[0001] La présente invention concerne une usine de production d'aluminium à partir d'alumine
par électrolyse, également appelée aluminerie.
[0002] Il est connu de produire l'aluminium industriellement à partir d'alumine par électrolyse
selon le procédé de Hall-Héroult. A cet effet, on prévoit une cuve d'électrolyse composée
notamment d'un caisson en acier, d'un revêtement intérieur réfractaire, et d'une cathode
en matériau carboné, reliée à des conducteurs servant à l'acheminement du courant
d'électrolyse. La cuve d'électrolyse contient également un bain électrolytique constitué
notamment de cryolithe dans lequel est dissout de l'alumine. Le procédé de Hall-Héroult
consiste à plonger partiellement un bloc carboné constituant l'anode dans ce bain
électrolytique, l'anode étant consommée au fur et à mesure de l'état d'avancement
de la réaction. Au fond de la cuve d'électrolyse se dépose par gravité l'aluminium
liquide, produit par la réaction d'électrolyse, ce qui forme une nappe d'aluminium
liquide qui recouvre intégralement la cathode.
[0003] Généralement, les usines de production d'aluminium comprennent plusieurs centaines
de cuves d'électrolyse connectées en série dans des halls. Ces cuves d'électrolyse
sont parcourues par un courant d'électrolyse de l'ordre de plusieurs centaines de
milliers d'Ampères, ce qui crée des champs magnétiques importants. Suivant la distribution
des différentes composantes du champ magnétique dans la cuve, la nappe d'aluminium
peut être instable, ce qui dégrade fortement le rendement de la cuve. Il est connu
notamment que la composante verticale du champ magnétique est un facteur déterminant
pour la stabilité d'une cuve d'électrolyse.
[0004] Il est connu d'améliorer la stabilité des cuves d'électrolyse en minimisant la composante
verticale du champ magnétique présente dans la cuve. Pour cela, on compense le champ
magnétique vertical à l'échelle d'une cuve d'électrolyse grâce à une disposition particulière
des conducteurs acheminant le courant d'électrolyse d'une cuve N à une cuve N+1. Une
partie de ces conducteurs, généralement des barres en aluminium, contournent les extrémités
de la cuve N. La figure 1 illustre schématiquement, vue de dessus, une cuve 100 d'électrolyse
dans laquelle le champ magnétique est auto-compensé grâce à la disposition des conducteurs
101 reliant cette cuve N 100 à la cuve N+1 suivante 102 placée en aval. A cet effet,
on remarque que des conducteurs 101 sont excentrés par rapport à la cuve 100 et la
contournent. Une telle méthode d'autocompensation magnétique est notamment connue
du document de brevet
FR2469475.
[0005] Cependant, la méthode d'auto-compensation d'une cuve d'électrolyse impose beaucoup
de contraintes de conception en raison de l'encombrement important dû à la disposition
particulière des conducteurs. De plus, la longueur importante des conducteurs pour
la mise en oeuvre de cette solution génère de la perte électrique en ligne et nécessite
beaucoup de matière (conducteurs en aluminium), d'où des coûts élevés en terme de
consommation énergétique et à la fabrication.
[0006] Une autre cause d'instabilité des cuves d'électrolyse, en plus de la composante verticale
du champ magnétique, est la présence de courants électriques horizontaux dans la nappe
d'aluminium. La figure 2 montre une cuve 200 d'électrolyse appartenant à l'état de
la technique, parcourue par un courant d'électrolyse I
200. La cuve 200 d'électrolyse présente une anode 201, un caisson 202 contenant notamment
un bain électrolytique 203, une nappe d'aluminium liquide 204 et une cathode 205.
Il est à noter que les courants horizontaux sont importants dans les milieux parcourus
particulièrement conducteurs. C'est le cas notamment lorsque le courant d'électrolyse
I
200 parcourt la nappe d'aluminium liquide 204.
[0007] Aussi la présente invention a pour but de remédier en tout ou partie à ces inconvénients,
en proposant une aluminerie dans laquelle la stabilité des liquides contenus dans
les cuves d'électrolyse est améliorée, et présentant des coûts de conception, de fabrication
et d'exploitation moindres.
[0008] A cet effet, la présente invention a pour objet une aluminerie comprenant :
- (i) une série de cuves d'électrolyse, destinées à la production d'aluminium selon
le procédé de Hall-Héroult,
chaque cuve d'électrolyse comprenant au moins une anode, une cathode et un caisson
muni d'une paroi latérale et d'un fond, chaque cathode comprenant au moins une sortie
cathodique,
- (ii) un circuit électrique principal parcouru par un courant d'électrolyse, reliant
électriquement les cuves d'électrolyse les unes aux autres,
le courant d'électrolyse parcourant en premier lieu une cuve d'électrolyse N, placée
à l'amont, et en deuxième lieu une cuve d'électrolyse N+1, placée à l'aval,
ledit circuit électrique principal comprenant un conducteur électrique relié à chaque
sortie cathodique de la cuve d'électrolyse N,
le conducteur électrique étant également relié à la au moins une anode de la cuve
d'électrolyse N+1, en vue d'acheminer le courant d'électrolyse de la cuve d'électrolyse
N à la cuve d'électrolyse N+1,
caractérisée en ce que l'aluminerie comprend en outre
- (iii) au moins un circuit électrique secondaire parcouru par un courant électrique,
permettant de compenser le champ magnétique créé par le courant d'électrolyse,
et en ce que
une au moins parmi la ou les sorties cathodiques de la cathode de la cuve d'électrolyse
N traverse le fond du caisson,
chaque conducteur électrique s'étendant depuis chaque sortie cathodique de la cuve
d'électrolyse N en direction de la cuve d'électrolyse N+1 est parcouru lors du fonctionnement
des cuves (2) d'électrolyse N, N+1 par le courant d'électrolyse (I1) dans un sens amont-aval uniquement.
[0009] Ainsi, l'invention permet d'améliorer la stabilité des cuves d'électrolyse dans l'aluminerie,
en agissant à la fois sur les courants horizontaux traversant les cuves et sur le
champ magnétique généré par le courant d'électrolyse et/ou la stabilité cinétique
de la nappe d'aluminium contenu dans les cuves. Elle permet simultanément une réduction
de l'encombrement et de la masse des conducteurs acheminant le courant d'électrolyse
d'une cuve à une autre, et par conséquent une réduction des coûts associés à la conception
et la fabrication de l'aluminerie selon l'invention. Les pertes d'énergies sont en
outre réduites.
[0010] Selon une autre caractéristique de l'aluminerie selon l'invention, les cuves d'électrolyse
sont alignées suivant un axe, et en ce que le conducteur électrique s'étend de manière
sensiblement rectiligne et de manière sensiblement parallèle à l'axe d'alignement
des cuves d'électrolyse.
