformé, et la trempe, optionnellement
la déformation à froid du produit ainsi mis en solution et trempé et le revenu à une
température inférieure à 150 °C.
[0026] Dans une première étape, on élabore un bain de métal liquide de façon à obtenir un
alliage d'aluminium de composition selon l'invention.
[0027] Le bain de métal liquide est ensuite coulé sous forme brute, typiquement une plaque
de laminage, une billette de filage ou une ébauche de forge.
[0028] La forme brute est ensuite optionnellement homogénéisée de façon à atteindre une
température comprise entre 450°C et 550° et de préférence entre 480 °C et 520 °C pendant
une durée comprise entre 5 et 60 heures. Le traitement d'homogénéisation peut être
réalisé en un ou plusieurs paliers. Cependant les présents inventeurs n'ont pas constaté
d'avantage significatif apporté par l'homogénéisation et dans une réalisation préférée
de l'invention, on procède directement à la déformation à chaud à la suite d'un simple
réchauffage sans effectuer d'homogénéisation.
[0029] La déformation à chaud, typiquement par filage, laminage et/ou forgeage, est effectuée
de préférence avec une température d'entrée supérieure à 400 °C et de manière avantageuse
supérieure à 430 °C ou même 450 °C.
[0030] Dans le cas de la fabrication de tôles par laminage, il est nécessaire de réaliser
une étape de laminage à froid pour les produits dont l'épaisseur est inférieure à
3 mm. Il peut s'avérer utile de réaliser un ou plusieurs traitement thermiques intermédiaires
avant ou au cours du laminage à froid. Ces traitements thermiques intermédiaires sont
typiquement réalisés à une température comprise entre 300 et 420 °C en un ou plusieurs
paliers.
[0031] Les présents inventeurs ont constaté que même en réalisant ces traitements thermiques
intermédiaires, il ne leur avait pas été possible de laminer à froid de façon industrielle
des tôles en alliages de référence jusqu'à une épaisseur de 2 mm alors que cette étape
s'est avérée réalisable avec des tôles en alliage selon l'invention. Les tôles selon
l'invention ont une épaisseur préférée d'au moins 0,5 mm et de préférence d'au moins
0,8 mm ou 1 mm.
[0032] Après déformation à chaud et optionnellement à froid le produit est mis en solution
et trempé. Avant mise en solution, il est avantageux de réaliser un traitement thermique
à une température comprise entre 300 et 420 °C en un ou plusieurs paliers, de façon
à améliorer le contrôle de la structure granulaire substantiellement non recristallisée.
La mise en solution est effectuée, selon la composition du produit, à une température
comprise entre 370 et 500 °C. La trempe est effectuée à l'eau et/ou à l'air. Il est
avantageux de réaliser la trempe à l'air car les propriétés de corrosion intergranulaire
sont améliorées.
[0033] Le produit ainsi mis en solution et trempé peut optionnellement être à nouveau déformé
à froid. Des étapes de planage ou redressage sont typiquement effectuées à ce stade
mais il est également envisageable d'effectuer une déformation plus poussée de manière
à améliorer encore les propriétés mécaniques.
[0034] L'état métallurgique obtenu pour les produits laminés est avantageusement un état
T6 ou T6X ou T8 ou T8X et pour les produits filés avantageusement un état T5 ou T5X
dans le cas de la trempe sur presse ou un état T6 ou T6X ou T8 ou T8X.
[0035] Le produit subit enfin un revenu à une température inférieure à 150 °C. De manière
avantageuse le revenu est effectué en trois paliers, un premier palier à une température
comprise entre 70 à 100 °C, un second palier à une température comprise entre 100
à 140 °C et un troisième palier à une température comprise entre 90 à 110 °C, la durée
de ces paliers étant typiquement de 5 à 50 h.
[0036] La combinaison de la composition choisie, en particulier de la teneur en zirconium
et de titane, et des paramètres de transformation, en particulier la température de
déformation à chaud et le cas échéant du traitement thermique avant mise en solution,
permet avantageusement d'obtenir des produits corroyés ayant une structure granulaire
substantiellement non-recristallisée. Par structure granulaire substantiellement non-recristallisée,
on entend un taux de structure granulaire non-recristallisée à mi-épaisseur supérieur
à 70 % et de préférence supérieur à 85%.
