DOMAINE TECHNIQUE
[0001] La présente invention se rapporte au domaine général des photocathodes semi-transparentes,
et plus précisément, à celui des photocathodes semi-transparentes de type à antimoine
et métal alcalin, ou à oxyde d'argent (AgOCs), fréquemment utilisées dans les détecteurs
de rayonnement électromagnétique, tels que, par exemple, les tubes intensificateurs
d'image et les tubes photomultiplicateurs.
ETAT DE LA TECHNIQUE ANTERIEURE
[0002] Les détecteurs de rayonnement électromagnétique, tels que, par exemple, les tubes
intensificateurs d'image et les tubes photomultiplicateurs, permettent de détecter
un rayonnement électromagnétique en le convertissant en un signal de sortie lumineux
ou électrique.
[0003] Ils comportent habituellement une photocathode pour recevoir le rayonnement électromagnétique
et émettre en réponse un flux de photoélectrons, un dispositif multiplicateur d'électrons
pour recevoir ledit flux de photoélectrons et émettre en réponse un flux d'électrons
dits secondaires, puis un dispositif de sortie pour recevoir ledit flux d'électrons
secondaires et émettre en réponse le signal de sortie.
[0004] Comme le montre la figure 1, une telle photocathode 1 comprend habituellement une
couche support 10 transparente et une couche 20 d'un matériau photoémissif déposée
sur une face 12 de ladite couche support.
[0005] La couche support 10 comporte une face avant 11, dite de réception, destinée à recevoir
les photons incidents, et une face arrière 12 opposée. La couche support 10 est transparente
vis-à-vis des photons incidents, et présente donc une transmittance proche de l'unité.
[0006] La couche photoémissive 20 présente une face amont 21 en contact avec la face arrière
12 de la couche support 10, et une face aval 22 opposée, dite face d'émission, de
laquelle sont émis les photoélectrons générés.
[0007] Ainsi, les photons traversent la couche support 10 à partir de la face de réception
11, puis pénètrent dans la couche photoémissive 20.
[0008] Ils sont ensuite absorbés dans la couche photoémissive 20 et y génèrent des paires
électrons-trous. Les électrons générés se déplacent jusqu'à la face d'émission 22
de la couche photoémissive 20 et sont émis dans le vide. Le vide est en effet réalisé
à l'intérieur du détecteur pour que le déplacement des électrons ne soit pas perturbé
par la présence de molécules de gaz.
[0009] Les photoélectrons sont ensuite dirigés et accélérés vers un dispositif multiplicateur
d'électrons tel qu'une galette de microcanaux ou un ensemble de dynodes.
[0010] EP 2 006 876 A1,
US 2010/253218 A1,
US 3 697 794 A,
US 4 999 211 A et
WO 01/09915 A1 décrivent des photocathodes semi-transparentes conventionnelles pour détecteur de
photons, comportant :
- une couche support transparente présentant une face avant pour recevoir lesdits photons
et une face arrière opposée, et
- une couche photoémissive disposée sur ladite face arrière et présentant une face d'émission
opposée, destinée à recevoir lesdits photons à partir de ladite couche support et
à émettre en réponse des photoélectrons à partir de ladite face d'émission.
[0011] Le rendement de la photocathode, dit rendement quantique, est classiquement défini
comme le rapport du nombre de photoélectrons émis sur le nombre de photons incidents
reçus.
[0012] Il dépend notamment de la longueur d'onde des photons incidents et de l'épaisseur
de la couche photoémissive.
[0013] A titre illustratif, pour une photocathode de type S25, le rendement quantique est
de l'ordre de 15% pour une longueur d'onde de 500nm.
[0014] Le rendement quantique dépend plus précisément des trois étapes principales, mentionnées
précédemment, du phénomène de photoémission : l'absorption du photon incident et la
formation d'une paire électron-trou ; le transport de l'électron généré jusqu'à la
face d'émission de la couche photoémissive ; et l'émission de l'électron dans le vide.
[0015] Chacune de ces trois étapes présente un rendement propre, le produit des trois rendements
définissant le rendement quantique de la photocathode.
[0016] Cependant, les rendements des étapes d'absorption et de transport sont directement
dépendants de l'épaisseur de la couche photoémissive.
[0017] Ainsi, le rendement ε
a de l'étape d'absorption est une fonction croissante de l'épaisseur de la couche photoémissive.
Plus la couche photoémissive est épaisse, plus le rapport du nombre de photons absorbés
sur le nombre de photons incidents est important. Les photons qui n'auront pas été
absorbés sont transmis au travers de la couche photoémissive.
