[0001] La présente invention concerne un sous-ensemble magnétique et thermique, destiné
à être utilisé dans un disjoncteur de protection de lignes et/ou d'appareils électriques
contre des surintensités et des courts-circuits, qui est sélectif vis-à-vis de systèmes
de protection contre des surintensités et les courts-circuits éventuellement branchés
en amont et/ou en aval.
[0002] Ce type de disjoncteur est particulièrement utilisé en tant que disjoncteur de groupe
installé en amont de différents circuits protégés chacun par un disjoncteur de ligne
dans des installations de distribution.
[0003] La sélectivité des disjoncteurs branchés en série dans un système de distribution
est nécessaire ou tout au moins souhaitable, afin qu'en cas de court-circuit ou de
surintensité, la plus petite partie possible du système de distribution, celle dans
laquelle se trouve le court-circuit ou la cause de la surintensité, soit mise hors
circuit.
[0004] Ce type de disjoncteur comporte un circuit de courant principal dans lequel sont
disposés un actionneur magnétique répondant à un court-circuit et agissant directement
sur l'ouverture de contacts placés dans une chambre d'extinction d'arc, et un actionneur
thermique répondant à une surintensité et agissant sur une serrure de déverrouillage
qui peut à son tour ouvrir les contacts.
[0005] Ce circuit principal peut être suppléé temporairement par un circuit de courant auxiliaire
comportant un autre actionneur thermique agissant également sur la serrure de déverrouillage
qui peut à son tour ouvrir les contacts, une résistance de limitation de courant étant
placée dans ledit circuit auxiliaire pour assurer la temporisation.
[0006] Le flux normal du courant passe par le circuit principal lorsque le fonctionnement
est normal. Il passe simultanément par le circuit auxiliaire mais y est très faible
du fait de la résistance. S'il se produit un court-circuit, un déclenchement magnétique
a lieu qui coupe le circuit de courant principal de manière temporaire par ouverture
d'un contact mobile principal, tandis que par le circuit auxiliaire ne passe qu'un
courant considérablement réduit par la résistance.
[0007] Cela permet de continuer à alimenter les appareils en aval en toute sécurité et cela
laisse le temps au disjoncteur de la ligne dans laquelle le problème est survenu de
la couper sans que la totalité des lignes ne soit impactée. Si le défaut perdure,
le courant, bien que limité par la résistance, va provoquer après une certaine temporisation
qui dépend notamment de la résistance, un déclenchement thermique du circuit auxiliaire,
et ainsi déverrouiller la serrure du disjoncteur et couper le courant dans la totalité
de l'installation. Le réarmement du disjoncteur doit alors être effectué manuellement
après identification et réparation du défaut, voire isolation de la ligne de défaut.
Dans le cas où le défaut n'est que de très courte durée, par exemple lorsqu'un disjoncteur
de ligne aval disjoncte entre temps, le dispositif magnétique du disjoncteur sélectif
revient à sa position de repos et le circuit principal est rétabli sans qu'il se soit
produit un déclenchement de sa serrure de déverrouillage.
[0008] Un tel disjoncteur sélectif est notamment connu par
DE 102008021768 et permet, lorsqu'un défaut est détecté, par exemple dans le cas d'un court-circuit,
une ouverture temporaire des contacts du circuit principal par action du dispositif
magnétique et la commutation sur le circuit auxiliaire. Plus précisément, le dispositif
magnétique est classiquement constitué d'un ensemble noyau fixe, noyau mobile en translation
dans une culasse magnétique actionné magnétiquement sous l'effet d'un solénoïde parcouru
par le courant de court-circuit, ledit noyau mobile entraînant un percuteur en translation,
venant percuter une bascule qui pivote en entraînant un porte-contact mobile, provoquant
ainsi l'ouverture dudit contact mobile par rapport au contact fixe.
[0009] Ce disjoncteur présente cependant de nombreux inconvénients, notamment en termes
d'isolation. En effet, l'agencement en interne des actionneurs magnétiques et thermiques
crée en pratique deux groupes de composants présentant deux potentiels différents,
les composants étant reliés les uns aux autres électriquement au sein de chaque groupe
pour former une voie de courant.
