[0001] La présente invention est relative aux machines et procédés pour la rénovation de
voies ferrées.
[0002] Plus particulièrement, l'invention concerne un ensemble de rénovation de voie ferrée
destiné au remplacement à la fois des rails et des traverses d'une voie ferrée généralement
en exploitation. Dans la pratique, la voie ferrée est rénovée par tronçons car cette
rénovation est effectuée pendant de courtes périodes de temps, typiquement la nuit,
pendant lesquelles la circulation est interrompue, et la voie ferrée doit être remise
en circulation d'exploitation de manière contraignante à un horaire précis.
[0003] On procède ainsi progressivement, tronçon par tronçon, pour rénover l'entièreté d'une
voie ferrée. À l'intérieur de chaque tronçon, l'équipement de rénovation progresse
de proche en proche, déposant la voie ancienne puis reposant une voie nouvelle. À
l'approche de l'interruption, c'est-à-dire la fin du tronçon, on pose la voie nouvelle
jusqu'à raccorder la voie ancienne intacte, ceci afin de permettre le rétablissement
de la circulation d'exploitation conventionnelle.
[0004] Il est connu, par exemple du document
US4236452, des machines combinées réalisant à la fois la dépose des rails usagés, des traverses
usagées, et la repose de traverses neuves ainsi que de rails neufs, ces machines s'appuyant
de part et d'autre tant sur la voie ancienne ainsi que sur la voie nouvellement posée,
ceci grâce à des structures de poutre formant portique entre les points d'appui qui
sont relativement éloignés.
[0005] De telles machines présentent une complexité importante, et le risque qu'une avarie
ou qu'une panne se produise pendant l'intervention de la machine sur la voie ne peut
malheureusement pas être totalement évité ; si une telle éventualité se produit, il
est très malaisé que des compagnons puissent intervenir sous la machine pour poser
des traverses et des rails en solution de dépannage afin de pouvoir permettre la reprise
de la circulation le plus tôt possible, de préférence en temps et en heure.
[0006] Par conséquent, il est apparu un besoin d'améliorer la situation et de proposer des
solutions pour diminuer le risque de non restitution à la circulation de la voie ferrée
à l'heure prescrite.
[0007] A cet effet, la présente invention propose un ensemble de rénovation de voie ferrée,
comprenant :
- un premier train chargé des opérations de dépose de la voie existante, à savoir rails
et traverses,
- un deuxième train chargé des opérations de pose de la voie neuve, à savoir rails et
traverses,
chacun des premier et deuxième trains comprenant un wagon plat et un portique télescopique
pouvant s'appuyer sur le wagon et sur une jambe support à chenille, la jambe support
étant déplaçable verticalement entre une position de travail et une position de rangement,
le portique télescopique étant déplaçable longitudinalement entre une position de
travail et une position de rangement,
- les premier et deuxième trains étant distincts, configurés pour coopérer l'un à la
suite de l'autre et à proximité l'un de l'autre, de part et d'autre d'une zone de
chantier de rénovation de voie.
[0008] Grâce à ces dispositions, en cas de panne, on peut intervenir facilement dans l'espace
entre les deux trains de sorte qu'on peut minimiser les risques de non restitution
du chantier à la circulation en temps et en heure.
[0009] On peut aussi écarter les deux trains pour faciliter l'intervention des compagnons
dans la zone de voie à rétablir. Les risques de non restitution à la circulation d'exploitation
à l'issue de la période de temps allouée pour les travaux sont par conséquent diminués,
par rapport au cas d'une machine qui enjambe la zone de rénovation.
[0010] Dans des modes de réalisation du procédé selon l'invention, on peut éventuellement
avoir recours en outre à l'une et/ou à l'autre des dispositions suivantes.
[0011] Le premier train comprend un outillage de dépose des traverses, des wagons complémentaires
pour stocker les traverses déposées, au moins un portique-navette roulant sur les
wagons, avec des moyens de manipulation. De sorte que cet équipement permet de traiter
en continu la dépose des traverses anciennes et leur stockage sur le train de dépose.