[0018] Par contre, le rendement ε
t de la phase de transport, c'est-à-dire le rapport entre les électrons atteignant
la face d'émission sur les électrons générés, est une fonction décroissante de l'épaisseur
de la couche photoémissive. Plus l'épaisseur de la couche est importante, plus le
rendement Et est faible. En effet, les électrons générés auront d'autant plus de chance
de se recombiner avec des trous que la distance à parcourir est grande.
[0019] Aussi, il existe une épaisseur optimale qui maximise le produit du taux d'absorption
ε
a avec le taux de transport ε
t, et donc le rendement quantique.
[0020] A titre illustratif, pour la photocathode de type S25 fréquemment utilisée dans les
tubes intensificateurs d'image, l'épaisseur optimale de la couche photoémissive, réalisée
en SbNaK ou SbNa
2KCs, est habituellement entre 50 et 200 nm.
[0021] La figure 2 illustre, pour une telle couche photoémissive, l'évolution du taux d'absorption
ε
a en fonction de la longueur d'onde des photons incidents, ainsi que les taux de réflexion
ε" des photons incidents et de transmission ε' de ceux-ci au travers de la couche
photoémissive.
[0022] Il apparaît que, pour les grandes longueurs d'onde, notamment les longueurs d'onde
proches du seuil de photoémission, le taux d'absorption ε
a diminue fortement alors que le taux de transmission ε' augmente.
[0023] Ainsi, pour les photons incidents de 800µm de longueur d'onde, seuls 40% d'entre
eux sont absorbés alors que 60% sont transmis au travers de la couche photoémissive.
[0024] Pour diminuer le taux de transmission de la couche photoémissive au profit du taux
d'absorption dans le but d'augmenter le rendement quantique, notamment aux grandes
longueurs d'onde, une solution peut consister à augmenter l'épaisseur de ladite couche.
[0025] Ainsi, augmenter l'épaisseur à 280nm de la couche photoémissive mentionnée précédemment
conduit, pour la longueur d'onde de 800µm, à un taux d'absorption de 64%, au lieu
de 40%, et à un taux de transmission diminué à 36%.
[0026] Cependant, cela entraîne une forte diminution du taux de transport dans la mesure
où les électrons générés ont davantage de distance à parcourir jusqu'à la face d'émission
de la couche photoémissive, et donc davantage de chances de se recombiner.
[0027] Aussi, l'augmentation de l'épaisseur de la couche photoémissive, bien qu'améliorant
le taux d'absorption, ne conduit pas à une augmentation du rendement quantique, notamment
aux grandes longueurs d'onde, puisque le taux de transport est dégradé.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
[0028] L'invention a principalement pour but de présenter une photocathode semi-transparente
pour détecteur de photons, comportant une couche photoémissive présentant un taux
d'absorption des photons incidents élevé et un taux de transport des électrons préservé.
[0029] Pour ce faire, l'invention a pour objet une photocathode semi-transparente pour détecteur
de photons, comportant :
- une couche support transparente présentant une face avant pour recevoir lesdits photons
et une face arrière opposée, et
- une couche photoémissive disposée contre ladite face arrière et présentant une face
d'émission opposée, destinée à recevoir lesdits photons à partir de ladite couche
support et à émettre en réponse des photoélectrons à partir de ladite face d'émission.
[0030] Selon l'invention, ladite photocathode comporte un réseau de diffraction en transmission
apte à diffracter lesdits photons, disposé dans la couche support et situé au niveau
de ladite face arrière.
[0031] Par photocathode dite semi-transparente, on entend une photocathode dont les photoélectrons
sont émis à partir d'une face d'émission opposée à la face de réception des photons
incidents. Elle se distingue des photocathodes dites opaques pour lesquelles les électrons
sont émis à partir de la face de réception des photons.
[0032] La couche support est dite transparente dans la mesure où elle permet la transmission
des photons incidents. La transmittance de la couche support, ou rapport des photons
transmis sur les photons reçus, est donc proche ou égale à l'unité.
[0033] Ainsi, les photons incidents pénètrent dans la couche support par la face avant dite
de réception et la traversent jusqu'à la face arrière opposée.
[0034] Ils sont alors diffractés par le réseau de diffraction en direction de la couche
photoémissive.
[0035] Ils pénètrent dans la couche photoémissive avec un angle de diffraction sensiblement
différent de l'angle d'incidence.
[0036] Par définition, les angles d'incidence, de diffraction et de réfraction des photons
sont mesurés par rapport à la normale à la face considérée. Ainsi, les angles d'incidence
et de diffraction mentionnés précédemment sont définis par rapport à la normale à
la face arrière de la couche support au niveau de laquelle est disposé le réseau de
diffraction.
