[0001] L'invention concerne une butée d'un dispositif de fixation d'une chaussure sur une
planche de glisse. Cette butée est particulièrement adaptée au ski de randonnée. Elle
concerne aussi un dispositif de fixation d'une chaussure sur une planche de glisse
et une planche de glisse en tant que telle équipée d'un tel dispositif de fixation
et/ou d'une telle butée.
[0002] Le document
EP-A1-2353673 décrit une butée d'un dispositif de fixation d'une chaussure sur un ski de randonnée.
La fixation avant de la chaussure repose sur deux mâchoires de la butée articulées
selon des axes de pivotement longitudinaux par rapport à une embase de la butée destinée
à être fixée sur le ski de randonnée. Chaque mâchoire comprend des éléments de retenue
destinés à coopérer avec la chaussure de ski de randonnée. Les deux mâchoires sont
articulées par un système de ressort afin d'occuper une première position stable dite
fermée dans laquelle les éléments de retenue coopèrent avec des parties creuses correspondantes
aménagées latéralement dans la partie antérieure de la chaussure de ski de randonnée,
afin de fixer la chaussure en autorisant uniquement son mouvement de rotation autour
d'un axe transverse au ski, et une seconde position stable dite ouverte dans laquelle
les mâchoires sont écartées de sorte que les éléments de retenue libèrent la chaussure
qui peut être séparée du ski de randonnée. La fixation de la partie avant de la chaussure
sur un ski de randonnée équipé d'une telle butée est réalisée en positionnant la chaussure
alors que les deux mâchoires occupent la seconde position ouverte, puis en appuyant
fortement avec la semelle de la chaussure sur le système à base de ressort qui permet
le passage des mâchoires articulées vers leur première position fermée dans laquelle
elles se rapprochent de la chaussure afin de positionner les éléments de retenue au
sein de parties creuses complémentaires de la chaussure.
[0003] Un inconvénient de telles butées existantes est leur manque de sécurité dans le cas
d'une chute du skieur, notamment dans le cas d'une chute en torsion du skieur dans
une situation en descente de type ski alpin, impliquant un mouvement de torsion de
la chaussure par rapport au ski durant lequel la chaussure reste prisonnière de la
butée, ce qui risque d'induire des blessures du skieur.
[0004] Une manière connue pour libérer automatiquement la chaussure de randonnée pour éviter
une blessure du skieur est de prévoir une talonnière associée à de telles butées existantes,
destinée à la fixation de la partie arrière de la chaussure de randonnée, configurée
de sorte à pouvoir libérer la chaussure en cas de chute, notamment en torsion mais
aussi en chute avant et/ou en chute arrière. Toutefois, de telles talonnières sont
complexes, ce qui entraîne un coût élevé et un poids important, et ne remplissent
pas les critères de sécurité imposés par la norme alpine ISO9462. Cela limite la sécurité
conférée au skieur de randonnée.
[0005] Le document
EP-B1-1393783 décrit un autre type de butée comprenant des mâchoires articulées également selon
des axes longitudinaux sur une partie mobile transversalement. Les mâchoires sont
en contact avec un basculeur qui empêche un basculement des mâchoires tant que la
course de déplacement de la partie mobile est inférieure à une course donnée. Ensuite,
les mâchoires basculent et libèrent la chaussure. Toutefois, cette solution est complexe,
encombrante et lourde en raison de l'existence du basculeur.
[0006] Le document
EP-A1-2431080 décrit une butée ayant une partie fixe et une partie mobile par rotation autour d'un
axe vertical. La partie mobile comprend deux mâchoires associées classiquement par
un mécanisme de genouillère à un levier, solidaires de la partie mobile. Le levier
varie sélectivement entre une position basse plaçant la butée dans une position d'ouverture
où les mâchoires sont écartées pour permettre le chaussage de la chaussure dans la
butée, une position semi-haute dans laquelle les mâchoires sont rapprochées pour placer
la butée dans une position de fermeture adaptée à l'utilisation en descente et une
position haute dans laquelle des éléments de verrouillage solidaires du levier sont
en contact avec une surface de came solidaire de la partie fixe pour bloquer toute
possibilité de retour du levier vers la position semi-haute et vers la position basse,
ce qui permet d'inhiber tout déclenchement des mâchoires et fige la butée dans une
position de marche. Dans la position de fermeture de la butée, occupée en position
semi-haute du levier, la partie mobile peut pivoter sur une course prédéterminée angulaire
limitée, ce pivotement se faisant en opposition à l'action d'un ressort de rappel
de la partie mobile vers une position centrée. Dans la position de marche de la butée,
occupée en position haute du levier, le levier vient se placer entre des ailes latérales
solidaires de la partie fixe, ce qui interdit le mouvement de pivotement de la partie
mobile par rapport à la partie fixe. En cas chute, il se produit dans un premier temps
un déclenchement du talon au niveau de la talonnière. Cela autorise un mouvement d'ensemble
de la chaussure. Durant ce mouvement, la chaussure entraine en rotation la partie
mobile par rapport à la partie fixe, jusqu'à venir en butée en bout de sa course prédéterminée.
Il se produit alors un arrêt brusque de la partie mobile. Dans un deuxième temps,
la prolongation du mouvement de la chaussure en raison de la chute, alors que la partie
mobile est en butée angulaire, provoque une poussée sur l'une des mâchoires qui provoque
l'ouverture des mâchoires et le passage du levier vers sa position basse, libérant
la chaussure. Ainsi, le déclenchement se produit en deux temps : dans le premier temps,
durant la rotation de la partie mobile, les mâchoires sont bloquées en position fermée
et retiennent la chaussure dans la butée, tandis que dans le deuxième temps qui débute
à l'entrée en butée angulaire de la partie mobile, les mâchoires commencent à s'ouvrir
sous l'action de la chaussure et place le levier en position basse. Toutefois, cette
solution est encore complexe, encombrante et lourde. La sécurité conférée est peu
satisfaisante car le déclenchement réclame un mouvement angulaire très important de
la chaussure.
[0007] Le but de la présente invention est de proposer une solution de fixation d'une chaussure
sur une planche de glisse qui remédie aux inconvénients listés ci-dessus.
[0008] Notamment, un premier objet de la présente invention est de fournir une solution
de fixation d'une chaussure simple, peu encombrante, économique et légère.
[0009] Un deuxième objet de la présente invention est de fournir une solution de fixation
d'une chaussure garantissant une sécurité optimale au skieur en cas de chute et limitant
autant que possible les risques de détérioration de matériel.
[0010] En particulier, l'invention vise à proposer une butée permettant un déclenchement
en torsion associée à une talonnière configurée pour assurer un déclenchement uniquement
en chute avant.
[0011] La présente butée est destinée en particulier à respecter aussi bien la norme randonnée
ISO13992 que la norme alpine ISO9462.
[0012] Ces buts peuvent être atteints par l'intermédiaire d'une butée pour dispositif de
fixation d'une chaussure sur une planche de glisse, comprenant une partie fixe destinée
à être fixée sur la planche de glisse, une partie mobile montée sur la partie fixe
avec une possibilité de déplacement relatif ayant au moins une composante transversale
et sur laquelle deux mâchoires sont montées à pivotement selon un axe sensiblement
longitudinal, la butée comprenant un levier actionnable depuis l'extérieur de la butée
et occupant une position de blocage dans laquelle des éléments de blocage solidaires
du levier interdisent un basculement des mâchoires pour maintenir la butée dans une
configuration de fermeture où les mâchoires retiennent la chaussure, la butée comprenant
des éléments déclencheurs coopérant avec les éléments de blocage d'une manière telle
que la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile par rapport à la partie
fixe au-delà d'une course prédéterminée provoque le passage automatique du levier,
notamment depuis la position de blocage, vers une position de libération distincte
de la position de blocage et dans laquelle les éléments de blocage autorisent un basculement
des mâchoires.
[0013] Dans ce contexte, il pourra être avantageux de prévoir que :
- les mâchoires soient mobiles en rotation sur une embase mobile de la partie mobile,
dont le déplacement transversal se pratique à l'encontre d'une force d'un premier
ressort de rappel, rappelant la partie mobile vers une position de repos,
- les éléments de blocage occupent une première position dans laquelle ils bloquent
le pivotement des mâchoires sous l'effet d'un deuxième ressort de rappel distinct
du premier ressort de rappel,
- et les éléments déclencheurs coopèrent avec les éléments de blocage d'une manière
telle que la mise en oeuvre dudit déplacement transversal au-delà d'une course prédéterminée
provoque le passage automatique des éléments de blocage, en s'opposant à l'action
du deuxième ressort de rappel, de la première position vers une deuxième position
dans laquelle les éléments de blocage autorisent un basculement des mâchoires pour
permettre l'ouverture des mâchoires et libérer la chaussure.
[0014] De préférence, le système de montage de la partie mobile sur la partie fixe est tel
que le mouvement de coulissement de la partie mobile par rapport à la partie fixe
se pratique selon une trajectoire rectiligne, notamment sensiblement orientée selon
la direction transversale, ou selon une trajectoire curviligne avec au moins une composante
principalement selon la direction transversale, notamment sensiblement ou exactement
circulaire délimitant une portion de cercle dont le centre est destiné à être situé
à proximité du talon de la chaussure.
