[0001] La présente invention a trait à un isolateur-support de l'électricité, du genre destiné
à maintenir séparées deux pièces conductrices de l'électricité à des potentiels différents
en résistant ainsi au moins à une moyenne tension.
[0002] Les pièces conductrices peuvent être un conducteur de l'électricité et son enveloppe,
appartenant à un appareillage électrique à atmosphère confirmée, et elles sont fixées
à des extrémités opposées de l'isolateur-support par des vis ou des moyens analogues.
L'isolateur-support est muni d'inserts métalliques filetés dans lesquels les vis sont
engagées, et ces inserts métalliques sont retenus en étant encastrés dans le corps
isolant constituant la partie maîtresse de l'isolateur-support, par surmoulage du
corps autour de ces inserts.
[0003] La matière utilisée pour mouler le corps de l'isolateur-support est généralement
de la résine époxy ou un autre polymère thermodurcissable, même si des matières thermoplastiques
ont aussi été proposées, notamment dans le document
WO 2011/023721 A. Quoi qu'il en soit, le surmoulage rend difficile la séparation des inserts et du
corps et compromet donc la possibilité de recycler facilement l'isolateur-support
après son service. Cet inconvénient de recyclage difficile ou impossible est encore
plus manifeste avec les matières thermodurcissables. On peut encore reprocher aux
conceptions existantes d'être lourdes et volumineuses.
[0004] On vise à une simplification du procédé de fabrication de ces isolateurs-supports
avec l'invention, en premier lieu en éliminant les inserts surmoulés, afin de permettre
une fabrication séparée du corps et des inserts, puis un recyclage aisé. Les inserts
peuvent être assemblés au corps de façon simple mais parfaitement résistante. Dans
certaines réalisations, les inserts peuvent même être complètement omis et l'isolateur-support
est alors composé seulement du corps. Une construction légère et une bonne qualité
d'isolation électrique du corps est de toute façon possible.
[0005] Sous une forme générale, l'invention concerne un isolateur-support du genre mentionné,
comprenant un corps en polymère à deux régions extrêmes, opposées sur une direction
d'extension longitudinale du corps, comprenant des moyens de réception d'extrémités
de moyens de liaison dudit corps auxdites pièces, caractérisé en ce que lesdits moyens
de réception comprennent des logements pourvus d'une ouverture principale établie
sur un côté latéral du corps, qui joint lesdites régions extrêmes, et délimités par
une cloison ajourée de passage d'une tige des moyens de liaison et de retenue d'une
extrémité saillante des moyens de liaison.
[0006] Ainsi qu'on l'a mentionné, les moyens de liaison comprennent usuellement des vis
ou des boulons. Selon le cas, les logements pourront retenir des écrous, des têtes
de vis ou des inserts rapportés analogues par leur forme à des écrous, qu'on introduit
par les ouvertures latérales. Les tiges de vis passent par les jours des cloisons
et retiennent les extrémités saillantes dans les logements. L'invention resterait
utilisable avec tout autre moyen de liaison de forme analogue, à tige terminée par
une extrémité saillante.
[0007] De nombreux perfectionnements peuvent être apportés à cette définition générale.
C'est ainsi qu'on préconise de fabriquer le corps en un polymère thermoplastique afin
de le rendre facilement recyclable.
[0008] Dans un certain nombre de conceptions, l'isolateur-support comprend des inserts métalliques
rapportés dans les logements et recevant les moyens de fixation, tout en constituant
les extrémités saillantes de ces moyens. Ces inserts métalliques sont alors rapportés
sans surmoulage et peuvent donc être facilement séparés du corps de l'isolateur plus
tard. Ils peuvent avantageusement lui être associés en comprenant des picots pénétrant
dans les trous correspondant des cloisons extrêmes du corps, afin de maintenir les
inserts à une position fixe.
[0009] Les inserts peuvent par ailleurs être taraudés pour être fixés à des vis, ou munis
d'empreintes d'écrous, des moyens de liaison.