[0037] Les produits laminés selon l'invention présentent des caractéristiques particulièrement
avantageuses. Les produits laminés ont de préférence une épaisseur comprise entre
0,5 mm et 15 mm, mais des produits d'épaisseur supérieure à 15 mm, jusque 50 mm ou
même 100 mm ou plus peuvent avoir des propriétés avantageuses.
[0038] Les produits laminés obtenus par le procédé selon l'invention ont, pour une épaisseur
comprise entre 0.5 et 15 mm, à mi-épaisseur au moins une propriété de résistance mécanique
statique parmi les propriétés (i) à (iii) et au moins une propriété de tolérance aux
dommages parmi les propriétés (iv) à (vi)
- (i) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(L) ≥ 280 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 310 MPa,
- (ii) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(TL) ≥ 260 MPa et de préférence Rp0,2(TL) ≥ 290 MPa,
- (iii) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(45°) ≥ 200 MPa et de préférence Rp0,2(45°) ≥ 240 MPa,
- (iv) une ténacité pour des éprouvettes de largeur W = 760 mm Kapp (L-T) ≥ 90 MPa√m pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Kapp (L-T) ≥ 110 MPa√m pour une épaisseur d'au moins 3 mm,
- (v) une ténacité pour des éprouvettes de largeur W = 760 mm Kapp (T-L) ≥ 100 MPa√m pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Kapp (T-L) ≥ 120 MPa√m pour une épaisseur d'au moins 3 mm,
- (vi) une extension de fissure du dernier point valide de la courbe R pour des éprouvettes
de largeur W = 760 mm Δaeff(max) (T-L) ≥ 80 mm pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Δaeff(max) (T-L) ≥ 110 mm pour une épaisseur d'au moins 3 mm.
[0039] Les produits laminés selon l'invention présentent une amélioration de l'isotropie
des propriétés mécaniques, en particulier de la ténacité. Ainsi les produits laminés
selon l'invention présentent de façon avantageuse pour des éprouvettes de largeur
W = 760 mm un écart entre K
app (L-T) et K
app (T-L) inférieur à 20% et/ou un écart entre Δa
eff(max) (T-L) et Δa
eff(max) (L-T) inférieur à 20% et de préférence inférieur à 15%.
[0040] De plus les produits laminés selon l'invention ayant été trempés à l'air présentent
une perte de poids inférieure à 20 mg/cm
2 et de préférence inférieure à 15 mg/cm
2 après le test de corrosion intergranulaire NAMLT (« Nitric Acid Mass Loss Test »
ASTM-G67).
[0041] Les produits corroyés selon l'invention sont avantageusement utilisés pour réaliser
des éléments de structure d'aéronef, notamment d'avions. Des éléments de structure
d'aéronef préférés sont notamment une peau de fuselage obtenue avantageusement avec
des tôles d'épaisseur 0,5 à 12 mm selon l'invention, un cadre de fuselage, un raidisseur
ou lisse de fuselage obtenu avantageusement avec des profilés selon l'invention ou
une nervure.
[0042] Ces aspects, ainsi que d'autres de l'invention sont expliqués plus en détail à l'aide
des exemples illustratifs et non limitatifs suivants.
Exemples
Exemple 1
[0043] Dans cet exemple, plusieurs plaques en alliage Al-Mg-Li dont la composition est donnée
dans le tableau 1 ont été coulées. L'alliage D a une composition selon l'invention,
les alliages A à C sont des alliages de référence.
Tableau 1. Composition en % en poids et densité des alliages Al-Mg-Li utilisés
| Alliage |
Ag |
Li |
Si |
Fe |
Cu |
Ti |
Mn |
Mg |
Zn |
Zr |
Na (ppm) |
Sc |
| A |
0,1 |
1,8 |
0,04 |
0,04 |
0,17 |
0,02 |
0,13 |
4,6 |
0,46 |
0,07 |
9 |
0,08 |
| B |
0,1 |
1,7 |
0,04 |
0,04 |
0,07 |
0,02 |
0,13 |
4,9 |
0,48 |
0,13 |
8 |
|
| C |
0,1 |
1,7 |
0,04 |
0,04 |
0,17 |
0,02 |
0,15 |
4,8 |
0,44 |
0,12 |
11 |
|
| D |
0,1 |
1,4 |
0,05 |
0,04 |
0,18 |
0,02 |
0,15 |
4,5 |
|
0,12 |
4 |
|
[0044] Les plaques ont été réchauffées et laminées à chaud jusqu'à une épaisseur d'environ
4 mm. Des essais de laminage à froid jusqu'à l'épaisseur 2 mm ont été effectués après
un traitement thermique constitué de deux paliers successifs d'une heure à 340 °C
suivi de 1 heure à 400 °C. Seule les tôles en alliage selon l'invention ont pu être
laminées à froid avec succès jusqu'à l'épaisseur finale, les tôles en alliage de référence
s'étant cassées à l'épaisseur 2,6 mm. Après laminage à chaud et éventuellement à froid,
les tôles ont été mises en solution à 480 °C pendant 20 mn, ce traitement étant précédé
d'un traitement thermique constitué de deux paliers successifs d'une heure à 340 °C
suivi de 1 heure à 400 °C. Après mise en solution, les tôles ont été trempées à l'air
et planées. Le revenu a été effectué pendant 10h à 85°C suivi de 16h à 120 °C suivi
de 10h à 100°C.