[0012] Avantageusement, on utilise des paniers pour contenir les traverses déposées, les
paniers et les moyens de manutention étant configurés de sorte que les traverses restent
généralement parallèles à la direction transversale (T) à la voie, sans dépassement
de gabarit ; moyennant quoi, les traverses usagées sont stockées de manière sécurisée,
sans risque pour le transport ultérieur ; on propose ainsi une manipulation simple
des traverses usagées, sans rotation des traverses, et sans dépassement de gabarit
par rapport à la voie adjacente.
[0013] Chacun des paniers comporte des ridelles transversales avec au moins deux évidements
verticaux pour le passage des fourches des moyens de manipulation dans les sens axial
et vertical ; moyennant quoi, les paniers forment des structures très simples, sans
partie(s) mobile(s), de plus il n'est pas nécessaire de sangler les traverses pour
la circulation ultérieure.
[0014] La jambe support est une jambe support à chenille motorisée ; moyennant quoi chacun
des trains de dépose et de repose peut effectuer des opérations de rénovation de façon
autonome sans loco-tracteur et sans boggie motorisé.
[0015] Le deuxième train comprend un outillage de pose des traverses, des wagons complémentaires
pour stocker les traverses neuves, au moins un portique-navette roulant sur les wagons,
avec des moyens de manipulation. De sorte que cet équipement permet de stocker les
traverses neuves en attente sur le train de pose et permet de traiter en continu la
pose des traverses nouvelles.
[0016] Le premier et le deuxième train peuvent opérer avec une distance (D1) de séparation
réduite, inférieure à 2 m, de sorte que dans la zone de chantier (Z), la zone sans
traverses (Z1) présente une longueur inférieure à 15 m et la zone sans rails posés
(Z2) présente une longueur inférieure à 40 m ; moyennant quoi la longueur de voie
déposée est peu étendue, et en cas de panne de la machine, la pose manuelle d'une
portion de voie permettant de raccorder l'ancienne voie à la nouvelle requiert seulement
un temps limité.
[0017] Il est prévu une liaison à pivot vertical entre le portique télescopique et le wagon
plat ; ceci est prévu de préférence pour chacun des premier et deuxième trains ; moyennant
quoi l'ensemble de rénovation peut traiter des voies en courbe.
[0018] Il peut être prévu un dispositif de guidage optique entre l'extrémité avant du portique
du deuxième train et l'extrémité avant du portique du premier train, moyennant quoi
l'ensemble de rénovation peut reposer la voie neuve exactement à l'endroit de voie
déposée, même en cas de courbe.
[0019] Avantageusement, lorsque les jambes support et les portiques télescopiques des deux
trains sont en position de rangement, les deux trains peuvent être accouplés de façon
standard, de manière à être évacués ensemble en convoi depuis la zone de chantier.
[0020] Selon un autre aspect, l'invention a également pour but de proposer un panier de
réception de traverses ferroviaires usagées, spécialement conçu avec des ridelles
transversales présentant deux évidements verticaux pour le passage des fourches des
moyens de manipulation dans les sens axial (L) et vertical.
[0021] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la
description suivante d'une de ses formes de réalisation, donnée à titre d'exemple
non limitatif, en regard des dessins joints.
[0022] Sur les dessins :
- la figure 1 est une vue générale en perspective de l'ensemble de rénovation selon
l'invention,
- la figure 2 est une vue de dessus de la partie centrale de l'ensemble de rénovation
de la figure 1,
- la figure 3 est une vue de côté de la partie centrale de l'ensemble de rénovation
de la figure 1,
- les figures 4A 4B 4C montrent l'extrémité avant du train de dépose,
- la figure 5 est une vue en perspective montre l'extrémité avant du train de dépose,
- la figure 6 illustre un panier de réception pour les traverses usagées,
- la figure 7 montre l'extrémité avant du train de pose,
- la figure 8 illustre l'accouplement des trains de pose et dépose pour former un convoi.
[0023] Sur les différentes figures, les mêmes références désignent des éléments identiques
ou similaires.
