[0001] Le domaine technique de l'invention est celui des initiateurs électriques, c'est
à dire celui des composants pyrotechniques disposés en amont d'une chaîne pyrotechnique,
et en particulier celui des détonateurs, c'est à dire des composants pyrotechniques
pouvant amorcer un chargement explosif secondaire en mode nominal détonant.
[0002] Les détonateurs sont des composants classiques. Ils incorporent le plus souvent un
explosif primaire c'est à dire un explosif sensible pouvant passer facilement en régime
détonant lorsqu'il est soumis à une faible sollicitation.
[0003] On cherche aujourd'hui à définir des munitions pouvant être initiées suivant plusieurs
modes de fonctionnement, en particulier pour pouvoir réduire les dimensions des zones
de létalité. Il est aussi recherché de pouvoir stériliser les munitions qui n'ont
pas atteint leur cible afin d'assurer que des chargements explosifs actifs, qui polluent
les théâtres d'opération, ne puissent plus être amorcés, réduisant ainsi les risques
pour les populations civiles.
[0004] On a ainsi proposé avec le brevet
EP1338861 de définir un dispositif d'amorçage comportant deux relais pyrotechniques distincts,
l'un assurant un régime de détonation et l'autre un régime de combustion. Ce dispositif
comprend un volet mobile portant les deux relais et permettant d'utiliser l'un ou
l'autre suivant le mode de fonctionnement souhaité, détonation ou bien combustion,
pour par exemple détruire le chargement explosif d'une munition qui n'a pas atteint
sa cible.
[0005] Ce dispositif est cependant complexe mécaniquement et il n'est pas facile à intégrer
dans une munition, en particulier dans une munition pour laquelle le volume dévolu
au dispositif d'amorçage est réduit, par exemple un projectile d'artillerie.
[0006] C'est le but de l'invention que de proposer un initiateur permettant de choisir entre
plusieurs modes de fonctionnement.
[0007] L'initiateur selon l'invention est ainsi un composant pyrotechnique compact qui peut
fonctionner suivant deux modes distincts.
[0008] Il est aisé à incorporer dans un dispositif d'amorçage existant.
[0009] L'initiateur selon l'invention permet ainsi d'assurer l'amorçage d'un chargement
explosif tout en permettant une stérilisation de l'amorçage sans dispositif mécanique
complémentaire.
[0010] L'initiateur selon l'invention peut également être utilisé comme composant d'entrée
d'un actionneur mécano pyrotechnique. Dans ce cas l'initiateur fonctionnant en détonation
permettra de rendre inutilisable l'actionneur en cas de besoin sans dispositif mécanique
complémentaire.
[0011] Enfin l'initiateur selon l'invention peut, en étant associé à un relais d'inflammation,
assurer une fonction d'initiation d'une chaîne pyrotechnique d'allumage, par exemple
d'une charge propulsive.
[0012] Ainsi l'invention a pour objet un initiateur électrique comportant un chargement
explosif secondaire disposé dans une alvéole et au moins deux moyens d'amenée de courant
reliés à un premier moyen d'initiation du chargement explosif, premier moyen d'initiation
séparé du chargement explosif secondaire par une première interface pyrotechnique
comportant au moins un explosif primaire et qui est destinée à assurer un amorçage
du chargement explosif secondaire en mode de détonation, initiateur caractérisé en
ce qu'il comporte au moins un deuxième moyen d'initiation relié à au moins un moyen
d'amenée de courant spécifique, deuxième moyen d'initiation qui est séparé du chargement
explosif secondaire par une seconde interface pyrotechnique qui comporte au moins
une composition pyrotechnique assurant l'initiation du chargement explosif secondaire
en mode déflagrant.
[0013] Selon un mode de réalisation, la composition pyrotechnique de la seconde interface
pyrotechnique pourra comporter au moins une thermite ou un matériau à réaction exothermique.
[0014] Les thermites pourront être choisies dans les groupes suivantes : aluminium/oxyde
de cuivre, aluminium / oxyde ferrique.
[0015] L'alvéole pourra renfermer un conteneur isolant comportant deux cavités, une première
cavité recevant la première interface pyrotechnique et une seconde cavité recevant
la seconde interface pyrotechnique.
[0016] Les deux cavités du conteneur pourront être séparées par une paroi ayant au moins
2 mm d'épaisseur.
[0017] Les cavités du conteneur pourront avoir une forme oblongue.