[0045] La structure granulaire de l'ensemble des échantillons était substantiellement non
recristallisée, le taux de recristallisation à mi-épaisseur étant inférieur à 10%.
[0046] Des échantillons ont été testés pour déterminer leurs propriétés mécaniques statiques
(limite d'élasticité R
p0,2, la résistance à la rupture R
m, et l'allongement à la rupture (A).
[0047] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 2 ci-dessous.
Tableau 2. Propriétés mécaniques des tôles obtenues.
| Alliage |
Ep. (mm) |
Sens L |
Sens TL |
Sens 45° |
| Rm (MPa) |
R0.2 (MPa) |
A% |
Rm (MPa) |
R0.2 (MPa) |
A% |
Rm (MPa) |
R0.2 (MPa) |
A% |
| A |
4,5 |
507 |
399 |
4,9 |
502 |
355 |
12,5 |
436 |
293 |
21,8 |
| B |
4,5 |
488 |
370 |
6,0 |
513 |
354 |
12,4 |
423 |
274 |
24,7 |
| C |
4,2 |
487 |
374 |
5,6 |
506 |
349 |
11,7 |
444 |
286 |
21,0 |
| D |
4,2 |
436 |
328 |
8,5 |
443 |
304 |
16,1 |
394 |
256 |
23,1 |
| D |
2,1 |
439 |
344 |
5.4 |
455 |
327 |
15.2 |
379 |
256 |
25.8 |
[0048] La ténacité des tôles a été caractérisée par l'essai de courbes R suivant la norme
ASTM E561. Les essais ont été effectués avec une éprouvette CCT (W=760 mm, 2a0=253
mm) pleine épaisseur. L'ensemble de résultats est reporté dans le tableau 3 et le
tableau 14 et illustré par les graphes de la figure 1 et de la figure 2.
Tableau 3 - Données de résumé de la courbe R
| Alliage |
Ep. (mm) |
Sens |
Kr (MPa√m) à Δaeff (mm) |
| 10 |
20 |
30 |
40 |
50 |
60 |
70 |
80 |
| A |
4,5 |
L-T |
63 |
79 |
91 |
101 |
105 |
107 |
111 |
|
| C |
4,2 |
70 |
91 |
105 |
115 |
122 |
129 |
135 |
142 |
| D |
4,2 |
86 |
113 |
131 |
145 |
157 |
166 |
175 |
183 |
| D |
2,1 |
79 |
101 |
113 |
120 |
128 |
132 |
137 |
141 |
| A |
4,5 |
T-L |
62 |
86 |
95 |
110 |
123 |
135 |
143 |
|
| B |
4,5 |
68 |
87 |
110 |
129 |
147 |
157 |
164 |
174 |
| C |
4,2 |
70 |
94 |
110 |
122 |
131 |
134 |
|
|
| D |
4,2 |
86 |
110 |
128 |
141 |
153 |
164 |
175 |
183 |
| D |
2,1 |
84 |
106 |
122 |
133 |
142 |
150 |
157 |
161 |
Tableau 4 - Résultats des essais de ténacité
| Alliage |
Ep. (mm) |
Sens |
Kapp MPa√m |
Kceff MPa√m |
Δaeffmax mm |
| A |
4,5 |
L-T |
82 |
102 |
76 |
| C |
4,2 |
96 |
132 |
116 |
| D |
4,2 |
125 |
177 |
121 |
| D |
2,1 |
99 |
122 |
113 |
| A |
4,5 |
T-L |
102 |
142 |
72 |
| B |
4,5 |
119 |
179 |
102 |
| C |
4,2 |
102 |
131 |
63 |
| D |
4,2 |
125 |
177 |
134 |
| D |
2,1 |
112 |
147 |
103 |
[0049] La figure 3 montre l'amélioration du compromis entre la limite d'élasticité et la
ténacité.
