[0001] Le billet de banque, initialement appelé papier-monnaie, existe depuis le X
ème siècle. Ce moyen de paiement fut introduit par les négociants en thé chinois pour
éviter le transport des monnaies métalliques. Les premiers billets émis officiellement
en France le furent pour la première fois en 1803. Depuis ses débuts, le papier-monnaie
est fabriqué à l'aide de coton. Depuis une trentaine d'années cependant, le coton
cède un peu de terrain au(x) polymère(s), plus résistants selon ses promoteurs. Que
le support du billet soit en coton ou en polymère(s), sa fabrication et sa valorisation
restent inchangées.
[0002] Une succession de procédés d'impression et de sécurisation (ex offset sec, offset
humide, taille douce, flexographie, sérigraphie ou encore le marquage à chaud...)
permet d'aboutir à un produit final à haute valeur ajoutée.
[0003] Il est ainsi primordial de donner une longévité accrue à ce billet, pour éviter qu'il
ne se détériore trop rapidement.
[0004] Si l'on veut accroître la longévité de ces imprimés de valeur, il est fondamental
de comprendre les raisons qui amènent au retrait des billets.
[0005] La complexité de réalisation d'un billet est par nature une condition essentielle
pour décourager les tentatives de contrefaçons.
[0006] Une dissuasion efficace est obtenue en apposant plusieurs types de sécurité de différents
niveaux.
[0007] Les éléments sécurisés de premier niveau sont des éléments détectables à l'oeil nu,
en lumière du jour ou artificielle et ne nécessitant pas l'utilisation d'un appareil
particulier.
[0008] La présence d'un filigrane, de fibres colorées, d'éléments visibles en transvision,
ou encore les reliefs tactiles que produit une impression en taille douce, sont des
exemples d'éléments de premier niveau.
[0009] Les sécurités dites de second niveau sont des éléments détectables à l'aide d'appareils
technologiquement modestes tels que des lampes UV ou IR. Ceci permet l'authentification
des billets au sein de divers organismes (commerces, centres bancaires etc.). On peut
ainsi distinguer des motifs ou des textes imprimés à l'encre invisible mais visible
sous rayonnement ultra-violet ou infra rouge, des fibres fluorescentes, des fils magnétiques
etc...
[0010] Enfin, le troisième niveau de sécurité nécessite des appareils sophistiqués et, par
conséquent, un investissement élevé. Ce sont principalement les banques centrales
qui examinent ces sécurités, telles que les traceurs présents dans les billets.
[0011] Une des conditions nécessaires pour garantir le rôle de ces sécurités et leur authentification
correcte dans le temps est le bon vieillissement du billet. Les banques centrales
se doivent d'échanger tout billet retourné (causes diverses : salissure, déchirure,
mutilations...) s'il est identifiable à au moins 50%. Il est donc fondamental de pouvoir
discerner et contrôler les multiples éléments qui le composent.
[0012] Les banques centrales montrent ainsi de plus en plus d'intérêt pour des billets plus
durables, tant en termes de résistance mécanique que de résistance chimique.
[0013] De cette manière, un billet plus propre, plus hygiénique et d'une durée de vie allongée
pourrait être mis en circulation tout en assurant des coûts de cycle de vie moins
élevés.
[0014] Toutefois, pour créer un tel produit, il est nécessaire de comprendre ce qui fragilise
réellement les billets, poussant à un retrait de la circulation.
[0015] Plusieurs études ont été réalisées par les banques centrales afin de caractériser
les causes possibles de retrait des billets. Parmi les diverses causes citées
(DE HEIJ Hans. Durable Banknotes: an overview. In : Présentation of the BPC / Paper Committee to the BPC, May 2002, Prague.), une cause
se démarque des autres : la salissure.
[0016] Elle serait responsable, à hauteur de 60 à 80%, du retrait des billets de banque
de la circulation. Un des principaux éléments de cette salissure est constitué de
sébum humain, corps gras naturellement présent à la surface de la peau.
[0017] Pour cette raison, les acteurs du métier et notamment les papetiers tentent d'apporter
des solutions telles que des papiers « Haute Durabilité » ou des couchages antisalissure
par exemple. Ils permettent respectivement de renforcer la résistance mécanique et
la résistance chimique des billets.
[0018] Ainsi, différents assemblages sont proposés par les papetiers. Les différences varient
entre la composition du matelas fibreux (100% coton, mélange fibres naturelles, mélange
fibres naturelles et synthétiques, polymère etc.) et les « sauces » de couchage/d'imprégnation
utilisées.