[0015] Le système de montage de la partie mobile sur la partie fixe peut comprendre des
éléments de guidage de type glissière assurant un montage à coulissement par translation
d'une embase mobile de la partie mobile sur une embase fixe de la partie fixe. Alternativement,
le système de montage de la partie mobile sur la partie fixe peut comprendre deux
biellettes parallèles entre elles agencées à la manière d'un parallélogramme déformable
assurant un montage à translation circulaire d'une embase mobile de la partie mobile
sur une embase fixe de la partie fixe.
[0016] Les éléments de blocage peuvent notamment être montés de manière articulée, notamment
à rotation, par rapport à la partie mobile pour varier entre une première position
occupée dans la position de blocage du levier et dans laquelle ils bloquent les mâchoires
et la butée dans sa configuration de fermeture, et une deuxième position distincte
de la première position, occupée dans la position de libération du levier et dans
laquelle ils autorisent un basculement des mâchoires et les éléments déclencheurs
peuvent coopérer avec les éléments de d'une manière telle que la mise en oeuvre dudit
déplacement de la partie mobile par rapport à la partie fixe au-delà de la course
prédéterminée provoque le passage automatique des éléments de blocage de leur première
position à leur deuxième position.
[0017] Le levier peut être monté de manière articulée sur la partie mobile.
[0018] La butée peut comprendre un mécanisme de genouillère muni d'un ressort de chaussage/déchaussage
sollicitant le levier et configuré de sorte que la position de blocage et la position
de libération sont des positions stables aux extrémités d'une course totale de basculement
du levier dans laquelle est incluse une position intermédiaire instable du levier
correspondant à un point dur de rebroussement de la genouillère.
[0019] De préférence, les éléments déclencheurs peuvent comprendre des première et deuxième
surfaces d'appui respectivement solidaires des parties mobile et fixe, en contact
l'une contre l'autre en subissant un glissement relatif l'une sur l'autre durant la
mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile, les première et deuxième surfaces
d'appui étant conformées de sorte que ce glissement relatif provoque le passage du
levier de sa position de blocage vers sa position de libération.
[0020] La première surface d'appui peut être portée par les éléments de blocage solidaires
du levier.
[0021] L'une des première et deuxième surfaces d'appui est de préférence constituée par
un ergot et l'autre des première et deuxième surfaces d'appui par un creux dans lequel
pénètre l'ergot préalablement audit déplacement de la partie mobile et conformé de
sorte que l'ergot vienne progressivement à l'extérieur du creux durant le glissement
relatif des première et deuxième surfaces d'appui d'une manière créant le passage
du levier de sa position de blocage vers sa position de libération.
[0022] Le creux peut être solidaire du levier et l'ergot est solidaire de la partie fixe,
mais une disposition inverse peut être prévue.
[0023] La butée peut comprendre une pédale de chaussage solidaire du levier et le creux
peut être formé dans la pédale de chaussage.
[0024] La butée peut comprendre au moins un ressort de déclenchement interposé entre les
parties fixe et mobile et sollicitant la partie mobile dans une position de repos
déterminée par rapport à la partie fixe.
[0025] La butée peut comprendre un moyen de réglage de la raideur du ressort de déclenchement.
[0026] Les éléments de blocage peuvent être sollicités par un ressort de rappel indépendant
du ressort de déclenchement, et sollicitant les éléments de blocage vers une position,
notamment ladite première position, dans laquelle ils interdisent le pivotement des
mâchoires et bloquent la butée dans sa configuration de fermeture.
[0027] La butée peut comprendre des éléments élastiques sollicitant les mâchoires selon
un mouvement de basculement tendant à placer la butée dans une configuration de chaussage.
[0028] Il peut être fait en sorte que dans la configuration de chaussage, la position angulaire
occupée par les mâchoires soit une position intermédiaire entre les positions angulaires
occupées dans les configurations de fermeture et de déclenchement de la butée.
[0029] Les éléments de blocage peuvent être constitués par des flancs latéraux du levier
qui, dans la position de blocage du levier, sont en appui contre des portées d'appui
solidaires des mâchoires, notamment sur leur face interne.
[0030] Ces buts peuvent aussi être atteints par une butée pour dispositif de fixation d'une
chaussure sur une planche de glisse, comprenant une partie fixe destinée à être fixée
sur la planche de glisse, une partie mobile montée sur la partie fixe avec une possibilité
de déplacement relatif ayant au moins une composante transversale, la butée comportant
:
- des mâchoires mobiles en rotation sur une embase mobile de la partie mobile, dont
le déplacement transversal se pratique à l'encontre d'une force d'un premier ressort
de rappel, rappelant la partie mobile vers une position de repos,
- des éléments de blocage qui occupent une première position dans laquelle ils bloquent
le pivotement des mâchoires sous l'effet d'un deuxième ressort de rappel distinct
du premier ressort de rappel,
- et des éléments déclencheurs coopérant avec les éléments de blocage d'une manière
telle que la mise en oeuvre dudit déplacement transversal au-delà d'une course prédéterminée
provoque le passage automatique des éléments de blocage, en s'opposant à l'action
du deuxième ressort de rappel, de la première position vers une deuxième position
dans laquelle les éléments de blocage autorisent un basculement des mâchoires pour
permettre l'ouverture des mâchoires et libérer la chaussure.
[0031] Le système de montage de la partie mobile sur la partie fixe peut être tel que le
mouvement de coulissement de la partie mobile par rapport à la partie fixe se pratique
selon une trajectoire rectiligne, notamment sensiblement orientée selon la direction
transversale, ou selon une trajectoire curviligne avec au moins une composante principalement
selon la direction transversale, notamment sensiblement ou exactement circulaire délimitant
une portion de cercle dont le centre est destiné à être situé à proximité du talon
de la chaussure.
[0032] Les éléments de blocage peuvent être montés de manière articulée, notamment à rotation,
par rapport à la partie mobile de sorte que le passage des éléments de blocage de
la première position à la deuxième position et réciproquement se pratique par un déplacement
des éléments de blocage par pivotement par rapport à la partie mobile selon un axe
dirigé selon la direction transversale.
[0033] Les éléments déclencheurs peuvent comprendre des première et deuxième surfaces d'appui
respectivement solidaires des parties mobile et fixe, en contact l'une contre l'autre
en subissant un glissement relatif l'une sur l'autre durant la mise en oeuvre dudit
déplacement de la partie mobile, les première et deuxième surfaces d'appui étant conformées
de sorte que ce glissement relatif provoque le passage des éléments de blocage de
leur première position vers leur deuxième position.
[0034] Un dispositif de fixation d'une chaussure sur une planche de glisse, peut comprendre
d'une part une telle butée destinée à assurer la fixation d'une partie avant de la
chaussure, d'autre part une talonnière destinée à assurer la fixation d'une partie
arrière de la chaussure sur la planche de glisse, la talonnière étant configurée pour
réaliser un déclenchement de la chaussure uniquement en cas de chute avant du skieur,
le déclenchement de la chaussure hors du dispositif de fixation en cas de chute en
torsion étant réalisé uniquement par la butée.
[0035] Enfin, une planche de glisse, notamment ski de randonnée, peut comprendre une telle
butée et/ou un tel dispositif de fixation.
[0036] D'autres avantages et caractéristiques ressortiront plus clairement de la description
qui va suivre de modes particuliers de réalisation de l'invention donnés à titre d'exemples
non limitatifs et représentés sur les dessins annexés, dans lesquels :
- les figures 1 à 9 illustrent un premier mode de réalisation d'une butée selon l'invention
dans une configuration de fermeture,
- les figures 10 à 13 illustrent la butée des figures précédentes dans une configuration
de chaussage,
- les figures 14 à 16 illustrent la butée des figures précédentes durant le passage
de la configuration de fermeture vers une configuration de déclenchement en torsion,
- les figures 17 à 19 illustrent la butée des figures précédentes dans la configuration
de déclenchement en torsion,
- les figures 20 à 23 illustrent un deuxième mode de réalisation d'une butée selon l'invention,
dans sa configuration de fermeture,
- les figures 24 et 25 illustrent la butée des figures 20 à 23 dans sa configuration
de chaussage,
- les figures 26 à 28 représentent le système de montage de la partie mobile sur la
partie fixe de la butée selon le deuxième mode de réalisation,
- et la figure 29 représente le système de déclenchement interposé entre les parties
mobile et fixe de la butée selon le deuxième mode de réalisation.
[0037] La description suivante concerne une butée 10 d'un dispositif de fixation d'une chaussure
sur une planche de glisse (non représentée). Cette butée 10 assure la fixation de
la partie avant de la chaussure et est particulièrement adaptée à la pratique du ski
de randonnée, mais n'exclut pas une utilisation dans le cadre du ski alpin et/ou du
ski de fond. De manière plus générale, la butée 10 participe à la constitution du
dispositif de fixation de la chaussure sur la planche de glisse, en combinaison avec
une talonnière arrière (non représentée) assurant la fixation de la partie arrière
de la chaussure. Les figures 1 à 19 illustrent un premier mode de réalisation d'une
telle butée 10. Les figures 20 à 29 illustrent un deuxième mode de réalisation d'une
telle butée 10. Pour des raisons de simplification, les références numérales sont
conservées d'un mode de réalisation à l'autre pour les éléments fonctionnels présentant
une même fonction dans les deux modes de réalisation.
