[0001] La présente invention est relative aux dispositifs de transport de chaleur à fluide
diphasique, en particulier les dispositifs passifs à boucle fluide diphasique à pompage
capillaire ou utilisant la gravité.
[0002] Il est connu du document
FR-A-2949642 un exemple d'un tel dispositif utilisé comme moyen de refroidissement pour convertisseur
de puissance électrotechnique. Le document
US 4 576 009 divulgue un dispositif de transfert thermique, adapté pour extraire de la chaleur
depuis une source chaude et pour restituer cette chaleur à une source froide au moyen
d'un fluide de travail diphasique contenu dans un circuit général clos.
[0003] En conditions de fonctionnement établies, ces dispositifs donnent pleine satisfaction.
Cependant, il est apparu que les phases de démarrage à partir d'un état 'à froid'
(Température ambiante minimale et flux thermique nul) pouvaient être particulièrement
délicates pour des puissances thermiques importantes, et pouvaient nécessiter une
étape préalable de mise en condition, par exemple par un réchauffement préalable du
réservoir. Sans cette mise en condition, la pression dans le circuit peut s'avérer
insuffisante pour assurer un transfert de chaleur suffisant.
[0004] Il est donc apparu un besoin d'améliorer la disponibilité du démarrage concernant
de telles boucles diphasiques.
[0005] A cet effet, l'invention a pour objet un dispositif de transfert thermique, dépourvu
de régulation active, sans système de commande actif, adapté pour extraire de la chaleur
depuis une source chaude et pour restituer cette chaleur à une source froide au moyen
d'un fluide de travail diphasique contenu dans un circuit général clos, comprenant
au moins un évaporateur, ayant une entrée et une sortie, au moins un condenseur, distinct
et à distance de l'évaporateur, un réservoir ayant un volume intérieur, avec une portion
liquide et une portion gaz séparées par une interface liquide-vapeur et au moins un
orifice d'entrée/sortie agencé au niveau de la portion liquide, le volume de la portion
liquide pouvant varier entre un volume minimum Vmin et un volume maximum Vmax,
- un premier circuit de communication, pour du fluide de travail essentiellement en
phase vapeur, reliant la sortie de l'évaporateur à une entrée du condenseur,
- un deuxième circuit de communication, pour du fluide de travail essentiellement en
phase liquide, reliant une sortie du condenseur au réservoir et à l'entrée de l'évaporateur,
caractérisé en ce que la portion gaz du réservoir comprend de la phase vapeur du fluide
de travail avec une première pression partielle P1 (pression déterminée par la température
du réservoir) et un gaz auxiliaire non condensable avec une deuxième pression partielle
P2, cette dernière étant prédéterminée pour permettre d'obtenir une pression totale
supérieure ou égale à une pression minimale de fonctionnement prédéterminée requise
lorsque la portion liquide dans l'entièreté du circuit général clos est à un volume
total minimum.
[0006] Grâce à ces dispositions, en particulier grâce à la deuxième pression partielle P2,
on assure une pression minimale dans le réservoir du fait de la présence du gaz auxiliaire
non condensable dans la portion gaz du réservoir, même lorsque la portion de liquide
est à son minimum, ou que le dispositif est complètement à froid, sans apport de chaleur
sur l'évaporateur depuis assez longtemps. La pression minimale liée à la présence
du gaz auxiliaire non condensable dans le réservoir permet d'obtenir une température
de saturation élevée dans le deuxième circuit de communication (la conduite gaz),
ce qui permet d'obtenir une densité minimale de la phase vapeur du fluide de travail,
et étant donné que la capacité de transport de chaleur de la boucle est proportionnelle
à la densité de la phase vapeur, on peut obtenir instantanément dès le démarrage à
froid de la boucle une capacité de transport de chaleur améliorée.
[0007] De plus, grâce à ces dispositions, on obtient une régulation passive sans besoin
de système de commande actif, ce qui accroit la fiabilité de ce genre de dispositif.
Un tel système, sans pompage actif et sans système de commande actif, ne nécessite
aucun entretien et présente une fiabilité très élevée ; et sa consommation énergétique
est très faible voire nulle.
[0008] De préférence on choisit, comme gaz auxiliaire non condensable, un gaz qui reste
à l'état gazeux sur toute la plage de température/pression auquel est soumis le dispositif
; de plus on choisit comme gaz auxiliaire un gaz avec un faible coefficient de diffusion
dans les liquides.