En particulier, l'amélioration de K
app (L-T) est supérieure à 25 % alors que la diminution de limite d'élasticité est inférieure
à 15% par rapport à la tôle en alliage C. La longueur de la courbe R est également
significativement améliorée, ainsi Δa
eff(max) (T-L) est amélioré de plus de 30%.
[0050] La vitesse de propagation de fissure a été déterminée selon la norme E647 sur des
éprouvettes CCT de largeur 160 mm.
Tableau 5 - Vitesse de propagation des fissures (σ
max= 80 MPa ou σ
max= 120 MPa (**), R = 0,1 - pleine épaisseur)
| Alliage |
Ep. (mm) |
Sens |
da/dN (mm/cycles) à ΔK (MPa√m) |
| 10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
35 |
40 |
| D |
4,2 |
L-T |
1,24.10-04 |
1,17.10-04 |
2,27.10-04 |
3,85.10-04 |
0,63.10-03 |
0,95.10-03 |
1,48.10-03 |
| D |
2,1 |
1,20.10-04 |
1,59.10-04 |
2,82.10-04 |
4,95.10-14 |
0,90.10-03 |
|
|
| A |
4,5 |
T-L |
1,30.10-04 |
2,58.10-04 |
7,81.10-04 |
35,3.10-04 |
14,4.10-03 |
|
|
| B |
4,5** |
1,37.10-04 |
1,89.10-04 |
2,73.10-04 |
5,63.10-04 |
0,98.10-03 |
2,20.10-03 |
5,30.10-03 |
| C |
4,2** |
|
2,84.10-04 |
5,10.10-04 |
9,61.10-04 |
1,99.10-03 |
9,60.10-03 |
|
| D |
4,2 |
1,35.10-14 |
2,00.10-04 |
3,52,10-04 |
5,14.10-04 |
0,92,10-03 |
1,95.10-03 |
|
| D |
2,1 |
1,01.10-04 |
1,53.10-04 |
2,96.10-04 |
5,56.10-04 |
0,90.10-03 |
|
|
[0051] Les résultats du test de corrosion intergranulaire NAMLT (« Nitric Acid Mass Loss
Test » ASTM-G67) pour les diverses tôles sont synthétisés dans le Tableau 6. Certaines
tôles ont été mises en solution et trempées à l'eau en laboratoire.
Tableau 6 - Corrosion intergranulaire au test NAMLT
| |
|
Perte de poids (mg/cm2) |
| Alliage |
Ep. (mm) |
Trempe eau |
Trempe air |
| Surface |
t/10e |
Surface |
t/10 |
| A |
4,5 |
24 |
|
13 |
|
| B |
4,5 |
26 |
|
16 |
|
| C |
4,2 |
26 |
|
18 |
|
| D |
4,2 |
26,5 |
24 |
16 |
17 |
| D |
2,1 |
|
|
12 |
|
[0052] Les tôles en alliage selon l'invention trempées à l'air présentent une faible sensibilité
à la corrosion intergranulaire pour une épaisseur de 4 mm et ne sont pas sensibles
à la corrosion intergranulaire pour une épaisseur de 2 mm.
Exemple 2
[0053] Dans cet exemple des lingotins ont été coulés pour évaluer la ductilité à chaud et
les propriétés en corrosion intergranulaire de différents alliages. La dimension des
lingotins après scalpage était en mm de 255 x 180 x 28.
La composition des alliages testés est donnée dans le Tableau 7.
