DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne une pièce d'horlogerie, dite universelle, dont le
cadran permet de lire rapidement l'heure de différents fuseaux horaires. Elle concerne
plus particulièrement une telle pièce d'horlogerie comprenant un premier cadran portant
des indications géographiques correspondant aux différents fuseaux horaires et définissant
un tour de 24 heures, et comprenant un deuxième cadran portant un tour d'heures de
24 heures, le deuxième cadran étant mobile concentriquement au premier cadran et étant
agencé pour être entraîné en rotation au rythme d'un tour en 24 heures par le mouvement
de la pièce d'horlogerie, les indications horaires étant disposées en regard des indications
géographiques du premier cadran pour indiquer des heures locales.
ART ANTERIEUR
[0002] On connaît des pièces d'horlogerie universelles correspondant à la définition ci-dessus.
Le brevet suisse
CH 270'085 notamment décrit une montre universelle qui comprend un cadran central fixe de douze
heures au-dessus duquel tournent de manière conventionnelle des aiguilles d'heures
de minutes et de secondes. Un premier cadran annulaire de vingt-quatre heures est
monté rotatif autour du cadran central. Ce cadran annulaire est agencé pour être entraîné
par le mouvement, dans le sens contraire des aiguilles de la montre, au rythme d'un
tour en vingt-quatre heures. Il est encore synchronisé avec les aiguilles de façon
à ce que le passage des indications 12 heures et 24 heures en positon «douze heures
» de la montre se fasse à l'instant où les aiguilles sont superposées à douze heures.
Un second cadran annulaire, portant des indications géographiques correspondant aux
fuseaux horaires est monté rotatif autour du premier cadran annulaire. Il est agencé
pour être déplacé manuellement au moyen d'une couronne dont la tige se termine par
un pignon conique engrenant avec une denture périphérique du second cadran annulaire.
[0003] Pour connaître l'heure dans un lieu donné, l'utilisateur de cette montre de l'art
antérieur doit se servir de la couronne pour faire tourner le second cadran annulaire
et amener le nom du lieu où il se trouve en position « douze heures » de la montre.
Les deux cadrans permettent alors de lire l'heure correspondant à chacun des fuseaux
horaires du globe. Ainsi, comme illustré dans ce document antérieur, lorsqu'il est
huit heures du soir à New York, il est une heure du matin à Paris, dix heures à Tokyo
et dix-huit heures à Mexico.
[0004] Un problème constaté avec ce type de montres universelles concerne le passage de
l'heure d'hiver à l'heure d'été et vice versa. En effet, en raison de ce changement
d'heure bisannuel, le décalage horaire entre deux endroits n'est pas toujours constant.
Au contraire, lorsque le changement d'heure n'a pas lieu en même temps dans les deux
endroits considérés, le changement d'heure saisonnier s'accompagne de variations du
décalage horaire. C'est habituellement le cas, en particulier, lorsque les deux endroits
se trouvent, l'un, dans l'hémisphère nord et, l'autre, dans l'hémisphère sud. De plus,
c'est, bien sûr, toujours le cas lorsque le pays où se trouve l'un des endroits ne
pratique pas l'heure d'été, alors que le pays de l'autre endroit la pratique.
[0005] A cause du problème susmentionné, les indications fournies par la plupart des montres
universelles connues ne sont exactes que dans certaines situations standards, et sont
fausses dans un certain nombre de situations atypiques.
[0006] La demande de brevet pendante
W02012/123550 décrit une pièce d'horlogerie universelle qui comporte des moyens manuelles agencés
pour permettre à un utilisateur de décaler sélectivement certaines indications géographiques
portées par le cadran de manière à changer d'une heure l'heure locale associée à ces
indications géographiques lors du passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été, ou inversement.
Un inconvénient de cette solution antérieure est que l'utilisateur doit se tenir au
courant des dates de changements d'heure associées aux indications géographiques à
décaler.
BREF EXPOSE DE L'INVENTION
[0007] Un but de la présente invention est de remédier aux inconvénients de l'art antérieur
susmentionné. La présente invention atteint ce but en fournissant une pièce d'horlogerie
universelle conforme à la revendication 1 annexée.
