[0001] La présente invention se rapporte à un procédé d'élimination de biofilms pour le
nettoyage d'instruments médicaux, en particulier pour lutter contre les maladies nosocomiales.
[0002] Un biofilm est une pellicule visqueuse qui se développe sur toutes les surfaces,
suite à l'adhésion de microorganismes sur ces surfaces et à la sécrétion par ceux-ci
de polymères qui les recouvrent et facilitent leur adhésion. Les biofilms constituent
ainsi une couche de protection autour des microorganismes et représentent une source
récurrente de contamination du milieu environnant qui pose des problèmes majeurs en
termes de santé, par exemple dans les milieux hospitaliers. Les biofilms se retrouvent
dans de nombreux environnements, par exemple dans les circuits d'eau, les tours de
refroidissement, sur tout matériel immergé (coque bateau, ...) mais aussi sur les
dents (plaque) ou dans les intestins et tout particulièrement sur les instruments
médicaux utilisés en milieu hospitalier.
[0003] L'accumulation des polymères sécrétés par les bactéries (protéines et polysaccharides
principalement) crée une matrice qui protège ces microorganismes des agressions extérieures
et qui présente une très forte résistance aux procédures de nettoyage et de désinfection
conventionnels. Les microorganismes s'y développent et contaminent le milieu environnant.
Les biofilms constituent dès lors une source de contamination critique car ils sont
présents partout, représentant ainsi un haut risque de contamination puisqu'ils sont
très difficiles à éliminer.
[0004] On observe malheureusement que cette matrice est très résistante et peut constituer
une barrière protégeant les bactéries des agents qui agiraient contre les microorganismes.
Les traitements classiques à base de soude et/ou comportant différents biocides n'agissent
pas de manière suffisamment efficace car ils ne pénètrent pas le biofilm dans toute
son épaisseur ou sont inhibés par certaines molécules composant cette matrice. Le
traitement n'est alors que partiellement efficace sur la surface supérieure du biofilm.
[0005] Or, de nos jours, l'hygiène est devenue une problématique de première importance
dans l'industrie alimentaire. En effet, les problèmes de contamination sont en augmentation
alors que les moyens de désinfections utilisés sont de plus en plus puissants. Par
ailleurs, cette problématique doit être adressée par une approche globale, notamment
en ce qui concerne le phénomène de résistance.
[0006] On connait du document
WO2012/048757 une composition et un procédé d'élimination des biofilms pour le nettoyage des sols
et des surfaces dans les industries agro-alimentaires. Plus particulièrement, la composition
divulguée dans ce document est destinée aux traitements et aux nettoyages d'installations
dans le domaine de l'industrie alimentaire où des bactéries propres à ce secteur d'activité
sécrètent des biofilms protecteurs responsables d'une source récurrente de contamination
des aliments et/ou des installations des industries agro-alimentaires.
[0007] Une problématique similaire est observée en milieu hospitalier où se développent
de nombreux microorganismes responsables de la formation de biofilms qui sont détectés
en de nombreux endroits, tant au niveau des patients (prothèses, plaies, système respiratoire,
...) qu'au niveau de l'environnement (salle d'opération, matériel chirurgical, équipements
de maintenance de ce matériel, endoscopes, sondes urinaires, cathéters, équipement
médical, appareil de dialyse ou de ventilation assistée des patients, ...) et des
surfaces (sols, murs, chambres, lits, matelas, ...).
[0008] Dans le domaine de l'industrie alimentaire mais de façon encore plus conséquente
en milieu hospitalier, la problématique de la présence de biofilms est double. Premièrement,
ceux-ci représentent une source de contamination permanente et très difficile à éliminer
par des moyens conventionnels, même les plus agressifs. En effet, les désinfectants
classiques sont inefficaces car ils ne parviennent pas à atteindre les microorganismes
qui sont protégés par le biofilm. Leur élimination incomplète entraîne et accélère
des transferts de contamination de patients à patients dès lors qu'ils sont pratiquement
invisibles. Pourtant, à la suite de chocs ou de frottements, des pellicules de biofilms
peuvent se détacher et libérer des bactéries qui y étaient logées. En effet, ces bactéries
cachées sont par exemple libérées suite à un choc ou à un frottement d'un outil chirurgical
sur un chariot ou suite au frottement d'un lit contre une porte, ce qui permet un
libre transfert des bactéries à un patient souvent en condition fragile. Cette problématique
est une des causes des maladies nosocomiales problématiques. Dans le cas d'outil comme
des râpes orthopédiques, cette problématique est encore plus criante dès lors que
l'utilisation conventionnelle de l'outil provoque l'abrasion et le détachement de
pellicules de biofilms. Par conséquent, les bactéries sont libérées directement dans
le corps humain qui représente un incubateur vivant parfait pour leur prolifération.
Ces microorganismes emprisonnés dans les biofilms, grâce à la résistance et à la protection
que leur apporte le biofilm, représentent donc un risque très élevé de contamination
des patients suivants.
[0009] Deuxièmement, un biofilm est mixte. C'est-à-dire que, développé par certaines souches,
un biofilm peut abriter d'autres souches, qui vivent et se développent alors en colonies.
Ces colonies favorisent la communication entre bactéries et, entre autre, l'échange
de gènes. La propagation des gènes de résistance portés par certaines bactéries est
ainsi facilitée au sein des biofilms qui sont alors encore plus difficiles à éliminer.
A ce sujet, les hôpitaux constituent un environnement particulièrement propice à ces
échanges de gènes puisque de nombreuses bactéries y cohabitent, par exemple dans les
chambres, dans les salles d'opérations mais aussi sur les instruments médicaux (râpes
orthopédiques, alésoirs, canules, endoscopes, ...). Dans les biofilms, le problème
est encore accentué car ces souches ne sont même pas atteintes par les désinfectants,
protégées par le matrice du biofilm.
[0010] C'est pourquoi, de par la source de contamination persistante qu'ils représentent
et de par leur présence répandue, il est estimé que les biofilms sont responsables
de 65% des maladies nosocomiales (maladies contractées dans un établissement de santé).
Leur impact sur cette problématique très critique en milieu hospitalier est donc élevé,
en parallèle avec leur participation au développement de phénomènes de résistance.
[0011] Malheureusement, les techniques de nettoyage et de désinfection classiques appliquées
actuellement en milieu hospitalier montrent certaines limites quant à l'élimination
des biofilms pour lutter contre les maladies nosocomiales. Ceci est principalement
lié à leur inaptitude à attaquer la matrice de polymères qui protège les microorganismes.
En effet, les détergents « classiques » ne permettent pas de décoller cette matrice
et les oxydants puissants ne la dissolvent que partiellement. Les désinfectants et/ou
biocides utilisés à posteriori sont dès lors inefficaces car ils ne peuvent pas atteindre
les microorganismes. De plus il a été démontré que les bactéries sécrètent des substances
qui ont un impact sur l'efficacité des biocides, ce qui limite d'autant plus l'action
de ces derniers.
[0012] Actuellement, il est donc particulièrement difficile d'éliminer les biofilms pourtant
en grande partie responsable des maladies nosocomiales en milieu hospitalier. Il existe
donc un réel besoin de mettre au point une composition et un procédé d'élimination
des biofilms de surfaces telles que par exemple celles des instruments médicaux, particulièrement
pour lutter contre les maladies nosocomiales puisque les techniques de nettoyage actuelles
ne sont pas suffisamment efficaces.
[0013] L'invention a pour but de pallier ces inconvénients en procurant un procédé tel qu'indiqué
au début, caractérisé en ce qu'il comprend une étape de traitement de surface pendant
une période de temps prédéterminée avec une composition comprenant au moins un composant
détergent et au moins un composant enzymatique et une étape de rinçage et/ou de séchage
de ladite surface.
[0014] Avantageusement, suivant l'invention, ledit composant détergent comprend un agent
mouillant et un agent dispersant.
[0015] De préférence, suivant l'invention, ledit composant détergent comprend en outre un
agent séquestrant.
