[0001] La présente invention se rapporte à un procédé et un dispositif de calibration d'un
système de restitution sonore comportant une pluralité de haut-parleurs ou d'éléments
de restitution sonore. La calibration permet d'optimiser la qualité d'écoute du système
de restitution que constitue l'ensemble des éléments de restitution, comprenant le
dispositif des haut-parleurs et la salle d'écoute.
[0002] Les systèmes de restitution particulièrement concernés sont les systèmes de restitution
sonore de type multicanal (5.1, 7.1, 10.2, 22.2, etc...) ou encore de type ambisonique
(Ambisonics en anglais ou Higher Order Ambisonics (HOA)).
[0003] Pour permettre une restitution de bonne qualité des signaux multicanaux, les dispositifs
actuels de calibration de l'acoustique du lieu d'écoute sont basés sur une méthode
générale de type "égalisation multicanale" dans laquelle les réponses impulsionnelles
de chaque haut-parleur du système de restitution sont mesurées à l'aide d'un ou plusieurs
microphones en un ou plusieurs points du lieu d'écoute et un filtrage d'égalisation
fréquentielle est effectué sur chaque haut-parleur, indépendamment, en inversant tout
ou partie de la réponse impulsionnelle mesurée pour le haut-parleur concerné.
[0004] L'inversion vise à corriger la réponse du haut-parleur de façon à ce qu'elle se rapproche
au mieux d'une courbe "cible" généralement définie dans le domaine fréquentiel pour
améliorer le rendu du timbre des sources sonores.
[0006] Ce type de calibration ou correction se focalise sur la correction de l'aspect fréquentiel
de la réponse du système de restitution du lieu d'écoute sans exploiter les informations
temporelles comme les phénomènes de réflexions et notamment les premières réflexions
des signaux sonores.
[0007] Or les premières réflexions de signaux sonores ont un impact non négligeable sur
la perception auditive du signal sonore restitué.
[0008] De plus, l'analyse des réponses impulsionnelles effectuée dans les méthodes de calibration
existantes est de type monophonique, c'est-à-dire qu'elle ne prend pas non plus en
compte l'information spatiale des réflexions comme la direction d'incidence.
[0009] L'absence de données temporelles et spatiales des réflexions, ne permet pas de prendre
en compte le rôle des ces réflexions sur la perception de l'onde directe du signal
sonore par un auditeur, et ainsi d'ajuster la correction en fonction de leur effet
spécifique. La qualité du signal sonore restitué et perçue par l'auditeur n'est alors
pas optimale.
[0010] Les techniques de l'état de l'art sont basées sur l'application de filtres de correction
sur chacun des canaux du signal multi canal, c'est-à-dire que chaque haut-parleur
du système de restitution est corrigé individuellement sans tenir compte de l'ensemble
du réseau de haut-parleurs.
[0012] Il existe donc un besoin d'optimisation du calibrage effectué sur les systèmes de
restitution de signaux audio multicanaux pour d'une part prendre en compte les propriétés
temporelles et spatiales des réflexions sonores qui impactent la perception auditive
des ondes directes, afin d'ajuster l'effort de traitement selon la perceptibilité
des dégradations et ainsi limiter les artefacts audibles susceptibles d'être générés
par les traitements trop contraints effectués dans les méthodes de calibration existantes
; et d'autre part utiliser de façon conjointe les différents haut-parleurs, afin de
répartir l'effort de traitement sur l'ensemble des haut-parleurs.
[0013] La présente invention vient améliorer la situation.
[0014] Elle propose à cet effet, un procédé de calibration d'un ensemble de restitution
sonore d'un signal sonore multi canal comportant une pluralité de haut-parleurs. Le
procédé est tel qu'il comporte les étapes suivantes:
- obtention de réponses impulsionnelles multidirectionnelles des haut-parleurs de l'ensemble
de restitution à la reproduction d'un signal audio de référence;
- analyse des réponses impulsionnelles multidirectionnelles obtenues, dans un domaine
de représentation spatio-temporelle, sur au moins une fenêtre temporelle englobant
les instants d'arrivée des premières réflexions du signal audio de référence reproduit
pour déterminer un ensemble de caractéristiques des ondes directes et des premières
réflexions comprenant au moins l'amplitude;
- comparaison de l'amplitude de chacune des réflexions à un seuil de perceptibilité
déterminé en fonction de caractéristiques de l'onde directe et des premières réflexions
du signal audio de référence et identification des réflexions non perceptibles pour
lesquelles l'amplitude est inférieure au seuil déterminé;
- modification des réponses impulsionnelles obtenues pour obtenir des réponses impulsionnelles
perceptives, par suppression des réflexions identifiées comme non perceptibles;
- détermination d'une matrice de filtrage par les étapes de :
- détermination d'un signal d'erreur défini par la différence entre un signal de réponse
cible d'un ensemble de restitution et un signal de réponse reconstruit à partir des
réponses impulsionnelles perceptives;
- inversion multicanale par minimisation du signal d'erreur ainsi déterminé pour obtenir
les filtres de la matrice de filtrage,
pour une application de cette matrice de filtrage au signal audio multi canal avant
restitution sonore.
[0015] Ainsi, dans la mise en œuvre de la correction du système de restitution audio multi
canal, l'effet des premières réflexions des ondes sonores diffusées par le système
de restitution sur la perception auditive des ondes directes est évalué et pris en
compte pour adapter le traitement appliqué aux canaux du signal multi canal selon
l'effet perceptif spécifique associé à chaque réflexion. Le filtrage des canaux du
signal multi canal prend ainsi en compte exclusivement les réflexions qui ont un impact
sur la perception auditive des ondes directes.
[0016] Ceci permet donc d'augmenter la qualité du signal audio restitué.
[0017] De plus, comme il n'est pas nécessaire de prendre en compte les réflexions qui ne
sont pas perceptibles, au sens ou leur amplitude est inférieure à un seuil de perceptibilité,
les contraintes de la correction sont allégées du fait qu'elles prennent en compte
les réponses impulsionnelles perceptives au lieu des réponses impulsionnelles brutes.
De plus, certaines des réflexions non perceptibles qui sont éliminées des réponses
impulsionnelles obtenues correspondent à des composantes de la réponse impulsionnelle
qui sont justement à l'origine d'instabilités du traitement (notamment des composantes
à phase non minimale). Avec les réponses impulsionnelles perceptives, on diminue ainsi
les risques d'instabilités et d'artefacts qui peuvent être générés lors de traitements
prenant en compte la totalité des réflexions.
[0018] Le signal d'erreur ainsi déterminé permet de prendre en compte dans le calcul de
la matrice de filtrage, uniquement les réflexions qui ont un impact sur la perception
auditive de l'onde directe. En effet, seules les réflexions qui ne sont pas perceptibles
sont enlevées pour la détermination du signal d'erreur.
[0019] L'influence des réflexions sur la perception de l'onde directe dépend en effet de
plusieurs caractéristiques des réflexions. Avantageusement, le seuil de perceptibilité
peut être obtenu à partir de caractéristiques déterminées par l'étape d'analyse des
réponses impulsionnelles multidirectionnelles des haut-parleurs.
[0020] Les différents modes particuliers de réalisation mentionnés ci-après peuvent être
ajoutés indépendamment ou en combinaison les uns avec les autres, aux étapes du procédé
défini ci-dessus.
[0021] Plus particulièrement, le seuil de perceptibilité est déterminé en fonction de la
direction d'incidence de l'onde directe et/ou de son amplitude, et des directions
d'incidences des premières réflexions et/ou de leurs délais d'arrivée par rapport
à l'onde directe.
[0022] L'effet d'une réflexion sur la perception de l'onde directe dépend généralement de