[0011] Selon une autre caractéristique de l'aluminerie selon l'invention, chaque cathode
comprend en outre au moins une sortie cathodique traversant la paroi latérale avale
du caisson.
[0012] Cette caractéristique présente l'avantage de diminuer davantage l'encombrement et
la masse des conducteurs électriques acheminant le courant d'électrolyse d'une cuve
à une autre. Cette sortie cathodique traverse la paroi latérale du caisson de la cuve
N au niveau de son côté aval, afin de respecter la caractéristique selon laquelle
chaque conducteur électrique s'étend en direction de la cuve N+1, dans un sens amont-aval
uniquement. Du fait de la proximité du côté aval de la cuve N et de la cuve N+1, la
longueur du conducteur électrique reliant cette sortie cathodique à l'anode de la
cuve N+1 est inférieure à celle d'un conducteur électrique reliant une sortie cathodique
par le fond de la cuve N à l'anode de la cuve N+1. Ainsi, ce mode de réalisation présente
l'avantage d'une diminution de l'encombrement et de la longueur des conducteurs électriques
par rapport à un mode de réalisation de l'aluminerie selon l'invention dans lequel
les cuves comportent des sorties cathodiques par le fond uniquement.
[0013] Préférentiellement, chaque sortie cathodique aval traversant la paroi latérale du
caisson de la cuve d'électrolyse N comprend une barre métallique, plus particulièrement
formée d'acier, avec un insert ou une plaque en cuivre.
[0014] Cela permet d'équilibrer la tension au niveau de la sortie cathodique traversant
le fond du caisson par rapport à celle au niveau de la sortie cathodique traversant
la paroi latérale du caisson.
[0015] De manière avantageuse, le caisson de la cuve d'électrolyse N comprend plusieurs
arceaux fixés à la paroi latérale et au fond du caisson, les conducteurs électriques
reliés à chaque sortie cathodique traversant le fond du caisson de la cuve d'électrolyse
N s'étendant entre les arceaux.
[0016] Cette caractéristique présente l'avantage de diminuer l'encombrement des conducteurs
électriques acheminant le courant d'électrolyse d'une cuve à une autre.
[0017] Avantageusement, les cuves d'électrolyse comprennent des moyens de court-circuitage.
[0018] Les moyens de court-circuitage permettent de court-circuiter une cuve d'électrolyse
en vue de la retirer pour des opérations de maintenance, tout en continuant l'exploitation
des autres cuves de la série.
[0019] Avantageusement, les moyens de court-circuitage de la cuve d'électrolyse N+1 comprennent
au moins un conducteur électrique de court-circuitage placé à demeure entre la cuve
d'électrolyse N et la cuve d'électrolyse N+1, chaque conducteur électrique de court-circuitage
étant relié électriquement à un des conducteurs électriques relié à une sortie cathodique
de la cuve traversant le fond du caisson de la cuve d'électrolyse N+1, et chaque conducteur
électrique de court-circuitage étant situé à une faible distance d'un des conducteurs
électriques relié à une des sorties cathodiques de la cuve d'électrolyse N.
[0020] Selon une autre caractéristique de l'aluminerie selon l'invention, les moyens de
court-circuitage de la cuve d'électrolyse N+1 comprennent au moins un conducteur électrique
de court-circuitage placé à demeure entre la cuve d'électrolyse N et la cuve d'électrolyse
N+1, chaque conducteur électrique de court-circuitage étant relié électriquement à
un des conducteurs électriques relié à une sortie cathodique de la cuve traversant
le fond du caisson de la cuve d'électrolyse N, et chaque conducteur électrique de
court-circuitage étant situé à une faible distance d'un des conducteurs électriques
relié à une des sorties cathodiques de la cuve d'électrolyse N+1.
[0021] La faible distance entre le conducteur de court-circuitage et l'autre conducteur
forme des emplacements pour l'introduction de cales de court-circuitage. Ces cales
de court-circuitage peuvent être introduite par le dessus ou par le dessous dans le
deuxième cas.
[0022] Préférentiellement, au moins un circuit électrique secondaire comprend des conducteurs
électriques longeant le côté droit et/ou le côté gauche des cuves d'électrolyse d'au
moins une file de cuves d'électrolyse.
[0023] De manière avantageuse, le au moins un circuit électrique secondaire comprend des
conducteurs électriques s'étendant le long d'au moins une file de cuves d'électrolyse,
sous lesdites cuves d'électrolyse.
[0024] De manière avantageuse, les conducteurs électriques du au moins un circuit électrique
secondaire sont en matériau supraconducteur. Cela permet de diminuer la chute de tension
à laquelle chaque circuit secondaire est soumis, ce qui permet des économies d'énergie
et d'utiliser une sous-station d'alimentation de chaque circuit électrique secondaire
de puissance plus faible, donc moins coûteuse. Cette caractéristique permet également
de réduire les coûts de matière, par rapport à des conducteurs en aluminium ou en
cuivre. Elle permet enfin de diminuer la taille des conducteurs électriques, ce qui
se traduit par un gain de place dans l'aluminerie.
[0025] Selon une autre caractéristique de l'aluminerie selon l'invention, le conducteur
électrique du au moins un circuit électrique secondaire longe au moins deux fois les
cuves d'électrolyse de la ou des files.
[0026] Cette caractéristique offre la possibilité de diminuer l'intensité du courant parcourant
ce circuit secondaire en vue de réaliser des économies d'énergie.
[0027] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description détaillée qui est exposée
ci-dessous en regard des dessins annexés dans lesquels :
- La figure 1 est une vue schématique de dessus d'une cuve d'électrolyse de l'état de
la technique,
- La figure 2 est une vue schématique d'une cuve d'électrolyse appartenant à l'état
de la technique,
- La figure 3 une vue schématique de dessus d'une aluminerie selon un mode particulier
de réalisation de la présente invention,
- La figure 4 est une vue schématique d'une cuve N et d'une cuve N+1 d'une aluminerie
selon un mode particulier de réalisation de l'invention,
- Les figures 5 et 6 sont des vues en coupe selon respectivement les lignes I-I et II-II
de la figure 4,
- La figure 7 est une vue schématique d'une cuve d'électrolyse selon le mode de réalisation
de la figure 4,
- La figure 8 est une vue schématique de dessus de la cuve N et de la cuve N+1 d'une
aluminerie selon le mode particulier de réalisation de la figure 4,
- La figure 9 est une vue en coupe selon la ligne III-III de la figure 8,
- La figure 10 est une vue schématique d'une cuve N et d'une cuve N+1 d'une aluminerie
selon un autre mode particulier de réalisation de l'invention,
- Les figures 11 et 12 sont des vues en coupe selon respectivement les lignes IV-IV
et V-V de la figure 10,
- La figure 13 est une vue schématique de dessus de la cuve N et de la cuve N+1 d'une
aluminerie selon le deuxième mode particulier de réalisation de l'invention,
- La figure 14 est une vue en coupe selon la ligne VI-VI de la figure 13
- Les figures 15 et 16 sont des vues schématiques de dessus d'une aluminerie 1 selon
des modes particuliers de réalisation de l'invention,
- Les figures 17, 18 et 19 sont des vues schématiques de profil de cathodes crénelées
pouvant équiper une cuve d'une aluminerie,
- La figure 20 est une vue schématique de face d'un bloc cathodique crénelé pouvant
équiper une cuve d'une aluminerie,
- La figure 21 est une vue schématique de dessus d'un bloc cathodique crénelé pouvant
équiper une cuve d'une aluminerie.