[0009] Dans divers modes de réalisation de l'invention, on peut éventuellement avoir recours
en outre à l'une et/ou à l'autre des dispositions suivantes :
- le gaz auxiliaire non condensable peut être de l'hélium ; moyennant quoi les propriétés
physico-chimiques de l'hélium conviennent parfaitement et ce gaz présente une bonne
disponibilité industrielle ;
- le fluide de travail peut être du méthanol ; ce fluide permettant de travailler dans
une gamme de température satisfaisante et présente une performance capillaire satisfaisante.
- la deuxième pression partielle P2 peut être au moins plusieurs fois supérieure à la
première pression partielle P1 lorsque la portion liquide est à son volume minimum
; de sorte que la pression minimale est assez élevée pour autoriser un démarrage instantané
sans préparation sous charge thermique importante ;
- le volume du réservoir peut être compris entre 1,3 et 2,5 fois le volume maximum de
la portion liquide ; de sorte que lorsque le volume de la portion liquide est maximal,
la pression et la température dans le réservoir et dans la boucle restent limitées
et restent compatible avec un prélèvement efficace des calories au niveau de l'évaporateur
;
- le dispositif peut être principalement soumis à la gravité terrestre, l'orifice d'entrée/sortie
étant agencé au niveau d'au moins un point bas du réservoir ; moyennant quoi on évite
que le gaz auxiliaire ne soit aspiré en direction de l'évaporateur ;
- le dispositif peut être principalement soumis à une microgravité, le réservoir comprenant
une masse poreuse agencée au moins au voisinage de l'orifice d'entrée ; moyennant
quoi une barrière de liquide est formée dans la masse poreuse et on évite que le gaz
auxiliaire ne soit aspiré en direction de l'évaporateur ;
- l'évaporateur peut comprendre une masse microporeuse adaptée pour assurer un pompage
capillaire de fluide en phase liquide ; on obtient ainsi un système passif sans entretien
;
- dans le cas où le dispositif est principalement soumis à la gravité, l'évaporateur
sans structure capillaire peut être placé en dessous du condenseur et du réservoir,
de sorte que la gravité est utilisée pour déplacer le liquide vers l'évaporateur ;
ce qui représente une solution très simple et particulièrement robuste et fiable ;
- un clapet anti-retour peut être agencé à l'entrée de l'évaporateur ; on peut ainsi
empêcher un retour de liquide en direction inverse au sens de circulation normal,
et empêcher ainsi un assèchement de l'évaporateur au démarrage sous forte charge ;
[0010] D'autres aspects, buts et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de la
description suivante de deux modes de réalisation de l'invention, donnés à titre d'exemples
non limitatifs, en regard des dessins joints sur lesquels :
- la figure 1 montre une vue générale d'un dispositif selon un mode de réalisation de
l'invention,
- la figure 2 illustre les fluides dans un diagramme pression-température général,
- les figures 3A et 3B montrent le réservoir avec une portion liquide respectivement
minimale et maximale,
- la figure 4 montre un second mode de réalisation du dispositif,
- les figures 5A et 5B illustrent des diagrammes de pression et température de saturation
en fonction de la température ambiante.
[0011] Sur les différentes figures, les mêmes références désignent des éléments identiques
ou similaires.
[0012] La figure 1 montre un dispositif de transport de chaleur à boucle fluide diphasique.
Dans le cas de premier mode, le pompage est assuré en tirant partie du phénomène de
capillarité. Le dispositif comprend un évaporateur
1, ayant une entrée
1a et une sortie
1b, et une masse microporeuse
10 adaptée pour assurer le pompage capillaire. A cet effet, la masse microporeuse
10 entoure un évidement longitudinal central borgne
15 en communication avec l'entrée
1a pour recevoir du fluide de travail à l'état liquide depuis une conduite de fluide
en phase liquide.
[0013] L'évaporateur
1 est thermiquement couplé à une source chaude
11, comme par exemple un ensemble comprenant des composants électroniques de puissance
ou tout autre élément générant de la chaleur, par exemple par effet joule, ou par
tout autre processus.