[0016] Préférentiellement, suivant l'invention, ledit au moins un composant enzymatique
contient par exemple au moins une protéase, au moins une laccase et au moins une polysaccharidase.
[0017] Avantageusement, selon la présente invention, ledit agent mouillant et ledit agent
dispersant forment un prémix et sont donc mélangés ensemble.
[0018] Dans le cadre de la présente invention, il a été montré qu'un tel traitement avec
une telle composition selon l'invention permet aux enzymes (protéases, laccases, polysaccharidases)
de dégrader efficacement et de manière polyvalente les polymères organiques de différentes
natures constituant la matrice des biofilms formés par une multitude de microorganismes
différents responsables directement ou indirectement des maladies nosocomiales. Sous
l'action des enzymes et conjointement à l'action du composant détergent, la matrice
du biofilm est fragilisée et gonflée, ce qui permet de l'éliminer de la surface traitée.
Par ailleurs, de façon surprenante, il a également été montré que le procédé selon
l'invention n'est pas spécifique à un microorganisme particulier et donc à un type
de biofilm particulier mais qu'il est adapté à de nombreuses souches bactériennes,
les enzymes agissant sur les polymères des matrices des biofilms formés par n'importe
quel microorganisme. L'action détergente de la composition selon l'invention permet
en outre d'assurer l'efficacité de la composition suivant l'invention. A cette fin,
il est prévu suivant l'invention une base détergente qui soit compatible et qui puisse
agir de manière synergique avec l'activité enzymatique du composant enzymatique. En
outre, suivant l'invention, il est prévu une base détergente qui permette d'améliorer
significativement la rapidité et l'efficacité de l'élimination du biofilm. C'est pour
ces raisons que la présente invention associe un agent mouillant et un agent dispersant
et éventuellement un agent séquestrant. Les actions conjointes de ces agents du composant
détergent de la composition selon l'invention permet d'éliminer la partie superficielle
du biofilm, de mouiller et de gonfler les structures organiques du biofilm favorisant
donc de cette façon l'accessibilité du composant enzymatique qui fragilise et dégrade
à son tour la matrice du biofilm.
[0019] De façon tout aussi inattendue, il a été déterminé, dans le cadre de la présente
invention, qu'un tel traitement agit efficacement sur les microorganismes responsables
des maladies nosocomiales et spécifiquement retrouvés en milieu hospitalier. Contre
toute attente, il a été montré que le traitement suivant l'invention permet d'obtenir
des résultats nettement et significativement supérieurs en termes d'élimination des
biofilms par rapport aux techniques de traitement actuellement appliquées en milieu
hospitalier.
[0020] De préférence, selon le procédé suivant l'invention, ladite étape de traitement de
surface pour lutter contre les maladies nosocomiales comprend une étape d'élimination
des biofilms permettant de réaliser un abattement des microorganismes responsables
des maladies nosocomiales. En effet, selon la présente invention, il est considéré
qu'une réduction (ou abattement) logarithmique d'au moins 1 Log des microorganismes
protégés par les biofilms est significative pour permettre de lutter contre les maladies
nosocomiales, ce qui correspond à un pourcentage de réduction d'au moins 90% des microorganismes
protégés par les biofilms.
[0021] Cette réduction logarithmique est calculée en convertissant la charge microbienne
en log 10, en soustrayant le résultat de l'échantillon test de l'échantillon témoin
(contrôle), c'est-à-dire en soustrayant la charge microbienne présente dans un environnement
donné (par exemple à la surface d'un outil médical ou à la surface d'un sol) avant
une étape de traitement de surface suivant l'invention de la charge microbienne présente
dans le même environnement suite à une étape de traitement de surface suivant l'invention.
[0022] Il est bien entendu que toute autre technique bien connue de l'homme de métier et
permettant de déterminer les quantités de microorganismes donnant lieu à la formation
de biofilms avant et après traitement d'une surface peut également être utilisée dans
le cadre de la présente invention.
[0023] De préférence, selon le procédé suivant l'invention, ladite étape de traitement de
surface est réalisée par trempage pendant une période de temps prédéterminée comprise
entre 20 minutes et 24 heures dans une solution de trempage comprenant ladite composition
et une phase aqueuse de dilution préalablement formée. Un traitement par trempage
est particulièrement indiqué pour nettoyer des surfaces ou des outils médicaux (râpes
orthopédiques, alésoirs, canules, endoscopes...) dès lors que ces surfaces ou ces
outils peuvent être plongés dans un conteneur (cuve, bassin, ...) rempli avec ladite
solution de trempage. Par exemple, les outils médicaux peuvent séjourner plus ou moins
longtemps, par exemple quelques minutes, quelques heures ou quelques jours dans la
solution de trempage sans entraver la mise en oeuvre d'autres interventions médicales.
Dans le cas des endoscopes, ladite solution de trempage peut être injectée dans les
tuyaux des endoscopes pour en assurer le nettoyage.
[0024] Avantageusement, selon l'invention, ladite étape de traitement de surface par trempage
est associée à une étape d'abrasion mécanique de ladite surface avec ladite solution
de trempage, par exemple par brossage mécanisé ou manuel ou par traitement aux ultrasons.
Une étape d'abrasion mécanique additionnelle permet à la solution de trempage comprenant
ladite composition en phase aqueuse d'agir sur les différentes couches des biofilms
mais aussi de participer mécaniquement à la déstructuration de la matrice polymère
et ainsi ôter des pellicules de la surface des biofilms pour que les enzymes et les
autres composants de ladite composition atteignent encore mieux les différentes couches
des biofilms, ce qui assure un traitement optimal des surfaces afin d'éliminer efficacement
les biofilms.
[0025] De préférence, selon le procédé suivant l'invention, le pH de ladite solution de
trempage est ajusté à une valeur de pH comprise entre 7 et 8.
[0026] De préférence, selon l'invention, le procédé comprend en outre une étape supplémentaire
ultérieure de traitement de ladite surface à l'aide d'un biocide. Un traitement biocide
désinfectant additionnel, suite à l'action de la solution enzymatique lors de l'étape
de traitement de surface par trempage, permet d'assurer la destruction des bactéries
rendues libres en fin de traitement de ladite surface.
[0027] Eventuellement, cette étape de traitement à l'aide d'un agent biocide peut être suivie
par une étape de stérilisation, par exemple par un passage à l'autoclave.
[0028] D'autres formes de réalisation du procédé suivant l'invention sont indiquées dans
les revendications annexées.
[0029] La présente invention porte également sur une nouvelle utilisation d'une composition
comprenant au moins un composant détergent et au moins un composant enzymatique, pour
lutter contre les maladies nosocomiales par élimination de biofilms. Une élimination
des biofilms par trempage dans la composition diluée permet de lutter efficacement
contre les maladies nosocomiales puisque les composants enzymatiques de la solution
aqueuse de trempage permettent de déstructurer et d'éliminer les biofilms des surfaces
traitées de telle sorte que les biofilms, en grande partie responsables des maladies
nosocomiales, sont éliminés. Cette action des enzymes est favorisée par le fait qu'elle
a lieu en synergie avec l'action du composant détergent de la composition selon l'invention,
lequel permet d'éliminer la partie superficielle du biofilm, de mouiller et de gonfler
les structures organiques du biofilm et de favoriser ainsi l'accessibilité du composant
enzymatique qui fragilise et dégrade à son tour la matrice du biofilm.
[0030] De préférence, selon l'invention, ledit composant détergent de la composition utilisée
comprend un agent mouillant et un agent dispersant.
[0031] Avantageusement, selon l'invention, ledit composant détergent de la composition utilisée
comprend en outre un agent séquestrant.
[0032] De préférence, selon l'invention, ledit composant enzymatique de la composition utilisée
contient par exemple au moins une protéase, au moins une laccase et au moins une polysaccharidase.
