[0001] L'invention concerne les fixations d'un engin de glisse, en particulier une butée
avant de ski de randonnée et un engin de glisse équipé d'une telle fixation. L'engin
de glisse peut être un ski, une raquette à neige.
[0002] De nos jours, le ski de randonnée est une pratique de plus en plus apprécié par les
sportifs et s'ouvre à un nombre croissant de pratiquants.
[0003] En ski de randonnée, on gravit la montagne à l'aide de skis de randonnée. Lors des
phases de montée, ceux-ci sont équipés d'une « peau de phoque » en matière synthétique
qui empêche le recul du ski. De plus, ces skis présentent un dispositif de fixation
particulière comprenant une butée avant permettant aux chaussures de ski de randonnée
de pivoter autour d'un axe transversal, situé à l'avant du pied. Cette rotation rend
possible un éloignement du talon de l'utilisateur par rapport au ski pour exercer
un effort optimal de poussée pendant la montée.
[0004] Le document
EP-A-0 199 098 décrit une fixation de ski de randonnée dont la butée avant comprend deux leviers
de serrage, en forme de « L », chacun étant articulé autour d'un axe longitudinal.
Ces bras comprennent des ergots de serrage destinées à coopérer avec une chaussure
de ski de randonnée. Les deux leviers de serrage sont articulés par un mécanisme à
ressort afin d'occuper deux positions stables. Une première position stable, dite
de serrage, correspond à une configuration dans laquelle les ergots de serrage coopèrent
avec des parties creuses correspondantes aménagées latéralement dans la partie antérieure
de la chaussure de ski de randonnée. Cette coopération permet de fixer la chaussure
en autorisant uniquement un mouvement de rotation autour d'un axe transversal au ski.
Une seconde position stable, dite ouverte, correspond à une configuration dans laquelle
les leviers de serrage sont écartés de sorte que les ergots de serrage libèrent la
chaussure qui peut alors être séparée du ski de randonnée.
[0005] La fixation de la partie avant de la chaussure de randonnée sur un ski de randonnée
équipé d'une telle butée avant est réalisée comme suit. Dans une première étape, on
positionne la chaussure alors que les deux leviers de serrage de la butée sont écartés,
en position ouverte. Dans une deuxième étape, on appuie fortement, avec l'avant de
la semelle de la chaussure, sur le mécanisme à base de ressorts. Cette action sur
le mécanisme permet le passage des leviers de serrage vers leur position de serrage.
La chaussure est alors fixée à la butée avant du fait que dans cette position, les
ergots de serrage sont logés dans les parties creuses correspondantes de la chaussure.
[0006] Cependant, le skieur s'est rapidement heurté à la difficulté d'engager les chaussures
de ski dans ces fixations. En effet, il est nécessaire de présenter la chaussure avec
ses parties creuses en face des ergots avec une certaine précision, ce qui n'est pas
aisée, en particulier du fait de la taille des chaussures de ski, d'une part, et de
la petite taille des ergots de la butée avant ainsi que des logements creux correspondant
de la chaussure, d'autre part.
[0007] Une première solution a été apportée par le document
EP-A-1 559 457 qui décrit une variante de la solution précédente dans laquelle la chaussure présente
une rainure sous ses parties creuses latérales de liaison dont la fonction est le
guidage de la chaussure lorsqu'elle est positionnée aux abords de l'ergot de serrage
de la butée avant du ski. Les ergots de serrage, sont ainsi guidés au sein des rainures
de la chaussure jusqu'à venir en face des parties creuses prévues pour la fixation
de la chaussure.
[0008] Bien que cette solution permette l'engagement de la chaussure avec un léger décalage
longitudinal de la semelle, la fixation requiert toujours un positionnement longitudinal
de la chaussure relativement précis. Cette butée n'apporte pas d'aide au chaussage.
[0009] D'autres conceptions connues consistent à prévoir des butées, escamotables ou non,
destinées à coopérer avec l'avant de la chaussure afin de positionner longitudinalement
la chaussure, de manière relativement précise. De telles butées sont décrites dans
les documents
EP-A-2 392 388 ou
EP-A-2 300 111.
[0010] Cependant, la conception de ces butées se révèle complexe. Les butées escamotables
proposées pivotent autour d'un axe transversal placé devant les leviers de serrage.
Dans un cas, l'escamotage de la butée est directement associé à un levier de verrouillage.