[0018] Selon un mode de réalisation, l'alvéole pourra être solidaire d'une embase conductrice
portant trois moyens d'amenée de courant, deux moyens d'amenée étant isolés électriquement
de l'embase par une couche isolante, et un moyen d'amenée de courant étant relié électriquement
à l'embase, chaque moyen d'initiation étant monté entre l'embase et un des moyens
d'amenée de courant isolés de l'embase.
[0019] Selon un autre mode de réalisation, l'alvéole pourra être solidaire d'une embase
isolante qui portera quatre moyens d'amenée de courant, une première paire de moyens
d'amenée étant reliée par le premier moyen d'initiation, une seconde paire de moyens
d'amenée étant reliée par le second moyen d'initiation.
[0020] Le conteneur pourra comporter une languette engagée dans une rainure de l'embase.
[0021] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre de différents
modes de réalisation, description faite en référence aux dessins annexés et dans lesquels
:
- La figure 1 montre en coupe longitudinale un exemple d'un premier mode de réalisation
d'un initiateur selon l'invention, coupe réalisée suivant le plan dont la trace BB
est représentée à la figure 2,
- La figure 2 est une coupe transversale de l'initiateur selon le premier mode de réalisation,
coupe réalisée suivant le plan dont la trace AA est représentée à la figure 1, initiateur
représenté sans matériaux pyrotechniques,
- La figure 3 montre en coupe longitudinale un exemple d'un second mode de réalisation
d'un initiateur selon l'invention, coupe réalisée suivant le plan dont la trace DD
est représentée à la figure 4,
- La figure 4 est une coupe transversale de l'initiateur selon le second mode de réalisation,
coupe réalisée suivant le plan dont la trace CC est représentée à la figure 3, initiateur
représenté sans matériaux pyrotechniques,
- La figure 5 montre une variante de réalisation de l'initiateur selon une vue analogue
à la figure 2.
[0022] En se reportant aux figures 1 et 2, un initiateur 1 selon un premier mode de réalisation
de l'invention comprend une alvéole 2 métallique qui renferme un chargement explosif
3 qui comporte au moins un explosif secondaire, par exemple de l'hexogène.
[0023] L'alvéole est par ailleurs solidaire d'une embase isolante 4, par exemple en verre,
embase qui porte quatre moyens d'amenée de courant qui sont ici des broches conductrices
5a,5b,5c et 5d. Seules deux broches 5a et 5c sont visibles sur la figure 1. La figure
2 montre les extrémités des quatre broches. Il serait bien entendu possible de réaliser
un initiateur dans lequel les moyens d'amenée de courant seraient de simples fils
souples.
[0024] Les broches sont groupées par paires.
[0025] Une première paire de broches 5a et 5b a ses extrémités reliées par un premier fil
chaud 6a qui est soudé au niveau de chacune des extrémités des broches 5a et 5b. Ce
premier fil chaud 6a forme un premier moyen d'initiation.
[0026] Une seconde paire de broches 5c et 5d a ses extrémités reliées par un second fil
chaud 6b formant un second moyen d'initiation. Les broches des deux paires auront
de préférence des longueurs différentes pour assurer un détrompage lors du montage
de l'initiateur.
[0027] Les moyens d'initiation pourraient être réalisés sous d'autres formes que par fils
chauds. Ils pourraient par exemple être constitués par d'autres moyens basse tension
tels que :
Une couche conductrice dite mince dont l'élément chauffant est réalisé par le dépôt
entre les deux broches d'une fine couche d'un matériau conducteur.
Une couche conductrice dite épaisse dont l'élément chauffant est obtenu par le dépôt
d'une encre ou peinture conductrice entre les broches.
Un pont semi-conducteur (SCB ou Semi conductor Bridge) réalisé par une couche de polysilicium
dopée au phosphore, d'épaisseur 2 à 4 micromètres déposée sur un substrat silicium.
[0028] Il est tout aussi envisageable de mettre en oeuvre des moyens d'initiation moyenne
tension tels qu'un fil explosé ou un dispositif à élément projeté.
[0029] A titre de variante les fils chauds 6a et 6b pourront avoir des diamètres très différents
afin que chaque moyen d'initiation ait une sensibilité différente. On pourra par exemple
réaliser le premier moyen d'initiation 6a avec un diamètre nécessitant une moyenne
énergie (initiateur de type détonateur 1 Ampère / 1 Watt / 5 minutes non feu et nécessitant
une intensité d'environ 3 ampères pour être amorcé) et réaliser le second moyen d'initiation
6b avec un diamètre nécessitant une basse énergie (intensité du courant de l'ordre
de 350 milliampères).
[0030] L'alvéole 2 renferme également un conteneur isolant 7, par exemple en plastique chargé
de fibre de verre qui comporte deux cavités 7a et 7b.