[0033] Plus particulièrement, la présente invention porte sur une utilisation d'une composition
comprenant au moins un composant détergent comprenant un agent mouillant et un agent
dispersant et éventuellement un agent séquestrant, et au moins un composant enzymatique
contenant au moins une protéase, au moins une laccase et au moins une polysaccharidase,
pour l'élimination de sources de contamination comprenant Staphylococcus aureus et/ou
Escherichia coli et/ou Pseudomonas aeruginosa. Ces bactéries se développent particulièrement
bien en milieu hospitalier et sont responsables de nombreuses infections. A titre
d'exemple, le staphylocoque doré, retrouvé chez 15 à 30% des individus sains, est
très résistant et se transmet dès lors très rapidement d'un patient à l'autre non
seulement par transmission directe via le personnel soignant mais aussi par transmission
indirecte via des objets (outils médicaux, ...) et même la poussière. Avec les bacilles,
Staphylococcus aureus est considéré comme étant la principale bactérie responsable
des infections hospitalières et il convient donc de contrôler sa dissémination responsable,
en grande partie, des maladies nosocomiales entrainant la mort du patient.
[0034] L'invention porte aussi sur une utilisation d'une composition comprenant au moins
un composant détergent et au moins un composant enzymatique, pour le traitement de
surfaces, d'outils médicaux ou de sols afin de lutter contre les maladies nosocomiales
par trempage.
[0035] De préférence, ledit composant détergent de ladite composition utilisée comprend
un agent mouillant et un agent dispersant.
[0036] Avantageusement, ledit composant détergent de ladite composition utilisée comprenant
en outre un agent séquestrant.
[0037] Préférentiellement, ledit composant enzymatique de ladite composition utilisée contient
par exemple au moins une protéase, au moins une laccase et au moins une polysaccharidase.
[0038] D'autres formes de réalisation d'utilisation d'une composition par trempage suivant
l'invention sont indiquées dans les revendications annexées.
[0039] Le composant détergent comprenant un agent mouillant et un agent dispersant et éventuellement
un agent séquestrant agit tout d'abord en éliminant une partie superficielle du biofilm
et en mouillant et/ou en gonflant les structures organiques du biofilm.
[0040] Le composant détergent favorise donc l'accessibilité du composant enzymatique en
déstructurant la matrice du biofilm. Le composant enzymatique agit ensuite en synergie
avec le composant détergent et fragilise et dégrade à son tour la matrice du biofilm.
Cette action combinée des trois types d'enzyme et du composant détergent, parfaitement
compatible avec une action correcte des enzymes, favorise l'accessibilité à la composition
des couches plus profondes et permet un détachement rapide et optimal de tout type
de biofilm tout en préservant le substrat. Une telle composition suivant l'invention
réduit en outre l'apport de composés extérieurs dans les installations lors de l'étape
de nettoyage et simplifie donc les procédures de validation des étapes de nettoyage.
Ainsi, le composant détergent permet aux enzymes d'agir rapidement sur l'ensemble
des structures des biofilms, ce qui, en milieu hospitalier où les outils, les chambres
et les salles d'opération doivent pouvoir être réutilisées très rapidement suite à
une intervention, représente un avantage certain.
[0041] L'agent dispersant du composant détergent permet d'améliorer la séparation des particules
d'une suspension afin de prévenir l'agglutination, l'agrégation et/ou la décantation.
Ledit agent dispersant peut être un polymère soluble ou partiellement soluble dans
l'eau tel que par exemple le polyéthylène glycol, les dérivés de la cellulose ou un
polymère comprenant au moins un motif acide acrylique ou ester acrylique. Préférentiellement,
l'agent dispersant est un polymère comprenant au moins un motif acide acrylique ou
ester acrylique de formule générale -(CH
2-CH-COOR)- dans lequel R représente un groupe hydrogène, alkyle ou alkyle substitué,
aryle ou aryle substitué. En particulier l'agent dispersant est un polymère ayant
un poids moléculaire moyen Mw compris approximativement entre 500 et 10000.
[0042] Plus préférentiellement, l'agent dispersant est un polymère de l'acide acrylique.
En particulier, l'agent dispersant peut être un homopolymère de l'acide acrylique
ayant un poids moléculaire moyen compris approximativement entre 2000 et 6000.
[0043] Dans une variante avantageuse selon l'invention, le composant détergent comprend
une proportion l'agent dispersant comprise entre 1 et 10% en poids par rapport au
poids total du composant détergent.
[0044] Plus particulièrement, selon la présente invention, ledit agent dispersant dudit
composant détergent est l'alkylglucoside en C
6.
[0045] La présence d'un agent dispersant dans la composition suivant l'invention pour éliminer
les biofilms et lutter contre les maladies nosocomiales permet d'éviter toute agrégation
de particules bactériennes lors du nettoyage de surfaces, ce qui assure une élimination
optimale des particules de biofilms détachées d'un support sous l'action des enzymes.
En effet, plutôt que de s'agréger, ces particules restent séparées dans une suspension,
ne se redéposent pas et ne ré-adhèrent pas sur le support nettoyé.
[0046] L'agent mouillant du composant détergent est une substance chimique amphiphile, ou
une composition comprenant ladite substance chimique amphiphile, qui modifie la tension
superficielle entre deux surfaces. L'agent mouillant a pour avantage de favoriser
l'étalement d'un liquide sur un solide mais aussi d'accentuer le contact entre deux
surfaces. Plus particulièrement, l'agent mouillant favorise un contact entre le composant
détergent et une surface et, par conséquent, entre les enzymes et leur substrat. Or,
en milieu hospitalier, les surfaces à traiter sont souvent en inox ou en un matériau
sur lequel l'application d'un liquide donne lieu à la formation de gouttelettes. Cette
caractéristique des surfaces à traiter rend difficile une application homogène d'une
composition sous forme liquide pour lutter contre la présence de biofilms. C'est pourquoi,
l'agent mouillant est un constituant particulièrement avantageux de ladite composition
selon l'invention puisqu'il permet, même sur des surfaces de type inox, un étalement
homogène de la composition et ainsi sa répartition parfaite sur les surfaces à décontaminer,
par exemple sur les outils chirugicaux et les sols.
[0047] L'agent mouillant peut être anionique, cationique, non-ionique ou zwitterionique.
Préférentiellement, l'agent mouillant peut être un mouillant anionique ou non-ionique,
c'est-à-dire que la partie hydrophile est chargée négativement ou ne comporte aucune
charge nette, ou peut être une composition comprenant un mouillant anionique. Plus
particulièrement, l'agent mouillant peut être un ester de saccharose ou une composition
comprenant un alkyle sulfate de sodium et un alcool.
[0048] Avantageusement, et de préférence, dans le composant détergent selon l'invention,
ledit agent mouillant est non moussant à chaud et est de préférence choisi dans le
groupe des sulfates d'alkyle sodique en C
6 à C
10, des sulfates d'alcool éthérés en C
6 à C
10 et des sulfonates d'alkylearyles en C
6 à C
10.
[0049] Plus particulièrement, selon la présente invention, ledit agent mouillant dudit composant
détergent est le 2-éthylhexanol éthoxylé.
[0050] Le fait que l'agent mouillant soit non moussant à chaud permet une utilisation de
la composition suivant l'invention pour le traitement d'outils médicaux présentant
des tuyaux, comme par exemple les endoscopes. En effet, l'agent mouillant étant non
moussant, ceci permet d'éviter la formation de mousse, sans altérer, bien au contraire,
les performances tensioactives et/ou émulsionnantes de la composition selon l'invention.
Il est bien entendu que l'apport d'une solution détergente efficace sans génération
de mousse limite les étapes de rinçage, ce qui est particulièrement souhaitable, surtout
pour les outils médicaux présentant des tuyaux qui peuvent ainsi être réutilisés rapidement
pour une nouvelle intervention.
[0051] Dans une forme de réalisation selon l'invention, le composant détergent comprend
une proportion d'agent mouillant comprise entre 1 et 15% en poids par rapport au poids
total du composant détergent.