[0019] Par exemple, les fibres naturelles autres que celles de coton peuvent être de lin
ou d'abaca, les fibres synthétiques sont à base de polyéthylène, polypropylène. Le
support peut même être constitué exclusivement de polypropylène bi-orienté.
[0020] Quant au couchage antisalissure, il peut s'agir par exemple de sauces à base de polyuréthane
ou de latex. Ces derniers exemples sont bien entendu non exhaustifs, chaque papier
haute durabilité ayant ses propres particularités selon les différents fournisseurs.
[0021] Mais, en définitive, les propriétés finales conférées à ces papiers sont mitigées.
En effet, certains papiers gagnent en terme de résistance mécanique tandis que d'autres
se sont améliorés en terme de propriétés antisalissure mais ces supports doivent conserver
cette caractéristique inaliénable qu'est l'imprimabilité.
[0022] Ces nouveaux papiers, outre leur coût renchéri, ont aussi un autre point faible.
Suite aux traitements qu'ils ont subis lors de la fabrication du papier, si la longévité
des supports est accrue, cela ne garantit en rien la protection des impressions de
sécurité, aspect fondamental évoqué ci-avant.
[0023] Dans le document
WO02051638 est décrite une technique qui consiste à opérer un vernissage en flexographie du
support à la fin du procédé de fabrication du billet. Ce vernis apposé en surimpression
améliore la résistance à la salissure du billet et protège ainsi l'impression dans
sa totalité. Par un seul passage en machine, sans retournement, on protége les deux
faces du billet, c'est à dire à la fois les encres déposées et le support, de la salissure.
Ce vernis à séchage UV est par exemple un de ceux proposés par Sicpa sous les références
SicpaProtect 889354 et 889405. D'autres références fonctionnent également comme les
vernis de Schmidt Rhyner WESSCO Protector 36.298.42 et celui d'Actega TerraGloss UV
Special Coating VP-HB 100-080.
[0024] Un test de salissure (dont le mode opératoire sera décrit plus loin) est caractérisé
comme le différentiel de mesure de la luminance L d'un échantillon sali et d'un échantillon
témoin non sali sur une portion non imprimée. Ainsi, un papier vélin blanc formé de
100% de coton présente, lorsqu'il est soumis à ce test, un ΔL d'environ 20-30 unités
et ce même papier vernis avec la référence SicpaProtect 889354 imprimé en flexographie,
avec un anilox de 6/6,5 cm
3 (soit environ 2g/m
2 transféré) un ΔL comprise entre 14 et 18, soit un gain se situant autour de 40%.
[0025] Ce résultat est déjà appréciable en lui-même mais, malheureusement, les qualités
hydrophobes et oléophobes d'un tel papier vernis avec la référence SicpaProtect 889354
sont assez faibles.
[0026] Par ailleurs, il est connu dans le domaine des emballages alimentaires de vouloir
protéger ces derniers contre l'agression des jus, sauces et autres graisses, au moins
jusqu'au moment où les produits qu'ils renferment vont être consommés.
[0027] La société Solvay, par exemple, propose des produits à base de fluor dont les propriétés
anti adhérentes sont par ailleurs bien connues. Plusieurs références présentent les
propriétés d'hydrophobie et d'oléophobie recherchées, notamment deux dispersions aqueuses
à base de perfluoro-polyéther (PFPE, X-[-(CF
2-CF
2-O)
m-(CF
2O)
n-]-X). Un premier produit, référencé FOMBLIN ou 5134X contient du PFPE-uréthane, un
autre produit, référencé 5135X, contient du PFPE phosphate sels d'ammonium. Une autre
référence à base de PFPE-uréthane et contenant des solvants organiques, est fonctionnalisée,
c'est-à-dire que la molécule de base contient en plus, des fonctions chimiques réactives.
Elle est apte à être mélangée avec des matrices de vernis polymérisables sous rayonnement
UV et peut donc réagir en formant des liaisons chimiques avec ces dernières pour renforcer
son ancrage/accroche. Ces produits ont été créés pour répondre aux problèmes de santé
et environnementaux liés au PFOA (perfluoro-ocatnoïque acide) et PFOS (perfluoro-octane
sulfonate). Les produits précédemment cités, à base de PFPE, ne contiennent ni PFOA
ni PFOS et leurs produits de dégradation non plus.
[0028] Ces produits confèrent de bonnes propriétés barrières aux huiles et aux graisses
aux supports en papier et ou en carton. Ils sont tous deux utilisés comme traitement
de surface, applicable par flexographie, héliogravure ou tout autre procédé habituel
de couchage.