Dans un autre cas, l'escamotage est réalisé par la translation longitudinale de la
butée avant. Dans un troisième cas, la butée n'est pas escamotable. Dans ce dernier
cas, la solution comprend deux butées latérales fixes de petites tailles pour ne pas
gêner la rotation de la chaussure quand elle est en prise avec la butée avant. Ces
butées latérales ne sont pas très efficaces car elles agissent sur de faibles zones
de contact. Elles le sont d'autant moins lorsque le ski est en dévers.
[0011] La présente invention vise à pallier au moins partiellement aux inconvénients précités
en proposant une butée avant de ski de randonnée permettant un engagement plus aisé
de la chaussure de ski. Un autre objectif est de proposer une conception très simple
de butée escamotable.
[0012] L'objectif de l'invention est atteint par la fourniture d'une butée avant d'un engin
de glisse comprenant deux pièces de serrages en vis-à-vis, chacune portant au niveau
d'une extrémité un ergot de serrage, les deux pièces de serrage étant mobiles, l'une
par rapport à l'autre, entre une position de serrage d'une extrémité avant d'une chaussure
dans laquelle les ergots de serrage sont rapprochés de manière à coopérer avec des
logements correspondants latéraux, ménagés, directement ou indirectement, dans la
chaussure afin de former un axe de pivotement de la chaussure, et une position ouverte
dans laquelle les ergots de serrage sont écartés de manière à libérer la chaussure
des pièces de serrage. La butée avant comprend également une butée mobile entre une
position active dans laquelle la butée mobile est destinées à entrer en contact avec
une portion de l'extrémité avant de la chaussure afin de positionner longitudinalement
les logements latéraux de la chaussure sensiblement au niveau des ergots de serrage,
et une position escamotée dans laquelle la butée mobile est positionnée de manière
à ne pas perturber le pivotement normal de la chaussure en phase de montée, la butée
mobile étant dans une position active lorsque les deux pièces de serrage sont dans
une position ouverte.
[0013] La butée avant est
caractérisée en ce que la butée mobile est directement liée aux pièces de serrage de manière à ce qu'un
déplacement relatif entre les pièces de serrage entraîne le basculement de la butée
mobile entre sa position active et sa position escamotée.
[0014] Ainsi, on peut plus facilement positionner la chaussure de ski de randonnée avant
d'engager celle-ci dans la fixation.
[0015] La fixation selon l'invention peut comporter une ou plusieurs des caractéristiques
suivantes prises seules ou en combinaison.
- La butée mobile se déplace selon une direction sensiblement verticale.
- La position active de butée mobile est une position relevée et en ce que la position
escamotée de butée mobile est une position abaissée.
- Chaque pièce de serrage forme un levier articulé en pivotement autour d'un axe longitudinal,
chaque pièce de serrage comprenant une extrémité en contact avec la butée mobile.
- La butée mobile est solidaire d'un mécanisme élastique bistable permettant le basculement
des deux pièces de serrages entre la position de serrage et la position ouverte.
- La butée mobile est solidaire d'une articulation centrale constituant un élément du
mécanisme élastique bistable, l'articulation centrale reliant une extrémité d'une
pièce de serrage avec une extrémité de l'autre pièce de serrage.
- La butée mobile comporte une portion dressée destinée à entrer en contact, en position
active, avec une portion de l'extrémité avant de la chaussure et une portion couchée
solidaire de l'articulation centrale du mécanisme bistable.
- La partie dressée de la butée mobile présente à son extrémité libre une barre transversale
présentant entre ses extrémités une forme concave sur sa face supérieure.
- La barre transversale est portée par deux montants définissant une lumière de passage
pour un levier de commande en prise avec le mécanisme élastique bistable.
- La butée avant comprend un levier d'actionnement dont une extrémité forme une fourche
dans laquelle se loge une partie de la butée mobile.
- La butée avant comprend un moyen de verrouillage d'un levier d'actionnement des pièces
de serrage.
- La butée avant comprend un moyen élastique permettant de maintenir le moyen de verrouillage
dans une configuration de verrouillage du levier d'actionnement, lorsque les ergots
sont en position de serrage.
- La butée mobile est agencée de manière à ce que en position active, la butée mobile
positionne la chaussure de ski de manière que l'axe de pivotement de la chaussure
de ski, défini par les logements, se positionne avec un décalage, préférentiellement
compris entre 1 et 4 mm, légèrement avant l'axe défini par les ergots de serrage en
position de serrage.
- La butée mobile comprend une cale amovible positionnée de manière à s'intercaler entre
la butée mobile et la portion de l'extrémité avant de la chaussure.
[0016] L'invention concerne en outre un ski de randonnée équipé d'une fixation telle que
décrite ci-dessus.
