[0001] La présente invention concerne un dispositif et un procédé de fracturation d'un réservoir
géologique d'hydrocarbures, ainsi qu'un procédé de production d'hydrocarbures et un
procédé de calibrage du dispositif.
[0002] Dans la production d'hydrocarbures, la perméabilité et/ou la porosité du matériau
constituant le réservoir a une influence sur la production d'hydrocarbures, notamment
sur la vitesse de production et ainsi la rentabilité. C'est notamment ce que rappelle
l'article "
Porosity and permeability of Eastern Devonian Shale gas" de Soeder, D.J., publié dans
SPE Formation Evaluation, en 1988, vol. 3, n°1, pp. 116-124, qui présente l'étude de huit échantillons de « shale gas » (i.e. gas de schiste)
du Dévonien, issus des Appalaches. Cet article explique notamment que la production
de ce shale gas présente la difficulté que la perméabilité du réservoir (i.e. du matériau
constituant le réservoir) est faible.
[0003] Ainsi, diverses techniques existent pour faciliter la vitesse de production d'hydrocarbures,
notamment dans un réservoir peu perméable et peu poreux. Ces techniques consistent
à fracturer le réservoir de manière statique ou dynamique.
[0004] La fracturation statique est une dislocation ciblée du réservoir, par le moyen de
l'injection sous très haute pression d'un fluide destiné à fissurer la roche. La fissure
est effectuée par un « stress » mécanique issu d'une pression hydraulique obtenue
à l'aide d'un fluide injecté sous haute-pression à partir d'un puits foré depuis la
surface. On parle aussi d'« hydrofracturation » ou « fracturation hydrosiliceuse »
(ou encore « frac jobs », « frac'ing » ou plus généralement « fracking », ou de «
fracturation hydraulique massive »). Le document
US 2009/044945 A1 présente notamment un procédé de fracturation statique tel que décrit ci-dessus.
[0005] La fracturation statique présente l'inconvénient que la fracturation du réservoir
est généralement unidirectionnelle. Ainsi, seul l'hydrocarbure présent dans la portion
du réservoir autour d'une fissure profonde mais très localisée est produit plus rapidement.
[0006] Pour obtenir une fracturation plus diffuse, la fracturation dynamique, ou fracturation
électrique, a été introduite. La fracturation électrique consiste à générer un arc
électrique dans un puits foré dans le réservoir (typiquement le puits de production).
L'arc électrique induit une onde de pression qui endommage le réservoir dans toutes
les directions autour de l'onde et accroît ainsi sa perméabilité.
[0007] Plusieurs documents traitent de la fracturation électrique. Par exemple, le document
US 4,074,758 présente un procédé consistant à générer une onde de choc électro-hydraulique dans
un liquide dans le puits de forage pour mieux récupérer du pétrole. Le document
US 4,164,978 suggère de faire suivre l'onde de choc par une onde ultrasonique. Le document
US 5,106,164 décrit également un procédé pour générer une explosion plasmique et ainsi fracturer
une roche, mais dans le cas d'un trou peu profond, pour une application minière et
non de production d'hydrocarbures. Les documents
US 4,651,311 et
US 4,706,228 présentent un dispositif pour générer une décharge électrique avec des électrodes
dans une chambre contenant un électrolyte, dans lequel les électrodes ne sont pas
sujettes à l'érosion par le plasma de la décharge. Le document
WO 2009/073475 décrit un procédé pour générer une onde acoustique dans un milieu fluide présent
dans un puits avec un dispositif comprenant deux électrodes entre une garniture d'étanchéité
supérieure et une garniture d'étanchéité inférieure définissant un espace confiné.
Ce document décrit que l'onde acoustique est maintenue dans un état non-« onde de
choc » afin d'améliorer l'endommagement, sans toutefois expliciter les différences
entre onde acoustique « ordinaire » et onde de « choc ».
[0008] Aucun de ces documents ne produit une fracturation du réservoir entièrement satisfaisante.
Il y a donc un besoin pour fracturer un réservoir d'hydrocarbures de manière améliorée.
[0009] Pour cela, il est proposé un dispositif de fracturation d'un réservoir géologique
d'hydrocarbures, dans lequel le dispositif comprend deux garnitures d'étanchéité définissant
entre elles un espace confiné dans un puits foré dans le réservoir, un appareil de
régulation de la température d'un fluide dans l'espace confiné, une paire de deux
électrodes agencées dans l'espace confiné, et un circuit électrique pour la génération
d'un arc électrique entre les deux électrodes. Le circuit comprend au moins une source
de tension reliée aux électrodes et une bobine d'inductance entre la source de tension
et l'une des deux électrodes.
[0010] Suivant des exemples, le dispositif peut comprendre l'une ou plusieurs des caractéristiques
suivantes :
- l'appareil de régulation de la température régule la température du fluide pour optimiser
le rendement énergétique de la phase de pré-décharge lors de la génération d'un arc
électrique ;
- l'appareil de régulation de la température maintient la température du fluide à une
valeur comprise entre 45 et 67°C, de préférence supérieure à 50°C et/ou inférieure
à 62°C ;
- le dispositif comprend en outre un appareil de régulation de la pression du fluide
sensiblement à la pression atmosphérique ;
- l'appareil de régulation de la température comprend un système de refroidissement
de fluide ;
- la bobine d'inductance est d'inductance réglable, de préférence comprise entre 1 µH
et 100 mH, encore de préférence comprise entre 10 µH et 1 mH ;
- la distance entre les deux électrodes est réglable, de préférence comprise entre 0,2
et 5 cm, encore de préférence comprise entre 1 et 3 cm ;
- la source de tension comprend un condensateur de capacité supérieure à 1 µF, de préférence
supérieure à 10 µF ;
- la capacité du condensateur est réglable, de préférence inférieure à 1000 µF, encore
de préférence inférieure à 200 µF ;
- le circuit comprend en outre un générateur de Marx et des ferrites formant une inductance
saturable dans un chemin menant le condensateur directement à l'inductance, les ferrites
étant saturées une fois le générateur de Marx déchargé ;
- le condensateur est séparé de l'inductance par un éclateur amorçable par un générateur
d'impulsions ;
- les électrodes ont un rayon compris entre 0,1 mm et 50 mm, de préférence entre 1 mm
et 30 mm ;
- le dispositif comprend un système de décrochage ; et/ou
- le dispositif comprend plusieurs paires d'électrodes.
[0011] Il est également proposé un procédé de fracturation d'un réservoir géologique d'hydrocarbures.
Le procédé comprend la fracturation électrique du réservoir par la génération d'un
arc électrique par le ci-dessus et, simultanément, la régulation de la température
d'un fluide dans l'espace confiné du dispositif.
[0012] Il est également proposé un procédé de production d'hydrocarbures, comprenant la
fracturation d'un réservoir géologique d'hydrocarbures selon le procédé ci-dessus.
[0013] Il est également proposé un procédé de calibrage de l'appareil de régulation de la
température du dispositif ci-dessus. Le procédé de calibrage comprend les étapes consistant
à fournir le dispositif, déterminer une tension de pré-claquage au-delà de laquelle
l'arc électrique est généré, puis mesurer une tension de claquage aux bornes des électrodes
et un temps de claquage en fonction de la température du fluide, en appliquant la
tension de pré-claquage et en faisant varier la température du fluide, puis déduire
de l'étape précédente le rendement énergétique de la phase de pré-décharge en fonction
de la température, puis définir une température ou un intervalle de températures cible
pour l'appareil de régulation de la température en fonction d'un maximum du rendement
énergétique déduit à l'étape précédente.
[0014] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui suit des modes de réalisation de l'invention, donnés
à titre d'exemple uniquement et en références aux dessins qui montrent :
- figures 1 à 4, des exemples du dispositif ;
- figures 5 à 17, des exemples de mesures ;
- figures 18 à 20, des schémas représentant des procédés de fracturation proposés ;
et
- figures 21 à 23, un exemple de la fracturation électrique du procédé de fracturation
de l'une quelconque des figures 18 à 20.
[0015] Il est proposé un dispositif de fracturation d'un réservoir géologique d'hydrocarbures.
Le dispositif comprend deux garnitures d'étanchéité définissant entre elles un espace
confiné dans un puits foré dans le réservoir (i.e. prévu pour être confiné au moins
lorsque le dispositif est installé dans un puits foré dans le réservoir). Le dispositif
comprend un appareil de régulation de la température d'un fluide dans l'espace confiné.
Le dispositif comprend une paire de deux électrodes agencées dans l'espace confiné.
Et le dispositif comprend également un circuit électrique (configuré/adapté/prévu)
pour la génération d'un arc électrique entre les deux électrodes. Le circuit comprend
au moins une source de tension reliée aux électrodes et une bobine d'inductance entre
la source de tension et l'une des deux électrodes.
[0016] Un tel dispositif permet de fracturer un réservoir d'hydrocarbures de manière améliorée.
Notamment, un tel dispositif permet de générer un arc électrique entre les deux électrodes,
et ainsi de procéder à une fracturation électrique du réservoir lorsque le dispositif
est situé dans un puits foré dans le réservoir. La bobine d'inductance permet d'obtenir
un arc électrique donnant naissance à une onde de pression qui fracture le réservoir
de manière améliorée. L'appareil de régulation de la température permet de réguler
la température, et ainsi d'avoir la température permettant d'obtenir une onde de pression
entraînant une bonne fracturation du réservoir.
[0017] L'expression « arc électrique » désigne un courant électrique créé dans un milieu
isolant. La génération de l'arc électrique induit une « onde de pression », i.e. une
onde mécanique faisant subir en son passage une pression au milieu dans lequel l'onde
passe. La génération de l'arc électrique permet un endommagement du réservoir plus
diffus/multidirectionnel que l'endommagement issu d'une fracturation statique. La
génération de l'arc électrique entraîne ainsi des micro fissures dans toutes les directions
autour de la position de l'arc électrique, et augmente ainsi la perméabilité du réservoir,
typiquement d'un facteur 10 à 1000. De plus, cette augmentation de la perméabilité