[0010] D'un côté, le premier groupe composé de la culasse magnétique, de la bascule, d'un
ressort, du contact mobile et d'une tresse, forme une voie de courant à un premier
potentiel.
[0011] D'un autre côté, le second groupe, composé du contact fixe, du solénoïde et d'une
borne, forme une voie de courant à un second potentiel.
[0012] Cette différence de potentiel entre ces deux voies de courant est problématique,
car elle nécessite en principe une isolation électrique entre les composants appartenant
à des groupes différents. Or, les composants étant mélangés au sein du disjoncteur
et situés à proximité les uns des autres, avec les voies de courant qui se croisent
de facto à multiples reprises, il est très difficile d'assurer une telle isolation
au sein même du disjoncteur.
[0013] La solution adoptée dans ce document
DE 102008021768 consiste à intégrer de nombreuses pièces d'isolation en plastique entre les composants
des deux groupes. Ces pièces sont très complexes et nécessitent une élaboration fastidieuse
pour présenter des formes permettant d'envelopper les composants à protéger tout en
étant facilement intégrables au sein du disjoncteur, à l'intérieur duquel le volume
disponible est limité, et la compacité par conséquent requise.
[0014] Ces pièces complexes en plastique induisent en outre des coûts de fabrication et
de montage qui ne sont pas négligeables dans une approche économique globale du disjoncteur,
et elles ne permettent au surplus pas d'éliminer de façon certaine les risques de
claquage.
[0015] La présente invention se propose de remédier aux différents inconvénients mentionnés
en proposant une solution technique compacte, simple de fabrication, et garantissant
l'absence de risque de claquage.
[0016] Pour ce faire, l'idée à la base de la solution proposée est de concevoir un agencement
nouveau au sein du disjoncteur, selon lequel tous les composants appartenant aux actionneurs
thermique et magnétique du circuit principal forment une unique voie de courant et
sont donc au même potentiel.
[0017] L'invention concerne donc un appareil électrique de protection de ligne, du type
disjoncteur sélectif qui comporte un sous-ensemble composé :
- d'un actionneur magnétique apte à séparer au moins un contact mobile d'un contact
fixe lors de l'apparition d'un court-circuit dans la ligne à protéger, et comportant
une culasse magnétique fixe ;
- d'un déclencheur thermique composé d'un bilame apte à déverrouiller une serrure mécanique
de l'appareil lors de l'apparition d'une surcharge dans la ligne à protéger.
[0018] L'actionneur magnétique selon l'invention comporte également :
- un porte-contact fixé de manière pivotante à la culasse et portant le contact mobile
;
- une bobine entourant une partie de la culasse et connectée en série avec le bilame
;
- une palette mobile en rotation par rapport à la culasse, apte à venir au contact d'au
moins une surface polaire de la culasse lors d'un court-circuit, la culasse étant
dotée de moyens de positionnement et de guidage de la palette mobile ;
- des moyens de rappel de la palette et du porte-contact établissant un calibrage du
seuil de déclenchement de l'actionneur magnétique ;
- des moyens d'entraînement entre la palette et le porte-contact, établissant une correspondance
directe entre au moins une fraction du mouvement de rotation de la palette et au moins
une fraction du mouvement de rotation du contact mobile.
[0019] Pour cet agencement spécifique, selon lequel tous les composants sont reliés électriquement
les uns aux autres et sont au même potentiel, il n'existe plus de contraintes liées
à l'isolation électrique. Les pièces isolantes en plastique employées dans les solutions
de l'art antérieur ne sont alors plus nécessaires.
[0020] Ce sous-ensemble magnétique et thermique est de plus considérablement simplifié par
rapport à l'art antérieur, puisqu'il compte environ moitié moins de composants. C'est
en particulier vrai, par rapport à l'art antérieur cité, puisque le noyau mobile,
le percuteur et la bascule ont été remplacés par une unique pièce, la palette mobile.
[0021] Il présente également l'avantage d'être transportable en l'état, et de s'intégrer
en un seul bloc dans tous les disjoncteurs sélectifs de la gamme.