[0024] La
figure 1 représente l'ensemble de rénovation selon l'invention, un tel ensemble de rénovation
de voie ferrée est destiné au remplacement à la fois des rails et des traverses d'une
voie ferrée généralement en exploitation.
[0025] La voie ferrée en question s'étend généralement selon une direction longitudinale
L, la direction transversale
T étant définie comme la perpendiculaire horizontale à cette direction longitudinale.
[0026] L'ensemble de rénovation en question comprend un premier train
1, chargé des opérations de dépose de la voie existante (on peut l'appeler « train
de dépose »). Le train de dépose est configuré pour opérer les opérations suivantes
en progressant (flèche
F) le long de la direction longitudinale
L de la voie :
- tout d'abord déposer les attaches des rails (c'est-à-dire dévisser les tirefonds ou
déclipser les clips),
- ensuite écarter les rails existants 6a de leur position précédente, au moins vers l'extérieur, et un peu vers le haut, (la
dépose des rails étant connue en soi, elle ne sera pas décrite en détails ici),
- déposer les traverses usagées 7a et les stocker dans des containers appelés paniers 8 qui seront vus en détail plus loin.
[0027] L'ensemble de rénovation en question comprend un deuxième train
2 chargé des opérations de pose de la voie nouvelle (on peut l'appeler « train de pose
»). Le train de pose est configuré pour opérer les opérations suivantes en progressant
le long de la direction longitudinale
L de la voie :
- poser des traverses neuves 7b en les acheminant depuis une réserve de traverses neuves stockées sur le deuxième
train,
- mettre en place des rails neufs 6b en les déplaçant (à l'avancement) depuis une position d'attente le long de la voie
vers leur position définitive sur la nouvelle voie,
- poser des attaches neuves (c'est-à-dire visser des tirefonds neufs ou clipser des
clips neufs) fixant les rails neufs sur les traverses neuves.
[0028] Il faut aussi indiquer que si le ballast doit être rénové, ceci peut être fait à
l'avance indépendamment de la dépose et la repose de la voie qui est décrite ici.
[0029] Avantageusement selon l'invention, le train de dépose
1 et le train de pose
2 sont distincts, travaillent à proximité l'un de l'autre, de part et d'autre d'une
zone de chantier
Z de rénovation de voie.
[0030] La zone de chantier
Z en question comprend une zone sans traverses
Z1 et une zone sans rails posés
Z2, zone plus longue que la précédente. Avantageusement selon l'invention, dans la zone
de chantier
Z, la zone sans traverses
Z1 présente une longueur inférieure à 15 m et la zone sans rails posés
Z2 présente une longueur inférieure à 40 m.
[0031] Chacun des premier et second trains
1,2 comprend un wagon plat
5 avec des boggies conventionnels
50 et un portique télescopique
3. Ledit portique télescopique 3 comprend un ensemble mécanique mécano-soudé rigide
34, avec des moyens de roulement avant
35 et des moyens de roulement arrière
36 prévu pour rouler sur des rails embarqués
58 sur le wagon plat. En opérations, ledit portique télescopique
3 est prévu pour s'appuyer sur le wagon plat
5 et sur une jambe support
4 à chenille, déplaçable verticalement, ladite jambe support faisant partie de l'équipement
du portique télescopique, au niveau de sa poutre avant
33.
[0032] Avantageusement, la chenille est une chenille motorisée
40, destinée à faire progresser le train respectif pendant les opérations de pose et/ou
dépose.
[0033] Toutefois, de manière alternative, la chenille pourrait être une chenille passive
et le train pourrait être mû par un boggie classique pourvu de motorisation, ou un
locotracteur (celui qui a amené le train par exemple).
[0034] Dans les deux cas, on prévoit de préférence un dispositif permettant de contrôler
la direction d'avance (l'orientation) de la chenille par rapport au portique télescopique.
[0035] Le dispositif de chenille motorisée peut comprendre deux chenilles séparées, à savoir
une chenille droite et une chenille gauche.