[0008] On comprendra que la pièce d'horlogerie de l'invention comporte un compteur des jours
de la semaine, et que c'est ce compteur qui entraîne l'organe d'actionnement en rotation.
En effet, le passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été n'a en principe pas lieu à
date fixe, mais au contraire à jour fixe. Plus précisément, un usage très rependu
veut que le passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été, comme le passage de l'heure
d'été à l'heure d'hiver, ait systématiquement lieu le week-end, tard dans la nuit
du samedi au dimanche, ou autrement dit, tôt le dimanche matin. Dans ces conditions,
on comprendra qu'il est avantageux que l'organe d'actionnement selon l'invention soit
entraîné une fois par semaine au maximum par un compteur des jours de la semaine.
BREVES DESCRIPTION DES FIGURES
[0009] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en plan montrant notamment le premier et le deuxième cadran
d'une montre universelle conforme à une variante de l'invention ;
- la figure 2 est une vue en plan depuis le côté fond de la montre universelle de la
figure 1, le mouvement ayant été retiré de la montre pour laisser voir l'organe d'actionnement
tournant ;
- la figure 3 est une vue semblable à la figure 2, l'organe d'actionnement tournant
et les sautoirs ayant également été retirés de manière à montrer le premier cadran
;
- la figure 4 est une vue semblable à la figure 3, montrant également les pieds dentés
des secteurs de cadran mobiles et les sautoirs ;
- la figure 5 est une vue partielle en plan d'un premier mode de réalisation de l'invention
montrant plus particulièrement l'organe d'actionnement tournant et la chaine cinématique
permettant à cette organe d'être entraîné de manière intermittente par le mouvement
;
- les figures 6A, 6B, 7 et 8 sont des vues respectivement en plan, en coupe et en perspective
du mécanisme de commutation hiver/été d'une montre universelle conforme à un deuxième
mode de réalisation de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE DE DEUX MODES DE REALISATION
[0010] La figure 1 est une vue partielle en plan depuis le côté cadran d'une montre universelle
correspondant à une variante particulière de l'invention. Seul les éléments de la
montre qui concernent directement l'invention sont représentés dans la figure 1. Les
autres éléments comme la boîte de montre, la partie du cadran portant le tour d'heures
de 12 heures destiné à coopérer avec les aiguilles, ou encore la couronne de remontage
et de mise à l'heure, ont été omis par souci de simplification.
[0011] La figure 1 montre deux cadrans en forme de disques concentriques qui sont respectivement
référencés 3 et 7. Le premier de ces deux cadrans (référencé 3 sur la figure 1) porte
une pluralité d'indications géographiques 5 réparties sur sa circonférence. Ces indications
géographiques sont associées aux 24 fuseaux horaires de la planète. Le deuxième cadran
7 est concentrique au premier cadran. Il porte un tour d'heures de 24 heures prévu
pour coopérer avec les indications géographiques du premier cadran pour indiquer des
heures locales. Le cadran 7 est agencé pour être entraîné en rotation par le mouvement
de la montre dans le sens antihoraire au rythme d'un tour par 24 heures. Précisons,
que le deuxième cadran pourrait tout aussi bien être entraîné dans le sens horaire.
Toutefois, dans ce cas, l'ordre de succession tout à la fois des heures sur le tour
d'heures du deuxième cadran, et des indications géographiques sur le premier cadran,
devrait être inversé.
[0012] Le premier cadran 3 est formé d'un support de cadran (planche) 9 et de secteurs de
cadran mobiles (11, 12 ,13 ,14 et 15) montés coulissants sur la planche. On peut voir
sur la figure 1 que les secteurs de cadran mobile portent certaines des indications
géographiques 5, alors que d'autres indications géographiques 5 sont apposées directement
sur la planche 9 du cadran. On peut voir encore que la planche 9 est percée d'un certain
nombres d'ouvertures oblongues 17 qui définissent des arcs de cercles concentriques
au cadran. Comme on le verra plus en détail plus loin, les différents secteurs mobiles
11 à 15 sont agencés pour coulisser chacun dans l'une des ouvertures 17, de manière
à pouvoir se décaler angulairement d'un 1/24
ème de tour par rapport au reste du premier cadran.