[0017] D'autres avantages et caractéristiques apparaîtront à la lecture de la description
de l'invention, ainsi que des figures suivantes parmi lesquelles :
- la figure 1 est une vue en perspective d'une partie de ski de randonnée équipé d'une
butée avant de ski de randonnée selon l'invention en position ouverte,
- la figure 2 montre une vue identique à celle de la figure 1 avec la butée avant de
ski de randonnée en position de serrage,
- la figure 3 montre une vue en perspective d'une pièce constitutive de la butée avant
de ski de randonnée,
- la figure 4 est une vue de dessus de la butée avant de ski de randonnée selon l'invention
en position ouverte avec une chaussure de ski lors de l'engagement de la chaussure
de ski,
- la figure 5 est une vue en coupe longitudinale d'un ski de randonnée équipé d'une
butée avant de ski de randonnée selon l'invention en position ouverte avec une chaussure
de ski, non coupée, lors de l'engagement de la chaussure de ski,
- La figure 6 est une vue en coupe longitudinale d'un ski de randonnée équipé d'une
butée avant de ski de randonnée selon l'invention en position de serrage avec une
chaussure de ski, non coupée, lors d'un mouvement de montée,
- La figure 7 est une vue en coupe une coupe selon VII-VII de la figure 6 sans la chaussure
de ski.
[0018] Sur toutes les figures, les mêmes éléments sont référencés par les mêmes numéros
de référence.
[0019] Dans la suite de la description, il sera fait usage de termes tels que « horizontal
», « vertical », « longitudinal », « transversal », « supérieur », « inférieur »,
« haut », « bas », « avant », « arrière ». Ces termes doivent être interprétés en
fait de façon relative en relation avec la position normale que le dispositif de retenue
occupe sur un ski, et la direction d'avancement normale du ski. De plus, le terme
« dressé » est utilisé pour décrire des éléments qui, à l'état monté sur un ski, se
dressent vers le haut par rapport au ski, ces éléments sont alors orientés sensiblement
verticalement. De même, le terme « couché » est utilisé pour des éléments qui, à l'état
monté sur un ski, s'étendent sensiblement dans un plan parallèle au ski, ces éléments
sont alors orientés sensiblement horizontalement. Par exemple, « longitudinal » s'entend
par rapport à l'axe longitudinal du ski.
[0020] Sur la figure 1 est représentée une partie avant d'un ski 1 de randonnée muni d'une
fixation comprenant une butée avant de randonnée 3.
[0021] La butée avant 3 comporte d'une part une embase 5 réalisée sous la forme d'une platine
qui se fixe par exemple par vissage sur le dessus du ski 1 et, d'autre part, deux
pièces de serrage 7a et 7b, appelées leviers de serrage par la suite, de forme générale
en « L » en vis-à-vis, articulés en pivotement sur des paliers 9a et 9b protubérants
associés. Chaque levier de serrage 7a et 7b tourne autour d'un axe d'articulation
sensiblement longitudinal Xa, Xb. Cet axe d'articulation Xa, Xb passe par la jonction
de deux bras 11a/15a, 11b/15b du levier de serrage 7a, 7b. Les deux axes d'articulation
Xa, Xb sont disposés, à égale distance, de part et d'autre d'un plan médian vertical
longitudinal du ski.
[0022] Au niveau d'une extrémité dressée d'un premier bras 11a et 11b chaque levier de serrage
7a, 7b porte un ergot de serrage respectif 13a et 13b.
[0023] Le pivotement des leviers de serrage 7a et 7b permet un mouvement des ergots 13a
et 13b selon une direction sensiblement transversale au ski 1 entre une position ouverte,
illustrée à la figure 1, et une position de serrage, illustrée à la figure 2. En position
ouverte, les ergots 13a, 13b sont écartées ce qui permet de libérer une chaussure
25. En position de serrage, les ergots 13a, 13b sont rapprochés de sorte qu'ils puissent
coopérer avec des logements latéraux 23a, 23b, de forme complémentaire, ménagés sur
l'avant de la chaussure 25. Dans ce dernier cas, la chaussure 25 est retenue par la
butée avant 3.
