[0001] La présente invention est relative aux procédés et installations de traitement du
liège.
[0002] Le monde du vin a depuis longtemps utilisé des bouchons de liège pour obturer les
bouteilles de vin. Cette utilisation tient principalement en ce que le liège comporte
toutes les caractéristiques qu'on peut demander à un bouchon de bouteille de vin.
[0003] Un des rares désavantages du liège est la présence possible de composés chlorés,
tels que le 2,4,6-trichloroanisole (TCA) qui peuvent parfois donner un vin ce qui
est communément appelé sous l'appellation 'goût de bouchons'. Ce désagrément est à
l'origine de la perte d'une quantité non négligeable de la production annuelle vinicole,
et de frais parfois important, notamment dans les domaines de la restauration et de
l'assurance.
[0004] Le liège étant un matériau naturel, le contrôle de la quantité de TCA peut être difficile
à mener à une échelle compatible avec la production et l'embouteillage chez certains
producteurs.
[0005] US 2008/245,132 prétend fournir une méthode par laquelle les bouchons de liège sont testés directement
sur la ligne de mise en bouteille. Cette méthode nécessite toutefois un équipement
complexe, dont le coût croît avec le volume de bouchons à traiter.
[0006] La présente invention a notamment pour but de fournir un procédé amélioré de traitement
du liège.
[0007] A cet effet, selon l'invention, on prévoit un procédé de traitement de bouchons de
liège dans lequel on soumet le liège à une déhalogénation électrochimique par électrolyse.
[0008] Grâce à ces dispositions, on ne fait pas que contrôler la présence possible de composés
susceptibles d'être contaminants, mais on agit directement sur le liège avec un procédé
qui peut être rendu facilement compatible à des exigences de production.
[0009] Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, on peut éventuellement avoir
recours en outre à l'une et/ou à l'autre des dispositions suivantes :
- on fournit une solution comprenant un électrolyte en contact avec le liège, des électrodes
en contact avec ladite solution, et un générateur adapté pour appliquer une différence
de potentiel entre les électrodes ;
- la solution et la surface des électrodes en contact avec la solution sont prévus dans
des matériaux biocompatibles ;
- le procédé présente au moins l'une des caractéristiques suivantes :
- une électrode est une cathode, et un matériau de surface de cathode est du plomb,
- une électrode est une anode, et un matériau de surface d'anode est inerte, de préférence
graphite,
- un solvant est un alcool, de préférence éthanol,
- un électrolyte est un sel présent dans un vin, de préférence un sel de sodium, de
préférence encore choisi dans la liste d'acétate de sodium et tartrate de sodium,
- le liège est en forme de bouchons ;
- on fournit une cuve contenant la solution, et on trempe les électrodes et le liège
dans la solution ;
- le procédé comprend au moins l'une des caractéristiques suivantes :
- on maintient le liège totalement immergé dans la solution,
- au cours de la déhalogénation, on soustrait une molécule comprise dans les groupes
haloanisole et halophénols, de préférence du 2,4,6-trichloroanisole ;
- on mesure une concentration en halogène, et on contrôle la déhalogénation en fonction
de ladite concentration ;
- on forme des bouchons de liège.
[0010] Selon au autre aspect, l'invention se rapporte à un procédé d'embouteillage dans
lequel on met en oeuvre un tel procédé de traitement du liège, et dans lequel on bouche
une bouteille avec l'un desdits bouchons.
[0011] Selon un autre aspect, l'invention se rapporte à une installation comprenant une
unité de fourniture de liège, et une station d'électrochimie où on soumet le liège
à une déhalogénation électrochimique par électrolyse, l'installation comprenant en
outre une station de formage de bouchons,
l'installation comprenant en outre optionnellement une station de bouchage où on bouche
une bouteille de vin avec un bouchon.
[0012] Dans divers aspects, on pourra traiter des bouchons d'autres liquides que le vin
avec ce procédé, notamment des bouchons d'autres alcools tels que la bière ou le cidre,
par exemple.
[0013] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la
description suivante de deux de ses formes de réalisation, donnée à titre d'exemple
non limitatif, en regard des dessins joints.
[0014] Sur les dessins :
- la figure 1 est une vue en perspective d'un exemple de station de déhalogénation,
- la figure 2 est une courbe expérimentale issue d'un procédé de contrôle de la quantité
de composé chloré,
- les figures 3 et 4 sont des schémas illustratifs de procédés/installations d'embouteillage.
[0015] Sur les différentes figures, les mêmes références désignent des éléments identiques
ou similaires.
[0016] La figure 1 représente un exemple d'une station 1 de déhalogénation.