[0029] Le dépôt à la surface crée une barrière chimique invisible de PFPE. Ces références
sont couramment utilisées dans l'industrie de l'emballage alimentaire (par exemple
sac à produit alimentaire pour les animaux, boîtes à pizza). De surcroît, leur accréditation
au contact alimentaire atteste de leur innocuité.
[0030] Dans le
WO 2009/077536 est décrite une technique de fabrication de documents de sécurité faisant usage de
perfluoro(alkyl vinyl éther)s notamment.
[0031] Le présent demandeur propose donc de remédier aux inconvénients cités précédemment
à propos des vernis à usage fiduciaire par un procédé qui permet de renforcer l'ensemble
des propriétés présidant à la longévité d'un billet, à savoir la résistance à la salissure,
l'hydrophobie, l'oléophobie, de manière à diminuer la rétention de particules macroscopiques
de salissures, à repousser, grâce à des effets barrières quantifiables, l'eau de la
sueur et les corps gras du sébum.
[0032] Ainsi, la présente invention se rapporte à un procédé de traitement de surface d'un
billet de banque qui comporte, au moins sur l'une de ses faces opposées, au moins
une impression consistant en au moins un motif, cette face et son impression associée
étant recouverts d'un revêtement de protection transparent, caractérisé par le fait
que l'on procède à la mise en place par impression d'un revêtement contenant un vernis
et un composé chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins
un groupement perfluoro-polyéther, sur ladite face, et que l'on procède à son séchage.
[0033] Grâce à la mise en oeuvre de cette technique, on obtient les résultats/avantages/caractéristiques
suivants :
- l'ensemble de l'imprimé de valeur (c'est à dire le support et ses impressions) est
protégé ;
- la résistance à la salissure est plus performante que celle de la méthode de vernissage
actuelle ;
- les propriétés d'hydrophobie sont plus performantes que celle de la méthode de vernissage
actuelle ;
- les propriétés d'oléophobie sont plus performantes que celle de la méthode de vernissage
actuelle standard décrite dans le présent document;
- l'amélioration des propriétés susmentionnées ne se fait pas au détriment de l'aspect
économique et n'utilise pas des procédés physiques complexes renchérissant de manière
importante voire insupportable le coût de fabrication du billet ;
- le traitement est compatible avec les techniques d'impression usuelle, c'est-à-dire
que le revêtement est lui-même imprimable ;
- le traitement peut être appliqué par le procédé d'impression flexographique, d'héliogravure
ou de sérigraphie ;
- le traitement, une fois le document de sécurité fabriqué et son revêtement sec, est
compatible avec un contact épidermique, sans être connu toxique ou allergène.
[0034] Selon d'autres caractéristiques avantageuses et non limitatives de ce procédé :
- ledit revêtement est imprimé sur ladite face sous la forme de deux couches distinctes,
à savoir d'abord une première couche de vernis et ensuite une seconde contenant ledit
composé chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins un
groupement perfluoro-polyéther, dans une base aqueuse ou dans une base solvant ;
- l'on procède au séchage dudit vernis sous un rayonnement ultraviolet ;
- ledit composé chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins
un groupement perfluoro-polyéther est dans une base solvant compatible avec la matrice
dudit vernis avec lequel il est mélangé, sous une forme fonctionnalisée c'est-à-dire
capable d'interagir avec cette dernière en formant des liaisons chimiques afin de
renforcer son ancrage/accroche ;
- l'on procède au séchage de la seconde couche par rayonnement ultraviolet ;
- ledit composé chimique est dans une base aqueuse ;
- l'on procède au séchage sans altération ni modification chimique dudit composé chimique
organique, par séchage sous air chaud de la base aqueuse ;
- ledit revêtement est imprimé sur ladite face sous la forme d'un mélange dudit vernis,
polymérisable sous rayonnement ultraviolet, et dudit composé chimique organique incorporant
des atomes de fluor sous forme d'au moins un groupement perfluoro-polyéther, dans
une base solvant compatible avec la matrice dudit vernis avec lequel il est mélangé,
sous une forme fonctionnalisée c'est-à-dire capable d'interagir avec cette dernière
en formant des liaisons chimiques afin de renforcer son ancrage/accroche ;
- l'on procède au séchage dudit mélange sous rayonnement ultra-violet ;
- ledit revêtement incorpore au moins un agent bactéricide et/ou antifongique et/ou
antiviral ;
- ledit agent est incorporé dans ladite seconde couche.