[0013] Les indications géographiques 5 qui sont portées par un même secteur de cadran mobile
désignent des lieux où le passage entre heure d'été et heure d'hiver a lieu à la même
date dans un sens comme dans l'autre. Par exemple, on peut voir sur la figure 1 que
le secteur de cadran référencé 12 porte, de gauche à droite, les indications géographiques
« Açores », « Londres », « Genève » et « Helsinki ». On peut vérifier que le changement
d'heure a bien lieu aux mêmes dates dans ces quatre lieux. En effet, il a été décidé
que, jusqu'à nouvel ordre, le passage à l'heure d'été aurait lieu le dernier dimanche
de mars, et le retour à l'heure d'hiver aurait lieu le dernier dimanche d'octobre
dans cette région du globe. On peut voir encore sur la figure 2 que le secteur de
cadran référencé 11 porte, de gauche à droite, les indications géographiques « Anchorage
», « L.A. », « Calgary », « Chicago », « N.Y. » et « Hallifax ». Ces six villes sont
toutes situées aux Etats-Unis ou au Canada et, dans ces régions, le passage à l'heure
d'été a actuellement lieu le deuxième dimanche de mars, alors que le retour à l'heure
d'hiver a lieu le premier dimanche de novembre.
[0014] Selon la variante illustrée par la figure 1, trois autres secteurs coulissants (référencés
13, 14 et 15) portent chacun une unique indication géographique. Chacune de ces trois
indications géographiques correspond à un lieu de l'hémisphère sud où, comme on le
sait bien, les saisons sont inversées par rapport à l'hémisphère nord. Par exemple,
à Sydney (secteur de cadran 13) et dans le sud de l'Australie, le passage à l'heure
d'été a lieu le premier dimanche d'octobre, et le retour à l'heure d'hiver a lieu
le premier dimanche d'avril de l'année suivante. A Auckland (secteur de cadran 14)
et dans le reste de la Nouvelle-Zélande, le passage à l'heure d'été a lieu le dernier
dimanche de septembre, et le retour à l'heure d'hiver à lieu le premier dimanche d'avril
de l'année suivante. Finalement à Rio de Janeiro, (secteur de cadran 15), le passage
à l'heure d'été a lieu le troisième dimanche d'octobre, et le retour à l'heure d'hiver
a lieu le troisième ou le quatrième dimanche de février de l'année suivante.
[0015] On peut voir que, dans la variante représentée par la figure 1, le premier cadran
porte encore, de gauche à droite, les indications géographiques « Abidjan », « Tripoli
», « Pretoria », « Djibouti », « Moscou », « Karachi », « Dacca », « Bangkok », «
Hong Kong », « Tokyo », « Brisbane », « Noumea », « Midway », « Samoa », « Hawaï »,
« Iles Gambier », « Iles Henderson », « Culiacan », « Galapagos », « Lima », « Caracas
» et « Buenos Aires ». Ces dernières indications géographiques correspondent à des
lieux où l'on ne pratique pas l'heure d'été. Comme il n'y a donc pas de changement
d'heure saisonnier dans ces régions, les indications géographiques correspondantes
n'ont pas besoin d'être portées par des secteurs de cadran mobiles, et peuvent donc
être portées directement sur la planche 9 du premier cadran.
[0016] Comme le montre les figure 2 et 3, le premier cadran 3 peut être commandé manuellement
en rotation au moyen d'un organe manuel de commande actionnable depuis l'extérieur
de la carrure. Dans le présent exemple, cet organe de commande est réalisé sous la
forme d'une couronne 53 dont la tige porte un pignon 55 engrenant avec une denture
périphérique de chant 57 du premier cadran. On comprendra que cet arrangement permet
au porteur de la montre de faire tourner le premier cadran 3, et donc toutes les indications
géographiques 5 qu'il porte, en actionnant la couronne 53.
[0017] La figure 3 est une vue depuis le côté fond de la montre, le fond et le mouvement
ayant été retiré de manière à offrir une vue de dessous de la planche 9 du cadran
3. Comme déjà mentionné, la planche 9 est percée d'un certain nombres d'ouvertures
oblongues 17 qui définissent des arcs de cercles concentriques au cadran. Dans la
variantes représentées, ces arcs ne sont pas tous sous-tendus par le même cercle.