[0017] La station 1 comprend par exemple une cuve 2 contenant une solution liquide 3 dans
laquelle sont trempés des pièces 4 à traiter. A titre d'exemples, deux pièces 4 sont
représentées. On peut traiter entre une et de nombreuses pièces simultanément. Un
couvercle ou une grille 5 est disposée en surface de la solution, pour garantir que
les pièces 4 sont immergées chacune dans leur totalité.
[0018] Le système électrolytique comprend la solution 3, une anode 6, une cathode 7 et un
générateur électrique 8. Le générateur électrique 8 est adapté pour faire circuler
un courant électrique dans la solution entre l'anode et la cathode.
[0019] Les pièces 4 sont faites en liège. Le liège est un matériau naturel obtenu à partir
de l'élevage d'arbres, tels que le chêne-liège. Les pièces 4 peuvent aussi comprendre
un composé chloré, tel que par exemple un haloanisole ou un halophénol. Des exemples
d'haloanisoles présents dans le liège sont par exemple le 2,4,6-trichloroanisole (TCA),
le 2,3,4,6-tetrachloroanisole (TeCA), le 2,3,4,5,6-pentachloroanisole (PCA), et le
2,4,6-tribromoanisole (TBA). Des exemples d' halophénols présents dans le liège sont
par exemple le 2,4,6-trichlorophénol (TCP), le 2,3,4,6-tetrachlorophénol (TeCP), le
2,3,4,5,6-pentachlorophénol (PCP) et le 2,4,6-tribromophénol (TBP).
[0020] Dans le présent exemple de réalisation, les pièces 4 sont des bouchons présentant
des formes adaptées pour boucher des bouteilles, notamment des bouteilles de vin.
Un tel bouchon peut être sensiblement cylindrique de révolution, comme représenté.
Le cylindre comporte un axe orienté selon l'axe du goulot de la bouteille, et un diamètre
externe transversalement à l'axe supérieur, au repos, au diamètre interne du goulot
de la bouteille. Dans d'autres variantes, les bouchons peuvent avoir des formes plus
complexes, notamment présentant un pied tronconique et/ou une tête venue de matière
avec le pied, et plus large que celui-ci, s'étendant hors de la bouteille bouchée.
[0021] La solution 3 comprend un solvant et un électrolyte. Les matériaux des divers éléments
(notamment solvant, électrolyte, surface des électrodes, surface de la grille et/ou
surface de la cuve) sont prévus pour ne pas influencer négativement le vin. Ainsi,
on pourra choisir des matériaux bio-compatibles, et en particulier compatibles avec
le vin.
[0022] Le solvant pourra par exemple être un alcool, par exemple de l'éthanol.
[0023] L'électrolyte pourra par exemple être un sel présent dans le futur contenu des bouteilles
à boucher. Pour certains vins, l'électrolyte pourra ainsi être un sel présent dans
ce vin, tel que par exemple un sel de sodium. Ainsi, un acétate ou un tartrate de
sodium sont des électrolytes susceptibles de convenir pour cette application.
[0024] Les matériaux de surface des électrodes sont de préférence inertes. Ainsi, on pourra
utiliser du graphite en surface de l'anode 6. On pourra utiliser du plomb en surface
de cathode.
[0025] Un exemple de mise en oeuvre du procédé est décrit en relation avec la figure 3.
Au cours d'une première étape 101, on reçoit (R) du liège, par exemple sous forme
brute, en une station de réception. Au cours d'une deuxième étape 102, on forme (F)
des bouchons à partir du liège brut, en une station de formage. Cette étape peut inclure
toute étape habituelle de formation de bouchons à partir de liège brut, tels que des
traitements du liège, notamment chimiques, et une mise en forme de bouchon par tout
procédé adapté.
[0026] Au cours d'une troisième étape 103, on déhalogène les bouchons formés en une station
de traitement. Comme indiqué ci-dessus en relation avec la figure 1, on immerge les
bouchons en tant que pièces 4 dans la solution, ceux-ci étant maintenus totalement
immergés par la grille 5. On génère un courant électrique dans la solution à l'aide
du générateur 8, de manière à électrolyser les composés chlorés des bouchons. Cette
étape est mise en oeuvre pendant un certain temps. Périodiquement, on met en oeuvre
une étape 104 de contrôle (C) de la quantité de composés chlorés. Cette étape peut
être mise en oeuvre par tout moyen connu adapté. Le cas échéant, cette étape de contrôle
est associée à un seuil prédéterminé qui permet de stopper l'étape d'électrolyse.
Cette étape de contrôle est optionnelle.