[0024] Les deux leviers de serrage 7a et 7b sont reliés l'un à l'autre au niveau de leurs
deuxièmes bras couchés 15a et 15b par un mécanisme élastique bistable 17 entre les
positions ouverte et de serrage. Ce mécanisme élastique bistable 17 comprend une articulation
centrale 19 ainsi que des ressorts 21a et 21b portés par les bras couchés 15a et 15b
et en appui contre l'articulation centrale 19. L'articulation centrale 19 est réalisée
par un arbre pivot 33 autour duquel tournent deux patins 18a, 18b. Chaque patin 18a,
18b est monté coulissant par rapport à un arbre 16a, 16b fixé dans le prolongement
d'un bras couché 15a et 15b. Préférentiellement les arbres 16a, 16b ne sont pas de
section circulaire de sorte que les patins 18a, 18b ne peuvent que se translater le
long des arbres 16a, 16b. Ainsi, on évite toute rotation de l'articulation centrale
19 autour d'un axe transversal. Pour limiter ce basculement vers l'avant ou vers l'arrière,
on peut, alternativement, relier chaque patin 18a, 18b à un bras couché 15a, 15b par
plusieurs arbres décalés selon une direction longitudinale. On évite la rotation non
souhaitée autour d'un axe s'étendant le long d'un bras couchée 15a, 15b.
[0025] Au sens de l'invention, dans ce mode de réalisation, un levier de serrage 7a, 7b,
ou pièces de serrage, comprend un bras dressé 11a, 11b équipé d'un ergot de serrage
13a, 13b et un bras couché 15a, 15b. Le bras couché 15a, 15b intègre une partie du
mécanisme élastique bistable 17, à savoir, un arbre 16a, 16b, un ressort 21a, 21b
et un patin 18a, 18b. Ainsi, pour ce mode de réalisation, un patin 18a, 18b constitue
l'extrémité d'un bras couché 15a, 15b d'un levier de serrage 7a, 7b.
[0026] On comprend donc que grâce aux ressorts 21a et 21b et l'articulation centrale 19,
les ergots 13a et 13b ne peuvent prendre que deux positions stables, la position ouverte
dans laquelle les ergots 7a et 7b sont écartés, éloignés l'un de l'autre (fig. 1),
et une position de serrage dans laquelle les ergots 13a et 13b sont rapprochés l'un
de l'autre (fig. 2).
[0027] Lors de la montée, les ergots de serrage 13a et 13b se logent dans les logements
latéraux correspondants 23a et 23b, ménagés sur l'avant de la chaussure 25 pour former
un axe de pivotement de l'avant de la chaussure pour la montée. Lors des phases de
montée, la chaussure enchaîne une succession de pivotement entre une position de semelle
sensiblement horizontale et une position de semelle sensiblement verticale. L'angle
de pivotement est variable et dépend de l'inclinaison de la pente à gravir. Le pivotement
normal de la chaussure en phase de montée est de l'ordre de 90° par rapport à la face
supérieure du ski, d'une référence horizontale vers une référence verticale.
[0028] Afin de faciliter l'engagement de la chaussure de ski 25 dans la butée avant de randonnée
3, cette dernière comporte en outre au moins une butée mobile 27. Sur la figure 3,
cette butée mobile 27 est représentée comme une seule pièce en perspective.
[0029] Comme on le voit sur toutes les figures, la butée mobile 27 est, selon le présent
exemple de réalisation, solidaire du mécanisme élastique bistable 17 reliant les bras
couchés 15a et 15b des deux leviers de serrage 7a et 7b.
[0030] Plus précisément la butée mobile 27 est solidaire de articulation centrale 19 du
mécanisme élastique bistable 17.
[0031] A cet effet, la butée mobile 27 comporte une portion dressée 29 et une portion couchée
33. La portion dressée 29 est destinée à entrer en contact, lorsque les ergots sont
en position ouverte, avec une portion de l'extrémité avant 31 de la chaussure de ski
25. La portion dressée 29 est positionnée par rapport à la portion couchée 33 de sorte
que, lorsque l'extrémité avant 31 de la chaussure atteint la portion dressée, les
logements latéraux 23a et 23b de la chaussure sont sensiblement positionnés longitudinalement
au même niveau que les ergots de serrage 13a et 13b. La portion couchée 33 forme l'arbre
pivot de l'articulation centrale 19 du mécanisme bistable 17.
[0032] La partie dressée 29 de la butée mobile 27 présente à son extrémité libre une barre
transversale 35. Afin de ne pas gêner le mouvement de pivotement de la chaussure de
ski 25 lors de la montée, la face supérieure de la barre transversale 35 présente
avantageusement entre ses extrémités 37a et 37b un décrochement central 39 qui peut
présenter une forme concave de façon à accueillir l'extérieur de la chaussure lors
du pivotement. En conséquence, sur un plan vertical, la partie centrale est plus basse
que les extrémités 37a et 37b de la barre transversale 35. Par ailleurs, la barre
transversale 35 est portée par deux montants 41a et 41b définissant une lumière 43
de passage pour un levier d'actionnement 45.