[0037] Lorsqu'un photon arrive sur le réseau de diffraction avec un angle d'incidence sensiblement
nul, il pénètre dans la couche photoémissive avec un angle de diffraction non nul.
De manière générale, pour une distribution donnée de l'angle d'incidence, on observe
une distribution sensiblement plus étalée de l'angle de diffraction.
[0038] Ainsi, pour une épaisseur de la couche photoémissive, notée e et mesurée suivant
la direction d'épaisseur de celle-ci, l'épaisseur apparente moyenne pour les photons
est
e.
E(1/|cosα
d|) où
αd est l'angle de diffraction des photons et
E(.) désigne la moyenne prise sur la distribution angulaire de l'angle de diffraction
des photons.
[0039] Le taux d'absorption de la couche photoémissive est alors plus élevé que celui de
la photocathode selon l'art antérieur mentionnée précédemment, dans la mesure où il
est une fonction croissante de l'épaisseur, ici de l'épaisseur apparente, de la couche
photoémissive.
[0040] De plus, le taux de transport est alors préservé dans la mesure où il ne dépend pas
de l'épaisseur apparente de la couche photoémissive vue par les photons, mais de l'épaisseur
réelle de celle-ci. En effet, lorsque les photons génèrent des paires électrons-trous,
les électrons générés se déplacent jusqu'à la face d'émission indépendamment du sens
de propagation préalable des photons.
[0041] Ainsi, la photocathode selon l'invention présente un taux élevé d'absorption des
photons et un taux de transport des électrons préservé.
[0042] Cela permet d'améliorer le rendement quantique de la photocathode.
[0043] Il est à noter que le rendement quantique pour les grandes longueurs d'onde, donc
proche du seuil de photoémission, est significativement augmenté, dans la mesure où
les photons avec de telles longueurs d'onde avaient tendance, selon l'exemple de l'art
antérieur cité précédemment, à être davantage transmis qu'absorbés.
[0044] Ledit réseau de diffraction est avantageusement gravé dans la face arrière de la
couche support.
[0045] Ledit réseau de diffraction est, de préférence, disposé de manière à délimiter au
moins en partie la face arrière de la couche support.
[0046] Ledit réseau de diffraction est, de préférence, formé d' un arrangement périodique
de motifs remplis d'un matériau présentant un indice optique différent du matériau
de la couche support.
[0047] Par motifs, on entend des échancrures, ou entailles, ou évidements ou encoches, ou
rayures présentant une forme sinusoïdale, à échelle, trapézoïdale, pratiqués dans
la couche support.
[0048] De préférence, la différence entre les indices optiques du matériau du réseau de
diffraction présent dans lesdits motifs d'une part et du matériau de la couche support
d'autre part est supérieure ou égale à 0,2.
[0049] Avantageusement, le pas du réseau et/ou le matériau du réseau de diffraction sont
choisis de sorte que les photons sont diffractés dans la couche photoémissive avec
un angle de diffraction strictement supérieur à arcsin(1/
np).
[0050] Selon un autre mode de réalisation, la photocathode comprend au moins un réseau de
diffraction supplémentaire apte à diffracter lesdits photons, situé dans la couche
support et disposé à proximité dudit premier réseau de diffraction, formé d'un arrangement
périodique de motifs remplis d'un matériau présentant un indice optique différent
du matériau de la couche support.
[0051] Les réseaux de diffraction sont orientés selon des directions distinctes, et distants
les uns des autres d'une distance négligeable par rapport à l'épaisseur moyenne de
la couche support. Cette distance est environ d'un dixième à dix fois la longueur
d'onde considérée.
[0052] L'arrangement périodique de motifs dudit au moins un réseau de diffraction supplémentaire
peut être décalé suivant une direction orthogonale à la direction d'épaisseur de la
couche support par rapport à l'arrangement dudit premier réseau de diffraction.
[0053] Alternativement, le réseau de diffraction et le réseau de diffraction supplémentaire
sont disposés dans le même plan.
[0054] La couche photoémissive peut comprendre de l'antimoine et au moins un métal alcalin.
[0055] Une telle couche photoémissive peut être réalisée en un matériau choisi parmi SbNaKCs,
SbNa
2KCs, SbNaK, SbKCs, SbRbKCs ou SbRbCs.
[0056] Alternativement, la couche photoémissive peut être formée d'AgOCs.
[0057] La couche photoémissive présente, de préférence, une épaisseur sensiblement constante.
[0058] La couche photoémissive présente, de préférence, une épaisseur inférieure ou égale
à 300nm.
[0059] L'invention porte également sur un système optique de détection de photons comportant
une photocathode selon l'une quelconque des caractéristiques précédentes, et un dispositif
de sortie pour émettre un signal de sortie en réponse aux photoélectrons émis par
ladite photocathode.