[0036] Dans le cas où la chenille est motorisée, le contrôle de direction peut résulter
d'une commande différentielle entre la chenille gauche et la chenille droite.
[0037] La jambe support
4 est déplaçable verticalement entre une position de travail en appui sur le sol, et
une position de rangement sur le wagon
5. En position de travail, la hauteur est réglable au moyen d'un vérin hydraulique
42.
[0038] La jambe support du train de dépose comporte une herse
41 (on dit aussi des griffes) pour briser la cohérence du ballast.
[0039] Le portique télescopique
3 est déplaçable longitudinalement entre une position de travail (comme illustré aux
figures 1 à 3) et une position de rangement (Fig 4A et 8), où le portique est entièrement
positionné au-dessus du wagon plat 5.
[0040] Lorsque les jambes support
4 et les portiques télescopiques
3 des deux trains
1,2 sont en position de rangement, les deux trains peuvent être accouplés de façon standard,
de manière à être amenés ensemble et évacués ensemble en convoi depuis la zone de
chantier (Fig 8).
[0041] Lorsque la voie ferrée devient disponible pour la reprise du chantier, le convoi
formé par les premier et deuxième trains
1,2 est acheminé, grâce à une locomotive ou un locotracteur (de préférence un à chaque
extrémité), jusqu'à la zone de chantier, à l'endroit de la jonction entre la voie
nouvelle et la voie ancienne c'est-à-dire là où le chantier de rénovation s'était
interrompu lors de l'intervention précédente.
[0042] Puis le train de pose est désaccouplé du train de dépose, et on procède à la mise
en opération sur le chantier de chacun des trains, en commençant par le train de dépose.
[0043] Tout d'abord, on sépare la jonction qui raboutait les anciens rails et les rails
neufs, et on tronçonne les anciens rails sur une distance de quelques mètres, en dépose
les attaches et les rails tronçonnés. On enlève aussi manuellement les traverses sur
la même distance de quelques mètres qui va permettre de poser la chenille du train
de dépose directement sur le ballast.
[0044] Pour le
train de dépose 1, le portique télescopique
3 est avancé en direction de l'extrémité libre du train, d'une distance légèrement
supérieure à la longueur des chenilles. Les roulettes avant
35 du portique télescopique se trouvent alors en bordure de l'extrémité avant 55 du
wagon plat. Puis on déplace la jambe support
4 vers le bas pour qu'elle vienne porter sur le ballast (Fig 4B).
[0045] Grâce au locotracteur situé à l'extrémité distante du train, on déplace les wagons
5,15 du train alors que le portique télescopique reste immobile, ceci jusqu'à ce que les
roulettes arrière
36 du portique télescopique
3 soient au voisinage de l'extrémité avant
55 libre du wagon plat 5 en tête de train (Fig 4C). Il est prévu une immobilisation
longitudinale du portique 3 par rapport au wagon 5 dans cette position, pour la durée
des opérations de rénovation.
[0046] À proximité de la jambe support, on prévoit une cabine opérateur dans lequel un opérateur
peut agir sur les commandes de la chenille motorisée. La chenille motorisée
40 constitue le moyen de déplacement (progression) du train le long de la voie à partir
du moment où il est en appui sur le ballast.
[0047] Lorsque le train de dépose
1 commence à opérer et avance (flèche
F), il libère de la place sur le ballast sans rail ni traverse, pour que le train de
pose
2 puisse être mis en opération, après l'avoir avancé de quelques mètres de manière
à pouvoir poser sa chenille motorisée directement sur le ballast.
[0048] Concernant le
train de pose 2, pour le mettre en opération, on procède de façon similaire, on avance le portique
télescopique puis on pose sur le ballast la jambe support
4 à chenille motorisée, sur le ballast ; puis on déplace les wagons
5,15 du train de pose alors que le portique télescopique reste immobile, ceci jusqu'à
ce que les roulettes arrière
36 du portique télescopique 3 soient au voisinage de l'extrémité avant 55 libre du wagon
plat 5 en tête de train, et que l'immobilisation relative longitudinale soit établie.