intervient sans pour autant utiliser un moyen pour empêcher la fermeture des microfissures,
tel l'injection de propant. En outre, la fracturation électrique ne nécessite pas
d'énergies considérables ni de quantités d'eau trop importantes. Il n'y a donc pas
besoin de système de recyclage de l'eau particulier.
[0018] On peut ainsi accéder à de l'hydrocarbure présent dans le réservoir difficilement
disponible par fracturation statique. La combinaison de la fracturation statique et
de la fracturation électrique permet donc une meilleure fracturation globale du réservoir.
[0019] L'arc électrique est de préférence généré dans un fluide présent dans un puits foré
dans le réservoir. L'onde de pression issue de l'arc électrique est ainsi transmise
avec moins d'atténuations. Le puits foré contient du fluide qui est typiquement de
l'eau. En d'autres termes, lorsque la fracturation électrique succède à un procédé
de forage, le puits foré peut être automatiquement rempli d'eau présente dans le réservoir.
Potentiellement, si le puits foré ne se remplit pas automatiquement, on peut le remplir
artificiellement.
[0020] Le dispositif va être décrit avant de décrire un tel procédé de fracturation électrique.
Il sera toutefois fait référence au procédé lors de la description du dispositif,
et il est bien entendu que les différentes fonctionnalités du dispositif (i.e. les
différentes actions qu'il permet d'accomplir) peuvent être intégrées au procédé même
lorsqu'elles ne sont pas reprises dans la description du procédé.
[0021] Le circuit comprend au moins une bobine d'inductance entre la source de tension et
l'électrode à laquelle elle est reliée. La bobine d'inductance est un composant qui
induit un retard temporel du courant par rapport à la tension. La valeur d'une inductance
s'exprime en Henry. La bobine d'inductance peut éventuellement être enroulée autour
d'un noyau en matériau ferromagnétique, ou des ferrites. La bobine d'inductance est
également connue sous les noms de « self », « solénoïde », ou encore « auto-inductance
». L'inductance atténue le front de courant dans le circuit. Cela permet d'obtenir
un temps de montée de l'onde de pression plus lent, et donc une onde de pression qui
pénètre mieux dans le réservoir. L'endommagement du réservoir est ainsi plus profond.
Notamment, l'inductance peut être supérieure à 1 µH ou à 10 µH, et/ou inférieure à
100 mH ou à 1 mH.
[0022] Les garnitures d'étanchéité peuvent être prévues pour se conformer à la paroi du
puits, généralement cylindrique, définissant ainsi entre elles un espace confiné.
Alternativement, ou en outre, le dispositif peut comprendre une membrane qui délimite
l'espace confiné. La membrane peut être hermétique (ou étanche) et rigide. Cela permet
de dissocier la pression régnant dans l'espace confiné de la pression environnante,
par exemple de la pression hydrostatique du puits si celui-ci est inondé (e.g. suite
à une fracturation hydraulique). La membrane est alors préférentiellement en un matériau
adapté à une bonne conduction des ondes de pression, ce qui optimise la fracturation
électrique. Ainsi, le fluide peut être un fluide (e.g. de l'eau) présent dans le puits
foré, ou bien déjà compris dans le dispositif, même avant son utilisation. Dans ce
dernier cas, le fluide peut être de l'eau déminéralisée (e.g. de conductivité σ =
40 µS/cm). Cela permet d'augmenter la valeur de la résistance équivalente de l'enceinte
et donc de limiter les énergies de claquage. Le dispositif peut prévoir une ouverture
pour renouveler l'eau.
[0023] Par « confiné », on entend que l'espace confiné est prévu pour que la température
y régnant puisse être modifiée grâce à l'appareil de régulation de la température,
et optionnellement pour que la pression y régnant puisse également être modifiée grâce
à un éventuel appareil de régulation de la pression du fluide dans l'espace confiné
(e.g. l'appareil de régulation de la pression comprend une pompe, e.g. une pompe d'augmentation
de la pression du fluide). Cette (ces) régulation(s) permettent d'optimiser le fluide
présent dans l'espace confiné pour favoriser l'apparition d'un arc électrique entre
les deux électrodes et/ou pour que l'arc électrique obtenu donne naissance à une bonne
onde de pression, en fonction des conditions du réservoir ou de la nature du fluide.
Ainsi, le « confinement » peut mais ne signifie pas nécessairement une fermeture totale,
et de même, l'étanchéité peut mais n'est pas nécessairement totale.
[0024] L'appareil de régulation de la température est un appareil qui maintient (au moins
approximativement) la température du fluide égale à une valeur cible ou comprise dans
un intervalle cible. Ainsi, l'appareil de régulation de la température peut comprendre
un thermostat. La cible peut être prédéterminée ou calculée, éventuellement en fonction
de valeurs d'entrée, par exemple des valeurs issues de mesures, e.g. de la pression
du fluide. Notamment, la cible peut être adaptée aux conditions du réservoir et/ou
du fluide dans l'espace confiné et/ou des caractéristiques du dispositif de fracturation
et/ou du fluide, de manière à avoir la « meilleure » température ou le « meilleur
» intervalle de températures en fonction de ces conditions et/ou caractéristiques.
L'appareil de régulation de la température peut donc comprendre un capteur de température
et/ou une unité de contrôle avec un processeur couplé à une mémoire enregistrant la
cible ou un programme permettant de calculer la cible. De manière additionnelle, l'appareil
de régulation de la température peut comprendre un système de chauffage du fluide
et/ou un système de refroidissement du fluide pour effectuer la régulation. Ces différents
composants sont connus de l'homme de l'art.
[0025] Par « meilleure » température ou « meilleur » intervalle de température, on entend
la ou les température(s) qui, étant donné les caractéristiques du dispositif et du
fluide, et la pression du fluide, permet(tent) d'obtenir une onde de pression (suite
à la génération de l'arc électrique) entraînant un endommagement plus profond et/ou
plus diffus. En effet, suite à des tests, notamment ceux qui seront présentés par
la suite, il s'est avéré de manière surprenante qu'un tel optimum de température existait,
alors qu'on pouvait penser que plus le fluide s'approchait de sa température d'ébullition,
en restant toutefois en-deçà, meilleur serait l'endommagement. L'appareil de régulation
de la température permet ainsi de réguler la température par exemple autour d'une
cible bien en-deçà de la température d'ébullition du fluide, et d'obtenir de manière
surprenante un meilleur endommagement.
[0026] Notamment, l'appareil de régulation de la température peut (être prévu pour) réguler
la température du fluide pour optimiser le rendement énergétique de la phase de pré-décharge
lors de la génération d'un arc électrique. Le rendement énergétique de la phase de
pré-décharge est le ratio (ou une mesure proportionnelle à ce ratio) entre l'énergie
électrique nécessaire pour initier l'onde de pression induite par l'arc électrique
et l'énergie électrique fournie par le dispositif expérimental (laquelle énergie électrique
est déterminée par le dimensionnement du dispositif). Plus le rendement énergétique
de la phase de pré-décharge est élevé, plus il « reste », après la phase de pré-décharge,
de l'énergie disponible pour la phase de décharge elle-même, ce qui se traduit en
une onde de pression plus performante. En d'autres termes, la cible est choisie pour
optimiser (au moins approximativement) cette mesure.
[0027] Par exemple, cela peut être réalisé par un procédé de calibrage (i.e. une configuration
préalable à l'utilisation) de l'appareil de régulation de la température du dispositif.
On peut tout d'abord fournir le dispositif, e.g. en conditions réelles dans le puits,
ou en reproduisant en laboratoire la pression du fluide pour laquelle il est envisagé
d'utiliser le dispositif (en d'autres termes, le fluide est également fourni). On
peut en outre déterminer une tension de pré-claquage du dispositif (i.e. le seuil
de tension appliquée entre les électrodes au-delà duquel l'arc électrique est généré).
Cela peut se faire de différentes manières, l'une d'entre elle étant expliquée par
la suite lors de la présentation des tests, notamment en référence aux figures 11
à 17. Ensuite, on peut mesurer la tension de claquage aux bornes des électrodes (i.e.
la tension aux bornes des électrodes nécessaire à l'initiation de l'arc électrique)
et le temps de claquage (i.e. la durée d'application de la tension nécessaire à l'initiation
de l'arc électrique) en fonction de la température du fluide (i.e. on fait varier
la température pour effectuer les différentes mesures). Pour cela, on applique la
tension de pré-claquage (déterminée auparavant) et on fait varier la température du
fluide. On peut alors déduire de l'étape précédente le rendement énergétique de la
phase de pré-décharge en fonction de la température (une manière de réaliser cette
étape sera discutée par la suite, notamment en référence aux figures 11 à 17). Enfin,
on peut définir une température ou un intervalle de températures cible pour l'appareil
de régulation de la température en fonction (i.e. en accord avec) d'un maximum du
rendement énergétique déduit à l'étape précédente.
[0028] Dans un exemple, l'appareil de régulation de la température peut maintenir la température
du fluide à une valeur comprise entre 45 et 67°C, de préférence supérieure à 50°C
et/ou inférieure à 62°C. Ces valeurs de température du fluide dans l'espace confiné
permettent d'obtenir un rendement énergétique de la phase de pré-décharge supérieur
à 80% à pression atmosphérique. Ainsi, le dispositif comprend de manière appropriée
un appareil de régulation de la pression du fluide adapté à réguler la pression du
fluide sensiblement à la pression atmosphérique.
[0029] Comme mentionné précédemment, l'appareil de régulation de la température peut comprendre
un système de refroidissement de fluide. Cela permet une meilleure utilisation du
dispositif, notamment de rester à l'optimum de température. En effet, chaque arc électrique
généré élevant la température au-delà de la cible par dégagement de chaleur, il convient
de refroidir l'eau à partir de la génération d'un certain nombre de générations d'un
tel arc électrique pour rester à l'optimum de température.
[0030] Le dispositif peut être mobile le long du puits et se fixer avant la génération d'un