[0052] L'agent séquestrant est une substance chimique ayant la capacité à former des complexes
avec des ions minéraux qu'il fixe sous une forme empêchant leur précipitation par
les réactions habituelles. A titre d'exemple, l'agent séquestrant peut être l'acide
éthylène-diamine-tétraacétique, le glucono-delta-lactone, le gluconate de sodium,
le gluconate de potassium, le gluconate de calcium, l'acide citrique, l'acide phosphorique,
l'acide tartrique, l'acétate de sodium, le sorbitol, un composé comportant un atome
de phosphore. Préférentiellement, l'agent séquestrant peut être un oxyde de phosphore
tel qu'un phosphonate, un phosphinate ou un phosphate ou leur mélange, ou un sel de
celui-ci, une amine ou un oxyde d'amine portant au moins, dans sa structure, un groupement
fonctionnel phosphine, oxyde de phosphine, phophinite, phosphonite, phosphite, phosphonate,
phosphinate ou phosphate, seul ou en combinaison, ou un sel de ceux-ci.
[0053] Avantageusement, l'agent séquestrant est une substance chimique compatible avec les
substances utilisables dans les hôpitaux, par exemple, l'agent séquestrant est préférentiellement
un agent non toxique pour la santé humaine.
[0054] Plus préférentiellement, l'agent séquestrant peut être un phosphonate ou un sel de
celui-ci, une amine ou un oxyde d'amine comportant au moins, dans sa structure, un
groupement fonctionnel phosphine, oxyde de phosphine, phosphinite, phosphonite, phosphite,
phosphonate, phosphinate ou phosphate, seul ou en combinaison, ou un sel de ceux-ci.
A titre d'exemple non limitatif, le phosphonate peut être de formule générale R
1(R
2O)(R
3O)P=O dans lequel R
1, R
2 et R
3 représentent indépendamment un groupe hydrogène, alkyle, alkyle substitué, alkyle-amino
substitué ou non, aminoalkyl substitué ou non, aryle ou aryle substitué. A titre d'exemple
non limitatif, l'amine ou l'oxyde d'amine peuvent comporter un, deux ou trois substituant(s)
de formule générale CR
4R
5W dans laquelle R
4 et R
5 représentent indépendamment l'un de l'autre un groupe hydrogène, alkyle, alkyle substitué,
alkyle-amino substitué ou non, aminoalkyl substitué ou non, aryle ou aryle substitué,
et W représente un groupe phosphonate, phosphinate ou phosphate.
[0055] L'agent séquestrant peut être sous la forme d'un sel de sodium, calcium, lithium,
magnésium ou potassium ; préférentiellement, l'agent séquestrant peut être sous la
forme d'un sel de sodium, calcium ou potassium.
[0056] De préférence, l'agent séquestrant est un agent qui peut être utilisé sans danger
lors d'interventions médicales, c'est-à-dire que l'agent séquestrant ne présente aucun
danger pour la santé, seul ou en association avec d'autres composants utilisés en
milieu hospitalier.
[0057] Plus particulièrement, suivant l'invention, ledit agent séquestrant dudit composant
détergent est un sel de potassium à base d'acide phosphonique modifié (N-oxyde ATMP).
[0058] Dans une forme de réalisation avantageuse selon l'invention, ledit au moins un composant
détergent comprend une proportion d'agent séquestrant comprise entre 1 et 10% en poids
par rapport au poids total du composant détergent, ce qui représente un optimum entre
efficacité, stabilité et coût.
[0059] De préférence, ledit au moins un composant enzymatique comprend une proportion de
protéase(s) comprise entre 10 et 50%, une proportion de laccase(s) comprise entre
5 et 35% et une proportion de polysaccharidase(s) comprise entre 5 et 20% en poids
par rapport au poids total du composant enzymatique, les 100% du composant enzymatique
étant éventuellement atteints à l'aide d'un excipient ou solvant conventionnel, par
exemple un alcool.
[0060] Le composant enzymatique selon l'invention présente l'avantage d'être polyvalent,
c'est-à-dire qu'il peut agir simultanément sur diverses souches bactériennes, ce qui
est particulièrement avantageux en milieu hospitalier où de nombreuses souches bactériennes
différentes se développent simultanément.
[0061] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, le composant enzymatique peut
contenir entre 1 et 10 protéases, préférentiellement entre 1 et 5 protéases, plus
préférentiellement il peut contenir 2, 3, 4 ou 5 protéases.
[0062] Des exemples non limitatifs d'enzymes protéases appartenant à la classe EC 3.4 et
susceptibles d'être utilisées dans l'invention sont les amino-peptidases (EC 3.4.11),
les dipeptidases (EC 3.4.13), les dipeptidyl-peptidases et tripeptidyl-peptidases
(EC 3.4.14), les peptidyl-dipeptidases (EC 3.4.15), les sérine carboxypeptidases (EC
3.4.16), les métallo carboxypeptidases (EC 3.4.17), les cystéine carboxypeptidases
(EC 3.4.18), les oméga peptidases (EC 3.4.19), les sérine endopeptidases (EC 3.4.21),
les cystéine endopeptidases (EC 3.4.22), les aspartique endopeptidases (EC 3.4.23),
les métallo endopeptidases (EC 3.4.24), les thréonine endopeptidases ((EC 3.4.25),
et les endopeptidases appartenant à la classe EC 3.4.99.
[0063] Préférentiellement, les protéases appartiennent à la classe EC 3.4.21. Les protéases
sont disponibles commercialement et sous différentes formes incluant les poudres,
les granulés, les suspensions, les solutions liquides.
[0064] Les laccases utilisées dans l'invention appartiennent à la classe EC 1.10.3.2. Les
laccases sont des enzymes contenant du cuivre et ont pour fonction d'oxyder un substrat
en présence d'oxygène. Plus spécifiquement, les laccases sont des oxydoréductases
qui fonctionnent avec l'oxygène moléculaire comme accepteur d'électrons.
[0065] La au moins une polysaccharidase utilisée dans l'invention est une enzyme ayant pour
fonction de briser des liaisons au sein des polysaccharides. Préférentiellement, la
au moins une polysaccharidase peut être une alpha-amylase, cellulase, hemi-cellulase,
glucosidase, beta-glucanase ou pectinase.
[0066] Plus préférentiellement, la au moins une polysaccharidase peut être une alpha-amylase
appartenant à la classe EC 3.2.1.1, ayant pour fonction de briser des liens (1-4)-alpha-glycosidiques
dans des polysaccharides contenant trois unités ou plus alpha-(1-4)-D-glucose.
[0067] Préférentiellement, le composant enzymatique peut comprendre une proportion de laccase(s)
approximativement de 30%, une proportion de protéase(s) approximativement de 30%,
une proportion d'alpha-amylase(s) approximativement de 10% en poids par rapport au
poids total du composant enzymatique, les 100% du composant enzymatique étant éventuellement
atteints à l'aide d'un excipient ou solvant conventionnel.
[0068] Selon un autre mode de réalisation préféré, si le composant enzymatique comprend
2 protéases, la proportion de laccase(s) peut être approximativement de 30%, la proportion
totale de protéases approximativement de 30%, la proportion d'alpha-amylase(s) approximativement
de 10% en poids par rapport au poids total du composant enzymatique, les 100% du composant
enzymatique étant éventuellement atteints à l'aide d'un excipient ou solvant conventionnel.
[0069] Par exemple, le rapport entre chaque protéase peut être compris entre 1:2 et 2:1,
préférentiellement le rapport entre chaque protéase peut être de 1:1. Les enzymes
présentes dans le composant enzymatique ont une action complémentaire sur le biofilm.
Par exemple, la laccase présente une grande efficacité sur les souillures non attaquées
par l'alpha-amylase ou les protéases. Comme mentionné plus haut, le composant enzymatique,
de par la présence simultanée d'au moins trois types de d'enzymes, est polyvalent
et peut agir en même temps sur divers types de biofilms produits par diverses souches
bactériennes, ce qui est essentiel en milieu hospitalier.
[0070] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, le composant enzymatique peut
être une solution ou sous forme solide.
[0071] Préférentiellement, le composant enzymatique est une solution dont le pH peut être
compris approximativement entre 8 et 10. Préférentiellement, le composant enzymatique
est une solution aqueuse dont le pH peut être compris approximativement entre 8,5
et 9,5 ; plus préférentiellement le pH peut être approximativement de 9,0, et ceci
pour préserver au maximum l'intégrité des enzymes.
