[0001] L'invention concerne les appareils électroniques comportant des moyens de communication
par radio et qui comportent donc une antenne d'émission et/ou réception radio. Sont
concernés tout particulièrement les appareils portables pouvant être tenus dans une
main, donc des appareils de petite dimension.
[0002] Lorsque la fréquence porteuse de la communication radio est relativement basse, par
exemple 400 ou 500 MHz, les dimensions du boîtier de l'appareil sont trop petites
pour qu'on puisse utiliser une antenne monopôle ou dipôle dite quart d'onde, c'est-à-dire
une antenne dont les brins conducteurs ont une dimension de l'ordre du quart de la
longueur d'onde. Pour une fréquence de 400 MHz (longueur d'onde 75 centimètres), la
longueur des brins serait de l'ordre de 20 centimètres et des brins de cette longueur
ne peuvent pas être logés dans un boîtier de 8 ou10 centimètres de côté. En particulier
on ne peut pas utiliser une configuration d'antenne monopôle en forme de brin conducteur
disposé perpendiculairement à un plan de masse.
[0003] Il est nécessaire d'utiliser des dessins d'antenne plus sophistiqués, à fentes ou
à méandres, et le plan de masse est en général constitué par l'ensemble des éléments
électroniques intérieurs au boîtier (cartes de circuit imprimé, écran d'affichage,
batteries d'alimentation). L'antenne proprement dite est forcément très proche de
ce plan de masse et il faut pouvoir la placer à l'intérieur du boîtier d'une manière
telle qu'elle ait un rendement de rayonnement suffisant malgré cette proximité.
[0004] Le plus souvent, les faces principales du boîtier supposé parallélépipédique seront
occupées en grande partie par un écran d'affichage considéré comme faisant partie
du plan de masse. Ces faces principales ne sont pratiquement pas disponibles pour
y placer une antenne ou même une portion significative d'antenne. Il est connu de
l'homme de l'art que le châssis métallique et/ou la carte de circuit imprimé (PCB
pour Printed Circuit Board en anglais) principale sur laquelle sont placés les différents
éléments constitutifs de l'appareil font partie intégrante de l'antenne. Néanmoins,
une manière d'exciter l'antenne dans le boîtier consiste alors à placer l'essentiel
des surfaces conductrices de l'excitateur d'antenne sur un petit côté du boîtier parallélépipédique,
suffisamment loin des éléments électriques qui constituent le plan de masse.
[0005] Les lignes de champ électrique partent du petit côté vers ce qui est considéré comme
le plan de masse.
[0006] Le rendement de rayonnement de l'antenne, qui est égal au rapport de la puissance
effectivement rayonnée à la puissance électrique acceptée par l'antenne, est détérioré
d'une part par une mauvaise distribution des champs électriques rayonnés et d'autre
part par la présence du boîtier qui est traversé par ces lignes de champ et qui provoque
des pertes diélectriques ; le boîtier est souvent en ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène),
qui est un matériau à pertes.
[0007] Dans ce contexte, l'invention a pour but de proposer une nouvelle configuration d'antenne
dans un boîtier d'appareil électronique, qui permet d'obtenir un rendement de rayonnement
le meilleur possible.
[0008] On propose donc un appareil électronique comprenant des moyens de communication par
radio et un boîtier de forme généralement parallélépipédique destiné à être tenu à
la main, avec une face principale et un premier côté adjacent à cette face principale,
et une antenne s'étendant en partie sur la face principale et en partie sur le premier
côté, caractérisé en ce que l'antenne comprend une structure conductrice découpée
de façon à former une ligne conductrice à méandres reliée à une surface conductrice
principale qui s'étend sur la majeure partie du premier côté et qui est repliée aux
extrémités de ce premier côté sur un deuxième et un troisième côtés adjacents à la
face principale pour former deux ailes latérales repliées, au moins une fente respective
étant prévue pour séparer chaque aile de la surface conductrice principale et ainsi
rétrécir et allonger les trajets des courants électriques allant vers les ailes latérales
repliées.
[0009] La fente établit des lignes conductrices qui sont inductives du fait de leur faible
rapport largeur/longueur, entre la partie située sur le premier côté et les ailes
latérales repliées sur les deuxième et troisième cotés, et ces lignes inductives aident
à réduire fortement les courants dans les ailes repliées. Il en résulte une émission
de champs électriques plus forts et mieux répartis dans toutes les directions à partir
de ces ailes situées sur deux coins du boîtier. Le rendement global de rayonnement
en est significativement amélioré.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui suit et qui est faite en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 représente en perspective, en vue de dessus et en vue de dessous, un boîtier
d'appareil électronique parallélépipédique ;
- la figure 2 représente, en vue de dessus et en vue de dessous, une pièce de support
d'antenne permettant le repliement de l'antenne sur un premier petit côté et sur deux
autres côtés ;
- la figure 3 représente, en vue de dessus, l'antenne sur son support ;
- la figure 4 représente, en vue de dessous, l'antenne sur son support ;
- la figure 5 représente la structure conductrice de l'antenne, développée sur un plan.