[0033] Le levier d'actionnement 45 est articulé en pivotement, autour d'un axe transversal
Y45, sur un palier 48 protubérant associé. L'axe transversal Y45 est positionné devant
les leviers de serrage 7a, 7b. Le levier d'actionnement 45 est sensiblement rectiligne.
[0034] Une première extrémité 451 du levier d'actionnement 45 forme une fourche dans laquelle
se loge l'articulation centrale 19 du de sorte qu'un mouvement vertical de la fourche
451 entraîne le déplacement vertical de l'articulation centrale 19. En conséquence,
une action sur une deuxième extrémité 452 de ce levier 45 permet de soulever ou d'abaisser
l'articulation centrale 19. Grâce à ce levier, on peut exercer un effort important
pour passer d'une position stable à l'autre du mécanisme bistable 17. En pratique,
on utilise le levier pour soulever l'articulation centrale 19 afin de passer d'une
position de serrage vers une position ouverte permettant la libération de la chaussure
de ski 25 de la buté avant 3. En effet, le passage en position de serrage se fait
par simple appui de l'avant de la chaussure sur l'articulation centrale 19.
[0035] Une deuxième extrémité 452 du levier d'actionnement 45 supporte un levier de verrouillage
46. Ce levier de verrouillage 46 est articulé en pivotement, autour d'un axe transversal
Y46, sur un arbre traversant 44 solidaire de la deuxième extrémité 452. Un ressort
de torsion 42, entoure l'arbre traversant 44 pour relier un premier bras 461 du levier
de verrouillage 46 au levier d'actionnement 45. Le ressort de torsion 42 permet de
maintenir le levier de verrouillage 46 dans une configuration de verrouillage du levier
d'actionnement 45, lorsque les ergots sont en position de serrage.
[0036] Pour cette position de serrage, l'articulation centrale 19 est abaissée ce qui se
traduit par un soulèvement de la deuxième extrémité 452 du levier d'actionnement 45.
Dès lors, le ressort de torsion 42 exerce un effort sur le premier bras 461 du levier
de verrouillage 46 provoquant la rotation des bras du levier jusqu'à une butée solidaire
du levier d'actionnement 45 et, en conséquence, l'éloignement d'un deuxième bras 462
du levier de verrouillage 46 du levier d'actionnement 45.
[0037] Dans cette configuration de verrouillage, le deuxième bras 462 s'étend sensiblement
verticalement, légèrement orienté vers l'avant, de sorte que si on abaisse directement
la deuxième extrémité 452 du levier d'actionnement 45, l'extrémité libre du deuxième
bras 462 du levier de verrouillage 46 vient très rapidement en contact avec l'embase
5, bloquant ainsi la continuation de l'abaissement de la deuxième extrémité 452 du
levier d'actionnement 45. La butée avant 3 est alors verrouillée. Les ergots sont
maintenus en position de serrage.
[0038] Pour déverrouiller la butée avant, il faut agir sur le premier bras 461 du levier
de verrouillage 46. En exerçant un effort sur ce bras 461, on provoque, dans un premier
temps, la rotation du deuxième bras 462 du levier de verrouillage 46 jusqu'à une butée
solidaire du levier d'actionnement 45. Ce déplacement du bras 462 permet de libérer
le levier d'actionnement 45. En poursuivant l'effort, dans le même sens, sur le bras
461, on provoque alors l'abaissement de la deuxième extrémité 452 du levier d'actionnement
45. Cet abaissement permet de soulever l'articulation centrale 19, ce qui se traduit
par l'écartement des ergots de serrage qui passent en position ouverte. La chaussure
est alors libérée de la butée avant.
[0039] Pour faciliter l'opération de déverrouillage, l'extrémité libre du premier bras 461
du levier de verrouillage 46 comprend un creux 40, orienté vers le haut, destiné à
recevoir l'extrémité d'un bâton de ski. Le skieur peut ainsi déchausser simplement
en appuyant avec son bâton sur le levier de verrouillage 46.
[0040] Avec une telle construction, on comprend donc que la butée mobile 27 et plus particulièrement
la barre transversale 35 peut se déplacer entre une position active de butée (montrée
sur les figures 1, 4 et 5) et une position escamotée (montrée sur les figures 2, 6
et 7).
[0041] Comme on le voit bien sur les figures 4 et 5, lorsqu'elle est en position active,
c'est-à-dire, dans le présent exemple, une position relevée, la butée mobile 27 sert
de référence au positionnement longitudinal d'une portion de l'extrémité avant 31
de la chaussure de ski 25 comme décrit précédemment. En position escamotée qui est,
dans le présent exemple, une position abaissée, la butée mobile 27 est écartée du
trajet de l'extrémité de la chaussure de ski 25 lors des mouvements de pivotement
en montée, de sorte à ne pas gêner la rotation.