[0035] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui va suivre. Elle sera faite en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 est une vue de dessus, partielle et schématique, d'un billet de banque
avant mise en oeuvre du procédé ;
- la figure 2 est une vue simplifiée, en coupe, selon le plan II-II de la figure 1,
du billet de banque obtenu conformément à une première étape du procédé selon l'invention
;
- la figure 3 est également une vue simplifiée, en coupe selon le même plan, du billet
de banque obtenu après la mise en oeuvre de la deuxième étape du procédé selon l'invention
;
- la figure 4 est une vue analogue à celle de la figure 1, le billet présentant en plus
un motif en forme de F réalisé en vernis brillant ;
- la figure 5 est analogue à la figure 2 du mode de réalisation de la figure 4 ;
- la figure 6 est analogue à la figure 3 du mode de réalisation de la figure 4.
[0036] Par le terme « vernis », on entend les vernis à séchage Infra Rouge/Air Chaud et
les vernis à séchage UV.
[0037] Préférentiellement, il s'agit de vernis acrylique en base aqueuse pour les premiers,
et de vernis à base époxyde ou acrylate et solvants pour les seconds.
[0038] Un vernis à séchage IR/Air Chaud est par exemple celui de la société Sicpa tel que
le Sicpaprotect 803688W (polymère acrylique).
[0039] Pour le vernis à séchage UV, on peut par exemple utiliser le Sicpapotect 889354 à
base de monomères de la famille des époxydes cycloaliphatiques tel que le « Chissonox
221 Monomer » et qui polymérise en donnant une matrice polyépoxyde grâce à des amorceurs
tels que les sels d'onium (ex : cation sulfonium subsitués et son anion) activés sous
UV.
[0040] Un autre vernis tel que le « Wessco Protector 36.298.42 » de Schmidt Rhyner polymérise
sous UV (mécanisme radicalaire) en donnant une matrice polyacrylate à partir de composés
acrylates tels que, en autres, le trymethylolpropane tryacrylate.
[0041] Le vernis « Actega terraGloss UV Special Coating VP-HB 100-080 » polymérise également
en donnant une matrice polyacrylate à partir, entre autres, de résine acrylique insaturée.
[0042] Par « impression consistant en un motif », on entend tout élément imprimé, quelle
que soit l'encre utilisée, qui forme une figure quelconque, par exemple sous forme
d'un aplat ajouré ou non, cette figure pouvant notamment être entre autres un caractère
alphanumérique.
[0043] A la figure 1 est représenté très schématiquement un document 1, en l'occurrence
un billet de banque constitué d'un support 2 en papier ou en fibres de coton par exemple,
dont les faces opposées supérieure et inférieure sont référencées 20 et 21.
[0044] Sur la face supérieure 20 sont imprimés, par toute technique connue de l'homme du
métier, des motifs 3 qui consistent ici respectivement, en la valeur du billet (ici
100), une guilloche et un portrait.
[0045] Ce motif peut avoir été imprimé à l'aide d'une encre dite de sécurité.
[0046] D'autres impressions peuvent bien entendu figurer sur la face 20.
[0047] Bien entendu, la face opposée 21 peut comporter également des impressions identiques,
similaires ou différentes.
[0048] En se reportant maintenant à la figure 2, on constate que la face 20 est revêtue
d'une couche de vernis incolore 4, dont la définition a été donnée plus haut.
[0049] Bien entendu, la figure 2 ainsi que la suivante sont données à titre illustratif
seulement, de sorte que les proportions, notamment en épaisseur, ne reflètent pas
la réalité. Par ailleurs, seule la face 20 est revêtue d'un vernis à fin d'explication
et pour ne pas alourdir inutilement les figures. Bien entendu, dans la réalité et
en vue d'une protection optimale, les deux faces opposées 20 et 21 sont revêtues.
[0050] Cette couche de vernis a été imprimée selon les conditions opératoires suivantes
et décrite ci-avant (vernis avec référence SicpaProtect 889354 imprimé en flexographie,
avec un anilox de 6/6,5 cm
3 (soit environ 2g/m
2 transféré) et séchée sous lampes UV HÔNLE spectre mercure 200 W/cm à 65% de leur
puissance).
[0051] Après séchage, on imprime en flexographie avec des anilox identiques à ceux décrits
ci-avant sur la couche 4, une autre couche 5 constituée d'un composé chimique organique
incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins un groupement perfluoro-polyéther
PFPE ou au moins d'un de ses dérivés dans une version base aqueuse. Après séchage
de la couche 5, les deux couches 4 et 5 forment alors un revêtement R.
[0052] Le séchage de la couche 5 est réalisé par évaporation sous une lampe infra rouge/air
chaud GRAFIX à 150°C.
[0053] Dans un mode de réalisation différent, ledit séchage consiste en un séchage par rayonnement
ultra-violet du même type que celui évoqué ci-avant, notamment lorsque le composé
chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins un groupement
PFPE et compatible avec un séchage sous rayonnement UV, est mélangé directement audit
vernis.