Un premier cercle en sous-tend quatre, alors que le cinquième est sur un cercle de
plus grand diamètre. On peut voir encore sur la figure 3 que la fasse inférieure de
la planche 9 porte également cinq petits mobiles étoilés (respectivement référencés
19, 20, 21, 22, et 23). Chacun des mobiles étoilés est formé d'une étoile à quatre
branches solidaire d'une petite roue dentée. Les cinq mobiles étoilés sont montés
rotatifs sous la planche 9. On peut vérifier en outre que, dans le présent exemple,
les distances qui séparent respectivement les différents mobiles étoilés de l'axe
de la montre sont toutes différentes.
[0018] Comme on l'a dit plus haut, les secteurs de cadran mobiles 11, 12, 13, 14 et 15 sont
agencés pour coulisser dans les ouvertures 17. A cet effet, les secteurs de cadran
mobiles comportent des pieds qui sont insérés dans les ouvertures oblongues de manière
à ce que l'extrémité des pieds ressorte sous la planche 9 du premier cadran. L'extrémité
de chaque pied porte en outre un secteur denté. La figure 4 est semblable à la figure
3 et montre en outre comment les secteurs dentés (référencés respectivement 11 A,
12A, 13A, 14A et 15A) engrènent chacun avec un des petits mobiles étoilés. On comprendra
donc que toute rotation d'un des petits mobiles étoilés a pour effet de faire coulisser
le secteur de cadran correspondant dans son ouverture oblongue. Finalement, la figure
4 montre encore cinq ressorts-sautoirs 49 prévus pour maintenir sélectivement les
secteurs de cadran soit dans la position correspondant à l'heure d'hiver, soit dans
la position correspondant à l'heure d'été.
[0019] La pièce d'horlogerie selon l'invention comporte encore un organe d'actionnement
tournant 25 qui est agencé pour faire commuter les secteurs de cadran mobiles 11 à
15 de leur position d'hiver à leur position d'été, ou inversement. Dans l'exemple
illustré par la figure 2, l'organe d'actionnement tournant est constitué par un disque
de programmation 25. Le disque de programmation est monté pour tourner sous le support
9 du premier cadra 3 (c.f. figure 3) coaxialement avec ce dernier. Le disque de programmation
25 fait partie du mécanisme de commutation hivers/été et, comme on le verra plus en
détail plus loin, il est agencé pour être entraîné de manière intermittente par le
mouvement. La fonction du disque de programmation est de déterminer le moment auquel
chacun des différents secteurs de cadran mobiles 11, 12, 13, 14 et 15 est actionné.
Dans la vue qu'offre la figure 2, depuis le côté fond de la montre, le disque de programmation
masque presque entièrement la planche 9 du premier cadran, dont seule la denture périphérique
57 est visible. On comprendra de plus que les secteurs dentés 11 A, 12A, 13A, 14A
et 15A et les petits mobiles étoilés 19, 20, 21, 22 et 23 sont logés entre le disque
de programmation 25 est le premier cadran 3. Ils ne sont donc pas visibles sur la
figure 2. On peut voir toutefois que le disque de programmation est doté de dix picots
référencés 19H, 19E, 20H, 20E, 21 E, 21 H, 22E, 22H, 23E et 23H. Précisons que les
picots sont disposés sur la face du disque de programmation 25 tournée vers la planche
9, et qu'il ne sont donc pas visibles à proprement parler sur la figure 2. Toutefois,
dans le présent exemple, les picots sont chassés dans des trous dans le disque de
programmation. Ce sont ces trous qui sont visibles dans la figure 2.
[0020] Comme on peut l'observer sur la figure 2, dans l'exemple illustré, les distances
séparant les dix picots de l'axe de la montre sont toutes différentes. De plus, ces
distances vont croissantes dans l'ordre des picots 19H, 19E, 20H, 20E, 21 E, 21 H,
22E, 22H, 23E, 23H. Lorsque le mouvement de la montre actionne et fait tourner le
disque de programmation 25, chacun des picots portés par le disque se déplace selon
une trajectoire circulaire dont le rayon est égal à la distance séparant ce picot
de l'axe des aiguilles de la montre. On a déjà noté plus haut que les distances séparant
les cinq mobiles étoilés de l'axe de la montre étaient également toutes différentes.