[0042] On comprend donc que le déplacement de la butée mobile 27 entre sa position active
et sa position escamotée est enclenché par le basculement en position de serrage des
deux leviers de serrage 7a et 7b.
[0043] Avantageusement, la position de la butée mobile Z7 en position active positionne
la chaussure de ski 25 de manière que l'axe de pivotement Y23 de la chaussure de ski
25, défini par les logements 23a et 23b, se positionne avec un décalage préférentiellement
compris entre 1 et 4 mm, légèrement avant l'axe Y7 défini par les ergots de serrage
13a et 13b en position de serrage. Ce décalage de positionnement de la chaussure vers
l'avant permet de faire reculer la chaussure de ski 25 lors du basculement des leviers
de serrage 7a et 7b en position de serrage. Ce recul accentue le dégagement ou écartement
de la butée mobile 27 de l'extrémité avant 31 la chaussure de ski 25 en position de
serrage. Cet écartement contribue à l'escamotage de la butée mobile en vue de ne pas
perturber le pivotement de la chaussure. En effet, plus la butée mobile est éloignée
de l'avant de la chaussure, moins il y a des risques d'interférence entre ces pièces
lors de la rotation de la chaussure.
[0044] On va par la suite décrire plus en détail le fonctionnement de la butée avant 3 selon
l'invention, en particulier au regard des figures 4, 5 et 6.
[0045] Au départ, la butée avant 3 de ski de randonnée est en position ouverte. Les ergots
de serrage 13a et 13b sont écartés. La butée mobile 27 est relevée.
[0046] Pour enclencher la butée avant 3, on place la chaussure 25 de manière que son extrémité
avant 31 appuie longitudinalement contre la butée mobile 27 ce qui est aisément réalisable
du fait de sa taille et de sa position centrale. Ceci permet de positionner les ergots
13a et 13b en face des logements 23a et 23b avec éventuellement, un léger décalage
« d » vers l'avant, comme expliqué précédemment. Ensuite, il suffit d'appuyer avec
l'avant de la semelle sur le mécanisme élastique bistable 17 et, plus particulièrement,
au niveau de l'articulation centrale 19. Cette pression doit être suffisante pour
vaincre la force du mécanisme élastique bistable 17. Cet effort permet d'abaisser
l'articulation centrale 19 pour faire basculer le mécanisme élastique bistable 17
dans sa deuxième position stable. En conséquence, ce mouvement permet l'engagenient
des ergots de serrage 13a et 13b dans les logements 23a et 23b de façon stable. La
chaussure est alors retenue par la butée avant.
[0047] Dans ce mode de réalisation, l'abaissement de l'articulation centrale 19 provoque
simultanément le verrouillage du levier d'actionnement 45, grâce au ressort de torsion
42 agissant sur le levier de verrouillage 46.
[0048] Du fait que la butée mobile 27 est solidaire de l'articulation centrale 19, l'abaissement
de l'articulation centrale 19 provoque l'abaissement de la butée mobile 27. De plus,
cette solldarisation permet de maximiser l'amplitude de déplacement de la butée mobile
27 du fait que l'articulation centrale 19 est située en extrémité des bras 15a, 15b
des leviers de serrage 7a, 7b. Autrement dit, l'articulation centrale 19 se situe
sur une partie des leviers de serrage 7a, 7b la plus éloignée des axes d'articulation
Xa, Xb. Ainsi, le pivotement d'un levier entraîne une amplitude de déplacement maximale
aux extrémités du levier. C'est donc le cas pour l'articulation centrale 19 avec une
telle construction.
[0049] Dans ce mode de réalisation, la butée mobile s'escamote par un mouvement sensiblement
vertical. Par « sensiblement vertical », on entend que le mouvement de la butée suit
une trajectoire de plus ou moins trente degrés par rapport à une direction perpendiculaire
à la surface supérieure du sld.
[0050] Ainsi, la butée mobile 27 est entièrement dégagée du passage de la chaussure de ski
25 lors des mouvements de pivotement en montée. Pour illustrer ce dégagement, on a
représenté, sur la figure 6, par un carré en pointillé 35o, l'emplacement de la section
médiane de la barre transversale 35 lorsque la butée mobile 27 est en position ouverte.