[0038] Pour faciliter la compréhension de la suite de la description, un repère orthonormé
est associé à la butée 10, la direction longitudinale X de la butée 10 étant la direction
horizontale orientée de l'arrière vers l'avant de la butée 10. Sa direction transversale
Y correspond à la direction horizontale perpendiculaire à la direction X et orientée
de la droite vers la gauche de la butée 10. La direction verticale Z est perpendiculaire
au plan horizontal défini par les directions X et Y et est orientée vers le haut de
la butée 10.
[0039] Par « butée », il convient de comprendre qu'il s'agit de la partie avant du dispositif
de fixation de la chaussure sur la planche de glisse, cette partie avant coopérant
avec la zone avant de la chaussure pour en assurer sa retenue, que ce soit ou non
avec une possibilité de pivotement angulaire de la chaussure autour d'un axe dirigé
selon la direction transversale.
[0040] La butée, 10 qui appartient donc au dispositif de fixation de la chaussure sur la
planche de glisse, comprend une partie fixe 11 destinée à être fixée sur la planche
de glisse (par exemple par l'intermédiaire de vis de fixation 15), une partie mobile
12 montée sur la partie fixe 11 avec une possibilité de déplacement relatif ayant
au moins une composante transversale. Il peut notamment s'agir d'une possibilité de
mouvement de coulissement ou de translation de la partie mobile 12 par rapport à la
partie fixe 11 selon une trajectoire rectiligne (repérée « T » sur la figure 2), notamment
sensiblement orientée selon la direction Y, ou selon une trajectoire curviligne (repérée
« C » sur la figure 21) avec au moins une composante principalement selon la direction
Y. En particulier, il peut s'agir d'une trajectoire sensiblement ou exactement circulaire
délimitant une portion de cercle dont le centre est destiné à être situé à proximité
du talon de la chaussure. Dans chacun des premier et deuxième modes de réalisation,
le système de montage de la partie mobile 12 sur la partie fixe 11 est configuré de
sorte à permettre ces mouvements de déplacements de la partie mobile 12, selon les
trajectoires T ou C. Il est bien compris ici que la nature de ces possibilités de
déplacement est différente d'un mouvement de pivotement circulaire.
[0041] Dans le premier mode de réalisation, pour constituer le système de montage de la
partie mobile 12 sur la partie fixe 11, une embase mobile 26 de la partie mobile 12
est montée à coulissement par rapport à une embase fixe 27 de la partie fixe 11 par
l'intermédiaire d'éléments de guidage de type glissière assurant une possibilité de
translation, par exemple de forme rectiligne, dirigée transversalement. Ces éléments
de guidage peuvent se présenter sous la forme d'éléments de forme complémentaires
portés par les embases fixe et mobile respectivement.
[0042] Les figures 7, 16 et 19 sont des vues en coupe de la butée 10 selon un plan de coupe
A-A orienté selon les directions Y, Z, passant par les deux mâchoires 13d, 13g et
visible sur la figure 6 qui est une vue latérale de gauche (selon Y) de la butée 10.
La figure 8 est une vue en coupe de la butée 10 selon un plan de coupe B-B orienté
selon les directions Y, Z passant par un ressort de déclenchement 14 évoqué plus loin
et visible sur les figures 4 et 9 qui sont respectivement des vues de dessus selon
Z de la butée 10 et de dessous selon Z de la partie fixe 11.
[0043] La butée 10 comprend deux mâchoires rigides 13d, 13g, respectivement gauche et droite,
décalées selon la direction Y l'une par rapport à l'autre. La butée 10 étant globalement
symétrique de part et d'autre d'un plan médian de symétrie (X, Z), des indices « d
» et « g » sont apposés aux références de certains éléments respectivement de la partie
droite et de la partie gauche de la butée 10. Les mâchoires 13g, 13d comportent des
éléments de retenue 20d, 20g destinés à assurer la retenue de la chaussure lorsque
la butée est dans une configuration de fermeture détaillée plus loin. Ces éléments
de retenue 20d, 20g sont par exemple sous la forme de picots destinés à s'engager
dans des ouvertures latérales ménagées dans la chaussure. Les mâchoires sont montées
à pivotement autour d'axes sensiblement horizontaux Ad, Ag respectifs (voir figure
2) orientés sensiblement dans la direction longitudinale X de la butée 10. Chacune
des mâchoires 13d, 13g est incluse dans le plan de son déplacement par basculement,
les plans de déplacement des deux mâchoires 13d, 13g étant en outre confondus en un
unique plan orienté, notamment suivant les directions Y et Z. L'axe de pivotement
Ad, Ag de chacune des mâchoires 13d, 13g est fixe dans un référentiel lié à la partie
mobile 12 de la butée 10, de sorte que les axes de pivotement des mâchoires sont mobiles
par rapport à la planche de glisse de la même manière que la partie mobile 12, notamment
dans les directions Y et éventuellement Z et/ou X. Chaque axe de pivotement Ad, Ag
peut être parallèle à la direction longitudinale X ou inclus dans un plan (X, Z) en
formant un angle de plus ou moins 10 degrés par rapport à l'horizontale. Chaque axe
Ad, Ag peut notamment être avantageusement incliné vers le bas selon Z en allant en
direction de l'arrière de la butée 10 selon X, ceci afin de favoriser la sortie de
la chaussure après la libération expliquée plus loin dans une configuration de déclenchement
en torsion détaillée plus loin.
[0044] Il en résulte que chaque mâchoire 13d, 13g peut basculer, dans son plan de déplacement,
sur une course angulaire totale respectivement repérée αd, αg sur la figure 16, comprise
entre une position de fermeture (par exemple illustrée sur la figure 7 pour chacune
des deux mâchoires 13d, 13g) correspondant à une position de la mâchoire rapprochée
autant que possible de l'autre mâchoire sur cette course angulaire totale, et une
position d'ouverture (par exemple illustrée sur les figures 19 et 16 pour chacune
des deux mâchoires 13d, 13g) correspondant à une position de la mâchoire écartée autant
que possible de l'autre mâchoire sur cette course angulaire totale. Les deux mâchoires
13d, 13g sont indépendantes de sorte que chacune des mâchoires peut adopter sa position
d'ouverture ou de fermeture indépendamment de la position adoptée par l'autre mâchoire.
Le passage d'une position à l'autre est réalisé par un basculement de la mâchoire
13g, 13d autour de son axe de pivotement Ag, Ad sur toute la course angulaire totale
qui est avantageusement supérieure à 30 degrés, notamment supérieure à 40 degrés,
pour offrir une opportunité de déclenchement en torsion de la chaussure en cas d'efforts
transversaux élevés appliqués par la chaussure sur au moins l'une des mâchoires, notamment
en cas de chute impliquant un mouvement de torsion de la chaussure, pour permettre
la sortie de la chaussure du côté gauche ou du côté droit de la butée 10.
[0045] La butée 10 comprend un levier 16 actionnable manuellement ou avec un bâton, depuis
l'extérieur de la butée 10, entre :
- une position de blocage (figure 3), ou verrouillage, dans laquelle il interdit un
basculement des mâchoires 13d, 13g autour des axes Ad, Ag pour maintenir la butée
10 dans la configuration de fermeture (figures 1 à 9) dans laquelle les mâchoires
13d, 13g sont en position de fermeture et retiennent la chaussure grâce aux éléments
de retenue 20d, 20g,
- et une position de libération (figure 12), ou déverrouillage, dans laquelle le levier
16 et les éléments de retenue 20d, 20g sont dégagés de la chaussure afin d'autoriser
un basculement des mâchoires 13d, 13g vers la position d'ouverture autour des axes
Ad, Ag.
[0046] En position de blocage occupée par le levier 16 sur les figures 1 à 9 et sur les
figures 14 et 15, le levier 16 interdit le mouvement de basculement des deux mâchoires
13d, 13g vers leurs positions d'ouverture et au contraire les bloque dans leurs positions
de fermeture. Par contre, lorsqu'il est en position de libération, ce qui est le cas
sur les figures 10 à 13 après une action volontaire de l'utilisateur au niveau d'un
élément d'actionnement 17 détaillé plus loin ou après une action automatique via des
éléments déclencheurs après un déplacement suffisant de la partie mobile 12 par rapport
à la partie fixe, le levier 16 autorise le passage des deux mâchoires 13d, 13g de
leurs positions de fermeture vers leurs positions d'ouverture, et inversement.
[0047] Chaque mâchoire 13d, 13g comprend à cet effet une portée d'appui, respectivement
18d, 18g, située dans la partie inférieure de la mâchoire correspondante, notamment
en dessous de l'axe de pivotement Ad, Ag correspondant à cette mâchoire et sur leurs
faces internes. Ces portées d'appui sont visibles sur la figure 7, se font face suivant
la direction transversale et sont destinées à coopérer par contact avec des éléments
de blocage solidaires du levier 16. Les éléments de blocage sont par exemple formés
respectivement par deux flancs latéraux 25d, 25g, par exemple formés dans le levier
16 en étant délimités par le levier 16 lui-même. Les éléments de blocage et les portées
d'appui sont conformées d'une manière telle que les portées d'appui 18d, 18g sont
en contact contre les flancs 25d, 25g du levier 16 lorsqu'il occupe la position de
blocage afin d'interdire le basculement des mâchoires 13d, 13g vers la position d'ouverture.