[0049] Avantageusement selon la présente invention, l'extrémité avant
31 du portique
3 du premier train
1 est séparée de l'extrémité avant
32 du portique du deuxième train
2 par une distance notée
D1 ; cette distance
D1 peut être courte en début de chantier, de préférence inférieure à 2 m, voire même
inférieur à 1 m.
[0050] Au cours de la progression du chantier, cette distance
D1 peut être plus importante, cependant il est souhaitable qu'elle reste relativement
faible, préférentiellement inférieure à quelques mètres ; cette distance D1 sera à
nouveau réduite le plus possible à l'approche de l'heure limite, de préférence inférieure
à 2 m, voire même inférieur à 1 m, pour restituer la voie à la circulation.
[0051] En configuration opérationnelle, l'ensemble de rénovation progresse le long de la
direction longitudinale
L de la voie, le train de dépose
1 précédant le train de pose
2, avec pilotage indépendant grâce aux chenilles motorisées.
[0052] Le train de dépose
1 comprend, outre le portique télescopique
3 et le wagon plat
5 de tête déjà mentionné, des wagons complémentaires
15 pour stocker les traverses déposées
7a, et un portique-navette
12 roulant sur les wagons avec des moyens de manipulation.
[0053] De plus, comme illustré à la
figure 5, il est prévu un outillage de dépose
9 des traverses. L'outillage comprend une chaine de prélèvement
91 des traverses, munie des dents, un convoyeur de reprise
92, et un manipulateur à fourche
93. La chaîne de prélèvement soulève les traverses et les dépose une à une sur le convoyeur
92 de reprise.
[0054] Le manipulateur à fourche
93 comporte deux fourches
94 qui s'étendent selon la direction longitudinale L ; le manipulateur à fourche
93 est configuré pour déposer les traverses usagées
7a dans des paniers
8 qui forment des conteneurs pour contenir les traverses usagées.
[0055] Le manipulateur à fourche
93 prélève un groupe de traverses (7 dans l'exemple illustré) depuis le convoyeur de
reprise
92, et les transporte pour les déposer dans un panier
8 d'entreposage des traverses usagées.
[0056] Toute la manipulation des traverses décrite précédemment est effectuée en maintenant
les traverses parallèlement à la direction transversale
T de la voie, c'est-à-dire sans les tourner (contrairement à ce qui est pratiqué dans
l'art antérieur).
[0057] Comme illustré à la
figure 6, les paniers en question sont spécialement conçus avec des ridelles transversales
81 (parallèles à T) et des ridelles longitudinales
82 (parallèles à L). Les ridelles transversales
81 comportent deux évidements verticaux
83 pour le passage des fourches
94 dans les sens axial L et vertical. On remarque que les deux ridelles transversales
81 ont chacune deux évidements verticaux
83, ce qui permet à des fourches de manipulateur (ou de car à fourche) d'intervenir
depuis un côté ou depuis l'autre côté. On prévoit aussi des cales
85 pour la pose du niveau inférieur des traverses pour le passage et le retrait des
fourches. On prévoit aussi des cales en bois entre les différentes couches de traverses
qu'on entrepose dans le panier
8.
[0058] Les paniers en question ne dépassent pas du gabarit de circulation standard ; par
conséquent les paniers de réception des traverses usagées conservent une orientation
constante, sans rotation.
[0059] Dès lors qu'un panier
8 de réception des traverses est complet, c'est-à-dire avec plusieurs couches de traverses
séparées par exemple par des lambourdes en bois, le portique-navette
12 roulant susmentionné équipé de moyens de manipulation (connus en soi) évacue le panier
plein vers une position plus éloignée de l'extrémité avant 55 du train, et approvisionne
un autre panier vide 8 pour la poursuite des opérations de dépose, et ainsi de suite.
[0060] Les traverses
7a étant stockées dans des paniers avec ridelles, le convoi une fois reformé en fin
de séquence d'intervention, peut circuler en toute sécurité sans risque de chute de
traverses.