[0014] Sous l'effet de l'apport de calories au contact
16 de la masse microporeuse emplie de liquide, du fluide passe de l'état liquide à l'état
vapeur et s'évacue par la chambre de transfert
17 et par un premier circuit de communication
4 qui achemine ladite vapeur vers un condenseur
2 ayant une entrée
2a et une sortie
2b ; le condenseur
2 étant distinct et non adjacent par rapport à l'évaporateur
1.
[0015] Dans l'évaporateur
1, les cavités libérées par la vapeur évacuée sont comblées par du liquide aspiré par
la masse microporeuse
10 à partir de l'évidement central 15 susmentionné ; il s'agit du phénomène de pompage
capillaire bien connu en soi. Le flux de chaleur
Q prélevé sur la source chaude correspond au débit multiplié par la chaleur latente
L de vaporisation du fluide de travail (
Q =
L.dM/dt)
.
[0016] A l'intérieur du condenseur
2, de la chaleur est cédée par le fluide en phase vapeur à une source froide
12, ce qui provoque un refroidissement du fluide en phase vapeur et son changement de
phase vers la phase liquide, autrement dit sa condensation.
[0017] Au niveau du condenseur
2, la température du fluide de travail est abaissée en dessous de sa température d'équilibre
liquide-vapeur, ce qui est aussi appelé sous-refroidissement ('sub cooling' en anglais)
de sorte que le fluide ne peut pas repasser à l'état vapeur sans apport conséquent
de chaleur.
[0018] La pression de vapeur pousse le liquide en direction de la sortie
2b du condenseur
2 qui débouche sur un deuxième circuit de communication
5, relié à l'entrée
1a de l'évaporateur
1. On obtient ainsi une boucle de circulation du fluide diphasique capable d'extraire
de la chaleur depuis la source chaude
11 pour restituer cette chaleur à une source froide
12.
[0019] La chaleur transportée par la phase vapeur dans le premier circuit de communication
peut s'écrire
Q=pVS, avec p représentant la densité de la phase vapeur,
V la vitesse de déplacement de la phase vapeur et
S la section du circuit de communication.
[0020] Le deuxième circuit de communication
5 est relié par ailleurs à un réservoir
3. Ce réservoir sert de vase d'expansion pour le fluide de travail, et contient du fluide
de travail à la fois en phase liquide et en phase gazeuse. Ledit réservoir forme,
avec les premier et second circuits de communication 4,5, ensemble avec l'évaporateur
1 et le condenseur 2, un circuit général clos autrement dit hermétique.
[0021] Le réservoir
3 présente au moins un orifice d'entrée/sortie
31, et un certain volume intérieur
30 généralement fixé à la conception pour une application considérée. Ce volume peut-être
éventuellement ajustable par un dispositif mécanique manoeuvré manuellement ou automatiquement.
Le réservoir comporte également un orifice de remplissage
36 qui permet un remplissage initial du circuit, cet orifice de remplissage étant fermé
le reste du temps. Il est à noter que le réservoir
3 peut avoir une forme quelconque, et en particulier parallélépipédique, cylindrique,
ou autre.
[0022] Le dispositif de transfert de chaleur est conçu pour pouvoir fonctionner dans une
certaine gamme de température ambiante ; dans l'exemple illustré cette gamme de température
peut être :[-50°C, +50°C]. Par ailleurs, il est souhaitable que la source chaude 11
ne dépasse pas une certaine température maximale prédéterminée, quel que soit le flux
de chaleur à évacuer. Cette température maximale prédéterminée peut être par exemple
100°C. Bien sûr, ces températures peuvent dépendre du type d'application visée, applications
spatiales en microgravité, applications terrestres à bord d'un véhicule ou dans un
emplacement fixe.
[0023] Le fluide de travail de la boucle est choisi pour être toujours potentiellement diphasique
dans la plage de températures et pressions du fluide de la boucle diphasique, en fonction
de la gamme de température susmentionnée (voir référence
14 sur Fig. 2).
[0024] Ainsi le fluide de travail peut être choisi parmi une liste comprenant notamment
l'ammoniac, l'acétone, le méthanol, l'eau, des fluides diélectriques du type HFE7200
ou tout autre fluide approprié. Dans l'exemple détaillé ci-après, on choisira préférentiellement
du méthanol.