Tableau 7 - Composition en % en poids et densité des alliages Al-Mg-Li utilisés
| Alliage |
Ag |
Li |
Si |
Fe |
Cu |
Ti |
Mn |
Mg |
Zn |
Zr |
Cr |
Sc |
| E |
- |
1,4 |
0,03 |
0,03 |
- |
0,02 |
0,40 |
4,5 |
- |
0,11 |
0,18 |
- |
| F |
- |
1,4 |
0,03 |
0,03 |
- |
0,02 |
0,16 |
4,4 |
- |
0,12 |
0,19 |
- |
| G |
- |
1,4 |
0,03 |
0,03 |
- |
0,02 |
0,17 |
4,4 |
- |
0,11 |
- |
- |
| H |
- |
1,1 |
0,03 |
0,03 |
- |
0,02 |
0,16 |
4,5 |
- |
0,12 |
- |
- |
| I |
- |
1,4 |
0,03 |
0,03 |
- |
0,02 |
0,17 |
4,5 |
0,6 |
0,12 |
- |
- |
[0054] La ductilité à chaud a été évaluée sur des éprouvettes usinées dans les lingotins
après une homogénéisation de 12 h à 505 °C. Le test de ductilité à chaud a été effectué
à l'aide d'une machine servo hydraulique fournie par Servotest Testing Systems Ltd
sur des éprouvettes spécifiques d'épaisseur 20 mm à une vitesse de déformation de
1 s
-1. Le test consiste à déformer en compression un échantillon contenant deux trous.
En raison de la compression, le matériau situé entre les trous subit une expansion
à une vitesse de déformation contrôlée. Les conditions d'essai sont décrites dans
l'article d'A. Deschamps et al. publié dans la revue
Materials Science and Engineering A319-321 (2001) 583 - 586. La mesure normalisée de réduction de surface de la zone de rupture (ΔA/A
0) par analyse d'image permet d'évaluer la ductilité à la température considérée. Les
résultats obtenus à 450 °C et 475 °C sont présentés dans le Tableau 8.
Tableau 8 - Ductilité à chaud (ΔA/A
0) (%)
| Ductilité à chaud (ΔA/A0) (%) |
Température déformation (°C) |
|
| Alliage |
450 |
475 |
Moyenne |
| E |
17 |
19 |
18 |
| F |
13 |
19 |
16 |
| G |
12 |
13 |
12 |
| H |
11 |
20 |
15 |
| I |
8 |
12 |
10 |
[0055] Les alliages E et F qui contiennent du Mn et du Cr présentent une ductilité à chaud
avantageuse tandis que la ductilité à chaud de l'alliage de référence I contenant
0,6% en poids de Zn est la plus faible des alliages testés.
[0056] Les lingotins ont été laminés à chaud jusqu'à l'épaisseur 4 mm. Les tôles ainsi obtenues
ont été mises en solution à 480 °C, ce traitement étant précédé d'un traitement thermique
constitué de deux paliers successifs d'une heure à 345 °C suivi de 1 heure à 400 °C.
Après mise en solution, les tôles ont été trempées à l'air et planées par une traction
contrôlée avec un allongement permanent de 2%. Le revenu a été effectué pendant 10h
à 85°C suivi de 16h à 120 °C suivi de 10h à 100 °C.
[0057] Les résultats du test de corrosion intergranulaire NAMLT (« Nitric Acid Mass Loss
Test » ASTM-G67 sont présentés dans le tableau 9.
Tableau 9 - Corrosion intergranulaire au test NAMLT mesurées en surface
| Alliage |
Perte de poids (mg/cm2) |
| E |
11 |
| F |
11 |
| G |
8 |
| H |
16 |
| I |
8 |
[0058] L'alliage G, qui se distingue notamment de l'alliage D par une plus faible teneur
en cuivre, présente une perte de poids particulièrement faible. L'alliage I qui contient
du Zn ne se distingue pas de l'alliage G en terme de résistance à la corrosion intergranulaire.
L'alliage H qui présente une teneur en lithium plus faible que les autres alliages
testés, présente une perte de poids plus élevée.
1. Produit corroyé en alliage d'aluminium de composition, en % en poids,
Mg: 4,0 - 4,7
Li : 1,0 - 1,5
Zr: 0,05 - 0,15
Ti : 0,01 - 0,15
Fe : 0,02 - 0,2
Si : 0,02 - 0,2
Mn: ≤ 0,5
Cr ≤ 0,5
Ag : ≤ 0,5
Cu ≤ 0,5
Zn ≤ 0,5
Sc < 0,01
autres éléments < 0,05
reste aluminium.
2. Produit corroyé selon la revendication 1 contenant au moins un élément parmi Mn et
Cr avec pour teneur, en % en poids
Mn : 0,05 - 0,5
Cr : 0,05 - 0,3 ,
un élément non choisi parmi Mn et Cr ayant une teneur inférieure à 0,05 % en poids.
3. Produit corroyé selon la revendication 1 ou la revendication 2 contenant au moins
un élément parmi Cu et Ag avec pour teneur s'il est choisi, en % en poids
Cu : 0,05 - 0,3
Ag : 0,05 - 0,3
un élément non choisi parmi Cu et Ag ayant une teneur inférieure à 0,05 % en poids.
4. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 3 dans lequel la teneur
en Li est en % en poids
Li : 1,1 - 1,5 et de préférence Li : 1,2 - 1,4.
5. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 4 dans lequel la teneur
en Mg est en % en poids
Mg : 4,4 - 4,7.
6. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 5 ayant une teneur maximale
de Be de 5 ppm de Be et/ou une teneur maximale de Na de 10 ppm de Na et/ou une teneur
maximale de Ca de 20 ppm.
7. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 6 ayant une teneur en
Zn inférieure à 0,2 % en poids et de préférence inférieure à 0,05 % en poids.
8. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 7 dans lequel la teneur
en Fe et/ou la teneur en Si sont en % en poids :
Fe : 0,04 - 0,15
Si : 0,04 - 0,15.
9. Produit corroyé selon une quelconque des revendications 1 à 8 dont le corroyage est
effectué par laminage.
10. Produit corroyé selon la revendication 9 ayant pour une épaisseur comprise entre 0.5
et 15 mm, à mi-épaisseur au moins une propriété de résistance mécanique statique parmi
les propriétés (i) à (iii) et au moins une propriété de tolérance aux dommages parmi
les propriétés (iv) à (vi)
(i) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(L) ≥ 280 MPa et de préférence Rp0,2(L) ≥ 310 MPa,
(ii) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(TL) ≥ 260 MPa et de préférence Rp0,2(TL) ≥ 290 MPa,
(iii) une limite d'élasticité en traction Rp0,2(45°) ≥ 200 MPa et de préférence Rp0,2(45°) ≥ 240 MPa,
(iv) une ténacité pour des éprouvettes de largeur W = 760 mm Kapp (L-T) ≥ 90 MPa√m pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Kapp (L-T) ≥ 110 MPa√m pour une épaisseur d'au moins 3 mm,
(v) une ténacité pour des éprouvettes de largeur W = 760 mm Kapp (T-L) ≥ 100 MPa√m pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Kapp (T-L) ≥ 120 MPa√m pour une épaisseur d'au moins 3 mm,
(vi) une extension de fissure du dernier point valide de la courbe R pour des éprouvettes
de largeur W = 760 mm Δaeff(max) (T-L) ≥ 80 mm pour une épaisseur inférieure à 3 mm et Δaeff(max) (T-L) ≥ 110 mm pour une épaisseur d'au moins 3 mm.
11. Procédé de fabrication d'un produit corroyé selon une des revendications 1 à 10 comprenant
successivement
- l'élaboration d'un bain de métal liquide de façon à obtenir un alliage d'aluminium
de composition selon une quelconque des revendications 1 à 8,
- la coulée dudit alliage sous forme brute,
- optionnellement l'homogénéisation du produit ainsi coulé,
- la déformation à chaud et optionnellement à froid,
- optionnellement un traitement thermique à une température comprise entre 300 et
420 °C en un ou plusieurs paliers,
- la mise en solution du produit ainsi déformé, et la trempe,
- optionnellement la déformation à froid du produit ainsi mis en solution et trempé,
- le revenu à une température inférieure à 150 °C.
12. Procédé selon la revendication 11 dans lequel la trempe est effectuée à l'air.
13. Utilisation d'un produit selon une quelconque des revendications 1 à 10 pour réaliser
un élément de structure d'aéronef, préférentiellement une peau de fuselage, un cadre
de fuselage, un raidisseur ou lisse de fuselage ou une nervure.
1. Kneterzeugnis aus einer Aluminiumlegierung mit der Zusammensetzung, in Gew.-%,
Mg: 4,0 - 4,7
Li: 1,0 - 1,5
Zr: 0,05 - 0,15
Ti: 0,01 - 0,15
Fe: 0,02 - 0,2
Si: 0,02 - 0,2
Mn ≤ 0,5
Cr ≤ 0,5
Ag ≤ 0,5
Cu ≤ 0,5
Zn ≤ 0,5
Sc < 0,01
weitere Elemente < 0,05
Rest Aluminium.
2. Kneterzeugnis nach Anspruch 1 enthaltend mindestens ein Element unter Mn und Cr mit
einem Gehalt, in Gew.-%,
Mn: 0,05 - 0,5
Cr: 0,05 - 0,3,
ein nicht unter Mn und Cr ausgewähltes Element mit einem Gehalt von weniger als 0,05
Gew.-%.