cinq paramètres au total ; d'une part il dépend de deux caractéristiques de l'onde
directe : son amplitude et sa direction; d'autre part il dépend de trois caractéristiques
de la réflexion : son amplitude, son instant d'arrivée et son incidence.
[0023] Cependant, si l'une des caractéristiques de l'onde directe n'est pas connue, il est
possible d'estimer la caractéristique manquante en fixant à une valeur arbitraire
l'autre caractéristique.
[0024] De même, si l'une des informations concernant les réflexions n'est pas connue, on
peut par exemple estimer l'effet perceptif de la réflexion en fixant à une valeur
arbitraire la caractéristique manquante, en prenant par exemple la valeur correspondant
au cas le plus défavorable afin de majorer la perceptibilité. Ainsi, dans le cas où
seule l'information de direction des réflexions est connue, il est possible de fixer
une valeur à la caractéristique d'instant d'arrivée de la réflexion pour déterminer
une valeur du seuil de perceptibilité uniquement par rapport à la valeur de la direction,
de même si seule l'information d'instant d'arrivée de la réflexion est connue, on
peut fixer la valeur de direction et déterminer le seuil de perceptibilité uniquement
selon la valeur de l'instant d'arrivée. Enfin, dans le cas où les deux caractéristiques
sont connues, la valeur du seuil peut être déterminée en fonction de ces deux caractéristiques.
[0025] Dans un mode de réalisation possible, le signal de réponse cible correspond à la
réponse de l'onde directe seule sans aucune réflexion.
[0026] Ceci permet de prendre en compte comme signal de référence un signal dépourvu de
tout effet de salle.
[0027] Dans une première variante de réalisation, le signal de réponse cible correspond
à la réponse d'une onde directe associée à des réflexions représentatives d'un lieu
d'écoute prédéterminé.
[0028] La réponse de référence peut alors être volontairement choisie comme un lieu d'écoute
voulue dans lequel le son est à une qualité souhaitée.
[0029] Dans une seconde variante de réalisation, le signal de réponse cible correspond à
la réponse d'une onde directe associée à des réflexions représentatives d'un ensemble
de restitution différent.
[0030] La réponse de référence est ici choisie en fonction d'un système de restitution de
référence choisi, dans lequel le nombre et la position des haut-parleurs peuvent être
différents du système de restitution faisant l'objet de la correction.
[0031] La présente invention vise également un dispositif de calibration d'un ensemble de
restitution sonore d'un signal sonore multi canal comportant une pluralité de haut-parleurs.
Ce dispositif est tel qu'il comporte:
- un module d'obtention de réponses impulsionnelles multidirectionnelles des haut-parleurs
de l'ensemble de restitution à la reproduction d'un signal audio de référence;
- un module d'analyse des réponses impulsionnelles multidirectionnelles obtenues, dans
un domaine de représentation spatio-temporelle, sur au moins une fenêtre temporelle
englobant les instants d'arrivée des premières réflexions du signal audio de référence
reproduit pour déterminer un ensemble de caractéristiques des ondes directe et des
premières réflexions associées comprenant au moins l'amplitude;
- un module de comparaison de l'amplitude de chacune des réflexions à un seuil de perceptibilité
déterminé en fonction de caractéristiques de l'onde directe et des premières réflexions
du signal audio de référence et d'identification des réflexions non perceptibles pour
lesquelles l'amplitude est inférieure au seuil déterminé;
- un module de modification des réponses impulsionnelles obtenues pour obtenir des réponses
impulsionnelles perceptives, par suppression des réflexions identifiées comme non
perceptibles par le module d'identification;
- un module de calcul d'une matrice de filtrage apte à mettre en œuvre les étapes de:
- détermination d'un signal d'erreur défini par la différence entre un signal de réponse
cible d'un ensemble de restitution et un signal de réponse reconstruit à partir des
réponses impulsionnelles perceptives;
- inversion multicanale par minimisation du signal d'erreur ainsi déterminé pour obtenir
les filtres de la matrice de filtrage ;
pour une application de cette matrice de filtrage au signal audio multi canal avant
restitution sonore.
[0032] Ce dispositif présente les mêmes avantages que le procédé décrit précédemment, qu'il
met en œuvre.
[0033] L'invention vise également un décodeur audio comportant un dispositif de calibration
tel que décrit.
[0034] Elle vise un programme informatique comportant des instructions de code pour la mise
en œuvre des étapes du procédé de calibration tel que décrit, lorsque ces instructions
sont exécutées par un processeur.
[0035] Enfin l'invention se rapporte à un support de stockage, lisible par un processeur,
intégré ou non au dispositif de calibration, éventuellement amovible, mémorisant un
programme informatique mettant en œuvre un procédé de calibration tel que décrit précédemment.
[0036] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement
à la lecture de la description suivante, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés, sur lesquels :
- la figure 1 représente un système de restitution sonore et un dispositif de calibration
du système de restitution selon un mode de réalisation de l'invention;
- la figure 2 représente sous forme d'organigramme les étapes principales d'un procédé
de calibration selon un mode de réalisation de l'invention;
- la figure 3a est une représentation d'un repère sphérique;
- la figure 3b, illustre les composantes harmoniques sphériques dans le cas d'une représentation
spatiale ambisonique d'ordre 3;
- la figure 4 représente un exemple de tableau de valeurs en dB que peut prendre le
seuil de perceptibilité utilisé dans le procédé de calibration selon un mode de réalisation
de l'invention, pour un son direct d'angle d'incidence de 60°, en fonction de l'angle
d'incidence (exprimé en degrés) de la réflexion et du temps d'arrivée (exprimé en
ms) de cette réflexion par rapport à l'instant t0 d'arrivée de l'onde directe; le
seuil de perceptibilité est défini comme le niveau (en dB) de la réflexion auquel
est soustrait le niveau (en dB) de l'onde directe ;
- la figure 5 propose une autre illustration des valeurs prises par le seuil de perceptibilité
: le seuil est cette fois représenté en fonction de l'incidence de la réflexion, et
ceci pour différentes directions de l'onde directe ; dans tous les cas, le retard
de la réflexion par rapport à l'onde directe est fixe et vaut 15 ms;
- la figure 6 représente un exemple d'une réponse impulsionnelle d'un haut-parleur d'un
système de restitution ; le seuil de perceptibilité associé à chaque réflexion est
également reproduit par une courbe pointillée;
- la figure 7 représente un exemple de réalisation matérielle d'un dispositif de calibration
selon un mode de réalisation de l'invention.
[0037] La
figure 1 illustre donc un exemple de système de restitution sonore dans lequel le procédé
de calibration selon un mode de réalisation de l'invention est mis en œuvre. Ce système
comporte un dispositif de traitement 100 comportant un dispositif de calibration E
selon un mode de réalisation de l'invention pilotant un ensemble de restitution 180
qui comporte une pluralité d'éléments de restitutions (haut-parleurs, enceintes acoustiques,
...) représentés ici par des haut-parleurs HP
1, HP
2, HP
3, HP
i et HP
N.
[0038] Ces haut-parleurs sont agencés dans un lieu d'écoute dans lequel un microphone ou
ensemble de microphones MA est aussi prévu.
[0039] Ces haut-parleurs et microphones sont pilotés par un dispositif de traitement 100
qui peut être un décodeur tel qu'un décodeur de salon de type "set top box" pour lire
ou diffuser des contenus audio ou vidéo, un serveur de traitement apte à traiter des