[0072] Alternativement, le composant enzymatique peut être sous forme solide tel que par
exemple sous forme d'un lyophilisat, de poudres, de granulés ou sous tout autre forme
permettant la solubilisation dudit composant dans un solvant, puis il sera ultérieurement
dissous dans ledit solvant. Le solvant peut être de l'eau ou une solution aqueuse,
acide, basique, alcoolique, tamponnée ou neutre. Le composant enzymatique solubilisé
pourra alors dans ce cas être ultérieurement dilué dans une solution aqueuse contenant
éventuellement un ou plusieurs composés tels que par exemple des détergents pour former
la solution de nettoyage.
[0073] Comme pour le composant enzymatique, le composant détergent peut être sous forme
solide à dissoudre dans un solvant et/ou dans une phase aqueuse ou sous forme liquide.
[0074] Lorsqu'il est sous forme solide, il peut soit être mis directement en solution dans
la solution formée par le composant enzymatique éventuellement déjà dilué dans la
phase aqueuse, soit être mis en solution dans un solvant, préalablement à sa dilution
dans la solution formée par le composant enzymatique et la phase aqueuse, ou dans
la phase aqueuse directement, avant la dilution du composant enzymatique.
[0075] Lorsque le composant détergent est sous forme liquide, les 100% du composant détergent
sont éventuellement atteints généralement à l'aide d'eau et, préalablement à l'application
sur le biofilm, il sera dilué dans une phase aqueuse, contenant éventuellement déjà
le composant enzymatique.
[0076] Eventuellement, selon le procédé de la présente invention, le pH de ladite solution
est ajusté à une valeur de pH comprise entre 6,5 et 7,5, plus particulièrement autour
de 7.
[0077] Alternativement, ladite composition peut être sous forme solide puis être dissoute
avant utilisation dans un solvant afin d'obtenir, lorsqu'elle sera diluée dans une
phase aqueuse avant application sur un biofilm, une solution dont le pH est compris
approximativement entre 7 et 8. Dans une variante avantageuse selon l'invention, la
composition est une solution prévue pour, lorsqu'elle est diluée dans une phase aqueuse
avant application sur le biofilm, former une solution présentant un pH compris approximativement
entre 6,5 et 7,5, plus particulièrement d'environ 7. De cette façon, le pH de la solution
de la composition est particulièrement approprié à l'action du composant enzymatique,
en particulier de la laccase.
[0078] Alternativement, ladite composition peut être sous forme solide puis être dissoute
avant utilisation dans un solvant afin d'obtenir une solution qui sera ensuite diluée
dans une phase aqueuse pour obtenir une solution de nettoyage dont le pH est compris
approximativement entre 6,5 et 7,5, de préférence d'environ 7.
[0079] Selon le procédé de la présente invention, l'entièreté de la matrice des biofilms
est éliminée, le traitement de surface selon l'invention ne laissant subsister que
des bactéries « nues », c'est-à-dire des bactéries dépourvues de toute protection
et qui peuvent ainsi être facilement éliminées en totalité lors d'une utilisation
ultérieure d'un biocide, comme expliqué ci-après après rinçage de la composition.
[0080] Comme mentionné plus haut, la composition suivant l'invention comprend un composant
détergent qui favorise l'action des enzymes en leur permettant d'atteindre rapidement
les couches inférieures des biofilms et pas uniquement leur couche supérieure. Les
enzymes peuvent donc agir très rapidement sur l'ensemble de la structure des biofilms
et ainsi mettre toutes les bactéries à nu non seulement à la surface des biofilms
mais aussi au niveau des couches inférieures qui les constituent.
[0081] Les figures 1a à 1f illustrent les colorations obtenues (les zones entourées sont
des zones présentant une coloration bleue) lors de l'utilisation d'un kit de détection
de la présence de biofilm pour évaluer l'efficacité des techniques de nettoyage sur
des râpes à pores étroits après pré-nettoyage (1a), après nettoyage dans une solution
d'Aniosyme® (1 b) et après nettoyage dans une solution de trempage suivant l'invention
(1 c) mais aussi pour des râpes à pores larges après pré-nettoyage (1d), après nettoyage
dans une solution d'Aniosyme® (1e) et après nettoyage dans une solution de trempage
suivant l'invention (1f).
[0082] Les figures 2a à 2f illustrent les colorations obtenues (les zones entourées sont
des zones présentant une coloration bleue) lors de l'utilisation d'un kit de détection
selon le brevet
EP 2537601 de la présence de biofilm pour évaluer l'efficacité des techniques de nettoyage sur
des râpes après pré-nettoyage (2a), après nettoyage dans une solution de trempage
suivant l'invention (2b), après nettoyage dans une solution de trempage suivant l'invention
et brossage (2c), après nettoyage dans une solution d'Aniosyme® (2d), après nettoyage
dans une solution d'Aniosyme® et brossage (2e) et après nettoyage dans une solution
d'Aniosyme® et brossage puis nettoyage dans une solution de trempage suivant l'invention
et brossage (2f).
Exemples
Exemple 1 - Nettoyage d'instruments médicaux par trempage dans une solution de trempage
suivant l'invention - analyses ATP-métriques
[0083] Des essais ont été réalisés afin de déterminer si le procédé suivant l'invention
permet d'éliminer efficacement les biofilms présents sur des instruments médicaux
par trempage dans une solution aqueuse de trempage suivant l'invention.
[0084] Cette solution aqueuse de trempage a été préparée par dilution d'un premier produit
comprenant un composant détergent comprenant un agent séquestrant, un agent mouillant
et un agent dispersant et d'un deuxième produit comprenant un composant enzymatique
comprenant au moins une protéase, au moins une laccase et au moins une polysaccharidase,
dans de l'eau de distribution à 45°C de telle sorte que la solution aqueuse de trempage
comprend une concentration de 0,25% (v/v) dudit premier produit et une concentration
de 0,1% (v/v) dudit deuxième produit.
[0085] Préalablement au trempage des instruments dans la solution de trempage, ces derniers
ont été lavés au laveur-désinfecteur de telle sorte à être prêts à l'emploi selon
les procédures et les normes d'application dans les hôpitaux.
[0086] Des analyses ATP-métriques, afin de mesurer la présence d'Adénosine TriPhosphate,
ont été effectuées pour déterminer :
- la quantité de molécules d'ATP sur la surface des instruments médicaux avant nettoyage
avec la solution aqueuse de trempage suivant l'invention,
- la quantité de molécules d'ATP dans la solution aqueuse de trempage directement suite
à l'immersion des instruments médicaux (c'est-à-dire avant le nettoyage par trempage
à proprement parlé) dans la solution aqueuse de trempage, et
- la quantité de molécules d'ATP dans la solution aqueuse de trempage après 30 minutes
de trempage des instruments médicaux dans la solution aqueuse de trempage.
[0087] La quantité de molécules d'ATP à la surface des instruments médicaux a été déterminée
par écouvillonnage de la surface des instruments avant d'appliquer le protocole d'analyse
de la méthode ATP Testing proposée par 3M™ (3M Clean-Trace). Cette technique d'analyse
permet de mesurer une quantité de lumière produite (URL) qui est directement proportionnelle
à la quantité d'énergie biologique présente dans la solution analysée, c'est-à-dire
à la quantité (concentration) de microorganismes dans la solution analysée. La mesure
de la quantité de lumière émise permet donc de mettre en évidence et de quantifier
la présence de molécules d'ATP et donc de déterminer la quantité (concentration) de
microorganismes dans la solution analysée (puisque l'ATP est une molécule essentielle
à la vie microbienne). Par conséquent, cette technique d'analyse permet de déterminer
dans quelle mesure la solution aqueuse de trempage suivant l'invention permet d'éliminer
les biofilms pour permettre un accès aux microorganismes dont la quantité est mesurée
par ATP-métrie.
[0088] Les résultats obtenus ont été interprétés sur base du tableau 1 suivant et sont présentés
au tableau 2.