[0010] Le corps peut, d'une manière générale, avantageusement être construit avec une structure
nervurée afin de l'alléger sans réduire notablement sa résistance mécanique ni diélectrique,
grâce aux reliefs et à la continuité des nervures, qui permettent de résister au champ
électrique et d'allonger les lignes d'arc ; de plus, cette solution permet d'éviter
les fortes épaisseurs de matière thermoplastique générant des défauts de type porosité
au coeur de la matière. Il peut aussi comprendre des nervures longitudinales joignant
les régions extrêmes, ces nervures étant parallèles à une direction principale d'extension
du corps. Ces nervures sont avantageusement rayonnantes. Elles peuvent se ramifier
à partir de distances différentes à un axe central du corps afin d'éviter leur coalescence
générale et une accumulation de matière au centre susceptible de provoquer des défauts
de moulage. Le corps peut aussi comprendre des nervures transversales perpendiculaires
à la direction principale de son extension, dont les effets principaux sont d'introduire
un cloisonnement diélectrique, de raidir les nervures longitudinales quand elles existent
et d'allonger les lignes de fuite. Le corps peut même être entièrement composé de
ces nervures longitudinales et transversales entrecroisées, du moins entre les régions
extrêmes, où les logements imposeront en général une constitution un peu différente.
[0011] Avantageusement encore, les nervures ont une épaisseur identique et constante, afin
de faciliter la fabrication du corps par moulage.
[0012] Les régions extrêmes peuvent comprendre une paroi périphérique continue sauf aux
ouvertures principales des logements. Celles-ci sont avantageusement décalées angulairement,
autour de la direction principale d'extension du corps, d'une des régions extrêmes
à l'autre, ici encore afin de réduire les risques d'arcs électriques.
[0013] Les logements sont délimités par des parois de fond. Il est avantageux que quand
des inserts sont prévus, ils soient séparés de ces parois par un jeu constant.
[0014] Les différents aspects de l'invention seront maintenant décrits plus en détails au
moyen des figures suivantes :
- la figure 1 représente une vue générale de l'isolateur-support,
- les figures 2 et 3, deux coupes transversales,
- la figure 4, une vue d'un des inserts, et
- la figure 5, un autre mode de réalisation dépourvu d'inserts.
[0015] L'isolateur-support de l'invention comprend pour l'essentiel un corps 1 de forme
cylindrique ou conique comprenant deux régions extrêmes 2 et 3 et une région intermédiaire
4 les séparant. Les régions extrêmes 2 et 3 sont alignées sur l'axe central du corps
1, qui définit une direction d'extension longitudinale du corps 1. Les régions extrêmes
2 et 3 sont affectées à la liaison à des pièces conductrices non représentées par
des vis ou des boulons et possèdent des inserts 5 de liaison à ces pièces conductrices,
représentés isolément à la figure 4. Ils sont en forme générale de douille, notamment
rayonnée afin de réduire les champs électriques, et comprennent trois picots 6 sur
une face plane 7. Ils comprennent encore, ainsi qu'on le voit à la figure 2, un perçage
taraudé 8 central pour l'engagement d'une tige de vis susceptible d'appartenir aux
moyens de liaison et une empreinte d'écrou 9, établie à l'opposé de la face plane
7 mentionnée ci-dessus, servant à recevoir en cas de besoin un écrou des moyens de
liaison. Les inserts 5 sont placés dans des logements 10 respectifs des régions extrêmes
2 et 3. Les logements 10 s'ouvrent vers l'extérieur du corps 1 en direction latérale,
par des ouvertures 12 traversant une paroi périphérique 11 établie autour de chacune
des régions extrêmes 2 et 3 et continue sur un cercle par ailleurs. Ils sont délimités
chacun par une paroi de fond 13 se raccordant par ses extrémités à la paroi latérale
11, et par une cloison ajourée 14, plate et située à une extrémité respective du corps
1 dans sa direction d'extension longitudinale. La face plate 7 des inserts 5 est posée
sur des cloisons ajourées 14, qui sont évidées de perçages 15 livrant passage aux
tiges de vis des moyens de liaison. Les cloisons ajourées 14 sont également munies
de trous de logement des picots 6, qui permettent de maintenir les inserts 5 en place
dans leur logement 10. Les inserts 5 et les parois de fond 13 sont alors concentriques
et laissent subsister un jeu uniforme (sauf près des ouvertures 12) qui permettent
l'obtention d'un champ électrique également uniforme autour des inserts 5. Les inserts
5 et les logements 10 sont en nombre quelconque selon les besoins du support à accomplir.