[0025] À l'intérieur du réservoir
3, on trouve une portion liquide
6 comprenant essentiellement du fluide de travail (ici du méthanol) en phase liquide
et une portion gaz
7 comprenant du fluide en phase vapeur, mais aussi, comme il sera vu en détail plus
loin, un gaz auxiliaire non condensable
8. Le gaz auxiliaire non condensable
8 (noté 'NCG' de l'anglais Non Condensible Gas) reste confiné dans la portion gaz du
réservoir sans participer directement aux échanges thermiques ; il a pour effet de
créer une pression minimale dans cette portion gaz. La pression partielle de ce gaz
auxiliaire non condensable
8 est notée
P2. Sur la gamme de températures et pressions de l'application, ce gaz auxiliaire non
condensable reste à l'état gazeux comme ceci apparaît à la figure 2, en partie droite.
[0026] Il faut remarquer ici que selon l'art connu antérieurement, la présence de gaz non
condensable dans le circuit de travail est indésirable car si des bulles de gaz non
condensable parviennent dans la zone de l'évaporateur capillaire, cela diminue les
performances thermiques de vaporisation et cela peut même aller jusqu'à un désamorçage
de l'évaporateur capillaire, ce qui dans certaines applications critiques peut être
catastrophique.
[0027] Dans un environnement où une gravité s'exerce, la portion gaz
7 se situe au-dessus de portion liquide
6 et une interface liquide-vapeur
19 généralement horizontale sépare les deux phases (surface libre du liquide dans le
réservoir).
[0028] Dans un environnement où une microgravité s'exerce (en apesanteur), la portion liquide
est contenue dans du matériau poreux et la portion gaz occupe le reste du volume du
réservoir ; il y a aussi dans ce cas de figure une interface liquide-vapeur
19, mais elle n'est pas plane.
[0029] La température de cette surface de séparation
19 est reliée de façon univoque à la pression partielle
P1 de fluide de travail dans la portion gaz, cette pression correspond à la pression
de saturation
Psat du fluide à la température
Tsat prévalant à la surface de séparation 19, comme ceci apparaît à la figure 2, en partie
gauche.
[0030] En pratique, la température de la portion liquide, de la portion gaz et de l'enveloppe
du réservoir sont relativement homogènes ; il y a peu de gradient de température à
l'intérieur du réservoir. La température du réservoir est par ailleurs peu éloignée
de la température ambiante dans laquelle il se situe.
[0031] Selon un aspect avantageux de la présente invention, l'orifice d'entrée/sortie
31 est agencé au niveau de la portion liquide, de manière à ce que la portion gaz ne
soit jamais directement en communication avec le circuit de communication liquide
5. La configuration du lien capillaire entre le réservoir et la masse poreuse peut-être
comme celle décrit dans le brevet
EP0832411.
[0032] Selon un aspect particulier, notamment dans les cas d'utilisation en microgravité
(cas de figure non représenté sur les dessins) mais non exclusivement, on peut prévoir
une masse poreuse
9 agencée au voisinage de l'orifice d'entrée/sortie
31, dont la fonction est de retenir du liquide, et par conséquent de former une barrière
empêchant des composants de la phase gaz d'être aspirés en direction du circuit de
communication liquide
5.
[0033] Dans les applications terrestres la gravité s'exerce, l'orifice d'entrée/sortie
31 est agencé au niveau d'un point bas du réservoir. Il faut remarquer qu'il peut y
avoir plusieurs points bas dans le réservoir.
[0034] Le volume de la portion liquide
6 dans le réservoir peut varier entre volume minimum (
'Vmin') représenté à la figure 3A qui correspond à un volume total minimum de liquide dans
l'entièreté du circuit général, et un volume maximum (
'Vmax') représenté à la figure 3B qui correspond à un volume total maximum de liquide dans
l'entièreté du circuit général.
[0035] La différence entre
Vmax et
Vmin est au moins égale à la somme de 2 volumes que l'on appelle respectivement, volume
de dilation
V0c et volume de purge
Vpurge qui représentent respectivement d'une part l'expansion thermique du liquide et, d'autre
part l'évacuation du liquide chassé par la présence de vapeur dans la conduite vapeur
4 et d'une partie du condenseur
2 de la boucle. Autrement dit, lorsque la boucle diphasique est au repos depuis un
certain temps, il n'y a plus de vapeur dans la boucle et le liquide occupe tout le
volume intérieur de la boucle, ce qui donne un petit volume de portion liquide dans
le réservoir ; à l'inverse lorsque le flux thermique est maximal (
Q=Qmax), le premier circuit de communication
4 est entièrement occupé par de la vapeur ainsi qu'une partie du circuit du condenseur
2, et de par le fait, le liquide est repoussé dans le réservoir où il occupe un grand
volume. Le volume de portion liquide est aussi influencé par la température ambiante,
ce qui conduit au volume de dilation
V0c.