[0028] La figure 3 montre une aluminerie 1 comprenant une pluralité de cuves 2 d'électrolyse.
Les cuves 2 d'électrolyse peuvent être par exemple rectangulaires. Elles présentent
alors deux grands côtés 2a correspondant à leur longueur et deux petits côtés 2b correspondant
à leur largeur.
[0029] Les petits côtés 2b de chaque cuve 2 peuvent être divisés en un côté gauche et un
côté droit. Côté gauche et côté droit sont définis par rapport à un observateur placé
au niveau du circuit électrique principal 4 et regardant dans le sens global d'acheminement
du courant d'électrolyse I
1.
[0030] Les grands côtés 2a de chaque cuve 2 peuvent être divisés en un côté amont et un
côté aval. Le côté amont correspond au grand côté 2a d'une cuve 2 adjacent à la cuve
2 précédente, c'est-à-dire celle parcourue d'abord par le courant d'électrolyse I
1. Le côté aval correspond au grand côté 2a d'une cuve 2 adjacent à la cuve 2 suivante,
c'est-à-dire celle parcourue ensuite par le courant d'électrolyse I
1. D'une manière plus générale, amont et aval sont définis par rapport au sens global
de circulation du courant d'électrolyse I
1.
[0031] Dans l'exemple de la figure 3, les cuves 2 sont alignées suivant deux axes parallèles,
de manière à former une file F et une file F'. Chaque file F, F' peut comporter par
exemple une centaine de cuves 2. Les files F et F' sont connectées électriquement
en série l'une à l'autre. Les cuves 2 sont reliées électriquement en série les unes
aux autres. Une série de cuves 2, pouvant contenir plusieurs files F, F', est reliée
à ses extrémités à une sous-station d'alimentation 3. Le courant d'électrolyse I
1 parcourt les cuves 2 les unes après les autres, définissant un circuit électrique
principal 4.
[0032] Dans le mode de réalisation de la figure 3, les cuves 2 d'électrolyse sont agencées
de sorte que leurs grands côtés 2a soient perpendiculaires à leur axe d'alignement.
[0033] Comme cela est visible sur la figure 3, l'aluminerie 1 comprend deux circuits électriques
secondaires 5 et 6 distincts du circuit électrique principal 4.
[0034] Les circuits électriques secondaires 5 et 6 sont respectivement parcourus par des
courants électriques I
2 et I
3. La valeur de l'intensité des courants électriques I
2 et I
3, est comprise entre 20% et 100% de celle de l'intensité du courant d'électrolyse
I
1 et de préférence entre 40% et 70%, et plus particulièrement encore de l'ordre de
la moitié. Le sens d'acheminement des courants électriques I
2 et I
3 est avantageusement le même que le sens d'acheminement du courant d'électrolyse I
1. Les circuits électriques secondaires 5 et 6 peuvent chacun être reliés à une sous-station
d'alimentation respective 20 et 21, distincte de la sous-station d'alimentation 3,
comme cela est visible par exemple sur la figure 15 ou sur la figure 16.
[0035] Les circuits électriques secondaires 5 et 6 sont formés par des conducteurs électriques
disposés parallèlement aux axes d'alignement des cuves 2. Ils longent les côtés droits
et gauches des cuves 2 d'électrolyse de chaque file F, F' de la série. Les circuits
électriques secondaires 5 et 6 peuvent également passer en tout ou partie sous les
cuves 2 d'électrolyse.
[0036] Afin de stabiliser les liquides contenus dans les cuves 2 d'électrolyse, il est possible
d'utiliser, de manière alternative ou complémentaire à l'utilisation des circuits
électriques secondaires 5 et 6, un ou plusieurs blocs cathodiques 8 présentant une
face supérieure crénelée, comme cela est visible sur les figures 17 à 21. La face
supérieure de ces blocs cathodiques 8 comprend au moins un canal 8a s'étendant longitudinalement
sur une partie au moins de la longueur des blocs cathodiques 8. En fonctionnement,
la surface supérieure des crénaux est recouverte par la nappe d'aluminium et les canaux
8a sont donc occupés par la nappe 11 d'aluminium qui se forme au cours de la réaction
d'électrolyse. La hauteur de la nappe d'aluminium au dessus de la surface supérieure
des créneaux est notamment comprise entre 3 et 20 cm. Ainsi, les créneaux et canaux
8a permettent de limiter les mouvements de la nappe 11 d'aluminium pendant la réaction
d'électrolyse et contribuent ainsi à la stabilité et à un meilleur rendement des cuves
2 d'électrolyse.
[0037] Chaque cuve 2 d'électrolyse peut contenir une pluralité de blocs cathodiques 8 placés
les uns à côté des autres. Au lieu de canaux 8a sur la face supérieure d'une ou plusieurs
de ces blocs cathodiques 8, il est possible de prévoir une face supérieure inclinée,
de sorte que les blocs cathodiques 8 placées les uns à côté des autres forment des
canaux 8b, comme cela est représenté schématiquement sur la figure 19.
[0038] De tels blocs cathodiques à face supérieure crénelée sont notamment connus du document
de brevet
US5683559.
[0039] La face supérieure de ces blocs cathodiques 8 pourvus de canaux 8a longitudinaux
peut également comporter un canal central 8c transversal, s'étendant au moins partiellement
sur la largeur des blocs cathodiques 8. Le canal central 8c croise ainsi le ou les
canaux 8a s'étendant au moins partiellement sur la longueur des blocs cathodiques
8. Dans l'exemple des figures 20 et 21, le bloc cathodique 8 comprend sur sa face
supérieure un canal central 8c disposé perpendiculairement aux canaux 8a s'étendant
de manière sensiblement parallèle à la longueur du bloc cathodique 8.
[0040] Classiquement, comme cela est visible sur la figure 4, une cuve 2 d'électrolyse comprend
un caisson 7 métallique, par exemple en acier. Le caisson 7 métallique présente une
paroi latérale 7a et un fond 7b. Il est garni intérieurement par des matériaux réfractaires
(non visibles). La cuve 2 d'électrolyse comporte également une cathode formée de blocs
cathodiques 8 en matériau carboné et des anodes 9 en matériau carboné également. Les
anodes 9 sont destinées à être consommées au fur et à mesure de la réaction d'électrolyse
dans un bain électrolytique 13 comportant notamment de la cryolithe et de l'alumine.