[0060] Un tel système optique peut être un tube intensificateur d'image ou un tube photomultiplicateur.
[0061] D'autres avantages et caractéristiques de l'invention apparaîtront dans la description
détaillée non limitative ci-dessous.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0062] On décrira à présent, à titre d'exemples non limitatifs, des modes de réalisation
de l'invention, en se référant aux dessins annexés, dans lesquels :
La figure 1, déjà décrite, est une vue schématique en coupe transversale d'une photocathode
selon un exemple de l'art antérieur ;
La figure 2, déjà décrite, illustre un exemple d'évolution des taux d'absorption,
de transmission et de réflexion en fonction de la longueur d'onde d'une couche photoémissive
de 140nm d'épaisseur d'une photocathode du type S25 selon un exemple de l'art antérieur
;
La figure 3 est une vue schématique en coupe transversale de la photocathode selon
un premier mode de réalisation préféré de l'invention ;
La figure 4 est une vue schématique en coupe transversale agrandie d'une partie de
la photocathode illustrée sur la figure 3 ;
La figure 5 illustre un exemple d'évolution du rendement quantique en fonction de
la longueur d'onde pour une photocathode selon l'art antérieur et pour une photocathode
selon le premier mode de réalisation préféré de l'invention ;
La figure 6 est une vue schématique en coupe transversale de la photocathode selon
un autre mode de réalisation préféré de l'invention, dans lequel les photons diffractés
sont réfléchis totalement au niveau de la couche d'émission de la photocathode ; et
La figure 7 est une vue schématique en coupe transversale de la photocathode selon
un autre mode de réalisation préféré de l'invention, dans lequel la photocathode comprend
deux réseaux de diffraction.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ D'UN MODE DE RÉALISATION PRÉFÉRÉ
[0063] Les figures 3 et 4 illustrent une photocathode 1 semi-transparente selon un premier
mode de réalisation préféré de l'invention.
[0064] Il est à noter que les échelles ne sont pas respectées, pour privilégier la clarté
du dessin.
[0065] La photocathode 1 selon l'invention peut équiper tout type de détecteur de photons,
tel que, par exemple, un tube intensificateur d'image ou un tube multiplicateur d'électrons.
[0066] La photocathode a pour fonction de recevoir un flux de photons incidents et d'émettre
en réponse des électrons, dits photoélectrons.
[0067] Elle comprend une couche support 10 transparente, une couche 20 d'un matériau photoémissif
et, selon l'invention, au moins un réseau de diffraction 30 apte à diffracter les
photons incidents.
[0068] La couche support 10 est une couche d'un matériau transparent sur laquelle est déposée
la couche photoémissive 20.
[0069] Elle est dite transparente dans la mesure où les photons incidents la traversent
sans être absorbés. La transmittance de la couche support 10 est donc sensiblement
égale à l'unité.
[0070] Elle comporte une face avant 11, dite face de réception des photons, et une face
arrière 12 opposée.
[0071] Au moins un réseau de diffraction 30 en transmission est disposé dans la couche support
10 au niveau de ladite face arrière 12.
[0072] Dans le mode de réalisation préféré de l'invention illustré sur les figures 3 et
4, un unique réseau de diffraction 30 est prévu.
[0073] Le réseau de diffraction 30 est formé d'un arrangement périodique de motifs 31 remplis
d'un matériau présentant un indice optique différent du matériau de la couche support
10.
[0074] Par motifs, on entend des échancrures, entailles, évidements, encoches ou rayures,
présentant une forme sinusoïdale, à échelle, trapézoïdale ou autre, pratiqués dans
la couche support.
[0075] La différence entre les indices optiques du matériau du réseau de diffraction 30
présent dans lesdits motifs 31 d'une part et du matériau de la couche support 10 d'autre
part est supérieure ou égale à 0,2.
[0076] Le réseau de diffraction 30 est notamment caractérisé par la distance, appelée pas
du réseau, entre deux motifs 31 voisins. Le pas du réseau est défini en fonction de
la longueur d'onde des photons incidents, de manière à pouvoir les diffracter.
[0077] Comme le montre en détail la figure 4, le réseau de diffraction 30 peut être disposé
dans la couche support 10 au niveau de la face arrière 12, délimitant ainsi au moins
en partie la face arrière 12.
[0078] Alternativement, le réseau de diffraction peut être disposé à l'intérieur la couche
support et situé à proximité immédiate de la face arrière, à une distance de celle-ci
négligeable par rapport à l'épaisseur de la couche support.
[0079] Il est à noter que la face arrière 12 de la couche support 10 est sensiblement plane.