[0011] Sur la figure 1, on voit un appareil électronique contenu dans un boîtier parallélépipédique
10 pouvant être tenu dans la main. Le boîtier possède une face principale supérieure
12 qui peut porter un écran d'affichage 14 et des boutons de commande 16, 18, 20.
La face supérieure peut avoir des dimensions de 7 à 10 centimètres de côté par exemple
pour la plus grande dimension et de 4 à 8 centimètres de côté pour la plus petite.
La face inférieure 22 peut contenir un logement pour une batterie d'alimentation.
Le boîtier a quatre petits côtés, adjacents à la face supérieure et à la face inférieure,
qui peuvent avoir une hauteur de 1 à 3 centimètres par exemple ; trois petits côtés
sont désignés par les références 24, 26, 28 ; le dernier petit côté sera référencé
30 pour la commodité des explications, mais il n'est pas visible sur la figure 1.
[0012] Les éléments électroniques contenus dans le boîtier ne sont pas représentés. L'appareil
est destiné, malgré sa petite taille, à communiquer par radio dans la bande UHF (Ultra
High Frequency en anglais) et plus spécifiquement à des fréquences pouvant aller de
380 MHz à 430 MHz.
[0013] La figure 2 représente un support pour l'antenne d'émission-réception radio, permettant
d'installer la partie excitatrice de l'antenne à l'intérieur du boîtier, essentiellement
le long du petit côté 24 du boîtier et partiellement aussi sur les côtés 28 et 30.
Le support est vu de dessus (partie supérieure de la figure 2) et de dessous (partie
inférieure de la figure 2).
[0014] Le support comporte une plaquette rigide 40 qui peut servir de support à d'autres
éléments de l'appareil (par exemple à l'écran d'affichage) ; à l'extrémité de la plaquette
40, du côté qui sera tourné vers le premier petit côté 24, une feuille flexible imprimée
42 (de type polymère à base d'imide tel que le Kapton, marque déposée par la société
Dupont) est collée et servira de support à l'antenne. Cette feuille est découpée et
conformée avec des repliements de manière à pouvoir épouser la forme du boîtier contre
le petit côté 24 et également en partie contre un deuxième (28) et un troisième (30)
petits côtés, adjacents au premier petit côté ; en outre cette feuille est de préférence
repliée aussi en partie le long de la face inférieure 22 opposée à la face principale.
[0015] Cette feuille flexible 42 est une feuille de circuit imprimé ; elle est revêtue d'une
couche conductrice découpée selon un motif qui constitue une partie de l'antenne,
l'autre partie étant le plan de masse précité. Par commodité, dans la suite de la
description seule la partie contenant le motif conducteur sera appelé antenne. Ce
motif n'est pas représenté sur la figure 2 qui représente seulement la forme générale
de la feuille 42. Le motif sera décrit plus loin.
[0016] La feuille flexible comporte donc, lorsqu'elle est installée dans le boîtier, cinq
parties différentes : une partie 421 parallèle à la face principale 12 sur une petite
partie de celle-ci et collée sur le support 40 ; une partie 422 parallèle au premier
petit côté 24 et occupant la majeure partie ou même la totalité ou quasi-totalité
de ce premier côté ; une première aile 423 repliée le long du troisième petit côté
(30) à partir de l'angle joignant le premier et le troisième petits côtés ; une deuxième
aile 424 repliée le long du deuxième petit côté (28) à partir de l'angle joignant
le premier et le deuxième petits côtés ; et enfin une partie 425 repliée sur la face
inférieure 22 du boîtier à partir de l'angle joignant le premier petit côté 24 et
la face inférieure 22 du boîtier. La feuille flexible est tout entière à l'intérieur
du boîtier.
[0017] Les ailes s'étendent sur 1 à 3 centimètres le long du deuxième et du troisième petit
côtés, mais pas plus, de manière à ne pas s'approcher sur une trop grande longueur
du plan de masse constitué notamment par l'écran d'affichage et le circuit imprimé
principal du boîtier.
[0018] Les figures 3 et 4 représentent, respectivement en vue de dessus et en vue de dessous,
le détail de la structure conductrice gravée sur la feuille flexible pour former l'antenne
de l'appareil selon l'invention. La partie conductrice est représentée en surface
hachurée.
[0019] Cette structure conductrice comprend une ligne à méandre ayant un point d'excitation
de signal 502 disposé sur la partie supérieure 421 de la feuille flexible de manière
à pouvoir transmettre ou recevoir un signal radio depuis ou vers les circuits électroniques
internes du boîtier.
[0020] Le point d'excitation est situé à l'extrémité d'un brin conducteur étroit 504 qui
s'étend parallèlement à la face 422 de la feuille, c'est-à-dire parallèlement au premier
petit côté 24. Ce brin se prolonge par un autre brin étroit 506 qui revient à 180°
du premier brin et en est séparé par un intervalle. Les deux brins sont de nature
inductive compte-tenu de leur étroitesse et de leur longueur très supérieure à leur
largeur.
[0021] L'extrémité du deuxième brin 506 rejoint une surface conductrice principale 508 qui
occupe presque toute la surface 422 repliée le long du premier petit côté 24 du boîtier.