[0054] Le mode de réalisation des figures 4 à 6 est similaire à celui décrit précédemment.
Il s'en différencie seulement par le fait qu'un motif 31 en forme de « F » est imprimé
sous la forme d'une région d'aspect brillant sur fond mat ou entouré d'un fond mat,
conformément à la demande de brevet
français publiée sous le numéro 2 958 209.
[0055] Selon une variante non représentée, le vernis et le composé chimique organique incorporant
des atomes de fluor sont imprimés sous la forme d'une seule et unique couche.
[0056] Les propriétés antiadhésives du revêtement R diminuent les possibilités d'interaction
et d'accroche d'agents pathogènes vivants microscopiques tels que les bactéries et
les champignons, freinant par là même leur prolifération.
[0058] L'intérêt d'apporter une protection active au revêtement R est évident car sa mise
en oeuvre se situe à l'étape ultime d'impression du billet, juste avant sa mise au
format fini. Cela va à l'encontre de la solution proposée dans
EP 03740577 (ARJOWIIGGINS) qui décrit la protection du support seul par un couple de biocides
et passe sous silence l'effet barrière antagoniste des encres d'imprimerie (Offset,
Taille Douce, Sérigraphie...) et des « foils » (bande de polyester) sur l'efficacité
réelle du traitement biocide.
[0059] Des travaux ont été menés pour observer les effets de ces impressions sur des billets
de banques.
[0060] La résistance à la salissure a été testée selon le test de salissure sèche (Fritsch).
Il s'agit d'un appareil vibrant où de petites billes de verre viennent étaler et incruster
sur une éprouvette de papier une composition salissante à base de sable, tourbe, charbon
actif, farine, et mono-oléate de glycérine (corps gras présent dans le sébum). Le
test dure 15 minutes. Comme énoncé plus haut, la luminance d'une zone initialement
blanche est mesurée à plusieurs reprises avant et après l'exposition à la composition
salissante. L'écart obtenu ou ΔL, permet de caractériser l'accroche de la salissure
au billet : plus il est petit, meilleure est la résistance à la salissure sèche.
[0061] L'hydrophobie est caractérisée comme la résistance à la pénétration de l'eau mais
aussi sa capacité à repousser cette dernière en surface appelée déperlance. La résistance
à la pénétration de l'eau est donc mesurée à l'aide du test Cobb (60 s). Il s'agit
de la quantité d'eau absorbée par le support en g/m
2 grâce à un gabarit d'imprégnation cylindrique durant un laps de temps de 60 secondes.
Il s'agit d'un test par ailleurs fréquent dans le domaine papetier pour caractériser
l'absorption du papier. Il existe également un Cobb à 300 secondes, cela permet de
voir si l'effet de la couche est toujours présent au bout d'une durée d'exposition
sous l'eau plus longue.
[0062] Quant à la déperlance, c'est la propension naturelle du papier à faire que l'eau
s'écoule sous forme de gouttes à la surface d'un papier, par simple « gravité » lorsque
le substrat est incliné. Il s'agit d'un test d'ordre visuel qui a été corrélé à des
mesures d'angle de contact (θ) d'une goutte d'eau à 500 µs (dont on tire par ailleurs
les valeurs de tensions de surface). C'est en effet à ce moment que l'on peut considérer
que cette goutte est stabilisée à la surface du papier.
[0063] L'oléophobie est mesurée grâce à des tests d'exposition aux corps gras. Une première
méthode dénommée « Kit Test » met en oeuvre un mélange d'huile de ricin (corps gras)
et de solvants à haut point d'ébullition, à savoir le toluène (solvant aromatique)
et le n-heptane (solvant aliphatique).
[0064] En fonction des différentes proportions des produits susmentionnés, on obtient une
composition dont la viscosité et la tension de surface varient inversement à son agressivité,
c'est-à-dire sa capacité d'imprégnation.
[0065] Une composition riche en huile de ricin se situe en bas de l'échelle, alors qu'une
composition riche en solvants lourds se situe en haut de cette même échelle.
[0066] Il y a 12 compositions et il est admis qu'une note supérieure ou égale à 6 confère
une barrière satisfaisante aux graisses. L'évaluation se fait visuellement.
[0067] Un autre test a été mis en oeuvre, il s'agit du test aux acides gras (AG). Le principe
est le même qu'évoqué précédemment mais la composition est un mélange d'acides gras,
dont un est présent dans le sébum. Il s'agit d'un mélange en différentes proportions
d'huile de ricin (fraction lourde), d'acide oléique (fraction intermédiaire) et d'acide
octanoïque (fraction légère) avec des viscosités diminuant. Le test est réalisé à
20°C et à 60°C.