[0036] Plus précisément, le volume minimum
Vmin correspond à une température ambiante minimale et un flux thermique nul (Q=0) sur
l'évaporateur ; cette situation est représentée dans les figures 5A-5B par les points
61. On remarque que la pression qui règne dans la portion gaz est essentiellement due
à la présence gaz auxiliaire
8 (pression
P2) et non pas à la pression partielle
P1 du fluide de travail qui est très faible. La pression totale qui règne dans le réservoir
vaut
Pres = P1 +P2 ; c'est aussi sensiblement la pression qui règne partout ailleurs dans la boucle
diphasique.
[0037] Toujours sans rapport de calories sur l'évaporateur (flux thermique nul, Q=0), mais
avec une température ambiante maximale, on constate une dilatation de liquide qui
donne un volume de portion liquide noté
V0c, supérieur à
Vmin. Cette situation est représentée dans les figures 5A-5B par les points
62.
[0038] Dans les circonstances où la température ambiante est maximale et le flux thermique
est lui aussi maximal
Q=Qmax, le volume de la portion liquide est augmenté du volume correspondant à la purge
Vpurge, ce qui conduit au cas illustré figure 3B. Cette situation est représentée dans les
figures 5A-5B par les points
64.
[0039] On constate donc que, lorsque la portion liquide 6 est à son volume minimum (
Vmin) ce qui correspond à un volume total minimum de liquide dans l'entièreté du circuit
général, la deuxième pression
P2 est telle qu'elle permet d'obtenir une pression totale dans le réservoir supérieure
ou égale à une pression minimale de fonctionnement prédéterminée requise (illustré
à 0,7 bar dans la figure 5B à titre non limitatif, en effet cette valeur minimale
peut être déterminée en fonction de l'application considérée).
[0040] On peut aussi constater que, dans un exemple illustratif, lorsque la portion liquide
6 est à son volume minimum (
Vmin), la deuxième pression partielle
P2 (NCG) est supérieure à la première pression partielle P1. Cette condition reste vérifiée
sur une majeure partie de la plage de température ambiante à
Q=0 et même lorsque Q=Qmax sur la zone des températures froides.
[0041] On peut aussi constater que lorsque la portion liquide 6 est à son volume minimum
(V
min), la deuxième pression partielle
P2 (NCG) peut être plusieurs fois, par exemple 5 fois ou 10 fois supérieure à la première
pression partielle
P1 (cf points 61).
[0042] La pression minimale liée à la présence du gaz auxiliaire non condensable dans le
réservoir (0,7 bar sur l'exemple la figure 5B) permet d'obtenir une température de
saturation élevée dans le deuxième circuit de communication (50°C sur l'exemple la
figure 5A), ce qui permet d'obtenir une densité p minimale de la phase vapeur du fluide
de travail, et étant donné que la capacité de transport de chaleur de la boucle est
proportionnelle à la densité de la phase vapeur
(Q=pVS), on peut obtenir instantanément dès le démarrage à froid de la boucle une capacité
de transport de chaleur suffisante pour éviter un désamorçage de l'évaporateur et
obtenir et un bon rendement de boucle.
[0043] Pour conserver une performance d'évacuation thermique satisfaisante dans le cas thermique
le plus contraint (température ambiante maximale et flux thermique maximale), illustré
par les points
64, il est nécessaire de prévoir un volume de la portion de gaz
7 suffisant au-dessus du volume de portion liquide
Vmax.
[0044] De manière avantageuse, on pourra prévoir que le volume total
30 du réservoir est compris entre 1,3 et 2,5 fois ledit volume maximum
Vmax de la portion liquide (cas du volume total maximum de phase liquide). Ainsi la température
de saturation
Tsat, pour une température ambiante de 50°C et un flux maximum
Qmax, reste inférieure à 90°C ; ceci permet de continuer à prélever des calories à la source
chaude 11.