[0061] On remarque que les paniers de réception
8 sont particulièrement simples, sans pièce mobile ou capot à rabattre, ils présentent
une structure relativement simple et sont très robustes et endurants.
[0062] Le train de pose
2 comprend, outre le portique télescopique
3 et le wagon plat
5 de tête déjà mentionné, des wagons complémentaires
15 pour assurer l'approvisionnement en traverses neuves
7b, et un portique-navette
12 roulant sur les wagons avec des moyens de manipulation.
[0063] Les traverses neuves
7b peuvent être disposées par lots sur des palettes ou directement sur un tapis roulant.
Elles sont déposées sur le ballast au fur et à mesure par un outillage de dépose
10, connu en soi, et donc non décrit en détail ici.
[0064] Après la pose des traverses neuves
7b, le portique procède, grâce à des bras de guidage (non représentés, mais connu en
soi), à la pose des nouveaux rails
6b, puis à la pose des attaches qui fixent les rails par rapport aux traverses. Ainsi
les boggies
50 du train de pose
2 roulent sur une voie réglée et attachée. Le portique du train de pose
2 comprend aussi un outillage de pose des attaches ou de vissage de tirefonds (non
représentés).
[0065] La jambe support à chenille motorisée du train de pose comprend un bouclier/lame
46 de mise à niveau du ballast, et un moyen de tassement
47, agencé entre la chenille motorisée et la position de l'outillage de dépose
10.
[0066] Avantageusement, sur le train de dépose
1, la liaison mécanique entre le portique télescopique
3 et le wagon plat
5 de tête possède un degré de liberté de rotation d'axe vertical
A1.
[0067] De façon analogue, sur le train de pose
2, on prévoit également entre le portique télescopique et le wagon plat de tête possède
un degré de liberté de rotation d'axe vertical
A2.
[0068] On autorise ainsi un désalignement possible, ce qui est utile pour le traitement
des voies en courbe.
[0069] Lorsque l'heure limite pour terminer le chantier approche, alors le train de dépose
stoppe ses opérations. Le train de pose continue pour le rejoindre afin de minimiser
la distance
D1 qui sépare leurs extrémités respectives avant
31,32.
[0070] En vue de permettre l'évacuation de l'ensemble de rénovation, on procède aux opérations
inverses de celles du démarrage du chantier.
[0071] Plus précisément, on procède à la rétractation des portiques télescopiques
3 de part et d'autre sur leur wagon plat
5 respectif par poussée des locotracteurs respectifs situés aux extrémités distantes
des trains de pose et dépose. Puis on procède au relevage de la jambe support
4, et enfin on procède au repliement complet de chaque portique télescopique
3 pour qu'il se retrouve entièrement au-dessus du wagon de tête (c'est-à-dire les roulettes
arrière
36 au voisinage de l'extrémité arrière
56).
[0072] On commence par replier le portique télescopique
3 du train de dépose
1 ; de manière à ce que la chenille du train de pose 2 puisse avancer jusqu'à la limite
de l'ancien rail qu'on a tronçonné à cet endroit ; on minimise ainsi le reste à faire
en manuel. À ce moment, on procède au repliement du train de pose 2 à l'inverse du
dépliement.
[0073] Ensuite, il reste une zone de longueur limitée où les traverses manquantes sont rajoutées
par des compagnons, les rails neufs sont tronçonnés pour autoriser le raboutage de
ces rails aux anciens rails coupés sur la voie, afin de permettre la remise en circulation.
[0074] À ce moment, les trains de pose et de dépose peuvent être évacués séparément, ou
bien ils peuvent être accouplés pour former un convoi unique à évacuer (Fig 8).
[0075] Avantageusement, on prévoit un dispositif de capteur de proximité
61 entre les extrémités avant des deux trains pour éviter un tamponnage. Une alerte
visuelle et sonore peut prévenir d'une distance D1 trop faible ; on peut aussi prévoir
une intervention sur les moyens de motorisation des chenilles.