[0068] Il y a 11 compositions à tester et les résultats sont également exprimés sous forme
de notation visuelle. Plus on monte dans l'échelle, plus l'effet barrière aux corps
gras est important, ce qui correspond à une diminution dans la composition de la proportion
en huile de ricin, une augmentation puis une diminution de l'acide oléique et enfin
une augmentation de l'acide octanoïque.
[0069] Dans les tableaux ci-après sont consignés les résultats de tests pour un imprimé
de valeur dont le support est en papier vélin 100% coton, imprimé en en dernier passage
en flexographie avec un vernis SICPAPROTECT 889354 sur des anilox de 6/6,5 cm
3 (recto/verso) et séché sous des lampes UV HÖNLE spectre mercure 200 W/cm à 65% de
leur puissance, puis avec la référence SOLVAY 5134 X base aqueuse séché à l'air chaud
sous des fours dotés de lampes infra rouge/air chaud GRAFIX à 150°C.
[0070] Contre toute attente, les résultats obtenus en traitant le papier coton de billet
de banque avec du 5134 X seul ne donne pas satisfaction (Tableau 1). Ainsi, le test
de salissure, de manière surprenante, est moins bon que lorsque les supports sont
seulement vernis avec le SICPAPROTECT 889354 et si l'hydrophobie est excellente, les
propriétés oléophobes sont quant à elles peu intéressantes.
[0071] Il est par ailleurs confirmé que le papier sans traitement ne possède aucune des
propriétés recherchées et que le papier seulement vernis, s'il présente des qualités
anti-salissures avérées n'est que peu hydrophobe et pas oléophobe.
[0072] Par contre, l'association du vernis et du traitement à base de produit fluoré donne
des résultats inattendus. Une réelle synergie fonctionnelle est obtenue en combinant,
dans cet ordre, le vernis et le produit 5134 X (Tableau 2). Ainsi des gains significatifs
sont observés en anti-salissure et les propriétés d'hydrophobie et d'oléophobie sont
bien présentes et il ne s'agit pas de la simple addition des propriétés rattachées
à chacun des constituants.
[0073] Des tests de durabilité ont été conduits sur les précédents échantillons et il s'avère
que la protection du revêtement R est conservée après des tests d'immersion durant
30 minutes aux solvants polaire (éthanol, acétone, diéthylène-glycol), apolaires (xylène,
pétrole), chlorés (tétrachloroéthylène), à la sueur synthétique, aux acides dilués
à 5% (acétique, chlorhydrique, sulfurique), à la soude diluée à 5%, aux oxydants dilués
à 5% (hypochlorite de sodium, peroxyde d'hydrogène), à l'eau chaude (100°C), à la
lessive industrielle (St Marc, Persil). Par ailleurs le revêtement R conserve ces
propriétés après un test de tenue lumière (48h au Suntest), d'exposition à la chaleur
(120°C, 30 min) et de froissement humide. Enfin, après un test de salissure Fritsch
comme décrit précédemment les propriétés d'hydrophobie et d'oléophobie sont conservées.
[0074] D'autres résultats, non représentés ici, ont permis de montrer qu'il était possible
d'augmenter ces gains pour obtenir des valeurs de résistance à la salissure avec un
ΔL ≤ 5, une déperlance totale, un angle de contact θ ≥ 110°, une note de Kit Test
≥ 7 et une note de tests aux AG ≥ 5 en jouant sur le rapport des quantités déposés
entre le vernis et le produit 5134X. On peut par ailleurs avancer qu'un pré-traitement
de surface par exemple de type corona que ce soit avant le vernis à séchage UV ou
avant le séchage du second vernis à base aqueuse contenant le produit 5134 X influencerait
par ailleurs positivement les résultats exposé ci-avant.
[0075] Des tests de performances ont été conduits avec les autres produits Solvay évoqués
ci-avant et ont mené à des résultats de protection tout à fait similaires.