Il s'agit de la situation représentée sur les figures 7 et 23. Par contre, le contact
entre les portées d'appui 18d, 18g et les flancs latéraux 25d, 25g du levier 16 constitutifs
des éléments de blocage solidaires du levier 16 est supprimé lorsque le levier 16
occupe sa position de libération, ce qui permet d'autoriser le basculement de chaque
mâchoire 13d, 13g de la position de fermeture vers la position d'ouverture ou réciproquement
de la position d'ouverture vers la position de fermeture. Ces portées d'appui 18d,
18g peuvent être sensiblement verticales, et présenter avantageusement une légère
inclinaison transversale selon Y vers l'extérieur de la butée 10 en allant vers le
haut selon Z. L'angle d'inclinaison entre la portée d'appui 18d, 18g et la direction
verticale Z peut être de l'ordre de 5 degrés. Cela permet de diminuer les frottements
mécaniques entre les flancs latéraux 25d, 25g du levier 16 et les portées d'appui
18d, 18g des mâchoires durant le passage du levier 16 vers sa position de libération.
Cela permet aussi d'adapter automatiquement la position verticale occupée par le levier
16 lorsqu'il est dans sa position de blocage, en fonction de la hauteur et/ou de la
largeur réelles de la semelle de la chaussure.
[0048] La nature des éléments de blocage peut toutefois être différente de celle évoquée
ci-dessus, dès lors que la fonction de blocage décrite est remplie, notamment en fonction
de la nature du montage des mâchoires sur la partie mobile 12.
[0049] Dans les deux modes de réalisation, les éléments de blocage 25d, 25g sont dits solidaires
du levier 16 en ce sens qu'ils viennent de matière avec le reste du levier de sorte
à former un levier monobloc ou qu'ils sont montés sur le levier 16 de manière fixe
ou avec une éventuelle possibilité de déplacement par rapport au reste du levier 16,
par exemple par articulation, suivant les besoins.
[0050] La butée 10 comprend des éléments déclencheurs, détaillées plus loin, coopérant avec
les éléments de blocage, c'est-à-dire ici les flancs latéraux 25d, 25g, d'une manière
telle que la mise en oeuvre du déplacement au moins transversal de la partie mobile
12 par rapport à la partie fixe 11 au-delà d'une course prédéterminée provoque le
passage automatique du levier 16 vers la position de libération. Autrement dit, la
mise en oeuvre du déplacement de la partie mobile 12 par rapport à la partie fixe
11 au-delà de cette course prédéterminée, ce déplacement résultant de l'application
d'efforts de déclenchement en torsion par la chaussure sur au moins l'une des mâchoires
13d, 13g, a pour effet de provoquer le passage du levier 16 de sa position de blocage
à sa position de libération. Par contre, en-deçà de cette course prédéterminée, le
levier 16 reste dans sa position de blocage et maintient les mâchoires 13d, 13g dans
leurs positions de fermeture qui continuent de retenir la partie avant de la chaussure.
La course prédéterminée est notamment comprise entre 5 et 15 mm environ, et est notamment
sensiblement égale à 10 mm environ.
[0051] De plus, la butée 10 est configurée de sorte que le basculement d'au moins l'une
des mâchoires 13d, 13g, ce basculement étant autorisé par les éléments de blocage
dans la position de libération du levier 16 qui est occupée automatiquement consécutivement
au déplacement au moins transversal de la partie mobile 12, provoque le passage de
la butée 10 vers la configuration dite de déclenchement en torsion. Dans cette configuration
de déclenchement en torsion, la butée est telle que la chaussure est libérée des mâchoires
13d, 13g, sous l'effet de l'application d'efforts de déclenchement en torsion par
la chaussure sur ladite mâchoire 13d, 13g. Autrement dit, un basculement d'au moins
l'une des mâchoires 13d, 13g consécutif au déplacement de la partie mobile 12 par
rapport à la partie fixe 11 au-delà de la course prédéterminée permet le passage de
la butée 10 de la configuration de fermeture vers la configuration de déclenchement
en torsion, libérant automatiquement la chaussure des mâchoires en cas d'application
d'efforts de déclenchement en torsion par la chaussure sur au moins l'une des mâchoires.
La position adoptée par ladite au moins une mâchoire ayant basculée dans la configuration
de déclenchement correspond à la position d'ouverture définie précédemment.
[0052] Par ailleurs, un basculement des mâchoires 13d, 13g consécutif à un actionnement
volontaire du levier 16 par l'utilisateur de sa position de blocage vers sa position
de libération, par application manuelle d'efforts par ce dernier au niveau de l'élément
d'actionnement 17 du levier 16, permet le passage de la butée 10 de la configuration
de fermeture vers une configuration dite de chaussage permettant une mise en place
de la chaussure entre les mâchoires 13d, 13g. La position adoptée par les mâchoires
dans la configuration de chaussage peut être la position d'ouverture ou une position
angulaire intermédiaire entre les positions extrémales d'ouverture et de fermeture
définies précédemment. Ainsi dans la configuration de chaussage, la position angulaire
occupée par les mâchoires peut donc être une position intermédiaire entre les positions
angulaires occupées dans les configurations de fermeture et de déclenchement de la
butée 10, évitant une nécessité d'écartement des mâchoires au-delà des besoins pour
la mise en place de la chaussure entre celles-ci.
[0053] Autrement dit, lorsque le levier 16 est en position de blocage de la manière illustrée
au moins sur les figures 1 à 9 afin de bloquer la butée 10 dans sa configuration de
fermeture, il peut ensuite être placé dans sa position de libération :
- soit au moyen d'une application volontaire de la part de l'utilisateur d'efforts sur
le levier 16 au niveau de l'élément d'actionnement 17, afin de placer la butée 10
dans la configuration de chaussage pour laquelle aucun déplacement de la partie mobile
12 n'est nécessaire (il s'agit alors de la configuration représentée sur les figures
10 à 13),
- soit lorsque la partie mobile 12 est déplacée le long de la trajectoire T sur une
course supérieure à la course prédéterminée précédemment évoquée par rapport à la
partie fixe 11, sous l'effet de l'application par la chaussure d'efforts transversaux
sur au moins l'une des mâchoires durant une chute impliquant une torsion de la chaussure
: la butée 10 est alors automatiquement mise dans la configuration de déclenchement
en torsion, de la manière représentée sur les figures 17 à 19.
[0054] Les figures 14 et 15 représentent la butée 10 durant le passage vers la configuration
de déclenchement en torsion avant que le levier 16 n'ait libéré les mâchoires 13d,
13g et donc avant que celles-ci n'ait commencé à basculer, tandis que la figure 16
représente la butée 10 durant le passage vers la configuration de déclenchement en
torsion lorsque le levier 16 a commencé à libérer les mâchoires 13d, 13g et donc lorsque
celles-ci ont commencé à basculer, mais avant que le levier 16 n'ait atteint sa position
de libération.
[0055] Concrètement, la configuration de fermeture de la butée 10 correspond à un état de
celle-ci dans lequel chacune des deux mâchoires 13d, 13g est placée dans sa position
de fermeture.
[0056] Ainsi, la configuration de déclenchement en torsion est automatiquement occupée en
cas d'une chute en torsion, qu'elle soit de type torsion pure ou non, c'est-à-dire
combinée éventuellement à de la chute avant et/ou de la chute arrière du skieur.
[0057] La description précédente de la configuration de déclenchement en torsion doit être
interprétée comme impliquant que la course de basculement angulaire d'au moins une
mâchoire 13d, 13g entre la configuration de fermeture et la configuration de déclenchement
en torsion de la butée 10 est telle que la chaussure peut s'échapper de l'espace entre
les mâchoires 13d, 13g par un mouvement de la chaussure ayant au moins une composante
selon la direction transversale Y, éventuellement associée à une composante verticale
selon Z dirigée vers le haut. Cette course de basculement angulaire peut avantageusement
être supérieure à environ 30 degrés, notamment supérieure à 45 degrés, par exemple
sensiblement égale à 55 degrés, de sorte que dans la configuration de déclenchement
en torsion, la chaussure puisse s'échapper librement de l'espace entre les mâchoires
13d, 13g par un mouvement sensiblement horizontal de la chaussure suivant les directions
longitudinale X et transversale Y, en passant par-dessus au moins une mâchoire 13d,
13g, notamment par-dessus la mâchoire basculée en position d'ouverture sous l'effet
des efforts transversaux de torsion par la chaussure après le passage du levier 16
vers la position de libération provoqué automatiquement par le déplacement de la partie
mobile 12 par rapport à la partie fixe 11.
[0058] La butée 10 peut comprendre, dans chacun de ses premier et deuxième modes de réalisation,
des éléments élastiques (non représentés) sollicitant les mâchoires 13d, 13g selon
un mouvement de basculement tendant à placer la butée 10 dans la configuration de
chaussage. Chaque élément élastique peut notamment prendre la forme d'un ressort de
torsion sollicitant les mâchoires 13d, 13g selon un mouvement de basculement tendant
à les écarter de la configuration de fermeture de la butée 10. Autrement dit, chaque
élément élastique associé à une mâchoire donnée a tendance à solliciter cette mâchoire
dans un mouvement de basculement dans un sens de pivotement allant de la position
de fermeture vers la position d'ouverture de la mâchoire. Toutefois, ces dispositions
ne sont que facultatives en ce sens qu'un tel élément élastique peut être absent.
La butée 10 peut en effet être configurée de sorte que le passage de chaque mâchoire
de sa position de fermeture vers sa position d'ouverture peut résulter :
- d'un effet de gravité appliqué aux mâchoires pour le passage vers la configuration
de déclenchement de torsion ou vers la configuration de chaussage,
- et/ou de l'effet des efforts transversaux appliqués par la chaussure durant un déplacement
transversal de celle-ci pour le passage vers la configuration de déclenchement de
torsion,
- et/ou de l'effet des efforts transversaux appliqués par la chaussure durant un déplacement
vertical de celle-ci pour le passage vers la configuration de chaussage.