Tableau 1
| Quantité de lumière produite (URL) |
Interprétation |
| < 500 URL |
Pas d'action requise : peu de bactéries |
| >500 URL et <999 URL |
Action à entreprendre si zone à haut risque : bactéries présentes |
| >1000 URL |
Action à entreprendre : nombreuses bactéries présentes |
Tableau 2
| |
ATP sur la surface avant nettoyage (URL) |
ATP en solution dans la solution aqueuse de trempage suite à l'immersion (URL) |
ATP en solution dans la solution aqueuse de trempage après nettoyage par trempage
(URL) |
| Canule d'aspiration pour coelioscopie |
309 |
non mesuré |
non mesuré |
| Alésoir |
1576 |
14 |
185 |
| Râpe orthopédique pour hanches |
235 |
non mesuré |
non mesuré |
| Râpe orthopédique pour hanches : le pertuis |
7 |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule de colonne |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule ORL |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
[0089] Les analyses ATP-métriques ont permis de déterminer une quantité importante de biofilms
(molécules d'ATP) pour l'alésoir avant nettoyage par trempage (1576 URL) tandis que
de faibles niveaux d'encrassement (contamination par la présence de biofilms) ont
été relevés pour les autres instruments médicaux qui n'ont par conséquent pas fait
l'objet d'un nettoyage par trempage dans la solution aqueuse de trempage suivant l'invention.
Les résultats obtenus avec l'alésoir permettent de constater que le niveau d'ATP mesuré
directement après l'immersion de l'alésoir dans la solution de trempage est très faible
(14 URL) mais que ce niveau augmente de façon significative après 30 minutes de trempage
dans la solution de trempage. Ceci indique clairement qu'un trempage dans la solution
de trempage suivant l'invention permet de décrocher les biofilms de la surface des
instruments médicaux, en l'occurrence de l'alésoir dans le cas présent, ce qui permet
d'accéder aux microorganismes.
Exemple 2 - Essais comparatifs de nettoyage d'instruments médicaux par trempage dans
une solution de trempage suivant l'invention et par autoclavage - analyses par utilisation
d'un kit de détection
[0090] Des essais comparatifs ont été réalisés pour comparer, en terme d'élimination de
biofilms, un nettoyage réalisé par trempage durant 30 minutes dans une solution aqueuse
de trempage suivant l'invention (telle que décrite à l'exemple 1) à un nettoyage réalisé
par autoclavage à 134°C durant 90 minutes (technique actuellement d'application en
milieu hospitalier).
[0091] Préalablement à ces deux types de nettoyage, les instruments médicaux ont d'abord
été pré-nettoyés dans un nettoyeur-désinfecteur de telle sorte à être prêts à l'emploi
selon les procédures et les normes d'application dans les hôpitaux.
[0092] Pour mesurer l'efficacité de chacun de ces nettoyages, un kit de détection a été
utilisé sur les surfaces des instruments médicaux pour mettre en évidence la présence
ou l'absence de biofilms :
- avant nettoyage,
- après nettoyage par trempage dans une solution aqueuse de trempage suivant l'invention,
et
- après nettoyage par passage à l'autoclave.
[0093] Le kit de détection est composé de deux produits, un réactif de coloration et un
réactif de nettoyage. Le colorant bleu présent dans le réactif de coloration adhère
spécifiquement aux EPS (Extracellular Polymeric Substances) formant la matrice protective
du biofilm. La surface à analyser est aspergée avec la solution de coloration. Après
5 minutes d'action sur la surface, l'excédent de la solution est absorbé. Ensuite
la surface est rincée à l'aide de la solution nettoyante qui requiert un temps de
pose de cinq minutes. La surface est enfin rincée à l'eau et est analysée. La présence
ou l'absence de biofilm est démontrée par une couleur bleue plus ou moins foncée selon
la quantité de biofilm existant sur la surface. Une coloration bleu intense indique
une présence importante de biofilm.
[0094] Les résultats obtenus, en terme de coloration à la surface des instruments analysés,
sont présentés au tableau 3 ci-dessous pour les instruments médicaux testés.
Tableau 3
| |
Après pré-nettoyage au nettoyeur-désinfecteur |
Après trempage dans la solution de trempage suivant l'invention |
Après autoclavage |
| Alésoir |
coloration bleue intense |
absence de coloration bleue |
coloration bleue moyenne |
| Canule d'aspiration pour coelioscopie |
coloration bleue intense |
absence de coloration bleue |
non mesuré |
| Râpe orthopédique |
coloration bleue intense |
absence de coloration bleue |
coloration bleue moyenne |
| Canule ORL |
coloration bleue intense |
faible coloration bleue |
non mesuré |
[0095] Il ressort de ces essais que les instruments pré-nettoyés par passage dans un nettoyeur-désinfecteur
comportent tous des biofilms (coloration bleue intense) et donc que cette technique
actuelle de nettoyage d'application dans les hôpitaux laisse subsister des biofilms
sur les instruments médicaux. Par contre, ces résultats indiquent clairement qu'un
trempage dans une solution aqueuse de trempage suivant l'invention permet d'éliminer
très significativement les biofilms à la surface des instruments médicaux, ce qu'un
autoclavage ne permet pas puisqu'une coloration bleue est toujours relevée suite à
ce type de nettoyage.
Exemple 3 - Essais comparatifs de nettoyage d'instruments médicaux par trempage dans
une solution de trempage suivant l'invention, par trempage dans une solution aqueuse
d'Aniosyme® et par autoclavage - analyses ATP-métriques
[0096] Des essais comparatifs ont été réalisés pour comparer, en terme d'élimiriation de
biofilms, un nettoyage réalisé par trempage durant 30 minutes dans une solution aqueuse
suivant l'invention (telle que décrite et préparée à l'exemple 1), à un nettoyage
réalisé par trempage durant 15 minutes dans une solution aqueuse d'Aniosyme® (solution
prétendant éliminer les biofilms) à 0,5% préparée selon les prescriptions du fabricant
et à un nettoyage réalisé par autoclavage à 134°C durant 90 minutes.
[0097] Préalablement à ces trois types de nettoyage, les instruments médicaux ont d'abord
été pré-nettoyés dans un nettoyeur-désinfecteur de telle sorte à être prêts à l'emploi
selon les procédures et les normes d'application dans les hôpitaux.
[0098] Suite aux trempages soit dans une solution aqueuse suivant l'invention, soit dans
une solution aqueuse d'Aniosyme® suivant les prescriptions du fabricant, les instruments
médicaux ont été rincés à l'eau claire mais également autoclavés.
[0099] Des analyses ATP-métriques, selon le protocole d'analyse de la méthode ATP Testing
proposée par 3M™ (3M Clean-Trace), ont été effectuées pour mesurer :
- la quantité de molécules d'ATP à la surface des instruments médicaux avant nettoyage,
- la quantité de molécules d'ATP à la surface des instruments médicaux après 30 minutes
de trempage dans la solution de trempage suivant l'invention et après autoclavage,
- la quantité de molécules d'ATP à la surface des instruments médicaux après 15 minutes
de trempage dans la solution aqueuse d'Aniosyme® et après autoclavage, et
- la quantité de molécules d'ATP à la surface des instruments médicaux après autoclavage
à 134°C durant 90 minutes.
[0100] Les résultats obtenus ont été interprétés selon les critères mentionnés au tableau
1 et sont présentés au tableau 4 ci-dessous.