contenus audio et vidéo et à les retransmettre à l'ensemble de restitution, un pont
de conférence apte à traiter les signaux audio de différents lieux de conférence ou
tout dispositif de traitement audio de signal multi canal.
[0040] Le dispositif de traitement 100 comporte un dispositif de calibration E selon un
mode de réalisation de l'invention et une matrice de filtrage 170 composée d'une pluralité
de filtres de traitement qui sont déterminés par le dispositif de calibration selon
un procédé de calibration tel qu'illustré ultérieurement en référence à la figure
2.
[0041] Cette matrice de filtrage reçoit en entrée un signal multi canal Si et transmet en
sortie les signaux SC
1, SC
2, SC
i, SC
N aptes à être restitués par l'ensemble de restitution 180.
[0042] Le dispositif de calibration E comporte un module de réception et d'émission 110
apte à transmettre d'une part des signaux audio de référence (Sref) aux différents
haut-parleurs de l'ensemble de restitution 180 et à recevoir par le microphone ou
l'ensemble de microphones MA, les réponses impulsionnelles multidirectionnelles (RIs)
de ces différents haut-parleurs correspondant à la diffusion de ces signaux de référence.
[0043] Une réponse impulsionnelle multidirectionnelle contient l'information temporelle
et l'information spatiale relatives à l'ensemble des ondes sonores induites par le
haut-parleur considéré dans la salle de reproduction.
[0044] Les signaux de référence sont par exemple des signaux dont la fréquence augmente
de façon logarithmique avec le temps, ces signaux étant appelés en anglais "chirps"
ou "sweeps" logarithmiques.
[0045] La convolution du signal mesuré à la sortie du haut-parleur avec un signal de référence
inverse permet d'obtenir directement la réponse impulsionnelle du haut-parleur.
[0046] Dans un mode de réalisation particulier adapté au domaine de représentation des harmoniques
sphériques lié au format ambisonique ou HOA, le microphone apte à mesurer les réponses
impulsionnelles multidirectionnelles des haut-parleurs est un microphone de type HOA
placé en un point du lieu d'écoute, par exemple au centre des haut-parleurs de l'ensemble
de restitution.
[0048] Le microphone HOA récupère alors les réponses impulsionnelles multidirectionnelles
de chacun des haut-parleurs pour les transmettre au dispositif de calibration ou pour
les stocker en mémoire dans un espace mémoire local ou distant.
[0049] Lorsque que ces informations sont stockées en mémoire, l'obtention de ces réponses
impulsionnelles multidirectionnelles par le dispositif de calibration selon l'invention,
s'effectue alors par une simple lecture en mémoire.
[0050] Ces réponses impulsionnelles multidirectionnelles permettent d'obtenir des informations
sur les directions d'arrivée des ondes directes et des réflexions du signal restitué
ainsi que des informations de temps d'arrivée à la fois des ondes directes et des
réflexions.
[0051] Le module d'analyse 120 du dispositif E effectue une analyse conjointe des réponses
impulsionnelles obtenues, ce qui permet d'obtenir ces caractéristiques et notamment
les caractéristiques des premières réflexions des signaux restitués. Dans le mode
de réalisation particulier adapté au domaine de représentation des harmoniques sphériques,
les réponses impulsionnelles multidirectionnelles sont obtenues dans une représentation
spatio-temporelle où l'information spatiale est décrite sur la base des harmoniques
sphériques et permet d'identifier les directions d'incidence des différentes composantes
sonores. Ainsi, on obtient au final l'ensemble des informations sur l'amplitude des
réflexions, leurs directions d'arrivée et leurs temps d'arrivée en comparaison au
temps d'arrivée de l'onde directe. Cette étape sera décrite ultérieurement en référence
à la figure 2.
[0052] L'analyse des réponses impulsionnelles est faite sur une échelle temporelle prédéterminée,
englobant les instants des premières réflexions.
[0053] Dans un exemple de réalisation cette fenêtre temporelle est de longueur comprise
entre 50 et 100 ms, ce qui correspond à l'échelle temporelle des instants d'arrivée
des premières réflexions.
[0054] Bien entendu, le mode de réalisation ainsi décrit est adapté au domaine de représentation
des harmoniques sphériques mais il est tout à fait envisageable d'effectuer ces même
étapes dans un domaine de représentation WFS (pour "Wave Field Synthesis" en anglais)
ou dans le domaine des ondes planes. Dans ces cas de figures, les moyens de captation
des signaux restitués par les haut-parleurs seront à adapter à ces domaines de représentation
pour obtenir des réponses impulsionnelles multidirectionnelles, sans que cela s'éloigne
du cadre de l'invention.
[0055] Le dispositif de calibration E comporte également un module 130 de comparaison et
d'identification des réflexions non perceptibles. Ce module met en œuvre une étape
de comparaison des amplitudes des réflexions, obtenues par le module d'analyse 120,
à un seuil de perceptibilité Se prédéterminé. Ce seuil de perceptibilité est déterminé
par le module 140 à partir d'une table de valeurs prédéfinie et stockée dans un espace
mémoire.
[0056] La détermination de ce seuil de perceptibilité sera explicitée ultérieurement en
référence aux figures 4 et 5.
[0057] Dans le cas où l'amplitude d'une réflexion est inférieure au seuil de perceptibilité
tel que défini, cela veut dire que cette réflexion n'a pas d'impact significatif sur
la perception auditive de l'onde directe du signal restitué.
[0058] Une étape d'identification des ces réflexions "non perceptibles "est alors mise en
œuvre par le module 130. Ces réflexions identifiées permettent de mettre en œuvre
par le module 150 une étape de détermination de réponses impulsionnelles perceptives
qui sont déduites des réponses impulsionnelles obtenues par le module 110 par suppression
des réflexions jugées comme non perceptibles.
[0059] Ainsi, seules les réflexions qui ont un impact sur la perception des ondes directes
sont prises en compte pour calculer dans le module 160, la matrice de filtrage Filt.
du module de filtrage matriciel 170.
[0060] La
figure 2 illustre sous forme d'organigramme, les étapes principales mises en œuvre dans un
mode de réalisation du procédé de calibration selon l'invention.
[0061] A l'étape E201, les réponses impulsionnelles multidirectionnelles des différents
haut-parleurs de l'ensemble de restitution tel que décrit en référence à la figure
1, sont obtenues. Elles sont obtenues par le dispositif de calibration, soit par simple
lecture en mémoire si celles-ci ont été sauvegardées au préalable, soit par réception
du microphone ou d'un ensemble de microphones ayant effectué la mesure.
[0062] Ces réponses impulsionnelles multidirectionnelles sont les réponses de chaque haut-parleur
suite à la reproduction d'un signal de référence tel que décrit en référence à la
figure 1.
[0063] Une étape E202 d'analyse des réponses impulsionnelles multidirectionnelles ainsi
obtenues est alors mise en œuvre. Cette analyse s'effectue dans un domaine de représentation
spatio-temporelle. L'information spatiale peut par exemple être décrite dans le domaine
de représentation des harmoniques sphériques. Dans cette représentation illustrée
à la
figure 3a, chaque point a pour coordonnées sphériques, une distance r par rapport à l'origine
0, un angle θ d'azimut ou d'orientation dans le plan horizontal et un angle δ d'élévation
ou d'orientation dans le plan vertical. Préférentiellement, la direction définie par
(θ=0°, δ=0°) correspond à la direction en face de l'auditeur. Dans un tel repère,
une onde acoustique est parfaitement décrite si l'on définit en tout point à chaque
instant t, la pression acoustique notée p(r, θ, δ, t) dont la transformée de Fourier
temporelle est notée P(r, θ, δ, f) où f désigne la fréquence temporelle.
[0064] Dans le contexte de spatialisation ambisonique d'ordre supérieur (HOA), les composantes
spatiales sont des composantes ambisoniques