Elle peut cependant être courbe dans le cas d'une photocathode présentant elle-même
une courbure définie.
[0080] Sur la Fig. 4, le réseau de diffraction 30 est localisé dans la couche support 10,
de sorte que le matériau remplissant les motifs 31 du réseau ne fait pas saillie hors
desdits motifs. Toutefois, comme nous le verrons lors de la réalisation de la photocathode,
le matériau remplissant les motifs 31 peut, selon une variante, former une couche
entre la face arrière 12 de la couche support et la couche photoémissive 20.
[0081] La couche photoémissive 20 est disposée contre la face arrière 12 de la couche support
10.
[0082] Elle présente une face amont 21, en contact avec la face arrière 12 de la couche
support 10, et une face aval 22 opposée, dite face d'émission des photoélectrons.
[0083] La couche photoémissive 20 présente une épaisseur moyenne sensiblement constante,
notée e. L'épaisseur est de préférence inférieure ou égale à 300nm.
[0084] La couche photoémissive 20 est réalisée en un matériau semi-conducteur adapté, de
préférence un composé alcalin à base d'antimoine. Un tel matériau alcalin peut être
choisi parmi SbNaKCs, SbNa
2KCs, SbNaK, SbKCs, SbRbKCs ou SbRbCs. La couche photoémissive 20 peut également être
formée en oxyde d'argent AgOCs.
[0085] La face d'émission 22 peut être traitée à l'hydrogène, au césium ou à l'oxyde de
césium pour diminuer son affinité électronique. Ainsi, les photoélectrons qui atteignent
la face aval 22 d'émission de la couche photoémissive 20 peuvent s'en extraire naturellement
et être ainsi émis dans le vide.
[0086] Une électrode (non représentée), formant réservoir d'électrons, est au contact de
la couche photoémissive 20 et est portée à un potentiel électrique.
[0087] Elle peut être disposée contre une face latérale de la couche photoémissive 20, pour
ne pas diminuer ou perturber l'émission des électrons à partir de la face aval 22
d'émission.
[0088] Le réservoir d'électrons permet la recombinaison des trous générés par les photons
incidents. Ainsi, la charge électrique globale de la couche photoémissive 20 reste
sensiblement constante.
[0089] Il est à noter que la couche photoémissive 20 est suffisamment mince pour que les
électrons générés se déplacent naturellement jusqu'à la face d'émission 22.
[0090] Il n'est donc pas nécessaire de générer un champ électrique dans la couche photoémissive
20 pour assurer le transport des électrons jusqu'à la face d'émission. La génération
d'un tel champ électrique nécessiterait en effet de déposer deux électrodes de polarisation,
l'une contre la face amont 21 de la couche photoémissive 20 et l'autre contre la face
aval 22 d'émission.
[0091] Le fonctionnement de la photocathode selon l'invention est décrit ci-après.
[0092] Des photons pénètrent dans la photocathode 1 par la face avant 11 de réception de
la couche support 10.
[0093] Ils traversent la couche support 10 jusqu'à la face arrière 12 de celle-ci.
[0094] Ils sont ensuite diffractés par le réseau de diffraction 30 et transmis dans la couche
photoémissive 20. Ils présentent statistiquement un angle de diffraction sensiblement
supérieur, en valeur absolue, à l'angle d' incidence, les angles d'incidence et de
diffraction sont définis par rapport à la normale à la face arrière 12.
[0095] Plus précisément, si l'on note
α=α
i l'angle d'incidence sur le réseau,
f(
α) la distribution angulaire du faisceau incident,
αd l'angle de diffraction, la distribution angulaire du faisceau diffracté peut s'écrire
:

où Π est la figure de diffraction du réseau et l'approximation est faite en se limitant
au premier ordre de diffraction avec
θ = λ/
p où
p est le pas du réseau.
[0096] La distribution angulaire du faisceau diffracté est par conséquent plus étalée que
celle du faisceau incident. Les électrons voient une couche photoémissive 20 d'épaisseur
moyenne apparente :

où
e est l'épaisseur réelle de la couche et α
max est l'angle d'incidence maximal sur le réseau.
[0097] L'épaisseur moyenne apparente
ed de la couche photoémissive est sensiblement supérieure à son épaisseur réelle e,
autrement dit la distance moyenne parcourue par les photons dans la couche est sensiblement
plus importante que dans l'art intérieur. Il en résulte qu' un pourcentage plus élevé
des photons diffractés est absorbé.
[0098] L'absorption des photons diffractés entraîne la génération de paires électrons-trous.
Les électrons générés se propagent dans la couche photoémissive 20 jusqu'à la face
aval 22 d'émission où ils sont émis dans le vide.
