DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'intérêt pour le craquage de charges paraffiniques de type essence de distillation
directe dans des unités de FCC afin de les valoriser en propylène et éthylène est
relativement récent. Cet intérêt provient de la nécessité de disposer d'oléfines légères,
éthylène et propylène pour la pétrochimie, en plus de la source traditionnelle que
constitue le vapocraquage. Le craquage de coupe de type essence ou naphta conduit
à une modification des conditions opératoires du FCC, et à l'utilisation de zéolithe
de type ZSM-5. Actuellement, le différentiel de prix de marché entre les oléfines
légères et l'essence incite au moins en partie, à tirer un meilleur profit de l'essence
en la transformant en ces oléfines légères. De plus, l'amélioration des catalyseurs
zéolitiques permet des rendements plus intéressants dans cette transformation en oléfines
légères.
[0002] Ce nouveau type d'unités FCC est couramment appelé NCC pour « Naphtha Catalytic Craking
» qu'on peut traduire par craquage catalytique de naphta.
[0003] Les réactions de craquage, en plus de produire des oléfines, s'accompagnent de la
formation de molécules aromatiques qui n'étaient généralement pas valorisées en tant
que telles, car le coût de leur séparation s'avèrerait peu ou pas rentable.
[0004] Par ailleurs, le craquage de coupes légères dans le procédé FCC pose un problème
car ce type de charge ne produit pas suffisamment de coke dans les conditions du FCC,
et la balance thermique du FCC ne peut être atteinte que par un apport de chaleur
externe au procédé.
[0005] La présente invention propose une solution originale pour résoudre ce problème par
échange de flux avec le complexe aromatique.
EXAMEN DE L'ART ANTERIEUR
[0006] Il est courant de trouver des documents qui proposent de recycler au régénérateur
d'une unité de craquage catalytique (FCC) des coupes à fort potentiel de coke du type
« slurry ».
[0007] D'autres documents décrivent le recycle de coupe cokante dans le stripeur du FCC,
ou dans une capacité en dérivation du stripeur. L'invention propose de recycler au
réacteur de l'unité NCC une coupe cokante issue du complexe aromatique lui-même. On
recycle aussi dans le réacteur de l'unité NCC un raffinat non aromatique pour augmenter
la production d'oléfines légères.
[0008] En résumé le craquage catalytique d'une coupe de type naphta permet une augmentation
des rendements en oléfines légères par rapport à un FCC travaillant sur des charges
conventionnelles, et le problème du bouclage du bilan thermique du NCC est résolu
par l'utilisation d'une coupe d'aromatiques lourds issue du complexe aromatique.
DESCRIPTION SOMMAIRE DES FIGURES
[0009]
La figure 1 présente le schéma du procédé selon l'invention dans sa version de base.
Dans cette version le raffinat issu du complexe aromatique (CA) est directement envoyé,
au moins en partie, en mélange avec le naphta léger issu de l'unité de séparation
(SPLIT1) placée en amont du NCC pour alimenter l'unité NCC. Le fractionnement placé
en amont de l'unité NCC et noté (SPLIT1) permet de séparer la coupe naphta de départ
en une fraction légère dite « naphta léger » qui alimente le NCC, et une fraction
lourde dite « naphta lourd » qui alimente le reformage catalytique.
La figure 2 représente une première variante du schéma de procédé selon la présente
invention dans laquelle le raffinat issu du complexe aromatique est envoyé dans une
colonne de séparation (SPLIT 2) qui permet de séparer un premier raffinat plus léger
(flux 13) qui est introduit en mélange avec la charge naphta léger à l'unité NCC,
et un second raffinat plus lourd (flux 14) qui est dirigé vers l'unité de reformage
catalytique.
La figure 3 représente une seconde variante du schéma de procédé selon l'invention
qui en plus de la modification de la première variante, introduit un recyclage d'hydrocarbures
paraffinique légers du type éthane, propane et butane en mélange avec la charge naphta
léger du NCC (flux 15).
La figure 4 représente une troisième variante du schéma de procédé selon l'invention
qui, en plus des unités déjà présentes dans les variantes précédentes, introduit une
unité d'oligomérisation (OLG) des coupes C4 et C5, de façon à produire des oligomères
plus facilement craquables, et susceptible de produire encore plus de propylène et
de l'éthylène.