qui correspondent à la décomposition de l'onde de pression acoustique
p sur la base des harmoniques sphériques. Par exemple, pour une source sonore en champ
lointain, c'est-à-dire une onde plane d'incidence (θ
S, δ
S) portant un signal S(t), les composantes ambisoniques

sont données par:

où les fonctions harmoniques sphériques

décrivent une base orthonormée:

Les
Pmn (sin
δ) sont les fonctions de Legendre associées.
[0065] Une illustration des fonctions harmoniques sphériques est représentée en
figure 3b. On peut ainsi voir la composante omnidirective

(désignée comme la « composante W » dans la terminologie ambisonique) correspondant
à l'ordre 0, les composantes bidirectives

(désignée respectivement comme les «composantes Z, X et Y » dans la terminologie
ambisonique) correspondant à l'ordre 1, et les composantes des ordres supérieurs.
[0066] Une représentation spatiale tridimensionnelle ou "3D" dite "d'ordre
M' comprend
K = (
M+1)
2 composantes dont les triplets d'indices {
m,n, σ} sont tels que 0≤
m≤
M, 0≤
n≤
m,
σ=±1. Une représentation bidimensionnelle ou "2D" d'ordre
M comprend un sous-ensemble de ces composantes en ne retenant que les indices
m=n, soit
K=2
M+1 composantes.
[0067] La décomposition sur la base des harmoniques sphériques peut être considérée comme
la transformée duale entre coordonnées spatiales et les fréquences spatiales. Les
composantes

définissent donc un spectre spatial.
[0068] Pour chaque haut-parleur, on obtient à l'issue de l'étape E201, une réponse impulsionnelle
multidirectionnelle qui est constituée de K réponses impulsionnelles correspondant
aux K composantes de la représentation spatiale choisie. Dans le cas de la représentation
des harmoniques sphériques, il s'agit des K composantes sur les K=2M+1 harmoniques
sphériques considérés. Pour le jième haut-parleur, la réponse impulsionnelle multidirectionnelle
qui lui est associée se compose ainsi de K réponses élémentaires H
jl(t) où l'indice l repère l'indice de la composante spatiale et t correspond à l'échantillon
temporel. Par la suite, on désigne par h
j(t) le vecteur des K composantes spatiales mesurées pour le jième haut-parleur :