[0022] Une attention toute particulière a été portée au design des composants qui est relativement
épuré, de sorte qu'ils sont simples de fabrication. L'assemblage du sous-ensemble
magnétique de l'invention est au final aisé, et de surcroît automatisable, ces possibilités
contribuant à le rendre économiquement très attractif.
[0023] Selon une configuration possible, lesdits moyens de rappel peuvent consister en un
ressort, du type ressort hélicoïdal à traction, reliant une première protubérance
saillant de l'extrémité de la palette proximale de son axe de pivotement à une seconde
protubérance saillant du porte-contact.
[0024] Ce ressort permet donc à la fois de rappeler la palette en position de repos, et
de rappeler le porte-contact en position de fermeture des contacts. Ce ressort assure
également le maintien de la palette en position par rapport à la culasse, et la pression
de contact entre les contacts fixe et mobile.
[0025] Par ailleurs, lesdits moyens d'entraînement peuvent consister en un bras de la palette
prolongeant l'extrémité proximale de son axe de pivotement et recourbé en direction
du porte-contact, apte à venir au contact et à s'appuyer sur une patte dépassant du
porte-contact.
[0026] En fonctionnement normal, lorsqu'un courant nominal traverse la bobine, le champ
magnétique qu'elle induit canalisé dans la culasse magnétique produit une force d'attraction
magnétique de la palette vers la culasse qui n'est pas suffisante pour contrebalancer
la force du ressort retenant la palette et pour attirer cette dernière au contact
de la surface polaire. La palette est donc en état de repos et positionnée légèrement
en retrait par rapport à la surface polaire de la culasse magnétique, tandis que le
contact mobile est au contact du contact fixe. Dans ces positions respectives de la
palette et du porte-contact, un jeu est présent entre le bras de la palette et la
patte du porte-contact.
[0027] Lorsqu'un courant de court-circuit traverse la bobine, celle-ci induit un champ magnétique
dans la culasse magnétique qui est évidemment suffisant pour attirer la palette vers
la culasse à l'encontre de la force du ressort. La force d'attraction de la palette
étant alors supérieure à la force du ressort, la palette commence à pivoter en direction
de la surface polaire de la culasse. Son bras vient au contact de la patte du porte-contact,
les contacts fixe et mobile étant encore fermés. La palette continue de pivoter jusqu'à
ce qu'elle vienne se plaquer contre la surface polaire de la culasse. Lors de ce mouvement
de pivotement, le bras de la palette, via son contact avec la patte du porte-contact,
entraîne la rotation du porte-contact en sens horaire, et donc l'ouverture statique
des contacts. Le contact mobile est écarté du contact fixe et porté à une distance
d'ouverture statique par rapport au contact fixe. Le contact mobile poursuit ensuite
sa rotation en sens horaire sous l'effet de son inertie jusqu'à une distance d'ouverture
dynamique par rapport au contact fixe, sa patte n'étant dès lors plus en contact avec
le bras de la palette. Enfin, du fait de l'effort de traction du ressort exercé sur
le porte-contact, ce dernier pivote en sens antihoraire jusqu'à ce que sa patte revienne
en contact, et donc en butée, contre le bras de la palette, le contact mobile étant
à nouveau positionné à la distance d'ouverture statique par rapport au contact fixe.
L'actionneur magnétique reste dans cette position déclenchée jusqu'à disparition du
court-circuit ou déverrouillage de l'appareil par la serrure mécanique de déverrouillage.
[0028] Dans ce cas, la force d'attraction de la palette vers la culasse, induite par la
bobine, est à nouveau inférieure à la force du ressort, et la palette retourne dans
sa position de repos, autorisant ainsi le porte-contact à pivoter dans le sens antihoraire
par action de la force de traction du ressort, jusqu'à ce que le contact mobile vienne
en butée contre le contact fixe. L'actionneur magnétique est alors à nouveau en position
initiale.
[0029] Le choix du ressort est donc primordial pour assurer le déclenchement du disjoncteur
dans une plage de courant bien précise. En effet, l'effort résistif du ressort opposé
à la fermeture de la palette est déterminant pour définir le seuil de déclenchement.