Tableau 1
| |
ΔL (Fritsch) |
Cobb 60 s |
Déperlance* |
Angle de contact |
Kit Test (max 12) |
Test AG (max 11)** |
| Imprimé seul |
27,6 ± 1,4 |
∼ 60 g/m2 |
1 |
37° ± 3 |
0 |
0 |
| Imprimé calandré*** 2 faces et vernis |
16,1 ± 2,3 |
∼ 50 g/m2 |
2 |
75° ± 4 |
1 |
0 |
| Imprimé calandré 2 faces et traité au 5134 X |
21,2 ± 1,7 |
2 g/m2 < |
3 |
123° ± 3 |
3 |
0 |
* 1 ne déperle pas, absorption rapide ; 2 dépedance faible, absorption ; 3 dépedance
totale, pas d'absorption
** à 20°C
*** signifie que le document est passé deux fois en impression taille-douce, une première
fois au verso et une seconde fois au recto |
Tableau 2
| |
ΔL (Fritsch) |
Cobb 60 s |
Déperlance |
Angle de contact |
Kit Test (max 12) |
Test AG (max 11) |
| Imprimé seul |
27,6 ± 1,4 |
∼ 60 g/m2 |
1 |
37° ± 3 |
0 |
0 |
| Imprimé calandré 2 faces et vernis |
16,1 ± 2,3 |
∼ 50 g/m2 |
2 |
75° ± 4 |
1 |
0 |
| Imprimé calandré 2 faces, vernis et traité au 5134 X |
8,9 ± 2,1 |
g/m2 < |
3 |
110° ± 1 |
7 |
8 |
1. Procédé de traitement de surface d'un billet de banque (1) qui comporte, au moins
sur l'une de ses faces opposées (20, 21), au moins une impression consistant en au
moins un motif (3), cette face (20, 21) et son impression associée (3) étant recouverts
d'un revêtement de protection transparent (R), caractérisé par le fait que l'on procède à la mise en place par impression d'un revêtement contenant un vernis
et un composé chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins
un groupement perfluoro-polyéther (PFPE), sur ladite face (20, 21), et que l'on procède
à son séchage.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ledit revêtement (R) est imprimé sur ladite face sous la forme de deux couches distinctes,
à savoir d'abord une première couche de vernis (4) et ensuite une seconde (5) contenant
ledit composé chimique organique incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins
un groupement perfluoro-polyéther (PFPE), dans une base aqueuse ou dans une base solvant.
3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'on procède au séchage dudit vernis sous un rayonnement ultraviolet.
4. Procédé selon la revendication 2 ou 3 dans lequel ledit composé chimique organique
incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins un groupement perfluoro-polyéther
(PFPE) est dans une base solvant compatible avec la matrice dudit vernis avec lequel
il est mélangé, sous une forme fonctionnalisée c'est-à-dire capable d'interagir avec
cette dernière en formant des liaisons chimiques afin de renforcer son ancrage/accroche,
caractérisé par le fait que l'on procède au séchage de la seconde couche (5) par rayonnement ultraviolet.
5. Procédé selon la revendication 2 ou 3 dans lequel ledit composé chimique est dans
une base aqueuse, caractérisé par le fait que l'on procède au séchage sans altération ni modification chimique dudit composé chimique
organique, par séchage sous air chaud.
6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ledit revêtement (R) est imprimé sur ladite face sous la forme d'un mélange dudit
vernis, polymérisable sous rayonnement ultraviolet, et dudit composé chimique organique
incorporant des atomes de fluor sous forme d'au moins un groupement perfluoro-polyéther
(PFPE), dans une base solvant compatible avec la matrice dudit vernis avec lequel
il est mélangé, sous une forme fonctionnalisée c'est-à-dire capable d'interagir avec
cette dernière en formant des liaisons chimiques afin de renforcer son ancrage/accroche.
7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé par le fait que l'on procède au séchage dudit mélange sous rayonnement ultra-violet.
8. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé par le fait que ledit revêtement (R) incorpore au moins un agent bactéricide et/ou antifongique et/ou
antiviral.
9. Procédé selon les revendications 2 et 8 prises en combinaison, caractérisé par le fait que ledit agent est incorporé dans ladite seconde couche (5).
1. Verfahren zur Oberflächenbehandlung eines Geldscheines (1), der auf mindestens einer
seiner entgegengesetzten Seiten (20, 21) mindestens einen Druck umfasst, der aus mindestens
einem Motiv (3) besteht, wobei diese Seite (20, 21) und ihr zugehöriger Druck (3)
durch einen durchsichtigen Schutzüberzug (R) bedeckt sind, dadurch gekennzeichnet, dass das Anbringen eines Überzugs, der einen Lack und eine organische chemische Verbindung
enthält, die Fluoratome in der Form von mindestens einer Perfluorpolyether-Gruppe
(PFPE) einschließt, durch Drucken auf der Seite (20, 21) vorgenommen wird und seine
Trocknung vorgenommen wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Überzug (R) auf der Seite unter der Form von zwei getrennten Schichten gedruckt
wird, das heißt zuerst einer ersten Lackschicht (4) und dann einer zweiten (5), die
die organische chemische Verbindung enthält, die Fluoratome in der Form von mindestens
einer Perfluorpolyether-Gruppe (PFPE) in einer Wasserbasis oder in einer Lösungsmittelbasis
einschließt.