En effet, chaque mobile étoilé est arrangé de manière à ce que son étoile intercepte
la trajectoire de deux picots bien précis. Ainsi, le mobile étoilé 19 est arrangé
pour intercepter les trajectoires circulaires des picots 19H et 19E, le mobile étoilé
20 est arrangé pour intercepter les trajectoires des picots 20H et 20E, et ainsi de
suite.
[0021] Le picot 19H (figure 2) est situé légèrement plus proche de l'axe des aiguilles de
la montre que ne l'est l'axe du mobile étoilé 19 (figures 3 et 4). Ainsi, on comprendra
que, lorsque le picot 19H tourne et qu'il rencontre l'étoile du mobile 19, il la fait
tourner d'un quart de tour dans le sens contraire au sens de rotation du disque de
programmation. Inversement, le picot 19E (figure 2) est situé légèrement plus loin
de l'axe des aiguilles de la montre que ne l'est le mobile étoilé 19. Ainsi, lorsque
le picot 19E rencontre l'étoile du mobile 19, il la fait tourner d'un quart de tour
dans le même sens que le disque de programmation. De plus, Comme on peut encore le
voir sur la figure 4, la denture du secteur denté 11A est une denture intérieure (autrement
dit, tournée en direction de l'axe des aiguilles de la montre). Dans ces conditions,
on comprendra que, lorsque le mobile étoilé 19 entraîne le secteur denté 11A, ce dernier
tourne dans le même sens que le mobile étoilé. Dans ces conditions, lorsque le picot
19E rencontre l'étoile du mobile 19, et que ce dernier effectue par conséquent une
rotation d'un quart de tour dans le sens des aiguilles de la montre, cette rotation
a pour effet de faire coulisser le secteur de cadran mobile 11, dans le sens des aiguilles
de la montre également. Cela revient à dire que le picot 19E fait passer le secteur
de cadran mobile 11 à l'heure d'été. En ce qui concerne le picot 19H, c'est l'inverse.
En effet, comme on l'a vu, le picot 19H fait tourner le mobile étoilé 19 en sens inverse.
Ainsi, on comprendra que le picot 19H est agencé pour faire repasser le secteur de
cadran mobile 11 à l'heure d'hiver lorsqu'il rencontre le mobile étoilé.
[0022] En se référant à nouveau aux figures 2 et 3, on peut encore observer que les picots
sont disposés sur le disque de programmation 25 de telle manière que chaque rencontre
d'un des picots avec un mobile étoilé corresponde à une position angulaire différente
du disque de programmation. De plus, la relation entre la position des picots et celle
des mobiles étoilés est telle que, lorsque le disque de programmation tourne dans
le sens horaire, les picots interagissent avec leur étoile dans l'ordre 23H, 19E,
20E, 21 H, 22H, 22E, 21 E, 23E, 20H et, enfin, 19H. Comme on va le voir plus en détail
plus loin, le mécanisme de commutation hiver/été qui fait l'objet de la présente description
permet de commander correctement les changements aller et retour entre l'heure d'hiver
et l'heure d'été même si les dates précises de ces changements varient d'une année
à l'autre, pour autant que ces changements aient lieu la même semaine chaque année.
Précisons toutefois que, si une décision politique venait à altérer quelque chose
dans cette succession de changements d'heure, il suffirait de changer la roue de programmation
25 pour adapter la montre à la nouvelle situation.