DESCRIPTION SOMMAIRE DE L'INVENTION
[0010] La présente invention décrit un schéma de procédé de raffinage et pétrochimie qui
réalise une intégration entre trois unités : le FCC traitant une charge de type naphta
léger, appelé NCC, le reformage catalytique qui traite le naphta lourd, et le complexe
aromatique (CA) producteur de BTX.
[0011] L'intégration entre ces trois unités se réalise à la fois par des échanges de flux
de matière, et aussi par l'utilisation de la zone de convection des fours de reformage
pour assurer la préchauffe de la charge naphta du NCC.
[0012] Les avantages de l'intégration entre l'unité NCC et le complexe aromatique (CA) peuvent
se résumer par les points suivants :
[0013] La production simultanée d'oléfines légères et d'aromatiques à partir d'une charge
naphta de départ.
[0014] L'unité NCC bénéficie de la proximité d'une charge très cokante pour compenser le
déficit en coke de la charge naphta léger, et d'un surcroit de charge sous forme du
raffïnat en provenance du complexe aromatique, pour produire plus d'oléfines légères.
[0015] L'intégration du NCC au complexe aromatique permet d'obtenir un schéma de procédé
qui réduit finalement les sorties à du fuel-gas (H2 et C1 essentiellement), des oléfines
légères (C2= et C3=) et des BTX.
[0016] Le recycle à épuisement des autres effluents, tels que le raffinat et la fraction
aromatiques lourds issues du complexe aromatique (CA), permet à la fois d'augmenter
la production d'oléfines légères, éthylène et propylène, et d'assurer le bilan thermique
du NCC. C'est en ce sens qu'on peut parler d'une véritable synergie entre le NCC et
le complexe aromatique.
[0017] Le flux "aromatiques lourds" du complexe aromatique (CA) est ainsi diminué au maximum,
voire éliminé, au bénéfice de coke produit lors de la réaction de craquage catalytique,
et brûlé au régénérateur du NCC pour en assurer le bilan thermique.
[0018] Le flux de raffinat (12) en provenance du complexe aromatique est également diminué
au maximum, voire éliminé, au bénéfice d'oléfines légères produites par le craquage
dans le NCC.
[0019] La charge du NCC est préchauffée par les fours de l'unité de reformage catalytique
(FREF), préférentiellement dans la zone de convection de ces derniers, ce qui permet
de mieux équilibrer la balance thermique du NCC déficitaire en coke.
[0020] De façon plus précise, la présente invention décrit un schéma de procédé permettant
la production simultanée d'oléfines légères (principalement éthylène et propylène)
et de BTX en faisant appel à trois unités fonctionnant en synergie : une unité de
FCC traitant une charge de type naphta léger dite NCC, un reformage catalytique (REF)
de la coupe naphta lourd, et un complexe aromatique (CA) producteur de BTX.
[0021] Le schéma du procédé selon la présente invention peut se décrire de la façon suivante
:
[0022] La charge du procédé est une coupe naphta dont la définition la plus large est celle
d'une coupe de point initial au moins 30°C et de point final au plus 220°C. Toute
coupe ayant un intervalle de distillation compris à l'intérieur de la fourchette large
30°C-220°C est, dans le cadre de la présente invention, considérée comme un naphta.
[0023] Par simplification on conservera 30°C et 220°C comme les points initial et final
typiques d'une coupe naphta.
[0024] La charge naphta (1) d'intervalle de distillation 30°C-220°C est envoyée dans une
unité d'hydrotraitement (HDT) qui permet d'éliminer les composés soufrés et azotés
qu'elle contient.
[0025] La charge naphta hydrotraitée (2) est envoyée dans une unité de séparation (SPLIT1)
qui permet de séparer une fraction légère dite naphta léger, d'intervalle de distillation
30°C-T
M°C, et une fraction lourde dite naphta lourd, d'intervalle de distillation T
M°C-220°C.
[0026] La valeur du point de coupe T
M°C peut varier en fonction des rendements souhaités en produits finaux (éthylène et
propylène et BTX).
[0027] Généralement la température T
M est comprise entre 80 et 160°C, et préférentiellement comprise entre 100°C et 150°C,
et encore plus préférentiellement comprise entre 110°C et 140°C.