[0099] Dans la mesure où le transport des électrons dans la couche photoémissive 20 est
indépendant de la direction de propagation préalable des photons, le taux de transport
de la couche photoémissive 20 est sensiblement égal à celui d'une photocathode selon
l'art antérieur, c'est-à-dire sans réseau de diffraction. Le taux de transport est
ainsi préservé.
[0100] La photocathode 1 selon l'invention présente ainsi un taux d'absorption élevé et
un taux de transport préservé, ce qui conduit à un rendement quantique optimisé, notamment
pour les énergies proches du seuil de photoémission.
[0101] La photocathode 1 selon l'invention peut être réalisée comme suit.
[0102] La couche support 10 est réalisée en un matériau transparent adapté, par exemple
en quartz ou en verre borosilicate.
[0103] Les motifs 31 du réseau de diffraction 30 sont gravés dans la couche support 10 au
niveau de la face arrière 12 par des techniques connues de gravure, telles que, par
exemple, les techniques d'holographie et/ou de décapage ionique, voire de gravure
par diamant.
[0104] Les motifs 31 sont ensuite remplis par un matériau de diffraction dont l'indice optique
est différent de celui de la couche support, comme, par exemple, de l'Al
2O
3 (n~1, 7), du TiO
2 (n~2, 3-2, 6) ou du Ta
2O
5 (n~2,2), voire du HfO
2.
[0105] Ce matériau peut être déposé par des techniques connues de dépôt physique en phase
vapeur, telles que, par exemple, la pulvérisation cathodique (
sputtering, en anglais), l'évaporation, ou le dépôt physique en phase vapeur à faisceau d'électrons
EBPVD (
electron beam physical vapeur déposition, en anglais). Les techniques connues de dépôt chimique en phase vapeur, telles que,
par exemple, le dépôt en couche atomique ALD (
atomic layer deposition, en anglais) peuvent également être utilisées, ainsi que les techniques connues dites
hybrides, telles que, par exemple, la pulvérisation réactive et le dépôt assisté par
faisceau d'ions (IBAD pour
ion beam assisted deposition, en anglais).
[0106] Selon une première variante avantageuse, illustrée en Fig. 4, la face arrière 12
est polie de manière à enlever tout surplus de matériau de diffraction faisant saillie
hors des motifs 31 du réseau de diffraction 30.
[0107] Selon une seconde variante, non représentée, la face arrière est polie sans pour
autant affleurer au niveau de la face arrière. Il en résulte qu'une couche uniforme
de matériau de diffraction reste présente sur la face arrière 22, en continuité avec
les motifs.
[0108] Quelle que soit la variante, une fine barrière de diffusion peut être ensuite déposée
pour prévenir toute migration/interaction chimique entre le matériau de la couche
photoémissive et le matériau du réseau de diffraction. L'épaisseur de la barrière
de diffusion est choisie suffisamment mince (moins de λ/4 et de préférence de l'ordre
de λ/10).
[0109] Dans tous les cas, la couche photoémissive 20 est ensuite déposée par l'une des techniques
de dépôt précédemment mentionnées.
[0110] A titre illustratif, une photocathode 1 de type S25 selon le premier mode de réalisation
préféré de l'invention peut être réalisée de la manière suivante.
[0111] La couche support 10 est réalisée en quartz.
[0112] Le réseau de diffraction 30 est gravé dans la couche support 10 au niveau de la face
arrière 12, sous forme d'un arrangement périodique de rainures 31 parallèles les unes
aux autres.
[0113] Les rainures 31 présentent une largeur de 341nm et une profondeur de 362nm. Le pas
du réseau, c'est-à-dire la distance séparant deux rainures 31 voisines et parallèles,
est de 795nm.
[0114] Les rainures 31 sont remplies par exemple de TiO
2, dont l'indice optique est compris entre 2,3 et 2,6.
[0115] Le TiO
2 peut être déposé par la technique connue de dépôt de couche atomique (ALD, pour
Atomic Layer Deposition, en anglais).
[0116] Une étape de polissage de la face arrière 12 est effectuée pour enlever tout surplus
de matériau de diffraction en saillie hors des rainures 31.
[0117] Ainsi, la face arrière 12 est sensiblement plane, et délimitée en partie par le matériau
(quartz) de la couche support 10 et en partie par le matériau (TiO
2) de diffraction des rainures 31 du réseau de diffraction 30.
[0118] La couche photoémissive 20 est enfin réalisée en SbNaK ou SbNa
2KCs et est déposée sur la face arrière 12 de la couche support 10 de manière à présenter
une épaisseur de 50 à 240 nm sensiblement constante.