[0059] Dans ces dernières variantes, le levier 16 s'oppose à tout basculement des mâchoires
13d, 13g vers leurs positions d'ouverture susceptible d'apparaitre sous l'effet de
la gravité et/ou sous l'effet d'efforts transversaux appliqués par la chaussure durant
son déplacement vertical pendant le chaussage de la chaussure dans la butée et/ou
sous l'effet des efforts transversaux appliqués par la chaussure durant le déplacement
transversal de la partie mobile 12 durant une chute en torsion et/ou sous l'effet
des éléments élastiques évoqués ci-dessus. Cette action de blocage du levier 16 est
réalisée par ses éléments de blocage constitués ici par les flancs latéraux 25d, 25g
qui sont en appui contre les portées d'appui 18d, 18g, tant que le levier 16 est en
position de blocage. Le levier 16 autorise ensuite ce basculement des mâchoires sous
l'effet de ces différents types d'efforts dès qu'il vient occuper la position de libération
s'accompagnant de la séparation du contact entre les portées d'appui 18d, 18g et les
éléments de blocage solidaires du levier 16.
[0060] Le levier 16 est monté de manière articulée sur la partie mobile 12 et est par exemple
articulé en avant des mâchoires 13d, 13g selon la direction longitudinale X et est
configuré de sorte à varier de position par un mouvement de basculement autour d'un
axe de pivotement repéré « D », par exemple orienté parallèlement à la direction transversale
Y. Il reste toutefois envisageable que le levier 16 soit monté, notamment de manière
articulée, sur la partie fixe de la butée 10.
[0061] Le levier 16 peut comprendre une pédale de chaussage 19, d'un côté arrière par rapport
à l'axe D, configurée pour former un appui pour la chaussure dans la direction verticale
Z tel qu'un déplacement de la chaussure dirigé vers le bas en direction de la partie
fixe 11 et donc en direction de la planche de glisse suivant la direction verticale
Z, en particulier lors du chaussage de la chaussure dans les éléments de retenue 20d,
20g solidaires des mâchoires, provoque un basculement du levier 16 vers la position
de blocage dans laquelle il maintient la butée 10 dans sa configuration de fermeture
en raison de son action de blocage des mâchoires 13d, 13g dans leurs positions de
fermeture au niveau de leurs portées d'appui 18d, 18g grâce aux éléments de blocage
formés dans cet exemple par les flancs latéraux 25d, 25g du levier. Ce mouvement de
basculement du levier 16 vers la position de blocage entraine de manière automatique
le retour de chaque mâchoire vers sa position de fermeture. Autrement dit, les éléments
de blocage 25d, 25g sont constitués par des flancs latéraux du levier 16 qui, dans
la position de blocage du levier 16, sont en appui contre des portées d'appui 18d,
18g solidaires des mâchoires 13d, 13g, notamment sur leur face interne.
[0062] La pédale de chaussage 19 est en outre configurée de sorte à former un appui selon
Z tel qu'un basculement du levier 16 vers sa position de libération résultant du passage
de la butée 10 de la configuration de fermeture vers la configuration de déclenchement
en torsion provoque un soulèvement de la chaussure par la pédale de chaussage 19 dans
la direction verticale Z vers le haut dans un sens opposé à la planche de glisse afin
de faciliter l'interruption de la coopération entre la chaussure et les éléments de
retenue 20d, 20g portés par les mâchoires 13d, 13g. La portée d'appui 18d, 18g portée
par toute mâchoire qui bascule durant le passage vers la configuration de déclenchement
de torsion sous l'effet des efforts transversaux appliqués par la chaussure sur cette
mâchoire durant un déplacement transversal de la chaussure et de la partie mobile
12 participe, en raison de son contact avec le levier 16, au basculement du levier
16 vers sa position de libération.
[0063] D'autre part, le levier 16 comprend l'élément d'actionnement 17 précédemment mentionné,
disposé d'un côté avant par rapport à l'axe D et destiné à permettre l'application
sur le levier 16 d'efforts principalement orientés selon la direction Z. Il s'agit
d'efforts manuels ou appliqués par l'intermédiaire d'un bâton. L'agencement de l'élément
d'actionnement 17 est tel que l'application de ces efforts provoquent un basculement
du levier 16 vers la position de libération dans laquelle il autorise le passage de
la butée 10 vers sa configuration de chaussage et donc le basculement des mâchoires
13d, 13g en direction de leurs positions d'ouverture, notamment le passage des mâchoires
13d, 13g vers leur position intermédiaire entre les positions angulaires occupées
dans les configurations de fermeture et de déclenchement de la butée 10.
[0064] De manière générale, les éléments déclencheurs comprennent des première et deuxième
surfaces d'appui respectivement solidaires de la parties mobile 12 et de la partie
fixe 11. Les première et deuxième surfaces d'appui sont en contact l'une contre l'autre
et subissent un glissement relatif l'une sur l'autre durant la mise en oeuvre du déplacement
de la partie mobile 12 depuis sa position de repos le long de la trajectoire T lorsque
des efforts transversaux sont appliqués par la chaussure sur une mâchoire durant un
déplacement transversal de la chaussure au cours d'une chute du skieur impliquant
une torsion de la chaussure. Les première et deuxième surfaces d'appui sont conformées
de sorte que ce glissement relatif provoque le passage du levier 16 de sa position
de blocage vers sa position de libération.
[0065] Dans le mode de réalisation illustré qui présente l'avantage de sa simplicité, l'une
des première et deuxième surfaces d'appui est constituée par un ergot 21 et l'autre
des première et deuxième surfaces d'appui est constituée par un creux 22 dans lequel
pénètre l'ergot 21 préalablement au déplacement de la partie mobile 12 depuis sa position
de repos et conformé de sorte que l'ergot 21 vienne progressivement à l'extérieur
du creux 22 durant le glissement relatif des première et deuxième surfaces d'appui
d'une manière créant le passage du levier 16 de sa position de blocage vers sa position
de libération.
[0066] Dans les deux modes de réalisation illustrés où le levier 16 est solidaire de la
partie mobile 12, le creux 22 est solidaire du levier 16, notamment en étant formé
dans la pédale de chaussage 19 elle-même solidaire du levier 16 dans le cas du premier
mode de réalisation, tandis que l'ergot 21 est solidaire de la partie fixe 11.
[0067] Ces dispositions sont visibles sur les figures 7, 16 et 19. Sur la figure 7, l'ergot
21 pénètre dans le creux 22 lorsque le déplacement de la partie mobile 12 n'a pas
encore eu lieu, c'est-à-dire tant que la butée 10 est dans sa configuration de fermeture
et dans sa configuration de chaussage. Le creux 22 et l'ergot 21 sont conformés de
sorte que l'ergot 21 vient progressivement à l'extérieur du creux 22 durant le glissement
relatif de l'ergot 21 par rapport au creux 22 d'une manière créant le passage du levier
16 de sa position de blocage vers sa position de libération. Sur la figure 16, l'ergot
21 a déjà glissé par rapport au creux 22 et est très proche de son bord périphérique.
Le levier 16 n'a pas encore basculé vers sa position de libération, il a juste subi
un basculement autour de l'axe D résultant de l'effet de soulèvement appliqué par
l'ergot 21. Par contre, sur la figure 19, l'ergot 21 est venu à l'extérieur du creux
22 en franchissant le bord périphérique du creux 22, ce mouvement ayant provoqué le
basculement du levier 16, depuis sa position de la figure 16, vers sa position de
libération.
[0068] Une organisation inversée est tout à fait envisageable dans laquelle l'ergot 21 est
solidaire de la partie mobile 12 tandis que le creux 22 est formé dans la partie fixe
11.
[0069] La butée 10 selon le premier mode de réalisation comprend un mécanisme de genouillère
(visible sur les figures 3 et 12) sollicitant le levier 16 et configuré de sorte que
la position de blocage et la position de libération sont des positions stables aux
extrémités d'une course totale de basculement du levier dans laquelle est incluse
une position intermédiaire instable du levier correspondant à un point dur de rebroussement.
Le terme « stable » signifie qu'il s'agit d'une position adoptée naturellement en
l'absence d'efforts extérieurs appliqués au levier au niveau de la pédale de chaussage
19 et au niveau de l'élément d'actionnement 17. Ce mécanisme de genouillère comprend
par exemple un ressort de chaussage/déchaussage 23 dont les extrémités sont montées
articulées selon des axes C, E respectivement sur le levier 16 et sur la partie mobile
12. Le point dur de rebroussement correspond à une organisation non représentée dans
laquelle les axes C, D et E sont alignés dans laquelle la compression du ressort de
chaussage/déchaussage 23 est maximale. Par contre, les positions stables de blocage
et de libération respectivement représentées sur les figures 3 et 12 correspondent
à une organisation dans laquelle les axes C, D et E ne sont pas alignés (l'axe C étant
respectivement en haut ou en bas de la droite passant par les axes E et D) et dans
lesquelles la compression du ressort de chaussage/déchaussage 23 est minimale.