[0069] Si le système de reproduction comprend au total N haut-parleurs, l'ensemble des réponses
impulsionnelles multidirectionnelles mesurées pour les N haut-parleurs et les K composantes
spatiales définit une matrice H de taille KxN, dans laquelle la jième colonne correspond
à la réponse impulsionnelle multidirectionnelle associée au jième haut-parleur.
[0070] Pour chaque haut-parleur, les K composantes spatiales contenues dans le vecteur h
j(t) représentent le spectre spatial des sons captés par le microphone. Pour accéder
à l'information de direction des sons, il convient donc d'effectuer une transformation
inverse pour repasser d'une représentation en fonction des fréquences spatiales à
une représentation en fonction des coordonnées spatiales.
[0071] Cette transformation inverse est réalisée en reconstruisant l'onde de pression p(r,
θ, δ, t) par combinaison linéaire des harmoniques sphériques, chaque harmonique étant
pondéré par l'amplitude de la composante qui lui est associée. On retrouve ces éléments
dans la thèse de S. Moreau citée ci-dessus.
[0073] En pratique, cette transformation des fréquences spatiales (composantes ambisoniques)
vers les coordonnées spatiales s'effectue en multipliant, pour chaque haut-parleur
et chaque échantillon temporel t, le vecteur h
j(t) par une matrice de décodage D. Par exemple, la matrice D peut être obtenue comme
D=Y
T, où la matrice Y est calculée en évaluant les K harmoniques sphériques

pour les P directions des haut-parleurs virtuels, en regroupant les azimuths
θq et élévations
δq dans un unique doublet
C = (
θq,
δq) associé à un haut-parleur (q désigne l'indice du haut-parleur). Dans la matrice
Y, chaque colonne est constituée des valeurs des K harmoniques sphériques pour un
haut-parleur donné. Au final, on obtient, pour chaque haut-parleur et chaque échantillon
temporel t, un vecteur G
j(t) de longueur P décrivant la distribution spatiale des composantes sonores captées
sur un réseau de P points définissant un échantillonnage régulier de la sphère:

[0074] Le maximum de cette fonction G
j(t) identifie une réflexion. Si G
j(t) présente plusieurs maxima, ces différents maxima identifient chacun une réflexion.
Ainsi, pour chaque réflexion identifiée, ses caractéristiques sont déterminées selon
la procédure suivante : son instant d'arrivée correspond à l'échantillon t
Ri = t pour lequel elle est identifiée, son incidence correspond aux coordonnées spatiales

du point pour lequel le maximum de G
j(t) est observé, et son amplitude correspond à l'amplitude de ce maximum A
Ri=G
j(t
i). Dans ce qui précède, l'indice i repère l'indice de la réflexion considérée. La
précision d'estimation de ces caractéristiques dépend donc du nombre P de haut-parleurs
virtuels utilisés pour cette analyse. Le premier échantillon temporel pour lequel
on observe un maximum définit l'instant d'arrivée de l'onde directe. On a soin de
relever aussi l'amplitude (A
D) et l'incidence de cette dernière (C
D = (θ
D, δ
D) où θ
D et δ
D définissent respectivement l'angle d'azimut et l'angle d'élévation repérant la direction
de l'onde directe).
[0075] Ainsi, à partir des réponses impulsionnelles multidirectionnelles obtenues, considérées
sur une fenêtre d'analyse temporelle englobant les instants des premières réflexions
du signal audio reproduit par les haut-parleurs, il est possible de déterminer, et
ce pour chaque haut-parleur, les caractéristiques de l'onde directe et les caractéristiques
des réflexions qui lui sont associées. Ainsi, pour le jième haut-parleur, sont déterminées
d'une part les caractéristiques de l'onde directe comme son amplitude A
D(j), son instant d'arrivée sur le microphone T
D(j) ou sa direction d'incidence C
D(j) ; et d'autre part les caractéristiques des réflexions comme leurs amplitudes A
Ri(j), leurs instants d'arrivée sur le microphone T
Ri(j) ou leurs directions d'incidences C
Ri(j). Dans la suite, on utilisera plutôt l'amplitude normalisée par l'amplitude de
l'onde directe :

et le retard entre l'onde directe et la réflexion :