[0119] La figure 5 illustre l'évolution du rendement quantique en fonction de la longueur
d'onde des photons incidents, pour une telle photocathode d'une part et pour une photocathode
selon l'exemple de l'art antérieur décrit précédemment d'autre part.
[0120] On remarque que le rendement quantique est amélioré sur toute la gamme de longueur
d'onde, et plus particulièrement aux grandes longueurs d'onde.
[0121] Ainsi, pour λ~825nm, le rendement quantique de la photocathode selon l'invention
est de l'ordre de 18% alors qu' il est de l'ordre de 10% dans le cas d' une photocathode
sans réseau de diffraction, ce qui donne une amélioration de près de 80% du rendement
quantique.
[0122] La figure 6 illustre une photocathode selon un second mode de réalisation de l'invention.
[0123] Les références numériques identiques à celles de la figure 3 précédemment décrite
désignent des éléments identiques ou similaires.
[0124] La photocathode 1 ne diffère du premier mode de réalisation préféré que par le fait
que le réseau de diffraction 30 est dimensionné de sorte que tout photon arrivant
sous incidence normale (α
i=0), diffracté et non absorbé dans la couche photoémissive 20, soit réfléchi au niveau
de la face aval 22 d'émission.
[0125] Alternativement, le réseau de diffraction 30 est avantageusement dimensionné de sorte
que l'angle de diffraction moyen
αd (compte tenu de la distribution angulaire
F(α
d)) soit strictement supérieur à arcsin(1/n
p) où
np est l'indice optique de la couche photoémissive. Plus précisément, le pas
p du réseau et/ou l'indice optique du matériau de diffraction remplissant les motifs
31 sont choisis de sorte que l'angle de diffraction moyen
αd soit strictement supérieur à arcsin(1/
np).
[0126] Ainsi, ces photons réfléchis restent localisés dans la couche photoémissive 20 jusqu'à
leur absorption et la génération de paire électron-trou.
[0127] Cela permet de diminuer significativement le taux de transmission des photons de
la couche photoémissive 20 en faveur du taux d'absorption.
[0128] Le taux de transport des électrons restant inchangé, le rendement quantique de la
photocathode est par conséquent encore amélioré, en particulier pour les photons d'énergie
proche du seuil de photoémission.
[0129] La figure 7 illustre une photocathode, vue de dessus, selon un troisième mode de
réalisation de l'invention, dans laquelle deux réseaux de diffraction 30, 40 sont
présents dans la couche support 10 au niveau de la face arrière 12.
[0130] Les références numériques identiques à celles de la figure 3 précédemment décrite
désignent des éléments identiques ou similaires.
[0131] La photocathode ne diffère du premier mode de réalisation préféré que par la présence
d'un réseau de diffraction supplémentaire 40 dans la couche support 10.
[0132] Ce réseau supplémentaire 40 est disposé à proximité du premier réseau de diffraction
30, en amont de celui-ci suivant le sens de propagation des photons.
[0133] Ces deux réseaux 30, 40 sont orientés selon des directions distinctes, de préférence
orthogonales, et sont distants l'un de l'autre d'une distance négligeable par rapport
à l'épaisseur de la couche support, par exemple d'une distance de l'ordre de λ/10
à 10λ.
[0134] Le réseau supplémentaire 40 est par exemple de même pas que le premier réseau de
diffraction 30 précédemment décrit.
[0135] Selon une variante, le premier réseau de diffraction et le réseau supplémentaire
sont réalisés dans un même plan selon un motif bidimensionnel dont la fonction de
transmission est le produit des fonctions de transmission respectives du premier réseau
et du réseau supplémentaire. Le motif bidimensionnel peut être obtenu par des techniques
holographiques.
[0136] Dans l'hypothèse de deux réseaux orthogonaux, la distribution angulaire des photons
diffractés peut alors s'écrire sous la forme :

en gardant les mêmes notations, où α et β sont respectivement les angles d'incidence
du photon dans le plan perpendiculaire à la direction du premier réseau et dans le
plan perpendiculaire à la direction du réseau supplémentaire, θ=λ/
p ; θ'=λ/
p' où
p et
p' sont les pas du premier réseau et du réseau supplémentaire.
[0137] Ainsi, la distribution angulaire est davantage étalée que dans le premier mode de
réalisation et l'épaisseur apparente de la couche photoémissive 20 pour les photons
est plus importante, ce qui améliore le taux d'absorption.
[0138] L'homme du métier comprendra que ce mode de réalisation n'est pas limité à deux réseaux
de diffraction. Un plus grand nombre de réseaux de diffraction de directions distinctes
peuvent être présents dans la couche support au niveau de la face arrière.