Tableau 4
| |
ATP après pré-nettoyage au nettoyeur-désinfecteur (URL) |
ATP après trempage dans la solution de trempage suivant l'invention et autoclavage
(URL) |
ATP après trempage dans une solution d'Aniosyme ® et autoclavage (URL) |
ATP après autoclavage (URL) |
| Alésoir |
14 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule 1 |
418,5 |
non mesuré |
15 |
non mesuré |
| Canule 2 |
476,5 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule 3 |
|
non mesuré |
non mesuré |
10 |
| Râpe |
14 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Pince à dents large droite |
231 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Pince à dente penchée |
437 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule 2 (extérieur) |
522 |
non mesuré |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule ORL large |
569,5 |
12 |
non mesuré |
non mesuré |
| Canule ORL fine |
400 |
non mesuré |
32 |
non mesuré |
| Canule d'aspiration pour coelioscopie |
2487,5 |
9 |
non mesuré |
non mesuré |
[0101] Une valeur ATP très élevée (2487,5 URL) est observée pour la canule d'aspiration
pour coelioscopie avant les nettoyages. Ceci indique une grande quantité de biofilms
résiduels après un pré-nettoyage dans un nettoyeur-désinfecteur et donc que les instruments
censés être prêts à l'emploi comportent malgré tout encore des biofilms protégeant
des microorganismes potentiellement responsables des maladies nosocomiales.
[0102] Par contre, après le trempage dans la solution de trempage suivant l'invention, le
niveau ATP (ou quantité de molécules d'ATP) descend à un niveau très bas (9 URL),
indiquant un niveau de propreté élevé, correspondant à une réduction logarithmique
de 1,6 Log des microorganismes protégés par les biofilms et responsables des maladies
nosocomiales, c'est-à-dire à un pourcentage de réduction supérieur à 90% des microorganismes
protégés par les biofilms. Des résultats similaires sont obtenus pour la canule ORL
large pour laquelle une réduction logarithmique de 2,44 Log est notée, ce qui correspond
à un pourcentage de réduction supérieur à 90% des microorganismes protégés par les
biofilms. Les autres instruments analysés présentent des valeurs ATP faible à moyenne
avant les nettoyages et n'ont donc pas été soumis à un nettoyage avec la solution
de trempage suivant l'invention.
Exemple 4 - Essais comparatifs de nettoyage d'instruments médicaux par trempage dans
une solution de trempage suivant l'invention et par trempage dans une solution aqueuse
d'Aniosyme® - analyses par utilisation d'un kit de détection
[0103] Des essais comparatifs ont été réalisés pour comparer, en terme d'élimination de
biofilms, un nettoyage réalisé par trempage durant 30 minutes dans une solution aqueuse
suivant l'invention (telle que décrite et préparée à l'exemple 1), à un nettoyage
réalisé par trempage durant 15 minutes dans une solution aqueuse d'Aniosyme® (solution
prétendant éliminer les biofilms) à 0,5% préparée selon les prescriptions du fabricant.
[0104] Préalablement à ces deux types de nettoyage, les instruments médicaux ont d'abord
été pré-nettoyés dans un nettoyeur-désinfecteur de telle sorte à être prêts à l'emploi
selon les procédures et les normes d'application dans les hôpitaux.
[0105] Un rinçage à l'eau claire des instruments a été effectué suite aux nettoyages par
trempage.
[0106] Pour mesurer l'efficacité de chacun de ces nettoyages, un kit de détection tel que
décrit à l'exemple 2 a été utilisé sur les surfaces des instruments médicaux :
- avant nettoyage,
- après nettoyage par trempage durant 30 minutes dans une solution de trempage suivant
l'invention, et
- après nettoyage par trempage durant 15 minutes dans une solution de trempage d'Aniosyme®
selon les prescriptions du fabricant.
[0107] La présence ou l'absence de biofilm est démontrée par une couleur bleue plus ou moins
foncée selon la quantité de biofilm existant sur la surface. Une coloration bleu intense
indique une présence importante de biofilm.
[0108] Les résultats obtenus sont présentés au tableau 5 ci-dessous pour les instruments
médicaux testés.
Tableau 5
| |
Après pré-nettoyage au nettoyeur-désinfecteur |
Après trempage dans la solution de trempage suivant l'invention |
Après trempage dans une solution d'Aniosyme® |
| Râpe orthopédique à pores étroits |
coloration bleue intense (figure 1a) |
faible coloration bleue (figure 1c) |
coloration bleue intense (figure 1b) |
| Râpe orthopédique à pores larges |
coloration bleue intense (figure 1d) |
faible coloration bleue (figure 1f) |
coloration bleue intense (figure 1e) |
| Pince d'orthodontie |
coloration bleue intense |
faible coloration bleue |
coloration bleue intense |
| Canule d'aspiration pour coelioscopie |
coloration bleue intense |
faible coloration bleue |
coloration bleue intense |
| Canule ORL (embout large) |
coloration bleue intense |
faible coloration bleue |
coloration bleue intense |
[0109] II ressort de ces essais, et comme illustré aux figures 1a à 1f, que les instruments
pré-nettoyés par passage dans un nettoyeur-désinfecteur comportent tous des biofilms
(coloration bleue intense) et donc que cette technique actuelle de nettoyage d'application
dans les hôpitaux laisse subsister des biofilms sur les instruments médicaux. Par
contre, ces résultats indiquent clairement qu'un trempage dans une solution aqueuse
de trempage suivant l'invention permet d'éliminer très significativement les biofilms
à la surface des instruments médicaux, ce qu'un trempage dans une solution aqueuse
d'Aniosyme® ne permet qu'en une moindre mesure.
Exemple 5 : Essais comparatifs de nettoyage d'instruments médicaux (râpes) par trempage
dans une solution de trempage suivant l'invention et par trempage dans une solution aqueuse
d'Aniosyme® associés à une étape de brossage manuel - analyses par utilisation d'un
kit_de détection
[0110] Des essais comparatifs ont été réalisés pour comparer, en terme d'élimination de
biofilms, un nettoyage réalisé par trempage durant 30 minutes dans une solution aqueuse
de trempage suivant l'invention (telle que décrite à l'exemple 1) et associé à une
étape de brossage manuel à un nettoyage réalisé par trempage durant 15 minutes dans
une solution aqueuse d'Aniosyme® (solution prétendant éliminer les biofilms) à 0,5%
préparée selon les prescriptions du fabricant et associé à une étape de brossage manuel.
[0111] Préalablement à ces deux types de nettoyage, les instruments médicaux (râpes) ont
d'abord été pré-nettoyés dans un nettoyeur-désinfecteur de telle sorte à être prêts
à l'emploi selon les procédures et les normes d'application dans les hôpitaux.
[0112] Pour mesurer l'efficacité de chacun de ces nettoyages, un kit de détection tel que
décrit à l'exemple 2 a été utilisé sur les surfaces des râpes :
- avant nettoyage,
- après nettoyage par trempage durant 30 minutes dans une solution de trempage suivant
l'invention,
- après nettoyage par trempage durant 30 minutes dans une solution de trempage suivant
l'invention et brossage manuel,
- après nettoyage par trempage durant 15 minutes dans une solution de trempage d'Aniosyme®
selon les prescriptions du fabriquant,
- après nettoyage par trempage durant 15 minutes dans une solution de trempage d'Aniosyme®
selon les prescriptions du fabriquant et brossage manuel, et
- après un premier nettoyage par trempage durant 15 minutes dans une solution de trempage
d'Aniosyme® selon les prescriptions du fabriquant et brossage manuel suivi d'un deuxième
nettoyage par trempage dans une solution de trempage suivant l'invention et brossage
manuel.
[0113] Les résultats obtenus sont présentés au tableau 6 ci-dessous.
[0114] La présence ou l'absence de biofilm est démontrée par une couleur bleue plus ou moins
foncée selon la quantité de biofilm existant sur la surface. Une coloration bleu intense
indique une présence importante de biofilm.
Tableau 6
| |
(a) |
(b) |
(c) |
(d) |
(e) |
(f) |
| |
Après pré-nettoyage |
Après trempage suivant l'invention |
(b) + brossage |
Après trempage dans une solution d'Aniosyme ® |
(d) + brossage |
(c)+ (e) |
| Râpes pores larges |
coloration bleue moyenne |
faible coloration bleue |
absence de coloration |
coloration bleue moyenne |
coloration bleue moyenne |
absence de coloration |
| Râpes pores étroits |
coloration bleue intense (figure 2a) |
faible coloration bleue (figure 2b) |
absence de coloration (figure 2c) |
coloration bleue intense (figure 2d) |
coloration bleue moyenne (figure 2e) |
absence de coloration (figure 2f) |
[0115] Ces résultats ainsi que les figures 2a à 2f montrent qu'un pré-nettoyage supposé
fournir des râpes prêtes à l'emploi laisse subsister des biofilms (coloration moyenne
à intense selon la taille des pores des râpes).