[0076] De plus, avantageusement on prévoit un dispositif de guidage optique,
62,63 de sorte que l'extrémité avant
32 du train de repose puisse être guidée latéralement de manière à ce que la voie nouvelle
soit posée à l'endroit exact où était la voie ancienne, tant pour les tronçons en
ligne droite que pour les tronçons en courbe.
[0077] Il faut noter que sur les figures ne sont pas représentés les outillages de dépose
des attaches (agencés sur le portique du train de dépose
1), les outillages de pose des attaches (agencés sur le portique du train de pose
2), et les bras de guidage des rails anciens et des rails neufs.
1. Ensemble de rénovation de voie ferrée, comprenant :
- un premier train (1) chargé des opérations de dépose de la voie existante, à savoir
rails (6a) et traverses (7a),
- un deuxième train (2) chargé des opérations de pose de la voie neuve, à savoir rails
(6b) et traverses (7b),
chacun des premier et deuxième trains comprenant un wagon plat (5) et un portique
télescopique (3) pouvant s'appuyer sur le wagon et sur une jambe support (4) à chenille,
la jambe support étant déplaçable verticalement entre une position de travail et une
position de rangement, le portique télescopique étant déplaçable longitudinalement
entre une position de travail et une position de rangement,
- les premier et deuxième trains (1,2) étant distincts, configurés pour coopérer l'un
à la suite de l'autre et à proximité l'un de l'autre, de part et d'autre d'une zone
de chantier (Z,Z1,Z2) de rénovation de voie, moyennant quoi en cas de panne, on peut
intervenir facilement dans l'espace entre les deux trains, de sorte que l'on peut
minimiser les risques de non restitution du chantier à la circulation en temps et
en heure.
2. Ensemble de rénovation selon la revendication 1, dans lequel le premier train comprend
un outillage de dépose (91) des traverses, des wagons complémentaires (15) pour stocker
les traverses déposées (7a), au moins un portique-navette (12) roulant sur les wagons
avec des moyens de manipulation (9).
3. Ensemble de rénovation selon la revendication 2, dans lequel on utilise des paniers
(8) pour contenir les traverses déposées, les paniers et les moyens de manutention
étant configurés de sorte que les traverses restent généralement parallèles à la direction
transversale (T) à la voie, sans dépassement de gabarit.
4. Ensemble de rénovation selon la revendication 3, dans lequel chacun des paniers (8)
comporte des ridelles transversales (81) avec au moins deux évidements verticaux (83)
pour le passage des fourches (94) des moyens de manipulation (9) dans les sens axial
et vertical.
5. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel la jambe
support (4) est une jambe support à chenille motorisée.
6. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 5, dans lequel le deuxième
train comprend un outillage de pose des traverses, des wagons complémentaires pour
stocker les traverses neuves, au moins un portique-navette (12) roulant sur le wagon
(5) avec des moyens de manipulation.
7. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 6, dans lequel le premier
et le deuxième train peuvent opérer avec une distance (D1) de séparation réduite,
inférieure à 2 m, de sorte que dans la zone de chantier (Z), la zone sans traverses
(Z1) présente une longueur inférieure à 15 m et la zone sans rails posés (Z2) présente
une longueur inférieure à 40 m.
8. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 7, dans lequel il est prévu
une liaison à pivot vertical (A1,A2) entre le portique télescopique (3) et le wagon
plat (5).
9. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 8, dans lequel il est prévu
un dispositif de guidage optique (62,63) entre l'extrémité avant (32) du portique
du deuxième train et l'extrémité avant (31) du portique du premier train.
10. Ensemble de rénovation selon l'une des revendications 1 à 9, dans lequel lorsque les
jambes support (4) et les portiques télescopiques (3) des deux trains (1,2) sont en
position de rangement, les deux trains peuvent être accouplés de façon standard, de
manière à être évacués ensemble en convoi depuis la zone de chantier.
11. Panier de réception (8) de traverses ferroviaires usagées, spécialement conçu avec
des ridelles transversales (81) présentant deux évidements verticaux (83) pour le
passage des fourches (94) des moyens de manipulation (9) dans les sens axial (L) et
vertical.