[0023] La figure 5 est une vue partielle, en plan depuis le côté fond, d'un premier mode
de réalisation de l'invention montrant de manière schématique le mécanisme de commutation
hiver/été et plus particulièrement la chaîne cinématique agencée pour permettre au
mouvement de la pièce d'horlogerie d'entraîner l'organe d'actionnement tournant de
manière intermittente. Dans l'exemple illustré, la pièce d'horlogerie peut être la
montre universelle décrite plus haut. Ainsi, l'organe d'actionnement tournant illustré
à la figure 5 est un disque denté 125 semblable au disque de programmation 25 qui
a été décrit en relation avec les figures 2 à 4. On comprendra toutefois qu'au lieu
d'avoir la forme d'un disque denté, l'organe d'actionnement tournant de l'invention
pourrait tout aussi bien avoir, par exemple, la forme d'un anneau avec une denture
intérieure, ou même avoir par exemple la forme d'un cylindre rotatif garni de picots.
[0024] En se référant encore à la figure 5, on peut voir une roue 127 positionnée sous le
disque denté 125 concentriquement avec ce dernier. La roue 127 engrène avec une roue
129 qui porte un doigt 131. La figure 5 montre encore une étoile de sept 133 positionnée
par un sautoir 139. L'étoile de sept est disposée en regard tout à la fois de la roue
129 et de la denture du disque denté 125. L'étoile 133 porte elle-même un doigt 135
agencé pour coopérer avec les dents 137 du disque 125. Comme on l'a dit, dans le présent
exemple, le disque denté 125 est un disque de programmation garni de picots. Il est
semblable au disque de programmation 25, et il est monté rotatif autour de l'axe des
aiguilles de la montre (non-représentées dans la figure 5). Un ressort-sautoir monté
sous le support 9 du cadran est agencé pour solidariser le disque de programmation
avec le cadran 3. Ce ressort-sautoir peut être le sautoir 51 illustré dans la figure
4.
[0025] La roue 127 est la roue des heures du mouvement. Elle effectue classiquement un tour
en douze heures. La roue 129, ou roue entraîneuse de l'étoile de sept, possède le
double de dents que la roue des heures 127, de sorte que la roue 129 effectue un tour
en vingt-quatre heures. La roue 129 peut agir sur l'étoile de sept 133 par l'intermédiaire
du doigt 131. Une fois par jour, ou une fois par nuit, le doigt 131 actionne l'étoile
de sept, forçant le sautoir 139 à se soulever, de sorte que l'étoile avance d'une
dent. L'étoile de sept accomplit donc une rotation complète par semaine. Elle forme
donc un compteur des jours de la semaine. Grâce au doigt 135 qu'elle porte, l'étoile
133 peut agir elle-même sur le disque de programmation 125. Ainsi, lorsque le compteur
des jours de la semaine 133 passe du samedi au dimanche, le doigt 135 actionne le
disque 125, forçant le ressort-sautoir 51 (figure 4) à se soulever, de sorte que le
disque de programmation avance d'une menée de dent 137. Précisons que le sautoir 51
ne doit pas être trop fort, de manière à ce que le disque 125 puisse tourner sans
entraîner le premier cadran 3 avec lui. On comprendra de ce qui précède que le disque
de programmation 125 est agencé pour avancer par à-coups, et que chaque fois qu'au
cours de l'avance, un picots rencontre un des petits mobiles étoilés, un des secteurs
de cadran mobiles 11 à 15 se décale de 1/24ème de tour, passant de l'heure d'hiver
à l'heure d'été ou inversement.
[0026] Comme on l'a déjà expliqué, les dix picots (dont huit respectivement référencés 120H,
120E, 121 E, 121 H, 122E, 122H, 123E et 123H sont visibles dans la figure 5) sont
disposés sur le disque de programmation 125 de telle manière que chaque rencontre
d'un des picots avec un mobile étoilé corresponde à une position angulaire différente
du disque de programmation. Comme il n'y a que dix picots dans le présent exemple,
et que le disque de programmation occupe successivement au cours de l'année autant
de positions angulaires distinctes qu'il y a de semaines dans une année, la plupart
des déplacements du disque de programmation 125 n'affectent pas les premières indications
géographiques mobiles. Les figures 6A, 6B, 7 et 8 sont des vues d'une montre universelle
conforme à un deuxième mode de réalisation de l'invention. Selon ce deuxième mode
de réalisation, le disque de programmation est actionné uniquement durant les semaines
où une des premières indications géographiques doit être commutée.