[0028] Le naphta léger (3) est envoyé comme charge du NCC.
[0029] Le naphta lourd (4) est envoyé comme charge de l'unité de reformage catalytique (REF).
[0030] Les effluents (6) du NCC sont séparés dans une unité de fractionnement ( FRAC) qui
permet de séparer une fraction légère (8) qui est envoyée dans une séparation dite
boite froide (SBF) qui permet d'isoler l'H2, le CH4 et les paraffines légères en C2,
C3, C4, C5, et l'éthylène (C2=) et le propylène ( C3=).
[0031] La fraction lourde (7) issue du séparateur (FRAC) est envoyée en mélange avec les
effluents (5) du reformage catalytique (REF) comme charge (10) du complexe aromatique
(CA).
[0032] Le complexe aromatique (CA) permet d'extraire les BTX, un raffinat (12), correspondant
à la partie non aromatique des effluents, qui est envoyé au moins en partie en mélange
avec le naphta léger (3) comme charge du NCC, et une fraction dite aromatiques lourds
(11) qui est également envoyée en mélange avec le naphta léger (3) comme charge du
NCC pour assurer par son pouvoir cokant le bilan thermique de ce dernier.
[0033] Dans une première variante du procédé selon l'invention, représentée par la figure
2, l'effluent raffinat (12) du complexe aromatique (CA) est envoyé dans une unité
de séparation (SPLIT2) qui permet de séparer une fraction légère (13) qui est envoyée
en mélange avec la charge naphta léger (3) à l'unité de craquage catalytique (NCC),
et une fraction lourde (14) qui est envoyée en mélange avec la charge naphta lourd
(4) à l'unité de reformage catalytique (REF).
[0034] Dans une seconde variante du procédé selon l'invention représentée par la figure
3, variante qui peut se combiner à la première variante, les paraffines légères de
C2 à C5 produites comme effluents de l'unité de craquage catalytique ( NCC) à partir
de la boite de séparation (SBF), sont envoyées en mélange avec la charge naphta léger
(3) vers l'unité de craquage catalytique (NCC) afin d'augmenter le rendement en oléfines
légères, éthylène et propylène et améliorer le transport et la fluidisation.
[0035] Dans une troisième variante du procédé selon l'invention représentée par la figure
4, variante qui peut parfaitement se combiner aux variantes précédentes, les molécules
légères en C4 et C5 issues de la boite de séparation (SBF) sont envoyées dans une
unité d'oligomérisation (OLG), et les effluents de ladite unité d'oligomérisation
(OLG) sont envoyés en mélange avec la charge naphta léger (3) dans l'unité de craquage
catalytique (NCC).
[0036] Enfin dans toutes les variantes du procédé selon la présente invention, la coupe
naphta léger (3) issue du fractionnement (SPLIT1) est de manière préférée préchauffée
dans la zone de convection des fours de reformage catalytique (FREF) avant d'être
introduite comme charge de l'unité de craquage catalytique (NCC).
[0037] Le procédé de production d'oléfines légères et de BTX selon la présente invention
fait préférentiellement fonctionner l'unité NCC dans des conditions de craquage sévères,
c'est-à-dire une température de sortie du réacteur (ROT) comprise entre 500°C et 750°C,
et un rapport du débit massique de catalyseur sur le débit massique de charge (C/O)
compris entre 5 et 40.
[0038] Le procédé de production d'oléfines légères et de BTX selon la présente invention
fait appel, pour l'unité NCC, à un catalyseur comprenant une proportion de zéolithe
au moins égal à 20%, et plus particulièrement une proportion de zéolithe ZSM-5 au
moins égal à 10% en poids par rapport au catalyseur total.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0039] Une unité FCC traite généralement une coupe lourde issue de l'unité de distillation
sous vide comme le VGO (abréviation de la terminologie anglo saxonne Vacuum Gas Oil),
ou un résidu sous vide, pris seul ou en mélange, ou encore un résidu atmosphérique
pris seul ou en mélange.
[0040] Il arrive cependant que la charge arrivant au FCC puisse être plus légère du fait
d'un prétraitement préalable du VGO par exemple, ou bien du fait qu'elle provienne
d'une unité de conversion dans laquelle la charge initiale s'est enrichie en hydrogène
et a été débarrassée de certaines impuretés.