3. Verfahren nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Trocknung des Lacks unter einer ultravioletten Strahlung vorgenommen wird.
4. Verfahren nach Anspruch 2 oder 3, wobei die organische chemische Verbindung, die Fluoratome
in der Form von mindestens einer Perfluorpolyether-Gruppe (PFPE) einschließt, in einer
Lösungsmittelbasis ist, die mit der Matrix des Lacks, mit dem sie gemischt wird, in
einer funktionalisierten Form verträglich ist, das heißt, in der Lage ist, mit dieser
letzteren durch Bilden von chemischen Verbindungen zu interagieren, um ihre Verankerung/ihr
Anhaften zu verstärken, dadurch gekennzeichnet, dass die Trocknung der zweiten Schicht (5) durch ultraviolette Strahlung vorgenommen wird.
5. Verfahren nach Anspruch 2 oder 3, wobei die chemische Verbindung in einer Wasserbasis
ist, dadurch gekennzeichnet, dass die Trocknung ohne chemische Abwandlung oder Veränderung der organischen chemischen
Verbindung durch Trocknung unter Heißluft vorgenommen wird.
6. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Überzug (R) auf der Seite unter der Form einer Mischung des Lacks, der unter
ultravioletter Strahlung polymerisierbar ist, und der organischen chemischen Verbindung
gedruckt wird, die Fluoratome in der Form von mindestens einer Perfluorpolyether-Gruppe
(PFPE) einschließt, in einer Lösungsmittelbasis ist, die mit der Matrix des Lacks,
mit dem sie gemischt wird, in einer funktionalisierten Form verträglich ist, das heißt,
in der Lage ist, mit dieser letzteren durch Bilden von chemischen Verbindungen zu
interagieren, um ihre Verankerung/ihr Anhaften zu verstärken.
7. Verfahren nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Trocknung der Mischung unter ultravioletter Strahlung vorgenommen wird.
8. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Überzug (R) mindestens ein bakterizides und/oder fungizides und/oder antivirales
Mittel einschließt.
9. Verfahren nach Anspruch 2 und 8 in Kombination, dadurch gekennzeichnet, dass das Mittel in der zweiten Schicht (5) enthalten ist.
1. A process for treating the surface of a banknote (1) which comprises, at least on
one of its opposite faces (20, 21), at least one printed item consisting of at least
one design (3), this face (20, 21) and its associated printed item (3) being covered
by a transparent protective coating (R), characterised in that a coating is applied by printing containing a varnish and an organic chemical compound
incorporating fluorine atoms in the form of at least one perfluoro-polyether group
(PFPE), on said face (20, 21), and in that its drying is carried out.
2. The process as claimed in Claim 1, characterised in that said coating (R) is printed on said face in the form of two distinct layers, specifically
first a first layer de varnish (4) and then a second (5) containing said organic chemical
compound incorporating fluorine atoms in the form of at least one perfluoro-polyether
group (PFPE), in an aqueous base or in a solvent base.
3. The process as claimed in Claim 2, characterised in that drying of said varnish is performed under ultraviolet radiation.
4. The process as claimed in Claim 2 or 3 in which said organic chemical compound incorporating
fluorine atoms in the form of at least one perfluoro-polyether group (PFPE) is in
a solvent base compatible with the matrix of said varnish with which it is mixed,
in functionalised form that is, capable of interacting with the latter by forming
chemical bonds to reinforce its anchoring/grip, characterised in that drying of the second layer (5) is performed by ultraviolet radiation.
5. The process as claimed in Claim 2 or 3 in which said chemical compound is in an aqueous
base, characterised in that the drying is performed without alteration or chemical modification of said organic
chemical compound, by drying in hot air.
6. The process as claimed in Claim 1, characterised in that said coating (R) is printed on said face in the form of a mixture of said polymerisable
varnish under ultraviolet radiation and of said organic chemical compound incorporating
fluorine atoms in the form of at least one perfluoro-polyether group (PFPE), in a
solvent base compatible with the matrix of said varnish with which it is mixed, in
functionalised form, that is, capable of interacting with the latter by forming chemical
bonds to reinforce its anchoring/grip.
7. The process as claimed in Claim 6, characterised in that drying of said mixture is performed under ultraviolet radiation.
8. The process as claimed in any one of the preceding claims, characterised in that said coating (R) incorporates at least one bactericidal and/or antifungal and/or
antiviral agent.
9. The process as claimed in Claims 2 and 8 taken in combination, characterised in that said agent is incorporated in said second layer (5).