[0070] Les première et deuxième surfaces d'appui, c'est-à-dire ici l'ergot 21 et le creux
22, sont conformées de sorte que leur glissement relatif durant le déplacement de
la partie mobile 12 a pour effet de provoquer un basculement du levier 16 sur une
course angulaire allant de la position stable de blocage vers une position située
entre le point dur de rebroussement et la position stable de libération. Ainsi, suite
au déplacement de la partie mobile 12 au-delà de la course prédéterminée qui a pour
effet de provoquer le basculement du levier 16 vers la position intermédiaire instable,
c'est l'action du mécanisme de genouillère sur le levier 16 qui provoque le basculement
de celui-ci de la position intermédiaire instable vers la position stable de libération,
afin de placer la butée 10 dans sa configuration de déclenchement en torsion.
[0071] Le creux 22 peut avoir une forme quelconque dès lors qu'elle est adaptée à la fourniture
d'un fonctionnement tel que développé ci-dessus. Dans la variante représentée, le
creux 22 présente un profil, vu en coupe (Y, Z), en forme d'arc de cercle conférant
une progressivité du mouvement du levier 16 durant le déplacement de la partie mobile
12 et participe à un effet de recentrage de la partie mobile 12 vers sa position de
repos expliquée plus loin. Toutefois, dans sa partie centrale, le profil du creux
22 vu en coupe (Y, Z) peut être différente, par exemple sous la forme d'un plat horizontal
selon Y. Cela permet de garantir que lorsque l'ergot 21 est en appui au niveau dudit
plat, le levier 16 n'est pas sollicité vers sa position de libération.
[0072] Les première et deuxième surfaces d'appui, c'est-à-dire ici l'ergot 21 et le creux
22, pourraient toutefois être conformées de sorte que leur glissement relatif durant
le déplacement de la partie mobile 12 ait pour effet de provoquer un basculement du
levier 16 sur sa course angulaire totale allant de la position stable de blocage vers
sa position stable de libération.
[0073] Comme indiqué précédemment, la butée 10 comprend un ressort de déclenchement 14 interposé
entre les parties mobile et fixe 12, 11 et sollicitant la partie mobile 12 dans une
position de repos déterminée par rapport à la partie fixe 11. Le ressort de déclenchement
14 s'étend, dans le premier mode de réalisation, selon un axe orienté sensiblement
selon la direction transversale Y de la butée qui comprend aussi un moyen de réglage
24 (figure 5) de la raideur du ressort de déclenchement 14, par exemple à l'aide d'un
système vis-écrou accessible selon une direction transversale Y depuis l'un des côtés
de la butée 10. La configuration de chaussage de la butée 10 correspond à une organisation
de la butée 10 dans laquelle la partie mobile 12 est dans sa position de repos et
les mâchoires sont dans le même temps dans leurs positions d'ouverture. Par contre,
le déplacement transversal de la partie mobile 12 depuis sa position de repos durant
le passage de la butée 10 vers la configuration de déclenchement en torsion, sous
l'effet des efforts transversaux appliqués par la chaussure sur l'une des mâchoires
durant un déplacement transversal de la chaussure en cas de chute du skieur avec un
mouvement de torsion, s'accompagne d'une mise en compression progressive du ressort
de déclenchement 14 qui a tendance à rappeler la partie mobile 12 vers sa position
de repos dès que ces efforts cessent.
[0074] Au moment du chaussage et du déchaussage par l'action volontaire de l'utilisateur
sur le levier 16, seul le ressort 23 du mécanisme de genouillère est sollicité. Les
efforts nécessaires à cette action sont avantageusement faibles, notamment inférieurs
à 110 N environ et constants quel que soit le réglage de la fixation selon la norme
alpine ISO9462. Ils sont notamment indépendants du réglage de la raideur du ressort
de déclenchement 14. Pendant la phase de rappel automatique de la partie mobile 12
vers sa position de repos à la suite d'une configuration de déclenchement, seule la
raideur du ressort de déclenchement 14 intervient en raison du fait que le ressort
23 du mécanisme de genouillère est alors très peu ou pas sollicité. Au cours du déclenchement,
comme la partie mobile 12 se déplace et le levier 16 bascule, les deux ressorts 14
et 23 sont sollicités et participent à la définition du seuil d'effort de déclenchement
de la butée.
[0075] Finalement, comme indiqué précédemment, le dispositif de fixation de la chaussure
sur la planche de glisse, comprend d'une part une telle butée 10 destinée à assurer
la fixation de la partie avant de la chaussure, d'autre part une talonnière non représentée
destinée à assurer la fixation d'une partie arrière de la chaussure sur la planche
de glisse. Grâce à l'aménagement d'une butée 10 telle que précédemment décrite, le
déclenchement de la chaussure hors du dispositif de fixation en cas de chute en torsion
peut avantageusement être réalisé uniquement par la butée 10. La talonnière peut donc
être configurée pour réaliser un déclenchement de la chaussure uniquement en cas de
chute avant du skieur, et non pas pour réaliser le déclenchement en torsion. Même
dans le cadre de la pratique de ski de randonnée, l'utilisation d'une talonnière simple
devient possible, ce qui entraîne un coût moindre et un poids moindre du dispositif
de fixation par rapport à l'art antérieur. Cela favorise la performance du ski de
randonnée pour lequel le poids global est couramment un critère essentiel.
[0076] Le deuxième mode de réalisation est illustré sur les figures 20 et suivantes.
[0077] Une première différence concerne la nature du système de montage de la partie mobile
12 sur la partie fixe 11 de la butée 10. Dans le deuxième mode de réalisation, pour
constituer le système de montage de la partie mobile 12 sur la partie fixe 11, l'embase
mobile 26 de la partie mobile 12 est montée à translation circulaire par rapport à
l'embase fixe 27 de la partie fixe 11 par l'intermédiaire deux biellettes 28 parallèles
entre elles agencées à la manière d'un parallélogramme déformable. Chaque biellette
28 comprend une première extrémité 28a articulée sur l'embase fixe 27 et une deuxième
extrémité 28b, opposée à la première extrémité 28a, articulée sur l'embase mobile
26. Le mouvement d'articulation des deux biellettes 28 par rapport aux embases mobile
et fixe confère une possibilité de translation curviligne, notamment circulaire, dirigée
transversalement. La trajectoire de la partie mobile est repérée C sur la figure 21.
[0078] Une deuxième différence repose sur la suppression de la pédale de chaussage 19 et
du mécanisme de genouillère utilisés dans le premier mode de réalisation. Le levier
16 et son principe de fonctionnement par rapport aux éléments de bocage 25d, 25g et
des mâchoires 13d, 13g sont conservés mais la nature de son montage sur le reste de
la partie mobile 12 est différente. Un ressort de rappel 32 sollicite en permanence
le levier 16 vers sa position de blocage dans laquelle les éléments de blocage 25d,
25g solidaires du levier 16 interdisent un basculement des mâchoires 13d, 13g, par
leur contact contre les portées d'appui 18d, 18g. Le ressort de rappel 32 (figure
21) est par exemple constitué par au moins un ressort de torsion ayant au moins une
première patte liée au levier 16, notamment avec une possibilité de glissement relatif
de la première patte par rapport au corps du levier 16, et au moins une deuxième patte
liée à l'embase mobile 26 de la partie mobile 12. Pour permettre de faire basculer
le levier 16 vers sa position de libération depuis la position de blocage, par exemple
au moment du chaussage, il convient d'appuyer sur l'élément d'actionnement 17 à la
main, avec une chaussure ou avec son bâton. En venant occuper la position de libération,
le levier 16 permet de déplacer les éléments de blocage 25d, 25g vers une position
dans laquelle ils autorisent le pivotement des mâchoires 13d, 13g. Ainsi, ce pivotement
volontaire du levier 16 place la butée 10 dans sa configuration de chaussage, les
mâchoires étant suffisamment ouvertes vers l'extérieur de la butée pour permettre
la mise en place de la chaussure entre les éléments de retenue 20d, 20g. Il convient
donc de préciser que, contrairement au fonctionnement conféré par le mécanisme de
genouillère dans le premier mode de réalisation, la position de libération du levier
16 dans le deuxième mode de réalisation est une position instable. L'opération de
chaussage est très facile à réaliser sans effort important à vaincre du fait que l'utilisateur
va contre la force faible du ressort de rappel 32 sollicitant le levier 16. Dans le
deuxième mode de réalisation, seule la position de blocage du levier 16 est une position
stable, étant continuellement sollicité vers cette position par le ressort de rappel
32, qui peut d'ailleurs être de toute autre nature que celle décrite précédemment
dès lors que la fonction recherchée est remplie.