[0041] Une adaptation récente du FCC à des charges encore plus légères, de type essences,
appelées aussi naphta, a pour but de convertir ces flux en oléfines légères (éthylène
et propylène), produits à forte valeur ajoutée et points de départ pour le marché
de la pétrochimie.
[0042] Une unité de FCC traitant des charges de type naphta est alors appelé NCC. Le problème
majeur du craquage de ces charges de type naphta provient du faible rendement en coke
de la charge qui oblige à repenser le bilan thermique de l'unité.
[0043] Dans la présente invention, ce problème de bilan thermique du NCC est résolu par
synergie avec un complexe aromatique (CA).
[0044] La figure 1 décrit schématiquement le complexe aromatique avec intégration d'une
unité NCC, objet de la présente invention.
[0045] La charge naphta est une coupe essence dont le point d'ébullition initial est supérieur
ou égal à 30°C, et le point d'ébullition final est généralement inférieur ou égal
à 220°C. Elle est préalablement traitée dans une unité d'hydrotraitement (HDT) afin
de la débarrasser des composés soufrés et azotés susceptibles d'empoisonner les catalyseurs
en aval.
[0046] L'effluent naphta désulfurisé/déazotée est envoyé dans une unité de fractionnement
(SPLIT1). La partie légère issue de ce fractionnement (flux 3) est envoyée à l'unité
NCC, alors que la partie lourde (flux 4) est envoyée à l'unité de reformage catalytique
(REF) après avoir été chauffée au niveau requis dans un four de reformage (FREF).
[0047] Le fractionnement en aval de l'unité NCC est représenté par l'unité (FRAC) et peut
être réglé de façon à orienter la production vers plus d'oléfines légères, ou vers
plus d'aromatiques.
[0048] Le flux lourd (7) sortant de l'unité de fractionnement (FRAC) est dirigé vers le
complexe aromatique (CA).
[0049] Le flux léger (8) sortant de l'unité de fractionnement (FRAC) est dirigé vers une
unité de séparation (SBF) permettant de séparer les oléfines légères éthylène et propylène,
l'hydrogène et le méthane, et le propane et le butane.
[0050] Le flux lourd (7) issu du fractionnement (FRAC) est mélangé aux effluents de l'unité
de reformage catalytique (5) pour former la charge (10) du complexe aromatique (CA)
duquel on extrait les BTX, et une coupe aromatique plus lourde correspondant au flux
(11).
[0051] La coupe non aromatique dite raffinat correspond au flux (12) et, dans la version
de base du schéma selon l'invention, est envoyée en mélange avec la fraction légère
du naphta (3) comme charge de l'unité NCC.
[0052] Les unités mises enjeu dans le présent schéma, c'est-à-dire le NCC, le reformage
catalytique (REF) et le complexe aromatique (CA) permettent de produire à partir d'un
naphta de départ, de l'éthylène et du propylène, et des BTX. Certaines variantes du
schéma de base permettent de produire plus de propylène ou d'éthylène.
[0053] Le complexe aromatiques (CA) permet de produire du benzène, du toluène et des xylènes
(notés globalement BTX), et notamment du para-xylène, produit de base de la pétrochimie.
Le flux d'aromatiques lourds (flux 11) est recyclé au moins en partie au NCC en tant
que charge additionnelle, en mélange avec la charge naphta léger (3), et permet d'assurer
le bilan thermique du NCC.
[0054] Le flux appelé raffinat (12) correspondant à la partie non aromatique du complexe
aromatique (CA), est recyclé au moins en partie au NCC en tant que charge additionnelle
productrice d'oléfines légères.
[0055] Selon le schéma représenté en figure 2, le raffinat (12) peut être séparé en deux
fractions dans une unité de séparation notée (SPLIT2), la partie légère (13) allant
au NCC pour produire essentiellement des oléfines et un peu d'aromatiques, et la partie
lourde (14) allant au reformage (REF) pour produire des aromatiques supplémentaires.