[0076] Les premières réflexions d'un signal audio restitué dépendent du lieu d'écoute dans
lequel est placé l'ensemble de restitution. D'une façon générale, ces premières réflexions
apparaissent dans un temps situé dans une plage allant de 50 à 100ms après l'onde
directe.
[0077] De façon avantageuse, la fenêtre temporelle d'analyse de l'étape E202 sera, dans
un mode de réalisation adapté, d'une taille comprise entre 50 et 100 ms.
[0078] L'étape E203 compare les amplitudes obtenues par l'étape d'analyse à un seuil de
perceptibilité Se des réflexions qui a été défini au préalable et stocké en mémoire.
L'étape E204 permet de retrouver la valeur de seuil prédéfinie en fonction de caractéristiques
de chaque réflexion et de l'onde directe associée, obtenues à l'étape d'analyse E202.
[0079] En effet, plusieurs cas de figure peuvent se présenter. Dans un premier exemple de
réalisation, seule l'information de direction des réflexions est connue et récupérée
de l'étape d'analyse. Pour retrouver le seuil de perceptibilité correspondant, on
fixe la valeur de la caractéristique d'instant d'arrivée de la réflexion, par exemple
la valeur la plus critique (celle qui donne une perceptibilité maximale) et on détermine
la valeur du seuil de perceptibilité uniquement par rapport à la valeur de la direction.
[0080] De même si seule l'information d'instant d'arrivée de la réflexion est connue, on
peut fixer la valeur de direction, par exemple la valeur la plus critique (celle qui
donne une perceptibilité maximale), et déterminer le seuil de perceptibilité selon
la valeur de l'instant d'arrivée.
[0081] Enfin, dans le cas où les deux caractéristiques sont connues, la valeur du seuil
peut être déterminée, avec une meilleure précision, en fonction de ces deux caractéristiques.
[0082] Pour cela, un tableau de valeurs de seuil de perceptibilité est stocké en mémoire.
Un exemple d'un tel tableau est illustré en référence à la
figure 4. Ce tableau montre, pour un son direct situé à un angle d'azimut à 60°, la valeur
du seuil de perceptibilité d'une réflexion exprimée en dB, en fonction des caractéristiques
d'angle d'incidence de la réflexion (i.e. son angle d'azimut θ
Ri dans le plan horizontal correspondant à l'élévation δ
Ri= 0°) et de temps d'arrivée de cette réflexion par rapport au temps d'arrivée de l'onde
directe
τRi(
j)
. Le seuil est défini comme le niveau relatif de la réflexion, c'est-à-dire qu'il représente
la différence entre les valeurs d'amplitude (exprimées en dB) de la réflexion et de
l'onde directe considérée.
[0083] Ce tableau de valeurs est un exemple de valeurs seuils définies à partir d'expériences
psycho-acoustiques réalisées en considérant différents types de signal sonore (parole,
clics, musique, etc...), différents angles d'incidences et différents temps d'arrivée
des réflexions et de l'onde directe. Un seuil de perceptibilité de ces réflexions
est défini en fonction de ces paramètres.
[0084] Pour compléter l'illustration des valeurs du seuil de perceptibilité de la figure
4, la
figure 5 montre différentes courbes de seuil de perceptibilité exprimé en dB (qui correspond
toujours au seuil relatif correspondant à la différence entre le niveau de la réflexion
et celui de l'onde directe). Ces différentes courbes correspondent à différentes positions
de l'onde directe (azimut de 0° pour D1, 60° pour D2, 90° pour D3 et 150° pour D4)
et représentent les seuils de perceptibilité en fonction de la direction de la réflexion,
ceci pour un temps d'arrivée fixe (correspondant en l'occurrence à 15 ms).
[0085] Ainsi, à l'étape E204, la valeur de seuil correspondant aux caractéristiques obtenues
à l'étape d'analyse est récupérée. On compare cette valeur de seuil à la valeur d'amplitude
de chaque réflexion à l'étape E203. Pour être comparée au seuil de perceptibilité,
la valeur de l'amplitude de la réflexion est référencée à celle de l'onde directe
associée et exprimée en dB: 20log(
ANRi(
j)).
[0086] Dans le cas où la valeur d'amplitude de la réflexion est inférieure à la valeur de
seuil de perceptibilité, cela veut dire que cette réflexion n'a pas d'impact sur la
perception que peut avoir un auditeur de l'onde directe. Cette réflexion n'est donc
pas à prendre en compte pour le traitement d'un signal multi canal avant restitution.
L'étape E203 permet ainsi d'identifier toutes les réflexions qui n'ont pas d'impact
sur la perception de l'onde directe. L'étape E203 identifie donc toutes les réflexions
pour lesquelles l'amplitude est inférieure au seuil de perceptibilité.
[0087] Pour illustrer cette étape E203, la
figure 6 représente un exemple de réponse impulsionnelle, pour une direction donnée, d'un
des haut-parleurs de l'ensemble de restitution en comparaison avec la courbe en trait
discontinu représentant le seuil de perceptibilité (RMT pour « Reflection Masked Threshold
») obtenu par la table décrite ci-dessus en référence à la figure 4. Les réflexions
dont le niveau est inférieur à la courbe de seuil sont ainsi identifiées. On note
que dans le cas illustré, les premières réflexions survenant dans les 15 premières
ms ne sont pas perceptibles.
[0088] A partir de cette identification des réflexions non perceptibles, l'étape E205 effectue
une modification des réponses impulsionnelles h
j(t) obtenues à l'étape E201 pour les j=1 à N haut-parleurs, pour obtenir des réponses
impulsionnelles perceptives hp
j(t). Pour cela, la modification consiste à éliminer les réflexions non perceptibles
identifiées à l'étape E203 dans les réponses impulsionnelles.
[0089] De façon plus détaillée, cette opération s'effectue par exemple par une opération
de seuillage. A chaque instant t, la valeur du seuil de perceptibilité Se est retranchée
au signal de réponse impulsionnelle qui a été obtenue à l'étape E201.
[0090] Préférentiellement ce traitement est appliqué sur le spectre spatial défini par les
K composantes h
j(t) = [H
j1(t) ... H
jl(t) ... H
jK(t)] dans le domaine de représentation spatiale choisi, correspondant par exemple
à la représentation sur la base des harmoniques sphériques. Cependant le traitement
peut aussi s'appliquer dans le domaine dual des coordonnées d'espace. Dans la suite,
nous allons décrire l'opération réalisée dans le cas du spectre spatial.
[0091] L'opération de seuillage consiste à comparer pour chaque réflexion identifiée son
amplitude au seuil de perceptibilité Se associé à ses caractéristiques. Ainsi, pour
la ième réflexion identifiée pour le jième haut-parleur, le seuil Se(i) est déterminé
en fonction de ses caractéristiques [
τRi(
j), C
Ri(j)]. Cette réflexion est localisée à l'instant t
i donné par:

[0092] Pour réaliser le seuillage, on considère donc la réponse impulsionnelle à cet instant,
soit h
j(t
i), ou plus exactement sur le spectre spatial associé et constitué des K composantes
[H
j1(t
i) ... H
jl(t
i) ... H
jK(t
i)]. Plusieurs stratégies sont alors possibles. La plus simple consiste à préserver
l'amplitude relative des composantes du spectre spatial, c'est-à-dire qu'on applique
un traitement identique à toutes les composantes. Dans ce cas, pour chaque composante
H
jl(t
i), l'opération de seuillage peut se traduire par les équations suivantes:

où HP
jl(t) désigne la réponse impulsionnelle perceptive associée à H
jl(t).
[0093] Ainsi, les réponses impulsionnelles perceptives ne conservent que les réflexions
ayant un impact significatif sur la perception de l'onde directe.
[0094] Ces réponses impulsionnelles perceptives sont alors utilisées pour déterminer la
matrice de filtrage, à l'étape E206. Cette matrice de filtrage est ensuite utilisée
pour traiter le signal audio multi canal avant sa restitution sonore par l'ensemble
de restitution du système.
[0095] Pour obtenir l'ensemble de filtres constituant la matrice de filtrage Filt du dispositif
de traitement, un mode de réalisation possible comporte une étape de détermination
d'un signal d'erreur défini par la différence entre un signal de réponse cible prédéterminé
de l'ensemble de restitution et un signal de réponse reconstruit à partir des réponses
impulsionnelles perceptives et une étape d'inversion multicanale par minimisation
du signal d'erreur ainsi déterminé.
[0096] Le signal d'erreur ainsi obtenu ne prend donc en compte que les réflexions perceptibles
puisque qu'il est calculé à partir d'un signal reconstruit basé sur les réponses impulsionnelles
perceptives.
[0098] D'une façon générale, le problème qui se pose pour calculer les filtres de la matrice
de traitement, est le suivant. Il y a N haut-parleurs qui constituent le système réel
de reproduction. Dans le contexte de spatialisation ambisonique d'ordre supérieur
(HOA), l'espace de représentation spatiale est de dimension K. L'information spatiale
est donc décrite par K coefficients. L'objectif est de reproduire avec le système
de N haut-parleurs, un ensemble de V signaux définissant le signal audio multicanal
d'entrée. Ces V signaux sont dédiés à un système idéal de reproduction constitués
de V haut-parleurs. Ce système idéal définit les V signaux cibles qu'on souhaite reproduire
et qui correspondent donc aux réponses d'un système fictif de V haut-parleurs virtuels.
Dans le cas le plus simple, le système réel de reproduction comporte aussi N=V haut-parleurs.
Mais dans le cas général, on est capable d'émuler un système de V haut-parleurs virtuels
à partir d'un dispositif de N haut-parleurs réels.
[0099] L'équation à résoudre est la suivante:
avec H, la matrice de dimension KxN comportant les réponses impulsionnelles des N
éléments du système de restitution dans le domaine d'analyse spatiale,
W, la matrice comportant les filtres de correction à calculer, de dimension NxV,
T, la matrice contenant les V réponses cibles définies dans le domaine d'analyse spatiale,
de dimension KxV,
et l'opération dénotée par « * » est un produit matriciel convolutif où un élément
Tij de la matrice T est obtenu de la façon suivante :