[0030] Selon une configuration possible, le porte-contact comporte une surface de fixation
du contact mobile et d'une tresse le reliant au bilame, se prolongeant par ladite
seconde protubérance et par deux flancs latéraux venant recouvrir la partie de la
culasse supportant l'axe de pivotement du porte-contact, lesdits flancs présentant
deux orifices à l'intérieur desquels est introduit l'axe de pivotement du porte-contact,
l'un des flancs présentant ladite patte pour l'interfaçage avec la palette et l'autre
flanc présentant une forme pour l'interfaçage avec la serrure de l'appareil.
[0031] Un avantage prépondérant de la présente invention réside également dans le fait que
la culasse est dotée d'une bague de déphasage, sertie sur une extrémité de la culasse.
[0032] Cette bague de déphasage, appelée également spire de Frager, joue un rôle primordial
dans les mouvements de la palette lorsque la bobine est traversée par un courant alternatif.
Lors d'un court-circuit, sans bague de déphasage, la force d'attraction magnétique
de la palette vers la culasse, produite par la bobine alimentée en courant alternatif,
sera inférieure à la force de rappel du ressort au voisinage de chaque passage à 0
entre deux demi-périodes, provoquant des ouvertures brèves de la palette, et donc
des vibrations intempestives inacceptables pour la structure du sous-ensemble, et
une usure prématurée des composants. Pour diminuer ces fluctuations de la force d'attraction,
une bague de déphasage est placée près de la surface polaire de la culasse, et produit
une force magnétique spécifique déphasée par rapport à la force d'attraction magnétique
initiale et permettant de contrebalancer la force de rappel du ressort à chaque passage
à 0 entre deux demi-périodes, supprimant dès lors toute ouverture brève de la palette.
Par conséquent, lors d'un court-circuit, la palette sera maintenue continuellement
contre la surface polaire de la culasse.
[0033] Selon une configuration possible, la culasse est en forme de U dont l'extrémité du
premier bras présente un chant supérieur correspondant à l'axe de pivotement de la
palette, la bobine étant enroulée autour d'un noyau isolant enfiché dans le second
bras de la culasse via un orifice central et étant bloqué en translation par la bague
de déphasage entourant partiellement l'extrémité du second bras. La bague de déphasage
joue donc également le rôle de butée pour le noyau.
[0034] Pour que la palette puisse pivoter correctement par rapport à la culasse, sans décentrage
notamment suite aux différents efforts appliqués sur la palette à la fois par la force
du ressort et par la force d'attraction magnétique, des moyens de positionnement et
de guidage de la palette mobile par rapport à la culasse sont prévus, et consistent
en deux pattes :
- prolongeant l'extrémité du premier bras de la culasse ;
- disposées de part et d'autre dudit chant de la culasse servant au pivotement de la
palette ;
- et venant s'insérer dans deux évidements prévus à cet effet dans la palette.
[0035] Concrètement, la section du second bras est d'allure rectangulaire avec des coins
en escalier se situant au voisinage de la périphérie circulaire du noyau de la bobine.
L'extrémité du second bras de la culasse présente une rainure transversale dans laquelle
est insérée la bague de déphasage. Cette dernière entoure une découpe inférieure pratiquée
dans le second bras, dont la partie supérieure d'extrémité conserve la forme initiale.
Cette forme spécifique avec des paliers permet de maximiser la section de la surface
polaire par rapport au noyau l'entourant.
[0036] De préférence, la culasse est réalisée par un assemblage de tôles de même épaisseur
mais de profils différents de manière à faire varier la forme extérieure de la culasse.