arc électrique. Par exemple, le dispositif peut comprendre des moyens de déplacement,
e.g. par téléguidage. Le dispositif peut alors être alimenté par une alimentation
haute tension localisée à la surface et reliée au dispositif par des câbles électriques
suivant le puits. Le dispositif peut alors également comprendre un système de décrochage.
Cela permet de laisser le dispositif dans le puits lorsque celui-ci est bloqué. On
peut alors récupérer le puits et/ou le train de tige.
[0031] Le dispositif peut être de forme générale allongée, ce qui permet de le déplacer
plus facilement dans le puits. Le dispositif peut également comprendre plusieurs paires
d'électrodes, sur une longueur. Les électrodes peuvent être alimentées par plusieurs
capacités de stockage. Cela permet de réaliser la fracturation plus rapidement. En
effet, plusieurs arcs électriques peuvent alors être générés en même temps entre chaque
paire d'électrodes, et réaliser plusieurs endommagements en même temps.
[0032] Le dispositif peut comprendre un système d'injection d'additif chimique qui inclut
un bac de stockage pour le stockage de l'additif et une pompe, pour injecter l'additif
dans le volume confiné, lors de l'usage du dispositif. L'appareil de chauffage peut
comprendre une source de fluide chaud et un conduit d'acheminement, le conduit ayant
une ouverture à proximité des électrodes de façon que, lors du fonctionnement du dispositif,
du fluide chaud peut être acheminé depuis la source vers les électrodes. Le conduit
d'acheminement peut traverser une ou les deux électrodes. Ces différentes caractéristiques
permettent d'optimiser les conditions pour favoriser l'apparition d'un arc électrique.
[0033] D'autres caractéristiques potentielles du dispositif de fracturation d'un réservoir
géologique d'hydrocarbures vont maintenant être présentées en référence aux figures
1 à 4 qui montrent un dispositif 100 constituant un exemple du dispositif de fracturation
d'un réservoir géologique d'hydrocarbures présenté ci-dessus.
[0034] Le dispositif 100 de la figure 1 comprend les deux garnitures d'étanchéité 102 et
103 définissant entre elles l'espace confiné 104. L'espace confiné 104 est ici délimité
en outre par la membrane 108. Le dispositif 100 comprend également les deux électrodes
106 agencées dans l'espace confiné 104. Les deux électrodes 106 sont dans l'exemple
reliées respectivement à la source de tension par une entrée 109 et à une masse 103
(ici confondue avec la garniture d'étanchéité 103) du circuit, ce qui permet la formation
de l'arc électrique entre les deux électrodes 106. Les électrodes peuvent avoir un
rayon compris entre 0,1 mm et 50 mm, de préférence entre 1 mm et 30 mm. L'entrée 109
peut consister en un câble isolé.
[0035] Sur la figure 1, sont également représentées de manière schématique l'appareil de
régulation de la température 105 du fluide dans l'espace confiné et l'appareil de
régulation de la pression 107. Le circuit électrique pour la génération d'un arc électrique
entre les deux électrodes 106, sa source de tension et l'inductance ne sont pas représentées,
mais peuvent être conformes aux figures 2 à 4 qui présentent de manière schématique
des exemples du dispositif 100.
[0036] Le dispositif 100 de la figure 2 comprend la bobine d'inductance 110. La source de
tension comprend le condensateur 112. Comme on le voit sur le schéma de la figure
2, lorsque le condensateur 112 se décharge, un arc électrique peut apparaître entre
les électrodes 106. Le condensateur 112 peut présenter une capacité supérieure à 1
µF, de préférence supérieure à 10 µF. Une telle capacité permet d'atteindre une énergie
entraînant l'apparition d'un arc subsonique.
[0037] La décharge électrique est dite « subsonique » ou « supersonique » suivant sa vitesse
de formation. Une décharge « subsonique » est typiquement associée à des processus
thermiques : l'arc se propage à travers des bulles de gaz créées par l'échauffement
de l'eau. On parle de propagation « lente » de la décharge électrique, typiquement
de l'ordre de 10 m/s. Les caractéristiques principales d'une décharge subsonique sont
liées à de fortes énergies mises en jeu (typiquement au-delà de plusieurs centaines
de Joules), à des processus thermiques associés à un temps d'application long de la
tension et à de faibles niveaux de tension (champ électrique faible). Dans ce régime
de décharge, l'onde de pression se propage dans un volume de gaz important avant de
se propager dans le fluide. Une décharge « supersonique » est typiquement associée
à des processus électroniques. La décharge se propage dans l'eau sans processus thermique
avec un aspect filamentaire. On parle de propagation « rapide » de la décharge électrique,
de l'ordre de 10 km/s. Les caractéristiques d'une décharge supersonique sont liées
à de faibles énergies mises en jeu, à des tensions importantes associées avec un temps
d'application court et à de forts champs électriques (MV/cm). Pour ce régime de décharge,
les effets thermiques sont négligeables. La décharge ne pouvant pas se développer
directement dans la phase liquide, la notion de micro-bulles peut être prise en compte
pour expliquer le développement de ce régime de décharge. Le volume de gaz mis enjeu
est plus faible que dans le cas de décharges subsoniques.
[0038] Le condensateur 112 peut présenter une capacité inférieure à 1000 µF, de préférence
inférieure à 200 µF.
[0039] Le condensateur 112 est séparé de l'inductance par l'éclateur 114 amorçable par le
générateur d'impulsions 116. Cela permet de contrôler les décharges du condensateur
112 et ainsi les ondes de pression générées par l'arc électrique. Notamment, le générateur
d'impulsions 116 peut être configuré pour une répétition des ondes, comme décrit par
la suite.
[0040] La source de tension (i.e. le condensateur 112) est chargée par un chargeur Haute
Tension 120 prévu dans un circuit auxiliaire 122 à une tension U comprise entre 1
et 500 kV, de préférence entre 50 et 200 kV. Le circuit auxiliaire est de préférence
situé à la surface, et est alors séparable du dispositif.
[0041] Le dispositif 100 de la figure 3 est différent de l'exemple de la figure 2 en ce
qu'un générateur de Marx 118 remplace le condensateur 112 et l'ensemble (éclateur
114 + générateur d'impulsion 116). Le générateur de Marx 118 permet lors de sa décharge
la création d'un arc électronique supersonique, en imposant une tension plus élevée
que le condensateur 112.
[0042] Dans le dispositif 100 de la figure 4, la source de tension comprend le condensateur
112 de la figure 2 et le générateur de Marx 118 de la figure 3. Toutefois, le générateur
d'impulsions 116 amorce le premier éclateur 117 du générateur de Marx 118. Le dispositif
100 comprend en outre les ferrites 119 formant une inductance saturable dans un chemin
menant le condensateur directement à l'inductance. Les ferrites 119 sont configurées
pour être saturées une fois le générateur de Marx 118 déchargé. Une fois les ferrites
119 saturées, seul le condensateur 112 se décharge. Cela permet une isolation temporaire
du condensateur 112 et donc le passage (i.e. la commutation) d'un arc supersonique
à un arc subsonique. Le dispositif assure donc un couplage entre une décharge supersonique
et subsonique. Une telle combinaison des deux modes supersonique et subsonique permet
un meilleur rendement électro-acoustique, et donc un meilleur endommagement à moindre
effort électrique. La décharge subsonique produite par le condensateur 112 intervient
quant à elle après un retard correspondant au temps de claquage du générateur de Marx
118. La commutation peut se faire en un temps inférieur à 1 s. Typiquement, la durée
de la décharge produite par le générateur de Marx 118 est très courte, de durée inférieure
à 1 microseconde, et d'amplitude supérieure à 100 kV.
[0043] Dans les trois exemples des figures 2 à 4, et comme indiqué par les figures, les
différents composants du dispositif 100 sont à caractéristiques réglables, i.e. on
peut modifier leurs caractéristiques avant utilisation en fonction du réservoir, ou
pendant l'utilisation en fonction de la réponse ou de l'avancement de la fracturation.
Ainsi la bobine 110 peut être d'inductance réglable. Les caractéristiques du générateur
de Marx 118 (capacité de chaque condensateur en parallèle, nombre de condensateurs
fonctionnant) peuvent être réglables. La distance entre les électrodes 106, de préférence
comprise entre 0,2 et 5 cm, encore de préférence comprise entre 1 et 3 cm, peut également
être réglable. La capacité du condensateur 112 peut également être réglable. Cela
permet d'avoir un dispositif 100 adapté à la fracturation de n'importe quel type de
réservoir. En effet, il n'est pas nécessaire de remplacer le dispositif 100 lorsque
l'on change de réservoir à fracturer (et que le matériau est différent) car il suffit
de modifier un ou plusieurs des paramètres réglables. Cela permet également d'optimiser
l'endommagement en modifiant, éventuellement à distance, les paramètres en cours d'utilisation.
[0044] Les explications fournies ci-dessus vont maintenant être illustrées par des développements
théoriques et des essais décrits en référence aux figures 5 à 17 et relatifs notamment
au dispositif 100 des figures 1 à 4.
[0045] Tout d'abord, l'amélioration de l'endommagement grâce à la présence de la bobine
d'inductance est discutée en référence aux figures 5 à 10.
[0046] En référence à la figure 5 qui présente l'amplitude normalisée de la tension aux
bornes du condensateur 112, la génération de l'onde de pression peut se décomposer
en deux phases : une phase de pré-décharge S100 et une phase de post-décharge S110,
séparées par l'apparition S105 de l'arc.
[0047] Durant la phase de pré-décharge S100, la tension chute. Cette chute correspond à
la décharge de la capacité équivalente du banc d'énergie ou du générateur de Marx
dans la résistance équivalente du dispositif 100. Plus la résistance équivalente est
importante, meilleure est la conservation de l'énergie dans la phase de pré-claquage.
La configuration d'électrodes peut donc, dans chaque cas (subsonique ou supersonique)
permettre d'obtenir le moins de perte d'énergie possible. Cela correspond à l'optimisation
du chauffage de l'eau dans un cas et du champ électrique dans l'autre.
[0048] Durant la phase de décharge S110, le circuit électrique peut être modélisé par un
circuit RLC en régime oscillant.
[0049] L'équation de l'évolution du courant dans un circuit RLC série est présentée ci-dessous
:

[0050] Avec
UB qui est la tension au moment de la rupture diélectrique de l'eau. Les paramètres
L, C et
R sont respectivement l'inductance, la capacité et la résistance du circuit.
[0051] Ce courant
i(
t) est fonction de la tension de claquage
UB (rupture diélectrique du milieu) du condensateur, de l'inductance et de la résistance
du circuit.
[0052] Des expérimentations ont permis de mettre en évidence la linéarité de la pression
de crête générée en fonction du courant maximal au moment de la rupture diélectrique
de l'eau dans les deux modes de claquage. Un exemple de résultats est représenté sur
les figures 6 et 7, qui représentent les mesures obtenues de pression de crête en
fonction du courant maximal pendant la phase de décharge S110 et la régression linéaire
des mesures, respectivement en mode subsonique et supersonique. On constate que la
pression, à courant de crête similaire, est supérieure pour une décharge de type «
supersonique ». Ceci peut être expliqué en partie par les processus engendrant l'arc
électrique dans l'eau et le volume de gaz entre l'arc électrique et le liquide dans
l'espace inter-électrodes présent.
[0053] Des expérimentations complémentaires ont mis en évidence l'influence de la distance
inter-électrodes sur la valeur crête de l'onde de pression générée dans les deux modes
de rupture diélectrique. La longueur de l'arc électrique est apparue avoir une influence
directe sur la pression. Plus la distance inter-électrodes est grande, plus la valeur
crête de la pression semble importante, comme présenté dans le graphique de la figure
8.
[0054] Des expérimentations ont porté sur l'influence de la géométrie des électrodes vis-à-vis
de l'onde de pression. Les résultats sont présentés sur la figure 9. Elles ont permis
de conclure que la forme des électrodes utilisées pour la génération de l'onde de
pression ne semble pas avoir d'influence sur la valeur crête de la pression. Elle
peut par contre minimiser les pertes électriques avant l'apparition de l'arc électrique.
[0055] Un capteur de pression a par ailleurs été utilisé pour visualiser les formes d'onde
des pressions générées en fonction du spectre fréquentiel. Ce spectre fréquentiel
peut en effet être modifié par le mode de rupture diélectrique, par les paramètres
du circuit électrique, par le volume de gaz, ainsi que par la nature du liquide utilisé.
Deux exemples de spectre fréquentiel associé à une décharge en mode subsonique et
supersonique ont été testés. Il est apparu que plus le spectre présente des basses
fréquences, moins l'endommagement était diffus.
[0056] Le résultat de diverses expérimentations faites met en évidence une relation linéaire
du d
Pmax/d
tp en fonction du front de courant d
imax/d
ti, représentée sur la figure 10. Le front de courant a une influence sur le front de
pression. Plus le front de courant est lent plus la pression est basse fréquence.
[0057] Les études réalisées ont en outre clairement démontré un effet d'accumulation de
l'endommagement en fonction du nombre de chocs. La notion de récurrence des impulsions
semble donc un critère influant l'endommagement.
[0058] La mise en équation des principes évoqués ci-dessus est maintenant discutée.
[0059] Calcul du courant de crête noté
imax :
Pour calculer le courant imax, on pose les conditions suivantes :
si