[0045] S'agissant du choix du gaz auxiliaire non condensable
8, ce gaz doit rester en phase vapeur dans toute la plage de fonctionnement de la boucle
et notamment des conditions pression et température dans le réservoir, il doit avoir
un point d'ébullition très bas ; de plus son coefficient de diffusion à l'intérieur
des liquides et son coefficient d'Oswald doivent être également bas pour éviter que
ce gaz auxiliaire ne s'infiltre à l'intérieur de la portion liquide 6 du réservoir
et dans le reste de la boucle.
[0046] Avantageusement, on pourra choisir l'hélium comme gaz auxiliaire. L'hélium est chimiquement
neutre et sa disponibilité industrielle est satisfaisante. Cependant, il n'est pas
exclu d'utiliser d'autres gaz comme l'azote, l'argon ou le néon.
[0047] La figure 4 illustre un deuxième mode de réalisation de type thermosiphon, dans lequel
on place le condenseur
2 au-dessus de l'évaporateur
1 de manière à ce que la gravité conduise naturellement le liquide en direction de
l'évaporateur ; dans ces conditions le rôle du matériau poreux dans l'évaporateur
est de favoriser les échanges thermiques et la vaporisation plutôt que de réaliser
la fonction de pompage capillaire proprement dit. Hormis la source du mouvement de
liquide et la position relative des éléments qui diffèrent, tout le reste et notamment
le principe de fonctionnement est identique au premier mode décrit plus haut, et ne
sera donc pas répété.
[0048] Grâce à la pressurisation exercée par la présence du gaz auxiliaire
8, il est possible de s'affranchir de la présence d'un élément chauffant pour mettre
en condition la boucle diphasique avant le démarrage thermique effectif.
[0049] Il faut aussi remarquer qu'une telle boucle diphasique peut être dépourvue de régulation
active, ce qui est un avantage déterminant en matière de fiabilité.
[0050] Avantageusement selon l'invention, le dispositif est dépourvu d'une quelconque pompe
mécanique bien que l'invention n'exclut pas la présence d'une pompe mécanique d'appoint.
[0051] Il faut bien noter que les proportions des éléments sur les dessins ne sont pas forcément
représentatives des proportions ou dimensions relatives des différents organes.
[0052] Les premier et second circuits de communication fluide 4,5 sont de préférence des
conduites tubulaires, mais il pourrait s'agir d'autres types de conduites ou de canaux
de communication fluides (conduites rectangulaires, flexibles, etc.). De même, l'orifice
d'entrée/sortie 31 pourrait se présenter comme une entrée et une sortie distinctes.
[0053] La boucle diphasique peut être équipée avantageusement d'un clapet anti-retour
18 situé à l'entrée de chaque évaporateur de manière à accroitre la puissance maximale
de démarrage. En effet, le clapet anti-retour 18 empêche un retour de liquide en direction
inverse au sens de circulation normal, et empêche ainsi un assèchement de l'évaporateur
au démarrage sous forte charge.
[0054] Dans une application soumise à la gravité, le clapet anti-retour peut être formé
par un élément flottant rappelé par la poussée de flottaison contre une portée pour
fermer le passage et ainsi empêcher un retour de liquide.
[0055] On remarque que, avantageusement selon l'invention, le système à fluide diphasique
présenté ici est entièrement auto adaptatif, il ne nécessite aucune loi de commande,
aucun capteur. Il en résulte une conception particulièrement simple, une fabrication
particulièrement simple, une absence de besoin de maintenance, et une fiabilité incomparable.
1. Dispositif de transfert thermique, dépourvu de régulation active, sans système de
commande actif, adapté pour extraire de la chaleur depuis une source chaude (11) et
pour restituer cette chaleur à une source froide (12) au moyen d'un fluide de travail
diphasique contenu dans un circuit général clos, comprenant :
- au moins un évaporateur (1), ayant une entrée et une sortie,
- au moins un condenseur (2), distinct et à distance de l'évaporateur,
- un réservoir (3) ayant un volume intérieur (30), avec une portion liquide (6) et
une portion gaz (7) séparées par une interface liquide-vapeur (19) et au moins un
orifice d'entrée/sortie (31) agencé au niveau de la portion liquide, le volume de
la portion liquide pouvant varier entre un volume minimum (Vmin) et un volume maximum
(Vmax),
- un premier circuit de communication (4), pour du fluide de travail essentiellement
en phase vapeur, reliant la sortie de l'évaporateur à une entrée du condenseur,
- un deuxième circuit de communication (5), pour du fluide de travail essentiellement
en phase liquide, reliant une sortie du condenseur au réservoir et à l'entrée de l'évaporateur,
caractérisé en ce que la portion gaz (7) du réservoir comprend la phase vapeur du fluide de travail avec
une première pression partielle (P1) et un gaz auxiliaire non condensable (8) avec
une deuxième pression partielle (P2), cette dernière étant prédéterminée pour permettre
d'obtenir une pression totale (Pres) supérieure ou égale à une pression minimale de
fonctionnement prédéterminée requise lorsque la portion liquide dans l'entièreté du
circuit général clos est à un volume total minimum.