[0037] L'invention concerne également un procédé d'assemblage d'un sous-ensemble magnétique
et thermique destiné à être intégré dans un appareil de protection de ligne tel que
décrit précédemment, et comportant les étapes ci-après :
- raccorder électriquement un bilame à un porte-contact mobile via une tresse ;
- raccorder le bilame à une tôle d'arc permettant d'accompagner le déplacement de l'arc
électrique à l'ouverture des contacts ;
- fixer le porte-contact à une culasse magnétique de manière pivotante au moyen d'un
axe de pivotement ;
- enficher un noyau isolant dans un bras de la culasse magnétique ;
- entourer une partie de l'extrémité dudit bras de la culasse magnétique par une bague
de déphasage ;
- enrouler autour dudit noyau une bobine reliée électriquement d'une part à la tôle
d'arc, et d'autre part à une borne de raccordement de l'appareil ;
- centrer et positionner, sur des plans d'allure parallèle, une palette par rapport
à un autre bras de la culasse, les deux bras étant eux-mêmes parallèles ;
- accrocher un ressort entre une extrémité de la palette et le porte-contact ;
- faire pivoter la palette par rapport à la culasse magnétique jusqu'à ce que son extrémité
libre vienne au voisinage du bras muni de la bague de déphasage.
[0038] Un tel sous-ensemble peut être fabriqué de manière entièrement automatisée, et peut
s'intégrer facilement dans tous les disjoncteurs sélectifs de la gamme, puisqu'il
est transportable en tant que tel.
[0039] L'invention va à présent être décrite plus en détail, en référence aux figures annexées,
pour lesquelles :
- la figure 1 est une vue tridimensionnelle du sous-ensemble magnétique et thermique
selon l'invention ;
- les figures 2 à 6 montrent les différentes étapes lors d'un déclenchement de l'actionneur
magnétique ;
- la figure 7 représente la culasse de l'actionneur magnétique ;
- la figure 8 illustre la palette de l'actionneur magnétique ;
- la figure 9 montre le porte-contact avec le contact mobile ;
- les figures 10 et 11 représentent le noyau de l'actionneur magnétique en vue de profil
et en vue de face respectivement ;
- la figure 12 illustre la bague de déphasage de l'actionneur magnétique.
[0040] Le sous-ensemble selon l'invention, illustré en figure 1, comprend un actionneur
magnétique et un actionneur thermique, dont tous les composants sont reliés électriquement
les uns aux autres de manière à être au même potentiel. Ce sous-ensemble est destiné
à être intégré dans un appareil de protection de ligne du type disjoncteur sélectif.
[0041] L'actionneur thermique se compose principalement d'un bilame (1), dont l'extrémité
fixe (2) est raccordée à une tôle d'arc (3) et l'extrémité libre (4) est apte à subir
une déflexion lors d'une surcharge de courant sur la ligne de manière à venir déverrouiller
une serrure (non représentée) de l'appareil.
[0042] L'actionneur magnétique se compose principalement d'une culasse magnétique (5) en
forme de U, dont le premier bras (8) supporte une palette (7) mobile et un porte-contact
(6) mobile auquel est fixé le contact mobile (14) de l'appareil, et le second bras
(9) (voir en figure 7) supporte un noyau (10) isolant autour duquel est enroulée une
bobine (11). La culasse (5), la palette (7), le porte-contact (6) et le contact mobile
(14) sont ainsi tous reliés électriquement et sont au même potentiel.
[0043] La bobine (11) est reliée, au niveau d'une première extrémité (12) de son fil, à
la tôle d'arc (3), réalisant ainsi une première connexion électrique avec l'actionneur
thermique. La seconde extrémité (13) du fil de la bobine (11) est reliée électriquement
à une borne (non représentée) de l'appareil.
[0044] Une seconde connexion électrique avec l'actionneur thermique est prévue au moyen
d'une tresse (39) reliant le bilame (1) au contact mobile (14). Par conséquent, l'actionneur
thermique et l'actionneur magnétique sont également au même potentiel, et composent
un sous-ensemble ne nécessitant aucune pièce d'isolation entre les différentes pièces
le composant.