alors

[0060] En utilisant les équations (1) et (2) :

[0061] Dans le cas ou on approxime la valeur de
w (valeur de
R très faible) :

[0062] Relation de l'énergie

[0063] Avec
Eb l'énergie et
Ub la tension au moment de l'arc électrique. En remplaçant l'équation (8) dans (3) :

[0064] Le courant crête
imax est contrôlé par l'énergie disponible au moment de l'arc noté
Eb et par l'inductance du circuit
L, ce sont ces deux paramètres sur lesquelles l'utilisateur doit agir. La résistance
R est considérée très faible et la capacité
C est fonction de l'énergie
Eb.
[0065] Relation entre la pression crête et le courant maximal
[0066] D'après les résultats exposés aux figures 6, 7 et 9, on peut déduire l'expression
suivante :

avec
k1 fonction de la distance inter-électrodes et du mode de claquage Plus la distance
inter-électrodes est grande plus le coefficient
k1 est grand D'où :

[0067] En remplaçant l'équation (11) dans (9) :

[0068] La pression crête générée est donc contrôlée par le courant
imax (paramètres
Eb et
L) et par le coefficient
k1 (fonction de la distance inter-électrodes et le mode de rupture diélectrique de l'eau).
On peut donc agir sur
Eb, L et
k1 pour obtenir la pression désirée.
[0069] Relation entre le d
Pmax/d
tp en fonction du d
imax/d
t
[0070] D'après la figure 10, on peut déduire l'expression suivante :

avec
k2 fonction de la distance inter-électrodes et du mode de claquage Le coefficient
k2 correspond au couplage physique électro-acoustique. En utilisant l'équation (11)
et (14) :

[0071] Le front de l'onde de pression est donc contrôlé par les coefficients
k1 et
k2 et par les valeurs de
L et
C (paramètres du circuit électrique).
[0072] Ainsi, pour synthétiser ces études, on observe que :
- Dans les deux modes de claquage, le maximum de l'onde de pression, résultant de la
rupture diélectrique de l'eau, dépend principalement de la valeur du courant maximal,
appelé imax.
- Cette valeur du courant de crête est fonction de la tension de claquage et des impédances
du circuit électrique. Lorsque la configuration du circuit est imposée, un moyen d'optimiser
le courant est d'augmenter la tension de claquage de l'intervalle. Ceci revient à
maximiser l'énergie électrique commutée dans le milieu.
- Lorsque le circuit n'est pas figé, mais que l'énergie électrique commutée est maintenue
constante, l'amplitude de l'onde pression est optimisée en réduisant l'impédance du
circuit.
- La forme d'injection du courant, le mode de rupture diélectrique et la nature du liquide
ont une influence sur la dynamique de l'onde de pression. Cette dynamique et le rendement
acoustique du dispositif peuvent être aussi modifiés par l'injection de bulles artificielles
et par la méthode de « double impulsion » (subsonique et supersonique).
- A courant injecté constant, la valeur du pic de pression est plus importante en mode
supersonique qu'en mode subsonique.
- A courant injecté constant, la valeur du pic de pression est d'autant plus importante
que la distance inter-électrodes est grande.
[0073] La géométrie des électrodes, à courant injecté constant, n'a pas d'influence sur
la pression crête générée, mais peut jouer un rôle dans la diminution des pertes électriques
en phase de pré-décharge.
[0074] En conclusion, les études ci-dessus confirment l'utilité d'introduire une inductance
entre la source de tension et l'une des deux électrodes pour agir sur l'onde de pression
générée au final. Les études confirment également l'intérêt d'avoir des paramètres
réglables, e.g. l'inductance, la capacité du condensateur, les caractéristiques du
générateur de Marx. En effet, l'onde de pression dépendant de ces paramètres, la possibilité
de les régler permet de contrôler l'onde de pression.
[0075] L'amélioration de l'endommagement grâce à la régulation de la température est maintenant
discutée en référence aux figures 11 à 17, qui illustrent des essais mettant en évidence
cette amélioration.
[0076] Une enceinte a été développée et réalisée afin de recréer en laboratoire les conditions
thermodynamiques d'un liquide en conditions de puits.
[0077] La configuration d'électrodes est composée de deux électrodes pointes (rayon de courbure
de 2.5 mm) et d'une distance inter-électrodes de 3 mm. De l'eau déminéralisée (σ =
40µS/cm) a été utilisée de manière à augmenter la valeur de la résistance équivalente
de l'enceinte et donc limiter les énergies de claquage. L'eau a été renouvelée après
chaque série. Le matériau isolant utilisé pour la traversée Haute Tension est du PEEK
450G.
[0078] Dans l'objectif de limiter l'énergie injectée dans l'enceinte, les essais ont été
réalisés avec un banc de condensateurs de capacité équivalente égale à C = 600nF.
La tension de charge de ces condensateurs ne pouvait excéder 40 kV. L'énergie électrique
maximale était donc d'environ 500 J, ce qui a garanti, étant donné la géométrie d'électrodes
utilisées, une propagation de la décharge par mode subsonique.
[0079] La rigidité diélectrique de l'eau est caractérisée par détermination de la tension
de pré-claquage
U50, valeur de tension qui provoque 50% de tenues et 50% d'amorçages. La méthode utilisée
permettant de déterminer cette tension
U50 est appelée « up and down ». On présélectionne des niveaux de tension et on effectue
une série d'essais à ces différents niveaux, le résultat de chaque essai détermine
le niveau suivant : niveau immédiatement supérieur en cas de tenue, niveau immédiatement
inférieur en cas d'amorçage. Il suffit alors d'une cinquantaine d'essais pour acquérir
la valeur
U50. Dans l'ensemble des courbes présentées, la valeur notée
U50 représente donc la moyenne d'une série de 50 chocs.
[0080] Etant donné la géométrie complexe de la cellule, le logiciel COMSOL a été utilisé
afin d'estimer la valeur de la capacité inter-électrodes pour chaque configuration
expérimentale.
[0081] Les résultats donnent une capacité de 125 pF pour
D = 1,5 mm et de 120 pF pour
D = 3mm. Les valeurs de capacité équivalente de la cellule HP (Haute Pression) sont
de l'ordre de la centaine de pico Farad, Dans notre cas la capacité de stockage était
de forte valeur égale à 600 F (décharge subsonique) : le transfert capacitif est donc
optimal.
[0082] La résistance équivalente de l'eau a été déterminée en employant une méthode expérimentale
et par simulation à l'aide du Logiciel COMSOL.
[0083] Lors de la décharge d'un condensateur dans l'eau, il y a une phase dite de pré-décharge
durant laquelle la tension chute. Cette chute correspond à la décharge de la capacité
dans la résistance équivalente du dispositif inter-électrodes. Cette résistance équivalente
est appelée
Reau.
[0084] Dans le cas d'une décharge subsonique,
Reau est déterminée par mesure de la décroissance exponentielle de l'onde de tension,
comme illustré par la figure 11. La valeur de la constante de décharge correspond
au temps nécessaire pour une chute de 37% de la valeur de tension initiale du condensateur.
[0085] Pour un conducteur, à une température donnée, il existe une relation permettant de
calculer sa résistance en fonction de ses dimensions et du matériau (ici de l'eau)
qui le constitue :

Avec :
ρ : Résistivité de l'eau (Ω.m)
σ : Conductivité de l'eau (S/m)
[0086] La conductivité de l'eau étant fonction de sa température, nous pouvons définir son
évolution, pour le type d'eau que nous avons utilisé dans nos expérimentations, grâce
l'équation suivante :