[0079] En référence aux figures 26 à 29, une troisième différence repose sur l'organisation
du ressort de déclenchement 14 qui est de nature différente de celle mise en oeuvre
dans le premier mode de réalisation. Comme indiqué précédemment, la butée 10 comprend
au moins un ressort de déclenchement 14. Dans l'exemple particulier illustré, deux
tels ressorts 14 sont interposés entre les parties mobile et fixe 12, 11 et sollicitent
la partie mobile 12 dans une position de repos déterminée par rapport à la partie
fixe 11. Les deux ressorts de déclenchement 14 sont parallèles et s'étendent, dans
le deuxième mode de réalisation, selon un axe orienté sensiblement selon la direction
longitudinale X de la butée 10. Les deux ressorts 14, solidaires de la partie mobile
12, sollicitent longitudinalement un piston 29 appartenant à la partie mobile et déplaçable
selon la direction longitudinale X par rapport à l'embase mobile. Le piston 29, agencé
du côté avant de la butée 10 selon X tandis que les éléments déclencheurs sont agencés
du côté arrière de la butée suivant X, présente une première surface d'appui 30 convexe,
en forme de dôme par exemple. La première surface d'appui 30 est en contact permanent
contre une deuxième surface d'appui 31 portée par la partie fixe 11, mais avec une
possibilité de glissement relatif entre les surfaces d'appui 30, 31 dans la direction
transversale Y. La forme de la deuxième surface d'appui 31 est concave et sensiblement
complémentaire de celle de la première surface d'appui 30. La forme de ces surfaces
30, 31, par exemple sous la forme de rampes, de part et d'autre de l'axe longitudinal
médian dans la direction transversale permet de régler le recentrage de la partie
mobile 12 de la butée 10 transversalement ainsi que la forme de la courbe de déclenchement
de la butée 10. La position de repos de la partie mobile 12 correspond à la position
adoptée par la partie mobile 12 lorsque la première surface d'appui 30 est logée et
centrée transversalement dans le fond de la cavité délimitée par la deuxième surface
d'appui 31. C'est la position normalement adoptée en dehors des situations de déplacement
transversal de la partie mobile 12 et de déclenchement automatique de la butée 10.
[0080] La configuration de chaussage de la butée 10 correspond à une organisation de la
butée 10 dans laquelle la partie mobile 12 est dans sa position de repos ci-dessus
et les mâchoires sont dans le même temps dans leurs positions d'ouverture. Elle est
adoptée en abaissant le levier 16 vers sa position de libération. Par contre, le déplacement
transversal de la partie mobile 12 depuis sa position de repos durant le passage de
la butée 10 vers la configuration de déclenchement en torsion, sous l'effet des efforts
transversaux appliqués par la chaussure sur l'une des mâchoires durant un déplacement
transversal de la chaussure en cas de chute du skieur avec un mouvement de torsion,
s'accompagne d'un glissement relatif des surfaces 30, 31 et d'une mise en compression
progressive selon la direction longitudinale X des deux ressorts de déclenchement
14 par l'intermédiaire du piston 29, qui ont tendance à rappeler la partie mobile
12 vers sa position de repos dès que ces efforts cessent. Le deuxième mode de réalisation
comprend toujours un moyen de réglage 24 de la raideur des deux ressorts de déclenchement
14 (figure 29).
[0081] La butée 10 selon le deuxième mode de réalisation comprend des éléments déclencheurs
de même nature et de même fonction que celles décrites en relation avec le premier
mode de réalisation.
[0082] Sur la figure 23, l'embase fixe 27 est absente pour permettre de faciliter la compréhension
du montage. L'ergot 21 solidaire de la partie fixe 11 est en contact avec le creux
22 porté par le levier 16 appartenant à la partie mobile 12. Le levier 16 est en position
de blocage, l'élément d'actionnement 17 étant basculé vers le haut, et les éléments
de blocage 25d, 25g sont en appui contre les portées d'appui 18d, 18g des mâchoires
pour en interdire tout mouvement de pivotement par rapport à l'embase mobile 26.
[0083] Enfin, l'invention concerne la planche de glisse en tant que telle qui comprend une
telle butée et/ou un tel dispositif de fixation. Avantageusement, la planche de glisse
permet de constituer un ski de randonnée.
[0084] Les avantages de la solution décrite précédemment sont :
- la fourniture d'une solution de fixation d'une chaussure qui soit simple, peu encombrante,
économique et légère,
- la fourniture d'une solution de fixation d'une chaussure qui garantisse une sécurité
optimale au skieur en cas de chute permettant de respecter la norme alpine ISO9462,
- la fourniture d'une butée permettant un déclenchement en torsion associée à une talonnière
configurée pour assurer un déclenchement uniquement en chute avant,
- permettre de respecter également la norme randonnée ISO13992,
- permet une utilisation en randonnée, grâce à une possibilité de pivotement de la chaussure
vers le haut autour des éléments de retenue 20d, 20g, dans le cas où la talonnière
ne retient plus le talon de la chaussure,
- la fourniture d'une butée présentant un effort de chaussage et de déchaussage faible
et constant quel que soit le réglage du seuil d'effort de déclenchement choisi par
le skieur.
[0085] Un avantage supplémentaire est que la butée 10 décrite précédemment donne au levier
16 deux fonctions distinctes :
- la fonction de chaussage-déchaussage,
- une fonction supplémentaire de déclenchement en torsion,
- une fonction de blocage des mâchoires active tant qu'un déclenchement n'est pas nécessaire.
[0086] En résumé, le principe est identique dans les premier et deuxième modes de réalisation
et est le suivant. Le levier 16 est monté à pivotement, notamment sur la partie mobile
12, de sorte à varier entre :
- ladite position de blocage dans laquelle les éléments de blocage solidaires du levier
16 occupent une première position dans laquelle ils bloquent les mâchoires 13d, 13g
dans leurs positions de fermeture et bloquent la butée 10 dans sa configuration de
fermeture,
- ladite position de libération dans laquelle les éléments de blocage solidaires du
levier 16 occupent une deuxième position distincte de la première position et dans
laquelle ils autorisent un basculement des mâchoires 13d, 13g.
[0087] Le passage des éléments de blocage de la première position à la deuxième position
et réciproquement se pratique par un déplacement des éléments de blocage par pivotement
par rapport à la partie mobile 12 selon un axe dirigé selon la direction transversale
: les éléments de blocage sont montés de manière articulée, notamment à rotation selon
cet axe, par rapport à la partie mobile 12.
[0088] Dans leur première position, les éléments de blocage s'étendent entre les mâchoires
13d, 13g et s'appuient contre les portées d'appui 18d, 18g des mâchoires 13d, 13g.
En particulier dans le deuxième mode de réalisation, les éléments de blocage 25d,
25g sont maintenus dans leur première position telle que définie précédemment, par
l'action du ressort de rappel 32.
[0089] Les éléments déclencheurs 21, 22 coopèrent avec les éléments de blocage d'une manière
telle que la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile 12 par rapport à
la partie fixe 11 au-delà de la course prédéterminée provoque le passage automatique
des éléments de blocage de leur première position à leur deuxième position.
[0090] Il ressort également de tout ce qui précède que la partie mobile 12, notamment l'embase
mobile 26, est sollicitée par un premier ressort, constitué par le ressort de déclenchement
14 orienté transversalement ou longitudinalement tandis que les éléments de blocage
25d, 25g sont sollicités par un deuxième ressort de rappel indépendant dudit premier
ressort et sollicitant les éléments de blocage 25d, 25g vers une position dans laquelle
ils interdisent le pivotement des mâchoires 13d, 13g et bloquent la butée 10 dans
sa configuration de fermeture. Dans le premier mode de réalisation, ledit deuxième
ressort de rappel est formé par le ressort de chaussage/déchaussage 23. Dans le deuxième
mode de réalisation, ledit deuxième ressort de rappel est formé par le ressort de
rappel 32.
[0091] Comme indiqué précédemment, dans chacun des premier et deuxième modes de réalisation,
les première et deuxième surfaces d'appui 22, 21 sont conformées de sorte que leur
glissement relatif provoque le passage du levier 16 de sa position de blocage vers
sa position de libération. Et concomitamment le passage des éléments de blocage 25d,
25g de leur première position à leur deuxième position.
[0092] Dans chacun des premier et deuxième modes de réalisation, la butée 10 comporte :
- des mâchoires 13d, 13g mobiles en rotation sur une embase mobile 26 de la partie mobile
12, dont le déplacement transversal se pratique à l'encontre d'une force d'un premier
ressort de rappel, notamment formé par le ressort de déclenchement 14 rappelant la
partie mobile 12 vers une position de repos,
- des éléments de blocage 25d, 25g qui occupent une première position dans laquelle
ils bloquent le pivotement des mâchoires sous l'effet d'un deuxième ressort de rappel
distinct du premier ressort de rappel,
- et des éléments déclencheurs 21, 22 coopérant avec les éléments de blocage 25d, 25g
d'une manière telle que la mise en oeuvre dudit déplacement transversal au-delà d'une
course prédéterminée provoque le passage automatique des éléments de blocage, en s'opposant
à l'action du deuxième ressort de rappel, de la première position vers une deuxième
position dans laquelle les éléments de blocage 25d, 25g autorisent un basculement
des mâchoires 13d, 13g pour permettre l'ouverture des mâchoires 13d, 13g et libérer
la chaussure.
[0093] Une fois encore, dans le premier mode de réalisation, ledit deuxième ressort de rappel
est formé par le ressort de chaussage/déchaussage 23 tandis que dans le deuxième mode
de réalisation, ledit deuxième ressort de rappel est formé par le ressort de rappel
32.
1. Butée (10) pour dispositif de fixation d'une chaussure sur une planche de glisse,
comprenant une partie fixe (11) destinée à être fixée sur la planche de glisse, une
partie mobile (12) montée sur la partie fixe avec une possibilité de déplacement (T)
relatif ayant au moins une composante transversale et sur laquelle deux mâchoires
(13d, 13g) sont montées à pivotement selon un axe sensiblement longitudinal (Ag, Ad),
la butée (10) comprenant un levier (16) actionnable depuis l'extérieur de la butée
(10) et occupant une position de blocage dans laquelle des éléments de blocage (25d,
25g) solidaires du levier (16) interdisent un basculement des mâchoires (13d, 13g)
pour maintenir la butée (10) dans une configuration de fermeture où les mâchoires
(13d, 13g) retiennent la chaussure, butée caractérisée en ce qu'elle comprend des éléments déclencheurs (21, 22) coopérant avec les éléments de blocage
(25d, 25g) d'une manière telle que la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie
mobile (12) par rapport à la partie fixe (11) au-delà d'une course prédéterminée provoque
le passage automatique du levier (16), notamment depuis la position de blocage, vers
une position de libération distincte de la position de blocage et dans laquelle les
éléments de blocage (25d, 25g) autorisent un basculement des mâchoires (13d, 13g).