3. Kneterzeugnis nach Anspruch 1 oder Anspruch 2 enthaltend mindestens ein Element unter
Cu und Ag mit einem Gehalt, falls gewählt, in Gew.-%,
Cu: 0,05 - 0,3
Ag: 0,05 - 0,3,
ein nicht unter Cu und Ag ausgewähltes Element mit einem Gehalt von weniger als 0,05
Gew.-%.
4. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, bei dem der Li-Gehalt in Gew.-%
Li: 1,1 - 1,5 und vorzugsweise Li: 1,2 - 1,4
beträgt.
5. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 4, bei dem der Mg-Gehalt in Gew.-%
Mg: 4,4 - 4,7
beträgt.
6. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 5 mit einem Be-Höchstgehalt von
5 ppm Be und/oder einem Na-Höchstgehalt von 10 ppm Na und/oder einem Ca-Höchstgehalt
von 20 ppm.
7. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 6 mit einem Zn-Gehalt von weniger
als 0,2 Gew.-% und vorzugsweise weniger als 0,05 Gew.-%.
8. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 7, bei dem der Fe-Gehalt und/oder
der Si-Gehalt in Gew.-%
Fe: 0,04 - 0,15
Si: 0,04 - 0,15
beträgt.
9. Kneterzeugnis nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 8, dessen Umformen mittels Walzen
durchgeführt wird.
10. Kneterzeugnis nach Anspruch 9, welches bei einer Dicke im Bereich zwischen 0.5 und
15 mm in halber Dicke mindestens eine statische Festigkeitseigenschaft unter den Eigenschaften
(i) bis (iii) und mindestens eine Schadenstoleranzeigenschaft unter den Eigenschaften
(iv) bis (vi) aufweist,
(i) eine Dehngrenze unter Zugbeanspruchung Rp0,2(L) ≥ 280 MPa und vorzugsweise Rp0,2(L) ≥ 310 MPa,
(ii) eine Dehngrenze unter Zugbeanspruchung Rp0,2(TL) ≥ 260 MPa und vorzugsweise Rp0,2(TL) ≥ 290 MPa,
(iii) eine Dehngrenze unter Zugbeanspruchung Rp0,2(45°) ≥ 200 MPa und vorzugsweise Rp0,2(45°) ≥ 240 MPa,
(iv) eine Bruchzähigkeit für Proben mit der Breite W = 760 mm Kapp (L-T) ≥ 90 MPa√m bei einer Dicke von weniger als 3 mm und Kapp (L-T) ≥ 110 MPa√m bei einer Dicke von mindestens 3 mm,
(v) eine Bruchzähigkeit für Proben mit der Breite W = 760 mm Kapp (T-L) ≥ 100 MPa√m bei einer Dicke von weniger als 3 mm und Kapp (T-L) ≥ 120MPa√m bei einer Dicke von mindestens 3 mm,
(vi) ein Risswachstum am letzten gültigen Punkt der R-Kurve für Proben mit der Breite
W = 760 mm Δaeff(max) (T-L) ≥ 80 mm bei einer Dicke von weniger als 3 mm und Δaeff(max) (T-L) ≥ 110 mm bei einer Dicke von mindestens 3 mm.
11. Verfahren zur Herstellung eines Kneterzeugnisses nach einem der Ansprüche 1 bis 10,
nacheinander umfassend
- das Herstellen eines Flüssigmetallbads, so dass eine Aluminiumlegierung mit der
Zusammensetzung nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 8 erhalten wird,
- das Vergießen der Legierung zu einer Rohform,
- wahlweise das Homogenisieren des Gussstücks,
- das Warm- und wahlweise Kaltumformen,
- wahlweise eine Wärmebehandlung bei einer Temperatur zwischen 300 und 420 °C in einer
oder mehreren Stufen,
- das Lösungsglühen des umgeformten Erzeugnisses und das Abschrecken,
- wahlweise das Kaltumformen des lösungsgeglühten und abgeschreckten Erzeugnisses,
- das Auslagern bei einer Temperatur unterhalb 150 °C.
12. Verfahren nach Anspruch 11, bei dem das Abschrecken mit Luft durchgeführt wird.
13. Verwendung eines Erzeugnisses nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 10 zur Herstellung
eines Strukturelementes eines Luftfahrzeugs, vorzugsweise einer Rumpfaußenhaut, eines
Rumpfrahmens, eines Rumpfversteifungsträgers oder Holms oder einer Rippe.