[0027] Au cours de l'étape 105 d'embouteillage, on ferme (E) la bouteille pleine avec le
bouchon traité en une station d'embouteillage. Optionnellement, on pourra prévoir
des étapes additionnelles classiques de traitement du liège avant la fermeture de
la bouteille, et d'autres étapes classiques d'embouteillage.
[0028] Selon une variante, illustrée sur la figure 4, on ne met pas en oeuvre l'étape d'électrolyse
sur les bouchons déjà formés. Au contraire, l'étape de déhalogénation 103 électrochimique
est mise en oeuvre sur des pièces 4 à partir desquelles les bouchons vont être formés
au cours d'une étape de formation 102 ultérieure.
[0029] On notera que toutes les étapes ci-dessus ne sont pas nécessairement mises en oeuvre
par une même personne en un même lieu. Les différentes étapes pourront être mises
en oeuvre par différentes compagnies, le cas échéant dans différents pays.
[0030] La figure 2 montre ainsi un exemple de contrôle de la quantité de composés chlorés
(en l'occurrence de TCA) dissous dans une solution au cours d'un procédé d'électrolyse.
La courbe pleine montre l'absorbance UV de la solution en fonction de la longueur
d'onde au début de l'électrolyse (temps t
0), et la courbe en pointillés au bout d'un temps t
1 prédéterminé. Dans cet exemple, un bain d'électrolyse a été synthétisé avec un sel
de tartrate (tartrate de sodium) dissous dans l'éthanol jusqu'à saturation, avec ajout
de TCA 10
-4 M. L'électrolyse est effectuée sur électrodes de graphite à potentiel constant de
50 V. Le courant était de l'ordre de 240 micro-Ampères. Le temps t
0 est 0 et le temps t
1 est 62 heures. L'absorbance a diminué de 25% environ (la quantité de charge nécessaire
a été de 53,6 coulombs).
1. Procédé de traitement de bouchons de liège dans lequel on soumet le liège à une déhalogénation
électrochimique par électrolyse.
2. Procédé selon la revendication 1 dans lequel on fournit une solution (3) comprenant
un électrolyte en contact avec le liège, des électrodes (6, 7) en contact avec ladite
solution, et un générateur (8) adapté pour appliquer une différence de potentiel entre
les électrodes.
3. Procédé selon la revendication 2, dans lequel la solution et la surface des électrodes
en contact avec la solution sont prévus dans des matériaux biocompatibles.
4. Procédé selon la revendication 2 ou 3, présentant au moins l'une des caractéristiques
suivantes :
- une électrode est une cathode, et un matériau de surface de cathode est du plomb,
- une électrode est une anode, et un matériau de surface d'anode est inerte, de préférence
graphite,
- un solvant est un alcool, de préférence éthanol,
- un électrolyte est un sel présent dans un vin, de préférence un sel de sodium, de
préférence encore choisi dans la liste d'acétate de sodium et tartrate de sodium,
- le liège est en forme de bouchons.
5. Procédé selon l'une des revendications 2 à 4, dans lequel on fournit une cuve (2)
contenant la solution, et dans lequel on trempe les électrodes et le liège (4) dans
la solution.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, comprenant au moins l'une
des caractéristiques suivantes :
- on maintient le liège totalement immergé dans la solution ;
- au cours de la déhalogénation, on soustrait une molécule comprise dans les groupes
haloanisole et halophénols, de préférence du 2,4,6-trichloroanisole.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6 dans lequel on mesure une
concentration en halogène, et dans lequel on contrôle la déhalogénation en fonction
de ladite concentration.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7 dans lequel on forme des bouchons
de liège.
9. Procédé d'embouteillage dans lequel on met en oeuvre un procédé de traitement du liège
selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, et dans lequel on bouche une bouteille
avec l'un desdits bouchons.
10. Installation comprenant une unité de fourniture de liège, et une station d'électrochimie
où on soumet le liège à une déhalogénation électrochimique par électrolyse, l'installation
comprenant en outre une station de formage de bouchons,
l'installation comprenant en outre optionnellement une station de bouchage où on bouche
une bouteille de vin avec un bouchon.
1. Verfahren zur Behandlung von Korkstopfen, bei dem der Kork einer elektrochemischen
Dehalogenierung durch Elektrolyse unterzogen wird.
2. Verfahren gemäß Anspruch 1, bei dem eine Lösung (3) bereitgestellt wird, die ein Elektrolyt
enthält, das in Kontakt mit dem Kork ist, in der sich Elektroden (6,7) befinden, die
in Kontakt mit dieser Lösung sind und ein Generator (8) auf die Anwendung einer Potentialdifferenz
zwischen den Elektroden eingestellt ist.