[0051] Pour dégager la chaussure de ski 25 de la butée avant, il suffit d'appuyer sur le
levier de verrouillage 46, par exemple, à l'aide de l'extrémité d'un bâton de ski.
Cette action provoque la libération du levier de commande 45. En poursuivant l'effort,
on agit sur le levier de commande 45, ce qui entraîne le soulèvement de l'articulation
centrale 19 et par conséquence, permet l'écartement des ergots de serrage 13a et 13b
des logements 23a et 23b. La chaussure est alors libérée de la butée avant.
[0052] On comprend donc que grâce à la butée mobile 27, l'engagement d'une chaussure de
ski de randonnée dans la butée avant 3 est largement facilité.
[0053] De plus, on note que la présente solution est simple et économique, car seulement
une pièce, la butée mobile 27 montrée sur la figure 3, est rajoutée par rapport aux
solutions connues de l'état de la technique.
[0054] L'invention a été décrite à travers un mode de réalisation avantageux. D'autres variantes
de construction peuvent être envisagées. Par exemple, la butée avant peut ne pas avoir
de levier de verrouillage 46. Le mécanisme élastique bistable 17 peut être différent.
Par exemple, il peut comprendre des lames de flexion à la place des ressorts 21a,
21b ou davantage de ressorts. Il peut avoir davantage de positions stables. Alternativement,
les pièces de serrage peuvent être continuellement sollicitées par un moyen élastique,
avec une seule position stable, la position de serrage.
[0055] Selon une autre variante, la butée ne comprend pas de mécanisme élastique bistable
supporté par les leviers de serrage. Dans ce cas le basculement d'une position de
serrage à une position de serrage est réalisé par la manoeuvre du levier d'actionnement
45. Les leviers de serrage sont alors beaucoup plus simple. La butée mobile est alors
en contact avec l'extrémité du bras couché de chaque levier de serrage.
[0056] Dans les modes de réalisation décrits précédemment, les logements latéraux 23a, 23b
sont directement ménagés dans la semelle de la chaussure 25. Alternativement, on peut
envisager que ces logements latéraux 23a, 23b soient ménagés sur une pièce rapportée
à la chaussure de manière amovible ou non. Dans ce cas, les logements latéraux 23a,
23b sont indirectement ménagés dans la chaussure 25.
[0057] Bien que l'invention précise que la butée mobile 2 7 est solidaire de l'articulation
centrale 19, l'invention s'étend à d'autres modes de réalisation pour autant que la
butée mobile 27 soit directement liée aux pièces de serrage 7a, 7b. Ce qui importe
est que l'escamotage de la butée mobile 27 est directement provoqué par le déplacement
relatif entre les pièces de serrage 7a, 7b. Ainsi, le déplacement relatif entre les
pièces de serrage 7a ; 7b entraîne le basculement de la butée mobile 27 entre sa position
active et sa position escamotée.
[0058] La butée mobile peut également être scindée en deux parties, chaque partie pouvant
être portée par une pièce de serrage.
[0059] Alternativement, l'invention s'applique également à d'autres pièces de serrage. Par
exemple, le rapprochement des ergots de serrage 13a, 13b peut résulter d'une translation
des pièces de serrage, d'une déformation des bras des pièces de serrage, d'une rotation
autour d'axes sensiblement verticaux.
[0060] Selon un mode de réalisation non décrit, la butée mobile comprend une cale amovible
positionnée de manière à s'intercaler entre la butée mobile et la portion de l'extrémité
avant de la chaussure. Ainsi, quand la butée est en position active, lors de la mise
en place de la chaussure, celle-ci vient en contact avec la cale solidaire de la butée
ce qui permet d'ajuster le positionnement longitudinal des logements latéraux de la
chaussure par rapport aux ergots de serrage. Cela s'avère très utile dans le cas où
on utilise des chaussures ayant chacune un dimensionnel de leur portion de l'extrémité
avant spécifique, différent d'un modèle à l'autre. Ainsi, simplement en changeant
de cale amovible, la butée avant est utilisable avec différents modèles de chaussure
tout en conservant l'aide au chaussage, c'est-à-dire, la maitrise du positionnement
longitudinal relatif entre la chaussure et la butée avant, avant le chaussage.