[0116] Par ailleurs, il ressort de ces essais qu'un nettoyage par trempage dans une solution
aqueuse d'Aniosyme® ne permet pas non plus d'éliminer tout le biofilm présent (coloration
moyenne à intense) même lorsqu'un brossage manuel est effectué (coloration moyenne).
[0117] Par contre, un trempage dans une solution de trempage suivant l'invention permet
d'éliminer significativement les biofilms puisqu'une faible coloration bleue est observée
suite à ce nettoyage.
[0118] De plus, si le trempage dans une solution de trempage suivant l'invention est associé
à une étape de brossage manuel, le nettoyage selon l'invention permet d'éliminer totalement
les biofilms de la surface des râpes. Le même constat peut être uniquement établi
si un nettoyage avec une solution d'Aniosyme® associé à un brossage manuel est suivi
d'un nettoyage par trempage dans une solution suivant l'invention associé à un brossage
manuel.
[0119] Le fait que, sans l'étape de brossage manuel, le trempage dans une solution de trempage
suivant l'invention laisse subsister une faible coloration bleue s'explique par l'action
de la solution de trempage qui déstructure le biofilm mais sans toutefois le décoller
totalement des surfaces. C'est pourquoi une étape de brossage manuel est particulièrement
indiquée.
Exemple 6: Nettoyage d'endoscopes avec une solution de trempage suivant l'invention
[0120] Des endoscopes propres mais déclassés (non utilisés depuis plusieurs années) et non
stérilisés ont été utilisés pour déterminer l'efficacité de la solution de trempage
suivant l'invention pour le nettoyage des endoscopes.
[0121] Une première étape a consisté à réaliser une mise à blanc des endoscopes dans un
lave endoscope selon un protocole et une procédure connue avec les solutions commerciales
Soluscope E (solution enzymatique) à 0,5% et Soluscope D (solution désinfectante à
base de glutaraldéhyde) selon les prescriptions du fabricant.
[0122] Une deuxième étape a porté sur la mise à blanc du lave endoscope avec une solution
suivant l'invention (telle que décrite à l'exemple 1) en suivant le programme de lavage
prévu à cet effet par le fabricant (cycle de 30 minutes : désinfection - rinçage -
désinfection - vidange - rinçage - séchage).
[0123] Une troisième étape a porté sur le nettoyage des endoscopes dans le lave endoscope
avec une solution suivant l'invention (telle que décrite à l'exemple 1) et avec une
solution désinfectante commerciale (Soluscope D) suite aux deux étapes précédentes.
Ce nettoyage dans le lave endoscope consiste en un cycle de 35 minutes comprenant
les étapes séquentielles suivantes : test d'étanchéité - pré-nettoyage - nettoyage
- rinçage - désinfection - rinçage - séchage.
a) analyses de la présence de biofilm suite à la première étape
[0124] Suite à la mise à blanc des endoscopes par nettoyage standard dans un lave endoscope,
les analyses suivantes ont été réalisées :
- analyse bactériologique de l'intérieur de la canule de biopsie de l'endoscope par
écouvillonnage à l'aide d'une brosse à endoscope plongée ensuite dans de l'eau peptonée
jusqu'à analyse au laboratoire par étalement sur milieu de culture non sélectif et
par mesures Bart Test selon les recommandations du fabricant.
Ces analyses de l'endoscope mis à blanc ont permis de montrer que le nettoyage standard
au lave endoscope ne donne pas lieu au développement de microorganismes sur les milieux
de culture. Cependant, les Bart Test ont réagi positivement, ce qui indique quand
même la présence de microorganismes vivants et donc de bactéries susceptibles de former
des biofilms.
- analyse bactériologique du lave endoscope (grille d'évacuation, goulot d'évacuation,
filtre) par écouvillonnage, les écouvillons obtenus étant conservés dans de l'eau
peptonée jusqu'à analyse au laboratoire par étalement sur milieu de culture non sélectif,
par analyse ATP-métrique (comme décrite aux exemples précédents) et par mesures Bart
Test.
[0125] Les comptages des bactéries se développant sur boites de pétri ont permis de mettre
en évidence une forte présence de microorganismes au niveau du goulot d'évacuation
du lave endoscope (colonies de couleur rouge) ainsi qu'au niveau de la grille d'évacuation
(colonie jaune-dorée) et du filtre (colonie rouge). Les analyses ATP-métriques ont
quant à elles révélés une faible présence de microorganismes sur ces mêmes zones du
lave endoscope (valeurs URL inférieures à 500).
[0126] Un repiquage des colonies se développant sur le milieu de culture non sélectif sur
des milieux spécifiques (Petrifilm Staph Express 3M) a permis de déterminer que ces
colonies sont formées par Staphylococcus aureus.
[0127] Les mesures Bart Test ont réagi positivement pour les prélèvements effectués au niveau
de la grille d'évacuation et du filtre du lave endoscope.
[0128] Il ressort donc de ces analyses que tant les endoscopes mis à blanc que le lave endoscope
utilisé pour réaliser cette mise à blanc selon les procédures actuelles comportent
toujours des microorganismes susceptibles de former du biofilm et donc que ces procédures
ne sont pas optimales.
b) analyse de la présence de biofilm suite à la deuxième étape
[0129] Suite à la mise à blanc du lave endoscope avec une solution de trempage suivant l'invention,
une analyse bactériologique de l'eau de rinçage du lave endoscope a été réalisée par
étalement sur milieu de culture et par mesures Bart Test.
[0130] Des colonies bactériennes ont été dénombrées sur le milieu de culture non sélectif
(28 CFU/150µl) puis repiquées sur un milieu sélectif pour la croissance des staphylocoques,
ce qui a permis d'établir la présence de Staphylococcus aureus dans les eaux de rinçage
du lave endoscope suite au nettoyage avec la solution de trempage suivant l'invention.
Les mesures Bart Test ont confirmé cette présence de bactéries dans les eaux de rinçage
du lave endoscope.
[0131] Ces essais permettent de conclure que la solution de trempage suivant l'invention
assure le décrochage des bactéries dans le lave endoscope, ce qui permet d'assurer,
par la suite, un meilleur nettoyage des endoscopes, le lave endoscope ne constituant
plus une source de contamination.
c) analyses de la présence de biofilm suite à la troisième étape
[0132] Suite au nettoyage avec la solution de trempage suivant l'invention, des endoscopes
préalablement mis à blanc (selon la première étape) dans un lave endoscope préalablement
mis à blanc (selon la deuxième étape) et à une désinfection (Soluscope D), des analyses
bactériologiques de l'eau de rinçage du lave endoscope et des endoscopes ont été réalisées
par étalement sur milieu de culture et par mesures Bart Test.
[0133] Des colonies bactériennes ont été dénombrées dans l'eau de rinçage suite au nettoyage
des endoscopes avec la solution selon l'invention (colonies rouges, 32 CFU/150µl).
Les bactéries formant ces colonies ont été identifiées comme étant des Staphylococcus
aureus. Les mesures Bart Test ont également indiqué la présence de bactéries dans
l'eau de rinçage.
[0134] Ceci indique que la solution de trempage suivant l'invention permet de décrocher
des bactéries encore présentes dans les endoscopes et/ou dans le lave endoscope même
lorsqu'ils ont été préalablement mis à blanc.
[0135] L'analyse des endoscopes, par écouvillonnage et étalement des écouvillons obtenus
sur boites de pétri, n'a pas permis de mettre en évidence la présence de bactéries.
Par contre, les mesures Bart Test ont révélé la présence de bactéries au niveau des
endoscopes même après lavage avec la solution de trempage suivant l'invention.
[0136] Il est bien entendu que la présente invention n'est en aucune façon limitée aux formes
de réalisations décrites ci-dessus et que bien des modifications peuvent y être apportées
sans sortir du cadre des revendications annexées.