Les anodes 9 sont reliées à une structure porteuse par des tiges 10. Au cours de la
réaction d'électrolyse, une nappe 11 d'aluminium liquide se forme. La cathode comprend
des sorties cathodiques 12 traversant le caisson 7. Les sorties cathodiques 12 sont
formées par exemple par des barres métalliques fixées sur les blocs cathodiques 8.
Les sorties cathodiques 12 sont elles-mêmes reliées à des conducteurs électriques
14 permettant d'acheminer le courant d'électrolyse I
1 depuis les sorties cathodiques 12 d'une cuve N (celle de gauche sur la figure 4)
vers les anodes 9 d'une cuve N+1 (celle de droite sur la figure 4).
[0041] Le courant d'électrolyse I
1 traverse d'abord l'anode 9 de la cuve N, puis le bain électrolytique 13, la nappe
11 d'aluminium liquide, la cathode, les sorties cathodiques 12 et les conducteurs
électriques 14 qui l'acheminent ensuite vers l'anode 9 de la cuve suivante N+1.
[0042] Comme cela est représenté à la figure 4, qui illustre un mode particulier de réalisation
de la présente invention, les sorties cathodiques 12 traversent avantageusement le
fond 7b du caisson 7. Cela permet de réduire les courants électriques horizontaux
en vue d'améliorer le rendement des cuves 2. En effet, pour une même masse d'acier
utilisée pour la partie horizontale sous les anodes de la sortie cathodique, la densité
de courant globale est diminuée et donc la chute de potentiel. Aussi, les lignes de
courant tendent à s'étendre de façon sensiblement rectiligne, et donc verticalement
dans la nappe d'aluminium comme naturellement entre les anodes et les conducteurs
électriques. La figure 7 montre à cet effet les lignes de courant parcourant une cuve
2 d'électrolyse. On remarque que les courants électriques horizontaux, en particulier
dans la nappe 11 d'aluminium liquide, sont sensiblement réduits par rapport à ceux
de la figure 2.
[0043] Un autre point remarquable est que les conducteurs électriques 14 s'étendent de manière
rectiligne et parallèle à l'axe d'alignement des cuves 2 d'électrolyse depuis les
sorties cathodiques 12 de la cuve N en direction de la cuve N+1 de sorte à être parcouru
lors du fonctionnement des cuves 2 d'électrolyse N, N+1 par le courant d'électrolyse
uniquement dans un sens amont-aval. Le sens amont-aval correspond au sens global de
circulation du courant d'électrolyse I
1. Ainsi, un observateur placé au niveau d'une cuve 2 d'électrolyse N et se déplaçant
dans le sens amont-aval ne peut que se diriger que vers la cuve N+1. En particulier,
pour atteindre la cuve N+1, cet observateur ne peut rebrousser chemin, même partiellement,
en direction de la cuve N-1.
[0044] De plus, les conducteurs électriques 14 reliés aux sorties cathodiques 12 traversant
le fond 7b du caisson 7 ne s'étendent pas sous la totalité de la largeur du caisson
7 de la cuve N; il n'y a aucune traversée complète d'une cuve 2 d'électrolyse sous
son caisson 7 ou sur les côtés du caisson par un conducteur électrique 14. En particulier,
ils ne traversent pas le plan contenant la paroi latérale amont du caisson 7 de la
cuve N.
[0045] L'extension rectiligne uniquement vers l'aval parallèlement à l'axe d'alignement
des cuves 2 d'électrolyse constitue le trajet électrique le plus court pouvant relier
une sortie cathodique de la cuve N, traversant le fond 7b du caisson 7 de cette cuve
N, jusqu'à l'anode 9 de la cuve N+1 suivante. En effet, comme cela a été précédemment
mentionné, le courant d'électrolyse I
1 parcourant la cuve N traverse les sorties cathodiques 12 puis les conducteurs électriques
14 reliés aux sorties cathodiques 12. Le courant d'électrolyse I
1 en parcourant les conducteurs électriques 14 est acheminé en ligne droite parallèlement
à l'axe d'alignement des cuves 2 en direction de la cuve N+1 suivante. Cela permet
notamment de faire des économies d'énergie.
[0046] De plus, cette disposition permet de limiter l'encombrement à proximité des cuves
2 d'électrolyse. Il devient alors possible de réduire l'entraxe séparant deux cuves
2 adjacentes afin d'augmenter la place disponible dans l'aluminerie 1, par exemple
pour ajouter des cuves 2 d'électrolyse supplémentaires ou diminuer la taille des bâtiments.
[0047] En outre, le fait d'utiliser des conducteurs électriques 14 s'étendant de manière
rectiligne d'une cuve à l'autre parallèlement à l'axe d'alignement des cuves 2 simplifie
la structure de ces conducteurs électriques 14. Leur modularité rend leur fabrication
plus économique.
[0048] Il est à noter que cette disposition particulière est rendue possible notamment par
l'existence du premier circuit électrique secondaire 5 et du deuxième circuit électrique
secondaire 6 qui compensent les effets du champ magnétique créé par le courant d'électrolyse
I
1, ou celle de la cathode à face supérieure crénelée qui stabilise les mouvements de
la nappe 11 d'aluminium liquide. Il n'est en effet pas nécessaire de configurer les
conducteurs électriques 14 de manière à obtenir une auto-compensation des effets de
ce champ magnétique à l'échelle de chaque cuve 2 d'électrolyse.
[0049] Les figures 5 et 6 montrent une vue en coupe d'une cuve 2 d'électrolyse selon un
mode de réalisation de l'invention, respectivement selon la ligne I-I et la ligne
II-II de la figure 4. Il est possible de voir que le caisson 7 d'une cuve 2 est soutenu
par une pluralité d'arceaux 15. Les arceaux 15 sont disposés autour du caisson 7.
Les arceaux 15 sont fixés contre la paroi latérale 7a et le fond 7b du caisson 7.
Ils sont disposés parallèlement les uns par rapport aux autres. Un espace, délimité
entre deux arceaux 15 consécutifs, est avantageusement occupé par les conducteurs
électriques 14. On remarquera que les conducteurs électriques 14 peuvent raccorder
les sorties cathodiques 12 par paires.