3. Verfahren gemäß Anspruch 2, bei dem die Lösung und die Oberfläche der in der Lösung
befindlichen Elektroden als biokompatible Materialien vorgesehen sind.
4. Verfahren gemäß Anspruch 2 oder 3, das mindestens eines der folgenden Merkmale aufweist:
- eine Elektrode ist eine Kathode und ein Material der Kathodenoberfläche ist Blei,
- eine Elektrode ist eine Anode und ein Material der Anodenoberfläche ist inert, vorzugsweise
Graphit,
- ein Lösungsmittel ist ein Alkohol, vorzugsweise Ethanol,
- ein Elektrolyt ist ein Salz, das in einem Wein enthalten ist, vorzugsweise ein Natriumsalz,
das vorzugsweise aus der Liste der Natriumacetate und Natriumtartrate ausgewählt wird,
- der Kork hat die Form eines Stopfens.
5. Verfahren gemäß einem der Ansprüche 2 bis 4, bei dem man ein Gefäß (2) bereitstellt,
das eine Lösung enthält und bei dem man die Elektroden und den Kork (4) in die Lösung
eintaucht.
6. Verfahren, bei dem ein beliebiger Anspruch der Ansprüche 1 bis 5 mindestens eines
der folgenden Merkmale aufweist:
- der Kork bleibt vollständig in der Lösung eingetaucht;
- im Rahmen der Dehalogenierung entzieht man ein Molekül, das in den Gruppen der Haloanisole
und Halophenole enthalten ist, vorzugsweise 2,4,6-Trichloranisol.
7. Verfahren gemäß einem beliebigen Anspruch der Ansprüche 1 bis 6, bei dem man eine
Konzentration von Halogen misst und in dem man die Dehalogenierung entsprechend dieser
Konzentration kontrolliert
8. Verfahren gemäß einem beliebigen Anspruch der Ansprüche 1 bis 7, mit dem Korkstopfen
geformt werden.
9. Verfahren zur Abfüllung, bei dem man ein Verfahren zur Behandlung von Kork gemäß einem
beliebigen der Ansprüche 1 bis 8 anwendet und bei dem man eine Flasche mit einem der
besagten Stopfen verschließt.
10. Eine Anlage, die eine Einheit zur Bereitstellung von Kork sowie eine elektrochemische
Station umfasst, in welcher der Kork einer elektrochemischen Dehalogenierung durch
Elektrolyse unterzogen wird. Die Anlage umfasst außerdem eine Station zur Formgebung
von Stopfen. Zudem kann die Anlage optional eine Verschließstation umfassen, mit welcher
eine Weinflasche mit einem Stopfen verschlossen wird.
1. Method for treating cork stoppers, wherein the cork is subjected to an electrochemical
dehalogenation by electrolysis.
2. Method according to claim 1, wherein a solution (3) is provided comprising an electrolyte
in contact with the cork, electrodes (6, 7) in contact with said solution, and a generator
(8) suitable for applying a difference in potential between the electrodes.
3. Method according to claim 2, wherein the solution and the surface of the electrodes
in contact with the solution are provided in biocompatible materials.
4. Method according to claim 2 or 3, having at least one of the following characteristics:
- one electrode is a cathode, and a cathode surface material is lead,
- one electrode is an anode, and an anode surface material is inert, preferably graphite,
- a solvent is an alcohol, preferably ethanol,
- an electrolyte is a salt present in wine, preferably a sodium salt, preferably selected
from the list of sodium acetate and sodium tartrate,
- the cork is in the form of stoppers.
5. Method according to one of claims 2 to 4, wherein a tank (2) containing the solution
is provided, and wherein the electrodes and the cork (4) are immersed in the solution.
6. Method according to any one of claims 1 to 5, comprising at least one of the following
characteristics:
- the cork is kept completely immersed in the solution;
- during the dehalogenation, a molecule contained in the haloanisole and halophenol
groups is removed, preferably 2,4,6-trichloroanisole.
7. Method according to any one of claims 1 to 6, wherein a halogen concentration is measured,
and wherein the dehalogenation is controlled according to said concentration.
8. Method according to any one of claims 1 to 7, wherein cork stoppers are formed.
9. Bottling method wherein a method for treating cork according to any one of claims
1 to 8 is used, and wherein a bottle is sealed with one of said stoppers.
10. Facility comprising a cork supply unit, and an electrochemical station where the cork
is subjected to an electrochemical dehalogenation by electrolysis, the facility further
comprising a stopper shaping station,
the facility optionally further comprising a sealing station where a wine bottle is
sealed with a stopper.