[0027] En se référant maintenant aux figures 6A, 6B, 7 et 8, on peut voir qu'une grande
partie de éléments constituant le mécanisme de commutation hiver/été selon ce deuxième
mode de réalisation sont identiques aux éléments du mécanismes de commutations selon
le premier mode de réalisation. Sur les figures, les éléments qui se retrouve de façon
identique à la figure 5 et dans les figures 6A, 6B, 7 et 8 reçoivent dans ces dernières
figures la même référence augmentée de 100. Pour commencer, la roue des heures du
mouvement porte la référence 227. La roue entraîneuse de l'étoile de sept porte la
référence 229 et elle effectue un tour en vingt-quatre heures. La roue 229 peut agir
sur l'étoile de sept 233 par l'intermédiaire du doigt 231. Une fois par jour, le doigt
231 actionne l'étoile de sept, de sorte que l'étoile avance d'une dent. Elle accomplit
donc une rotation complète par semaine et, grâce à son doigt 235, l'étoile 233 peut
agir elle-même sur une étoile de dix 241 qui est solidaire et concentrique avec le
disque de programmation 225. Dans ce deuxième mode de réalisation, l'étoile de sept
233 est mobile verticalement entre une position embrayée, dans laquelle le doigt 235
peut actionner l'étoile de dix 241, et une position débrayée dans laquelle le doigt
235 ne coupe pas la trajectoire des dents de l'étoile 241.
[0028] Un mécanisme d'embrayage est prévu pour commuter l'étoile de sept 233 entre la position
embrayée et la position débrayée. Ce mécanisme comporte une came 243 en forme d'anneau
et qui présente une pluralité d'encoches 245. La came 243 est entraînée par le mouvement
de façon à accomplir un tour par année, et les positions occupées par les encoches
245 correspondent aux semaines de l'année durant lesquelles une au moins des premières
indications géographiques mobiles doit changer de position. Le mécanisme d'embrayage
comprend également un suiveur de came 247 qui est rappelé élastiquement contre la
came 243. Le suiveur de came 247 présente un incliné arrangé en regard de l'étoile
de sept 233 (visible notamment dans la figure 6B). Lorsque le suiveur de came 247
tombe dans une des encoches 245, il coulisse en direction de l'étoile de sept, et
son incliné vient buter contre la partie supérieure de l'étoile, contraignant celle-ci
à s'abaisser jusqu'à ce que le doigt 235 se trouve dans le même plan que l'étoile
de dix 241. L'étoile de sept se trouve alors en position embrayée. On comprendra que,
selon ce deuxième mode de réalisation, le suiveur de came 247 tombe dans une encoche
chaque fois qu'une des premières indications géographiques mobiles doit être déplacée.
Le reste du temps, lorsqu'aucune indication géographique ne doit être commutée, l'étoile
de sept est débrayée et le disque de programmation n'est pas actionné lors du passage
du samedi au dimanche. Ainsi, le disque de programmation n'effectue pas un tour en
cinquante-deux ou cinquante-trois pas, mais accomplit une rotation complète en autant
de pas qu'il y a de commutations à effectuer sur les secteurs de cadran mobiles (dix
pas dans le présent exemple).
[0029] On comprendra que diverses modifications et/ou améliorations évidentes pour un homme
du métier peuvent être apportées aux modes de réalisation qui font l'objet de la présente
description sans sortir du cadre de la présente invention définie par les revendications
annexées. En particulier, même si les modes de réalisation décrits comportent exactement
cinq secteurs de cadran mobiles, l'homme du métier comprendra que le nombre de premières
indications géographiques mobiles est absolument arbitraire. En effet, il existe un
vaste choix d'indications géographiques parmi lesquelles sélectionner celles qui représentent
les différents fuseaux horaires sur le cadran. En particulier, il existe dans tous
les fuseaux horaires sans exceptions des lieux dans lesquels l'heure d'été n'existe
pas.