[0050] La figure 8 montre schématiquement le dessus d'une cuve N (à gauche sur la figure
8), placée en amont, et d'une cuve N+1 (à droite sur la figure 8), placée en aval,
selon le mode de réalisation de la figure 4. La figure 9 montre une vue en coupe selon
la ligne III-III de la figure 8. Les circuits électriques secondaires 5 et 6, disposés
parallèlement aux petits côtés 2b des cuves 2 d'électrolyse, sont visibles. On remarquera
également sous le caisson 7, les conducteurs électriques 14 qui s'étendent en ligne
droite en direction de la cuve N+1. On remarquera également les arceaux 15 fixés sur
la paroi latérale 7b du caisson 7 de la cuve N et entre lesquels s'étendent les conducteurs
électriques 14. Les sorties cathodiques 12 peuvent être alignées selon un axe parallèle
aux grands côtés 2a de la cuve 2 d'électrolyse, comme cela est visible en pointillés
sur la figure 8.
[0051] La figure 10 illustre de façon schématique un autre mode particulier de réalisation
d'une aluminerie 1 selon la présente invention. Les figures 11 et 12 montrent une
vue en coupe respectivement selon les lignes IV-IV et V-V de la figure 10. Dans ce
mode de réalisation, les cuves 2 d'électrolyse présentent des premières sorties cathodiques
12 traversant le fond 7b du caisson 7, tandis que des deuxièmes sorties cathodiques
12, situées à l'aval des premières sorties cathodiques 12, traversent la paroi latérale
7a aval du caisson 7. Les cuves 2 d'électrolyse de l'aluminerie 1 selon ce deuxième
mode de réalisation présentent ainsi des sorties cathodiques 12 « mixtes », car traversant
le fond 7b et la paroi latérale 7a.
[0052] Cette disposition permet de faire davantage d'économies de matière, en raison de
la diminution de la longueur, donc de la masse, des conducteurs électriques 14.
[0053] Avantageusement, les deuxièmes sorties cathodiques 12 traversant la paroi latérale
7a peuvent comporter un élément en un matériau meilleur conducteur électrique que
l'acier, notamment en cuivre, sous la forme par exemple d'une plaque 16 ou d'un insert.
La plaque 16 en cuivre disposée sur une barre en acier permet, par sa conductivité
électrique élevée, de rééquilibrer les tensions au niveau des premières sorties cathodiques
12, traversant le fond 7b, et les deuxièmes sorties cathodiques 12, traversant la
paroi latérale 7a, et de limiter ainsi les courants électriques horizontaux dans la
nappe d'aluminium.
[0054] La figure 13 montre de façon schématique le dessus d'une cuve N, placée en amont
(celle de gauche sur la figure 13), et d'une cuve N+1, placée en aval (celle de droite
sur la figure 13), d'une aluminerie 1 selon le mode de réalisation présenté à la figure
10. La figure 14 est une vue en coupe selon la ligne VI-VI de la figure 13. Comme
dans le mode de réalisation présenté à la figure 4, les conducteurs électriques 14
s'étendent entre les arceaux 15. De plus, ils s'étendent de manière rectiligne et
sont parcourus lors du fonctionnement des cuves 2 d'électrolyse N, N+1 par le courant
d'électrolyse uniquement en direction de la cuve N+1 située en aval de la cuve N,
depuis les sorties cathodiques 12 traversant le fond 7b du caisson de la cuve N, afin
de permettre l'acheminement du courant d'électrolyse I
1 des sorties cathodiques 12 de la cuve N vers l'anode 9 de la cuve N+1.
[0055] Comme dans le mode de réalisation présenté à la figure 4, les circuits électriques
secondaires 5 et 6 sont parallèles à l'axe d'alignement des cuves 2.
[0056] L'aluminerie 1 peut aussi comprendre avantageusement des moyens de court-circuitage
de chaque cuve 2. Ces moyens de court-circuitage peuvent comprendre des conducteurs
électriques 17 de court-circuitage, visibles sur les figures 4, 8, 10 et 13. Les conducteurs
électriques 17 de court-circuitage sont disposés entre deux cuves 2 d'électrolyse
successives. Sur les figures 4, 8, 10 et 13, les conducteurs électriques 17 sont placés
au contact des conducteurs électriques 14 reliés aux sorties cathodiques 12 traversant
le fond 7b du caisson 7 de la cuve N+1, et à distance des conducteurs électriques
14 reliés aux sorties cathodiques 12 de la cuve N, de telle manière qu'un court espace
sépare les conducteurs électriques 17 de court-circuitage des conducteurs électriques
14 reliés aux sorties cathodiques 12 de la cuve N, comme cela est notamment visible
sur la figure 10.
[0057] Les conducteurs électriques 17 de court-circuitage sont destinés à court-circuiter
une cuve N+1, par exemple pour enlever cette dernière pour des opérations de maintenance.
La distance entre les conducteurs électriques 17 de court-circuitage et les conducteurs
électriques 14 reliés aux sorties cathodiques 12 de la cuve N est alors comblée par
une cale en un élément conducteur (non représenté) de manière à conduire le courant
d'électrolyse I
1 de la cuve N à la cuve N+2 via cette cale, les conducteurs électriques 17 de court-circuitage
et les conducteurs électriques 14 normalement disposés sous la cuve N+1 (c'est-à-dire
les conducteurs électriques 14 reliés aux sorties cathodiques 12 traversant le fond
7b du caisson 7 de la cuve N+1 lorsque celle-ci est en place).
[0058] Il est également possible de prévoir des conducteurs électriques 17 de court-circuitage
placés au contact des conducteurs électriques 14 reliés aux sorties cathodiques 12
de la cuve N et à distance des conducteurs électriques 14 reliés aux sorties cathodiques
12 de la cuve N+1 traversant le fond 7a du caisson 7.
[0059] Les conducteurs électriques 17 de court-circuitage peuvent être en aluminium. Etant
donné qu'ils ne sont parcourus qu'occasionnellement lors de court-circuitage par le
courant d'électrolyse I
1 (pour des opérations de maintenance d'une cuve 2, soit à intervalles de plusieurs
années), ils peuvent être dimensionnés pour travailler à la plus haute densité de
courant admissible, ce qui permet de limiter leur masse.
[0060] Enfin, il est à noter que, de manière avantageuse, les conducteurs électriques formant
les circuits électriques secondaires 5 et/ou 6 peuvent être en matériau supraconducteur.
[0061] Ces matériaux supraconducteurs peuvent par exemple comporter du BiSrCaCuO, du YaBaCuO,
des matériaux connus des demandes de brevet
WO2008011184,
US20090247412 ou encore d'autres matériaux connus pour leurs propriétés supraconductrices.
[0062] Les matériaux supraconducteurs sont utilisés pour transporter du courant avec peu
ou pas de perte par génération de chaleur par effet Joule, car leur résistivité est
nulle lorsqu'ils sont maintenus en-dessous de leur température critique.