2. Dispositif selon la revendication 1, dans lequel le gaz auxiliaire non condensable
est de l'hélium.
3. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 2, dans lequel le fluide de travail
est du méthanol.
4. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 3, dans lequel le volume total (30)
du réservoir est compris entre 1,3 et 2,5 fois le volume maximum (Vmax) de la portion
liquide.
5. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, principalement soumis à la gravité
terrestre, dans lequel l'orifice d'entrée est agencé au niveau d'un point bas du réservoir.
6. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, principalement soumis à une micro-gravité,
dans lequel le réservoir comprend une masse poreuse (9) agencée au moins au voisinage
de l'orifice d'entrée.
7. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 6, dans lequel l'évaporateur comprend
une masse microporeuse (10) adaptée pour assurer un pompage capillaire de fluide en
phase liquide.
8. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 5, principalement soumis à la gravité,
dans lequel l'évaporateur est placé en dessous du condenseur et du réservoir, de sorte
que la gravité est utilisée pour déplacer le liquide vers l'évaporateur.
9. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 8, dans lequel un clapet anti-retour
(18) est agencé à l'entrée de l'évaporateur (1).
10. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 9, dans lequel la deuxième pression
partielle (P2) est au moins plusieurs fois supérieure à la première pression partielle
(P1) lorsque la portion liquide est à son volume minimum (Vmin).
1. Wärmeübertragungsvorrichtung ohne aktive Regelung, und ohne aktives Steuersystem,
die dazu ausgelegt ist, Wärme aus einer Wärmequelle (11) zu gewinnen und diese Wärme
mittels eines zweiphasigen Arbeitsfluids, das in einem geschlossenen allgemeinen Kreislauf
enthalten ist, an eine Kältequelle (12) abzugeben, umfassend:
- mindestens einen Verdampfer (1), der einen Eingang und einen Ausgang aufweist,
- mindestens einen Kondensator (2), der vom Verdampfer separat und beabstandet ist,
- einen ein Innenvolumen (30) aufweisenden Behälter (3) mit einem Flüssigkeitsteil
(6) und einem Gasteil (7), die durch eine Flüssigkeitsdampfgrenzfläche (19) und mindestens
eine auf Höhe des Flüssigkeitsteils angeordnete Eingangs /Ausgangsöffnung (31) getrennt
sind, wobei das Volumen des Flüssigkeitsteils zwischen einem Mindestvolumen (Vmin)
und einem Höchstvolumen (Vmax) variieren kann,
- einen ersten Verbindungskreislauf (4) für ein im Wesentlichen in der Dampfphase
vorliegendes Arbeitsfluid, der den Ausgang des Verdampfers mit einem Eingang des Kondensators
verbindet,
- einen zweiten Verbindungskreislauf (5) für ein im Wesentlichen in der Flüssigphase
vorliegendes Arbeitsfluid, der einen Ausgang des Kondensators am Behälter und am Eingang
des Verdampfers verbindet,
dadurch gekennzeichnet, dass der Gasteil (7) des Behälters die Dampfphase des Arbeitsfluids mit einem ersten Teildruck
(P1) und ein nicht kondensierbares Hilfsgas (8) mit einem zweiten Teildruck (P2) umfasst,
wobei Letzteres dafür vorherbestimmt ist, es zu ermöglichen, einen Gesamtdruck (Pres)
zu erlangen, der größer oder gleich einem vorherbestimmten Mindestarbeitsdruck ist,
der erforderlich ist, wenn sich der Flüssigkeitsteil in der Gesamtheit des geschlossenen
allgemeinen Kreislaufs auf ein Mindestgesamtvolumen ausdehnt.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, wobei das nicht kondensierbare Hilfsgas Helium ist.
3. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 2, wobei das Arbeitsfluid Methanol ist.
4. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 3, wobei das Gesamtvolumen (30) des Behälters
zwischen dem 1,3- und dem 2,5-Fachen des Höchstvolumens (Vmax) des Flüssigkeitsteils
liegt.
5. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, die prinzipiell der Erdanziehungskraft
unterliegt, wobei die Eingangsöffnung auf Höhe eines Tiefpunkts des Behälters angeordnet
ist.
6. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, die prinzipiell einer Mikrogravitation
unterliegt, wobei der Behälter eine poröse Masse (9) umfasst, die zumindest in der
Nähe der Eingangsöffnung angeordnet ist.
7. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 6, wobei der Verdampfer eine mikroporöse
Masse (10) umfasst, die dazu ausgelegt ist, ein kapillares Pumpen von Fluid in der
Flüssigphase sicherzustellen.
8. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 5, die prinzipiell der Gravitation unterliegt,
wobei der Verdampfer unterhalb des Kondensators und des Behälters platziert ist, sodass
die Gravitation zum Verlagern der Flüssigkeit in Richtung des Verdampfers verwendet
wird.
9. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 8, wobei ein Rückschlagssicherungsventil
(18) am Eingang des Verdampfers (1) angeordnet ist.
10. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 9, wobei der zweite Teildruck (P2) mindestens
um ein Vielfaches höher als der erste Teildruck (P1) ist, wenn sich der Flüssigkeitsteil
auf sein Mindestvolumen (Vmin) ausdehnt.
1. Device for heat transfer, without active regulation, without active control, suited
for extracting heat from a hot source (11) and for returning this heat to a cold source
(12) by means of a two-phase working fluid contained in a general closed circuit,
comprising:
- at least one evaporator (1), having an inlet and an outlet,
- at least one condenser (2), separate from and away from the evaporator,
- a tank (3) with an internal volume (30), a liquid portion (6) and a gas portion
(7) separated by a liquid-vapor interface (19), and at least one inlet/outlet orifice
(31) laid out near the liquid portion, where the volume of the liquid portion can
vary between a minimum volume (Vmin) and a maximum volume (Vmax),
- a first connection circuit (4), for the working fluid essentially in vapor phase,
connecting the outlet of the evaporator to the inlet of the condenser;
- a second connection circuit (5), for the working fluid essentially in liquid phase,
connecting an outlet from the condenser to the tank and to the inlet of the evaporator;
characterized in that the gas portion (7) from the tank includes the vapor phase of the working fluid with
a first partial pressure (P1) and a non-condensable auxiliary gas (8) with a second
partial pressure (P2), where this partial pressure is predetermined to make it possible
to obtain a total pressure (Pres) greater than or equal to a preset minimum operating
pressure required when the liquid portion in the entire general closed circuit is
at a minimum total volume.
2. Device according to claim 1, wherein the non-condensable auxiliary gas is helium.
3. Device according to one of claims 1 to 2, wherein the working fluid is methanol.
4. Device according to one of claims 1 to 3, wherein the total volume (30) of the tank
is included between 1.3 and 2.5 times said maximum volume (Vmax) of the liquid portion.
5. Device according to one of claims 1 to 4, mainly subject to terrestrial gravity, wherein
the inlet orifice is arranged in the area of a low point of the tank.
6. Device according to one of claims 1 to 4, mainly subject to microgravity, wherein
the tank comprises a porous mass (9) laid out at least in the area of the inlet orifice.
7. Device according to one of claims 1 to 6, wherein the evaporator includes a micro-porous
mass (10) adapted for assuring capillary pumping of the liquid phase fluid.
8. Device according to one of claims 1 to 5, subject mainly to gravity, wherein the evaporator
is placed below the condenser and the tank, whereby gravity is used for moving the
liquid towards the evaporator.
9. Device according to one of claims 1 to 8, wherein an anti-backflow valve (18) is laid
out at the inlet of the evaporator (1).
10. Device according to one of claims 1 to 9, wherein the second partial pressure (P2)
is at least several times greater than the first partial pressure (P1) when the liquid
portion is at the minimum volume (Vmin).