2. Butée (10) selon la revendication 1, caractérisée en ce que le système de montage de la partie mobile (12) sur la partie fixe (11) est tel que
le mouvement de coulissement de la partie mobile (12) par rapport à la partie fixe
(11) se pratique selon une trajectoire rectiligne, notamment sensiblement orientée
selon la direction transversale (Y), ou selon une trajectoire curviligne avec au moins
une composante principalement selon la direction transversale (Y), notamment sensiblement
ou exactement circulaire délimitant une portion de cercle dont le centre est destiné
à être situé à proximité du talon de la chaussure.
3. Butée (10) selon la revendication 2, caractérisée en ce que le système de montage de la partie mobile (12) sur la partie fixe (11) comprend des
éléments de guidage de type glissière assurant un montage à coulissement par translation
d'une embase mobile (26) de la partie mobile (12) sur une embase fixe (27) de la partie
fixe (11).
4. Butée (10) selon la revendication 2, caractérisée en ce que le système de montage de la partie mobile (12) sur la partie fixe (11) comprend deux
biellettes (28) parallèles entre elles agencées à la manière d'un parallélogramme
déformable assurant un montage à translation circulaire d'une embase mobile (26) de
la partie mobile (12) sur une embase fixe (27) de la partie fixe (11).
5. Butée (10) selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que les éléments de blocage (25d, 25g) sont montés de manière articulée, notamment à
rotation, par rapport à la partie mobile (12) pour varier entre une première position
occupée dans la position de blocage du levier (16) et dans laquelle ils bloquent les
mâchoires (13d, 13g) et la butée (10) dans sa configuration de fermeture, et une deuxième
position distincte de la première position, occupée dans la position de libération
du levier (16) et dans laquelle ils autorisent un basculement des mâchoires (13d,
13g) et en ce que les éléments déclencheurs (21, 22) coopèrent avec les éléments de blocage (25d, 25g)
d'une manière telle que la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile (12)
par rapport à la partie fixe (11) au-delà de la course prédéterminée provoque le passage
automatique des éléments de blocage (25d, 25g) de leur première position à leur deuxième
position.
6. Butée (10) selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que le levier (16) est monté de manière articulée sur la partie mobile (12).
7. Butée (10) selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que la butée comprend un mécanisme de genouillère muni d'un ressort de chaussage/déchaussage
(23) sollicitant le levier (16) et configuré de sorte que la position de blocage et
la position de libération sont des positions stables aux extrémités d'une course totale
de basculement du levier (16) dans laquelle est incluse une position intermédiaire
instable du levier (16) correspondant à un point dur de rebroussement de la genouillère.
8. Butée selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisée en ce que les éléments déclencheurs (21, 22) comprennent des première et deuxième surfaces
d'appui (22, 21) respectivement solidaires des parties mobile et fixe (12, 11), en
contact l'une contre l'autre en subissant un glissement relatif l'une sur l'autre
durant la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile (12), les première
et deuxième surfaces d'appui étant conformées de sorte que ce glissement relatif provoque
le passage du levier (16) de sa position de blocage vers sa position de libération.
9. Butée (10) selon la revendication 8, caractérisée en ce que la première surface d'appui (22) est portée par les éléments de blocage (25d, 25g)
solidaires du levier (16).
10. Butée (10) selon l'une des revendications 8 ou 9, caractérisée en ce que l'une des première et deuxième surfaces d'appui est constituée par un ergot (21)
et l'autre des première et deuxième surfaces d'appui est constituée par un creux (22)
dans lequel pénètre l'ergot (21) préalablement audit déplacement de la partie mobile
(12) et conformé de sorte que l'ergot (21) vienne progressivement à l'extérieur du
creux (22) durant le glissement relatif des première et deuxième surfaces d'appui
d'une manière créant le passage du levier (16) de sa position de blocage vers sa position
de libération.
11. Butée (10) selon la revendication 10, caractérisée en ce que le creux (22) est solidaire du levier (21) et l'ergot (21) est solidaire de la partie
fixe (11).
12. Butée (10) selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisée en ce que la butée comprend au moins un ressort de déclenchement (14) interposé entre les parties
fixe et mobile (11, 12) et sollicitant la partie mobile (12) dans une position de
repos déterminée par rapport à la partie fixe (11).
13. Butée (10) selon la revendication 12, caractérisée en ce qu'elle comprend un moyen de réglage (24) de la raideur du ressort de déclenchement (14).
14. Butée (10) selon l'une des revendications 12 ou 13, caractérisé en ce que les éléments de blocage (25d, 25g) sont sollicités par un ressort de rappel (23,
32), indépendant du ressort de déclenchement (14), et sollicitant les éléments de
blocage (25d, 25g) vers une position, notamment ladite première position, dans laquelle
ils interdisent le pivotement des mâchoires (13d, 13g) et bloquent la butée (10) dans
sa configuration de fermeture.
15. Butée (10) selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisée en ce que les éléments de blocage (25d, 25g) sont constitués par des flancs latéraux du levier
(16) qui, dans la position de blocage du levier (16), sont en appui contre des portées
d'appui (18d, 18g) solidaires des mâchoires (13d, 13g), notamment sur leur face interne.
16. Butée (10) pour dispositif de fixation d'une chaussure sur une planche de glisse,
comprenant une partie fixe (11) destinée à être fixée sur la planche de glisse, une
partie mobile (12) montée sur la partie fixe avec une possibilité de déplacement (T)
relatif ayant au moins une composante transversale, la butée (10) comportant :
- des mâchoires (13d, 13g) mobiles en rotation sur une embase mobile (26) de la partie
mobile (12), dont le déplacement transversal se pratique à l'encontre d'une force
d'un premier ressort de rappel (14), rappelant la partie mobile (12) vers une position
de repos,
- des éléments de blocage (25d, 25g) qui occupent une première position dans laquelle
ils bloquent le pivotement des mâchoires sous l'effet d'un deuxième ressort de rappel
(23, 32) distinct du premier ressort de rappel (14),
- et des éléments déclencheurs (21, 22) coopérant avec les éléments de blocage (25d,
25g) d'une manière telle que la mise en oeuvre dudit déplacement transversal au-delà
d'une course prédéterminée provoque le passage automatique des éléments de blocage
(25d, 25g), en s'opposant à l'action du deuxième ressort de rappel (23, 32), de la
première position vers une deuxième position dans laquelle les éléments de blocage
(25d, 25g) autorisent un basculement des mâchoires (13d, 13g) pour permettre l'ouverture
des mâchoires (13d, 13g) et libérer la chaussure.
17. Butée (10) selon la revendication 16, caractérisée en ce que le système de montage de la partie mobile (12) sur la partie fixe (11) est tel que
le mouvement de coulissement de la partie mobile (12) par rapport à la partie fixe
(11) se pratique selon une trajectoire rectiligne, notamment sensiblement orientée
selon la direction transversale (Y), ou selon une trajectoire curviligne avec au moins
une composante principalement selon la direction transversale (Y), notamment sensiblement
ou exactement circulaire délimitant une portion de cercle dont le centre est destiné
à être situé à proximité du talon de la chaussure.
18. Butée (10) selon l'une des revendications 16 ou 17, caractérisée en ce que les éléments de blocage (25d, 25g) sont montés de manière articulée, notamment à
rotation, par rapport à la partie mobile (12) de sorte que le passage des éléments
de blocage (25d, 25g) de la première position à la deuxième position et réciproquement
se pratique par un déplacement des éléments de blocage (25d, 25g) par pivotement par
rapport à la partie mobile (12) selon un axe dirigé selon la direction transversale
(Y).
19. Butée selon l'une des revendications 16 à 18, caractérisée en ce que les éléments déclencheurs (21, 22) comprennent des première et deuxième surfaces
d'appui (22, 21) respectivement solidaires des parties mobile et fixe (12, 11), en
contact l'une contre l'autre en subissant un glissement relatif l'une sur l'autre
durant la mise en oeuvre dudit déplacement de la partie mobile (12), les première
et deuxième surfaces d'appui étant conformées de sorte que ce glissement relatif provoque
le passage des éléments de blocage de leur première position vers leur deuxième position.
20. Dispositif de fixation d'une chaussure sur une planche de glisse, comprenant d'une
part une butée (10) selon l'une quelconque des revendications précédentes destinée
à assurer la fixation d'une partie avant de la chaussure, d'autre part une talonnière
destinée à assurer la fixation d'une partie arrière de la chaussure sur la planche
de glisse, la talonnière étant configurée pour réaliser un déclenchement de la chaussure
uniquement en cas de chute avant du skieur, le déclenchement de la chaussure hors
du dispositif de fixation en cas de chute en torsion étant réalisé uniquement par
la butée.
21. Planche de glisse, notamment ski de randonnée, comprenant une butée (10) selon l'une
quelconque des revendications 1 à 19 et/ou un dispositif de fixation selon la revendication
20.