[0056] L'unité (NCC) après séparation dans le fractionnement (FRAC) et la boite froide (SBF)
produit un flux en C6+ (noté 9) contenant une quantité appréciable d'aromatiques qui
sont introduits en mélange avec la fraction lourde du fractionnement (FRAC) pour former
le flux (7) alimentant le complexe aromatique (CA) en mélange avec les effluents (10)
du reformage catalytique (REF).
[0057] La fraction non aromatique des effluents du complexe aromatique (CA), dit raffinat
(flux 12) est renvoyée, en totalité ou en partie, au NCC formant une charge additionnelle
à la charge principale (3) du NCC. Cette charge additionnelle permet d'augmenter les
rendements finaux en oléfines légères C2= et C3=.
[0058] Les produits du NCC autre que l'éthylène ou le propylène, peuvent être recyclés dans
cette même unité. On peut aussi utiliser la partie dite « dry gas », à l'exclusion
de l'éthylène, et la partie dite « LPG », à l'exclusion du propylène, comme fuel gaz
dans les fours du reformage catalytique (FREF).
[0059] Dans la figure 3, on considère une autre variante dans laquelle on recycle les paraffines
en C2 et C3 ainsi que les coupes C4 et C5 issues de la séparation par boite froide
(SBF) au NCC, en mélange ou séparément.
[0060] Une autre façon de recycler les coupes C4 et C5 issues du NCC est de passer d'abord
par une unité d'oligomérisation (OLG) de façon à produire des oligomères plus facilement
craquables, et susceptible de produire encore plus de propylène et de l'éthylène.
Cette variante est illustrée par la figure 4.
[0061] Dans tous ces schémas, le train d'échange de chaleur du reforming est mis à profit
pour augmenter la température du naphta léger (3) allant au NCC. Cette préchauffe
de la charge du NCC permet de gagner des calories nécessaires à la balance thermique
du NCC.
[0062] Le bilan thermique du NCC est assuré par le recycle de la coupe des aromatiques lourds
(HA), flux noté (11), sortant du complexe aromatique (CA). On peut définir cette coupe
d'aromatiques lourds comme formée des composés à nombre d'atome de carbone supérieur
à 8. Cette coupe très aromatique est une coupe fortement cokante qui va permettre
de générer la quantité de coke nécessaire au bouclage du bilan thermique de l'unité
NCC.
[0063] L'unité de NCC est une unité de craquage catalytique de naphta (NCC) possédant au
moins un réacteur principal fonctionnant soit en flux ascendant (« riser »), soit
en flux descendant (« downer »).
[0064] Dans la suite on parlera de réacteur sans préciser le type d'écoulement puisque la
présente invention couvre les deux modes d'écoulement possibles. Alternativement,
l'unité NCC peut disposer d'un réacteur secondaire, de type « riser » ou « downer
», pour craquer les recycles ou les flux additionnels séparément.
[0065] Elle possède une section de séparation-strippage dans laquelle le catalyseur est
séparé des effluents hydrocarbonés.
[0066] Elle possède en outre une section régénération du catalyseur dans laquelle le coke
formé dans la réaction et déposé sur le catalyseur est brûlé afin de récupérer sous
forme de chaleur sensible du catalyseur, une partie de la chaleur nécessaire dans
le réacteur.
[0067] L'unité de NCC possède sa propre section de traitement des effluents hydrocarbonés
avec notamment une section de traitement des gaz permettant une séparation des oléfines
légères (éthylène, propylène) des autres gaz : hydrogène, méthane, éthane, propane.
Cette section de séparation est représentée par l'ensemble formé par le fractionnement
des effluents (FRAC) et la boite froide de séparation des composés légers (c'est-à-dire
à moins de 5 atomes de carbone) noté SBF.
[0068] On ne décrira pas en détail cet ensemble d'unité de fractionnement bien connu de
l'homme du métier.
[0069] La partie plus lourde des effluents hydrocarbonés est traitée dans une section de
séparation (FRAC) comprenant au moins une unité de fractionnement permettant de récupérer
la coupe C6+ (flux 7) qui est envoyée au complexe aromatique (CA).
[0070] La partie intermédiaire comprenant les hydrocarbures à 4 et 5 atomes de carbone peut
être soit recyclée directement au NCC, soit être envoyée à une unité d'oligomérisation
(OLG) afin d'obtenir des coupes de type polyC4/C5 dont la craquabilité (c'est-à-dire
le potentiel de craquage) dans le NCC est nettement supérieure à celle des composés
non oligomérisés, soit encore être valorisée vers des pools dédiés.