Chaque matrice est une matrice de vecteurs, au sens où la troisième dimension correspond
à l'échelle des temps.
L'objectif de l'opération d'inversion est de trouver les éléments de la matrice W.
[0100] La résolution de cette opération peut s'effectuer en deux temps. Tout d'abord, on
calcule les filtres de correction en ne corrigeant que l'effet de salle du lieu de
restitution, c'est-à-dire qu'on prend en compte le dispositif réel de haut-parleurs,
soit N haut-parleurs. Dans une seconde étape, on compense la disposition des haut-parleurs
pour adapter les V signaux à une restitution selon une configuration non idéale de
N haut-parleurs. Dans ce but, les V signaux sont répartis par matriçage sur les N
canaux associés au système réel de reproduction afin d'émuler un système de V haut-parleurs
virtuels.
[0101] Dans le cas présent, pour mettre en œuvre l'invention, les éléments de la matrice
H comportent les réponses impulsionnelles perceptives telles qu'obtenues à l'étape
E205.
[0102] Les réponses cibles peuvent varier selon le résultat de restitution sonore attendue.
[0103] Dans un mode de réalisation, cette réponse cible correspond à la réponse impulsionnelle
donnée par l'onde directe seule sans aucune réflexion. Cela revient à supprimer tout
l'effet de salle dans le signal attendu.
[0104] Dans une première variante de réalisation, le signal de réponse cible correspond
à la réponse d'une onde directe associée à des réflexions représentatives d'un lieu
d'écoute prédéterminé.
[0105] Un lieu d'écoute caractéristique qui présente une bonne qualité d'écoute peut être
souhaitée (par exemple le lieu d'écoute de la salle Pleyel™). Dans ce cas, les filtres
de traitement seront calculés pour obtenir une restitution sonore proche de cette
qualité d'écoute.
[0106] Dans une deuxième variante de réalisation, le signal de réponse cible correspond
à la réponse d'une onde directe associée à des réflexions représentatives d'un ensemble
de restitution différent de celui utilisé pour restituer le signal résultant.
[0107] Ainsi, un système de restitution souhaité, par exemple comportant plus de haut-parleurs,
est pris comme référence pour obtenir une restitution proche de celle qui aurait été
obtenu avec un tel système.
[0108] D'autres signaux de réponse cibles peuvent bien évidemment être choisi selon l'effet
de la restitution souhaitée.
[0109] Ainsi, la mise en œuvre du procédé décrit permet d'obtenir une meilleure qualité
d'écoute lors de la restitution d'un signal audio multi canal grâce à la prise en
compte seule des réflexions perceptibles des signaux par l'ensemble de restitution
dans le lieu d'écoute.
[0110] La
figure 7 représente un exemple de réalisation matérielle d'un dispositif de calibration selon
l'invention. Celui-ci peut faire partie intégrante d'un décodeur audio/vidéo, d'un
serveur de traitement, d'un pont de conférence ou de tout autre équipement de lecture
ou de diffusion audio ou vidéo.
[0111] Ce type de dispositif comporte un processeur µP coopérant avec un bloc mémoire MEM
comportant une mémoire de stockage et/ou de travail.
[0112] Le bloc mémoire peut avantageusement comporter un programme informatique comportant
des instructions de code pour la mise en œuvre des étapes du procédé de calibration
au sens de l'invention, lorsque ces instructions sont exécutées par le processeur,
et notamment les étapes d'obtention de réponses impulsionnelles multidirectionnelles
des haut-parleurs de l'ensemble de restitution à la reproduction d'un signal audio
prédéterminé, d'analyse des réponses impulsionnelles multidirectionnelles obtenues,
dans un domaine de représentation spatio-temporelle, sur au moins une fenêtre temporelle
englobant les instants d'arrivée des premières réflexions du signal audio prédéterminé
reproduit pour déterminer un ensemble de caractéristiques des premières réflexions,
de comparaison de l'amplitude de chacune des réflexions à un seuil de perceptibilité
prédéterminé et d'identification des réflexions non perceptibles pour lesquelles l'amplitude
est inférieure au seuil prédéterminé, de modification des réponses impulsionnelles
obtenues pour obtenir des réponses impulsionnelles perceptives, par suppression des
réflexions identifiées comme non perceptibles et de détermination d'une matrice de
filtrage à partir des réponses impulsionnelles perceptives pour une application de
cette matrice de filtrage au signal audio multi canal avant restitution sonore.
[0113] Typiquement, la description de la figure 2 reprend les étapes d'un algorithme d'un
tel programme informatique. Le programme informatique peut également être stocké sur
un support mémoire lisible par un lecteur du dispositif ou téléchargeable dans l'espace
mémoire de celui-ci.
[0114] La mémoire MEM enregistre une table de valeurs de seuil de perceptibilité en fonction
de caractéristiques des composantes sonores constituées de l'onde directe et des réflexions
utilisée dans le procédé selon un mode de réalisation de l'invention et de manière
générale, toutes les données nécessaires à la mise en œuvre du procédé.
[0115] Un tel dispositif comporte un module d'entrée I apte à recevoir des réponses impulsionnelles
d'un ensemble de restitution et un module de sortie S apte à transmettre à un module
de traitement, les filtres calculés d'une matrice de filtrage.
[0116] Dans un mode possible de réalisation, le dispositif ainsi décrit peut également comporter
les fonctions de traitement par la mise en œuvre de la matrice de traitement à la
réception en I d'un signal multi canal Si pour transmettre en sortie des signaux traités
SCi aptes à être restitués par l'ensemble de restitution.
1. Verfahren zur Kalibrierung einer akustischen Wiedergabeeinheit eines akustischen Mehrkanalsignals,
die eine Vielzahl von Lautsprechern aufweist, wobei das Verfahren die folgenden Schritte
aufweist:
- Erhalt (E201) von multidirektionalen Impulsantworten der Lautsprecher der Wiedergabeeinheit
bei der Reproduktion eines Bezugs-Audiosignals;
- Analyse (E202) der erhaltenen multidirektionalen Impulsantworten in einem Bereich
raum-zeitlicher Darstellung, in mindestens einem Zeitfenster, das die Ankunftsmomente
der ersten Reflexionen des reproduzierten Bezugs-Audiosignals umfasst, um eine Einheit
von Merkmalen der direkten Wellen und der zugeordneten ersten Reflexionen zu bestimmen,
die mindestens die Amplitude enthält;
wobei das Verfahren
dadurch gekennzeichnet ist, dass es die folgenden Schritte aufweist:
- Vergleich (E203) der Amplitude jeder der Reflexionen mit einer bestimmten Wahrnehmbarkeitsschwelle
(E204) abhängig von Merkmalen der direkten Welle und der ersten Reflexionen des Bezugs-Audiosignals
und Erkennung (E203) der nicht wahrnehmbaren Reflexionen, für die die Amplitude niedriger
als die bestimmte Schwelle ist;
- Änderung (E205) der erhaltenen Impulsantworten, um wahrnehmungsfähige Impulsantworten
zu erhalten, durch Unterdrückung der als nicht wahrnehmbar erkannten Reflexionen;
- Bestimmung (E206) einer Filtermatrix durch die folgenden Schritte:
- Bestimmung eines Fehlersignals definiert durch die Differenz zwischen einem Ziel-Antwortsignal
einer Wiedergabeeinheit und einem ausgehend von den wahrnehmungsfähigen Impulsantworten
rekonstruierten Antwortsignal;
- Mehrkanalumschaltung durch Minimierung des so bestimmten Fehlersignals, um die Filter
der Filtermatrix zu erhalten,
für eine Anwendung dieser Filtermatrix an das Mehrkanal-Audiosignal vor der akustischen
Wiedergabe.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Wahrnehmbarkeitsschwelle abhängig von der Einfallrichtung der direkten Welle
(CD) und/oder ihrer Amplitude (AD) und den Einfallrichtungen der ersten Reflexionen (CRi) und/oder ihren Ankunftsverzögerungen (τRi) bezüglich der direkten Welle bestimmt wird.
3. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass das Ziel-Antwortsignal der Antwort der direkten Welle alleine ohne jede Reflexion
entspricht.
4. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass das Ziel-Antwortsignal der Antwort einer direkten Welle zugeordnet zu Reflexionen
entspricht, die für einen vorbestimmten Hörort repräsentativ sind.
5. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass das Ziel-Antwortsignal der Antwort einer direkten Welle zugeordnet zu Reflexionen
entspricht, die für eine andere Wiedergabeeinheit repräsentativ sind.
6. Vorrichtung zur Kalibrierung einer akustischen Wiedergabeeinheit eines akustischen
Mehrkanalsignals, die eine Vielzahl von Lautsprechern aufweist, wobei die Vorrichtung
aufweist:
- ein Modul (110) zum Erhalt multidirektionaler Impulsantworten der Lautsprecher der
Wiedergabeeinheit bei der Reproduktion eines Bezugs-Audiosignals;
- ein Modul (120) zur Analyse der erhaltenen multidirektionalen Impulsantworten in
einem Bereich raum-zeitlicher Darstellung, in mindestens einem Zeitfenster, das die
Ankunftsmomente der ersten Reflexionen des reproduzierten Bezugs-Audiosignals umfasst,
um eine Einheit von Merkmalen der direkten Wellen und der zugeordneten ersten Reflexionen
zu bestimmen, die mindestens die Amplitude enthält;
wobei die Vorrichtung
dadurch gekennzeichnet ist, dass sie aufweist:
- ein Modul (120) zum Vergleich der Amplitude jeder der Reflexionen mit einer bestimmten
Wahrnehmbarkeitsschwelle (140) abhängig von Merkmalen der direkten Welle und der ersten
Reflexionen des Bezugs-Audiosignals und zur Erkennung (120) der nicht wahrnehmbaren
Reflexionen, für die die Amplitude niedriger als die bestimmte Schwelle ist;
- ein Modul (150) zur Änderung der erhaltenen Impulsantworten, um wahrnehmungsfähige
Impulsantworten zu erhalten, durch Unterdrückung der vom Erkennungsmodul als nicht
wahrnehmbar erkannten Reflexionen;
- ein Modul (130) zur Berechnung einer Filtermatrix, das die folgenden Schritte durchführen
kann:
- Bestimmung eines Fehlersignals definiert durch die Differenz zwischen einem Ziel-Antwortsignal
einer Wiedergabeeinheit und einem ausgehend von den wahrnehmungsfähigen Impulsantworten
rekonstruierten Antwortsignal;
- Mehrkanalumschaltung durch Minimierung des so bestimmten Fehlersignals, um die Filter
der Filtermatrix zu erhalten,
für eine Anwendung dieser Filtermatrix an das Mehrkanal-Audiosignal vor der akustischen
Wiedergabe.
7. Audio-Decoder, der eine Kalibriervorrichtung nach Anspruch 6 aufweist.
8. EDV-Programm, das Codeanweisungen zur Durchführung der Schritte des Kalibrierverfahrens
nach einem der Ansprüche 1 bis 5 aufweist, wenn diese Anweisungen von einem Prozessor
ausgeführt werden.
9. Prozessorlesbarer Speicherträger, auf dem ein EDV-Programm gespeichert ist, das Codeanweisungen
zur Ausführung der Schritte des Kalibrierverfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis
5 enthält.