[0139] Par ailleurs, diverses modifications peuvent être apportées par l'homme du métier
à l'invention qui vient d'être décrite uniquement à titre d'exemples non limitatifs.
[0140] Enfin la photocathode décrite ci-dessus peut être intégrée dans un système optique
de détection de photons. Un tel système optique comprend un dispositif de sortie adapté
à convertir les photoélectrons en un signal électrique. Ce dispositif de sortie peut
comprendre une matrice CCD, le système optique étant connu sous l'acronyme EB-CCD
(Electron Bombarded CCD). Alternativement, le dispositif de sortie peut comprendre
une matrice CMOS sur substrat aminci et passivé, le système optique étant alors connu
sous l'acronyme EBCMOS (Electron Bombarded CMOS).
1. Semitransparente Fotokathode (1) für einen Photonendetektor, umfassend:
- eine transparente Trägerschicht (10), die eine Vorderfläche (11) zum Empfangen der
Photonen und eine entgegengesetzte Rückfläche (12) aufweist, und
- eine Fotoemissionsschicht (20), die auf der Rückfläche (12) angeordnet ist und eine
entgegengesetzte Emissionsfläche (22) aufweist, die dazu ausgelegt ist, die Photonen
ausgehend von der Trägerschicht (10) zu empfangen und in Antwort hierauf Fotoelektronen
ausgehend von der Emissionsfläche (22) zu emittieren,
dadurch gekennzeichnet, dass sie ein Transmissionsbeugungsgitter (30) umfasst, das dazu ausgelegt ist, die Photonen
zu beugen, das in der Trägerschicht (10) angeordnet und im Bereich der Rückfläche
(12) platziert ist.
2. Fotokathode (1) nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass das Beugungsgitter (30) in die Rückfläche (12) der Trägerschicht (10) graviert ist.
3. Fotokathode (1) nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass das Beugungsgitter (30) durch eine periodische Anordnung von Motiven (31) gebildet
ist, die mit einem Material gefüllt sind, das einen anderen optischen Index aufweist
als das Material der Trägerschicht (10).
4. Fotokathode (1) nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, dass das Beugungsgitter (30) derart angeordnet ist, dass die Rückfläche (12) der Trägerschicht
(10) wenigstens teilweise begrenzt wird, indem es bündig im Bereich derselben angeordnet
ist.
5. Fotokathode (1) nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, dass eine Schicht des Materials direkt auf der Rückfläche in Fortsetzung der Motive angeordnet
ist.
6. Fotokathode (1) nach Anspruch 4 oder 5, dadurch gekennzeichnet, dass eine Diffusionsbarriere zwischen dem Beugungsgitter und der Fotoemissionsschicht
angeordnet ist.
7. Fotokathode (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass sie wenigstens ein zusätzliches Beugungsgitter (40) umfasst, das dazu ausgelegt ist,
die Photonen zu beugen, das in der Trägerschicht (10) platziert und in der Nähe des
ersten Beugungsgitters (30) angeordnet ist und durch eine periodische Anordnung von
Motiven (41) entlang einer Richtung gebildet ist, die von jener der Motive des ersten
Gitters verschieden ist.
8. Fotokathode (1) nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, dass das erste Gitter und das zusätzliche Beugungsgitter (40) in ein und derselben Ebene
angeordnet und mit Hilfe von zweidimensionalen Motiven realisiert sind.
9. Fotokathode (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, dass die Fotoemissionsschicht (20) Antimon und wenigstens ein Alkalimetall enthält.
10. Fotokathode (1) nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, dass die Fotoemissionsschicht (20) aus einem Material realisiert ist, ausgewählt aus SbNaKCs,
SbNa2KCs, SbNaK, SbKCs, SbRbKCs oder SbRbCs.
11. Fotokathode (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, dass die Fotoemissionsschicht (20) aus AgOCs gebildet ist.
12. Fotokathode (1) nach einem der Ansprüche 1 bis 11, dadurch gekennzeichnet, dass die Fotoemissionsschicht (20) eine im Wesentlichen konstante Dicke aufweist.
13. Fotokathode (1) nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, dass die Fotoemissionsschicht (20) eine Dicke kleiner oder gleich 300nm aufweist.
14. Optisches System zur Erfassung von Photonen, umfassend eine Fotokathode (1) nach einem
der Ansprüche 1 bis 13, sowie eine Ausgangsvorrichtung zum Emittieren eines Ausgangssignals
in Antwort auf Fotoelektronen, die durch die Fotokathode (1) emittiert sind.
15. Optisches System nach Anspruch 14, das eine Bildverstärkerröhre oder eine Fotovervielfältigerröhre
vom Typ EB-CCD oder EBCMOS ist.