1. Pièce d'horlogerie universelle comprenant un mouvement horloger, un premier cadran
(3) portant des indications géographiques (5) correspondant aux différents fuseaux
horaires et définissant un tour de 24 heures, et un deuxième cadran (7) de 24 heures
concentrique au premier cadran et agencé pour être entraîné en rotation par le mouvement,
le deuxième cadran portant des indications horaires disposées en regard des indications
géographiques du premier cadran pour indiquer des heures locales, les indications
géographiques incluant des premières indications géographiques correspondant à des
lieux où l'heure d'été a cours ;
caractérisée
- en ce que les premières indications géographiques sont mobiles sur le premier cadran et sont
agencées pour être commutées entre des premières positions et des secondes positions,
les premières positions correspondant à l'heure d'hiver et les secondes postions correspondant
à l'heure d'été et étant décalées angulairement de 1/24ème de tour par rapport aux premières positions,
- en ce que la pièce d'horlogerie comporte un mécanisme de commutation hiver/été entraîné par
le mouvement, le mécanisme de commutation comprenant un organe d'actionnement tournant
(25 ; 125 ; 225) agencé pour être entraîné de manière intermittente par le mouvement
horloger de sorte que l'organe d'actionnement accomplisse une rotation complète en
une année en tournant par à-coups, l'organe d'actionnement étant agencé pour que sa
rotation fasse commuter chacune des premières indications géographiques une fois dans
un sens et une fois dans l'autre au cours d'une année,
- la pièce d'horlogerie comporte en outre un compteur des jours de la semaines (133
; 233) entraîné par le mouvement et agencé pour entraîner l'organe d'actionnement
(25 ; 125 ; 225) en rotation lors de passages du samedi au dimanche.
2. Pièce d'horlogerie universelle selon la revendication 1, caractérisée en ce que les premières indications géographiques sont portées par des secteurs de cadran mobiles
(11, 12, 13, 14, 15), au moins un (11, 12) des dits secteurs de cadran mobiles portant
plusieurs premières indications géographiques correspondants à des fuseaux horaires
différents, les premières indications géographiques portées par le même secteur de
cadran mobile désignant des lieux où les passages entre heure d'été et heure d'hivers
sont à la même date dans un sens comme dans l'autre.
3. Pièce d'horlogerie universelle selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que l'organe d'actionnement tournant (25 ; 125 ; 225) comporte un plateau ou un cylindre
garni de picots.
4. Pièce d'horlogerie universelle selon l'une des revendications 1, 2 ou 3, caractérisée en ce que le compteur des jours de la semaine (133 ; 233) est agencé pour faire avancer d'un
pas l'organe d'actionnement (25 ; 125 ; 225) lors de chaque passage du samedi au dimanche.
5. Pièce d'horlogerie universelle selon la revendication 4, caractérisée en ce que l'organe d'actionnement tournant (25 ; 125) comporte une denture coaxiale, la denture
étant formée de 52 ou 53 dents et le compteur des jours de la semaine (133) étant
agencé pour faire avancer l'organe d'actionnement d'une dent lors de chaque passage
du samedi au dimanche.
6. Pièce d'horlogerie universelle selon l'une des revendications 1, 2 ou 3,
caractérisée en ce que le mécanisme de commutation hiver/été comporte :
- une liaison cinématique débrayable (235, 241) entre le compteur des jours de la
semaine (233) et l'organe d'actionnement tournant (225), la liaison cinématique étant
agencée de manière à ce que le compteur des jours de la semaine entraîne l'organe
d'actionnement tournant lors des passages du samedi au dimanche tant que la liaison
cinématique n'est pas débrayée,
- une came annuelle (243) présentant une pluralité d'encoches (245) ou de créneaux
correspondant aux semaines de l'année durant lesquelles une au moins des premières
indications géographiques doit être changée de l'heure d'hivers à l'heure d'été ou
inversement,
- un mécanisme de débrayage (233, 247) commandé par la came annuelle (243) et agencé
pour débrayer la liaison cinématique de manière à ce que le compteur des jours de
la semaine (233) n'entraîne pas l'organe d'actionnement tournant (225) lors des semaines
où aucune des premières indications géographiques ne doit être changée.
7. Pièce d'horlogerie universelle selon la revendication 6, caractérisée en ce que la came annuelle (243) est solidaire d'une denture coaxiale formée de 52 ou 53 dents,
le compteur des jours de la semaine (233) portant un doigt (235) agencé pour coopérer
avec la denture une fois par semaine.