1. Wrought product made of an aluminium alloy having the composition, in wt %,
Mg: 4.0 - 4.7
Li: 1.0 - 1.5
Zr: 0.05 - 0.15
Ti: 0.01 - 0.15
Fe: 0.02 - 0.2
Si: 0.02 - 0.2
Mn: ≤ 0.5
Cr ≤ 0.5
Ag: ≤ 0.5
Cu ≤ 0.5
Zn ≤ 0.5
Sc < 0.01
other elements < 0.05
remainder aluminium.
2. Wrought product according to claim 1, containing at least one element from the group
consisting of Mn and Cr, wherein it contains, in wt %
Mn: 0.05 - 0.5
Cr: 0.05 - 0.3,
an element not selected from the group consisting of Mn and Cr, the content of which
is less than 0.05 wt %.
3. Wrought product according to either claim 1 or claim 2, containing at least one element
selected from the group consisting of Cu and Ag wherein it contains, if selected,
in wt %
Cu: 0.05 - 0.3
Ag: 0.05 - 0.3
an element not selected from the group consisting of Cu and Ag, the content of which
is less than 0.05 wt %.
4. Wrought product according to any of claims 1 to 3, wherein the Li content is, in wt
%
Li: 1.1 - 1.5 and preferably Li: 1.2 - 1.4.
5. Wrought product according to any of claims 1 to 4, wherein the Mg content is, in wt
%
Mg: 4.4 - 4.7.
6. Wrought product according to any of claims 1 to 5, having a maximum Be content of
5 ppm of Be and/or a maximum Na content of 10 ppm of Na and/or a maximum Ca content
of 20 ppm.
7. Wrought product according to any of claims 1 to 6 having a Zn content of less than
0.2 wt % and preferably less than 0.05 wt %.
8. Wrought product according to any of claims 1 to 7, wherein the Fe content and/or the
Si content are, in wt %
Fe: 0.04 - 0.15
Si: 0.04 - 0.15.
9. Wrought product according to any of claims 1 to 8, that has been worked by rolling.
10. Wrought product according to claim 9 having at mid-thickness, for a thickness that
lies in the range 0.5 mm to 15 mm, at least one static mechanical strength property
from the group consisting of the properties (i) to (iii) and at least one damage tolerance
property from the group consisting of the properties (iv) to (vi)
(i) a tensile yield strength Rp0,2(L) ≥ 280 MPa and preferably Rp0,2(L) ≥ 310 MPa,
(ii) a tensile yield strength Rp0,2(TL) ≥ 260 MPa and preferably Rp0,2(TL) ≥ 290 MPa,
(iii) a tensile yield strength Rp0,2(45°) ≥ 200 MPa and preferably Rp0,2(45°) ≥ 240 MPa,
(iv) a toughness for test specimens having a width W = 760 mm Kapp (L-T) ≥ 90 MPa√m for a thickness of less than 3 mm and Kapp (L-T) ≥ 110 MPa√m for a thickness of no less than 3 mm,
(v) a toughness for test specimens having a width W = 760 mm Kapp (T-L) ≥ 100 MPa√m for a thickness of less than 3 mm and Kapp (T-L) ≥ 120 MPa√m for a thickness of no less than 3 mm,
(vi) a crack growth of the last valid point on the curve R for test specimens having
a width W = 760 mm Δaeff(max) (T-L) ≥ 80 mm for a thickness of less than 3 mm and Δaeff(max) (T-L) ≥ 110 mm for a thickness of no less than 3 mm.
11. Method for manufacturing a wrought product according to one of claims 1 to 10, successively
comprising the steps of:
- producing a molten metal bath so as to produce an aluminium alloy having the composition
according to any of claims 1 to 8,
- casting said alloy in raw form,
- optionally homogenising the resulting cast product,
- hot working and optionally cold working,
- optionally heat treating at a temperature of between 300 and 420°C in one or more
stages,
- solution heat-treating the resulting worked product, and quenching,
- optionally cold working the resulting solution heat-treated and quenched product,
- aging at a temperature of less than 150°C.
12. Method according to claim 11 wherein the quenching step is an air quenching.
13. Use of a product according to any of claims 1 to 10 to produce a structural element
of an aircraft, preferably a fuselage skin, a fuselage frame, a fuselage stringer
or stiffener, or a rib.