[0071] L'unité NCC est opérée de préférence à haute sévérité, c'est-à-dire à température
de sortie réacteur élevée (ROT) et à fort rapport C/O (ratio du débit de catalyseur
sur le débit de charge entrant au NCC les deux débits étant massiques).
[0072] La gamme de conditions opératoires est donnée dans le Tableau 1 ci-dessous.
Tableau 1 - Gamme des conditions opératoires de l'unité de FCC (NCC)
| Condition |
Min |
Max |
| ROT, °C |
500 |
750 |
| C/O |
5 |
40 |
[0073] Le catalyseur peut être tout type de catalyseur acide, avec une préférence pour un
catalyseur contenant une certaine proportion de zéolithe, préférentiellement supérieure
à 20% en masse du catalyseur total.
[0074] Un catalyseur de FCC typique comportant de l'alumine, de la zéolithe Y, et de la
zéolithe ZSM-5 est un exemple de catalyseur qui pourrait être utilisé.
EXEMPLES SELON L'INVENTION
[0075] Des essais en laboratoire sur une unité simulant le NCC ont été conduits sur une
coupe naphta légère très paraffinique, sur une coupe légère prélevée en sortie de
l'unité de reformage catalytique, et sur une coupe aromatique représentative du flux
dit "aromatiques lourds" (noté HA) provenant du complexe aromatique.
[0076] Les essais ont été réalisés à forte sévérité (température > 650°C et C/O > 15) afin
de simuler au plus près les conditions opératoires du NCC.
[0077] Ces essais permettent d'établir des structures de rendement pour le craquage d'une
charge de NCC.
[0078] Pour le reformage du naphta, des conditions de sévérité permettant d'obtenir un RON
autour de 95 ont été utilisées.
Exemple 1 : Unité de FCC de Naphta (selon l'art antérieur))
[0079] Le premier exemple permet de justifier l'intérêt de la proximité du complexe aromatique
et de l'unité de NCC afin d'extraire les aromatiques produits lors du craquage d'une
charge type essence de distillation directe.
[0080] Le Tableau 2 ci-dessous décrit la structure par famille chimique d'un naphta paraffinique
dont l'intervalle de distillation est compris entre 55°C et 115°C.
[0081] Le tableau 3 suivant fournit la structure de rendement des produits issus du craquage
de cette charge sur une unité pilote en riser simulé à faible temps de contact et
à forte sévérité.
Tableau 2 - Composition du Naphta FCC par famille d'hydrocarbures.
| |
Composition (% pds) |
| N-Paraffines |
28,10 |
| 1-Paraffines |
29,98 |
| Naphtènes |
33,67 |
| Oléfines |
1,03 |
| Di-Oléfines |
0,13 |
| Aromatiques |
7,08 |
[0082] Le craquage de ce naphta à haute sévérité (T=650°C, C/O=15) conduit aux rendements
massiques suivants pour les molécules d'intérêt dans notre cas :
Tableau 3 - Rendement principaux du craquage.
| |
Rendement (% pds) |
| Éthylène |
12,63 |
| Propylène |
18,01 |
| Butènes |
8,51 |
| C6 Aromatique |
4,31 |
| C7 Aromatique |
7,13 |
| C8 Aromatique |
2,25 |
| Coke |
0,14 |
[0083] Les rendements en éthylène et propylène sont nettement plus importants que pour un
FCC de VGO classique. Par contre le rendement en coke et beaucoup plus faible que
pour un FCC classique. Avec ce rendement plus faible en coke, un apport extérieur
de chaleur au régénérateur est nécessaire, il représente même 95% de la chaleur nécessaire
pour assurer un équilibre entre le réacteur et le régénérateur.
[0084] Pour un débit de charge naphta (tableau 2) de 5000 tonne/heure, les débits des différents
effluents de craquage sont donnés dans le tableau 4 ci-dessous.
Tableau 4 - Débits des principaux composés du NCC pour une capacité de 5000 tonne/heure.
| |
Débit (tonne/heure) |
| Éthylène |
631 |
| Propylène |
900 |
| Butènes |
426 |
| C6 Aromatique |
215 |
| C7 Aromatique |
357 |
| C8 Aromatique |
112 |
| Coke |
7 |
Exemple 2 : Unité NCC couplé à un complexe aromatique avec coupe naphta large coupée à 50-50.