[0031] Une première cavité 7a renferme une première interface pyrotechnique et une seconde
cavité 7b reçoit une seconde interface pyrotechnique.
[0032] La première interface pyrotechnique est destinée à assurer un amorçage du chargement
explosif secondaire 3 en mode de détonation.
[0033] Cette première interface pyrotechnique comporte au moins un explosif primaire 8,
par exemple de l'azoture d'argent.
[0034] On a représenté sur la figure 1 une couche d'une composition pyrotechnique 9 qui
couvre le premier fil chaud 6a. Cette composition 9 permet d'obtenir la caractéristique
de sécurité de mise en oeuvre de l'initiateur (5 minutes de non feu avec une puissance
de 1 watt ou un courant de un ampère selon la norme MIL DTL 23659). On réduit ainsi
la sensibilité de l'initiateur aux courants induits d'origine électromagnétique ou
courants vagabonds.
[0035] On pourra mettre en oeuvre une composition pyrotechnique 9 classique du type Zirconium
(60% en masse) / Perchlorate de potassium (40% en masse) ou bien une composition associant
Zirconium (60%) / Bore (12%) et nitrate de potassium (28%). Les pourcentages indiqués
sont rapportés à la masse totale de la composition pyrotechnique 9.
[0036] Globalement on mettra en oeuvre pour la première interface pyrotechnique environ
30 milligrammes de composition pyrotechnique 9 et de 50 à 100 milligrammes d'explosif
primaire 8.
[0037] On voit sur la figure 1 qu'une couche d'un explosif secondaire 10 est interposée
entre l'explosif primaire 8 et le chargement en explosif secondaire 3. Cette couche
permet de compléter le remplissage de la première cavité 7a. On la réalise de préférence
avec le même explosif secondaire que celui du chargement explosif 3, ici de l'hexogène.
[0038] La seconde interface pyrotechnique est destinée à assurer une initiation du chargement
explosif 3 en mode déflagrant.
[0039] Cette seconde interface pyrotechnique comprend par exemple une couche d'une thermite
11 qui recouvre le second fil chaud 6b.
[0040] Une thermite est généralement formée par une composition pyrotechnique associant
un métal (réducteur) et un oxyde métallique. Les thermites, très exothermiques, brûlent
de façon vive sans détoner. On pourra par exemple mettre en oeuvre une thermite de
type aluminium / oxyde de cuivre (AlCuO) dans les proportions stoechiométriques, ou
une thermite de type Aluminium / oxyde ferrique (AlFe2O3). Il existe aussi des matériaux
homogènes tels que des sels métalliques qui peuvent aussi être qualifiés de « thermites
» car ils réagissent de façon très exothermique lorsqu'ils sont initiés.
[0041] La sensibilité de la thermite pourra être augmentée en utilisant une thermite dont
les composants ont une granulométrie réduite, en particulier une granulométrie inférieure
ou égale à 500 nanomètres (ces thermites sont qualifiées de nano-thermites).
[0042] On remarque sur la figure 1 qu'une couche d'un explosif secondaire 12 est interposée
entre la thermite 11 et le chargement explosif 3. Cette couche permet de compléter
le remplissage de la seconde cavité 7b. On la réalise de préférence avec le même explosif
secondaire que celui du chargement explosif 3, ici de l'hexogène. On pourra utiliser
également pour cette couche 12 un explosif secondaire de nature différente comme l'hexanitrostilbène
(HNS).
[0043] Un paillet d'étanchéité 13, en métal ou en matière plastique, obture l'ouverture
14 de l'alvéole 2. L'alvéole est refermée par sertissage à la fois au niveau de l'embase
4 et au niveau du paillet 13.
[0044] Ainsi l'initiateur selon l'invention peut adopter deux modes de fonctionnement différents.
[0045] Il est placé en regard d'un chargement explosif d'une munition (non représentée)
et il est raccordé par des connecteurs (non représentés) à au moins un moyen d'allumage
comportant au moins une source d'énergie électrique. La munition pourra être un projectile,
un missile, une roquette une bombe, une tête militaire, un artifice ou une torpille.
La munition ne fait pas partie de l'invention.
[0046] Si le chargement explosif doit être initié en détonation, ce qui est le fonctionnement
nominal de la munition, il suffit de raccorder la première paire de broches 5a et
5b à la source d'énergie. Le fonctionnement est une détonation classique, l'explosif
primaire 8 assurant la mise en régime détonant du chargement explosif secondaire 3.