[0063] A titre d'exemple, un câble supraconducteur comprend une âme centrale en cuivre ou
en aluminium, des rubans ou des fibres en matériau supraconducteur, et une enveloppe
cryogénique. L'enveloppe cryogénique peut être formée par une gaine contenant un fluide
de refroidissement, par exemple de l'azote liquide. Le fluide de refroidissement permet
de maintenir la température des matériaux supraconducteurs à une température inférieure
à leur température critique, par exemple inférieure à 100 K (Kelvin), ou comprise
entre 4 K et 80 K.
[0064] L'utilisation de conducteurs électriques en matériau supraconducteur pour former
les circuits électriques secondaires 5 et 6 est particulièrement intéressante du fait
de leur longueur, de l'ordre de deux kilomètres. L'utilisation de conducteurs électriques
en matériau supraconducteur nécessite une tension moindre par rapport à celle nécessitée
par des conducteurs électriques en aluminium ou en cuivre. Ainsi, il est possible
de diminuer la tension de 30 V à 1 V. Cela représente une réduction de la consommation
d'énergie de l'ordre de 75 % à 99 % par rapport à des conducteurs électriques en aluminium.
De plus, le coût des sous-stations d'alimentation 20 et 21, respectivement du circuit
électrique secondaire 5 et du circuit électrique secondaire 6, est réduit en conséquence.
[0065] Les conducteurs électriques des circuits électriques secondaires 5 et 6 peuvent longer
avantageusement au moins deux fois une file F de cuves 2 d'électrolyse.
[0066] Le faible encombrement des conducteurs électriques en matériau supraconducteur par
rapport à des conducteurs électriques en aluminium ou en cuivre (section jusqu'à 150
fois plus faible que la section d'un conducteur en cuivre pour une intensité égale,
et davantage encore par rapport à un conducteur en aluminium) facilite en effet la
réalisation de plusieurs tours en série dans les boucles formées par les circuits
électriques secondaires 5 et 6.
[0067] De plus, il est possible de contenir le conducteur électrique d'un circuit à l'intérieur
d'une unique gaine de refroidissement quelque soit le nombre de tours réalisés par
ce même conducteur. A un endroit donné, la gaine peut donc contenir plusieurs passages
du même conducteur électrique en matériau supraconducteur.
[0068] Le fait que la boucle formée par les circuits électriques secondaires 5 et 6 comprennent
plusieurs tours en série permet de diviser (autant de fois que le nombre de tours
réalisés) l'intensité du courant électrique I
2, I
3 traversant respectivement le circuit électrique secondaire 5 et le circuit électrique
secondaire 6. La réduction de la valeur de cette intensité permet de diminuer les
pertes d'énergie par effet Joule au niveau des jonctions entre les conducteurs électriques
en matériau supraconducteur et les pôles des sous-stations d'alimentation. La diminution
de l'intensité globale avec des conducteurs électriques en matériau supraconducteur
permet de diminuer la taille des sous-stations d'alimentation 20 et 21. Par exemple,
la sous-station d'alimentation 20 ou 21 du circuit électrique secondaire 5 ou du circuit
électrique secondaire 6 comprenant un conducteur électrique en matériau supraconducteur
peut délivrer un courant d'intensité de l'ordre de 5 kA à 40 kA. Cela permet ainsi
d'utiliser des équipements couramment vendus dans le commerce et donc peu onéreux.
[0069] Il est à noter que les conducteurs électriques en matériau supraconducteur peuvent
être disposés sous les cuves 2 d'électrolyse.
[0070] Ainsi, l'aluminerie 1 selon l'invention présente un ensemble de caractéristiques
dont la combinaison concourt par un effet de synergie à la réduction des coûts de
conception, fabrication et d'exploitation de cette aluminerie 1, et l'augmentation
de son rendement.
[0071] Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits
ci-dessus, ces modes de réalisation n'ayant été donnés qu'à titre d'exemples. Des
modifications restent possibles, notamment du point de vue de la constitution des
divers éléments ou par la substitution d'équivalents techniques, sans pour autant
sortir du domaine de protection de l'invention conféré par l'objet des revendications.
1. Aluminerie (1) comprenant :
(i) une série de cuves (2) d'électrolyse, destinées à la production d'aluminium selon
le procédé de Hall-Héroult,
chaque cuve (2) d'électrolyse comprenant au moins une anode (9), une cathode (8) et
un caisson (7) muni d'une paroi latérale (7a) et d'un fond (7b), chaque cathode (8)
comprenant au moins une sortie cathodique (12),
(ii) un circuit électrique principal (4) parcouru par un courant d'électrolyse (I1), reliant électriquement les cuves (2) d'électrolyse les unes aux autres,
le courant d'électrolyse (I1) parcourant en premier lieu une cuve (2) d'électrolyse N, placée à l'amont, et en
deuxième lieu une cuve (2) d'électrolyse N+1, placée à l'aval,
ledit circuit électrique principal (4) comprenant un conducteur électrique (14) relié
à chaque sortie cathodique (12) de la cuve (2) d'électrolyse N,
le conducteur électrique (14) étant également relié à la au moins une anode (9) de
la cuve (2) d'électrolyse N+1, en vue d'acheminer le courant d'électrolyse (I1) de la cuve (2) d'électrolyse N à la cuve (2) d'électrolyse N+1,
caractérisée en ce que l'aluminerie (1) comprend en outre
(iii) au moins un circuit électrique secondaire (5, 6) parcouru par un courant électrique
(I2, I3), permettant de compenser le champ magnétique créé par le courant d'électrolyse (I1),
et en ce que
une au moins parmi la ou les sorties cathodiques (12) de la cathode (8) de la cuve
(2) d'électrolyse N traverse le fond (7b) du caisson (7),
chaque conducteur électrique (14) s'étendant depuis chaque sortie cathodique (12)
de la cuve (2) d'électrolyse N en direction de la cuve (2) d'électrolyse N+1 est parcouru
lors du fonctionnement des cuves (2) d'électrolyse N, N+1 par le courant d'électrolyse
(I1) dans un sens amont-aval uniquement.
2. Aluminerie (1) selon la revendication 1, caractérisée en ce que les cuves (2) d'électrolyse sont alignées suivant un axe, et en ce que le conducteur électrique (14) s'étend de manière sensiblement rectiligne et de manière
sensiblement parallèle à l'axe d'alignement des cuves (2) d'électrolyse.
3. Aluminerie (1) selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisée en ce que chaque cathode (8) comprend en outre au moins une sortie cathodique (12) traversant
la paroi latérale (7a) aval du caisson (7).
4. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que chaque sortie cathodique aval (12) traversant la paroi latérale (7a) du caisson (7)
de la cuve (2) d'électrolyse N comprend une barre métallique, plus particulièrement
formée d'acier, avec un insert ou une plaque (16) en cuivre.
5. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que le caisson (7) de la cuve (2) d'électrolyse N comprend plusieurs arceaux (15) fixés
à la paroi latérale (7a) et au fond (7b) du caisson (7), les conducteurs électriques
(14) reliés à chaque sortie cathodique (12) traversant le fond (7b) du caisson (7)
de la cuve (2) d'électrolyse N s'étendant entre les arceaux (15).
6. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que les cuves (2) d'électrolyse comprennent des moyens de court-circuitage.
7. Aluminerie (1) selon la revendication 6, caractérisée en ce que les moyens de court-circuitage de la cuve (2) d'électrolyse N+1 comprennent au moins
un conducteur électrique (17) de court-circuitage placé à demeure entre la cuve (2)
d'électrolyse N et la cuve (2) d'électrolyse N+1, chaque conducteur électrique (17)
de court-circuitage étant relié électriquement à un des conducteurs électriques (14)
relié à une sortie cathodique (12) de la cuve (2) traversant le fond (7b) du caisson
(7) de la cuve (2) d'électrolyse N+1, et chaque conducteur électrique (17) de court-circuitage
étant situé à une faible distance d'un des conducteurs électriques (14) relié à une
des sorties cathodiques (12) de la cuve (2) d'électrolyse N.
8. Aluminerie (1) selon la revendication 6, caractérisée en ce que les moyens de court-circuitage de la cuve (2) d'électrolyse N+1 comprennent au moins
un conducteur électrique (17) de court-circuitage placé à demeure entre la cuve (2)
d'électrolyse N et la cuve (2) d'électrolyse N+1, chaque conducteur électrique (17)
de court-circuitage étant relié électriquement à un des conducteurs électriques (14)
relié à une sortie cathodique (12) de la cuve (2) traversant le fond (7b) du caisson
(7) de la cuve (2) d'électrolyse N, et chaque conducteur électrique (17) de court-circuitage
étant situé à une faible distance d'un des conducteurs électriques (14) relié à une
des sorties cathodiques (12) de la cuve (2) d'électrolyse N+1.
9. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisée en ce que le au moins un circuit électrique secondaire (5, 6) comprend des conducteurs électriques
longeant le côté droit et/ou le côté gauche des cuves (2) d'électrolyse d'au moins
une file (F, F') de cuves (2) d'électrolyse.
10. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisée en ce que le au moins un circuit électrique secondaire (5, 6) comprend des conducteurs électriques
s'étendant le long d'au moins une file (F, F') de cuves (2) d'électrolyse, sous lesdites
cuves (2) d'électrolyse.
11. Aluminerie (1) selon l'une des revendications 9 à 10, caractérisée en ce que les conducteurs électriques du au moins un circuit électrique secondaire (5, 6) sont
en matériau supraconducteur.
12. Aluminerie (1) selon la revendication 11, caractérisée en ce que le conducteur électrique du au moins un circuit électrique secondaire (5, 6) longe
au moins deux fois les cuves (2) d'électrolyse de la ou des files (F, F').
1. Aluminiumschmelzanlage (1) bestehend aus:
(i) einer Reihe Elektrolysezellen (2) für die Produktion von Aluminium nach dem Hall-Heroult-Verfahren,
wobei jede Zelle (2) aus mindestens einer Anode (9), einer Kathode (8) und einer Kammer
(7) mit Seitenwand (7a) und Boden (7b) besteht und jede Kathode (8) mindestens einen
Kathodenausgang (12) hat,
(ii) einem Hauptstromkreis (4), durch den Elektrolysestrom (I1) fließt, der die Zellen (2) elektrisch verbindet,
wobei der Elektrolysestrom (I1) zuerst durch eine vorgelagerte Zelle N (2) und dann durch eine nachgelagerte Zelle
N+1 (2) fließt,
wobei dieser Hauptstromkreis (4) einen elektrischen Leiter (14) hat, der mit jedem
Kathodenausgang (12) der Zelle N (2) verbunden ist,
wobei der elektrische Leiter (14) auch mit mindestens einer Anode (9) der Zelle N+1
(2) verbunden ist, um den Elektrolysestrom (I1) von der Zelle N (2) zur Zelle N+1 (2) zu leiten,
ist dadurch gekennzeichnet, dass die Aluminiumschmelzanlage (1) außerdem
(iii) mindestens einen Nebenstromkreis (5, 6) hat, der von einem elektrische Strom
(I2, I3) durchflossen wird und somit das durch den Elektrolysestrom (I1) erzeugte magnetische Feld kompensiert,
und dadurch, dass
mindestens einer der Kathodenausgänge (12) der Kathode (8) der Zelle N (2) durch den
Boden (7b) der Kammer (7) geführt wird,
wobei jeder elektrische Leiter (14) von jedem Kathodenausgang (12) der Zelle N (2)
in Richtung der Zelle N+1 (2) verläuft und während des Betriebs der Zellen N und N+1
(2) nur in Richtung von vorgelagert zu nachgelagert vom Elektrolysestrom (I1) durchflossen wird.
2. Aluminiumschmelzanlage (1) nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Zellen (2) entlang einer Achse ausgerichtet sind und dass der elektrische Leiter
(14) im Wesentlichen geradlinig und parallel zur Ausrichtungsachse der Zellen (2)
verläuft.
3. Aluminiumschmelzanlage (1) nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass jede Kathode (8) außerdem mindestens einen Kathodenausgang (12) hat, der durch die
Seitenwand (7a) der nachgelagerten Kammer (7) geführt wird.
4. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass jeder nachgelagerte Kathodenausgang (12), der durch die Seitenwand (7a) der Kammer
(7) der Zelle N (2) geführt wird, einen Metallstab hat, genauer gesagt, einen Stahlstab
mit Einsatz oder Platte (16) aus Kupfer.
5. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Kammer (7) der Zelle N (2) mehrere Bögen (15) hat, die an der Seitenwand (7a)
und am Boden (7b) der Kammer (7) angebracht sind, wobei die elektrischen Leiter (14)
mit jedem Kathodenausgang (12), der durch den Boden (7b) der Kammer (7) der Zelle
N (2) geführt wird, verbunden sind und zwischen den Bögen (15) verlaufen.
6. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass die Zellen (2) mit Kurzschlussvorrichtungen ausgestattet sind.
7. Aluminiumschmelzanlage (1) nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Kurzschlussvorrichtungen der Zelle N+1 (2) mindestens einen elektrischen Leiter
(17) für den Kurzschluss hat, der dauerhaft zwischen Zelle N (2) und N+1 (2) angebracht
ist, wobei jeder elektrische Leiter (17) für den Kurzschluss elektrisch mit einem
elektrischen Leiter (14) verbunden ist, der seinerseits mit einem Kathodenausgang
(12) der Zelle (2), welcher durch den Boden (7b) der Kammer (7) der Zelle N+1 (2)
geführt wird, verbunden ist, und wobei sich jeder elektrische Leiter (17) für den
Kurzschluss in der Nähe eines der elektrischen Leiter (14), der mit einem der Kathodenausgang
(12) der Zelle N (2) verbunden ist, befindet.