La région extrême 2 comporte ici un insert 5 unique et central, et l'autre région
extrême 3 comporte deux inserts 5 excentrés et opposés. Cette différence explique
que les régions extrêmes 2 et 3 aient ici des rayons différents et que la région intermédiaire
4 les reliant soit conique, mais cela n'est pas un trait essentiel de l'invention.
[0016] Des nervures internes 16 unissent les parois de fond 13 entre elles et à la paroi
périphérique 11. L'une d'entre elles s'étend au centre du corps 1 à la région extrême
3 la plus large et définit une origine de coulée 17 pour la fabrication du corps 1.
[0017] La région intermédiaire 4 du corps 1 est composée exclusivement d'un entrecroisement
de nervures, dont des nervures longitudinales 18 s'étendant dans la direction d'extension
principale du corps 1 et joignant les régions des extrêmes 2 et 3 entre elles, et
des nervures transversales 19 croisant les précédentes et disposées régulièrement
; alternativement, si la résistance mécanique peut être diminuée sans risque, il pourrait
n'y avoir que deux ou quatre nervures. Les nervures longitudinales 18 sont rayonnantes
mais ont une disposition complexe visible à la figure 3 : elles se ramifient en effet
à des distances différentes à l'axe central du corps 1. On peut distinguer quatre
nervures 18a, 18b, 18c et 18d en croix, quatre autres nervures 18e, 18f, 18g et 18h,
à intervalles angulaires égaux de 45° avec les précédentes mais qui s'embranchent
seulement sur les nervures 18a et 18c opposées mais restent à l'écart des autres nervures
18b et 18d, et qui ne sont donc pas orientées vers le centre de la structure ; et
chacune de ces nervures 18e à 18h se ramifie en une paire de nervures 18i et 18j à
angle droit, parallèles respectivement à l'une des nervures 18a et 18c en prolongement
et l'une des nervures 18b et 18d en prolongement, à une distance assez grande du centre.
Cette structure rayonnante mais irrégulière possède une épaisseur à peu près uniforme
partout, ce qui réduit les risques de défaut de moulage du polymère. Le grand nombre
de nervures conjoint à la bonne régularité de leur disposition accroît la résistance
du corps 1.
[0018] Les nervures transversales 19 sont circulaires et continues, et elles créent encore
des reliefs autour de la région intermédiaire 4.
[0019] Leurs effets principaux sont de multiplier les parois diélectriques entre les inserts
de potentiels différents et d'allonger la ligne de fuite entre les conducteurs de
potentiel différent.
[0020] Toutes les nervures 18 et 19 ont une épaisseur identique et constante. Une dernière
précaution prise pour contrarier la formation d'arcs électriques accidentels est visible
dans le décalage angulaire entre les ouvertures 12 des logements 10 d'une région extrême
2 à l'autre 3, qui est ici de 90°, afin d'imposer à des arcs électriques un trajet
hélicoïdal plus long.
[0021] Certains autres modes de réalisation seront décrits au moyen de la figure 5. Les
inserts 5 ne sont pas nécessaires si les moyens de liaison du corps 1 aux pièces conductrices
comportent des vis 20 ordinaires. Les vis 20 sont insérées dans les logements 10,
leurs tiges 21 traversant les perçages 15, et les têtes 22 des vis 20 sont retenues
dans les logements 10. En variante, des vis autotaraudeuses peuvent être utilisées
pour réaliser les évidements 15 elles-mêmes à travers des cloisons ajourées 14 d'abord
continues. Une disposition identique serait alors obtenue. La hauteur des logements
10 est choisie pour permettre cette insertion des vis 20. On a schématiquement représenté
la pièce conductrice 23 retenue par la vis 20 et en appui sur la cloison ajourée 14.