[0047] Si la munition doit être stérilisée, par exemple lorsque la munition n'a pas atteint
son objectif, il suffit de raccorder la seconde paire de broches 5c et 5d à la source
d'énergie. La thermite 11 fait déflagrer le chargement explosif 3 qui stérilise alors
l'initiateur 1.
[0048] On voit sur les figures que le conteneur 7 comporte une languette 7c qui est engagée
dans une rainure complémentaire portée par l'embase 4. Une telle disposition renforce
la liaison mécanique entre le conteneur 7 et l'embase 4. Par ailleurs les deux cavités
7a et 7b du conteneur 7 sont séparées par une paroi 7d qui a au moins 2 mm d'épaisseur.
[0049] Le conteneur 7 est réalisé en un matériau bon isolant thermique afin qu'il n'y ait
pas de fonctionnement par influence thermique directe de la première interface pyrotechnique
8,9 lorsque la seconde interface pyrotechnique (thermite 11) est initiée.
[0050] Ainsi la mise en oeuvre du mode déflagrant ne provoquera pas par influence directe
la mise en détonation de l'explosif primaire 8.
[0051] La languette 7c permet donc d'isoler parfaitement les cavités 7a et 7b et elle assure
également le positionnement du conteneur 7 en regard des fils chauds 6a et 6b.
[0052] L'isolation assuré par la languette 7c est une isolation thermique qui empêche la
propagation de l'énergie fournie par la thermite 11 directement vers l'explosif primaire
8. La chicane formée par la languette 7c interdit aussi toute propagation de l'énergie
par effet de surface à l'interface entre le conteneur 7 et l'embase 4.
[0053] Lors de la mise en oeuvre du second moyen d'initiation 6b, la déflagration du chargement
explosif 3 assure un amorçage de l'explosif primaire 8 et de la composition pyrotechnique
9 de la cavité 7a en dernier lieu. On rend ainsi l'initiateur 1 exempt de toute matière
pyrotechnique active. La mise en détonation de l'explosif primaire 8 seul par l'intermédiaire
de la déflagration du chargement 3, n'a pas une brisance suffisante pour amorcer la
chaîne pyrotechnique de la munition.
[0054] Le conteneur 7 est également isolant électriquement afin d'isoler les moyens d'initiation
6a et 6b et de permettre à l'initiateur de résister sans mise à feu aux décharges
électrostatiques entre les deux circuits.
[0055] Les figures 3 et 4 montrent un second mode de réalisation d'un initiateur 1 selon
l'invention.
[0056] Ce mode ne diffère du précédent que par la structure des moyens d'amenée de courant
(broches) et par le mode d'initiation des première et seconde interfaces pyrotechniques
qui en résulte. Suivant ce mode de réalisation, l'alvéole 2 est solidaire d'une embase
14 qui est conductrice et qui porte trois moyens d'amenée de courant, réalisés encore
sous la forme de broches. Deux broches 5e et 5f sont isolées électriquement de l'embase
14 par une couche isolante 15 par exemple en verre. La troisième broche 5g est soudée
ou brasée directement à l'embase 14 et elle constitue une broche de masse de l'initiateur.
[0057] La broche 5f a une longueur supérieure à celle des deux autres broches pour assurer
un détrompage lors du montage de l'initiateur.
[0058] Chaque moyen d'initiation est là encore constitué par un fil chaud 6a ou 6b qui est
monté par soudure entre chaque broche 5e ou 5f et l'embase 14 (figure 4).
[0059] Suivant ce mode de réalisation les circuits électriques du premier et du second moyen
d'initiation présentent une partie commune qui est l'embase 14 portant la broche de
masse 5g.
[0060] Ce mode permet de simplifier la réalisation et le câblage de l'initiateur qui ne
comporte plus alors que trois broches. Ainsi pour mettre à feu le premier moyen d'initiation
6a (pour le mode détonation), il suffit de connecter les broches 5e et 5g à une source
d'alimentation électrique. Pour mettre à feu le second moyen d'initiation 6b (pour
le mode déflagration) il suffit de connecter les broches 5f et 5g à la source d'alimentation
électrique.
[0061] Tous les éléments pyrotechniques de ce mode de réalisation sont identiques à ceux
précédemment décrits et les modes de fonctionnement sont identiques.
[0062] La figure 5 montre une variante de réalisation dans laquelle les cavités 7a et 7b
ont une forme oblongue.
[0063] Un tel mode de réalisation permet de laisser plus d'espace aux moyens d'initiation
6a et 6b car les entraxes de broches sont plus importants. Il permet aussi de donner
un volume plus important pour le chargement des deux interfaces pyrotechnique et ceci
dans le même encombrement pour l'initiateur. Il est bien entendu possible d'adopter
des cavités oblongues aussi bien pour l'initiateur selon la figure 2 que pour l'initiateur
selon la figure 4.