Avec :
σ0 : Conductivité initiale (S/m)
a : Coefficient de Température
T0 : Température de référence (°K)
[0087] Il est important de noter que l'évolution de la conductivité de l'eau en fonction
de la température n'est pas la même suivant le type d'eau utilisée (pure, déminéralisée,
du robinet ou eau de mer par exemple). En effet la conductivité initiale détermine
l'influence de la température vis à vis de l'évolution postérieure de la conductivité.
Dans notre cas nous utilisions de l'eau déminéralisée et les paramètres initiaux ont
été déterminés par expérimentation.
[0088] En utilisant le module couplage électrothermique de COMSOL, la résistance a pu être
déterminée à partir de la loi d'Ohm.
[0089] Pour ce faire, un potentiel électrique à l'électrode HT a été préalablement fixé,
ainsi que la conductivité de l'eau (définie par l'équation précédente). COMSOL permet
de calculer la valeur du courant par intégration de la densité de courant totale sur
la surface d'eau contenue dans l'enceinte et donc de déterminer la valeur de la résistance
équivalente
Reau.
[0090] L'évolution de
Reau pour une plage de pression statique absolue de 0 à 15 bars est : 1750 Ω pour 0 bar,
1683 Ω pour 5 bars, 1706 Ω pour 10 bars, et 1833 Ω pour 15 bars. L'analyse de ces
résultats nous permet de conclure que la pression statique n'a apparemment pas d'influence
sur la résistance
Reau.
[0091] Les résultats expérimentaux et de simulation portant sur l'influence de la température
de l'eau sur la résistance
Reau sont présentés à la figure 12. Les courbes obtenues montent la grande influence de
la température sur la résistance équivalente de l'enceinte. De 25°C à 95°C la valeur
de la résistance est divisée par un facteur 3.
[0092] L'objectif de cette partie des essais de simulation a été de caractériser l'enceinte
HP en termes de tenue en tension et d'impédance équivalente (capacité et résistance).
[0093] L'obtention de ces paramètres fondamentaux permettent de prévoir la forme d'onde
susceptible d'être obtenue sur la charge (ici notre cellule HP), pour une tension
appliquée (et donc une énergie), une géométrie d'électrodes et pour des conditions
thermodynamiques de l'eau bien établies. Ces paramètres présentent un grand intérêt
pour notre étude puisque la capacité et la résistance équivalente définissent le transfert
d'énergie de la capacité de stockage vers la cellule.
[0094] Il s'agissait ensuite de caractériser la rigidité diélectrique de l'eau en fonction
de ses paramètres thermodynamiques puis d'étudier l'influence de ces paramètres sur
la dynamique de l'onde de pression. Un protocole expérimental a consisté à étudier
l'évolution de la tension
U50 en fonction de la température de l'eau, à la pression atmosphérique. Ces résultats
sont présentés à la figure 13.
[0095] Il est établi que les processus thermiques jouent un rôle prépondérant dans la phase
de pré-décharge du mode subsonique puisque l'arc électrique se développe dans des
bulles de gaz créées par vaporisation de l'eau. Il est donc naturel d'observer une
diminution de la tension disruptive avec l'augmentation de température. Toutefois,
cette tendance est nettement accentuée dès que la température dépasse environ 60°C.
En effet, pour T°<°60°C, une augmentation de 100% de la température entraine une diminution
inférieure à 10% de la valeur de
U50 alors que pour T°>°60°C, une même variation de la température se traduit par une
diminution d'environ 60% de
U50. Généralement dans les décharges électriques, un tel changement de pente est associé
à une modification du régime de décharge. Le problème est ici plus complexe, car il
met en jeu des phénomènes thermodynamiques liés au changement de phase liquide-vapeur
de l'eau.
[0096] Étant donné que l'énergie de vaporisation de l'eau diminue lorsque
T augmente, on peut se demander si d'un point de vu énergétique, les pertes électriques
sont minimisées par cette augmentation de la température (rappelons que l'énergie
acoustique de l'onde de pression dépend directement des pertes électrothermiques de
la phase de pré-claquage).
[0097] Pour répondre à cette question, on peut définir l'énergie consommée
EC dans la phase de pré-claquage par :
avec p(t) la puissance électrique
u(t) la tension appliquée
Reau la résistance équivalente de l'eau
Tb l'instant du claquage
Or

[0098] L'énergie électrique totale
ET initialement stockée s'exprime par :

[0099] Les pertes électrothermiques liées au chauffage sont donc définies par :

[0100] Le rendement de la phase de pré-décharge s'exprime par :

[0101] Les expressions (1), (2), (3) et (4) dépendent donc des trois paramètres
U50,
Tb et
Reau. La résistance équivalente
Reau de l'enceinte d'essais se détermine expérimentalement à partir de la décroissance
exponentielle de la tension appliquée illustrée sur la figure 12. Les résultats peuvent
être résumés selon le tableau suivant :
| Température (°C) |
25,5 |
37 |
52,5 |
62 |
74 |
92 |
| Reau |
1750 |
1200 |
942 |
867 |
717 |
583 |
[0102] La figure 14 présente l'évolution de la tension de claquage
Ub et du temps
Tb correspondant en fonction de la température de l'eau ainsi que les écarts-type. Lorsque
la température augmente, nous savons que la valeur de
Reau diminue, entrainant ainsi une diminution de la durée d'application de l'onde de tension.
Il est par conséquent naturel d'observer une diminution du paramètre
Tb avec l'augmentation de température.
[0103] L'interprétation de la variation du paramètre
Ub est plus délicate. Elle tient compte de la faible variation de
U50 sur la plage 25°C - 60°C couplée à une diminution significative de la durée d'application
de l'onde de tension. La tension
Ub augmente donc sur cette plage de température. Au-delà de cette plage de température,
la tension de claquage diminue significativement lorsque la température augmente de
60°C à 90°C. La durée d'application de la tension étant encore réduite, la tension
de claquage
Ub ne peut que diminuer.
[0104] L'ensemble des paramètres définis dans l'expression (1) est maintenant déterminé
expérimentalement. Il est donc possible de tracer la courbe d'évolution de l'énergie
consommée
EC dans la phase de pré-décharge en fonction de la température, comme illustré à la
figure 15.
[0105] L'énergie consommée pour créer l'arc électrique décroit avec la température. Pour
interpréter ce résultat, on peut supposer que l'essentiel de cette énergie est consommée
pour créer la phase gazeuse (hypothèse largement vérifiée par le fait que quelques
dizaines de milli-joules suffisent pour initier un arc électrique dans l'air à pression
atmosphérique sur des distances millimétriques). L'énergie nécessaire pour vaporiser
(à pression atmosphérique constante) une masse d'eau initialement à la température
T; est donnée par l'expression:

Avec :
H l'enthalpie massique de vaporisation
cp la chaleur massique isobare à la température Ti
[0106] L'enthalpie massique de vaporisation est constante à la pression de 1 bar et les
variations de
cp en fonction de la température sont données par les tables de l'eau. Par conséquent,
les variations de
E données par l'expression (5) montrent que plus la température augmente, moins il
faut fournir d'énergie pour procéder à une vaporisation d'une masse unité d'eau, comme
illustré à la figure 16.
[0107] Ainsi, la décroissance de l'énergie consommée par la phase de pré-décharge avec l'augmentation
de température peut être interprétée, de façon simplifiée, en termes d'énergie de
vaporisation. Il est probable que cette explication ne soit pas suffisante et que
d'autres paramètres entrent en jeu dans ce bilan énergétique. En particulier, pour
compléter ce bilan énergétique, l'évolution du volume des bulles en fonction de la
température nous semble être un paramètre important (la courbe présentée à la figure
16 est obtenue à masse constante, donc à volume constant pour toutes les températures).
[0108] Il faut également noter que la courbe présentée à la figure 16 est tracée en utilisant
la tension de claquage
U50 obtenue pour chaque température. Il s'agit de l'énergie minimale nécessaire aux phénomènes
pour initier l'arc électrique. Cela signifie donc que si l'énergie
ET initialement stockée est fixée en chargeant le banc de condensateur à une tension
constante, alors le surplus d'énergie (
ET - EC) disponible pour la phase post-décharge augmente avec la température.
[0109] Intéressons nous maintenant au rendement énergétique de la phase de pré-décharge
en fonction de la température, tel qu'illustré à la figure 17.
[0110] Les résultats expérimentaux montrent que le rendement de la pré-décharge passe par
un optimum pour une température entre 45 et 67°C, ou plus précisément supérieure à
50°C et/ou inférieure à 62°C. Cet optimum de rendement résulte principalement du changement
de pente de la courbe
U50 =
f(
T) pour T > 60°C alors que l'énergie consommée reste quasi constante.
[0111] Pour T ≈ 60°C, environ 80% de l'énergie est disponible pour la phase post-décharge,
dont une partie sera transformée en énergie acoustique. Seulement 30% de l'énergie
initiale est disponible pour la phase de post-décharge si la température de l'eau
est fixée à pour T = 25°C. Ce résultat est donc très intéressant dans l'objectif d'optimiser
le rendement électro-acoustique du procédé de fracturation électrique.
[0112] L'étude ci-dessus, illustrée par les figures 11 à 17, montre donc l'intérêt de la
régulation de la température du fluide dans l'espace confiné pour améliorer le rendement
énergétique et induire une onde de pression, les dimensions du dispositif étant fixées,
permettant un meilleur endommagement.
[0113] Comme mentionné précédemment, le dispositif de fracturation peut être utilisé dans
un procédé de fracturation d'un réservoir géologique d'hydrocarbures. Le procédé comprend
la fracturation électrique du réservoir par la génération d'un arc électrique par
le dispositif, ce qui induit une onde de pression entraînant la fracturation. Simultanément,
le procédé peut comprendre la régulation de la température d'un fluide dans l'espace
confiné du dispositif, grâce à l'appareil de régulation de la température. Ainsi,
le dispositif peut également être utilisé dans un procédé de production d'hydrocarbures
comprenant la fracturation d'un réservoir géologique d'hydrocarbures suivant le procédé
précédent.
[0114] En référence à la figure 18, il est également proposé un procédé de fracturation
d'un réservoir géologique d'hydrocarbures. Le procédé de la figure 18 comprend une
fracturation statique (S20) du réservoir par pression hydraulique. Et le procédé de
la figure 18 comprend également, avant, pendant ou après la fracturation statique
(S20) (ces trois possibilités étant représentées par les pointillés sur la figure
18), la fracturation électrique (S10) du réservoir par génération d'un arc électrique
dans un puits foré dans le réservoir, telle que décrite ci-dessus. Le procédé de la
figure 18 améliore la fracturation du réservoir.
[0115] La fracturation statique (S20) peut être tout type de fracturation statique connue
de l'art antérieur. De manière générale, la fracturation statique (S20) peut comprendre,
après l'éventuel forage d'un puits dans le réservoir, l'injection d'un fluide sous
haute pression dans le puits. La fracturation statique (S20) crée ainsi une ou plusieurs
fissures unidirectionnelles, typiquement plus profondes que celles créées par la fracturation
électrique (S10).
[0116] Le fluide peut être de l'eau, une boue ou un fluide technique à viscosité contrôlée
enrichi en agents durs (grains de sable tamisé, ou microbilles de céramique) qui empêchent
que le réseau de fracture se referme sur lui-même au moment de la chute de pression.
[0117] La fracturation statique (S20) peut comprendre une première phase d'injection dans
un puits foré d'un fluide de fracturation qui contient des épaississants, et une deuxième
phase qui implique l'introduction périodique de propant (i.e. un agent de soutènement)
dans le fluide de fracturation pour alimenter la fracture crée en propant. Ainsi,
on forme des clusters de propant dans la fracture qui empêchent celle-ci de se refermer
et fournissent des chenaux pour l'écoulement de l'hydrocarbure entre les clusters.
La deuxième phase ou ses sous phases implique l'introduction supplémentaire d'un matériau
de renforcement et/ou de consolidation, pour ainsi accroître la force des clusters
de propant formés dans le fluide de fracturation. Une telle fracturation statique
(S20) permet d'obtenir des fractures typiquement entre 100 et 5000 mètres.
[0118] La fracturation statique (S20) peut précéder la fracturation électrique (S10). Dans
un tel cas, l'onde de pression générée par la fracturation électrique (S10) peut suivre
le cours du fluide introduit dans les fissures crées par la fracturation statique
(S20) et ainsi améliorer l'endommagement. Par ailleurs, un tel ordre entre les fracturations
(S20) et (S10) présente peu de risques de fuites. Par exemple, la fracturation statique
(S20) peut précéder la fracturation électrique (S10) de moins d'une semaine.
[0119] En référence à la figure 19, il est également proposé un procédé de fracturation
d'un réservoir géologique d'hydrocarbures préalablement fracturé statiquement par
pression hydraulique. Le procédé de la figure 19 comprend alors la seule fracturation
électrique (S10) du réservoir, effectuée dans un réservoir où un puits a déjà été
foré et a déjà été fracturé statiquement. Le procédé de la figure 19 permet l'endommagement
de réservoirs déjà exploités après fracturation statique. En d'autres termes, le procédé
de la figure 19 permet l'exploitation d'un réservoir abandonné car déjà exploité,
potentiellement en réutilisant un puits déjà foré. Il est à noter que, s'il est combiné
à cette fracturation statique préalable, le procédé de la figure 19 correspond au
procédé de la figure 18 (où la fracturation statique (S20) correspond à cette fracturation
statique préalable). Ainsi, la fracturation statique préalable peut avoir été effectuée
selon le procédé de la figure 18.
[0120] En référence à la figure 20, il est proposé un procédé de fracturation d'un réservoir
géologique d'hydrocarbures comprenant une fracturation électrique (S10) particulière.
La fracturation électrique (S10) proposée dans le procédé de la figure 20 peut bien
entendu être utilisée dans le procédé de la figure 18 et/ou dans le procédé de la
figure 19. Le procédé de la figure 20 comprend principalement la fracturation électrique
(S10) du réservoir par la génération d'un arc électrique dans un fluide présent dans
un puits foré dans le réservoir (donc combinée ou non à une fracturation statique,
par exemple la fracturation statique (S20) du procédé de la figure 1). L'arc électrique
induit une onde de pression dont le temps de montée est supérieur à 0,1 µs, de préférence
supérieur à 10 µs. Le procédé la figure 20 améliore la fracturation du réservoir.
[0121] Le temps de montée de l'onde de pression est le temps nécessaire pour que l'onde
de pression atteigne le pic de pression, i.e. la valeur maximale de l'onde (également
appelé « pression de crête »). En l'occurrence, un temps de montée supérieur à 0,1
µs, de préférence supérieur à 10 µs, correspond à une onde de pression qui pénètre
mieux dans le réservoir. Une telle onde de pression est particulièrement efficace
(i.e. l'onde pénètre plus profondément) dans le cas de matériaux peu ductiles, comme
ceux qui composent les réservoirs de gaz de schiste. De préférence, le temps de montée
est inférieur à 1 ms, avantageusement inférieur à 500 µs.
[0122] L'onde de pression peut présenter une pression maximale allant jusqu'à 10 kbar, de
préférence supérieure à 100 bar et/ou inférieure à 1000 bar. Cela peut correspondre
à une énergie stockée entre 10 J et 2 MJ, de préférence entre 10 kJ et 500 kJ.
[0123] Différentes possibilités applicables à l'un quelconque des procédés de la figure
18, de la figure 19 ou de la figure 20 vont maintenant être décrites.
[0124] Le puits peut être horizontal. Par exemple, le puits peut être horizontal et présenter
une longueur comprise de préférence entre 500 et 5000 m, avantageusement entre 800
et 1200 m, par exemple à une profondeur entre 1000 et 10000 m, par exemple entre 3000
et 5000 m.
[0125] La fracturation électrique (S10) peut être répétée en différentes zones de traitement
le long du puits. On a en effet avec la fracturation électrique (S10) une onde de
pression qui pénètre généralement moins profondément qu'une fracturation statique.
Ainsi, on obtient typiquement avec la fracturation électrique (S10) des fissures de
longueur inférieure à 100 m, typiquement inférieure à 50 m, et typiquement supérieure
à 20 m. Pour un puits faisant plusieurs centaines de mètres, la répétition de la fracturation
électrique (S10) le long du puits permet un endommagement tout le long du puits et
donc une meilleure exploitation éventuelle du réservoir.
[0126] Par ailleurs, en chaque zone de traitement (ou en l'unique zone de traitement si
celle-ci est unique), plusieurs arcs peuvent être générés à la suite. Ici, on répète
la génération d'un arc électrique en une position sensiblement fixe. On améliore ainsi
l'endommagement en répétant l'onde de pression. Les arcs générés peuvent être les