[0085] Afin d'illustrer les avantages de la présente invention, nous avons considéré un
naphta total de point initial 55 °C, et de point final 160 °C.
[0086] La fraction distillée correspondant aux premiers 50% en poids, et dont les propriétés
sont données dans le tableau 2, est envoyée au NCC dans les conditions de sévérité
décrite dans l'exemple 1, alors que la partie 115 °C+ représentant environ 50% poids
du total, est envoyée dans une unité de reformage catalytique.
[0087] Les effluents des deux unités sont disposés tel que décrit dans la figure de l'invention
1.
[0088] Les débits sortant des unités NCC et du complexe aromatique (CA) pour un débit total
de naphta de 10000 tonne/heure sont donnés dans le tableau 5 ci-dessous.
Tableau 5 - Débits des principaux composés du NCC +complexe aromatique pour une capacité
de 10000 tonne/heure (5000 tonne/heure NCC, et 5000 tonne/heure pour le reforming.
| |
Débit (tonne/heure) |
| Éthylène |
717 |
| Propylène |
1110 |
| Butènes |
515 |
| C6 Aromatique |
674 |
| C7 Aromatique |
1382 |
| C8 Aromatique |
1199 |
| Coke |
98 |
[0089] Par rapport à la situation de l'exemple 1 (craquage de naphta seul), les débits des
oléfines légères sont nettement améliorés :
- Ethylène augmente de 631 à 717 tonne/heure,
- Propylène augmente de 900 à 1110 tonne/heure,
- Butènes augmentent de 426 à 674 tonne/heure.
[0090] Le rendement coke du NCC est lui très nettement augmenté.
[0091] Il passe de 7 à 98 tonne/heure. Ce rendement coke permet presque d'équilibrer le
bilan thermique du NCC puisque l'on passe de 95% du bouclage thermique apporté par
une source extérieure au régénérateur à seulement 17%.
Exemple 3 : Unité NCC couplé à un complexe aromatique avec coupe naphta large coupée à 40-60.
[0092] Si l'on veut établir l'équilibre thermique du NCC et augmenter la production d'aromatiques,
on peut envoyer 40% du naphta totale (55 °C - 160 °C) au NCC et les 60% restant au
reformage (REF).
[0093] Les débits de sortie sont alors les suivants :
Tableau 6 - Débits des principaux composés du NCC+complexe aromatique pour une capacité
de 10000 tonne/heure (4000 tonne/heure NCC, et 6000 tonne/heure pour le reforming.
| |
Débit (tonne/heure) |
| Éthylène |
608 |
| Propylène |
972 |
| Butènes |
447 |
| C6 Aromatique |
723 |
| C7 Aromatique |
1516 |
| C8 Aromatique |
1394 |
| Coke |
115 |
[0094] Le rendement en oléfines légères (éthylène, propylène, butènes) a baissé par rapport
au cas précédent (tableau 5), mais reste plus élevé que dans le cas du NCC seul (tableau
4), sauf pour l'éthylène ou l'on constate une légère baisse.
[0095] Les rendements en aromatiques sont nettement augmentés du fait que l'on a envoyé
plus de charge au reforming et au complexe aromatique. Le coke du NCC continue d'augmenter
puisque plus d'aromatiques lourds sont envoyés au réacteur.
[0096] Avec le rendement coke obtenu, le bilan thermique du NCC boucle sans avoir recours
à une source de chaleur extérieure, ce qui représente un avantage très appréciable
du point de vue du coût opératoire du procédé.
1. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une coupe naphta de
point initial d'ébullition supérieur à 30°C et de point final d'ébullition inférieur
à 220°C, ledit procédé comprenant une unité de craquage catalytique (NCC) traitant
une charge de type naphta léger (30-TM°C), une unité de reformage catalytique (REF)
traitant une charge dite naphta lourd (TM°C-220°C), et d'un complexe aromatique (CA)
alimenté par les effluents du reformage catalytique (REF) et la fraction 60+ des effluents
du NCC, ledit procédé comportant la suite d'opérations suivantes :
- On envoie la charge naphta (1) de point initial d'ébullition au moins égal à 30°C
et de point final d'ébullition au moins égal à 220°C dans une unité d'hydrotraitement
(HDT) qui permet d'éliminer les composés soufrés et azotés qu'elle contient,
- On envoie la charge naphta hydrotraitée (2) est dans une unité de séparation (SPLIT
1) qui permet de séparer une fraction légère dite naphta léger, d'intervalle de distillation
40-TM°C, et une fraction lourde dite naphta lourd d'intervalle de distillation TM-220°C avec TM°C compris entre 80°C et 160°C, préférentiellement compris entre 100°C et 150°C, et
très préférentiellement compris entre 110°C et 140°C,
- On envoie le naphta léger (3) comme charge du NCC,
- On envoie le naphta lourd (4) comme charge de l'unité de reformage catalytique (REF),
- On sépare les effluents (6) du NCC dans une unité de fractionnement ( FRAC) qui
permet de séparer une fraction légère (8) qui est envoyée dans une séparation dite
boite froide (SBF) qui permet d'isoler l'H2, le CH4 et les paraffines légères en C2,
C3 et C4 d'une part, et l'éthylène et le propylène d'autre part,
- On envoie la fraction lourde (7) issue du séparateur (FRAC) en mélange avec les
effluents (5) du reformage catalytique (REF) comme charge (10) du complexe aromatique
(CA),
- On extrait du complexe aromatique (CA) les BTX, un raffinat (12) défini comme la
partie non aromatique des effluents, qui est envoyé au moins en partie en mélange
avec le naphta léger (3) comme charge du NCC, et une fraction dite aromatiques lourds
(11) qui est également envoyée en mélange avec le naphta léger (3) comme charge du
NCC.
2. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC) traitant une charge de type naphta léger (30-TM°C), d'une unité
de reformage catalytique (REF) traitant une charge dite naphta lourd (TM°C-220°C),
et d'un complexe aromatique (CA) alimenté par les effluents du reformage catalytique
(REF) et la fraction 60+ des effluents du NCC, selon la revendication 1, dans lequel
l'effluent raffinat (12) du complexe aromatique est envoyé dans une unité de séparation
(SPLIT2) qui permet de séparer une fraction légère (13) qui est envoyée en mélange
avec la charge naphta léger (3) à l'unité de craquage catalytique (NCC), et une fraction
lourde (14) qui est envoyée en mélange avec la charge naphta lourd (4) à l'unité de
reformage catalytique (REF).
3. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC) selon la revendication 2, dans lequel les paraffines légères de
C2 à C5 produite comme effluents du NCC à partir de la boite de séparation (BF) sont
envoyées en mélange avec la charge naphta léger (3) vers l'unité de craquage catalytique
NCC.
4. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC) selon la revendication 3, dans lequel les oléfines légères en C4
et C5 sont envoyées dans une unité d'oligomérisation (OLG), et les effluents de ladite
unité d'oligomérisation sont envoyés en mélange avec la charge naphta léger (3) dans
l'unité de craquage catalytique (NCC).
5. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC) traitant une charge naphta léger (30-TM°C), d'une unité de reformage catalytique (REF) traitant une charge dite naphta lourd
(TM°C-220°C), et d'un complexe aromatique (CA) alimenté par les effluents du reformage
catalytique et la fraction 60+ des effluents du NCC, selon l'une quelconque des revendications
1 à 4, dans lequel la coupe naphta léger (3) issue du fractionnement (SPLIT1) est
préchauffée dans la zone de convection des fours de reformage catalytique (FREF) avant
d'être introduite comme charge de l'unité de craquage catalytique (NCC).
6. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC), selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans lequel les
conditions opératoires du NCC sont les suivantes ; température de sortie du réacteur
comprise entre 500°C et 750°C, et rapport du débit massique de catalyseur sur le débit
massique de charge (C/O) est compris entre 5 et 40.
7. Procédé de production d'oléfines légères et de BTX à partir d'une unité de craquage
catalytique (NCC), selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, dans lequel le
catalyseur utilisé dans l'unité NCC comprend une proportion de zéolithe ZSM-5 au moins
égal à 10% en poids par rapport au catalyseur total.