[0022] La structure d'antenne comporte encore deux ailes conductrices 510 et 512 qui forment
une capacité entre le plan de masse et l'antenne ; elles sont portées par les ailes
repliées 423 et 424 de la feuille flexible imprimée et elles en occupent la plus grande
partie. Mais ces ailes conductrices 510 et 512 ne sont pas directement adjacentes
à la surface principale 508. Elles sont séparées en partie de cette surface par des
fentes étroites respectives 514 et 516 qui rétrécissent et allongent le chemin de
courant entre la surface conductrice principale 508 et les ailes 510 et 512, par opposition
à ce qui se passerait si les ailes 510 et 512 étaient adjacentes sur toute leur hauteur
à la surface principale 508.
[0023] Dans l'exemple représenté, la liaison conductrice 518 ou 520 qui subsiste, là où
la fente s'interrompt, entre la surface principale 508 et l'aile 510 ou 512, forme
un méandre de type inductif (conducteurs de longueur largement supérieure à leur largeur).
Cette liaison conductrice 518 ou 520 est en partie repliée sur la face inférieure
425 de la feuille flexible. On notera que la liaison conductrice 518 ou 520 peut également
être confinée sur la surface 422, sans repliement sur la face inférieure 425 de la
feuille flexible.
[0024] Enfin, la figure 5 représente une vue développée en plan de l'ensemble de l'antenne
qu'on a représentée en perspective sur les figures 3 et 4. Les références et explications
sont les mêmes qu'aux figures 3 et 4.
[0025] Du fait des fréquences relativement basses auxquelles on souhaite travailler malgré
l'encombrement réduit du boîtier; les interactions entre le plan de masse et la structure
conductrice de l'antenne viennent limiter les performances en termes de rendement
de rayonnement, par rapport au rendement qu'on aurait avec une antenne monopôle ou
dipôle classique perpendiculaire à un plan de masse. Dans la structure selon l'invention,
les fentes qui rétrécissent et allongent le chemin de courant entre la surface conductrice
capacitive 508 et les ailes latérales conductrices repliées 510 et 512 affaiblissent
considérablement les courants dans les ailes repliées. Cet affaiblissement des courants
établit un champ électrique plus fort dans les ailes repliées et établit des lignes
de champ électrique mieux distribuées dans toutes les directions entre les surfaces
conductrices rayonnantes (tout particulièrement les ailes repliées) et le plan de
masse, ce qui améliore globalement le rendement de rayonnement. A titre de variante,
on pourra prévoir non pas une unique fente 514, 516 entre la surface conductrice capacitive
508 et les ailes 510, 512, mais plusieurs fentes pour rétrécir et allonger le chemin
de courant entre la surface conductrice capacitive 508 et les ailes latérales conductrices
repliées 510 et 512. Dans ce cas, les fentes peuvent par exemple s'étendre alternativement
depuis la face 421 et la face inférieure 425 pour former des structures en méandres
entre la surface 508 et chacune des ailes 510, 512.
[0026] Les zones qui rayonnent le plus sont alors les angles du boîtier (angles entre le
premier petit côté 24 et les deux autres petits côtés adjacents 28 et 30). Ces angles
sont les parties les plus éloignées du plan de masse. La distribution de champs électriques
se fait donc d'autant mieux dans toutes les directions.
[0027] Le rendement de rayonnement peut être augmenté significativement (augmentation de
10% environ d'un rendement de rayonnement qui peut être d'environ 30% pour ce type
d'antenne).
1. Appareil électronique comprenant des moyens de communication par radio et un boîtier
(10) de forme généralement parallélépipédique destiné à être tenu à la main, avec
une première et une deuxième faces principales (12, 22) et quatre côtés (24, 26, 28,
30) adjacents à ces faces principales, et une antenne s'étendant en partie sur première
face principale (12) et en partie sur un premier côté (24), caractérisé en ce que l'antenne comprend une structure conductrice découpée de façon à former une ligne
conductrice inductive à méandres (504, 506) reliant un point d'excitation (502) à
une surface conductrice principale unique (508) qui s'étend sur la majeure partie
du premier côté et qui est repliée aux extrémités de ce premier côté sur un deuxième
et un troisième côtés (28, 30) adjacents aux faces principales pour former deux ailes
latérales repliées (510, 512), au moins une fente respective (514, 516) étant prévue
pour séparer chaque aile de la surface conductrice principale et ainsi rétrécir et
allonger les trajets des courants électriques allant vers les ailes latérales repliées.
2. Appareil selon la revendication 1, caractérisé en ce que chaque fente (514, 516) sépare la surface conductrice principale (508) et l'aile
latérale repliée respective (510, 512) en s'étendant depuis la première face principale
(12), la liaison conductrice (518, 520) entre la surface conductrice principale (508)
et l'aile latérale repliée associée étant réalisée du côté de la seconde face principale
(14).
3. Appareil selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la fente établit un trajet conducteur (518, 520) de type inductif entre la surface
principale (508) et les ailes latérales.