mêmes ou bien différents. Par exemple, en chaque zone de traitement, les arcs générés
à la suite induisent une onde de pression dont le temps de montée un temps de montée
est décroissant. Par exemple, les arcs à la suite peuvent présenter un front de plus
en plus raide, induisant ainsi une onde de pression ayant un temps de montée de plus
en plus rapide. Dans un tel cas, les premières impulsions ont des fronts plus lents
pour pénétrer profondément, tandis que les impulsions aux fronts plus raidis fracturent
plus proche du puits et de manière plus dense. On optimise ainsi l'endommagement.
Les premiers arcs peuvent par exemple induire une onde de pression dont le temps de
montée est supérieur à 10 µs, de préférence 100 µs. Les derniers arcs peuvent alors
induire une onde de pression dont le temps de montée est inférieur au temps de montée
des premiers arcs, par exemple inférieur à 10 µs ou 100 µs. Les premiers arcs comprennent
au moins un arc, de préférence un nombre inférieur à 10000 voire 1000, et les derniers
arcs comprennent au moins un arc, de préférence un nombre inférieur à 10000 voire
1000.
[0127] Par ailleurs, en chaque zone de traitement, les arcs peuvent être générés à une fréquence
inférieure à 100 Hz, de préférence inférieure à 10 Hz, et/ou supérieure à 0,001 Hz,
de préférence supérieure à 0,01 Hz. De préférence, la fréquence des arcs peut être
(sensiblement) égale à la fréquence de résonance du matériau à fracturer dans le réservoir.
Ceci assure un endommagement plus efficace.
[0128] Le réservoir peut avoir une perméabilité inférieure à 10 microdarcy. Il peut s'agir
notamment d'un réservoir de gaz de schiste. Dans ce type de réservoirs, le gaz est
typiquement adsorbé (jusqu'à 85% sur Lewis Shale) et faiblement piégé dans des pores.
La faible perméabilité de ce type de réservoir ne permet pas d'espérer produire directement
des gaz piégés dans un tel milieu, seul le gaz de surface (gaz adsorbé) peut être
produit. Ainsi, pour un réservoir de shale gas où la perméabilité est de l'ordre du
microdarcy, une fracturation électrique (S10) efficace sur un rayon de 30 m le long
d'un puits horizontal de 1000 m permettrait une récupération de gaz pouvant dépasser
50 MNm
3 (si l'on prend pour hypothèse 26 Nm
3 de gaz par m
3 de roche comme le suggère l'aticle « Porosity and permeability of Eastern Devonian
Shale gas » précité). Le procédé de fracturation de l'une quelconque des figures 1
à 3 peut ainsi être inclus dans un procédé de production d'hydrocarbures du réservoir,
typiquement à shale gas.
[0129] La génération de l'arc électrique peut induire un gradient de température générant
une onde de pression dans le fluide. La fracturation électrique (S10) peut comprendre
l'injection préalable dans le fluide d'un agent améliorant la plasticité du matériau
constituant le réservoir. L'agent peut comprendre un additif chimique. L'additif chimique
peut être un agent induisant la fracture rocheuse. L'additif peut comprendre de la
vapeur. Cela permet d'améliorer encore la fracturation.
[0130] Un exemple de la fracturation électrique (S10) du procédé de fracturation de l'une
quelconque des figures 18 à 20 va maintenant être décrit en référence aux figures
21 à 23. Dans cet exemple, on procède à la fracturation électrique (S10) d'un réservoir
40 dans lequel un puits horizontal 43 a été foré. La fracturation électrique (S10)
est ici combinée à une fracturation statique, non spécifiquement illustrée et éventuellement
préalable, qui a induit des fractures principales 41 dans le réservoir. Le procédé
de fracturation permet ici de produire de l'hydrocarbure grâce à un pipe de production
situé à la surface, en tête de puits 45. L'arc électrique est ici généré au niveau
d'un dispositif de fracturation 47, qui peut être conforme au dispositif de fracturation
100 de la figure 1.
[0131] Dans l'exemple des figures 21 à 23, la fracturation électrique (S10) induit des fractures
secondaires 42 au niveau de l'endroit où l'arc est généré. Dans l'exemple, les fractures
secondaires 42 sont moins longues mais plus diffuses que les fractures principales
41. Dans cet exemple, la fracturation électrique (S10) est répétée en différentes
zones de traitement le long du puits. La figure 21 montre en effet une phase initiale
de la fracturation électrique (S10) en fond de puits. La figure 22 montre une phase
intermédiaire en milieu de puits. Et la figure 23 montre une phase finale en début
de puits. On observe ainsi la progression des fractures secondaires 42 durant la répétition
de la fracturation électrique. Ainsi, les fractures secondaires 42 sont dispersées
tout autour du puits 43. On peut alors récupérer l'hydrocarbure environnant ces fractures
secondaires 42, hydrocarbure potentiellement éloigné des fractures principales 41
et donc difficilement récupérable par une seule fracturation statique.
[0132] La mobilité du dispositif de fracturation 47, qui peut être le dispositif particulier,
permet de fracturer le réservoir tout le long du puits. Le dispositif 47 est alimenté
dans cet exemple par une alimentation haute tension 44 localisée à la surface et reliée
au dispositif 47 par les câbles 46.
[0133] Bien entendu, la présente invention n'est pas limitée aux exemples décrits et représentés,
mais elle est susceptible de nombreuses variantes accessibles à l'homme de l'art.
Par exemple, les principes exposés ci-dessus peuvent être appliqués à la production
de données sismiques. En effet, la génération de l'arc électrique pourrait alternativement
induire une onde de pression présentant des caractéristiques inférieures à celles
nécessaires à la fracturation du réservoir. Cela est réalisable par exemple en adaptant
la tension de charge du dispositif de fracturation et la tension de charge, et en
jouant sur l'inductance. Un tel procédé de productions de données sismiques peut alors
comprendre la réception d'une réflexion de l'onde de pression, l'onde réfléchie étant
alors typiquement modulée par son passage à travers le matériau constituant le réservoir.
Le procédé de production de données sismiques peut alors également comprendre l'analyse
de l'onde réfléchie pour déterminer des caractéristiques du réservoir. On peut alors
constituer un relevé sismique basé sur la réception.
1. Vorrichtung (100) zur Frakturierung einer geologischen Kohlenwasserstofflagerstätte,
wobei die Vorrichtung folgendes umfasst:
- zwei Dichtungen (102, 103) die zwischen einander einen geschlossenen Raum (104)
in einem Bohrloch im Reservoir definieren;
- ein Gerät zur Temperaturregelung eines Fluids innerhalb des geschlossenen Raums;
- ein, im geschlossenen Raum angeordnetes Elektrodenpaar (106); und
- eine elektrische Schaltung zur Erzeugung eines elektrischen Lichtbogens zwischen
den beiden Elektroden, wobei die Schaltung mindestens eine, mit den Elektroden (106)
verbundene Spannungsquelle (112, 118) umfasst, wobei die Vorrichtung dadurch gekennzeichnet ist, dass sie ferner eine Induktivitätsspule (110) zwischen der Spannungsquelle (112, 118)
und einer der beiden Elektroden umfasst.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, wobei das Temperaturregelungsgerät die Temperatur des
Fluids regelt, um bei der Erzeugung eines elektrischen Lichtbogens die Energieeffizienz
der Vorladungsphase zu optimieren.
3. Vorrichtung nach Anspruch 2, wobei das Temperaturregelungsgerät die Temperatur des
Fluids einen, zwischen 45 und 67°C, vorzugsweise höher als 50°C und/oder niedriger
62°C liegenden Wert hält.
4. Vorrichtung nach Anspruch 3, wobei die Vorrichtung ferner ein Gerät zur Regelung des
Fluiddrucks, im Wesentlichen auf den Atmosphärendruck, umfasst.
5. Vorrichtung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei das Temperaturregelungsgerät
ein Fluidkühlsystem umfasst.
6. Vorrichtung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Induktivitätsspule
(110) von kontrollierbarer Induktivität ist, die vorzugsweise zwischen 1 µH und 100
mH, noch bevorzugter zwischen 10 µH und 1 mH liegt.
7. Vorrichtung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Spannungsquelle einen
Kondensator (112) mit einer Kapazität von über 1 µF, vorzugsweise von über 10 µF umfasst.
8. Vorrichtung nach Anspruch 7, wobei die Kapazität des Kondensators vorzugsweise auf
weniger als 1000 µF, noch bevorzugter auf weniger als 200 µF einstellbar ist.
9. Vorrichtung nach Ansprüchen 7 oder 8, wobei die Schaltung ferner einen Marx-Generator
(118) und Ferrite (119) die eine sättigbare Induktivität in einem Weg bilden der den
Kondensator direkt zur Induktivität führt, umfasst, wobei die Ferrite gesättigt sind
sobald der Marx-Generator entladen ist.
10. Vorrichtung nach Ansprüchen 7, 8 oder 9, wobei der Kondensator mittels einer, durch
einen Impulsgenerator (116) zündbaren Funkenstrecke (114) von der Induktivität getrennt
ist.
11. Vorrichtung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Elektroden (106) einen,
im Bereich von 0,1 mm und 50 mm, vorzugsweise von 1 mm und 30 mm liegenden Radius
aufweisen.
12. Vorrichtung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Vorrichtung mehrere
Elektrodenpaare umfasst.
13. Verfahren zur Frakturierung einer geologischen Kohlenwasserstofflagerstätte, wobei
das Verfahren die elektrische Frakturierung (S 10) der Lagerstätte durch die Erzeugung
eines elektrischen Lichtbogens, mittels der Vorrichtung nach einem der vorhergehenden
Ansprüchen und, gleichzeitig, die Temperaturregelung eines Fluids innerhalb des geschlossenen
Raums der Vorrichtung umfasst.
14. Verfahren zur Herstellung von Kohlenwasserstoff, welches die Frakturierung einer geologischen
Kohlenwasserstofflagerstätte nach Anspruch 13 umfasst.
15. Verfahren zum Kalibrieren des Temperaturregelungsgeräts der Vorrichtung nach einem
der Ansprüche 1 bis 12, das die folgenden Schritte umfasst:
- das Bereitstellen der Vorrichtung, das Bestimmen einer Vor-Durchschlagspannung oberhalb
welcher der elektrische Lichtbogen erzeugt wird, dann
- das Messen der Durchschlagspannung an den Elektrodenanschlüssen und der Durchschlagzeit,
in Abhängigkeit von der Temperatur des Fluids, unter Anwendung der Vor-Durchschlagspannung
und durch das Verändern der Temperatur des Fluids, dann
- das Ableiten der Energieeffizienz der Vorentladungsphase vom vorhergehenden Schritt,
in Abhängigkeit von der Temperatur, dann
- das Definieren einer Zieltemperatur oder eines Zieltemperaturbereichs für das Temperaturregelungsgerät,
in Abhängigkeit von einer maximalen, im vorhergehenden Schritt abgeleiteten, Energieeffizienz.