[0045] La palette (7) est mobile en rotation autour d'un axe de pivotement correspondant
à un chant (16) supérieur de l'extrémité du premier bras (8) de la culasse (5). La
palette (7), représentée en figure 8, comporte :
- une surface plane (17) apte à venir en contact avec les surfaces polaires (18, 19)
de la culasse (5), illustrée en figure 7 ;
- deux évidements (20) pratiqués dans la surface plane (17) et dans lesquels sont insérées
deux pattes (21) prolongeant l'extrémité du premier bras (8) de la culasse (5) et
disposées de part et d'autre du chant (16) supérieur de pivotement de la palette (7),
permettant à cette dernière d'être correctement centrée et positionnée par rapport
à la culasse (5) ;
- une protubérance (15) saillant du milieu de l'extrémité de la palette (7) proximale
des évidements (20), recourbée à 90° en direction opposée à la culasse (5) ;
- un bras (22) prolongeant une portion latérale de l'extrémité de la palette (7) proximale
des évidements et recourbée à 90° en direction de la culasse (5).
[0046] Le porte-contact (6), visible de manière plus précise en figure 9, est également
mobile en rotation autour d'un axe de pivotement correspondant à un tourillon (23)
inséré dans un orifice (24) prévu à cet effet dans le premier bras (8) de la culasse
(5), comme illustré en figure 7. Ce porte-contact (6) comporte :
- une surface plane (25) à laquelle est fixé le contact mobile (14), qui est entraîné
contre ou à distance d'un contact fixe (38) de l'appareil ;
- une protubérance (31) saillant de la surface plane (25) ;
- deux flancs latéraux (26, 27) venant recouvrir la partie de la culasse (5) supportant
l'axe de pivotement du porte-contact (6), et présentant deux orifices (28) coaxiaux
à l'orifice (24) de la culasse (5) et supportant le tourillon (23) ;
- une patte (29) saillant de l'extrémité libre du premier flanc (26) et présentant une
surface d'appui pour le bras (22) de la palette (7) ;
- un bras (30) prolongeant l'extrémité libre du second flanc (27) et coopérant avec
la serrure de l'appareil.
[0047] Un ressort (33) de traction relie la protubérance (15) de la palette (7) à la protubérance
(31) du porte-contact (6).
[0048] Le noyau (10) isolant cylindrique, supportant la bobine (11) et représenté en figures
10 et 11, présente un orifice central (32) lui permettant d'être enfiché dans le second
bras (9) de la culasse (5). Le contour extérieur du second bras (9) épouse la forme
intérieure de l'orifice central (32) du noyau (10). Pour maximiser la surface polaire
(19) de la culasse (5), l'épaisseur de la paroi cylindrique du noyau (10) doit être
la plus fine possible, et la section du second bras (9) la plus grande possible. La
culasse (5) étant constituée par un assemblage de tôles alignées, il est difficile
d'obtenir une section circulaire. Par conséquent, la section du second bras (9) est
d'allure rectangulaire avec des coins en escalier. La forme de la paroi intérieure
de l'orifice central (32) du noyau (10) est par conséquent également d'allure rectangulaire
avec des coins en escaliers, comme cela est illustré en figure 11.
[0049] L'extrémité du second bras (9) de la culasse (5) présente une rainure (36) transversale
dans laquelle est insérée une bague de déphasage (37) telle que représentée en figure
12. Cette bague (37) entoure une découpe inférieure (35) pratiquée dans le second
bras (9), dont la partie supérieure d'extrémité (34) conserve la forme initiale, et
est sertie sur la culasse (5). Elle est plus large que l'orifice central (32), et
constitue donc une butée limitant tout mouvement de translation du noyau (10) le long
du second bras (9).
[0050] Le fonctionnement de ce sous-ensemble lors de l'apparition d'un court-circuit va
à présent être détaillé, en référence aux figures 2 à 6.
[0051] La figure 2 montre l'actionneur magnétique au repos, c'est-à-dire lorsqu'un courant
nominal traverse la bobine (11). Dans ce cas, les contacts (14, 38) sont fermés et
la palette (7) est légèrement en retrait par rapport aux surfaces polaires (18, 19)
et retenue par le ressort (33). En effet, la force d'attraction magnétique exercée
par la culasse (5) sur la palette (7) est dans ce cas inférieure à la force de rappel
du ressort (33). De par cette position au repos de la palette (7), son bras (22) est
à distance de la patte (29) du porte-contact (6), et le seul lien mécanique entre
la palette (7) et le porte-contact (6) est le ressort (33). Ce dernier exerce une
force de rappel sur le porte-contact (6) qui le sollicite dans le sens antihoraire.