L'autre pièce conductrice serait placée de la même façon vis-à-vis de l'autre région
extrême de l'isolateur-support.
[0022] Le corps 1 est fabriqué par moulage de polymère thermoplastique, dans un moule qui
lui est consacré, la matière fondue étant injectée d'abord dans l'origine de coulée
17 avant de s'écouler à la fois axialement vers la région extrême 2 et radialement
vers l'extérieur, sans rencontrer véritablement d'obstacle ni de passage étroit qui
pourrait engendrer des défauts de fabrication : une coulée progressive, assez rapide
et homogène peut au contraire être espérée. Les inserts 5 (quand ils existent) sont
fabriqués séparément par moulage ou usinage de métal et installés ensuite dans le
corps 1 lorsqu'il a été démoulé.
1. Isolateur-support, destiné à séparer deux pièces conductrices de l'électricité à des
potentiels différents, à moyenne tension au moins, comprenant un corps (1) en polymère
dont deux régions extrêmes (2, 3), opposées sur une direction d'extension longitudinale
du corps, comprennent des moyens de réception d'extrémités de moyens de liaison dudit
corps (1) auxdites pièces, caractérisé en ce que lesdits moyens de réception comprennent des logements (10) pourvus d'une ouverture
(12) principale établie sur un côté latéral du corps, qui joint lesdites régions extrêmes,
et délimités par une cloison (14) ajourée de passage d'une tige des moyens de liaison
et de retenue d'une extrémité saillante des moyens de liaison.
2. Isolateur-support suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le corps (1) est en polymère thermoplastique.
3. Isolateur-support suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il comprend des inserts (5) métalliques rapportés dans les logements (10) sans surmoulage
du corps et recevant les moyens de liaison.
4. Isolateur-support suivant la revendication 3, caractérisé en ce que les inserts sont munis de picots (6) enfoncés dans des trous correspondants desdites
cloisons.
5. Isolateur-support suivant la revendication 3, caractérisé en ce que les inserts sont munis de perçages taraudés (8) pour être fixés à des vis des moyens
de liaison.
6. Isolateur-support suivant la revendication 3 ou 5, caractérisé en ce que les inserts sont munis d'empreintes d'écrou (9) des moyens de liaison.
7. Isolateur-support suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le corps comprend des nervures longitudinales (18) joignant les régions extrêmes
et parallèles à la direction principale d'extension du corps.
8. Isolateur-support suivant la revendication 7, caractérisé en ce que les nervures longitudinales sont rayonnantes.
9. Isolateur-support suivant la revendication 8, caractérisé en ce que les nervures longitudinales se ramifient à partir de distances différentes à un axe
central du corps.
10. Isolateur-support suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le corps comprend des nervures transversales (19) perpendiculaires à la direction
principale d'extension du corps.
11. Isolateur-support suivant les revendications 7 et 10, caractérisé en ce qu'il est entièrement composé des nervures longitudinales et transversales entre les
régions extrêmes.
12. Isolateur-support suivant la revendication 11, caractérisé en ce que les nervures ont une épaisseur identique et constante.
13. Isolateur-support suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les régions extrêmes (2, 3) comprennent une paroi périphérique continue (11) sauf
aux ouvertures (12) principales des logements (10).
14. Isolateur-support suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les ouvertures (12) principales des logements sont décalées angulairement, autour
de la direction principale d'extension du corps, d'une des régions extrêmes à l'autre.
15. Isolateur-support suivant la revendication 3, caractérisé en ce que les logements ont des parois de fond (13) séparées des inserts (5) par un jeu constant.