[0064] Comme cela a été décrit précédemment, l'initiateur selon l'invention a deux modes
de fonctionnement différents : un mode détonation classique et un mode déflagrant.
[0065] Une telle structure permet ainsi d'obtenir un détonateur (fonctionnement nominal
détonant) pour lequel il est possible d'assurer une stérilisation de l'initiateur,
interdisant tout fonctionnement détonant.
[0066] Cette structure permet également d'utiliser l'initiateur selon l'invention comme
un inflammateur. Dans ce cas c'est le mode déflagrant qui sera le mode de fonctionnement
nominal. On associera alors l'initiateur à un relais spécifique qui transformera la
déflagration de l'explosif secondaire 3 en une flamme permettant l'allumage par exemple
d'un chargement propulsif de munition.
[0067] Cette structure permet également d'utiliser l'initiateur selon l'invention comme
étage de commande d'un pyromécanisme. Dans ce cas c'est également le mode déflagrant
qui est le mode de fonctionnement nominal. La pression de gaz issus de la déflagration
permet le déplacement des organes mécaniques du pyromécanisme.
[0068] On notera que dans cette dernière application, lorsque le mode détonant est activé,
la détonation du composant bloquera ou détruira le pyromécanisme, le rendant inutilisable.
On assure donc également là aussi une forme de neutralisation du pyromécanisme.
1. Initiateur électrique (1) comportant un chargement explosif secondaire (3) disposé
dans une alvéole (2) et au moins deux moyens d'amenée de courant (5a,5b) reliés à
un premier moyen d'initiation (6a) du chargement explosif (3), premier moyen d'initiation
séparé du chargement explosif secondaire par une première interface pyrotechnique
comportant au moins un explosif primaire (8) et qui est destinée à assurer un amorçage
du chargement explosif secondaire (3) en mode de détonation, initiateur caractérisé en ce qu'il comporte au moins un deuxième moyen d'initiation (6b) relié à au moins un moyen
d'amenée de courant spécifique (5c,5d), deuxième moyen d'initiation qui est séparé
du chargement explosif secondaire (3) par une seconde interface pyrotechnique qui
comporte au moins une composition pyrotechnique (11) assurant l'initiation du chargement
explosif secondaire (3) en mode déflagrant.
2. Initiateur électrique selon la revendication 1, caractérisé en ce que la composition pyrotechnique (11) de la seconde interface pyrotechnique comporte
au moins une thermite ou un matériau à réaction exothermique.
3. Initiateur électrique selon la revendication 2, caractérisé en ce que les thermites sont choisies dans les groupes suivants : aluminium/oxyde de cuivre,
aluminium / oxyde ferrique.
4. Initiateur électrique selon une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'alvéole (2) renferme un conteneur isolant (7) comportant deux cavités (7a,7b),
une première cavité (7a) recevant la première interface pyrotechnique et une seconde
cavité (7b) recevant la seconde interface pyrotechnique.
5. Initiateur électrique selon la revendication 4, caractérisé en ce que les deux cavités (7a,7b) du conteneur (7) sont séparées par une paroi (7d) ayant
au moins 2 mm d'épaisseur.
6. Initiateur électrique selon une des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce que les cavités (7a,7b) du conteneur (7) ont une forme oblongue.
7. Initiateur électrique selon une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'alvéole (2) est solidaire d'une embase conductrice (14) portant trois moyens d'amenée
de courant (5e,5f,5g), deux moyens d'amenée (5e,5f) étant isolés électriquement de
l'embase (14) par une couche isolante (15), et un moyen d'amenée de courant (5g) étant
relié électriquement à l'embase (14), chaque moyen d'initiation (6a,6b) étant monté
entre l'embase (14) et un des moyens d'amenée de courant (5e,5f) isolés de l'embase
(14).
8. Initiateur électrique selon une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'alvéole (2) est solidaire d'une embase isolante (4) qui porte quatre moyens d'amenée
de courant (5a, 5b, 5c, 5d), une première paire de moyens d'amenée (5a,5b) étant reliée
par le premier moyen d'initiation (6a), une seconde paire de moyens d'amenée (5c,5d)
étant reliée par le second moyen d'initiation (6b).
9. Initiateur électrique selon une des revendications 7 ou 8, caractérisé en ce que le conteneur (7) comporte une languette (7c) engagée dans une rainure de l'embase
(4,14).