Or, le contact mobile (14) est en butée contre le contact fixe (38), empêchant dès
lors le porte-contact (6) de tourner dans ce sens.
[0052] En figure 3, un courant de court-circuit traverse la bobine (11) qui génère alors
un champ magnétique important dans la culasse (5). La force d'attraction magnétique
exercée par la culasse (5) sur la palette (7) est alors supérieure à la force de rappel
du ressort (33), provoquant dès lors le pivotement de la palette (7) en direction
des surfaces polaires (18, 19). Au cours de ce mouvement de pivotement, le bras (22)
de la palette (7) vient au contact de la surface d'appui de la patte (29) du porte-contact
(6), les contacts étant encore fermés.
[0053] En figure 4, tandis que la palette (7) termine son pivotement et arrive en butée
contre les surfaces polaires (18, 19), le bras (22) exerce un appui sur la patte (29)
et entraîne le porte-contact (6) en rotation dans le sens horaire, à l'encontre de
la force de rappel du ressort (33), emmenant ainsi le contact mobile (14) à une distance
d'ouverture statique du contact fixe (38). Le circuit est alors coupé.
[0054] En figure 5, le contact mobile (14) poursuit sa course sous l'effet de son inertie
jusqu'à une distance d'ouverture dynamique par rapport au contact fixe (38). Dans
ce cas, le porte-contact (6) suit son mouvement de rotation en sens horaire et sa
patte (29) est emmenée à distance du bras (22) de la palette (7).
[0055] En figure 6, le porte-contact (6), rappelé par le ressort (33), pivote en sens antihoraire
jusqu'à ce que sa patte (29) revienne en butée contre le bras (22) de la palette (7),
le contact mobile (14) étant alors ramené à une distance d'ouverture statique par
rapport au contact fixe (38). L'actionneur magnétique reste alors dans cette position
jusqu'à la disparition du court-circuit ou jusqu'au déverrouillage de l'appareil par
la serrure du circuit auxiliaire.
[0056] La description ci-dessus, qui fait référence aux figures annexées, n'est bien entendu
pas exhaustive de l'invention, laquelle englobe au contraire les variantes de formes
et de configurations qui sont à la portée de l'homme de l'art.
1. Appareil électrique de protection de ligne, du type disjoncteur sélectif, comportant
un sous-ensemble composé :
- d'un actionneur magnétique apte à séparer au moins un contact mobile (14) d'un contact
fixe (38) lors de l'apparition d'un court-circuit dans la ligne à protéger, et comportant
une culasse (5) magnétique fixe ;
- d'un déclencheur thermique composé d'un bilame (1) apte à déverrouiller une serrure
mécanique de l'appareil lors de l'apparition d'une surcharge dans la ligne à protéger
;
caractérisé en ce que l'actionneur magnétique comporte également :
- un porte-contact (6) fixé de manière pivotante à la culasse (5) et portant le contact
mobile (14) ;
- une bobine (11) entourant une partie de la culasse (5) et connectée en série avec
le bilame (1) ;
- une palette (7) mobile en rotation par rapport à la culasse (5), apte à venir au
contact d'au moins une surface polaire (18, 19) de la culasse (5) lors d'un court-circuit,
la culasse (5) étant dotée de moyens de positionnement et de guidage de la palette
(7) mobile ;
- des moyens de rappel de la palette (7) et du porte-contact (6) établissant un calibrage
du seuil de déclenchement de l'actionneur magnétique ;
- des moyens d'entraînement entre la palette (7) et le porte-contact (6), établissant
une correspondance directe entre au moins une fraction du mouvement de rotation de
la palette (7) et au moins une fraction du mouvement de rotation du contact mobile
(14).
2. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que lesdits moyens de rappel consistent en un ressort (33), du type ressort hélicoïdal
à traction, reliant une première protubérance (15) saillant de l'extrémité de la palette
(7) proximale de son axe de pivotement (16) à une seconde protubérance (31) saillant
du porte-contact (6).
3. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que lesdits moyens d'entraînement consistent en un bras (22) de la palette (7), prolongeant
l'extrémité proximale de son axe de pivotement (16) et recourbé en direction du porte-contact
(6) apte à venir au contact de et à s'appuyer sur une patte (29) dépassant du porte-contact
(6).
4. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le porte-contact (6) comporte une surface (25) de fixation du contact mobile (14)
et d'une tresse (39) le reliant au bilame (1), se prolongeant par ladite seconde protubérance
(31) et par deux flancs (26, 27) latéraux venant recouvrir la partie de la culasse
(5) supportant l'axe de pivotement (23) du porte-contact (6), lesdits flancs (26,
27) présentant deux orifices (28) à l'intérieur desquels est introduit l'axe de pivotement
(23) du porte-contact (6), l'un des flancs (26, 27) présentant ladite patte (29) pour
l'interfaçage avec la palette (7) et l'autre flanc (27) présentant une forme (30)
pour l'interfaçage avec la serrure de l'appareil.
5. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la culasse (5) est dotée d'une bague de déphasage (37).
6. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que ladite bague de déphasage (37) est sertie sur une extrémité de la culasse (5).
7. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 5 et 6,
caractérisé en ce que la culasse (5) est en forme de U dont l'extrémité du premier bras (8) présente un
chant supérieur correspondant à l'axe de pivotement (16) de la palette (7), la bobine
(11) étant enroulée autour d'un noyau (10) isolant enfiché dans le second bras (9)
de la culasse (5) via un orifice central (32) et étant bloqué en translation par la
bague de déphasage (37) entourant partiellement l'extrémité du second bras (9).
8. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente,
caractérisé en ce que lesdits moyens de positionnement et de guidage de la palette (7) mobile consistent
en deux pattes (21) :
- prolongeant l'extrémité du premier bras (8) de la culasse (5) ;
- disposées de part et d'autre dudit chant (16) de la culasse (5) servant au pivotement
de la palette (7) ;
- et venant s'insérer dans deux évidements (20) prévus à cet effet dans la palette
(7).
9. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 7 et 8,
caractérisé en ce que la section du second bras (9) est d'allure rectangulaire avec des coins en escalier
se situant au voisinage de la périphérie circulaire du noyau (10) de la bobine (11).
10. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que l'extrémité du second bras (9) de la culasse (5) présente une rainure (36) transversale
dans laquelle est insérée la bague de déphasage (37).
11. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la bague de déphasage (37) entoure une découpe inférieure (35) pratiquée dans le
second bras (9), dont la partie supérieure d'extrémité (34) conserve la forme initiale.
12. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une quelconque des revendications
précédentes, caractérisé en ce que la culasse (5) est réalisée par un assemblage de tôles de même épaisseur mais de
profils différents de manière à faire varier la forme extérieure de la culasse (5).
13. Procédé d'assemblage d'un sous-ensemble magnétique et thermique destiné à être intégré
dans un appareil électrique de protection de ligne tel que décrit dans les revendications
1 à 12,
caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes :
- raccorder électriquement un bilame (1) à un porte-contact (6) mobile via une tresse
(39) ;
- raccorder le bilame (1) à une tôle d'arc (3) ;
- fixer le porte-contact (6) à une culasse (5) magnétique de manière pivotante au
moyen d'un axe de pivotement (23) ;
- enficher un noyau (10) isolant dans un bras (9) de la culasse (5) magnétique ;
- entourer une partie (35) de l'extrémité dudit bras (9) de la culasse (5) magnétique
par une bague de déphasage (37) ;
- enrouler autour dudit noyau (10) une bobine (11) reliée électriquement d'une part
à la tôle d'arc (3), et d'autre part à une borne de raccordement de l'appareil ;
- centrer et positionner, sur des plans d'allure parallèle, une palette (7) par rapport
à un autre bras (8) de la culasse (5), les deux bras (8, 9) étant eux-mêmes parallèles
;
- accrocher un ressort (33) entre une extrémité (15) de la palette (7) et le porte-contact
(6) ;
- faire pivoter la palette (7) par rapport à la culasse (5) magnétique jusqu'à ce
que son extrémité libre vienne au voisinage du bras (9) muni de la bague de déphasage
(37).