8. Aluminiumschmelzanlage (1) nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Kurzschlussvorrichtung der Zelle N+1 (2) mindestens einen elektrischen Leiter
(17) für den Kurzschluss hat, der dauerhaft zwischen Zelle N (2) und N+1 (2) angebracht
ist, wobei jeder elektrische Leiter (17) für den Kurzschluss elektrisch mit einem
elektrischen Leiter (14) verbunden ist, der seinerseits mit einem Kathodenausgang
(12) der Zelle (2), welcher durch den Boden (7b) der Kammer (7) der Zelle N (2) geführt
wird, verbunden ist, und wobei sich jeder elektrische Leiter (17) für den Kurzschluss
in der Nähe eines der elektrischen Leiter (14), der mit einem der Kathodenausgang
(12) der Zelle N+1 (2) verbunden ist, befindet.
9. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, dass mindestens ein Nebenstromkreis (5, 6) elektrische Leiter hat, die an der rechten
und/oder linken Seite der Zellen (2) mindestens einer der Reihe (F, F'), die aus den
Zellen (2) gebildet wird, entlang geführt werden.
10. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 9, dadurch gekennzeichnet, dass mindestens ein Nebenstromkreis (5, 6) elektrische Leiter hat, die an mindestens einer
Reihe (F, F'), die aus den Zellen (2) gebildet wird, entlang geführt werden.
11. Aluminiumschmelzanlage (1) nach einem der Ansprüche 9 bis 10, dadurch gekennzeichnet, dass die elektrischen Leiter von mindestens einem Nebenstromkreis (5, 6) aus supraleitendem
Material bestehen.
12. Aluminiumschmelzanlage (1) nach Anspruch 11, dadurch gekennzeichnet, dass der elektrische Leiter von mindestens einem Nebenstromkreis (5, 6) mindestens zweimal
entlang der Zellen (2) der Reihe(n) (F, F') geführt werden.
1. An aluminum smelter (1) comprising:
(i) a series of electrolytic cells (2), designed for the production of aluminum according
to the Hall-Heroult process,
each electrolytic cell (2) comprising at least one anode (9), a cathode (8) and a
pot shell (7) provided with a side wall (7a) and a bottom (7b), each cathode (8) comprising
at least one cathode output (12),
(ii) a main electric circuit (4) through which electrolysis current passes (I1) passes, electrically connecting the electrolytic cells (2) together,
the electrolysis current (I1) initially passing through an electrolytic cell N (2), placed upstream, and secondly
through an electrolytic cell N+1 (2), placed downstream,
said main electric circuit (4) comprising an electrical conductor (14) connected to
each cathode output (12) of the electrolytic cell N (2),
the electrical conductor (14) also being connected to at least one anode (9) of the
electrolytic cell N+1 (2), in order to convey the electrolysis current (I1) from electrolytic cell N (2) to electrolytic cell N+1 (2),
characterized in that the aluminum smelter (1) further comprises
(iii) at least one secondary electric circuit (5, 6) through which an electric current
(I2, I3) passes, so as to compensate the magnetic field created by the electrolysis current
(I1),
and such that
at least one of the cathode outputs (12) of the cathode (8) of the electrolytic cell
N (2) passes through the bottom (7b) of the pot shell (7),
during the operation of the electrolytic cells N, N+1 (2), the electrolysis current
(I1) passes, in an upstream-downstream direction only, through each electrical conductor
(14) extending from each cathode output (12) of the electrolytic cell N (2) in the
direction of the electrolytic cell N+1 (2).
2. The aluminum smelter (1) according to claim 1, characterized in that the electrolytic cells (2) are aligned along an axis, and in that the electrical conductor (14) extends in a substantially rectilinear manner and in
a manner substantially parallel to the axis of alignment of the electrolytic cells
(2).
3. The aluminum smelter (1) according to claim 1 or claim 2, characterized in that each cathode (8) further comprises at least one cathode output (12) passing through
the downstream side wall (7a) of the pot shell (7).
4. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 1 to 3, characterized in that each downstream cathode output (12) passing through the side wall (7a) of the pot
shell (7) of the electrolytic cell N (2) comprises a metal bar, more particularly
made of steel, with a copper insert or plate (16).
5. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 1 to 4, characterized in that the pot shell (7) of the electrolytic cell N (2) comprises several arches (15) secured
to the side wall (7a) and to the bottom (7b) of the pot shell (7), the electrical
conductors (14) connected to each cathode output (12) passing through the bottom (7b)
of the pot shell (7) of the electrolytic cell N (2) extending between the arches (15).
6. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 1 to 5, characterized in that the electrolytic cells (2) include short-circuiting means.
7. The aluminum smelter (1) according to claim 6, characterized in that the short-circuiting means of the electrolytic cell N+1 (2) comprise at least a short-circuiting
electrical conductor (17) placed permanently between electrolytic cell N (2) and electrolytic
cell N+1 (2), each short-circuiting electrical conductor (17) being electrically connected
to one of the electrical conductors (14) connected to a cathode output (12) of the
cell (2) passing through the bottom (7b) of the shell (7) of the electrolytic cell
N+1 (2), and each short-circuiting electrical conductor (17) being located a short
distance from the electrical conductors (14) connected to one of the cathode outputs
(12) of the electrolytic cell N (2).
8. The aluminum smelter (1) according to claim 6, characterized in that the short-circuiting means of the electrolytic cell N+1 (2) comprise at least a short-circuiting
electrical conductor (17) placed permanently between electrolytic cell N (2) and electrolytic
cell N+1 (2), each short-circuiting electrical conductor (17) being electrically connected
to one of the electrical conductors (14) connected to a cathode output (12) of the
cell (2) passing through the bottom (7b) of the shell (7) of the electrolytic cell
N (2), and each short-circuiting electrical conductor (17) being located a short distance
from the electrical conductors (14) connected to one of the cathode outputs (12) of
the electrolytic cell N+1 (2).
9. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 1 to 8, characterized in that the at least one secondary electric circuit (5, 6) comprises electrical conductors
running along the right and/or left side of the electrolytic cells (2) of at least
one line (F, F') of electrolytic cells (2).
10. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 1 to 9, characterized in that at least one secondary electric circuit (5, 6) comprises electrical conductors extending
along at least one line (F, F') of the electrolytic cells (2), under said electrolytic
cells (2).
11. The aluminum smelter (1) according to any one of claims 9 to 10, characterized in that the electrical conductors of the at least secondary electric circuit (5, 6) are made
of a superconducting material.
12. The aluminum smelter (1) according to claim 11, characterized in that the electrical conductor of the at least one secondary electric circuit (5, 6) runs
along the electrolytic cells (2) or lines (F, F') at least two times.