1. Butée avant (3) d'un engin de glisse (1) comprenant
- deux pièces de serrages (7a ; 7b) en vis-à-vis, chacune portant au niveau d'une
extrémité (11a; 11b) un ergot de serrage (13a ; 13b), les deux pièces de serrage (7a
; 7b) étant mobiles, l'une par rapport à l'autre, entre une position de serrage d'une
extrémité avant (31) d'une chaussure (25) dans laquelle les ergots de serrage (13a
; 13b) sont rapprochés de manière à coopérer avec des logements correspondants latéraux
(23a; 23b), ménagés, directement ou indirectement, dans la chaussure (25) afin de
former un axe de pivotement de la chaussure (Y13), et une position ouverte dans laquelle
les ergots de serrage (13a ; 13b) sont écartés de manière à libérer la chaussure (25)
des pièces de serrage (7a, 7b),
- une butée mobile (27) entre une position active dans laquelle la butée mobile (27)
est destinée à entrer en contact avec une portion de l'extrémité avant (31) de la
chaussure (25) afin de positionner longitudinalement les logements latéraux (23a ;
23b) de la chaussure sensiblement au niveau des ergots de serrage (13a; 13b), et une
position escamotée dans laquelle la butée mobile (27) est positionnée de manière à
ne pas perturber le pivotement normal de la chaussure en phase de montée, la butée
mobile (27) étant dans une position active lorsque les deux pièces de serrage (7a
; 7b) sont dans une position ouverte, caractérisée en ce que
la butée mobile (27) est directement liée aux pièces de serrage (7a ; 7b) de manière
à ce qu'un déplacement relatif entre les pièces de serrage (7a ; 7b) entraîne le basculement
de la butée mobile (27) entre sa position active et sa position escamotée.
2. Butée avant (3) selon la revendication 1, caractérisée en ce que la butée mobile (27) se déplace selon une direction sensiblement verticale.
3. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la position active de la butée mobile (27) est une position relevée et en ce que la position escamotée de butée mobile (27) est une position abaissée.
4. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que chaque pièce de serrage (7a ; 7b) forme un levier articulé en pivotement autour d'un
axe longitudinal (Xa, Xb), chaque pièce de serrage (7a ; 7b) comprenant une extrémité
(18a, 18b) en contact avec la butée mobile (27).
5. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la butée mobile (27) est solidaire d'un mécanisme élastique bistable (17) permettant
le basculement des deux pièces de serrages (7a ; 7b) entre la position de serrage
et la position ouverte.
6. Butée avant (3) selon la revendication précédente, caractérisée en ce que la butée mobile (27) est solidaire d'une articulation centrale (19) constituant un
élément du mécanisme élastique bistable (17), l'articulation centrale (19) reliant
une extrémité (18a) d'une pièce de serrage (7a) avec une extrémité (18b) de l'autre
pièce de serrage (7b).
7. Butée avant (3) selon la revendication précédente, caractérisée en ce que la butée mobile (27) comporte une portion dressée (29) destinée à entrer en contact,
en position active, avec une portion de l'extrémité avant (31) de la chaussure (25)
et une portion couchée (33) solidaire de l'articulation centrale (19) du mécanisme
bistable (17).
8. Butée avant (3) selon la revendication précédente, caractérisée en ce que la partie dressée (29) de la butée mobile présente, à son extrémité libre, une barre
transversale (35) présentant entre ses extrémités (37a ; 37b) une forme concave sur
sa face supérieure.
9. Butée avant (3) selon la revendication précédente, caractérisée en ce que la barre transversale (35) est portée par deux montants (41a ; 41b) définissant une
lumière de passage (43) pour un levier d'actionnement (45) en prise avec le mécanisme
élastique bistable (17).
10. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle comprend un levier d'actionnement (45) dont une extrémité (451) forme une fourche
dans laquelle se loge une partie (33) de la butée molaile (27).
11. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle comprend un moyen de verrouillage (46) d'un levier d'actionnement (45) des pièces
de serrage (7a, 7b).
12. Butée avant (3) selon la revendication précédente caractérisé en ce qu'elle comprend un moyen élastique (42) permettant de maintenir le moyen de verrouillage
(46) dans une configuration de verrouillage du levier d'actionnement (45), lorsque
les ergots (13a ; 13b) sont en position de serrage.
13. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la butée mobile (27) est agencée de manière à ce que en position active, la butée
mobile positionne la chaussure de ski (25) de manière que l'axe de pivotement (Y23)
de la chaussure de ski, défini par les logements (23a et 23b), se positionne avec
un décalage, préférentiellement compris entre 1 et 4 mm, légèrement avant l'axe (Y7)
défini par les ergots de serrage (13a et 13b) en position de serrage.
14. Butée avant (3) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la butée mobile (27) comprend une cale amovible positionnée de manière à s'intercaler
entre la butée mobile et la portion de l'extrémité avant (31) de la chaussure (25).
15. Engin de glisse (1) équipée d'une butée avant (3) selon l'une quelconque des revendications
1 à 14.